abbé François Knittel : leçons du passé, orientations pour l’avenir

Ci-dessous un la conclusion d’un article très intéressant écrit en 2002 par M. l’abbé François Knittel sur les 32 ans (de l’époque) de relations entre le Saint Siège et la FSSPX. Si seule la conclusion est reprise ici, il est fortement conseillé de relire l’article en intégralité.
 
 
Avant de conclure, qu’il nous soit permis de présenter en un tableau synoptique l’ensemble des propositions romaines faites à ce jour à la Fraternité Sacerdotale St-Pie X.
 
A la lecture du tableau synoptique (ci-dessous), il appert clairement que si les propositions romaines cédèrent peu à peu sur la question disciplinaire et canonique (existence de la Fraternité, des séminaires, des prieurés, etc.), en revanche l’acceptation du Concile et de la Messe de Paul VI sont des préalables non négociables, exigés par les autorités actuelles dans l’Eglise. Rien d’étonnant à cela puisque ces deux points définissent le caractère conciliaire de ces autorités ecclésiastiques. Ôtez-les et l’Eglise “conciliaire” cesse d’exister !
 
Si au commencement de l’histoire de la Fraternité, Mgr Lefebvre penchait pour une solution pratique et un modus vivendi concret, la profondeur de la crise et sa prolongation dans le temps lui firent voir l’impossibilité d’un accord pratique, sans un fondement doctrinal commun.
 
Certes, l’autorité conciliaire depuis une quinzaine d’années n’a cessé de vouloir faire signer à Mgr Lefebvre et à ses successeurs des formules doctrinales portant sur le Concile et la nouvelle Messe.
 
Il est toutefois évident que ces textes sont équivoques dans la mesure où ils ne signifient pas la même chose des deux côtés. Ce qui favoriserait nécessairement la secte moderniste qui s’est emparé des postes de commande dans l’Eglise.
 
Il semble donc indispensable de continuer le combat doctrinal contre les erreurs contemporaines : tels Mgr Lefebvre présentant à Rome ses dubia sur la liberté religieuse ou Mgr Fellay présentant à Jean-Paul II ses doutes sur la réforme liturgique. Tout accord véritable devra se faire sur la base de la doctrine traditionnelle, seule voie de salut. À l’inverse, il faudra rejeter tout accord tendant à déterminer la dose de libéralisme et de modernisme que les défenseurs de la Tradition seraient prêts à avaler pour être réintégrés dans le périmètre visible de l’Eglise officielle.
 
Lorsque qu’existera la communion dans la profession de la doctrine traditionnelle, il n’y aura plus aucun différend à régler. Tant qu’un tel accord fera défaut, les formules pseudo doctrinales seront des accords de dupes et leur volet pratique une tentative de plus pour que le petit reste, lui aussi, lui enfin, sacrifié à la révolution.
 
Abbé François Knittel