Abbé Hubert Gaspard : le Pape Jean-Paul II mérite-t-il d’être canonisé ?

Source : le Belvédère

Sur terre, un des titres du pape régnant est « Sa Sainteté, le Pape… ». Maintenant que ce pape a quitté notre monde peut-il encore recevoir ce titre ?

L’objet de la canonisation, c’est d’abord et avant tout la sainteté de la personne et les vertus héroïques qui vont de pair avec la sainteté. Ce ne sont que secondairement et occasionnellement les faits miraculeux qui attestent l’héroïcité surnaturelle des vertus. Le surnaturel des miracles et des faits extraordinaires n’est donc pas évoqué pour lui-même, mais seulement pour attester l’origine divine des vertus et manifester l’éminente grâce sanctifiante.  C’est la signature de Dieu.

La sainteté, fondement de toute canonisation, est un état extraordinaire de vie surnaturelle, extraordinaire en ce sens qu’il est bien au-dessus de la voie commune. Cette sainteté consiste en la grâce sanctifiante possédée à un degré exceptionnel, un tel degré de charité divine qu’elle est accompagnée des vertus infuses et acquises pratiquées jusqu’à l’héroïsme. Et en premier lieu, les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité.

Cet héroïsme des vertus est comme le thermomètre de la sainteté : là où il y a sainteté véritable, il y a aussi vertu héroïque, et là où les vertus sont pratiquées à un degré héroïque, il y a sainteté.

La grâce sanctifiante ne pouvant pas être appréhendée par les sens, et donc connue directement par l’homme, le jugement sur la sainteté se fera à partir de l’héroïcité des vertus.

Les vertus étant connexes entre-elles (c’est-à-dire que lorsque l’on avance dans une vertu, on progresse également dans toute les autres [ceci est très intéressant pour notre vie spirituelle : cherchons à bien pratiquer une vertu et nous nous perfectionnerons dans toutes les autres]), l’organisme spirituel d’un saint comportera nécessairement l’ensemble des vertus à un degré éminent. À contrario, la défaillance dans une seule vertu sera le signe certain de l’absence de la sainteté dans la personne et donc qu’elle n’est pas digne d’être canonisée.

Puisque le but principal de la fonction du Pape est de « confirmer ses frères dans la foi » (Luc XXII, 32) examinons chez Jean-Paul II la vertu de foi.

Suivons ce Pape dans certaines de ses manifestations publiques où la foi est à l’oeuvre. Commençons par l’Afrique dans les forêts sacrées du Togo le 9 août 1985, où il participe activement aux cultes animistes et s’en félicite par la suite.

Allons à Rome le 13 avril 1986 et nous verrons pour la première fois un pape en visite officielle dans une synagogue.

Ce Pape, c’est Jean-Paul II.

Quelques mois plus tard, rendons- nous à Assise et le 27 octobre nous le trouvons au milieu des chefs de toutes les fausses religions (le vicaire de Jésus-Christ est ainsi ravalé au même niveau que tous ces idolâtres) pour prier avec eux !

Le 14 mai 1999, Jean-Paul II embrasse publiquement le coran, par ce geste et par son propos, il semble élever le Coran au rang de la parole de Dieu (à la messe, après l’Evangile, le prêtre embrasse le missel, justement parce qu’il contient la parole de Dieu).

En pleine Terre Sainte, le 21 mars 2000, Jean-Paul II implore Saint Jean-Baptiste pour la protection de l’Islam !

Il y a quelques décennies, selon les normes même du droit ecclésiastique, de tels gestes auraient suffi à jeter la suspicion d’hérésie sur la personne qui les aurait posés. Cela est contraire au 1er article de notre Credo :

« Je crois en un seul Dieu » et va contre le 1er commandement de Dieu « Tu adoreras Dieu seul… »

Manifestement, le pape Jean-Paul II n’a pas pratiqué la vertu de foi de façons héroïque (on serait plutôt porté à se demander s’il l’avait).

Lorsque l’Eglise canonise un saint, elle affirme qu’il a pratiqué les vertus surnaturelles à un degré héroïque et que cette pratique constitue pour tous les fidèles de l’Eglise une norme si sûre qu’en s’y conformant, ils sont assurés de parvenir au salut éternel. Le saint est donc donné en exemple pour ses vertus.

Non ! Le pape Jean-Paul II n’est pas saint ! Il n’est pas possible de proposer en modèle un homme qui a posé tant d’actes contraire à la foi. Cela restera vrai quand bien même un pape, François ou un autre, déclarerait le contraire.

Ce serait donc un scandale de plus dans l’Eglise si le pape Jean-Paul II était élevé à la gloire des autels et donné en modèle. Prions, comme l’a demandé monsieur l’abbé de Cacqueray, pour que l’Eglise ne soit pas souillée par une telle ignominie.

Abbé Hubert Gaspard