Qui conseillera à cette femme de se suicider ?

Beaucoup de catholiques souffrent de la situation de l’Eglise et du rejet de la Tradition par les autorités romaines. Cet état de fait qui dure depuis 50 ans maintenant semble ne pas vouloir changer, alors certains cherchent un modus vivendi – ou le souhaitent – avec ces autorités devenues modernistes.

C’est ainsi que des sophismes sonnent comme autant de slogans : la situation de la FSSPX n’est pas normale, il est juste de vouloir se faire reconnaître, nous avons le droit à notre titre de catholique, ne pas accepter un désir légitime du pape c’est être sédévacantiste, etc., etc., …

Si comparaison n’est pas raison, il est cependant possible d’illustrer la situation actuelle. Que peut faire une épouse dont le mari violent menace jusqu’à sa vie ? Si elle reste sous le toit conjugal elle encourt un péril de mort, si elle veut préserver sa santé, elle se doit se séparer de corps.

Il est évident que dans un tel cas, il est juste et nécessaire à cette femme de quitter la maison commune, non avec le désir de quitter son mari et de rompre le lien qui l’unit à lui, mais dans le but unique de préserver son intégrité physique. Une telle décision sera bonne et méritoire si cette femme continue d’aimer son mari en lui pardonnant, de prier pour lui, de tout faire pour l’aider à se corriger, et si elle conserve dans son cœur le désir de revenir dès qu’il ne sera plus périlleux de le faire.

Que penserait-on si quelqu’un venait dire à une telle épouse : « madame, votre situation n’est pas normale, votre mari a autorité sur vous, son désir que vous rentriez à la maison est légitime, vous n’avez pas le droit de refuser sans divorcer de fait et être infidèle. » Il serait juste de répondre à un tel individu : « monsieur, si cette femme revient chez son mari, elle risque de perdre sa vie, ce n’est pas le situation de cette femme qui est anormale, c’est l’attitude de son mari, attitude qui la contraint à se protéger légitimement. Et non seulement son attitude est juste, mais elle est héroïque car elle continue d’aimer son mari malgré la maltraitance de celui-ci. »

Le parallèle est évident : la violence des autorités romaines envers la Tradition n’échappe à personne, et tant que celles-ci adhèrent à la théologie du concile Vatican II elles ne peuvent que vouloir la mort de la Tradition.

Ce n’est pas la situation de la FSSPX qui est anormale, c’est la situation de l’Eglise.

Le pape est incontestablement le chef de l’Eglise, mais pour une question de survie de la Foi on ne peut se plier à tous ses ordres, et ce n’est pas parce que ses désirs peuvent paraître légitimes, qu’il y a une obligation d’obtempérer vue la situation de danger de mort pour la Foi que nous vivons.

Nous avons le droit à notre titre de catholiques, et le meilleur moyen de le conserver et de le revendiquer, c’est de tenir cette attitude héroïque d’amour du pape et de l’Eglise tout en subissant les persécutions qu’ils infligent et en refusant de mettre en danger notre Foi.

Celui qui dit à cette femme de rentrer chez elle dans de pareilles circonstances la pousse au suicide. C’est pour cela que Mgr Lefebvre refusa « l’opération suicide » pour entreprendre avec héroïsme « l’opération survie ».

Austremoine


Des divorcés-remariés en état de grâce pour le cardinal Ouellet, à la communion pour tous

Dans un livre intitulé Actualité et avenir du Concile oecuménique Vatican II paru en mai 2012, le cardinal Ouellet, actuel préfet de la congrégation pour les évêques écrivit :

« Je ne dirais pas que les divorcés remariés n’ont pas accès à l’Eucharistie : ils continuent d’être invités à l’Eucharistie, ils participent à l’assemblée eucharistique, ils écoutent avec les autres toute la Parole de Dieu y compris celle qui se fait sacrement, ce que nous appelons la Présence réelle. Ils participent à l’offrande. Le Christ s’offre et tout le monde s’offre avec lui. Ces personnes ont une limite au niveau du témoignage public de la communion mais rien ne les empêche de communier spirituellement au Corps du Christ qui est donné à l’assemblée. D’ailleurs, en vérité, toute communion sacramentelle doit d’abord être communion spirituelle. S’il n’y a pas une communion spirituelle que le sacrement vient exprimer et nourrir, il n’y a pas de communion au Corps du Christ. On peut s’avancer en état de péché mortel et recevoir le Corps du Christ, on n’en recevra pas un bénéfice, mais un moins car on n’en est pas digne et cette communion n’est pas réalisée dans les dispositions requises.

Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul. Même si elles ne peuvent pas recevoir les sacrements explicites, ces personnes peuvent retrouver la grâce de Dieu par le repentir de l’échec initial, par des activités de charité. Leur témoignage est alors le suivant : leur communion s’ex- prime par le fait qu’elles ne reçoivent pas les sacrements, y compris par respect pour la réalité sacramentelle de l’Eglise. Car le mariage est une expression du mystère de l’union du Christ et de l’Eglise, de cette seule chair du Christ et de l’Eglise.

Tous les mariages sont scellés par la communion à ce mystère. Quand on se trouve dans une nouvelle union, on ne peut pas publiquement aller dire à la communauté et au monde qu’on ne fait qu’un avec ce mystère, on ne peut pas l’exprimer au plan sacramentel public. Mais on peut s’abstenir de communier et exprimer ainsi que l’on est dans le respect du mystère sacramentel de l’Eglise. Il est important de confronter ce choix avec le pasteur de la communauté, se faire aider par lui à vivre dans la paix, comme membre de la communauté à part entière, avec cette limite de ne pas pouvoir recevoir la communion sacramentelle. Cette limite peut être vécue dans un sens positif comme un témoignage rendu à l’indissolubilité du mariage. »

Cet extrait a un double intérêt : il est un exemple remarquable et concentré de la contradiction intrinsèque de la pensée moderniste et il nous éclaire sur l’intention des autorités romaines concernant l’accès aux sacrements des divorcés remariés et donc par ricochet, à une reconsidération de la doctrine concernant les mœurs.

Le principe de non contradiction est tout simplement absent de la pensée du cardinal Ouellet. Ce réputé conservateur, proche de Benoit XVI, utilise un vocabulaire d’approche traditionnelle et semble tenir un discours assez ferme. Il parle même de « péché mortel » et maintient au final le refus de la communion.

Cet apparent discours catholique contient en réalité des erreurs gravissimes. On remarquera tout d’abord que le péché mortel n’est pas une offense faite à Dieu, mais il est réduit à l’insuffisance du témoignage publique. C’est ce qui permet à notre cardinal d’affirmer tout simplement :

« Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul »

De tels propos sont contraires à la doctrine catholique : nulle mention de la confession, nul rappel du pardon de l’offense faite à Dieu. Depuis quand l’état de grâce se retrouve lorsque se noue une nouvelle union qui est par définition adultérine ?

La réalité d’une telle réponse démontre que le cardinal n’a pas une conception catholique du péché, de ce qu’est l’état de grâce. Sa conception du péché est sociale, elle a évacué en réalité toute référence à Dieu.

On s’étonne d’ailleurs de constater que le cardinal Ouellet, tout en reconnaissant à ces personnes la capacité à cet « état de grâce », veuille continuer à les maintenir loin des sacrements. C’est un non sens absolu. Soit cette nouvelle union rend l’état de grâce et alors ces personnes peuvent recevoir l’Eucharistie, soit leur état les plonge dans le péché mortel et elles ne peuvent accéder aux sacrements.

On peut relever la même contradiction concernant le « témoignage » : soit leur état est compatible avec l’état de grâce et il est bon, soit il constitue un scandale qui ne saurait constituer « un témoignage rendu à l’indissolubilité du mariage. ». Transformer une relation adultérine en « un témoignage rendu à l’indissolubilité du mariage » relève de la prestidigitation la plus élaborée qui soit ! Il fallait oser !

Il y aurait tant à dire sur ces quelques lignes gravissimes. Et le livre fait 248 pages !!!

Il est clair que si l’accès aux sacrements se réduit à un témoignage, alors cette question ne relève plus de la doctrine mais uniquement de la pastorale et recouvre un aspect avant tout disciplinaire. Et ce qui est disciplinaire n’est pas gravé dans le marbre et peut donc être changé.

Même si la conclusion du cardinal semble vouloir sauver l’aspect extérieur en refusant la communion aux divorcés-remariés, il est évident que son raisonnement retire tout argument sérieux pour maintenir dans le temps une telle interdiction.

Si de tels propos peuvent émaner d’un cardinal conservateur, il n’y a plus de doutes à avoir sur les pensées des cardinaux considérés comme progressistes…comme le cardinal Kasper, excellent théologien selon le pape François. Tout en ayant pris soins de rappeler l’indissolubilité du mariage, voici ce qu’affirme mensongèrement ce dernier dans son discours qui a ouvert le consistoire sur la famille de février 2014 :

« L’Église des débuts nous fournit une indication qui peut aider à sortir de ce dilemme et à laquelle le professeur Joseph Ratzinger avait déjà fait allusion en 1972. (…) Dans chaque Église locale il existait un droit coutumier en vertu duquel les chrétiens qui vivaient une seconde union alors même que leur premier partenaire était encore en vie avaient à leur disposition, après un temps de pénitence, non pas un second mariage, mais plutôt, à travers la participation à la communion, une planche de salut. »

Le lien avec le concile Vatican II n’est pas loin, il est même évident pour ceux qui en connaissent la doctrine, et c’est encore le cardinal Kasper qui n’hésite pas à l’assumer dans le même discours :

« Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation semblable à celle du dernier concile, a-t-il affirmé. Déjà à ce moment-là, il y avait, par exemple à propos de la question de l’œcuménisme ou de celle de la liberté de religion, des encycliques et des décisions du Saint-Office qui paraissaient exclure d’autres voies. Le concile, sans violer la tradition dogmatique contraignante, a ouvert des portes. On peut se demander s’il n’y a pas également, pour la question dont nous parlons, la possibilité d’un nouveau développement ».

Voilà qui a le mérite de la franchise et qui augure de la réponse que s’apprête à donner le pape à ce « problème ». La communion pour tous, c’est pour bientôt.

Austremoine


François donnera-t-il un statut canonique à la FSSPX ?

La question continue d’être posée, et pas seulement par ceux qui, dans la FSSPX, militent bruyamment pour un accord pratique. L’une des dernières interventions en la matière est celle de Patrick Archbold qui a publié sur le site National Catholic Register un texte intitulé Le pape François et la FSSPX : une opportunité.

Il y défend la thèse que la régularisation de la FSSPX serait plus facile pour le pape François dont le progressisme évident adulé par les médias le protège de toute accusation de vouloir mettre à la poubelle le concile Vatican II, ce qui n’était pas le cas de Benoît XVI, facilement soupçonnable par ses aspirations conservatrices.

Il est toujours possible de faire des plans sur la comète sur ce qui parait tout de même autrement improbable, le pape François n’ayant pas fait mystère de son mépris pour la messe tridentine qui n’est pour lui qu’une mode, comme pour l’ensemble du monde traditionnel qu’il juge recroquevillé sur des habitudes d’un christianisme enfantin.

Ce qui est improbable n’est cependant pas impossible.

Mais quel avenir aujourd’hui pour une telle hypothèse ? Quel avenir en cas d’acceptation d’une telle solution ?

Il convient de voir l’application concrète. Que dira-t-on des nouveaux « saints » ? Même si le Vatican ne demande aucune contrepartie, acceptera-t-il longtemps que Jean-Paul II soit refusé comme saint ? Acceptera-t-il longtemps de subir les critiques de chaque déclaration hétérodoxe du pape ? Et tant de questions de ce type peuvent se poser !

Les réponses sont évidentes : si Rome accepte un tel marché, c’est uniquement dans la perspective de ramener les œuvres de la Tradition dans le giron et la pensée conciliaire. Et le passé donne raison à une telle stratégie. Il n’y a pas un seul institut Ecclesia Dei qui dénonce le Concile, et tous acceptent déjà par avance de reconnaître le pape d’Assise comme « saint » !

Le pape peut donner plus de liberté à la Tradition. Qu’il le fasse. Mais nous, nous n’avons rien à accepter d’une autorité qui détruit l’Eglise, car accepter un avantage quelconque, c’est se rendre redevable d’une autorité qui n’œuvre pas au bien commun. Se rendre redevable, c’est se lier au moins moralement à ceux qui veulent la mort de la Tradition, et c’est déjà perdre la liberté pleine et entière de défendre la Foi catholique, Foi catholique qui est antinomique au Concile Vatican II, constitution de la nouvelle Eglise.

Pour les ralliéristes les plus zélés et les plus dociles, il convient également d’observer qu’une reconnaissance unilatérale ne pourrait trouver une acceptation de la part de la FSSPX de par le fait qu’elle ne répond pas aux conditions posées par le chapitre général de 2012 et notamment la première:

« Liberté de garder, transmettre et enseigner la saine doctrine du Magistère constant de l’Eglise et de la Vérité immuable de la Tradition divine ; liberté de défendre, corriger, reprendre, même publiquement, les fauteurs d’erreurs ou nouveautés du modernisme, du libéralisme, du concile Vatican II et de leurs conséquences »

A moins que le sort fait aux franciscains de l’Immaculée ne soit à envier…

Austremoine


Les mondains…spirituels !

Le mondain est oecuméniste par nature, rien ne le heurte plus que de se voir rejeter à cause des principes qu’il voudrait tenir de la société de ceux qu’il veut pour amis. Pour le mondain, le premier principe est lui-même, car sa mondanité est libérale, aucun principe ne devant gêner ses relations sociales ou sa façon de vivre et de penser.

Que ses amis le trouvent trop rigide, qu’ils lui trouvent des idées trop fermes, le mondain s’empressera de rectifier tout en rondeur ces honteuses dispositions ! Que la majorité change d’avis, il s’empressera de s’accommoder de cette nouvelle situation et glissera avantageusement vers les plus nombreux.

Ne croyez pas que le mondain est sans morale ni principe, non ! Car pour rester dans ce monde qui le rassasie, le mondain se doit de tenir un rang. Tel monde, telles règles : le monde qu’il courtise lui impose ses règles, et elles sont fluctuantes. Le mondain n’agit pas en fonction de ce qui est bien, mais en fonction de ce qui fait bien !

Surtout que personne ne dérange le mondain dans sa façon de vivre, il ne supporte pas d’autres principes que celui de son nombril, ou du moins, il n’accepte pas que ces principes passent avant lui-même. Et si par malheur quelqu’un lui exposait les conséquences pratiques que tel ou tel principe de foi ou de morale implique dans sa vie quotidienne, il le traitera de sectaire, de fou, etc.

Dans l’actuelle crise de l’Eglise, le mondain vous affublera des sobriquets de schismatique, d’excommunié et que sais-je ! Il sera aussi excluant qu’un libéral sait être dur et contraignant. Sa douceur mielleuse est conditionnée à sa sécurité relationnelle, son humilité apparente n’est que le conditionnement accepté aux exigences sociales de son monde. Le mondain, si son milieu le lui impose, critique le Novus Ordo mais ne craint pas d’y assister, ou dans un autre registre, il n’hésite pas à dire son admiration et son accord avec Mgr Lefebvre tout en tenant la main de ceux qui l’ont conspué ou qui vivent de sa condamnation.

Le mondain ne raisonne pas en termes de vrai ou de faux, de bien ou de mal, mais il considère les choses sous le prisme avantage ou inconvénient, reconnaissance ou mépris. Il est un véritable oiseau de nuit qui n’a pas besoin de la lumière de la Vérité, son regard relativise tout dans la pénombre généralisée du consensualisme. Le mondain n’a que faire de l’objectivité du bien et du mal, il ne s’intéresse qu’à la subjectivité de son ego qui lui commande ce qui lui est le plus avantageux aux yeux des autres.

Qu’un prêtre lui explique et lui expose les réalités concrètes qu’imposent certains principes, il s’y refuse violemment. Expliquez au mondain que si la messe de Paul VI est mauvaise il ne faut pas y assister, il s’y refusera si cela va contre les habitudes de son monde. Si vous lui expliquez que l’assistance aux messes Motu Proprio est dangereuse en raison des déviances doctrinales graves du célébrant, entre autres, (même si on ne peut que se réjouir de voir des prêtres dire l’ancienne messe), il se scandalisera si cela le gêne dans ses relationsmondaines !

Alors le mondain vous lancera son trait de choc, mais toujours la main sur le cœur : « ne nous mêlez pas à ces querelles ecclésiales auxquelles nous ne comprenons rien, mais parlez-nous du si bel évangile du jour ! Vous comprenez monsieur l’abbé, ce que nous recherchons, c’est du spiritueeellll ! » Et le mondain de dire qu’il ne faut pas être excessif, qu’il faut se recentrer ! Et si le prêtre, deux sermons par an (sur cinquante quatre), a le malheur d’aborder des sujets ayant trait à la crise de l’Eglise, et bien ce seront deux sermons de trop !

Le mondain n’est pas vraiment catholique, et s’il l’est, c’est surtout pour satisfaire à une nécessité sociale…

Le mondain n’est pas l’outil de Dieu, il est un jouet du monde.

Austremoine


Ne pas laisser des hosties consacrées dans des mains conciliaires

lire aussi : Le Novus Ordo Missae : un triple déni de justice pour un rite illégitime

La messe de mariage fut célébrée par un prêtre de la FSSPX dans une église diocésaine et les consentements furent reçus par le prêtre de la paroisse.

« Mais ce qui vraiment me choqua est que, la Communion distribuée, il consomma tout un ciboire d’hosties qu’il avait consacrées au cours du Saint Sacrifice pour ne pas les remettre au tabernacle, de peur sans doute qu’elles ne soient souillées par les mains impies d’autres que lui. Quand le doute était permis ou que les circonstances l’exigeaient, j’ai pu comprendre qu’on agisse de la sorte. En l’occurrence la sincérité et la droiture de notre hôte ne faisaient pas de doute et j’ai trouvé ce type de comportement insultant, même si je crois avoir fait la preuve de mon conservatisme réactionnaire sur ce forum. »

Voilà ce qu’on peut lire sous la plume d’un dénommé « Non nobis » sur le forum catholique. Nous passerons sur les commentaires à l’emporte pièces et sur les affirmations gratuites qui entourent cet extrait et qui laisse transparaître une hargne bien soutenue envers la FSSPX, hargne que cet intervenant tente de faire accepter sous des allures bien hypocrites au prétexte qu’il serait « un conservateur réactionnaire » !

La réponse est pourtant simple : qu’est-ce qu’une hostie consacrée ? C’est Dieu. Dieu par le Fils dans toute sa majesté, dans son âme, sans son corps et dans sa divinité. Ce qui devrait suffire à faire comprendre quelle vénération et quelle précaution nous devrions avoir devant le Très Saint Sacrement. L’Eglise dans sa liturgie, redouble d’égards et de gestes de respect d’adoration envers Jésus Hostie. Mais tous, pris dans notre monde sécularisé et matérialiste, nous avons du mal à percevoir l’infinie grandeur de ce mystère et la vénération qu’on lui doit.

L’autre aspect de la réponse est hélas terrifiant : qu’est-ce que la liturgie nouvelle de Paul VI, si ce n’est une liturgie néo-protestante qui s’éloigne dans le fond comme dans le détail de la théologie catholique et qui par sa nature et sa conception, encourage tous les délires que l’homme puisse imaginer et qui laisse la porte ouverte à tous les scandales et sacrilèges que les catholiques observent avec effroi depuis 40 ans. Qu’on ne parle pas des messes de Paul VI célébrées « dignement », car les rubriques – même si elles sont écrites en latin – ont supprimé la majorité des gestes de révérences envers le Saint Sacrement et surtout, quelle que soit la façon de célébrer le nouveau rite, celui-ci reste équivoque et anthropocentrique et repose sur une théologie néo protestante.

Il n’est pas question de juger de façon péremptoire de « la sincérité et de la droiture » de ce prêtre diocésain comme le fait « Non nobis ». Nous ne connaissons rien de la sainteté de ce prêtre, ni de sa droiture ou de sa sincérité. Dieu seul sonde les reins et les cœurs. D’ailleurs nous ne savons pas s’il est le seul prêtre de cette paroisse, ou qui viendra ensuite célébrer une messe dans cette église. Par contre, ce qui est certain et objectif, c’est que ce prêtre célèbre la messe de Paul VI avec tous les aspects dramatiques et intrinsèques à cette liturgie que nous avons rappelés, et ce rite mauvais – ce rite bâtard – est celui qui est utilisé majoritairement dans cette église diocésaine.

La réponse est alors évidente : il n’est pas possible de laisser Jésus-Hostie dans des mains qui, de façon consciente ou non, utilisent une liturgie mauvaise qui, de façon objective, laisse la porte ouverte à tous les sacrilèges et qui génère tant de scandales depuis son élaboration.

Austremoine


Le pape François ne veut plus d’une Eglise à la mode

Voici une nouvelle qui devrait nous réjouir : le pape François ne veut plus d’une Eglise à la mode, il veut aller au fond des choses. Enfin le successeur de Pierre prend le taureau par les cornes !

L’évènement est relaté par Mgr Jan Graubner, en visite ad limina à Rome le 14 janvier 2014 avec les évêques tchèques :

«Lorsqu’il a été question de ceux qui sont contents de l’ancienne liturgie et qui reviennent vers elle, il était clair que le pape parle avec grand amour, avec attention et affection envers chacun, pour ne blesser personne. Malgré cela, il s’est exprimé de manière assez forte, quand il a dit qu’il comprend chez l’ancienne génération qu’elle retourne vers ce qu’elle a vécu, mais qu’il ne peut pas comprendre la jeune génération qui se tourne vers elle. «Quand je me pose la question plus concrètement – a ajouté le pape – je conclus que c’est une sorte de mode. Et puisque c’est une mode, c’est une chose qui passera, à laquelle il ne faut pas tellement faire attention. Mais il faut garder de la patience et de la bienveillance envers ceux qui sont tombés dans cette mode. Cependant je pense qu’il faut aller au fond des choses, parce que tant que nous n’irons pas au fond, aucune forme liturgique ne nous sauvera, ni l’une, ni l’autre

Il est plaisant de constater que ce que les progressistes ont voulu détruire pour être « à la mode » en s’ouvrant sur le monde, est perçu comme étant à la mode ! La logique progressiste va se détruire elle-même : si le Novus Ordo ne plait pas, c’est qu’il n’est plus à la mode – l’a-t-il seulement été un jour ? -, alors remplaçons le vite par ce qui plait : le Vetus Ordo ! Mais là le conciliaire « à la mode » redevient tout à coup un homme de principe : « Ne cédons pas à la mode ! ».

Le pape jésuite semble se prendre les pieds dans le tapis de la réalité ecclésiale : lui qui est le premier pape fruit intégral de la réforme conciliaire, il ne peut de sa place que constater les ruines accumulées par 50 ans de réformes conciliaires dont la garde est assurée par les cheveux blanchis des soixante-huitards dépassés, et observer que les jeunes générations veulent retrouver toute une Tradition dont ils ont été spoliés et que l’on a calomniée.

Il reste un petit effort au pape François pour proposer le vrai remède dont a besoin l’Eglise : jeter par-dessus bord tout ce qu’on a voulu faire par mode sous couvert d’une fausse adaptation : le concile Vatican II et toutes les réformes mortifères qui en sont issues.

Revenons au fond des choses comme le préconise le pape François : la Tradition n’est pas une mode, c’est un trésor qui perdure et dont la pérennité échappe à toutes les logiques humaines ; c’est l’arche de la nouvelle alliance.

Très Saint Père, la Tradition n’est pas une mode, c’est le roc de l’Eglise.

Austremoine



Le lien canonique : cause ou conséquence ?

« Refuser de chercher à rétablir le lien canonique avec l’Église, dans l’état où elle est aujourd’hui, telle qu’elle vit et souffre aujourd’hui, quel que soit le prétexte invoqué, c’est tout simplement refuser l’Église, ce qui n’est pas catholique. »

Voilà ni plus ni moins ce qui est affirmé dans l’un des bulletin de l’une des chapelles de la tradition. Deux réponses peuvent être apportées :

1 –  L’exemple de Mgr Lefebvre

– jusqu’en 1988, jusqu’aux sacres, Mgr Lefebvre a cherché un accord pratique, une régularisation canonique. Pour autant, il a agit d’une telle façon qu’il a perdu la régularité canonique en adoptant une attitude de refus des réformes qui menait inexorablement à cette rupture.

– après 1988, Mgr Lefebvre n’a plus voulu rechercher un accord pratique, il en a même, à partir de cette date, refusé le principe, principe qui fut tenu par la FSSPX jusqu’en 2012 comme étant « une voie de mort ». Est-ce à dire que Mgr Fellay a refusé l’Eglise quand il disait que l’impossibilité d’accepter un accord pratique relevait d’une cause de nature ? Cela veut-il dire qu’à partir de 1988 Mgr Lefebvre a refusé l’Eglise, tout comme l’ensemble de la FSSPX de 1988 à 2012 ?

Si l’auteur de ces lignes pense une telle chose, se maintenir dans la FSSPX constitue pour lui une acceptation du schisme latent qu’il dénonce, étant donné que les instituts Ecclesia Dei Adflicta répondent parfaitement à ses objections.

2 – Une inversion des principes

Le lien canonique n’est pas une fin en soi, encore moins en temps de crise. Ce lien vient sanctionner le partage d’une même Foi. Toute la difficulté de la crise actuelle, crise sans commune mesure avec toutes les précédentes, vient du fait que c’est le pape qui déverse dans l’Eglise des doctrines erronées, et que de fait, ces papes, loin de confirmer leurs frères dans la Foi, les en détournent.

Devant un tel mystère, il convient d’établir la hiérarchie des choses, car dans le cas présent, il y a incompatibilité entre le fait de conserver la Foi exprimée à travers le Magistère constant de l’Eglise et un éventuel lien canonique qui ne sous sera accordé que si précisément nous acceptons les nouveautés conciliaires contraires à cette Foi.

Il est bien évident que la Foi est au-dessus d’un lien canonique qui n’a pas de sens ni de valeur s’il est déconnecté de cette Foi. C’est tout le drame des sacres et  c’est là que ce situe l’acte de Foi héroïque posé par Mgr Lefebvre en 1988. Ne pas le comprendre, c’est ne pas saisir le combat qui se déroule depuis 50 ans déjà.

La FSSPX n’est pas le problème, la FSSPX n’a pas d’autres problèmes que ceux qui veulent la changer et la détourner de la prudence toute surnaturelle de son fondateur. Le problème vient de Rome, la perte de la Foi vient de Rome, du Concile et des réformes qui en sont issues. Que Rome revienne à la Tradition, et la FSSPX ne sera plus un problème, que ce soit au niveau doctrinal, comme au niveau canonique.

Austremoine


Mgr Lefebvre : le nouveau magistère est un magistère anathème

Certains, même dans les rangs de la tradition, n’hésitent plus à affirmer que le concile Vatican II fait parti du magistère et que le fait de le refuser comme tel fait de nous des sédévacantistes.

De tels propos montrent la méconnaissance profonde de la pensée du fondateur de la FSSPX et même l’opposition dans laquelle ils se trouvent avec celui-ci. Mais encore une fois, le bon sens tout simplement bien catholique de Mgr Lefebvre exprime avec clarté ce qui doit être tenu concernant l’enseignement de ce concile.

Cela n’empêche pas des développements théologiques plus complexes comme ceux de l’abbé Gleize qui explicitent et appuient de façon plus pointue cette position vis-à-vis du nouveau « magistère ».

Pour autant, comme le dit Mgr Lefebvre, « La question n’est pas difficile » !

Austremoine

Mgr Lefebvre, sermon historique du 29 août 1976 :

Pour la question du Magistère : mais il n’y a personne qui est attaché à l’obéissance au Magistère du pape, des conciles et des évêques, comme nous ! Nous sommes, nous, les plus attachés de l’Eglise, je pense, je l’espère et nous voulons l’être, à l’obéissance au Magistère des papes, des conciles et des évêques ! Et c’est parce que nous sommes attachés à ce Magistère, justement, que nous ne pouvons pas accepter un Magistère qui n’est pas fidèle au Magistère de toujours !

Sinon, il n’y a plus de moyen d’en sortir, on ne sait plus à quel Magistère il faut obéir ! Alors ils disent : « Mais il n’y a pas deux Magistères, il n’y a qu’un Magistère, c’est celui d’aujourd’hui. Il ne faut pas vous référer au passé ». C’est absolument contraire à la définition même du Magistère de l’Eglise. Le Magistère de l’Eglise est essentiellement un Magistère traditionnel : il porte une Tradition, il transmet une Tradition. C’est le rôle propre de l’Eglise, de transmettre le dépôt de la foi. Le dépôt de la foi étant terminé à partir de la mort du dernier des apôtres, ils ne font que transmettre, expliquer, c’est entendu, et ça ne peut donc jamais être en opposition avec ce qui s’est dit précédemment ! C’est la parole de saint Paul disant : « Si moi-même ou un ange descendu du ciel venait vous dire quelque chose de contraire à ce qui vous a été enseigné primitivement… » – Voilà la chose essentielle, capitale : « à ce qui vous a été enseigné primitivement ». Donc saint Paul, pour la vérité de sa propre parole et de la parole d’un ange du ciel, se réfère à ce qui a été enseigné primitivement. Nous aussi nous nous référons à ce qui a été enseigné primitivement. – Or, il se trouve dans le Concile des documents, comme celui de la liberté religieuse, qui enseignent quelque chose de contraire à ce qui a été enseigné primitivement ! On n’en peut rien, ce n’est pas de notre faute, c’est comme ça, c’est un fait ! Alors qu’est-ce qu’il faut faire ?

Ils nous disent : « Vous n’acceptez pas ce Concile, vous n’acceptez pas ce Magistère… » Eh bien, oui ! Parce que ce Magistère est un magistère infidèle. Si le Magistère était fidèle à la Tradition, il n’y aurait pas de problème. Et c’est parce qu’il n’est pas fidèle au Magistère pour lequel nous avons justement une estime profonde que nous disons : ce n’est pas possible, un Magistère qui a été proclamé et défini pendant des siècles, ne peut pas se tromper. Alors nous sommes fidèles à ce Magistère et si un magistère nouveau vient dire quelque chose qui est contraire à ce qui a été enseigné primitivement, il est anathème ! C’est saint Paul qui le dit. Nous ne pouvons pas l’accepter. C’est tout. La question n’est pas difficile.

Il ne faut donc pas qu’ils nous accusent d’être contre le Magistère de l’Eglise, contre le Magistère des papes, contre le Magistère des conciles. Ce n’est pas vrai ! C’est le contraire. Nous sommes persécutés parce que nous sommes fidèles au Magistère de toujours. 

On nous dit : « Vous jugez le pape ». Mais où est le critère de la vérité? Monseigneur Benelli m’a jeté à la figure : « Ce n’est pas vous qui faites la vérité ». Bien sûr, ce n’est pas moi qui fais la vérité, mais ce n’est pas le pape non plus. La Vérité, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ et donc il faut nous reporter à ce que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné, à ce que les Pères de l’Eglise et toute l’Eglise nous ont enseigné, pour savoir où est la vérité. Ce n’est pas moi qui juge le Saint-Père, c’est la Tradition. 

Mgr Lefebvre, sermon historique du 29 août 1976


Sédévacantisme et libéralisme : le même problème selon Mgr Lefebvre

A l’heure où certains voudraient que nous acceptions le concile Vatican II comme faisant parti du magistère – un tel refus ferait soit-disant de nous des sédévacantistes -, et où d’autres voudraient que les papes post-conciliaires soient considérés comme n’étant pas des papes, il est bon de revenir au bon sens catholique de Mgr Lefebvre. Le fondateur, dans cette sagesse toute divine que lui donna la providence en ces temps de crise, n’avait pas besoin de grands discours ni de considérations abstraites pour saisir et entrevoir les solutions qui seront sans doutes explicitées par l’Eglise plus tard.

La fidélité à l’Eglise passe, dans ces temps de crise pour la FSSPX et l’Eglise, par la fidélité à la pensée de son fondateur. S’en écarter, c’est prendre des chemins qui ont montré qu’ils sont une voie de mort : d’un coté le schisme par la séparation d’avec Pierre, et de l’autre, l’abandon du combat de la Foi par l’acceptation plus ou moins implicite des erreurs qui détruisent l’Eglise.

Austremoine

Lecture recommandée sur le sujet du magistère sur Vatican II en question.

Mgr Lefebvre :

L’histoire d’Ecône est suffisamment émaillée d’événements qui sont des conséquences de la situation dans laquelle l’Eglise se trouve aujourd’hui et qui pose évidemment un problème, un problème d’ailleurs qui, en définitive, est unique. C’est le même problème qui se pose à ceux qui nous quittent en disant que nous n’obéissons pas au pape et puis ceux qui nous quittent parce qu’ils disent qu’il n’y a pas de pape. Ils partent du même principe, en définitive : que le pape ne peut pas, dans les voies universelles, disons, dans les actes universels qu’il fait, il ne peut pas se tromper et ne peut pas engager l’Eglise dans une voie qui n’est pas conforme à la foi et aux mœurs.

Alors voilà le principe énoncé. Alors les uns disent : – Bien. Voilà le principe. Il est fermement établi par la Tradition, par les théologiens, par la doctrine de l’Eglise. Or le pape publie des actes qui sont nocifs à l’Eglise dans le domaine de la foi et des mœurs. Donc il n’est pas pape, puisqu’il ne peut pas le faire. Alors s’il n’est pas pape, et bien il n’y a plus de pape. Ce n’est pas difficile. Donc nous sommes libérés de tous les principes qui nous relient à Rome, et ainsi de suite… Nous sommes indépendants… Bon, c’est une solution.

Et puis il y a les autres qui disent : – Non, il n’est pas possible que le pape puisse donner quelque chose qui soit nuisible à l’Eglise, dans un autre domaine, indirectement ou implicitement, pour la foi et les mœurs. Or le pape est pape. Donc il faut accepter ce que le pape nous donne. Et donc, tout ce qui vient de Rome est bon. C’est essentiellement bon. Il peut bien y avoir quelques incidents, quelques bavures, quelques petites choses qui ne sont pas très bonnes, mais enfin c’est bon. La messe est bonne. On ne peut pas dire que la messe est mauvaise. Elle est peut-être mauvaise extrinsèquement, par quelques choses extrinsèques, mais elle n’a pas de principe mauvais. Les principes mêmes de la messe ne sont pas touchés. Ils sont intangibles, puisque c’est le pape qui les a donnés. Le pape ne peut pas faire quelque chose contre la foi et les mœurs lorsqu’il parle pour l’Eglise universelle, donc essentiellement tous les actes qui viennent du Saint-Siège sont bons, donc le Droit Canon est bon. Il y a peut-être des petites phrases qu’on pourrait changer, des petits détails, d’accord, mais fondamentalement il est bon parce qu’ il ne peut pas donner des choses mauvaises. C’est fini, c’est clair.

Alors vous, vous contestez le Droit Canon, vous contestez la messe, vous contestez la bible œcuménique, vous contestez tout ce qui vient de Rome d’une manière grave. Par conséquent vous êtes dans la désobéissance et on vous quitte. Nous, on préfère être dans l’obéissance.

Ils s’en vont et ils rentrent dans l’obéissance, c’est-à-dire dans le libéralisme, dans le progressisme, dans la destruction de l’Eglise et dans la nouvelle messe et dans le nouveau Droit…

Alors qu’est-ce que vous faites ? Il me semble que ces solutions pèchent, à mon sens, d’abord par trop de simplisme. On énonce le principe comme ça, et on ne l’étudie pas à fond. Or un principe comme celui-là dans l’infaillibilité de l’Eglise dans les matières disciplinaires, dans les matières liturgiques, c’est tout de même un principe qui nous vient de la Tradition. Ça n’a pas été dit explicitement par Notre-Seigneur, ce n’est pas, si vous voulez, aussi explicite que dans la Révélation, que l’infaillibilité au point de vue de la foi et des mœurs, ça c’est clair, ça c’est l’objet direct de l’infaillibilité, donc il n’y a pas de problèmes. Mais il y a un objet indirect de l’infaillibilité, un objet comme complémentaire de l’infaillibilité, qui est précisément les faits dogmatiques, par exemple. Les faits dogmatiques qui sont les conclusions théologiques, les faits dogmatiques, les questions disciplinaires et cultuelles de l’Eglise, donc qui sont l’objet indirect, qui soutiennent l’objet primaire qui est l’objet de la foi et des mœurs et qui sont impliqués justement dans la mesure où la foi et les mœurs sont impliqués aussi dans ces faits, dans les conclusions théologiques, dans les faits dogmatiques, dans les questions disciplinaires et cultuelles.

Alors, pour déterminer ça, ça a été la Tradition de l’Eglise, les théologiens, les papes dans leurs Encycliques, dans leur manière dont ils font publier les décrets concernant ces différents sujets. Alors on en a conclu, les théologiens dans l’ensemble en ont conclu, que quand le pape fait un décret pour l’Eglise universelle et qui a trait à la liturgie, à la discipline générale de l’Eglise, et bien le pape ne peut pas se tromper, le pape est infaillible.

Mais si on étudie les choses de près, on s’aperçoit tout de même que cette infaillibilité, l’infaillibilité dans ce domaine-là, est tout de même moins absolue que dans l’objet primaire qui est directement la foi et les mœurs.

Et donc il peut y avoir des exceptions, il peut y avoir des cas où le pape, soit par son mode d’expression, soit par ses affirmations personnelles au sujet de ce qu’il édicte, et bien manifeste qu’il n’a pas l’intention d’utiliser son infaillibilité.

Je pense qu’il faut lire non seulement une seule page concernant la loi et l’infaillibilité du livre que vous connaissez bien de Xavier da Silveira. En effet il tire en conclusion dans ce sujet que d’une manière générale, l’Eglise est infaillible en manière de discipline et liturgie. Mais la thèse n’affirme en aucune façon que la loi doit être la plus parfaite possible, ni qu’elle devrait contenir implicitement toute la doctrine sur la question à laquelle elle se réfère, mais elle traite seulement de la non-existence, dans ce que prescrit la loi, de toute erreur implicite ou explicite en matière de foi et de morale.

Ça c’est la conclusion générale de son étude de la Tradition. Mais après, il met bien : c’est une thèse à considérer dans ses nuances.

Comme nous l’avons vu, la thèse selon laquelle les décrets disciplinaires et liturgiques promulgués pour l’Eglise universelle sont toujours garantis d’infaillibilité, semblent recevoir le support total de la Tradition.

Cependant avant de continuer en se demandant s’il n’y a pas dans la Tradition des témoignages contraires, il nous semble qu’on peut et doit douter que la thèse de l’infaillibilité dans les décrets disciplinaires et liturgiques ait l’ampleur que certains théologiens pensent pouvoir lui attribuer.

Bon, il faut compléter, il ne faut pas seulement lire une phrase, il faut tout lire. Ensuite, un peu plus loin, il fait de nouveau appel à cela :

Avant d’examiner le cas concret du Nouvel Ordo, nous allons reprendre les principes exposés jusqu’ici et fixer clairement l’état de la question.

Premièrement, nous avons vu que, en général, les manuels néo-scolastiques considèrent la thèse selon laquelle les lois universelles de l’Eglise qui incluent les lois liturgiques engagent l’infaillibilité comme théologiquement certaine.

Deuxièmement, nous avons montré ensuite que cette thèse a, ou semble avoir, un support solide dans la Tradition.

Troisièmement, nous avons souligné que, malgré les témoignages de la Tradition qui ont été allégués, il y a de graves raisons aussi, aussi bien d’ordre doctrinales qu’historiques pour nous, de douter que les lois universelles impliquent toujours et nécessairement l’infaillibilité de l’Eglise.

Nous avons remarqué que ce doute a un support dans la Tradition car, dans de nombreux documents, on trouve des hésitations, des expressions restrictives, au sujet de la thèse de l’infaillibilité en matières disciplinaires et liturgiques.

C’est ce danger, voyez-vous, de toujours prendre certaines vérités qui ont besoin d’être expliquées, interprétées par les conditions dans lesquelles se réalisent les principes, et bien on nie ces conditions, on nie, je dirais, les conditions historiques de l’application de ces principes et on ne pense qu’aux principes eux-mêmes, et on en tire les conclusions sans se préoccuper des conditions historiques dans lesquelles on se trouve.

Mgr Lefebvre, 1984


L’attachement au Pape n’est pas sentimental

L’attachement au pape et à l’institution du pape ne doit pas être sentimental, ou si un certain sentiment peut être bien légitime, il ne doit avoir pour objet que d’aider la raison et l’intelligence à un tel attachement.

Le modernisme est la religion du sentiment : c’est ainsi que tout passe au prisme du ressenti, et l’intelligence et la volonté sont reléguées voir ignorées. Ainsi l’acte de foi n’est plus un acte de l’intelligence et de la volonté, mais « une rencontre avec le Christ ». La liturgie n’est plus orientée d’abord à la gloire de Dieu mais elle est considérée comme un outil adaptable à chacun afin de l’aider à ressentir « sa foi » et « faire communion » !

Il en va de même pour l’attachement à l’institution de la papauté et au  pape : certains finissent par ne le considérer que comme un sentiment qui du coup, interdirait toute considération venant heurter ce sentiment. Et pourtant cet attachement au pape est nécessaire à l’âme catholique, car c’est sur Pierre que le Christ a fondé son Eglise, Pierre est cette clef de voûte de l’institution qui ne peut disparaître sans que l’édifice ne s’écroule.

C’est la triste histoire de tous les schismes qui déchirèrent malheureusement l’Eglise : se séparant de Pierre, toutes les dérives virent le jour, et les sectes schismatiques disparaissent les unes après les autres tandis que traverse les âges cette Eglise, épouse du Christ, qui régénère perpétuellement cette institution salie par les atteintes que lui portent les hommes qui la composent.

Non l’attachement à Pierre n’est pas optionnel, il est de foi, cet attachement est éminemment volontaire, surtout aujourd’hui. Car malgré toutes les vicissitudes que connaît aujourd’hui l’Eglise, notre foi nous commande de rester attachés à la papauté. Et c’est tout le remarquable exemple de Mgr Lefebvre. Malgré le libéralisme de Jean XXIII, malgré les destructions liturgiques et doctrinales de Paul VI, malgré le scandale d’Assise et les excommunications qui furent fulminées contre lui par Jean-Paul II, l’archevêque resta attaché de toutes les fibres de son être au pape.

Mais, à l’exemple de saints de l’histoire de l’Eglise, en commençant par saint Paul, cet attachement le contraint à devoir reprendre le pape dans des termes parfois très forts, parce que ce dernier agissait contre son devoir. L’opposition de Mgr Lefebvre ne fut pas mièvre, il ne fut pas mou, il ne se perdit pas dans des contorsions de langage ou dans des rondeurs d’expression. Le respect dû à la fonction et à la personne du pape ne l’empêcha pas de dénoncer avec les mots appropriés le scandale provoqué par ces derniers.

C’est ainsi que Mgr Lefebvre n’hésita pas à employer le mot d’anti-Christ, d’apostat, de schismatique ! Et il le fit à l’encontre des fossoyeurs de l’Eglise, fussent-ils papes, non pour les insulter, non pour les dénigrer ou les rabaisser, mais pour désigner avec vérité la gravité de la réalité des actes de ces personnes, sans que cela ne l’empêcha un seul instant de montrer la plus grande déférence et le plus grand respect pour le pape.

La condescendance mondaine voudrait imposer, sous prétexte d’un faux respect et d’une charité dévoyée, un langage aseptisé au point que toute dénonciation de l’erreur serait perçue comme une atteinte à l’honneur et à la fonction de la personne. Ce pain vicié ne fut pas celui de Mgr Lefebvre. Ce grand prélat donné par la providence nous a montré comment aimer le prochain et l’Eglise, et notamment le Souverain Pontife dans ces temps de crise. La vraie charité est celle qui déteste le péché mais qui aime par le Christ et pour le Christ le pécheur : Credidimus Caritati, nous avons cru en la Charité ; ce fut la maxime épiscopale de Mgr Lefebvre qu’il appliqua avec tant de vertu.

Austremoine


La Sainte Vierge serait devenue orthodoxe !

Cette information se relaie de plus en plus dans les milieux de la tradition. En effet, la demande de la Vierge à Fatima que la pape et, unis à lui, l’ensemble des évêques du monde consacre la Russie à son Cœur Immaculée aurait été respectée, d’où la conversion massive de la Russie à l’Orthodoxie !

« Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculé…Si des gens assistent à mes requêtes, la Russie sera convertie et le monde aura de la paix. » Nous avions vu que le sens du mot conversion n’est pas anodin, visiblement il faut croire que notre Mère du ciel est devenue orthodoxe, ou peut-être oecuméniste ?

Cessons de plaisanter et regardons un peu plus la source d’un tel sophisme : l’évolution de la Russie ne peut que nous réjouir, et elle touche particulièrement nos cœurs de chrétiens à l’heure où notre société entièrement sécularisée vote les lois les plus abjectes et où un discours de compromission ne cesse d’émaner des plus hautes autorités de l’Eglise.

Dans un tel contexte, la Russie nous apparaît inévitablement comme une lueur d’espoir, espoir face à la sécularisation et l’immoralité dans toute son abjection, mais aussi face à l’Islam qui nous envahit jour après jour et dont la Russie semble vouloir repousser les assauts en proposant, non pas la laïcité anti-religieuse, mais le modèle civilisationnel du christianisme.

Alors bien sûr que nous nous réjouissons de voir le président Poutine parler du travail de collaboration entre l’Eglise et l’Etat, de voir les églises et les monastères refleurir dans ce pays que le communisme avait ravagé, de voir cette société se tourner vers les préceptes de l’Evangile et retrouver le chemin de la pratique religieuse. C’est une transformation extraordinaire et profondément réjouissante !

Pour autant peut-on affirmer qu’un tel redressement est le résultat des consécrations successives faites dans le but officiel de respecter les demandes de Notre Dame à Fatima ? Certes, dire que Notre Dame a été insensible à toutes les prières faites à cette intention de par le monde serait sans doute bien téméraire, mais on peut déjà poser les éléments suivants :

–          une telle demande n’était pas difficile à respecter, et selon les conditions demandées. Et même si certaines difficultés pouvaient jaillir, il est difficile d’admettre que la Sainte Vierge fasse « l’effort » de venir sur terre pour demander des choses néfastes ou insensées !

–          le refus réitéré d’obtempérer aux demandes exactes de la Vierge est la marque d’un orgueil ou d’un rejet, et il est difficile de croire qu’une consécration a minima, conséquence du refus d’un orgueil obstiné ou même d’un mépris, serait agréé du Ciel.

Un autre élément d’importance : la Sainte Vierge n’a pas dit que la Russie sortirait du communisme, non, elle a dit que la Russie se convertirait. Or si l’on en croit nos amis qui considèrent que la situation actuelle de la Russie est la réponse du Ciel à cette consécration, il faut logiquement considérer que la Sainte Vierge considère le retour à l’orthodoxie comme une grâce ! La Sainte Vierge serait donc devenue orthodoxe ?

On touche là à quel point cet œcuménisme a pénétré les esprits même dans la tradition ou du moins ceux qui s’en réclament encore. Evidemment, le retour à l’orthodoxie ne peut être considéré par un catholique comme LA conversion promise par la Sainte Vierge.

En revanche, il est raisonnable de penser que la providence prépare les choses, doucement. Il n’est pas impossible que cet état de l’orthodoxie soit comme une préparation à la conversion et donc au retour à l’Eglise une, sainte, catholique, apostolique et romaine, retour qui se fera le jour où les demandes de la Vierge auront enfin été respectées.

Austremoine


Des ralliés non ralliés aux non ralliés…ralliés !

Correctif : j’avais indiqué que ce texte dont il est l’objet était le fait d’un laïc et d’un prêtre ex-Ecclesia Dei. Ayant eu ce dernier au téléphone, il m’a démenti en être le co-auteur et a réfuté le fait d’avoir été membre d’une communauté Ecclesia Dei ; il est justice d’en apporter la correction nécessaire, en lui présentant mes excuses.

Il est également précisé que le texte dont il est question n’a pas été publié par ce blog mais qu’il est disponible par ailleurs sur de nombreux sites Internet.

Une terrible circulaire (extrait ci-dessous), émanant de la Maison Générale, destinée aux prêtres de la FSSPX, dont nous tairons les auteurs, propose de reconsidérer l’attitude à tenir vis-à-vis des prêtres des communautés Ecclesia Dei, en commençant par proscrire le terme de « ralliés » usité pour les qualifier, au motif qu’ils n’auraient rien abandonné de la Tradition que ce soit au niveau doctrinal ou liturgique (cf l’écartèlement des Instituts Ecclesia Dei).

Le but ici n’est pas de démontrer la fausseté de telles assertions, fausseté que les faits démontrent à l’envie et résumée dans le texte de l’abbé François-Marie Chautard. Il sera encore moins question de démontrer la grotesque affirmation selon laquelle Mgr Lefebvre aurait changé d’attitude à leur égard.

On pourra utilement rappeler que pour ces prêtres Ecclesia Dei la nouvelle messe, bien que moins satisfaisante que l’ancienne, est parfaitement orthodoxe, et que dans ce sens, elle leur apparait comme parfaitement légitime.

On pourra constater que les communautés Ecclesia Dei acceptent le « magistère » du concile Vatican II et notamment celui sur la liberté religieuse – défendue notamment par le père Basile Valuet du Barroux dans sa thèse – et qu’ils ont accepté sans sourciller la béatification de Jean Paul II, pape d’Assise et du baiser du coran.

Il ne faudrait donc plus appeler nos amis ralliés…ralliés. Déminons le terrain.

Le terme « rallié » n’a rien à voir avec le ralliement sous Léon XIII. Ne faisons pas comme ceux qui nous empêchent d’utiliser le mot « occupation » sous prétexte que ce terme renverrait systématiquement « aux heures les plus sombres de notre histoire » !!!

Le terme « rallié » n’est pas non plus une insulte, il ne dit pas que ces personnes sont des traitres ou des lâches ou que sais-je ! Il y a parmi les fidèles et les prêtres de ces communautés une majorité de personnes tout à fait sympathiques, sans doute une majorité d’entre elles sont de bonne foi, et qu’il y a parmi eux des personnes pieuses et saintes comme on peut également en trouver dans l’Eglise conciliaire ou la FSSPX.

Ce mot de « rallié » signifie simplement le fait d’avoir, tout en conservant un certain décorum traditionnel -possibilité que l’on doit à Mgr Lefebvre et aux sacres de 1988 -, rallié les nouvelles orientations théologiques et liturgiques données par le concile Vatican II, ralliement effectué en 1988 à l’occasion des sacres et de la condamnation de Mgr Lefebvre.

Ce mot de rallié désigne simplement un état de fait, une réalité. Il est compréhensible que ce mot qui rappelle cette réalité dérange, surtout ceux qui au fond d’eux mêmes voudrait voir la FSSPX suivre le même chemin, que ce soit par facilité, lassitude, ignorance, libéralisme, mondanité, orgueil ou aveuglement.

On nous demande de considérer que les ralliés ne sont pas ralliés…c’est difficile ! En revanche il ne fait pas de doute que d’autres qui ne sont pas ralliés officiellement le sont dans leur tête. La crise de l’Eglise se complexifie : si nous avons des ralliés non ralliés, voici maintenant des non ralliés…ralliés.

Austremoine

A lire aussi : Réponse à monsieur l’abbé Ribeton.

Extrait de la circulaire :

5.   L’attitude  à l’égard des milieux Ecclesia Dei est contre-productive. On ne peut compter le nombre de fois où est répété le terme « rallié ». Dès la présentation du livre, l’abbé Pivert avance que les communautés Ecclesia Dei auraient abandonné la tradition doctrinale ni plus ni moins.
 
Au fil des pages, on découvre des jugements assez sévères à leur encontre lesquels ne sont pas remis dans leur contexte. Entre les sacres et sa mort, Mgr Lefebvre n’a guère eu le temps de voir évoluer ces communautés. Les seuls exemples qui l’incitent- et ils les citent  à  titre  d’exemple  à  cette  époque  – à  être  particulièrement sévère sont:  le monastère  Saint-Joseph de  Clairval à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or) qui, après avoir accepté l’indult de 1984, a adopté le nouveau missel, et le séminaire Mater Ecclesiae  à Rome qui, à  peine  mis  en  place, recycle des rescapés d’Écône en  faveur des réformes. Par conséquent, il n’est pas étonnant que Mgr Lefebvre ait écrit in privatim à l’abbé Couture que les messes permises par l’indult  étaient  des « attrapes nigauds. »
Il est évident que ces essais apparaissaient comme autant de pièges tendus pour conduire les âmes vers la liturgie réformée. Il affirmait  également qu’il ne donnait guère de temps aux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre pour  adopter  la nouvelle  messe.   Finalement  les faits ont  montré  que ces derniers ont su résister aux assauts. En 1999, ils ont eu raison d’une tentative de mise au pas de Rome et, progressivement, la quasi-totalité  des seize signataires d’une lettre préconisant le  biritualisme   ont  dû quitter   la  FSSP.   Aujourd’hui,   ils  sont  250  prêtres  célébrant exclusivement l’ancien rite. Nul ne peut dire que Mgr Lefebvre aurait maintenu la même appréhension qu’en  1988  au fil  des années. En même  temps, si on  se penche sur la correspondance de Mgr Lefebvre, on pourra également trouver des morceaux plus modérés à l’endroit des communautés Ecc/esia Dei, concédant le fait qu’ils ne sont pas ralliés d’esprit et qu’ils ont l’avantage de rappeler quotidiennement  aux évêques ce qu’est la Tradition :

 « La tension  va monter  entre  les évêques et  Rome au sujet  de ces prêtres et séminaristes ralliés sans être ralliés. Les évêques n’en veulent pas. L’entreprise de Rome risque de tourner  à l’échec. Que va faire l’évêque de Laval avec des prêtres affublés de l’habit  dominicain ? Ainsi se trouve constamment posé à Rome et aux évêques le problème du Concile et la Tradition ! « 

Dans ce passage, Mgr Lefebvre admettait  que ceux qui ont régularisé leur situation – ralliés sans être ralliés – posaient constamment à Rome et aux évêques le problème du Concile et de la Tradition. Ce sont ses termes.
 
Par ailleurs, l’abbé Pivert compare le monde Ecclesia Dei au clergé jureur car il dépendrait directement d’un épiscopat moderniste. Certes, mais la comparaison a ses limites : le clergé jureur  était  en effet  soumis à un épiscopat clairement  schismatique. De plus, en faisant signer la reconnaissance de la Fraternité à Mgr François Charrière, évêque de Fribourg, imbu des idées d’œcuménisme et  de liberté  religieuse, Mgr Lefebvre se trouvait  en régularité canonique de 1970 à 1975. Fallait-il l’assimiler à un évêque jureur, soumis aux hommes de Vatican Il ?

L’écartèlement des instituts Ecclesia Dei

Il est de bon ton d’affirmer que peu de choses séparent la FSSPX des instituts Ecclesia Dei : même messe, mêmes sacrements, et diront aussi certains, même doctrine.

On peut disserter longuement pour savoir si chacune de ces affirmations est correcte, et notamment celle concernant la doctrine. Que d’amis me disent que si dans le discours officiel rien n’est dit contre le Concile, in privatim, les prêtres de la FSSP le combattent tout comme les prêtres de la FSSPX. On trouvera sans doute des exemples allant dans ce sens, mais il est préférable de considérer la réalité théologique de la FSSP plutôt que de s’attarder sur ces exemples individuels.

La « béatification » et la « canonisation » de Jean-Paul II en donne une bonne illustration pratique. Les prêtres de la FSSP vont-ils proposer, à l’instar de l’Eglise conciliaire, le pape d’Assise et du baiser du coran à leurs fidèles ? Vont-ils donner en exemple ces nouveaux « saints », chantres de l’œcuménisme et du dialogue inter-religieux ?

En réalité, la réponse est déjà en grande partie donnée : le pèlerinage ND de Chrétienté avait donné pour exemple « sainte » Mère Térésa, qui si elle fut héroïques dans l’application de vertus naturelles, disait encourager les musulmans mourant dans leur foi, plutôt que de tenter de leur apporter la grâce ultime et salvatrice du baptême ! Une telle personne, même si nous espérons son salut, ne peut être portée sur les autels catholiques !

Différents sites officiels de la FSSP parlent déjà des « bienheureux » Jean XXIII et Jean-Paul II ! A coup sûr ils ne seront pas longtemps gênés pour en venir à les considérer comme « saints » !

Même liturgie, sans doute, mêmes sacrements, certes, même doctrine, hélas, ce n’est plus le cas. Les différences théoriques, théologiques, peuvent paraître à certains encore subtiles, elles le sont beaucoup moins mises sous les projecteurs si terrible de ces fausses canonisations.

On a pu comparer les prêtres Ecclesia Dei aux prêtres jureurs, dans le but de montrer que leur liturgie et leurs sacrements étaient les mêmes que ceux des prêtres réfractaires. Un autre parallèle me semble plus approprié, l’exemple de ce saint, dont j’ai oublié le nom, qui au tout début du schisme protestant se rendit dans une église pour assister à la sainte messe. Vient le moment de la communion, sans que notre saint put savoir si le prêtre qui officiait était catholique ou protestant, la liturgie protestante n’ayant pas été encore réformée. Il pria dans son for interne, demandant à Dieu de l’éclairer. C’est alors qu’un ange descendit du ciel et lui donna la communion. Notre saint compris alors que cette cérémonie était celle d’un prêtre protestant.

Le concile Vatican II n’est rien d’autre que la protestantisation voulue et assumée de l’Eglise catholique. Accepter ce concile, c’est en accepter le poison moderniste et néo-protestant. L’Eglise conciliaire a sa doctrine, elle a ses sacrements, elle a sa liturgie. Dans le principe, la FSSP et les instituts Ecclesia Dei les ont acceptés, à la seule différence peut-être, que pour eux la « forme extraordinaire » leur est ordinaire, et que la « forme ordinaire » leur est extraordinaire ! Et le « saint » d’Assise, Jean-Paul II, sera bien de leur paroisse !

N’allons pas nous-même vers la voie de l’écartèlement ; si elle est pour ces prêtres – sans doute pour beaucoup de bonne volonté – la réponse qu’ils pensent devoir donner à ce dilemme qui se posent à eux, une attitude équivalente de notre part serait une trahison du combat qui se mène, combat qui n’est pas le notre.

Il n’y a qu’une attitude catholique dans cette tourmente et aux milieux de tous ces compromis, d’où qu’ils viennent, qui ruinent l’Eglise :

« Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »

« Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise. » Mgr lefebvre, déclaration 1974

Austremoine


Réponse à M. l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP

Monsieur l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP, a donné une interview à la Nef. Il y affirme notamment ceci :

« Mgr Marcel Lefebvre a transmis à nos fondateurs une formation solide dans un contexte de crise de l’Église qui brouillait les repères et conduisait les catholiques à une grande perplexité. Mgr Lefebvre a voulu transmettre ce qu’il avait reçu, nos fondateurs lui doivent énormément ; mais il y avait une contradiction en 1988 à vouloir défendre la Tradition de l’Église en sacrant quatre évêques contre la volonté du pape. Cela contredisait la Tradition elle-même. »

Il convient tout d’abord de rappeler quelques faits à monsieur l’abbé Ribeton : les sanctions contre Mgr Lefebvre et la FSSPX ne commencent pas en 1988, mais bien avant. Ne se souvient-il pas que la suspens a divinis date de 1976 pour avoir ordonné des prêtres contre l’accord de Rome ? Pourtant, dans l’argumentation de monsieur l’abbé Ribeton, cela va aussi contre la Tradition.

Comment se fait-t-il que de 1976 à 1988 les prêtres fondateurs de la FSSP acceptent de subir les sanctions, en allant contre la volonté du pape, et que soudainement en 1988, ils découvriraient que s’opposer au pape devient anti-traditionnel ? Certes la consécration sans mandat entraîne l’excommunication latae sententiae, n’est-ce pas plutôt la gravité de la sanction qui fit reculer à cette époque les fondateurs de la FSSP ?

Le point central d’une telle affirmation reste toujours la notion que l’on met derrière les mots et que la révolution conciliaire a elle aussi perverti. Le mot Tradition est utilisé ici un peu comme un slogan. La question est bien : est-ce que les sacres de 1988 ont contrevenu à la Tradition ?

Un petit retour en arrière aiderait à résoudre la question sans se lancer dans de grandes explications théologiques. Si Mgr Lefebvre n’avait pas procédé aux sacres épiscopaux en 1988, qui aurait ordonné les prêtres célébrant le selon le rite traditionnel ? Resterait-il encore un seul séminaire enseignant la scolastique et formant les prêtres au sacerdoce de toujours ? En somme, la Foi catholique serait-elle encore transmise ?

Mgr Lefebvre a sauvé tout cela, il a en quelque sorte sauvé la Tradition à laquelle l’abbé Ribeton tente de l’opposer, car Paul VI n’a eu de cesse comme Jean-Paul II et l’ensemble des évêques notamment français de vouloir fermer Ecône, aucun évêque avant 1988 et le motu proprio Ecclesia Dei  n’acceptaient de célébrer dans le rite traditionnel. Aujourd’hui, sans les sacres, il ne resterait que des individualités de vieux prêtres résistant ici ou là, le reste étant noyé dans le magma conciliaire avec des nuances diverses de conservatisme.

Loin de s’opposer à la Tradition, Mgr Lefebvre l’a sauvé. Et si la Fraternité Saint-Pierre peut aujourd’hui exercer son apostolat dans des formes et des aspects traditionnels qui peuvent faire un certain bien, ce n’est qu’en vertu de la protection que lui accorde de facto le honteux motu proprio Ecclesia Dei, qui signe la condamnation de Mgr Lefebvre et surtout, de la Tradition dans son aspect le plus théologique et doctrinal qui soit ! Il y a qu’on le veuille ou non un aspect inique à user des privilèges que donne la Tradition en vivant sur sa condamnation !

Sub Petro et cum Petro comme aiment bien le dire nos amis d’Ecclesia Dei. Certes. Mais Pierre n’est pas une finalité, Pierre est un outil, outil essentiel certes, mais outil quand même. Pierre a la grâce de pouvoir confirmer ses frères dans la Foi, il en a le pouvoir, il en a le devoir. La finalité c’est Dieu. Si obéir au pape veut dire abandonner ou diminuer notre Foi, alors l’obéissance vraie demande à rejeter ce qui est contraire à la Foi et donc au Salut.

Ce n’est sans doute pas pour rien que jamais on n’entend la FSSP se lever contre les ravages du concile Vatican II mais expliquer simplement que leur choix théologique et liturgique est le fruit d’une « sensibilité », c’est sans doute pour cela que l’on vit l’abbé Ribeton écrire que la messe de Paul VI, messe équivoque et néo-protestante, est bonne et sanctifiante ; c’est sans doute pour cela que l’on voit les instituts Ecclesia Dei  adopter les nouveaux « saints » conciliaires les plus controversés comme la mère Térésa et bientôt Jean-Paul II ; c’est sans doute pour cela que le silence de la FSSP se fait plus pesant face aux grands scandales d’Assise, péchés publiques gravissimes de la plus haute autorité de l’Eglise contre Dieu, et encore quand certains ne trouvent pas le moyen de le justifier, etc… Et la liste est si longue ! 

Sub Petro et cum Petro, certes monsieur l’abbé, dire le contraire c’est être schismatique, sub Petro et cum Petro comme signe sensible de l’appartenance à la communion des Saints, communion qui est le partage d’une même Foi, la Foi catholique, et non pas comme acceptation plus ou moins tacite de ce qui la détruit.

Vous souhaitez que la FSSPX saisisse la main tendue du pape ? Mais quelle main ? Celle qui fait de la notion du bien et du mal une notion subjective propre à la conscience de chacun ? Une main qui a pour volonté l’application de la révolution conciliaire la plus extrémiste, révolution contre Dieu, contre l’Eglise, qui détruit la Foi ?

La seule main qui puisse être saisie c’est celle de Dieu, celle de la Foi, car c’est par cette main seule que l’on peut se sauver. Et ce qui vous retient d’être avalé par l’ogre conciliaire et de vous voir imposer les réformes libérales et modernistes, c’est le refus de la FSSPX de collaborer avec des autorités qui usent de leur pouvoir pour détruire l’Eglise.

Priez, priez pour que jamais la FSSPX n’accepte une telle folie : il y va aussi de votre survie !

Austremoine