Mgr Lefebvre : nous som­mes d’Église, nous sommes l’Église catholique, nous continuons l’Église catholique

[…] Toute cette résistance est une résistance normale dans l’Église, dans un organisme qui doit survivre, et c’est pour cela que nous disons : nous som­mes d’Église, nous sommes l’Église catholique, nous continuons l’Église catholique, nous continuons, les autres s’en éloignent, ce sont eux qui sont schismatiques. Ce sont ceux qui font toutes ces nouveautés qui deviennent schismatiques. Ils ne sont plus catholiques, je vous l’assure. C’est épouvan­table, mais c’est comme ça.

Alors devant cette déviation profonde à l’intérieur de l’Église de la foi catholique, alors que faire ? Que faire sinon faire de bons prêtres. Mais pour faire de bons prêtres, il faut des évêques, il faut des évêques catholiques. S’il n’y a pas d’évêques catholiques, on n’aura pas de bons prêtres. Alors c’est comme ça que j’ai supplié Rome, j’ai supplié Rome pendant des années : donnez-moi des évêques catholiques, permettez-moi de faire des évêques catholiques. — Ah non, non, pas question, vous n’avez qu’à vous adresser à tous les évêques, et tous les évêques dans le monde pourront vous rempla­cer si vous n’avez pas la possibilité d’ordonner vos séminaristes, si vous mou­rez, ils s’adresseront aux évêques diocésains. Alors j’ai dit : il n’est pas possible de faire des prêtres catholiques avec des évêques qui ne sont plus catho­liques. Et j’ai insisté jusqu’à signer ce fameux protocole d’accord avec Rome.

Qu’est-ce que je demandais dans ce protocole ? La chose principale que je voulais obtenir, c’était cet évêque. Je voulais un évêque.

… Maintenant que je vous ai envoyé des noms, il faut que d’ici deux mois, vous me donniez le nom de celui que vous avez choisi pour que je puisse le sacrer et avoir un évêque tel que vous me l’avez promis — Ah, non, c’est impossible, impossible, c’est trop vite, c’est trop tôt. — C’est absolument faux. Alors j’ai insisté, j’ai menacé : «si vous ne me le donnez pas, je vais sacrer moi-même des évêques». — bon, bon, envoyez encore des noms, il faut envoyer des noms mais il faut que vous présentiez un candidat qui ait le profil — c’était le terme qu’ils employaient — qui ait le profil désiré par le Saint-Siège. Alors là j’ai compris, je n’aurais jamais mon évêque tradi­tionnel. S’il faut qu’il ait le profil désiré par le Saint-Siège, c’est-à-dire un profil progressiste, un profil moderniste, c’est impossible, inutile, je n’y arri­verai jamais. Il y avait une volonté derrière cela de ne pas me donner cet évêque. D’ailleurs ils me l’avaient dit plusieurs fois au cours de conversa­tions : vous n’avez pas besoin d’évêques, vos séminaristes n’ont qu’à s’adres­ser aux évêques des diocèses. J’ai dit : Non, je veux des évêques tradition­nels, des évêques qui gardent la foi, des évêques qui protégeront la foi de mes prêtres, des évêques qui formeront mes prêtres dans la foi catholique. L’évêque est le père de ses prêtres. Si on met un père qui est progressiste et moderniste, il aura des prêtres modernistes. Je ne veux pas. Alors on s’est heurté, là, j’ai dit : C’est comme ça, vous me refusez, c’est bien, c’est que vous n’avez pas les mêmes intentions que moi. Votre intention est de me réduire à la soumission, à la révolution du concile. Vous voulez que nous soyons soumis à la révolution du concile. Et nous, nous refusons cette révo­lution à l’intérieur de l’Église. Nous voulons demeurer catholiques. Donc, c’est terminé, je ferai des évêques, des évêques catholiques. […]

Mgr LEFEBVRE à Albias (Tarn-et-Garonne)
le 10 octobre 1990


Abbé Régis de Cacqueray : saint Paul face à saint Pierre ou tel Mgr Lefebvre devant Paul VI

Source : La Porte Latine

Voilà déjà 25 années qui se sont écoulées depuis les consécrations épiscopales du 30 juin 1988 ! Ce quart de siècle nous donne un premier recul pour mieux apprécier le bien-fondé de la décision que prit alors le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Marcel Lefebvre.

Force est de constater que les catholiques du monde entier, au cours de cette assez longue période, n’ont vu émerger aucune autre figure marquante de grand évêque catholique. L’affaiblissement et le dévoiement de la doctrine ont clairement provoqué celui des caractères et des personnalités. Hormis Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, quel autre évêque de ces dernières décades restera de cette période de l’histoire de l’Église ?

S’il ne faut pas oublier de saluer, en 1995, le courageux retour à la Tradition de Mgr Salvador Lazo, cet évêque philippin à la retraite reste désespérément l’unique exception de ce quart de siècle. Pourtant, les décombres universels montraient partout, à l’évidence, les fruits empoisonnés de l’aggiornamento…

Certes, aujourd’hui comme il y a 25 ans, on parle facilement d’évêques ou de cardinaux « conservateurs ». Mais, que signifie exactement ce terme ? Il veut traduire, en général, une certaine fermeté dans le domaine moral, une opposition aux excès que suscite la messe de Paul VI, voire une sensibilité en faveur de la messe de saint Pie V. Mais il ne désigne jamais une opposition réelle et publique aux innovations du Concile. Peut-on citer le nom d’un seul prélat étiqueté comme « conservateur » à avoir publiquement protesté contre ces innombrables scandales oecuméniques ou interreligieux qui ne cessent de se produire à Rome ?

Il est vrai que certains s’en sont émus en leur for intérieur et ont émis quelques réserves discrètes autour d’eux. L’un ou l’autre a écrit au pape une lettre privée pour faire part de ses doléances et s’est même risqué à préfacer un livre pour critiquer une déviance sans doute favorisée par le concile. Mais aucun, en 25 ans, ne s’est réellement levé, tel saint Paul face à saint Pierre ou tel Mgr Lefebvre devant Paul VI. Or, c’est pourtant cette incroyable promotion de l’égalitarisme des religions qui porte la principale responsabilité de la perte de la foi et de l’affaiblissement du catholicisme.

S’il n’y avait donc eu la Fraternité Saint-Pie X et ses évêques consacrés par Mgr Lefebvre pour contester publiquement les discours et les actes des papes conciliaires qui se sont succédé sur le trône de Pierre depuis 25 ans – discours et actes véritablement ruineux pour les âmes –, la confession de la foi catholique, dont le pendant nécessaire est la dénonciation des erreurs opposées à la foi, n’aurait plus été assurée. Le relativisme religieux convoyé par le Concile aurait partout triomphé sans qu’aucune voix discordante ne se fasse entendre, à l’exception de celle de quelques prêtres qui auraient eux-mêmes été condamnés à bientôt disparaître, sans aucun espoir de relève.

Ce sont donc les consécrations épiscopales de 1988 et elles seules qui ont permis non seulement la survie de la foi dans les bastions traditionnels mais aussi et surtout le maintien de la protestation énergique contre le dialogue et la fraternisation de toutes les religions appelées à façonner une union factice en faveur de la paix dans le monde sous la présidence de la Rome conciliaire.

Nous allons maintenant entrer dans le deuxième quart de siècle qui suivra les consécrations épiscopales de 1988. Bien sûr, nous espérons de tout notre coeur que le retour des évêques et des papes à la Tradition se produira au cours de cette nouvelle période et nous supplions le Ciel qu’il en soit ainsi.

Mais qui sait de quoi sera fait l’avenir ? Combien de temps durera encore cette crise ? L’affadissement du catholicisme et la crise qu’il traverse ne suffisent pas pour détourner de lui les haines qu’on lui porte. Il est possible que ce soit, dans les années à venir, cet antichristianisme, chaque année plus violent, qui sera notre providence, parce qu’il contraindra les catholiques qui ont quand même gardé la foi à abandonner les utopies conciliaires pour avoir la force d’âme de rester catholiques.

En ce qui nous concerne, nous devons demeurer fermement attachés à la foi catholique, nous efforcer de la transmettre à la génération qui nous suit et demander la grâce d’être trouvés fidèles à l’heure de notre mort. « J’ai transmis ce que j’ai reçu » ; telle est la simple parole qui se trouve inscrite sur le tombeau de notre cher fondateur.

Nous ne voulons pas faire autre chose que lui et nous en demandons humblement la grâce au bon Dieu.

Abbé Régis de Cacqueray †, Supérieur du District de France


Mgr Lefebvre : nous refusons ces valeurs d’un caractère libéral

Nous voici à nouveau réunis sous le patronage de saint Pierre et saint Paul, martyrs. Comment ne pas jeter nos regards, par la pensée, par le cœur, vers Rome ? Rome que ce pape et l’apôtre saint Paul ont arrosé de leur sang, accompagnés de tant et de tant de martyrs. Aussi est-ce avec émotion que nous lisons ce matin dans les leçons du pape saint Léon qui s’adressait ainsi à cette Ville éternelle : O Roma, quae erras magistra erro-ris facta es discipula veritatis. « O Rome, toi qui a été maîtresse de l’er­reur, qui as enseigné l’erreur, te voici devenue servante de la Vérité ». Quelle belle parole : servante de la Vérité ! Et il ajoutait que cette ville de Rome rassemblait toutes les erreurs de toutes les nations : Omnium gentium serviebat erroribus… ?

Rome semblait au service des erreurs de toutes les nations. Les divini­tés y étaient accueillies et Rome se figurait, dit encore saint Léon, qu’elle avait une grande religion, magnam religionem, parce que précisément elle réunissait toutes les erreurs, toutes les religions, dans son sein.

Ces paroles de saint Léon décrivant la Rome païenne, la Rome antique, nous font réfléchir aujourd’hui.

Quelle est aujourd’hui la situation à Rome ? Que pense-t-on de nous, rassemblés ici pour accomplir, assister ou participer à ces ordinations sacerdotales ?

Nous pouvons le savoir en lisant le livre du cardinal Ratzinger qui vient de paraître et qui parle de nous.

Que dit-il de nous ? Il dit qu’il est étonné que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X soit si attachée aux papes d’avant le Concile – c’est pour nous vraiment un témoignage de satisfaction – et que nous fassions de si grandes réserves sur les papes qui ont suivi le Concile. S’ils sont attachés à la papauté, pourquoi, s’étonne-t-il, faire des distinctions entre les papes ?

Mais, c’est lui-même qui nous donne la réponse dans son propre livre. Car il dit, en effet, à son interlocuteur qui l’interroge : « Alors, Eminence, croyez-vous que quelque chose a changé depuis les années 60 ? » Et le cardinal de répondre : « Oui, en effet, il y a quelque chose de changé dans l’Eglise depuis les années 60, c’est-à-dire depuis le Concile Vatican II, et ce changement consiste à adopter les valeurs du monde, valeurs qui viennent de deux siècles de culture libérale et qui sont désormais adoptées par l’Eglise. »

Voilà la réponse : nous refusons ces valeurs d’un caractère libéral qui se sont introduites dans l’Eglise à la faveur du Concile Vatican II et des réformes post-conciliaires. Nous les refusons absolument, précisément pour être obéissants aux papes et à l’Eglise, à la Vérité de toujours. Tous les papes ont condamné ces compromissions avec le monde, avec les erreurs du monde parce qu’elles sont contraires à notre sainte religion.

Mgr Lefebvre, 29 juin 1985, extrait de l’homélie des ordinations.


Mgr Lefebvre : on en arrive à la destruction totale de l’Eglise

Ce sermon a été prononcé le 30 mars 1986 à Ecône par Mgr Lefebvre à l’annonce de la réunion internationale d’Assise par Jean-Paul II, ce pape que l’Eglise conciliaire veut porter sur ses autels.

Source : La Porte Latine

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes bien chers amis, Mes bien chers frères,

Permettez-moi, avant d’évoquer quelques considérations sur cette belle fête de Pâques, sur les sentiments qui doivent nous animer en ce beau jour, de compléter — surtout pour vous, mes chers séminaristes, qui allez dans quelques instants prendre le chemin des vacances — vous allez rencontrer vos parents, vos amis, et je ne voudrais pas que ce que je vous ai dit jeudi dernier à l’occasion de la messe chrismale, soit mal interprété par vous.

Nous le savons tous, mes bien chers frères, mes bien chers amis, nous savons tous que nous sommes actuellement devant une situation dans l’Église qui est de plus en plus inquiétante. Ce n’est pas depuis aujourd’hui que le problème se pose. Le problème se pose depuis le concile particulièrement et depuis l’application des réformes du concile. Or, nous assistons à une espèce d’escalade de l’oecuménisme pratiqué par le pape et par les évêques.

Ce n’est pas un mystère ; c’est vu et su par tout le monde ; c’est présenté à la télévision, par tous les moyens de communication sociale. Tout le monde est bien au courant de cet oecuménisme qui est pratiqué aujourd’hui par les autorités de l’Église.

Alors cet oecuménisme nous pose, – à vous j’en suis certain – chers fidèles, chers amis, un grave problème de conscience. Pour nous, nous voulons et nous avons décidé – et je ne pense pas que nous ayons l’intention de changer : nous voulons rester catholiques. Et le catholicisme pour nous, signifie : garder la foi, les sacrements, le Saint Sacrifice de la messe, le catéchisme que l’Église a enseigné, a légué, comme un héritage précieux pendant dix-neuf siècles, à des générations et des générations de catholiques.

Nous-mêmes nous avons reçu dans notre enfance, dans notre jeunesse, dans notre adolescence, notre âge mûr, nous avons reçu ce précieux héritage et nous y sommes attachés comme à la prunelle de nos yeux, en pensant que cette foi qui nous a été léguée et tous les moyens de garder la foi qui nous ont été légués, d’entretenir la grâce en nous, sont un moyen nécessaires, absolument indispensables pour sauver nos âmes, pour aller au Ciel. Ce n’est pas pour autre chose que nous voulons demeurer catholiques : pour sauver nos âmes.

Alors, lorsque j’avais l’occasion de vous dire jeudi dernier, mes chers amis, que nous avons l’impression de nous éloigner toujours davantage de ceux qui pratiquent cet oecuménisme insensé, contraire à la foi catholique — je devrais dire plutôt, que demeurant catholiques et décidant de demeurer catholiques jusqu’à la fin de nos jours — ce sont eux que nous voyons s’éloigner de nous, parce que nous demeurons catholiques et qu’ils s’éloignent toujours un peu plus de la profession de cette foi catholique qui est le premier précepte qui est celui d’un baptisé, de professer sa foi.

Ce n’est pas pour rien que nos parrain et marraine ont prononcé le Credo le jour de notre baptême – et que nous-mêmes ensuite – à la confirmation que nous avons reçue, nous avons répété par nous-mêmes, ce Credo, qui nous attache définitivement à la foi catholique. Or, c’est un fait certain, connu désormais de tout le monde, depuis surtout le voyage du pape au Maroc, au Togo, dans les Indes, et dans les communiqués que le Saint-Siège officiellement a fait paraître encore ces jours derniers, pour dire que le pape avait l’intention de se rendre chez les juifs, pour prier avec eux, que le pape avait l’intention de se rendre à Taizé pour prier avec les protestants et qu’il avait l’intention – il l’a dit lui-même publiquement à Saint-Paul-hors-les-murs – de faire une cérémonie qui réunirait toutes les religions du monde pour prier avec elles, à Assise, pour la paix – à l’occasion de l’Année de la paix qui a été proclamée par l’O.N.U. et qui pour l’O.N.U. doit avoir lieu le 24 octobre.

Voilà les faits. Vous les avez lu dans les journaux ; vous les avez entendu à la télévision, pour ceux qui ont la télévision. Que pensons-nous ? Quelle est la réaction de notre foi catholique ? C’est cela qui compte, ce n’est pas notre sentiment personnel, une espèce d’impression ou une constatation quelconque. Il s’agit de savoir ce qu’en pense l’Église catholique ; ce que l’on nous a enseigné ; ce que notre foi nous dit devant ces faits. C’est pourquoi je me permets de vous lire quelques mots très courts que j’ai recueillis dans le Dictionnaire de Droit canonique, du chanoine Naz, qui est officiellement le commentaire du Droit canon qui est la loi de l’Église depuis les premiers temps de l’Église. Le Droit canon édité et publié sur l’ordre du pape Pie X et publié par Benoît XV, le Droit canon est l’expression de la loi de l’Église qui a été la sienne pendant dix-neuf siècles. Que dit-il à propos de ce que l’on appelle la communicatio in sacris, c’est-à-dire la participation à un culte a-catholique, participation d’un culte non-catholiques ? Je crois que c’est bien ce qui nous occupe ; c’est bien ce que nous voyons : la participation du pape et des évêques à des cultes non catholiques.

Qu’est-ce qu’en dit l’Église ? La communicatio in sacris, comme le dit l’Église en latin : Elle est interdite avec les noncatholiques par le canon 1258, paragraphe 1, qui dit :

“Il est absolument interdit aux fidèles d’assister ou de prendre part activement aux cultes des a-catholiques de quelque manière que ce soit”.

De quelque manière que ce soit. Et voici comment il l’explique — et cela je ne fais que copier ce qui se trouve dans le commentaire officiel de la doctrine de l’Église — :

« La participation est active et formelle quand un catholique participe à un culte hétérodoxe, c’est-à-dire non catholique, avec l’intention d’honorer Dieu par ce moyen, à la manière des noncatholiques ».

Je répète :

« La participation est active et formelle quand un catholique participe à un culte hétérodoxe, c’est-à-dire non catholique, avec l’intention d’honorer Dieu par ce moyen, à la manière des noncatholiques ».

C’est exactement ce devant quoi nous nous trouvons. Je pense réellement que les évêques et que le pape ont l’intention d’honorer Dieu, par le culte non-catholique, auquel ils participent. Je ne pense pas me tromper.

Une telle participation est interdite, sous n’importe quelle forme – quo vis modo – parce qu’elle implique profession d’une fausse religion et par conséquent le reniement de la foi catholique.

« Il n’est permis ni de prier, ni de chanter, ni de jouer de l’orgue dans un temple hérétique ou schismatique en s’associant aux fidèles qui célèbrent leur culte, même si les termes du chant et des prières sont orthodoxes ».

Ce n’est pas moi qui ai écrit cela. C’est écrit en toutes lettres dans le Dictionnaire de Droit canonique par le chanoine Naz, qui fait pièce officielle, qui a toujours été considéré dans l’Église comme un commentaire tout à fait officiel et valable.

« Ceux qui participent ainsi activement et formellement au culte des non-catholiques, sont présumés adhérer aux croyances de ces derniers. C’est pourquoi le canon 2316 les déclare suspects d’hérésie et s’ils persévèrent ils sont considérés comme réellement hérétiques. »

Ce n’est pas moi qui le dit, encore une fois. Pourquoi cette législation de l’Église ? Pour nous aider à pratiquer le premier commandement que nous avons de professer notre foi catholique. Si nous professons notre foi catholique, il nous est impossible, inconcevable de professer une autre foi, un autre culte. Parce que en priant dans un autre culte nous faisons profession d’honorer le dieu qui est invoqué par ce culte, par le culte d’une fausse religion. Une fausse religion, c’est honorer un faux dieu ; un dieu qui est une construction de l’esprit ou qui est une idole quelconque, mais qui n’est pas le vrai Dieu. Comment voulez-vous que les juifs prient le vrai Dieu ? Ils sont formellement, essentiellement contre Notre Seigneur Jésus-Christ, depuis précisément le jour de la Résurrection de Notre Seigneur. Et même avant, puisqu’ils L’ont crucifié. Mais d’une manière quasi officielle, après la Résurrection de Notre Seigneur. Et ils se sont mis immédiatement à persécuter les disciples de Notre Seigneur et cela pendant des siècles.

Comment peut-on prier le vrai Dieu avec les juifs ? Qui est Notre Seigneur Jésus-Christ ? Le Verbe de Dieu. Il est Dieu. Nous n’avons qu’un seul Dieu : Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et qu’un seul Seigneur : Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce sont les évangélistes qui nous rappellent cela à satiété. Si donc on s’oppose à Notre Seigneur Jésus-Christ, comme le dit explicitement saint Jean dans ses Lettres : “Qui n’a pas le Fils, n’a pas le Père. Celui qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père.”

C’est normal, il n’y a qu’un seul Dieu en trois Personnes. Si l’une des Personnes est déshonorée, est refusée, on ne peut pas honorer les autres Personnes, c’est impossible. C’est détruire la Sainte Trinité. Par conséquent, en déshonorant Notre Seigneur Jésus-Christ, les juifs déshonorent la Sainte Trinité. Comment peuvent-ils prier le vrai Dieu ? Il n’y a pas d’autre Dieu au Ciel, que nous connaissions, qui nous ait été enseigné par notre foi catholique.

Voilà la situation devant laquelle nous nous trouvons. Je ne l’invente pas. Ce n’est pas moi qui le veux, je voudrais mourir pour qu’elle n’existe pas cette situation. Je voudrais donner ma vie. Mais nous nous trouvons devant cette situation. Comment la juger selon notre foi, suivant la doctrine de l’Église ?

Nous nous trouvons vraiment devant un dilemme grave, excessivement grave, qui je crois n’a jamais existé dans l’Église : Que celui qui est assis sur le siège de Pierre, participe à des cultes de faux-dieux. Je ne pense pas que ce soit jamais arrivé dans l’Histoire de l’Église.

Quelle conclusion devrons-nous tirer, peut-être dans quelques mois, devant ces actes répétés de communication à des faux cultes ? Je ne sais pas. Je me le demande. Mais il est possible que nous soyons dans l’obligation de croire que ce pape n’est pas pape. Car il semble à première vue — je ne veux pas encore le dire d’une manière solennelle et formelle — mais il semble à première vue — qu’il soit impossible qu’un pape soit hérétique publiquement et formellement. Notre Seigneur lui a promis d’être avec lui, de garder sa foi, de le garder dans la foi. Comment celui auquel Notre Seigneur a promis de le garder dans la foi définitivement et sans qu’il puisse errer dans la foi, peut-il en même temps être hérétique publiquement et quasi apostasier ?

Voici un problème qui vous concerne tous, qui ne concerne pas moi seulement. Si l’on nous a persécutés, si maintenant on nous traite comme des gens qui sont presque hors de l’Église, pourquoi ? Parce que nous sommes restés catholiques. Parce que nous avons voulu rester catholiques. Et alors nous constatons que demeurant catholiques, ces personnes s’éloignent toujours davantage de la doctrine catholique et par conséquent s’éloignent de nous. Que voulez-vous que l’on y fasse ? Absolument comme les juifs se sont éloignés de Notre Seigneur. Ils se sont éloignés de Lui toujours davantage, jusqu’à devenir des ennemis jurés de Notre Seigneur Jésus-Christ. Alors qu’ils auraient dû tous se réunir à Notre Seigneur ; alors qu’ils auraient dû tous suivre la très Sainte Vierge Marie et les apôtres – à l’exception faite de Judas bien sûr – mais tous les disciples de Notre Seigneur, juifs, qui se sont convertis à Notre Seigneur et qui ont suivi Notre Seigneur.

Notre religion chrétienne a commencé avec des juifs, des juifs convertis. Pourquoi y en a-t-il un certain nombre qui ont refusé de se convertir malgré toute l’évidence des miracles de Notre Seigneur, l’évidence de sa Résurrection ? Puisque les soldats qui étaient présents ont couru, effrayés, après l’apparition de l’ange et les tremblements de terre qui avaient eu lieu ; effrayés il sont partis voir les Princes des prêtres pour dire ce qui était arrivé. C’est-à-dire que Notre Seigneur n’était plus là ; qu’il était ressuscité ; qu’il n’y avait plus rien dans le tombeau et qu’ils avaient entendu un tremblement de terre effrayant. Ils venaient apporter leurs constatations, leur témoignage. Qu’est-ce qu’ont dit les Princes des prêtres ? Au lieu de dire : Ah, vraiment, nous faisons amende honorable ; nous nous sommes trompés ; nous adorons Notre Seigneur Jésus-Christ s’il est ressuscité. Comment ne pas L’adorer ? Comment ne pas Le suivre ? – Non – Qu’ont-t-ils dit aux soldats ? : “Voilà une forte somme d’argent et allez dire dans tout Jérusalem que pendant que vous dormiez, les apôtres sont venus prendre le Corps de Notre Seigneur”.

Alors, comme le dit très bien saint Augustin, en souriant je pense, il dit : “Mais comment ontils pu dire que les apôtres ont enlevé le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, comment les ont-ils vus puisqu’ils dormaient ?” Ils n’ont pas pu voir. Ils disaient même que pendant qu’ils dormaient les apôtres sont venus enlever le Corps de Notre Seigneur, donc ils ne les ont pas vus. Mensonge, mensonge, mensonge. C’est le démon qui les a inspirés ; ils sont restés sous l’influence du démon.

Que faire, mes bien chers frères, mes bien chers amis ? Prier. Devant cette situation de l’Église nous devrions prier matin et soir, jour et nuit, prier la très Sainte Vierge Marie de venir au secours de son Église. Car c’est un scandale considérable – au vrai terme de scandale – scandale, c’est pousser au péché. Eh bien par ce scandale de l’oecuménisme, par ce scandale de la participation aux cultes de fausses religions, les chrétiens perdent la foi. Les catholiques perdent la foi ; ils n’ont plus la foi dans l’Église catholique. Ils ne croient plus qu’il n’y a qu’une seule religion vraie ; qu’il n’y a qu’un seul Dieu, la Trinité Sainte et Notre Seigneur Jésus-Christ.

La foi disparaît. Quand l’exemple et le scandale viennent de si haut, que celui qui est sur le siège de Pierre et que presque tous les évêques… alors pauvres chrétiens, qui sont livrés à eux-mêmes ; qui n’ont pas suffisamment de formation chrétienne, pour maintenir leur foi catholique malgré tout, ou qui n’ont pas à côté d’eux des prêtres qui les aident à garder cette foi, ils sont complètement désemparés. Ou ils perdent la foi, ne pratiquent plus, ne prient plus, ou ils s’engagent dans des sectes quelconques. Alors nous devons beaucoup prier, réfléchir, demander au Bon Dieu de nous garder dans la foi catholique, quoi qu’il arrive.

Ces événements ne dépendent pas de nous, encore une fois. C’est comme un film de cinéma qui se déroule devant nos yeux. Depuis le concile, nous voyons la situation s’aggraver, d’année en année, toujours plus grave, toujours plus grave. Le synode a encore marqué un point d’orgue – je dirai encore plus grave que les autres – parce qu’ils ont dit : Nous continuons, nous continuons, malgré toutes les difficultés ; le concile a été l’oeuvre du Saint-Esprit, a été une Pentecôte extraordinaire, il faut continuer. Continuons dans l’esprit du concile. Pas de restrictions, pas de réprimandes, pas de retour à la Tradition. Et nous voyons maintenant que le fait que le synode ait dit : Il faut continuer dans l’esprit du concile, eh bien nous voyons les étapes, maintenant se précipiter, aller encore plus vite. Forcément puisqu’il n’y a pas eu d’objection à ces vingt années d’esprit du concile mis en pratique. Maintenant, désormais, tous ceux qui sont d’accord avec ces transformations dans l’Église, disent il n’y a pas de raison de ne pas continuer plus rapidement encore. On en arrive à la destruction totale de l’Église.

Mais je ne voudrais pas ne pas évoquer quelques considérations sur la belle fête de Pâques que nous avons et qui, justement, encourage notre foi. Car voyez-vous l’Église catholique est la seule, en définitive, qui nous parle de l’au-delà d’une manière certaine. Oh, comme nous devons remercier le Bon Dieu d’avoir la foi catholique. Pauvres âmes qui n’ont pas la foi et qui errent – je dirai – dans l’aveuglement ; qui ne pensent qu’aux choses d’ici-bas et qui lorsqu’elles pensent ou qu’elles ont l’occasion de penser aux choses de l’avenir, ce qu’il en sera après la mort, préfèrent plutôt fermer les yeux, fermer les oreilles, ne pas évoquer ces choses-là, pour ne pas avoir à y penser. Pauvres gens qui dans leur aveuglement et dans leur attachement aux choses de ce monde, ferment les yeux sur les choses les plus belles qui nous attendent là-haut.

Aujourd’hui disent nos offices, Notre Seigneur a ouvert la porte du Ciel. Mais regardons donc vers le Ciel. Il nous ouvre les portes du Ciel, pourquoi ? Mais pour nous y amener tous, bien sûr ! Pour que tous les hommes Le suivent. Lui, puisqu’il a ouvert cette porte et qu’il est Lui-même LA Porte. Ego sum ostium : Je suis la Porte du Ciel. Mais regardons Jésus-Christ, regardons sa Résurrection, regardons toutes les Âmes saintes qui L’entourent ; regardons tous ces justes de l’Ancien Testament, qui vont bientôt monter avec Lui au Ciel et former déjà le corps des Élus au Ciel. Alors que nous enseigne l’Église sur cet au-delà qui nous attend tous ? Cette vie est courte, est brève.

L’Église nous dit qu’il y a quatre possibilités pour les âmes, quatre lieux dans lesquels elles peuvent être placées, dont trois définitifs et un provisoire. Le lieux définitifs sont : le Ciel, les Limbes et l’Enfer. Le lieu provisoire, c’est le Purgatoire.

Voilà ce que nous enseigne l’Église. Il n’y a pas d’autres lieux. Ou c’est le bonheur éternel, immédiatement acquis, ou c’est le bonheur éternel acquis par l’intermédiaire d’un séjour plus ou moins prolongé au Purgatoire pour purifier nos âmes de nos péchés véniels, des peines dues aux péchés que nous avons commis. Ou ce sont les Limbes pour les âmes de ceux qui n’ont pas péché personnellement et qui sont morts avec le péché originel, comme tous ces enfants qui meurent… hélas — quand on pense à tous p. 6 ces avortements, tous ces enfants sont privés de la grâce sanctifiante, privés du bonheur éternel du Ciel — ils ne sont pas malheureux, mais ils sont tout de même dans cette privation invraisemblable d’un bonheur ineffable, dont nous n’avons aucune idée ici-bas. Cela se sont les Limbes. Et puis enfin l’Enfer.

Et saint Thomas donne une comparaison, très moderne je dirai, parce qu’il dit : “Nos âmes lorsqu’elles quitteront nos corps, ici-bas, iront chacune à leur place, comme les astres qui ont été projetés dans le ciel par le Bon Dieu”.

Chacun a pris sa place selon sa gravité, suivant les lois de la gravitation, suivant son importance, il a pris sa place. Comme nous dirions aujourd’hui pour les satellites. Nous lançons des satellites qui, suivant leur poids, suivant leur grandeur, suivant leur vitesse, prennent leur place sur orbite et tournent autour de la terre. Eh bien les âmes aussi – d’une certaine manière – prendront chacune leur place. Par rapport à quoi ? Par rapport à leur relation avec Notre Seigneur Jésus-Christ. Sommes-nous vraiment des fidèles de Notre Seigneur Jésus-Christ ? L’aimons-nous de tout notre coeur ? Mourrons-nous dans cet amour en disant : J’offre ma vie tout entière ; j’offre tout, j’offre mes souffrances ; j’offre ma mort pour Notre Seigneur Jésus-Christ ; pour être uni à Notre Seigneur Jésus-Christ ; pour réparer les fautes, par amour pour Notre Seigneur. Alors, si vraiment nous faisons un acte de charité parfaite avant de mourir, nos âmes tout naturellement partiront dans le Ciel et se placeront dans le Ciel suivant notre degré de charité ; plus ou moins près de Notre Seigneur, automatiquement, le Bon Dieu n’aura même pas à nous juger. C’est nous-mêmes qui nous jugeons par la charité que nous avons pour le Bon Dieu, pour Notre Seigneur et nous aurons le bonheur éternel. Si au contraire nous avons des peines à expier, ce sera le Purgatoire. Et dans le Purgatoire, nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes.

N’oublions pas cela, mes bien chers frères. N’oublions pas que dans le Purgatoire, les âmes du Purgatoire ne peuvent rien faire par elles-mêmes ; elles ne peuvent pas mériter ; elles sont fixées dans ce qu’elles sont, simplement qu’elles ont un temps de peine à expier. Mais ce temps peut être abrégé par nous, par les fidèles qui sont encore sur la terre. Nous pouvons prier justement, il faut prier pour les âmes du Purgatoire. C’est une grande raison de prier pour les âmes du Purgatoire. Parce que nous, nous pouvons mériter pour elles, par nos prières, par nos sacrifices ; en offrant nos sacrifices pour les âmes du Purgatoire, pour les âmes de nos parents, de nos amis, de tous ceux qui souffrent au Purgatoire. Nous pouvons soulager leurs peines. Elles ne peuvent plus pour elles-mêmes ; elles attendent la fin de cette purification, de ce Purgatoire et elles souhaitent que ceux qui sont sur la terre, leurs amis, leurs parents, prient pour elles afin de les délivrer le plus vite possible de ces peines et qu’elles aillent rejoindre les élus au Ciel. Par contre, inutile de prier pour les élus du Ciel ; inutile de prier pour ceux qui sont dans les Limbes ; inutile de prier pour ceux qui sont en Enfer, parce que dans ces trois lieux, l’état est définitif.

Mais comme nous ne le savons pas, nous ne savons pas parmi nos parents, nos amis, ceux qui meurent, sont-ils au Ciel ? Sont-ils au Purgatoire ? Hélas sont-ils en Enfer ? Nous ne savons pas. Alors nous devons prier pour eux et le Bon Dieu se sert de ces prières pour ceux qui peuvent recevoir les mérites de ces prières, si les personnes pour lesquelles nous prions ne sont plus susceptibles de changer d’état ou de modifier leur état.

Par contre, ceux qui sont au Ciel, peuvent prier pour nous. Et c’est pourquoi nous devons souvent invoquer les saints du Ciel, invoquer particulièrement bien sûr Notre Seigneur, la très Sainte Vierge Marie, les saints les plus puissants, ceux pour lesquels nous avons une dévotion particulière, notre saint Patron, notre sainte Patronne, pour leur demander de venir à notre secours. Eux peuvent intercéder auprès de Notre Seigneur Jésus-Christ pour nous, pour nos âmes ; afin que nous progressions dans la perfection ; afin que nous nous préparions à ce moment si important, le moment le plus important de notre vie qui est notre mort. Pour que nous soyons prêts à aller les rejoindre là-haut dans l’éternité. Voilà ce que nous enseigne la Sainte Église. Au moins les choses sont claires, simples, naturelles, bonnes pour nous, qui nous encouragent à marcher dans le chemin de la perfection. Et c’est pourquoi il est si profitable et je félicite tous ceux qui ici on déjà fréquenté les exercices spirituels de saint Ignace, qui ont fait des retraites, pour méditer sur nos fins dernières ; pour méditer sur ces magnifiques horizons que le Bon Dieu nous présente à l’occasion de sa Résurrection.

Tout ce que nous connaissons ici-bas n’est rien en comparaison de ce que nous connaîtrons si le Bon Dieu nous accueille dans son Paradis. C’est saint Paul qui le dit : “Il n’y a aucune proportion entre ce que nous sommes ici et ce qu’il y a dans le Ciel”.

Alors, méditons ces choses et efforçons-nous de pouvoir être accueilli – je dirai – par les anges, comme les saintes Femmes ont été accueillies. Voyez-vous la différence qu’il y a eu entre les gardiens du tombeau de Notre Seigneur et les saintes Femmes qui sont venues pour voir Notre Seigneur, les saints Anges eux-mêmes leur ont dit : “Vous, approchez, parce ce que nous savons que vous cherchez Jésus-Christ qui a été crucifié. Nous le savons. Alors venez, venez voir là où il a été déposé”. Les femmes étaient effrayées, le tremblement de terre, l’ange qui descend du Ciel, resplendissant de lumière et de splendeur, elles sont épouvantées ; elles se seraient bien enfuies aussi, comme les gardiens qui eux se sont enfuis, ont pris la fuite. Non, à elles, les anges ont dit : “non, nous savons que vous, vous cherchez Notre Seigneur Jésus-Christ”. Puissions-nous aussi entendre : “Nous savons que vous, vous recherchez Notre Seigneur Jésus- Christ”.

Que nos saints Anges gardiens nous disent cela, lorsque nous arriverons à notre dernier moment. Lorsque le Bon Dieu nous appellera, puissions-nous être reçus comme cela par les anges et non pas nous enfuir et aller avec ceux qui sont avec le Prince du mensonge, comme l’ont fait ces pauvres soldats en allant trouver les Princes des prêtres.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie, de nous guider au cours de notre vie, pour qu’un jour nous puissions aller partager son bonheur dans le Ciel.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

† Marcel Lefebvre


Mgr Lefebvre, un exemple pour notre temps

Dans la crise que traverse la FSSPX, il devient habituel de vouloir s’approprier Mgr Lefebvre pour justifier de telle ou telle position. Qui veut l’accord pratique trouvera des homélies où Mgr Lefebvre l’appelle aussi de ses vœux, qui refuse tout contact avec Rome en trouvera des extraits qui vont également dans ce sens.

Mgr Lefebvre n’était pas un idéologue. Il avait une Foi missionnaire, enflammée de cette Charité qui veut se répandre et qui en prend les moyens concrets et pragmatiques, mais cette Charité vraie qui est d’abord faite de l’amour de Dieu et qui par conséquent ne transige jamais avec l’erreur.

Cette âme missionnaire n’a pas été univoque, si ce n’est dans la docilité aux signes de la Providence. Et si Mgr Lefebvre a vu assez rapidement les dangers du concile Vatican II, ce n’est que petit à petit, au fil des années et des événements, que son acuité sur la crise de l’Eglise s’est faite de plus en plus précise.

Un des exemples de cette évolution chez Mgr Lefebvre concerne la nouvelle messe : bien qu’ayant refusé le Novus Ordo, il n’interdisait pas à ses séminaristes, durant les vacances, de se rendre à la messe de leur paroisse. Mais très rapidement, ayant davantage compris les dangers mortels de cette nouvelle liturgie, il en décida l’interdiction formelle d’y assister.

Sa vision sur le concile Vatican II, bien que négative dès le départ, évoluera également au fil du temps. C’est ainsi qu’il pensait, à l’instar de bien d’autres supérieurs et évêques, que les effets néfastes du Concile seraient maîtrisés par Rome et l’on retrouve dans ce sens des courriers très intéressants entre Mgr Lefebvre et le cardinal Ottaviani.

Si on regarde honnêtement cette évolution ce Mgr Lefebvre, sans s’arrêter sur les sermons et homélies qui arrangent, n’hésitant pas pour cela à remonter le temps, on ne peut que constater le durcissement de Mgr Lefebvre vis-à-vis du Concile et des autorités romaines. Tout ce cheminement intérieur, tout ordonné à la grâce, conduira Mgr Lefebvre à l’acte héroïque des sacres en 1988.

Les sacres, opération survie, seront aussi la libération de Mgr Lefebvre, ayant acquis la certitude que ce jour là, il avait posé l’acte que lui demandait le Seigneur. On peut dans ce sens réécouter le sermon des sacres ainsi que le témoignage de Mère Anne-Marie Simoulin (dans le film Mgr Lefebvre, un évêque dans la tempête).

Cet acte des sacres pose un état irréversible : les autorités conciliaires de l’Eglise se sont excommuniées de la Tradition, c’est-à-dire que ce jour là, ce sont les autorités conciliaires qui en condamnant Mgr Lefebvre, ont reconnu l’impossibilité de faire co-exister le concile et la Tradition. Et de fait c’est impossible. Le demi siècle écoulé le prouve à l’envie.

C’est ainsi, qu’après les sacres en 1988, étape ultime de cette vie épiscopale, Mgr Lefebvre rejettera toute idée d’accord avec Rome sans un acte de Foi authentique des autorités romaines : Creddidimus Caritati, nous avons cru en la charité. Là est la vraie Charité.

 Austremoine


Mgr Lefebvre : pourquoi j’ai refusé de me mettre entre leurs mains

Il y a 25 ans, pour le numéro 0 de « Controverses », Mgr Lefebvre a bien voulu parler avec sa franchise habituelle des derniers événements touchant au milieu traditionaliste juste après le sacre des évêques et répondre aux différentes questions que de nombreux fidèles se posaient. [in Le Rocher n° 84 d’août-septembre 2013 – Revue officielle du District de Suisse de la FSSPX]

Controverses : Monseigneur, les sacres que vous avez faits le 30 juin dernier ont suscité beaucoup de remous. Curieusement, ce ne sont pas les fidèles « silencieux », mais les principaux porte-parole des diverses associations traditionalistes qui ont manifesté leur réprobation à votre décision d’assurer l’avenir de la Tradition. Comment expliquez- vous leurs déclarations d’attachement indéfectible au siège de Pierre ?

Mgr Lefebvre : A vrai dire, je ne vois pas très bien quelles sont ces associations traditionalistes qui ont manifesté leur réprobation pour les sacres. En général, les personnes qui ont manifesté leur réprobation n’étaient pas entièrement avec nous et ne fréquentaient pas nos oeuvres, mais avaient une certaine sympathie pour la Tradition, en même temps qu’elles professent une soumission inconditionnelle à Rome. Il faut absolument savoir qu’aujourd’hui Rome est au service de la révolution et donc terriblement antitraditionaliste.

C’est pourquoi j’ai refusé de me mettre entre leurs mains. Ils ne voulaient ni plus, ni moins, qu’en reconnaissant mes erreurs, je les aide à continuer leur révolution dans l’Eglise. Tous ceux qui nous ont quittés ne se rendent pas compte de cette situation et croient à la bonne volonté et à la rectitude de pensée des évêques ou cardinaux romains. Rien n’est plus faux ! Ce n’est pas possible qu’ils nous entraînent dans la révolution, disent ceux qui rejoignent le pape et ses évêques. Eh bien, c’est exactement cela qui se passera !

Controverses : Dans des journaux comme « 30 Jours dans l’Eglise » et dans « Le Monde », « Vie actuelle » et d’autres encore, les cardinaux Ratzinger et Oddi ont accordé des interviews où ils admettent, pour ne citer que le cardinal Oddi, que « vous n’aviez pas eu tort sur toute la ligne ». Ce qui fait dire à certains qu’il y a un certain changement au sein de la curie romaine. Quel est votre avis ?

Mgr Lefebvre : Si on lit bien l’interview du cardinal Ratzinger, il faudra dorénavant prendre garde de bien appliquer le concile, de ne pas se tromper dans son application et de faire attention de ne pas répéter les erreurs qu’on a pu commettre. Il ne parle pas d’en changer les principes.(1)

Même s’il en vient à admettre que les fruits du dernier concile ne sont pas ceux qu’il attendait, il opte pour en reprendre les principes de base et faire en sorte qu’ainsi il n’y ait plus de difficulté à l’avenir. Ils n’ont donc pas compris ce que signifie le retour à la Tradition que nous réclamons et ne veulent par conséquent pas revenir à la Tradition des prédécesseurs de Jean XXIII.

Controverses : On entend souvent ces derniers temps parler de « Tradition vivante ». Quel est selon vous le sens de cette expression ?

Mgr Lefebvre : Eh bien, prenons la condamnation que nous fait le pape dans le Motu proprio (2). Cette condamnation repose sur un mauvais concept de la Tradition. En effet, le pape, dans le Motu proprio, nous condamne parce que nous n’admettons pas la « Tradition vivante ». Mais la manière dont est comprise cette « Tradition vivante » a été condamnée par saint Pie X dans son encyclique « Pascendi » contre le modernisme, parce qu’elle comporte une évolution liée à l’histoire, qui ruine la notion du dogme, défini pour toujours.

La Tradition, selon eux, est quelque chose de vivant et qui évolue. Cette « Tradition vivante », c’est maintenant l’Eglise Vatican II. C’est très grave et ça dénote un esprit moderniste. Cette nouvelle doctrine, car c’est bien de cela qu’il s’agit, est formellement condamnée par le pape saint Pie X. L’Eglise porte avec elle sa Tradition. On ne peut pas dire quelque chose de contraire à ce que les papes ont affirmé autrefois. On ne peut pas admettre une pareille chose. C’est impossible.

Controverses : Est-ce que selon vous c’est la raison pour laquelle depuis une vingtaine d’années il n’y a plus eu d’actes d’infaillibilité ?

Mgr Lefebvre : Pour le Concile Vatican II, le pape Paul VI n’a pas utilisé le principe de l’infaillibilité dogmatique. Il s’est contenté de le déclarer pastoral.

Les papes conciliaires sont incapables d’employer leur infaillibilité doctrinale parce que le fondement même de l’infaillibilité, c’est de croire qu’une vérité doit être fixée à jamais et ne peut plus changer : elle doit rester ce qu’elle est.

Jean-Paul II, plus encore que Paul VI, ne croit pas à l’immuabilité de la vérité.

L’Assomption de la Très Sainte Vierge Marie a été définie par le pape Pie XII en 1950. C’est désormais un dogme immuable. Pour eux, non ! Avec le temps, il y a des explications scientifiques nouvelles, le développement de l’esprit humain, le progrès qui modifient la vérité. Par conséquent, on pourrait éventuellement affirmer autre chose que ce que les papes ont dit. Lors d’une entrevue avec le pape Jean-Paul II, je lui ai demandé s’il admettait l’encyclique Quas primas de Pie XI, sur le règne social de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il m’a répondu : « Je pense que le pape ne l’écrirait plus de la même façon ». Voilà nos dirigeants actuels. On ne peut décidément pas se mettre entre leurs mains.

Controverses : Parmi ceux qui ont accepté les propositions du pape, il y a Dom Gérard. Que pensez-vous personnellement de sa décision ?

Mgr Lefebvre : Lors de notre dernière rencontre, il m’a demandé s’il pouvait accepter le protocole que j’ai moi-même refusé. Je lui ai répondu que sa situation n’était pas la même que la mienne, que la Fraternité est répandue dans le monde entier, alors que lui n’est responsable que de son monastère. « Vous pourrez peut-être vous défendre plus facilement. Mais je ne suis pas pour un accord, j’estime qu’actuellement un accord est mauvais. » Et je le lui ai même écrit. Il ne faut plus dialoguer avec les autorités romaines. Elles ne veulent que nous ramener au Concile, il ne faut pas avoir de relations avec elles. Dom Gérard m’a répondu que son cas était différent et qu’il allait quand même essayer. Je ne l’approuve pas. La dernière fois que nous nous sommes vus, je lui ai dit :

« Dom Gérard, vous ferez ce que vous voudrez et moi je dirai ce que je veux. Pour les gens, votre passage sous l’autorité de Rome, c’est votre séparation d’Ecône et de Mgr Lefebvre. Dorénavant, vous chercherez votre soutien auprès d’autres évêques. Jusqu’à présent, vous vous êtes adressé à moi, eh bien, à présent, c’est fini. Je vous considère comme les prêtres qui nous ont quittés. Nous n’aurons plus de relations puisque vous avez des relations avec ceux qui nous persécutent. Vous vous êtes mis en d’autres mains.»

Il y a cinq ans déjà, Dom Gérard a fait une déclaration dans son bulletin pour les bienfaiteurs, dans lequel il disait vouloir s’ouvrir davantage à tous ceux qui ne sont pas comme nous, ne plus demeurer dans la critique stérile, recevoir tout le monde dans l’espoir de les faire participer à la Tradition. C’est ce qu’il a fait, et maintenant il est prisonnier de tout ce monde, de ces écrivains, de la presse, des professeurs, comme Bruckberger, Raspail ; il les a préférés à nous. Il est désormais dans les mains des modernistes.

Controverses : Comment jugez-vous les propositions faites au père prieur du monastère du Barroux ?

Mgr Lefebvre : Pour eux, leur objectif c’est de diviser la Tradition. Ils ont déjà eu Dom Augustin(3), ils ont eu de Blignères(4), et maintenant ils ont eu Dom Gérard. Cela affaiblit d’autant notre position. C’est leur but : diviser pour nous faire disparaître.

Le cardinal Ratzinger a déclaré dans une interview donnée à un journal de Francfort qu’il trouve inadmissible qu’il y ait des groupes de catholiques qui s’attachent à la Tradition, de telle manière qu’ils ne sont plus en concordance parfaite avec ce que pensent tous les évêques du monde. Ils ne veulent pas admettre notre existence. Ils ne peuvent pas nous tolérer dans l’Eglise. Dom Gérard ne veut pas croire tout cela.

Controverses : Marc Dem vient de publier un très beau livre consacré à Dom Gérard et à son oeuvre. Cette sortie semble mal tomber pour le père prieur qui y est décrit comme l’un des piliers de la reconstruction de la chrétienté, fidèle à la Tradition et à Votre Excellence.

Mgr Lefebvre : J’ai félicité Dom Gérard pour ce livre et il m’a répondu : « Ne me parlez pas de cela, je ne veux pas en entendre parler, ce n’est pas moi qui l’ai fait, c’est Marc Dem. » Tout cela parce que Marc Dem a présenté Dom Gérard dans sa première forme de combattant et de lutteur de la foi.

Controverses : Les contacts avec Rome ne sont pas rompus. Il paraîtrait même que des discussions pourraient reprendre cet automne. Pouvezvous nous en parler ?

Mgr Lefebvre : Ce sont des inventions. Si jamais il y a de la part de Rome une volonté de reprendre les conversations, c’est moi cette fois qui poserai les conditions. Comme l’a dit le cardinal Oddi : « Mgr Lefebvre est en position de force. » C’est pourquoi j’exigerai que la discussion porte sur des points doctrinaux. Qu’ils en finissent avec leur oecuménisme, qu’ils redonnent son vrai sens à la messe, qu’ils redonnent la vraie définition de la foi, qu’ils redonnent la vraie définition de l’Eglise, qu’ils rendent à la collégialité son sens catholique et ainsi de suite.

J’attends d’eux une définition catholique et non libérale de la liberté religieuse. Il faut qu’ils acceptent l’Encyclique Quas primas sur le Christ-Roi, et le Syllabus (Pie IX). Il faut qu’ils acceptent tout cela, car c’est dorénavant la condition de toute discussion nouvelle entre eux et nous.

Controverses : En conclusion, après tous les événements de cet été, quels conseils donnez-vous à vos fidèles ?

Mgr Lefebvre : Le seul objectif que doit avoir devant les yeux le fidèle, c’est le règne universel de Notre Seigneur Jésus- Christ sur les individus, sur les familles, sur les cités ; il n’y a pas d’autre religion qui subsiste devant ce règne.

Si je venais à enseigner autre chose que cela, il ne faudrait plus me suivre. Comme le dit saint Paul : « Si un ange du ciel ou si moi-même vous enseignons une autre doctrine que celle que je vous ai enseignée autrefois, ne me suivez pas, faites-moi anathème. » Le bon sens catholique de nos fidèles a fait que 90% – et même plus encore selon moi – continuent à nous suivre.

Propos recueillis par Eric Bertinat (Entretien paru dans « Controverses » N° 0 – septembre 1988)

Source : Le Rocher n° 84 de d’août-septembre 2013

Repris sur La Porte Latine

Notes du Rocher n° 84 d’août-septembre 2013

(1) C’est ce qu’a confirmé le pontificat de Benoît XVI, qui n’a eu de cesse de défendre cette même ligne.
(2) « A la racine de cet acte schismatique, on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu’elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition qui, comme l’a enseigné clairement le Concile Vatican II, « tire son origine des apôtres, se poursuit dans l’Eglise sous l’assistance de l’Esprit-Saint : en effet, la perception des choses aussi bien que des paroles transmises s’accroît, soit par la contemplation et l’étude des croyants qui les méditent en leur coeur, soit par l’intelligence intérieure qui’ils éprouvent des choses spirituelles, soit par la prédication de ceux qui, avec la succession épiscopale, reçurent un charisme certain de vérité ». Mais c’est surtout une notion de la Tradition, qui s’oppose au Magistère universel de l’Eglise lequel appartient à l’évêque de Rome et au corps des évêques, qui est contradictoire. Personne ne peut rester fidèle à la Tradition en rompant le lien ecclésial avec celui à qui le Christ, en la personne de l’apôtre Pierre, a confié le ministère de l’unité dans son Eglise. » (Lettre apostolique « Ecclesia Dei » du pape Jean-Paul II, sous forme de Motu proprio, du 2 juillet 1988, no 4)
(3) Dom Augustin-Marie Joly (1917– 2006), fondateur de l’abbaye Saint-Joseph de Clairval, à Flavigny, reconnue comme monastère de droit diocésain le 2 février 1988.
(4) Le P. Louis-Marie de Blignières a fondé la Fraternité Saint-Vincent Ferrier en 1979. En 1987, cette communauté de la mouvance traditionaliste, « se rendant compte que leur position doctrinale sur la question de la liberté religieuse au concile Vatican II n’était pas juste », fait des démarches à Rome pour essayer d’obtenir la reconnaissance canonique. A la suite des sacres de 1988, leur petit groupe a été reconnu comme Institut religieux de droit pontifical. (cf. P. Dominique-Marie de Saint Laumer, nouveau prieur de la Fraternité Saint- Vincent Ferrier depuis septembre 2011, in La Nef no 239 juillet-août 2012)


Mgr Lefebvre : nous avons affaire à des personnes qui n’ont aucune notion de la Vérité

Mgr Lefebvre écrivit cette lettre à son ami Madiran quelques mois seulement avant les sacres, événement qui marqua la rupture entre les deux amis, tous deux combattants des premières heures.

« Nous avons affaire à des personnes qui n’ont aucune notion de la Vérité », terrible phrase que vient 25 ans après confirmer de façon catastrophique, une fois de plus, le pape François, à travers son interview à la revue jésuite Etudes.

On y voit la lucidité de l’archevêque sur la situation réelle de l’Eglise et des hommes occupant les postes hiérarchiques. Trente ans plus tard, la situation est toujours aussi dramatique, tellement crûment dramatique, mais il en reste aussi qui se bercent d’illusions.

L’intellectuel hors norme s’est trompé, il le reconnaîtra 25 ans plus tard. Le missionnaire pragmatique a eu raison : il n’y a pas de vraie Charité et d’amour sincère de Dieu sans Vérité.

Lettre de Mgr Lefebvre à Jean Madiran du 29 janvier 1988

Bien cher Monsieur Madiran,

Dans les circonstances que l’Église traverse aujourd’hui, je rends grâces à Dieu que vous soyez présent par Itinéraires et le journal Présent.

Je crois sincèrement que vous êtes le seul parmi les écrivains, même dits traditionalistes, à voir clairement et à dénoncer avec une parfaite justesse l’entreprise diabolique et maçonnique qui se réalise actuellement par le Vatican et la grande majorité des évêques.

Le plan annoncé dans les Actes de la Haute Vente et publié par ordre du pape Pie IX se réalise aujourd’hui sous nos yeux. J’étais la semaine dernière à Rome, appelé par le cardinal Gagnon, qui m’a remis la lettre que je vous communique ci-joint. Un réseau très bien organisé tient en main toute l’activité de la curie, intérieure et extérieure.

Le pape est un instrument de cette mafia, qu’il a mise en place et avec laquelle il sympathise. On ne peut espérer aucune réaction de sa part, au contraire. L’annonce de la réunion des religions à Assise en octobre, décidée par lui, est le comble de l’imposture et de l’insulte à Notre-Seigneur. Rome n’est plus la Rome catholique. Les prophéties de Notre-Dame de la Salette et de Léon XIII dans son exorcisme, se réalisent. « Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé… »

C’est Léon XIII aussi qui avait interdit le « congrès des religions » qui devait avoir lieu à Paris en 1900 à l’occasion de l’Exposition universelle, comme il avait eu lieu à Chicago en 1893.

Vous verrez, dans la réponse à notre lettre, que le cardinal Ratzinger s’efforce une fois de plus de dogmatiser Vatican Il. Nous avons affaire à des personnes qui n’ont aucune notion de la Vérité. Nous serons désormais de plus en plus contraints d’agir en considérant cette nouvelle Eglise conciliaire comme n’étant plus catholique.

Nous ne pouvons plus, sans manquer gravement à la vérité et à la charité, donner à entendre à ceux qui nous écoutent ou qui nous lisent que le pape est intouchable, qu’il est plein de désirs de revenir à la Tradition et que c’est son entourage qui est coupable, comme le font La Pensée catholiqueL’Homme nouveau et tant d’autres apparemment traditionalistes.

J’espère que cette assemblée des religions, en attendant le Comité des religions siégeant au Vatican, va leur ouvrir les yeux.

 † Marcel LEFEBVRE

Source de la lettre : La Porte Latine


Mgr Lefebvre : le résultat de ce Concile est bien pire que celui de la Révolution

Source : La Porte Latine

Bien chers lecteurs,

Au soir d’une longue vie – puisque né en 1905, je vois l’année 1990 -, je puis dire que cette vie a été marquée par des événements mondiaux exceptionnels: trois guerres mondiales, celle de 1914-1918, celle de 1939-1945 et celle du Concile Vatican Il de 1962-1965.

Les désastres accumulés par ces trois guerres, et spécialement la dernière, sont incalculables dans le domaine des ruines matérielles, mais bien plus encore spirituelles. Les deux premières ont préparé la guerre à l’intérieur de l’Eglise en facilitant la ruine des institutions chrétiennes et la domination de la Franc-Maçonnerie, devenue si puissante qu’elle a pénétré profondément par sa doctrine libérale et moderniste les organismes directeurs de l’Eglise.

Par la grâce de Dieu, instruit dès mon séminaire à Rome du danger mortel pour l’Eglise de ces influences par le Recteur du Séminaire français, le vénéré Père Le Floch, et par les professeurs: les RR. PP. Voetgli, Frey, Le Rohellec, j’ai pu constater tout au long de ma vie sacerdotale combien leurs appels à la vigilance, basés sur les enseignements des papes et surtout de saint Pie X, étaient justifiés.

J’ai pu constater à mes dépens combien cette vigilance était justifiée non seulement doctrinalement, mais aussi par la haine qu’elle provoquait dans les milieux libéraux laïcs et ecclésiastiques, une haine diabolique. Les innombrables contacts, auxquels m’ont amené les charges qui m’ont été conférées, avec les plus hautes autorités civiles et ecclésiastiques dans de nombreux pays et particulièrement en France et à Rome, m’ont précieusement confirmé que le vent était généralement favorable à tous ceux qui étaient disposés aux compromissions avec les idéaux maçonniques libéraux, et défavorable au maintien ferme de la doctrine traditionnelle.

Je crois pouvoir dire que peu de personnes dans l’Eglise ont pu avoir et faire cette expérience d’information, dans la mesure où j’ai pu la faire moi-même, non par ma propre volonté, mais par la volonté de la Providence.

Missionnaire au Gabon, les contacts avec les autorités civiles étaient évidemment plus fréquents que comme vicaire au Marais-de-Lomme dans le diocèse de Lille. Ce temps de mission fut marqué par l’invasion gaulliste; nous avons pu constater la victoire de la Maçonnerie contre l’ordre catholique de Pétain. C’était l’invasion des Barbares, sans foi ni loi!

Peut-être un jour, mes mémoires donneront quelques détails sur ces années qui vont de 1945 à 1960 et qui illustreront cette guerre à l’intérieur de l’Eglise! Lisez les livres de M. Marteaux sur cette période, ils sont révélateurs.

La rupture s’accentuait à Rome et au dehors de Rome entre le libéralisme et la doctrine de l’Eglise.

Les libéraux arrivant à faire nommer des papes comme Jean XXIII et Paul VI feront triompher leur doctrine par le Concile, moyen merveilleux pour obliger toute l’Eglise à adopter leurs erreurs.

Ayant assisté à la joute dramatique entre le Cardinal Bea et le Cardinal Ottaviani, représentant le premier le libéralisme et l’autre la doctrine de l’Eglise, il était clair après le vote des soixante-dix cardinaux que la rupture était consommée. Et on pouvait sans se tromper penser que l’appui du Pape irait aux libéraux. Voilà le problème désormais posé au grand jour! Que vont faire les évêques conscients du danger que court l’Eglise? Tous constatent le triomphe, à l’intérieur de l’Eglise, des idées nouvelles issues de la Révolution et des Loges: deux cent cinquante cardinaux et évêques se réjouissent de leur victoire, deux cent cinquante sont atterrés, mille sept cent cinquante essayent de ne pas se poser de problèmes et suivent le Pape: « on verra bien plus tard!… »

Le Concile passe, les réformes se multiplient le plus vite possible. La persécution commence contre les cardinaux et évêques traditionnels, puis bientôt partout contre les prêtres et les religieux ou religieuses s’efforçant de garder la Tradition. C’est la guerre ouverte contre le passé de l’Eglise et ses institutions: « Aggiornamento, aggiornamento! »

Le résultat de ce Concile est bien pire que celui de la Révolution; les exécutions et les martyres sont silencieux; des dizaines de milliers de prêtres, de religieux et religieuses abandonnent leurs engagements, les autres se laïcisent, les clôtures disparaissent, le vandalisme envahit les églises, les autels sont détruits, les croix disparaissent… les séminaires et noviciats se vident.

Les sociétés civiles encore catholiques se laïcisent sous la pression des autorités romaines: Notre Seigneur n’a plus à régner ici-bas! L’enseignement catholique devient œcuménique et libéral. Les catéchismes sont changés et ne sont plus catholiques. La Grégorienne à Rome devient mixte, saint Thomas n’est plus à la base de l’enseignement.

Devant ce constat public, universel, quel est le devoir des évêques officiellement membres responsables de l’institution qu’est l’Eglise? Que feront-ils? Pour beaucoup l’institution est intangible même si elle ne se conforme plus à la fin pour laquelle elle a été instituée!… Ceux qui occupent les sièges de Pierre et des évêques sont responsables; il fallait bien que l’Eglise s’adapte à son temps. Les excès passeront. Mieux vaut accepter la Révolution dans notre diocèse, la conduire que la contredire.

Parmi les traditionalistes, un bon nombre, méprisés désormais par Rome, donneront leur démission et quelques-uns comme Mgr Morcillo, archevêque de Madrid, et Mgr Mac Quaid, archevêque de Dublin, en mourront de tristesse, comme beaucoup de bons prêtres.

Il est évident que si beaucoup d’évêques avaient agi comme Mgr de Castro Mayer, évêque de Campos au Brésil, la Révolution idéologique à l’intérieur de l’Eglise aurait pu être limitée, car il ne faut pas avoir peur d’affirmer que les autorités romaines actuelles depuis Jean XXIII et Paul VI se sont faites les collaboratrices actives de la Franc-Maçonnerie juive internationale et du socialisme mondial. Jean Paul Il est avant tout un politicien philo-communiste au service d’un communisme mondial à teinte religieuse. Il attaque ouvertement tous les gouvernements anti-communistes, et n’apporte par ses voyages aucun renouveau catholique.

Ces autorités romaines conciliaires ne peuvent donc que s’opposer farouchement et violemment à toute réaffirmation du Magistère traditionnel. Les erreurs du Concile et ses réformes demeurent la norme officielle consacrée par la profession de foi du Cardinal Ratzinger de mars 1989.

Personne ne niait que j’étais membre officiel reconnu du corps épiscopal. L’Annuario Pontificio l’a affirmé jusqu’au moment du sacre des évêques de 1988, me présentant comme Archevêque-Evêque émérite du diocèse de Tulle.

C’est à ce titre d’archevêque catholique que j’ai pensé rendre service à l’Eglise meurtrie par les siens, en fondant une société pour la formation de vrais prêtres catholiques, la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X, dûment approuvée par Mgr Charrière, Evêque de Fribourg en Suisse et dotée d‘une lettre de louanges par le Cardinal Wright, Préfet de la Congrégation pour le Clergé.

Je pouvais penser à juste titre que cette Fraternité, qui se voulait attachée à toutes les traditions de l’Eglise, doctrinales, disciplinaires, liturgiques etc, ne demeurerait pas longtemps approuvée par les démolisseurs libéraux de l’Eglise.

Ce qui est un mystère, c’est qu’il n’y ait pas eu cinquante, cent évêques à agir comme Mgr de Castro Mayer et moi-même, en vrais successeurs des apôtres contre les imposteurs.

Ce n’est pas de l’orgueil et de la suffisance que de dire que Dieu dans sa miséricordieuse Sagesse, a sauvé l’héritage de son sacerdoce, de sa grâce, de sa révélation, à travers ces deux évêques. Ce n’est pas nous qui nous sommes choisis, mais Dieu qui nous a guidés dans le maintien de toutes les richesses de son Incarnation et de sa Rédemption. Ceux qui estiment devoir minimiser ces richesses et même les nier ne peuvent que nous condamner, ce qui ne fait que confirmer leur schisme d’avec Notre-Seigneur et son Règne, par leur laïcisme et leur œcuménisme apostat.

J’entends dire: « Vous exagérez, il y a de plus en plus de bons évêques qui prient, qui ont la foi, qui sont édifiants… » Seraient-ils des saints, dès lors qu’ils admettent la fausse liberté religieuse, donc l’Etat laïque, le faux œcuménisme, donc l’admission de plusieurs voies de salut, la réforme liturgique, donc la négation pratique du sacrifice de la Messe, les nouveaux catéchismes avec toutes leurs erreurs et hérésies, ils contribuent officiellement à la révolution dans l’Eglise et à sa destruction.

Le Pape actuel et ces évêques ne transmettent plus Notre Seigneur Jésus-Christ mais une religiosité sentimentale, superficielle, charismatique, où ne passe plus la vraie grâce de l’Esprit-Saint dans son ensemble. Cette nouvelle religion n’est pas la religion catholique; elle est stérile, incapable de sanctifier la société et la famille.

Une seule chose est nécessaire pour la continuation de l’Eglise catholique: des évêques pleinement catholiques, sans aucune compromission avec l’erreur, qui fondent des séminaires catholiques, où des jeunes aspirants pourront se nourrir au lait de la vraie doctrine, mettront Notre-Seigneur Jésus-Christ au centre de leurs intelligences, de leurs volontés, de leurs cœurs; une foi vive, une charité profonde, une dévotion sans bornes les uniront à Notre Seigneur; ils demanderont comme saint Paul que l’on prie pour eux, pour qu’ils avancent dans la science et la sagesse du « Mysterium Christi » où ils découvriront tous les trésors divins.

Qu’ils se préparent à prêcher Jésus-Christ, et Jésus- Christ crucifié « importune, opportune… »

Soyons chrétiens! Que même toutes les sciences humaines, rationnelles soient éclairées par la lumière du Christ, qui est la Lumière du monde et qui donne à chaque homme son intelligence lorsqu’il vient au monde!

Le mal du Concile c’est l’ignorance de Jésus-Christ et de son Règne. C’est le mal des mauvais anges, c’est le mal qui est le chemin de l’Enfer.

C’est parce que saint Thomas a eu une science exceptionnelle du Mystère du Christ, que l’Eglise en a fait son docteur. Aimons à lire et relire les encycliques des papes sur saint Thomas et la nécessité de le suivre dans la formation des prêtres, afin de ne pas hésiter un instant sur la richesse de ses écrits et surtout de sa Somme théologique pour nous communiquer une foi immuable et le moyen le plus sûr d’aborder dans l’oraison et la contemplation, les rivages célestes qui, au travers des vicissitudes de cette vie terrestre, ne quitteront plus nos âmes embrasées de l’esprit de Jésus. « 

+ Marcel Lefebvre


Notre brevet de catholiques

Le monde de la Tradition se voit régulièrement accusé de schisme, ou du moins, d’être en marge de l’Eglise catholique par son refus d’obéissance au pape et aux évêques. A ce titre, nous ne serions pas catholiques ou du moins, considérés uniquement comme des catholiques de seconde zone. C’est sur ce constat, le considérant cette situation comme injuste, qu’il nous fut expliqué qu’il était normal de chercher à ce que notre titre de catholiques soit pleinement reconnu par Rome.

Il est vrai qu’il est désagréable de se voir refuser la reconnaissance ce qui pourtant est le plus cher à notre cœur tant attaché à  la Foi catholique. Et il est vrai que chercher à se faire connaitre comme catholiques et attachés à la Tradition, parce que catholiques, est tout à fait juste et louable.

Mais qu’est-ce qui nous donne ce brevet de catholicité tant recherché ? Certains nous ont dit que ceux qui devaient nous le rendre sont ceux qui précisément nous l’avaient ôté, à savoir Rome, et à sa tête  le pape. D’autres, considérant Rome comme moderniste et anticatholique cherche ce brevet dans le fait d’être opposé à la  Rome conciliaire.

Ces deux attitudes sont erronées, car elles recherchent chez les hommes le fait d’être catholique ou non. Or être catholique ne découle pas d’une reconnaissance ou d’une opposition, mais simplement d’une adhésion à la doctrine catholique, à la Foi catholique. Nous sommes catholiques par notre baptême et par la correspondance de notre vie à cette grâce reçue. Et c’est cette attitude, cette adhésion, cette correspondance à la Foi catholique qui est le seul brevet, la meilleure preuve et le meilleur témoignage de notre catholicité.

Si nous perdons de vue ce témoignage, cette adhésion, et que nous ramenons à la reconnaissance humaine notre adhésion à l’Eglise, alors les voies d’égarement menacent et elles risquent même de mettre en danger la cohérence et la crédibilité de notre témoignage de catholiques.

Comment vouloir être reconnus comme catholiques par ceux qui font Assise, qui baisent le Coran, qui vénèrent des « saints » qui n’en sont pas, qui font la promotion du culte de l’homme, qui ont évacué Dieu de l’Eglise pour en faire une vaste association caritative basée sur les droits de l’homme.

« Le résultat de ce concile est bien pire que celui de la Révolution; les exécutions et les martyrs sont silencieux, des dizaines de milliers de prêtres, de religieux et religieuses abandonnent leurs engagements, les autres se laïcisent, les clôtures disparaissent, le vandalisme envahit les églises, les autels sont détruits, les croix disparaissent les séminaires et les noviciats se vident.

Les sociétés civiles encore catholiques se laïcisent sous la pression des autorités romaines : Notre Seigneur n’a plus à régner ici-bas ! l’enseignement catholique devient œcuménique et libéral, la Grégorienne à Rome devient mixte, saint Thomas n’est plus à la base de l’enseignement » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p.7).

C’était il y a 30 ans. Toutes ces choses sont maintenant réalisées. Est-ce à cette Rome que nous demandons un brevet de catholicité ? Quelle cohérence ? Quel brevet obtenir de ceux qui détruisent l’Eglise ? Il n’y en a pas, cela n’a pas de sens, c’est se fourvoyer sur notre combat et sur celui des modernistes et des francs-maçons.

« Monseigneur souffrait des injustices qui lui étaient faites personnellement, des humiliations de son honneur foulé aux pieds ; Il souffrait de quelques-uns de ses fils prêtres qui lui disaient : « Cette doctrine est dure, qui peut l’entendre ? » (Jn 6,61) et qui se retiraient et n’allaient plus avec lui. Il souffrait encore mille fois plus à cause de l’Eglise, il souffrait pour l’Eglise. A vrai dire, le Christ « souffrait en lui pour accomplir dans son Corps mystique l’œuvre de la Rédemption » (Col. 1,34). », Obsèques  de Monseigneur, Sermon de M. l’abbé Schmidberger, le 2 avril 1991

Condamner toutes ces errances de l’Eglise conciliaire ne fait pas de nous pour autant des catholiques. Nous ne sommes pas catholiques parce que nous sommes opposés au concile Vatican II et à toutes ses réformes. S’enfermer dans une simple lutte d’opposition est stérile, inefficace, sans lendemain. Tout au plus attire-t-elle des réactions d’hostilité sans possibilité de comprendre le fond réel d’une telle opposition.

« Car c’est en vertu de cette Tradition, c’est-à-dire en vertu du trésor que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a laissé dans les mains, a laissé dans les mains de ses apôtres pour qu’il soit transmis de génération en génération, que nous menons le bon combat. Car c’est cela qui nous fait chrétiens et qui nous fait catholiques, participer au trésor de la vie divine que Notre Seigneur Jésus-Christ est venu nous donner.

C’est cela la Tradition : c’est la préparation de la vie éternelle. Ce n’est pas une petite chose; ce n’est pas un mot. C’est une réalité profonde, une réalité qui doit nous mener à la vie éternelle. Sans la Tradition, c’est-à-dire sans le magistère de l’Eglise de toujours et sans ce trésor de la grâce qui est la participation même à la vie de Notre Seigneur qui est Dieu, nous ne pouvons pas atteindre la vie éternelle.

C’est donc notre vie de toujours qui est en jeu. En faisant cela, nous ne faisons pas du folklore; nous ne sommes pas attachés à quelques vestiges du passé dont on pourrait facilement s’abstenir. » Mgr Lefebvre, 29 juin 1988

Voici la promesse si pleine de Foi et d’espérance que firent les enfants de Mgr Lefebvre rassemblés autour de la dépouille de leur bien aimé Père :

« Il a en effet formé une petite élite qui est à la disposition du Saint-Siège et des évêques; mais permettez-moi de préciser : elle est à leur disposition en excluant tout compromis et toute concession vis-à-vis du concile Vatican II et des réformes qui en découlent. Tant que l’esprit de destruction soufflera dans les évêchés et dans les dicastères romains, il n’y aura aucune harmonisation ou accord possibles. Nous voulons travailler à la construction de l’Eglise et non pas à sa démolition. On lit dans les journaux que Rome aurait attendu jusqu’à la fin le “repentir” de Monseigneur. De quoi peut se repentir un homme qui a accompli son devoir jusqu’au bout en préservant ou en redonnant à l’Eglise les moyens qui sont absolument nécessaires à la sainteté ? N’était-ce pas une bonne œuvre de lui donner des pasteurs catholiques, elle qui est occupée par des mercenaires, des voleurs et des larrons ? « Et pour cette bonne œuvre vous lapidez votre frère » (Jn 10,32).

En cette heure, nous supplions Rome et les évêques : abandonnez l’œcuménisme funeste, la laïcisation de la société et la protestantisation du culte divin, retournez à la sainte tradition de l’Eglise, même si vous scellez le tombeau que vous avez creusé à la vraie Sainte Messe, au catéchisme du concile de Trente et au titre de Roi universel de Jésus-Christ, par mille décrets et excommunications : la vie ressuscitera du tombeau fermé. « Jérusalem, convertis-toi au Seigneur ton Dieu ! « Un signe essentiel d’une telle conversion et d’un tel retour pourrait être une fois fermé le tombeau de Monseigneur Lefebvre, l’ouverture officielle d’un procès d’information pour constater le degré héroïque de ses vertus. Nous ses fils, nous sommes les témoins privilégies de ses mérites, de la force de sa foi, de son amour brûlant de Dieu et du prochain, de sa résignation dans la volonté de Dieu, de son humilité et de sa douceur, de sa vie de prières et d’adoration, de sa haine du péché et son horreur de l’erreur. », Obsèques  de Monseigneur Lefebvre, Sermon de M. l’abbé Schmidberger, le 2 avril 1991

Austremoine


Mgr Lefebvre, le 8 octobre 1988, la situation après les sacres

La position de Mgr Lefebvre, très pragmatique, s’en est ressentie modifiée, non sur le fond, mais sur la façon d’aborder ce sujet. Le texte ci-dessous repose le problème de l’autorité du Souverain Pontife et du danger de s’y soumettre tant que cette autorité continue de détruire l’Eglise.

Et puis nous devons prier aussi pour tous ceux qui actuellement sont dans l’hésitation ou qui sont dans l’épreuve, dans la situation actuelle, n’est-ce pas !

Pour nous, il n’y a pas de problème, nous nous trouvons toujours dans le cadre de la Fraternité, dans le cadre donc de l’Eglise de toujours, dans la fidélité à l’Eglise de toujours. Mais il y a certainement pour ceux qui sont, comme par exemple les moines du Barroux, ou les religieuses du Barroux, beaucoup sont angoissés ou peinent à prendre une décision.

Je pense aussi à ces personnes qui se trouvent dans des paroisses qui sont dans l’hésitation. Il y a le cas de la paroisse Guitton, je ne sais pas si c’est vrai, de Marly, de Port-Marly. Alors, pour un certain nombre de personnes justement, ils se demandent ce qu’ils doivent faire, s’ils doivent quitter la paroisse, partir… résister, essayer de changer le prêtre, que sais-je… enfin ça leur pose un tas de problèmes évidemment.

Et je ne sais pas, on fait courir le bruit que c’est la même chose à Versailles. Moi j’avoue que j’en doute un peu après les deux lettres que m’a écrites le Chanoine Porta depuis les sacres, m’affirmant sa fidélité… Je suis vraiment, vraiment surpris si c’est vrai. Là encore ça va poser des problèmes pour tous ceux qui allaient à Notre-Dame-des-Armées et ça formait un groupe très important.

Est-ce que ces questions et ces hésitations vont se poser aussi pour Wagram ? Ce n’est pas certain. Il pourrait se faire qu’il y ait aussi des hésitations dans ce domaine…

Alors vraiment on doit prier pour tous ces fidèles qui sont mis devant des problèmes difficiles, alors que la plupart sans doute sont tout à fait avec nous et nous suivent et n’ont pas du tout l’intention de quitter la Fraternité. Mais, devant les prêtres qui les abandonnent en quelque sorte, et puis qui les encouragent à se mettre sous l’autorité moderniste des évêques… c’est grave, évidemment, et ça pose un problème grave…

Alors si nous avons l’occasion, soit de correspondre, soit d’avoir des contacts avec des personnes qui sont dans cette situation, n’ayons pas peur de leur faire prendre des décisions courageuses, énergiques : il faut demeurer fidèles à l’Eglise de toujours. Il n’est pas question pour nous d’hésiter.

Vous avez lu certainement l’article de Si si No no qui a été traduit heureusement par le Courrier de Rome, qui montre très bien que ce n’est pas d’aujourd’hui que nous avons ces choix à faire. Ce n’est pas depuis les sacres. C’est depuis le Concile. Cet article sur Ni schismatiques, ni excommuniés est très bien rédigé, à mon sens, et j’ai reçu ce soir une lettre des religieuses de Dom Putti qui s’occupent de la publication de Si si No no, elles me disaient que précisément cet article avait eu, heureusement, un très grand succès. Elles me citaient justement l’exemple d’une personne de la ville de Gênes qui leur en a commandé 1’500 et qui les a tous distribués. Je pense qu’en effet il a été rédigé d’une façon admirable, à mon sens. Ça résume toute notre position depuis le début. Et ça justifie notre position depuis le début jusqu’à, y compris, les sacres, donnant le pourquoi des sacres et résolvant les difficultés qu’on peut avoir à ce sujet-là. C’est admirable et je trouve que c’est vraiment un article extraordinaire.

Alors quand ils disent au début, en effet : Catholique écartelé. C’est vrai, qu’est-ce que vous voulez… Alors il met ainsi :

Pour nous limiter à quelques exemples, il a fallu opter entre l’Encyclique Pascendi de Saint Pie X condamnant le modernisme et l’actuelle orientation ecclésiale ouvertement moderniste. Il a dû choisir entre le monitum du Saint-Office de 1962 condamnant les œuvres du Jésuite Teilhard de Chardin et l’actuel courant ecclésial qui n’hésite pas à citer ces œuvres jusque dans les discours pontificaux. Il a dû opter entre l’invalidité déjà définie des ordinations anglicanes et l’actuelle orientation ecclésiale en vertu de laquelle, en 1982, un pontife romain a, pour la première fois, participé à un rite anglican dans la cathédrale de Canterburry, bénissant la foule avec le primat laïc de cette secte hérétique et schismatique. Il a dû opter entre la condamnation ex cathedra de Martin Luther et l’actuel courant ecclésial qui, célébrant le 5ème centenaire de la naissance de l’hérésiarque allemand, déclarait par lettre signée de Sa Sainteté Jean-Paul II qu’aujourd’hui, grâce aux recherches communes des savants catholiques et protestants est apparue la profonde religiosité de Luther.

Et ainsi de suite…

Il a dû choisir entre l’historicité des Evangiles et l’orientation actuelle ecclésiale… Il a dû opter entre la Sainte Ecriture qui déclare les Juifs incrédules en haine à Dieu et l’actuelle orientation qui, dans le discours du premier pape, à se rendre dans la Synagogue de Rome, découvre dans les Juifs toujours incrédules ou les frères aînés des catholiques ignares.

Et ainsi de suite… Je trouve que c’est tout à fait exacte, il a fallu choisir. Il n’y a rien à faire. Il a fallu choisir entre la foi de toujours… C’est pourquoi je pense que la déclaration que j’avais eu l’occasion de faire, après la première visite des prélats belges qui sont venus en 1974, le 11 novembre, et la déclaration que j’ai cru devoir faire le 21 novembre, disant : Nous choisissons la Rome de toujours. Nous ne voulons pas de la Rome moderniste. Nous ne voulons pas de la Rome nouvelle qui est moderniste. J’ai dit ça.

Alors pour nous ça ne pose pas de problème, je dirais, parce que nous nous trouvons dans un cadre qui nous permet de faire cela. Mais alors pour tous ces pauvres fidèles qui sont secoués de droite de gauche, il y en a vraiment qui sont dans l’anxiété, c’est vraiment grave.

C’est dommage de penser que tous ces moines et ces moniales qui sont rentrés au Barroux ou chez les Bénédictines, sont rentrés précisément parce qu’ils ont fait ce choix. Ils ne sont pas allés dans les monastères modernistes, qui sont soumis à l’Eglise conciliaire, qui sont soumis à l’Eglise moderniste. Ils ont fait exprès le choix du Barroux pour demeurer dans la Tradition, pour demeurer dans la foi de toujours. Et maintenant, on les met sous l’autorité de l’Eglise conciliaire. Alors on est vraiment stupéfaits de penser que, malgré les constatations qu’ils doivent faire, et ils le savent bien… Non… Ils restent. Ils ne prennent pas le parti de s’en aller ou de fonder un autre monastère, ou de demander à Dom Gérard de donner sa démission et d’être remplacé… Non, rien… On obéit.

Ça a été le cas de Fontgombault lorsque Dom Roy a accepté la messe nouvelle. Ça a été le cas de Dom Augustin lorsqu’il a accepté la messe nouvelle aussi. Et puis ainsi de suite… et de Randol, et de Jouque, les bénédictines de Jouque, les bénédictines qui sont tout près de Tournaye… Et c’est lamentable de voir avec quelle facilité un monastère qui est dans la Tradition passe sous l’autorité conciliaire et moderniste. Et tout le monde reste. C’est dommage et vraiment triste de constater cela…

Alors nous nous réjouissons justement quand nous voyons des articles aussi clairs que celui du Courrier de Rome qui vraiment peut ouvrir les yeux des fidèles et leur donner le courage de résister et de continuer.

C’est la même chose avec la déclaration qu’a faite le bon Père Thomas d’Aquin. Vraiment, sa déclaration qui est sur ce petit journal que commencent nos confrères suisses… et bien, la déclaration y est et je relève surtout ce qu’il dit et qui est très clair :

Nous ne suivons pas Mgr de Castro Meyer ou Mgr Lefebvre comme chefs de file. Nous suivons l’Eglise catholique. Et à l’heure actuelle, ces deux confesseurs ont été les seuls évêques contre l’auto démolition de l’Eglise. Il ne nous est pas possible de nous désolidariser d’eux. Ainsi comme au IVème siècle au temps de l’arianisme, il était un signe d’orthodoxie que d’être en communion avec Athanase.

C’est très juste. Il a raison, il montre le motif du choix qu’il a fait. Alors heureusement, il y a au moins quelques moines qui ont pu se sauver de cette emprise de l’Eglise conciliaire.

Alors évidemment, ceux qui, comme Dom Gérard ou les Sœurs, disent :

– Mais nous n’avons rien changé, il n’y a rien de changé chez nous. Nous continuons les mêmes offices, la même liturgie, les mêmes règlements… Qu’est-ce qu’il y a de changé chez nous ? Pourquoi vous émouvoir ? Il n’y a rien, nous continuons comme autrefois… Mais nous continuons sous une autre autorité…

C’est là le danger. Cette autorité, elle existe. Et elle s’est déjà fait sentir. Il suffit de voir dans le même journal la déclaration de l’Archevêque de Lyon. Ça, c’est clair. Quand il conclue :

– Aidons-nous les uns, les autres sur ce chemin, en restant fermement attachés au Concile Vatican II, à tout le Concile, qui fait partie de la Tradition de l’Eglise. Poursuivons notre travail apostolique en toute confiance. Consacrons le meilleur de nous-mêmes à annoncer l’Evangile, là est l’essentiel. Ce sera l’objectif de notre Synode diocésain dont la préparation va commencer le 2 octobre.

Le Synode diocésain qui va donc régler les rapports entre le diocèse et le monastère. Et quelles vont être les directives qui vont être données à ce moment-là ? Voilà ce qu’il faut attendre ! C’est très joli de dire : rien n’a changé chez nous. Attendons un peu…

Et il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’il y ait des décisions prises, par exemple même au sujet de l’Abbé Bissig et de l’Abbé Baumann. Enfin, ils ont été tous les deux, l’un directeur du séminaire, l’autre sous-directeur du séminaire. Ils ont été professeurs pendant un bon nombre d’années. Et on a loué nos séminaires… puisqu’on les ramasse, on les garde et on les recherche… il faut croire qu’ils ne sont pas si mauvais que ça ! Et puis, dans ce séminaire qui va être fait, comment va se réaliser ce séminaire qui doit continuer, en principe, la Tradition ? Ce séminaire devrait se faire dans ce pèlerinage, n’est-ce pas, d’Igraspa, qui est juste à la limite de la frontière autrichienne et de l’Allemagne… et dans ce pèlerinage où on ne célèbre que la messe nouvelle, et qui est soumis entièrement à l’évêque d’Augsbourg et les professeurs et le directeur du séminaire vont être des prêtres du diocèse, et non pas l’Abbé Bissig et l’Abbé Baumann qui, eux, devront attendre un an et passer un examen devant l’évêque pour pouvoir prendre leurs charges, si toutefois on leur en donne ! S’ils ne voient pas clair, quand même !… C’est exactement la main-mise là déjà, non seulement sur la formation, formation qui va être donnée par des prêtres qui sont évidemment conciliaires, de l’Eglise conciliaire, et puis ensuite même la liturgie. Ils vont être obligés de se soumettre à la liturgie nouvelle. Qu’est-ce qu’ils vont faire ces séminaristes alors ? Ils vont accepter tout ça, comme si de rien n’était ?… Incroyable… ils ne disent pas : – Oh ! il n’y a rien de changé, il n’y a rien de changé… Alors là où c’est possible, déjà l’Eglise conciliaire les soumet immédiatement à l’obéissance à l’Eglise conciliaire.

Evidemment, chez Dom Gérard, il semble bien que c’est plus difficile, c’est plus délicat. Ils ne veulent pas aller trop vite parce qu’ils savent très bien que s’ils y allaient un peu durement et trop vite, peut-être que ça ferait revenir le monastère en arrière et puis qu’il y aurait un retour en arrière. Alors ils s’y prennent habilement, doucement, ils vont attendre un peu… Mais ce qui va probablement se faire, c’est qu’ils vont dire :

– Il faut que vous acceptiez que les prêtres qui vont venir faire une retraite chez vous, les prêtres du diocèse, puissent dire leur messe nouvelle, évidemment, ils sont habitués à la messe nouvelle. On ne peut pas du tout les contraindre à dire la messe ancienne. Ça, il n’en est pas question. Ensuite, quand des diocésains se présentent chez vous et demandent la communion dans la main… nous leur permettons d’avoir la communion dans la main dans toutes les paroisses du diocèse, on ne voit pas pourquoi maintenant que vous faites partie du diocèse et vous faites partie de la pastorale d’ensemble, vous ne pouvez pas refuser les diocésains qui vont se présenter et demander la communion dans la main…

Qu’est-ce qu’ils vont faire, à ce moment-là, les moines du Barroux ? Et bien, ils feront probablement ce qu’a fait Dom Augustin : accepter. On donne la communion dans la main maintenant chez Dom Augustin.

C’est comme ça, il n’y a rien à faire. Ce transfert d’autorité, c’est ça qui est grave, c’est ça qui est excessivement grave. Il ne suffit pas de dire : on n’a rien changé dans la pratique… C’est ce transfert qui est très grave parce que l’intention de ces autorités, c’est de détruire la Tradition. C’est clair : c’est de détruire la Tradition. Il n’en faut plus. Il faut que tout le monde se soumette. C’est ce qu’a dit le Cardinal Ratzinger très clairement dans une interview avec le journal de Frankfort. Il a dit : – Il est inadmissible qu’il y ait des catholiques qui ne se soumettent pas à ce que pense l’ensemble de l’épiscopat. C’est clair.

Alors prions pour tous ces braves gens qui ont des décisions à prendre, pour qu’ils soient fermes et qu’ils demeurent dans la foi…

Mgr Lefebvre, le 8 octobre 1988, la situation après les sacres


Mgr Lefebvre : il y a 25 ans ; rien n’a changé sur le fond et la façon d’agir

Conférence de Mgr Lefebvre en 1988 :

Il faut savoir. Il faut savoir qui nous condamne et pourquoi on nous condamne. Il suffit de réfléchir un petit peu. Si ce sont des autorités qui n’ont plus la foi catholique, qui n’agissent plus en catholiques, et qui nous condamnent parce qu’on veut rester catholiques… alors il faut baster avec eux, il ne faut pas se battre avec eux ?… Non. Ce n’est pas possible ça ! – Mais enfin, mais enfin, le pape, le pape… Je n’y peux rien, je n’y suis pour rien. Si le pape fait un Nouvel Ordo dont la définition, d’après le Cardinal Oddi, est une définition hérétique, ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est lui qui le dit, en tout cas elle favorise l’hérésie certainement, la définition de la messe… je n’y peux rien, moi !

Alors s’ils appliquent un œcuménisme absolument aberrant qui fait perdre la foi à des millions de catholiques, comment peut-on dire encore qu’ils sont vraiment catholiques ?

Alors on a continué. Alors Rome condamne, suspend : tous les séminaristes interdits, les prêtres ne peuvent plus célébrer, nous sommes tous frappés de peines canoniques à cause de notre désobéissance à Rome !…

Et puis interviennent peu après de nouveau les colloques… Rome semble tout de même ne pas vouloir nous abandonner complètement, et alors s’instaure un espèce de colloque continuel, continuel… Et alors à partir de ce moment-là, depuis, on peut dire, 76 jusqu’à maintenant, et bien ces colloques ont continué, toujours de la même manière, toujours de la même façon, ont toujours abouti à rien parce qu’il fallait accepter le Concile dans son ensemble, même à la lumière de la Tradition, il fallait accepter cela ; il fallait accepter le principe des réformes ; il ne fallait pas s’opposer à la nouvelle messe ; il ne fallait pas détourner les fidèles de la nouvelle messe et des nouveaux sacrements…

Alors j’ai été interrogé par le Saint-Office. Et là, le Saint-Office m’avait posé d’abord des questions, tout un questionnaire… J’ai répondu, je crois, une centaine de pages !… contre la liberté religieuse, contre le Nouvel Ordo Missae, contre toutes les horreurs que Vatican II a pu produire, n’est-ce pas ! Alors ça a été de nouveau des questions ensuite, de nouveau des réponses, et ainsi de suite… On a continué comme ça indéfiniment… Le Cardinal Seper est mort. Est venu maintenant le Pape Jean-Paul II et puis le Cardinal Ratzinger, et on a continué les discussions… Le Cardinal Ratzinger venant pour la première fois s’occuper de cette affaire-là, a été persuadé qu’au bout de trois semaines tout allait s’arranger, avec de beaux sourires et puis un petit entretien, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible que ça ne s’arrange pas… On était toujours au même point : nous voulions garder la foi catholique. Pour garder la foi catholique, nous voulions garder la Tradition, la Tradition dans la liturgie, et la Tradition dans la formation sacerdotale, et rejeter toutes ces erreurs modernes, modernistes et libérales. Et voilà, le dialogue donc a continué comme ça pendant plusieurs années depuis 1978, au moment de l’élection du pape…