Les mondains…spirituels !

Le mondain est oecuméniste par nature, rien ne le heurte plus que de se voir rejeter à cause des principes qu’il voudrait tenir de la société de ceux qu’il veut pour amis. Pour le mondain, le premier principe est lui-même, car sa mondanité est libérale, aucun principe ne devant gêner ses relations sociales ou sa façon de vivre et de penser.

Que ses amis le trouvent trop rigide, qu’ils lui trouvent des idées trop fermes, le mondain s’empressera de rectifier tout en rondeur ces honteuses dispositions ! Que la majorité change d’avis, il s’empressera de s’accommoder de cette nouvelle situation et glissera avantageusement vers les plus nombreux.

Ne croyez pas que le mondain est sans morale ni principe, non ! Car pour rester dans ce monde qui le rassasie, le mondain se doit de tenir un rang. Tel monde, telles règles : le monde qu’il courtise lui impose ses règles, et elles sont fluctuantes. Le mondain n’agit pas en fonction de ce qui est bien, mais en fonction de ce qui fait bien !

Surtout que personne ne dérange le mondain dans sa façon de vivre, il ne supporte pas d’autres principes que celui de son nombril, ou du moins, il n’accepte pas que ces principes passent avant lui-même. Et si par malheur quelqu’un lui exposait les conséquences pratiques que tel ou tel principe de foi ou de morale implique dans sa vie quotidienne, il le traitera de sectaire, de fou, etc.

Dans l’actuelle crise de l’Eglise, le mondain vous affublera des sobriquets de schismatique, d’excommunié et que sais-je ! Il sera aussi excluant qu’un libéral sait être dur et contraignant. Sa douceur mielleuse est conditionnée à sa sécurité relationnelle, son humilité apparente n’est que le conditionnement accepté aux exigences sociales de son monde. Le mondain, si son milieu le lui impose, critique le Novus Ordo mais ne craint pas d’y assister, ou dans un autre registre, il n’hésite pas à dire son admiration et son accord avec Mgr Lefebvre tout en tenant la main de ceux qui l’ont conspué ou qui vivent de sa condamnation.

Le mondain ne raisonne pas en termes de vrai ou de faux, de bien ou de mal, mais il considère les choses sous le prisme avantage ou inconvénient, reconnaissance ou mépris. Il est un véritable oiseau de nuit qui n’a pas besoin de la lumière de la Vérité, son regard relativise tout dans la pénombre généralisée du consensualisme. Le mondain n’a que faire de l’objectivité du bien et du mal, il ne s’intéresse qu’à la subjectivité de son ego qui lui commande ce qui lui est le plus avantageux aux yeux des autres.

Qu’un prêtre lui explique et lui expose les réalités concrètes qu’imposent certains principes, il s’y refuse violemment. Expliquez au mondain que si la messe de Paul VI est mauvaise il ne faut pas y assister, il s’y refusera si cela va contre les habitudes de son monde. Si vous lui expliquez que l’assistance aux messes Motu Proprio est dangereuse en raison des déviances doctrinales graves du célébrant, entre autres, (même si on ne peut que se réjouir de voir des prêtres dire l’ancienne messe), il se scandalisera si cela le gêne dans ses relationsmondaines !

Alors le mondain vous lancera son trait de choc, mais toujours la main sur le cœur : « ne nous mêlez pas à ces querelles ecclésiales auxquelles nous ne comprenons rien, mais parlez-nous du si bel évangile du jour ! Vous comprenez monsieur l’abbé, ce que nous recherchons, c’est du spiritueeellll ! » Et le mondain de dire qu’il ne faut pas être excessif, qu’il faut se recentrer ! Et si le prêtre, deux sermons par an (sur cinquante quatre), a le malheur d’aborder des sujets ayant trait à la crise de l’Eglise, et bien ce seront deux sermons de trop !

Le mondain n’est pas vraiment catholique, et s’il l’est, c’est surtout pour satisfaire à une nécessité sociale…

Le mondain n’est pas l’outil de Dieu, il est un jouet du monde.

Austremoine


L’écartèlement des instituts Ecclesia Dei

Il est de bon ton d’affirmer que peu de choses séparent la FSSPX des instituts Ecclesia Dei : même messe, mêmes sacrements, et diront aussi certains, même doctrine.

On peut disserter longuement pour savoir si chacune de ces affirmations est correcte, et notamment celle concernant la doctrine. Que d’amis me disent que si dans le discours officiel rien n’est dit contre le Concile, in privatim, les prêtres de la FSSP le combattent tout comme les prêtres de la FSSPX. On trouvera sans doute des exemples allant dans ce sens, mais il est préférable de considérer la réalité théologique de la FSSP plutôt que de s’attarder sur ces exemples individuels.

La « béatification » et la « canonisation » de Jean-Paul II en donne une bonne illustration pratique. Les prêtres de la FSSP vont-ils proposer, à l’instar de l’Eglise conciliaire, le pape d’Assise et du baiser du coran à leurs fidèles ? Vont-ils donner en exemple ces nouveaux « saints », chantres de l’œcuménisme et du dialogue inter-religieux ?

En réalité, la réponse est déjà en grande partie donnée : le pèlerinage ND de Chrétienté avait donné pour exemple « sainte » Mère Térésa, qui si elle fut héroïques dans l’application de vertus naturelles, disait encourager les musulmans mourant dans leur foi, plutôt que de tenter de leur apporter la grâce ultime et salvatrice du baptême ! Une telle personne, même si nous espérons son salut, ne peut être portée sur les autels catholiques !

Différents sites officiels de la FSSP parlent déjà des « bienheureux » Jean XXIII et Jean-Paul II ! A coup sûr ils ne seront pas longtemps gênés pour en venir à les considérer comme « saints » !

Même liturgie, sans doute, mêmes sacrements, certes, même doctrine, hélas, ce n’est plus le cas. Les différences théoriques, théologiques, peuvent paraître à certains encore subtiles, elles le sont beaucoup moins mises sous les projecteurs si terrible de ces fausses canonisations.

On a pu comparer les prêtres Ecclesia Dei aux prêtres jureurs, dans le but de montrer que leur liturgie et leurs sacrements étaient les mêmes que ceux des prêtres réfractaires. Un autre parallèle me semble plus approprié, l’exemple de ce saint, dont j’ai oublié le nom, qui au tout début du schisme protestant se rendit dans une église pour assister à la sainte messe. Vient le moment de la communion, sans que notre saint put savoir si le prêtre qui officiait était catholique ou protestant, la liturgie protestante n’ayant pas été encore réformée. Il pria dans son for interne, demandant à Dieu de l’éclairer. C’est alors qu’un ange descendit du ciel et lui donna la communion. Notre saint compris alors que cette cérémonie était celle d’un prêtre protestant.

Le concile Vatican II n’est rien d’autre que la protestantisation voulue et assumée de l’Eglise catholique. Accepter ce concile, c’est en accepter le poison moderniste et néo-protestant. L’Eglise conciliaire a sa doctrine, elle a ses sacrements, elle a sa liturgie. Dans le principe, la FSSP et les instituts Ecclesia Dei les ont acceptés, à la seule différence peut-être, que pour eux la « forme extraordinaire » leur est ordinaire, et que la « forme ordinaire » leur est extraordinaire ! Et le « saint » d’Assise, Jean-Paul II, sera bien de leur paroisse !

N’allons pas nous-même vers la voie de l’écartèlement ; si elle est pour ces prêtres – sans doute pour beaucoup de bonne volonté – la réponse qu’ils pensent devoir donner à ce dilemme qui se posent à eux, une attitude équivalente de notre part serait une trahison du combat qui se mène, combat qui n’est pas le notre.

Il n’y a qu’une attitude catholique dans cette tourmente et aux milieux de tous ces compromis, d’où qu’ils viennent, qui ruinent l’Eglise :

« Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »

« Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise. » Mgr lefebvre, déclaration 1974

Austremoine


Mgr Lefebvre : nous som­mes d’Église, nous sommes l’Église catholique, nous continuons l’Église catholique

[…] Toute cette résistance est une résistance normale dans l’Église, dans un organisme qui doit survivre, et c’est pour cela que nous disons : nous som­mes d’Église, nous sommes l’Église catholique, nous continuons l’Église catholique, nous continuons, les autres s’en éloignent, ce sont eux qui sont schismatiques. Ce sont ceux qui font toutes ces nouveautés qui deviennent schismatiques. Ils ne sont plus catholiques, je vous l’assure. C’est épouvan­table, mais c’est comme ça.

Alors devant cette déviation profonde à l’intérieur de l’Église de la foi catholique, alors que faire ? Que faire sinon faire de bons prêtres. Mais pour faire de bons prêtres, il faut des évêques, il faut des évêques catholiques. S’il n’y a pas d’évêques catholiques, on n’aura pas de bons prêtres. Alors c’est comme ça que j’ai supplié Rome, j’ai supplié Rome pendant des années : donnez-moi des évêques catholiques, permettez-moi de faire des évêques catholiques. — Ah non, non, pas question, vous n’avez qu’à vous adresser à tous les évêques, et tous les évêques dans le monde pourront vous rempla­cer si vous n’avez pas la possibilité d’ordonner vos séminaristes, si vous mou­rez, ils s’adresseront aux évêques diocésains. Alors j’ai dit : il n’est pas possible de faire des prêtres catholiques avec des évêques qui ne sont plus catho­liques. Et j’ai insisté jusqu’à signer ce fameux protocole d’accord avec Rome.

Qu’est-ce que je demandais dans ce protocole ? La chose principale que je voulais obtenir, c’était cet évêque. Je voulais un évêque.

… Maintenant que je vous ai envoyé des noms, il faut que d’ici deux mois, vous me donniez le nom de celui que vous avez choisi pour que je puisse le sacrer et avoir un évêque tel que vous me l’avez promis — Ah, non, c’est impossible, impossible, c’est trop vite, c’est trop tôt. — C’est absolument faux. Alors j’ai insisté, j’ai menacé : «si vous ne me le donnez pas, je vais sacrer moi-même des évêques». — bon, bon, envoyez encore des noms, il faut envoyer des noms mais il faut que vous présentiez un candidat qui ait le profil — c’était le terme qu’ils employaient — qui ait le profil désiré par le Saint-Siège. Alors là j’ai compris, je n’aurais jamais mon évêque tradi­tionnel. S’il faut qu’il ait le profil désiré par le Saint-Siège, c’est-à-dire un profil progressiste, un profil moderniste, c’est impossible, inutile, je n’y arri­verai jamais. Il y avait une volonté derrière cela de ne pas me donner cet évêque. D’ailleurs ils me l’avaient dit plusieurs fois au cours de conversa­tions : vous n’avez pas besoin d’évêques, vos séminaristes n’ont qu’à s’adres­ser aux évêques des diocèses. J’ai dit : Non, je veux des évêques tradition­nels, des évêques qui gardent la foi, des évêques qui protégeront la foi de mes prêtres, des évêques qui formeront mes prêtres dans la foi catholique. L’évêque est le père de ses prêtres. Si on met un père qui est progressiste et moderniste, il aura des prêtres modernistes. Je ne veux pas. Alors on s’est heurté, là, j’ai dit : C’est comme ça, vous me refusez, c’est bien, c’est que vous n’avez pas les mêmes intentions que moi. Votre intention est de me réduire à la soumission, à la révolution du concile. Vous voulez que nous soyons soumis à la révolution du concile. Et nous, nous refusons cette révo­lution à l’intérieur de l’Église. Nous voulons demeurer catholiques. Donc, c’est terminé, je ferai des évêques, des évêques catholiques. […]

Mgr LEFEBVRE à Albias (Tarn-et-Garonne)
le 10 octobre 1990


Abbé Guy Pagès : deuxième lettre ouverte au Pape – Sur l’islam dans Evangelii Gaudium

Il s’agit de la deuxième lettre ouverte de l’abbé Guy Pagès au pape François. La première peut être lue ici.

L’abbé Pagès est prêtre du diocèse de Paris : il publie des études très intéressantes de l’Islam qui sont à lire ou à écouter, et montre de façon très simple et didactique comment cette fausse religion est un oeuvre de tromperie diabolique.

Ceci dit, il convient de mettre en garde les lecteurs sur le fait que l’abbé Guy Pagès est attaché au concile Vatican II et qu’il en accepte et défend la théologie hétérodoxe, notamment sur les points du dialogue inter-religieux et de la liberté religieuse. Il avait aussi justifié le baiser du Coran de Jean-Paul II et son ignoble apostrophe « Que Saint Jean-Baptiste protège l’Islam »… Ce n’était pas l’avis de Saint-Pie V et de l’ensemble de la chrétienté qui se ligua à Lépante !

Source : Islam et Vérité

Très Saint Père,

C’est avec une peine redoublée, et avec tout le respect filial que je vous dois, au nom de nombreuses personnes choquées par vos propos relatifs à l’islam, et en vertu du canon 212 § 3[1], que je vous adresse cette nouvelle Lettre, puisque non seulement je n’ai reçu aucune réponse à celle que je vous ai adressée concernant votre Message aux musulmans pour la fin du ramadan, d’abord envoyée en privé ‒ et à trois reprises ‒ et ensuite publiquement, mais encore parce que dans votre exhortation apostolique Evangelii Gaudium vous venez d’écrire que : « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. » (n°253). Une telle affirmation, certainement motivée par votre paternelle sollicitude pour nos frères persécutés en pays d’islam, apparaît cependant comme une terrifiante contrevérité. En effet : 

  • « Allah seul connaît l’interprétation du Coran. » (Coran 3.7)…
  • Les versets réputés « tolérants » de l’immuable Coran ont tous été abrogés par « le verset du sabre » (Coran 9.5,29) ;
  • Si « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. », alors Mahomet n’a pas incarné la véritable interprétation de l’islam, et sa conduite ne peut pas être normative pour les musulmans (Coran 33.21) ; 
  • A la différence du Christ ayant confié Son autorité à Pierre dont vous êtes le légitime successeur, il n’y a pas en Islam de magistère qui puisse vous donner, à vous ou à quiconque, avec une autorité infaillible, la définition de ce qu’est ou n’est pas « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran », d’où les incessantes guerres intestines du monde musulman au nom d’une interprétation toujours plus « authentique » ; 
  • Il suffit d’ouvrir un Coran, même dans une des traductions édulcorées à l’usage des lecteurs occidentaux, pour voir que sur les 6235 versets du Coran, plus de la moitié vouent à l’exécration tous ceux qui ne sont pas musulmans, et expriment la funeste intention de les tuer ou de les soumettre ;
  •  L’histoire et l’actualité démentent à l’envi, malheureusement, votre affirmation ;
  • Quelle autre religion que l’islam Jésus pouvait-Il avoir en vue lorsqu’Il annonçait : « Vient un temps où ceux qui vous tueront penseront rendre un culte à Dieu. » (Jn 16.2) ? Quelle autre religion en effet que l’islam promeut, comme un devoir religieux, le jihad contre les chrétiens ? « Tuez les associateurs [les chrétiens] où que vous les trouviez. Prenez-les, assiégez-les et restez aux aguets contre eux. » (Coran 9.4,5) ;
  • Tout chrétien sait, du seul fait qu’il est chrétien, que celui qui cherche son salut dans l’islam se damne : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui refusera de croire sera con-damné. » (Mc 16.16) ; « Si nous-mêmes, si un ange venu du Ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit ! Nous l’avons déjà dit, et aujourd’hui je le répète : si quelqu’un vous annonce un Évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! » (Ga 1.8-9 ; Mt 24.4,11,24 ; 1 Jn 2.22-24 ; 4.2-4)… Or, si l’islam damne, n’est-ce pas qu’il est mauvais, et si « aucun arbre mauvais ne donne de bons fruits » (Mt 7.18), comment l’islam pourrait-il porter les bons fruits de paix que vous lui attribuez ?

Très Saint-Père, il est frappant de constater que votre propos répond exactement à la demande formulée, au début du mois de juin 2013, par M. Mahmoud Abdel Gawad, le conseiller diplomatique de M. Ahmed Al-Tayeb, grand imam de la mosquée d’Al-Azhar, ayant déclaré attendre de vous « une intervention où [vous diriez] que l’Islam est une religion pacifique, que les musulmans ne cherchent ni la guerre ni la violence », comme condition au rétablissement des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et cette institution représentative de l’islam sunnite qu’est l’Université d’Al-Azar… Et pourquoi M. Ahmed Al-Tayeb voulait-il une telle déclaration ? Pour que vous expiiez ainsi la « faute » de votre prédécesseur Benoît XVI ayant osé illustrer en 2006 à l’université de Ratisbonne cette vérité élémentaire que la violence est incompatible avec la vraie religion, contraire à la vraie nature de Dieu, par cette question de l’empereur Manuel II Paléologue à un savant musulman : « Montrez-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau. Vous ne trouverez que ces choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait. ». Benoît XVI avait ensuite aggravé son cas en 2009 en appelant à protéger les minorités chrétiennes après un énième et terrible attentat à la bombe contre une église à Alexandrie, ce qui avait constitué aux yeux du destinataire de votre lettre, « une interférence occidentale indue ». Ainsi, en répondant au désir du grand imam ― et l’islam veut dire « soumission » ―, souffrant de « réparer » la « faute » de votre vénéré prédécesseur, non seulement vos propos sont interprétés comme une condamnation de son témoignage rendu à la vérité, mais vous n’obtiendrez pas la mansuétude que vous escomptez pour les chrétiens vivant en pays devenus musulmans, car, comme l’exprimait un autre de vos prédécesseurs, le Pape Pie II, dans sa Lettre au Sultan turc Mehmet II : « La concorde ne sera donc que dans les mots ; sur le fond, c’est la guerre. »[2]. Qui peut venir en effet après le Christ, sinon l’Antichrist ?

Très Saint-Père, vous nous demandez d’« accueillir avec affection les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays » (n°253), mais ignorez-vous donc que le but de l’islam est de se substituer au christianisme et d’instaurer partout la charia ? C’est Allah qui le dit : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de subversion[3] et que la religion appartienne uniquement à Allah » (Coran 2.193). Ses disciples, aujourd’hui, ne disent pas autre chose, tel M. Alija Izetbegovic, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000, qui, dans sa « Déclaration islamique » a le mérite de la clarté : « Il ne peut y avoir ni paix ni coexistence entre la religion islamique et des institutions politiques et sociales non-islamiques. […] La renaissance islamique ne peut commencer sans une révolution religieuse, mais elle ne peut se poursuivre et être menée à bien sans révolution politique. Notre première tâche doit être de gagner non le pouvoir mais les hommes. […] Le soutien qu’un peuple musulman apporte effectivement à un régime en place est directement proportionnel au caractère islamique de ce dernier. […] Nous devons être des prêcheurs et ensuite des soldats. […] Le mouvement islamique doit prendre le pouvoir dès qu’il est en situation morale et numérique suffisante pour lui permettre de renverser le gouvernement non-islamique. »… Voulez-vous vraiment que s’accomplisse la prophétie du président algérien, M. Houari Boumediene qui, en avril 1974, déclarait à la tribune de l’ONU : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. »[4] ? Certes, il n’est pas question de se fermer à l’accueil des miséreux, pour autant que nous puissions leur porter secours, mais il est exclu de les naturaliser, selon le conseil même de feu le Commandeur des Croyants, le roi Hassan II, roi du Maroc : « N’essayez pas de faire des Français avec des musulmans, vous n’y arriverez pas. Vous ne ferez que de mauvais Français et de mauvais Musulmans. ».[5] Jugement qui corrobore l’enseignement des Apôtres : « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine [l’Évangile, que l’islam se fait une gloire de rejeter], ne le recevez pas chez vous et abstenez-vous de le saluer. » (2 Jn 1.10) ; « Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? » (2 Co 6.14) ?… Aussi nous appartient-il de ne pas transiger avec l’islam. Nos Pères ne se sont pas battus pendant des siècles pour repousser ce malheur qu’est l’islam et pouvoir développer hors d’atteinte de sa mortifère influence l’admirable civilisation chrétienne dont le monde entier profite de nos jours, pour que nous ouvrions aujourd’hui nos portes à l’islam ! Ou alors l’islam aurait-il changé entre temps ? Non, il ne le peut pas, car « les coutumes d’Allah ne changent pas » (Coran 33.62 ; 35.43 ; 48.23).

Je suis pareillement surpris et terriblement gêné pour nos frères chrétiens que, dans votre exhortation apostolique, vous demandiez à ce qu’ils soient « accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique », comme s’ils n’étaient justement pas chez eux ! N’est-ce pas infiniment triste de tenir pour un fait acquis la conquête musulmane de ces pays autrefois chrétiens, et de compter pour rien la tradition chrétienne qui y survit aujourd’hui encore sous le joug toujours renaissant et insupportable de la dhimmitude ? Et si les « épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent » sont effectivement à déplorer, il ne faut pas chercher longtemps pour en trouver la source : « Faites-leur la guerre jusqu’à ce qu’ils payent le tribut de leurs propres mains et qu’ils soient soumis et humiliés » (Coran 9.29). Aussi, ce n’est pas « l’affection envers les vrais croyants de l’Islam » qui « doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations », mais l’amour envers nos ennemis (Mt 5.44).

Quant au fait que les musulmans « professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. » (n°252), il faut bien préciser qu’il ne s’agit pas de la même adoration, aussi vrai que nul ne va au Père que par Jésus (Jn 14.6), et que les musulmans ne prenant pas pour chemin Jésus, leur adoration ne va pas non plus au Père… Nous adorons ce que nous connaissons, eux adorent ce qu’ils ne connaissent pas (Jn 4.22), et c’est pourquoi, acceptant d’adorer celui qu’ils ne connaissent pas, ils adorent celui qui se cache dans les ténèbres, le Père du mensonge (Jn 8.44), le Prince de ce monde, assez orgueilleux et fou pour se présenter à eux comme l’unique et vrai Dieu (Mt 4.8-9).

Si Evangelii Gaudium s’adressait aux musulmans pour leur dire que « Les écrits sacrés de l’Islam gardent une partie des enseignements chrétiens ; Jésus Christ et Marie [y étant] objet de profonde vénération » (n°252), nous pourrions comprendre que vous entendez vous servir d’une apparente similitude entre nos traditions respectives comme d’une base commune possible à un dialogue souhaité. Mais du fait que vous vous adressez à des chrétiens, un tel rapprochement laisse entendre qu’il y aurait effectivement quelque chose de chrétien dans la « révélation » coranique… alors qu’il n’en est, bien évidemment, rien du tout ! Les personnages de « Issa » et de « Maryam » ne s’identifient absolument pas avec ceux de Jésus et de Marie, comme en témoignent les anachronismes et incohérences coraniques, mais servent de miroirs aux alouettes, d’attrape-nigauds, pour légitimer l’islam aux yeux des chrétiens[6], et les conduire ainsi à apostasier leur foi, celle-ci étant pour l’islam le seul péché à jamais impardonnable (Coran 4.48), qui réduit les chrétiens à n’être qu’impureté (Coran 9.28) en sorte qu’en les éliminant l’islam rend gloire à Allah (Coran 9.30).

Vous trouvez « admirable de voir que des jeunes et des anciens, des hommes et des femmes de l’Islam sont capables de consacrer du temps chaque jour à la prière, et de participer fidèlement à leurs rites religieux. En même temps, beaucoup d’entre eux ont la profonde conviction que leur vie, dans sa totalité, vient de Dieu et est pour lui. Ils reconnaissent aussi la nécessité de répondre à Dieu par un engagement éthique et d’agir avec miséricorde envers les plus pauvres. » (n°252), mais, outre que les pauvres dont vous parlez doivent nécessairement être musulmans, ces éléments positifs de piété et de religiosité relèvent du seul désir naturel de bien que Dieu a mis dans le cœur de tout homme et que l’islam exploite pour masquer sa fin essentielle qui est d’éloigner les âmes du salut donné seulement en et par Jésus (Jn 14.6). Si donc les pratiques de l’islam peuvent servir de support à la religiosité humaine, il faut aussi considérer qu’elles enferment l’individu dans une pensée farouchement antichristique, qui le damne (Mc 16.16). Comme l’enseignait saint Paul : « Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas’, tout cela pour des choses vouées à périr par leur usage même ! Voilà bien des prescriptions et doctrines humaines ! Ces sortes de règles peuvent faire figure de sagesse par leur affectation de religiosité et d’humilité qui ne ménage pas le corps, en fait elles n’ont aucune valeur contre l’insolence de la chair. » (Col 2.21-23).

Très Saint-Père, en acceptant de jouer le rôle de faire valoir (Ga 1.4)[7] que l’islam attend de vous et de tous, pensez-vous vraiment aider les musulmans à prendre conscience qu’ils sont en train de se damner, ou bien pensez-vous qu’il soit indifférent pour leur salut d’être musulman ? En louant l’islam, ne craignez-vous pas de conforter les musulmans à rester musulmans et donc à se damner, mais encore, avez-vous pensé que vous détruisiez ainsi les défenses de ceux qui refusent de perdre leur salut éternel par l’accueil de l’islam (2 Co 6.14-18) et leur mise en esclavage par la charia ? En effet, si l’islam est pacifique, portant de bons fruits, il n’est donc pas un faux-prophète (Mt 7.18), et s’il n’est pas un faux-prophète il est un vrai prophète, et donc ce qu’il dit au sujet du christianisme est vrai : Jésus n’est pas mort et ressuscité, croire à la Trinité est une abomination, et il n’y a de salut que dans l’islam… Peut-on à la fois amasser avec le Christ et louer celui qui dissipe Son héritage (Mt 12.30) ?

« Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. » (Mt 7.15). Que peut-il arriver au troupeau dont le berger traite avec le loup comme avec un de ses agneaux ? Il semble qu’en cette affaire il vous revienne de marcher derrière le troupeau, et non pas devant, comme vous en évoquez la possibilité dans cette même exhortation apostolique (n°31), et de laisser les brebis trouver seules leur chemin… tant il est vrai que les vraies brebis du Seigneur ne suivent pas la voix d’un étranger, mais le fuient au contraire (Jn 10.5)…

Au moment de conclure, considérant votre désir d’offrir à l’Église de profondes réformes, permettez à l’humble prêtre que je suis, étudiant depuis plusieurs années l’islam, de vous suggérer de renouveler de fond en comble l’équipe de vos conseillers en matière d’islamologie et de dialogue christiano-musulman.

Très Saint-Père, renouvelant l’engagement de ma fidélité à la Chaire de saint Pierre, dans la foi en son infaillible magistère, laquelle n’est pas engagée en dehors de ce qui concerne la Foi catholique et la vie morale, ayant le désir de voir tous les catholiques ébranlés dans leur foi par votre enseignement au sujet de l’islam, faire de même, je prie Notre Dame des Victoires de vous obtenir la force dont saint Paul a fait preuve face aux faux-frères désireux de réduire les chrétiens en servitude. Il refusa de reconnaître la bonté de leur doctrine « fût-ce un moment, fût-ce par déférence, afin de sauvegarder pour vous la vérité de l’Évangile » (Ga 2.4-5).

Abbé Guy Pagès



[1] « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. » (Can. 212 § 3).

[2] Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48. « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais, jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul. » (Coran 60.4)

[3] La « subversion », en langage musulman, désigne tout ce qui n’est pas musulman.

[4] Nous pourrions citer encore tant d’autres déclarations du même genre, telle celle-ci de Mouammar Kadhafi, Président de la Lybie : « Sans épée, sans fusil, sans conquêtes, les 50 millions de musulmans en Europe la transformeront bientôt en continent musulman ! »(Le Figaro, 19/12/2006)

[5] Entretien télévisé avec Anne Sinclair le 16 mai 1993.

[6] Et aussi des musulmans.

[7] Pour le psychiatre P.-C. Racamier, le pervers narcissique se caractérise « par la capacité à se mettre à l’abri des conflits internes […] en se faisant valoir au détriment d’un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir » (Cortège conceptuel, Apsygée, 1993, p.52). Et de fait l’islam manipule le christianisme pour en faire si bien « un faire valoir » que Jésus serait le prophète de Mahomet (Coran 61.6) ! Cette haine du christianisme vient encore de s’exprimer par la demande de la Libye que l’Église Catholique quitte son territoire


abbé Schmidberger : « Evangelii gaudium », Dolor fidelium – « La joie de l’Evangile », la douleur des fidèles

Très bon résumer de l’exhortation apostolique du pape François. A lire et relire.

Source : La Porte Latine

Pour conclure l’année de la Foi, le Saint-Père, le pape François, a publié l’Exhortation apostolique Evangelii gaudium sur la prédication de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui. Par sa longueur – 289 points-, ce document demande au lecteur et au théologien un grand effort s’ils veulent l’étudier correctement. On aurait pu dire plus en moins de mots. Les lignes qui suivent vont tâcher d’en donner un premier résumé, certainement incomplet.

I.

L’occasion de ce document est le Synode des évêques qui s’est tenu du 7 au 28 octobre l’année dernière et qui était consacré au thème de la nouvelle évangélisation : « J’ai accepté avec plaisir l’invitation des Pères synodaux à rédiger la présente Exhortation. » (n° 16). En même temps, ce document a été présenté par le nouveau pontife comme une sorte de directoire. Ce double but et la prolixité du pape ont pour conséquence que ce document ne présente pas de structures claires. Il manque de précision, de rigueur et de clarté. Ainsi par exemple, un long passage est consacré à la situation économique du monde contemporain, et un peu plus loin est exposée l’importance de la prédication, jusqu’à donner les détails de sa préparation. A plusieurs reprises, on aborde la question de la décentralisation de l’Eglise ; et les questions oecuméniques et interreligieuses, elles, sont traitées en long et en large. De plus, ce document n’est pas exempt de contradictions : le pape va ainsi préciser qu’il ne s’agit pas d’une encyclique sociale, mais par la suite les conditions économiques sont traitées selon un modèle semblable à celui des encycliques des papes antérieurs.

Le pape François parle de l’Eglise comme si, jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait pas transmis l’Evangile ou l’avait fait de manière imparfaite. Il se désole d’une attitude nonchalante, léthargique et fermée. Cette réprimande constante nous touche désagréablement. On a l’impression que, jusqu’à présent, peu de choses ont été faites pour la transmission de la foi et de l’Evangile. Ses commentaires s’accompagnent toujours d’une référence à sa propre personne. Le pronom personnel je n’apparaît pas moins de 184 fois dans le document, et on ne compte pas les «mon »et les « moi ». La parole de Dieu dans l’Apocalypse s’impose quasi-automatiquement à notre esprit : « Ecce nova facio omnia: voici que je Jais toutes choses nouvelles ». (Apoc. 21, 5)

Le document contient sans doute nombre de considérations positives, qui ne peuvent être passées sous silence. Donnons-en quelques-unes au fil du texte :

Au n° 7, il est di : « La soàété technique a pu multiplier les occasions de plaisir, mais elle a bien du mal à secréter la joie ». Quelle justesse dans cette constatation !

Au n° 22, on lit: « La parole a en soi un potentiel que nous ne pouvons pas prévoir. L’Evangile parle d’un semence qui, une fois semée, croît d’elle-même, y compris quand l’agriculteur dort » (cf. Mc 4, 26-29). L’action de la grâce dépasse effectivement tout calcul humain.

Au n° 25, il est rappelé que « ce n’est pas d’une simple administration que nous avons besoin ! ». Si les évêques et les prêtres prenaient ce mot à coeur et tournaient le dos aux commissions, aux comités, aux forums, au vaste bureaucratisme pour agir en vrais théologiens et pasteurs !

Un très beau paragraphe nous est donné au n° 37, avec une longue citation de la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin. Nous ne pouvons pas nous empêcher de citer ce point en entier : « Saint Thomas d’Aquin enseignait que même dans le message moral de l’Eglise il y a une hiérarchie, dans les vertus et dans les actes qui en procèdent. (S. Th. I-II, q. 66, a. 4-6) Ià, ce qui compte c’est avant tout « la foi opérant par la charité » (Ga. 5, 6). Les oeuvres d’amour envers le prochhain sont la manifestation extérieure la plus parfaite de la grâce intérieure de l’Esprit: ‘L’élément principal de la loi nouvelle, c’est la grâce de l’Esprit Saint, grâce qui s’exprime dans la foi agissant par la charité ». (S. Th. I-II, q. 108, a. 1) Par là il affirme que, quant à l’agir extérieur, la miséricorde est la plus grande de toutes les vertus :  »En elle-même la miséricorde est la plus grande des vertus, car il lui appartient de donner aux autres, et, qui plus est, de soulager leur indigence ; ce qui est éminemment le fait d’un être supérieur. Ainsi se montrer miséricordieux est-il regardé comme le propre de Dieu, et c’est par là surtout que se manifeste sa toute-puissance »;;, (S. Th. II-II, q. 30, a. 4.; cf. ibid. q. 40, a.4, ad 1.)

Au n° 42, le pape insiste sur le fait que la prédication doit avant tout toucher les coeurs : « C’est pourquoi il faut rappeler que tout enseignement de la doctrine doit se situer dans l’attitude évangélisatrice qui éveille; l’adhésion du coeur avet la proximité, l’amour et le témoignage ».

Du n° 52 au n° 76, il traite des aspects économiques et met en évidence des points intéressants. Le capitalisme effréné qui n’est que « le résultat d’une réaction humaine devant la sodété de consommation,matérialiste, individualiste » (n° 63) est cloué au pilori. « L’individualisme post-moderne et mondialisé favorise un style de vie qui affaiblit le développement et la stabilité des liens entre les personnes, et qui dénature les liens familiaux ».(n°67). Et le pape de conclure au n° 69 qu’il est impératif « d’évangéliser les cultures pour inculturer l’Evangile », c’est-à-dire que l’Evangile doit être enraciné dans la société et dans la vie des peuples. Mais pourquoi ne parle-t-il pas ici, comme ses prédécesseurs l’avaient fait avant le concile Vatican II, de l’Etat catholique et de la société chrétienne, qui étaient présentés comme des fruits de la foi catholique, et aussi, par une conséquence logique, comme une protection pour cette foi? Peut-être aurait-on pu espérer qu’avec ces doléances légitimes sur l’économie actuelle, on se référât à Quadragesimo anno du pape Pie XI, pour montrer les principes conduisant à des; conditions économiques justes ?

Le n° 66 aborde le thème de la famille, mais il omet de rappeler que le mariage est l’union indissoluble d’un homme et d’une femme, à l’heure où la mode actuelle des unions libres et la revendication de la communion pour les divorcés-remariés l’auraient exigé. En outre, on aurait pu s’attendre à ce qu’une attention plus grande soit portée à la famille chrétienne dans le document papal, puisque c’est par elle que la première transmission de l’Evangile se fait, de génération en génération.

Dans les n° 78 et 79, le pape décrit lucidement la vie spirituelle des années postconciliaires :« Aujourd’hui, on peut rencontrer chez beaucoup d’agents pastoraux, y compris des personnes consacrées, une préoccupation exagérée pour les espaces personnels d’autonomie et de détente, qui les conduit à vivre leurs tâches comme un simple appendice de la vie, comme si elles ne faisaient pas partie de leur identité. (. .. ) Ainsi, on peut trouver chez beaucoup d’agents de l’évangélisation, bien qu’ils prient, une accentuation de l’individualisme, une crise d’identité et une baisse de ferveur. Ce sont trois maux qui se nourrissent l’un l’autre. La culture médiatique et quelques milieux intelleduels transmettent parfois une défiance marquée par rapport au message de l’Eglise, et un certain désenchantement. Comme conséquence, beaucoup d’agents pastoraux, même s’ils prient, développent une sorte de complexe d’infériorité, qui les conduit à relativiser ou à occulter leur identité chrétienne et leurs convictions ;;, Comme les serviteurs de l’Eglise devraient prendre les armes de l’Esprit et croire à l’efficacité et la fécondité de tous les moyens que le Christ a mis dans les mains de son Eglise: la prière, la prédication intégrale de la foi, l’administration des sacrements, la célébration du saint Sacrifice de la Messe, l’adoration du Saint-Sacrement de l’autel ! Au lieu de cela, ils succombent au « sens de l »échec, qui … (les) transforme en pessimistes mécontents et déçus au visage assombri. Personne ne peut engager une bataille si auparavant il n’espère pas pleinement la victoire. Celui qui commence sans confiance a perdu d’avance la moitié de la bataille et enfouit ses talents. Meme si c’est avec une douloureuse prise de conscience de ses propres limites, il faut avancer sans se tenir pour battu, et se rappeler ce qu’a dit le Seigneur à saint Paul:  »Ma grâce te suffit: car la puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Co.12, 9). Le triomphe chrétien est toujours une croix, mais une oroix qui en même temps est un étendard de victoire, qu’on porte avec une tendresse combative contre les assauts du mal ».(n°85)

Le n° 104 revêt une importance particulière puisqu’il réaffirme que le sacerdoce, comme signe du Christ-Epoux, est réservé aux hommes : « Le sacerdoce réservé aux hommes, comme signe du Christ Epoux qui se livre dans I’Eucharistie, est une question qui ne se discute pas ».

Au n° 112, la gratuité de la grâce et de l’oeuvre de la Rédemption est mise en évidence: « Le salut que Dieu nous offre est oeuvre de sa miséricorde. Il n y a pas d’action humaine, aussi bonne soit-elle, qui nous fasse mériter un si grand don. Dieu, par pure grâce, nous attire pour nous unir à lui ». Au point suivant, on nrappelle de manière tout à fait juste que le salut n’est pas une affaire individuelle: «Personne ne se
sauve tout seul, c’est-à-dire, ni comme individu isolé ni par ses propres forces ». (n°113) L’homme se sauve donc dans l’Eglise et par l’Eglise, ou il ne se sauve pas.

Au n° 134, l’importance des universités et des écoles catholiques pour la prédication de la foi et de l’Evangile est soulignée. On peut toutefois regretter le peu de lignes consacrées à ces oeuvres.

Le n° 214 s’oppose au meurtre de l’enfant à naître, vivant encore dans le sein de sa mère. Malheureusement le pape ne se réfère aucunement à l’injustice commise contre Dieu, et ainsi, donc ni à l’ordre naturel ni aux commandements, mais seulement à la valeur de la personne humaine.

Dans le n° 235, sont énumérés des principes sains pour lutter contre l’individualisme: «Le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci ». Tout le paragraphe est mis sous le titre: «Le tout est supérieur à la partie ». Développer le thème du bien commun aurait certainement pu faire beaucoup de bien à cet endroit.

Malheureusement, cela manque. L’enthousiasme missionnaire et l’activité apostolique sont superbement décrits au n° 267: «Unis
à Jésus, cherchons ce qu’il cherche, aimons ce qu’il aime. Au final, .c’est la gloire du Père que nous cherchons, nous vivons et agissons « à la louange de sa grâce » (Eph. 1, 6). Si nous voulons nous donner à fond et avec constance, nous devons aller bien au-delà de toute autre motivation. C’est le motif définitif, le plus profond, le plus grand, la raison et le sens ultime de tout le reste. C’est la gloire du Père que Jésus a cerchée durant toute son existence.

II.

Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu, nous dit le principe classique de morale. Le bien provient d’une intégrité, mais en revanche si une partie essentielle d’une chose est mauvaise, l’ensemble est mauvais. Les belles parties du document papal, qui nous ont réjouis, ne peuvent nous empêcher de constater la ferme volonté de réaliser le concile Vatican II, non seulement selon la lettre, mais aussi selon l’esprit. La trilogie Liberté religieuse Collégialité oecuménisme, qui, selon les paroles de Mgr Lefebvre, correspond à la devise de la Révolution française : Liberté Egalité Fraternité, est développée de manière systématique.

1. Tout d’abord, aux n° 94 et 95, les fidèles attachés à la Tradition sont réprimandés et même accusés de néo-pélagianisme : « C’est une présumée sécurité doctrinale ou disciplinaire qui donne lieu à un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d’évangéliser, on analyse et clessifie les autres, et, au lieu de faciliter l »aacès à la grâce, les énergies s’usent dans le contrrôle … Ni Jésus-Christ ni les autres n’intéressent vraiment … Dans certaines d’entre elles, on note un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Eglise, mais sans que la réelle insertion de l’Evangile dans le peuple de Dieu et dans les besoins comrets de l’histoire ne les préoccupe ». Comment le pape peut-il croire cela ? N’est-ce pas justement le dynamisme des fidèles catholiques enracinés dans la foi qui démontre le contraire ? Pour ne pas parler de notre Fraternité, n’y a-t-il pas les Franciscains de l’Immaculée, une jeune congrégation missionnaire florissante, qui maintenant se trouve gravement mutilée, sinon détruite par l’intervention brutale du Vatican ? Le document ajoute par la suite : «De cette façon, la vie de l’Eglise se transforme en une pièce de musée ou devient la propriété d’un petit nombre ».

Comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, les écoles catholiques, instruments importants de rechristianisation, bénéficient d’une simple mention, en une seule phrase. Ces établissements sont précisément pour nous un moyen de transmettre l’Evangile. Dans notre Fraternité, nous avons la joie de voir chaque année de nouvelles écoles ouvrir leurs portes.

2. Le sens de la réalité fait véritablement défaut dans ce document ; ce qui donne l’illusion que la vérité vaincra par elle-même l’erreur. Cette perspective s’appuie sur la parabole du bon grain et de l’ivraie dans le n° 225: « Il montre comment l’ennemi peut occuper l’espace du Rqoaume et endommager avec l’ivraie, mais il est vaincu par la bonté du grain qui se manifeste en son temps ». Une telle interprétation est un contresens sur la parabole et une falsification de l’Evangile.

Le manque de réalisme est visible aussi au n° 44, où les prêtres sont exhortés à ne pas faire du confessionnal « une salle de torture « . Même si au cours de l’histoire de l’Eglise, de tels excès ont effectivement existé ici ou là, où est-ce encore le cas aujourd’hui ? N’aurait-il pas été mieux d’ajouter un chapitre sur la confession, sous ses aspects de libération du péché, de délivrance de la culpabilité et de réconciliation avec Dieu, comme point culminant de la nouvelle évangélisation et du renouveau intérieur des âmes ?

Cette naïveté, qui est plus encore une contestation du péché originel, ou au moins de ses conséquences dans les âmes et la société, se manifeste aussi au n° 84 où est cité le discours d’ouverture du concile Vatican II, discours empli d’illusions du pape Jean XXIII: « Il nous semble nécessaire de dire notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur qui annoncent tooujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin … Dans la situation actuelle de la sodété, ils ne voient que ruine et calamité » . Malheureusement les années postconciliaires ont donné raison aux « prophètes de malheur ».

3. Extrêmement étrange est l’observation faite au n° 129, à savoir qu’il ne faut pas croire que  » l’annonoe évangélique doit se transmettre toujours par des formules déterminées et figées, ou avec des paroles précises qui expriment un contenu absolument invariable « , Cela nous rappelle inévitablement la doctrine de l’évolution des dogmes, telle que les modernistes la défendent et telle qu’elle a été expressément condamnée par le pape saint Pie X, dans le serment antimoderniste.

Cette attitude évolutionniste se montre aussi au sujet de l’Eglise et de ses structures. La première partie du chapitre 1 du document porte comme titre La transformation missionnaire de l’Eglise. Et le concile Vatican II est présenté comme le garant de l’ouverture de l’Eglise à une réforme permanente, parce qu’ « il y a des strudures eccésiales qui peuvent arriver à entraver un dynamisme évangélisateur ». (26)

4. Le n° 255 parle de la liberté religieuse comme un droit fondamental de l’homme. Le pape cite ici Benoît XVI, son prédécesseur sur la Chaire de Pierre avec ces paroles : « Elle (la liberté religieuse) comprend « la liberté de choisir la religion que l’on estime vraie et de manifester publiquement sa propre croyance. »» Une telle déclaration est directement opposée à la 15e proposition du Syllabus du pape Pie IX, où est condamnée cette affirmation : « Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura été amené à regarder comme vraie par les seules lumières de la raison « . La suite de ce n° 255 contredit la doctrine des papes depuis la Révolution française jusqu’à Pie XII inclus. Le pape y parle d’un« sain pluralisme». Un tel pluralisme est-il compatible avec la connaissance que le Verbe, deuxième Personne du seul vrai Dieu trinitaire, est venu dans le monde pour le racheter, qu’Il est la source de toutes les grâces, et qu’en Lui seul se trouve le salut?

Le document condamne aussi le prosélytisme. Ce terme est devenu ambigu, de nos jours. Si on le ,comprend comme recrutement pour la vraie religion avec des moyens impropres, il est certainement à rejeter. Mais pour la plupart de nos contemporains, non seulement toute activité missionnaire, mais aussi n’importe quelle sorte de recrutement ou d’argumentaire en faveur de la vraie religion est considérée comme étant déjà du prosélytisme.

5. Le concept de collégialité développé par le pape sera encore beaucoup plus funeste pour l’avenir de l’Eglise. En fait, il faudrait lire le n° 32 au complet: « Du moment que je suis appelé à vivre ce que je demande aux autres, je dois aussi penser à une conversion (« nouvelle orientation », dans la version allemande de l’exhortation. NdT) de la papauté)). Le souverain pontife cite alors l’encyclique Ut unum sint, du pape Jean-Paul II, où celui-ci demande de l’aide pour trouver « une forme d’exercice de la primauté ouverte à une situation nouvelle mais sans renoncement aucun à l’essentiel de sa mission ». Et le pape François de conclure:« Nous avons peu avancé en ce sens;;. Est-il donc décidé à faire des progrès aussi sur ce point ? Mais quelle est sa vision ? Il le dit clairement: « Mais ce souhait ne s’est pas pleinement réalisé, parce que n’a pas encore été suffisamment exploité un statut des conférences épiscopales, qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique ». Selon ,notre modeste opinion, une conférence épiscopale ne peut jamais être le sujet d’une autorité doctrinale authentique puisqu’elle n’est pas d’institution divine, mais seulement une institution, ;pleinement humaine, de type organisationnel. La papauté en soi est d’institution divine, de même: chaque évêque par lui-même, ainsi que tous les évêques dispersés dans le monde en union avec Pierre, mais pas la conférence épiscopale. Si l’on continue sur ce chemin fatal, l’Eglise va très rapidement se désagréger en Eglises nationales.

Nous lisons au n ° 16 : « Je ne crois pas non plus qu’on doive attendre du magistère papal une parole définitive ou complète sur toutes les questions qui concernent l’Eglise et le monde ». Naturellement nous ne pouvons pas attendre que l’Eglise prenne position sur toutes les questions, mais les papes du passé ont toujours donné les principes d’action pour la conduite tant des individus que de la société, et c’est ce que nous devrions espérer aussi aujourd’hui de l’enseignement papal. Le Christ a institué Pierre afin qu’il paisse le troupeau.

6. Nous en arrivons finalement à l’oecuménisme, au dialogue oecuménique et interreligieux. Le n° 246 parle de la hiérarchie des vérités. Ce terme ambigu a été déjà utilisé par le concile Vatican II dans son décret sur l’oecuménisme Unitatis redintegratio, au n° 11. Par la suite, on a tenté de mettre de côté la vérité catholique et de dissimuler ce qui pourrait être une pierre d’achoppement pour nos« frères séparés». En 1982, la Congrégation de la Foi est intervenue et a déclaré que le terme de hiérarchie des vérités ne veut pas dire qu’une vérité est moins importante qu’une autre, mais qu’il existe des vérités desquelles découlent d’autres vérités partielles. Nous ne pouvons qu’être reconnaissants de cette clarification. La foi catholique, vertu théologale, réclame l’acceptation de la Révélation intégrale, en raison de Dieu qui se révèle. Cette clarification donne, en outre, un exemple de la manière avec laquelle on pourrait rectifier les ambiguïtés des textes du concile
Vatican II, à l’exception des points franchement erronés. La fin de ce même n° 246, nous invite, nous catholiques, à apprendre des orthodoxes la signification de la collégialité épiscopale et de l’expérience de la synodalité.

Nous lisons au n° 247 que l’alliance du peuple juif avec Dieu n’a jamais été supprimée. Cette alliance n’était-elle pas instituée par Dieu afin de préparer son Incarnation salvifique en la personne de Jésus-Christ? N’était-elle pas une ombre et un modèle qui devaient faire place à la réalité: umbram fugat veritas? N’est-ce pas la nouvelle et éternelle Alliance conclue dans le saint Sacrifice du Christ sur le Calvaire, qui a remplacé l’ancienne ? Le voile du temple ne s’est-il pas fendu de haut en bas au moment du sacrifice du Golgotha ? Si, selon la déclaration de saint Paul, au chapitre XI de l’épître aux Romains, une grande partie ou même la totalité des Juifs se convertiront à la fm des temps, ce n’est que par la reconnaissance du Christ, seul sauveur de tous et de chacun des individus, et par l’intégration dans l’Eglise qui se compose de païens et de Juifs convertis. Il n’y a pas de chemin de salut séparé pour les Juifs, en dehors du Christ. Par ailleurs, l’Eglise a déjà depuis longtemps assimilé les valeurs du judaïsme de l’Ancien Testament. Pensons spécialement à la prière des psaumes et aux livres de l’Ancien Testament. Nous ne pouvons plus parler d’une <<riche complémentarité;; avec le judaïsme contemporain.

Les n° 250 à 253 sont consacrés à l’Islam et on y lit que le dialogue interreligieux « est une condition nécessaire pour la paix dans le monde ». Le n° 252, dans la ligne du n° 16 de Lumen Gentiumdu concile Vatican II, prétend que les musulmans «professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique ». Mais les musulmans ne rejettent-ils pas expressément le mystère de la Sainte Trinité, et ne nous reprochent-ils pas pour cela d’être polythéistes ? Le pape dit en plus qu’ils ont une profonde vénération pour Jésus-Christ et Marie, utilisant les paroles de Nostra aetate(n° 3). Mais vénèrent-ils vraiment le Christ comme le Fils de Dieu, égal à lui dans son essence? Cela semble presque être un détail sans importance (dans le document romain. NdT).

Au point suivant, le pape arrive à des conclusions concrètes : «Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affetion et respect les immigrés de l’slam qui arrivent dans nos pays, de la même manière que nous espérons et nous demandons d’être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique ». Ce numéro se termine par la fausse affirmation scandaleuse : « Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence »;. Le Saint-Père n’a-t-il jamais lu le Coran?

Au n° 254, on aborde le sujet des non-chrétiens en général, et le fait que leurs signes et rites « peuvent être la voie que l’Esprit lui-même suscite pour libérer les non-chrétiens de l’immanentisme athée ou d’expériences religieuses purement individuelles ». Cela ne veut-il pas dire que l’Esprit-Saint oeuvre dans toutes les religions non-chrétiennes et qu’elles sont toutes des chemins de salut? La foi de l’Islam en un seul Dieu est certainement – si on parle de manière abstraite – supérieure au polythéisme des païens. Cependant pédagogiquement et psychologiquement, il est beaucoup plus facile de convertir un païen que de convertir un musulman, car celui-ci est intégré dans un système
socioreligieux : sortir de ce système met en danger sa vie. Mais les religions non-chrétiennes ne sont nullement des chemins neutres de vénération de Dieu, car elles sont trop souvent mêlées à des éléments démoniaques qui empêchent l’homme de parvenir à la grâce du Christ, de se faire baptiser et ainsi de sauver son âme.

Rien n’a causé plus de dommage à la protection et à la transmission de la foi dans les cinquante dernières années que cet oecuménisme débordant qui n’est rien d’autre que « la dictature du relativisme » religieux (cardinal Ratzinger). Ce mal a fait disparaître la définition de l’Eglise comme Corps mystique du Christ, seule épouse de l’Agneau sacrifié et unique chemin de salut. C’est justement cet oecuménisme qui a transformé l’Eglise missionnaire en une communauté « dialoguisante »oecuménique parmi d’autres communautés religieuses.

Appeler dans le cadre de cet oecuménisme l’Eglise à la joie de l’Evangile et vouloir la transformer en une Eglise missionnaire, n’est pas peu tragico-comique. Comment peut-elle penser et agir de manière missionnaire, quand elle ne croit pas à sa propre identité et à sa mission ?

Conclusion

Quoique l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium puisse contenir des aspects justes, comme dans la semence dispersée, elle n’est dans l’ensemble rien d’autre qu’un développement consécutif au concile Vatican II, dans ses conclusions les plus inacceptables. Nous ne voyons pas en ce dernier « des voies pour la marche de l’Eglise pour les prochaines années » (n°1), mais plutôt un autre pas funeste pour le déclin de l’Eglise, la décomposition de sa doctrine, la dissolution de ses structures, et même pour l’extinction de son esprit missionnaire qui est pourtant évoqué à maintes reprises (dans l’exhortation). Ainsi Evangelii gaudium devient Dolor fidelium, un chagrin et une douleur pour les fidèles.

Les catholiques attachés à la Tradition de l’Eglise se doivent de suivre la devise du pontificat de saint Pie X: Instaurare omnia in Christo, tout renouveler dans le Christ. C’est ce que nous voyons comme le seul chemin, la seule voie « pour la marche de l’Eglise pour les prochaines années » (n°1). Aussi réfugions-nous par le chapelet quotidien auprès de Celle qui a vaincu toutes les hérésies dans le monde.

Abbé Franz Schmidberger

Directeur du Séminaire Herz Jesu de Zaitzkofen (Allemagne)


Le sans culotte Volpi poursuit son oeuvre de destruction des Franciscains de l’Immaculée

Situation très bien résumée par le salon beige qui montre la méchanceté de la folie progressiste. De quoi nous dissuader un peu plus de nous mettre sous la domination de ce genre de fou furieux… 

Le Père Fidenzio Volpi, Commissaire des Franciscains de l’Immaculée, crée des remous au sein de cet ordre florissant.

Après le décret le nommant Commissaire, le 11 juillet dernier,

  • le Père Volpi a interdit la célébration de la Messe et de la Liturgie des Heures selon la forme extraordinaire du Rite romain, pourtant prévue par le Motu proprio Summorum pontificum.
  • Il a déposé l’ensemble du gouvernement général de l’ordre, à commencer par le fondateur, le Père Stefano Maria Manelli, qui se trouve assigné à résidence sans en connaître les raisons.
  • Il a destitué et transféré l’un après l’autre les plus fidèles collaborateurs du Père Manelli, toutes personnalités de haut niveau intellectuel et moral, attribuant leurs charges à des religieux  dépourvus d’expérience de gouvernement.
  • Il a puni les religieux qui avaient adressé une pétition au Saint-Siège et refusaient de la retirer
  • Enfin, le 8 décembre 2013, il a fermé le Séminaire, suspendu les ordinations sacerdotales et diaconales et frappé d’interdit les publications de la maison d’édition Casa Mariana, interdisant de les diffuser dans les églises et sanctuaires confiés aux religieux.
  • Il a suspendu toutes les activités des tertiaires et laïcs qui soutiennent l’Institut : MIM (Mission Immaculée Médiatrice) et TOFI (Tiers Ordre franciscain de l’Immaculée).
  • Il a également menacé de faire nommer un Commissaire pour l’Institut des religieuses franciscaines de l’Immaculée et leur a retiré, ainsi qu’aux Clarisses de l’Immaculée, l’assistance spirituelle des religieux.
  • Il prétend imposer à tous les religieux un “serment” de fidélité au Novus Ordo Missae et au Concile Vatican II.

Le Père Volpi accuse ceux qui le critiquent d’être contre le Pape… Ces mesures exceptionnelles, qui ne semblent pas être justifiées par des actes, semblent du jamais vu dans l’histoire de l’Eglise (il y a bien eu l’interdition des Jésuites au XVIIIe, interdiction qui aura duré 40 ans). Ce drame est abondamment commenté par les chrétiens en Italie, dans les paroisses, mais y compris au sein de la Curie, car la sévérité des mesures prises demeure incompréhensible. Le vaticaniste Marco Tosatti a demandé :

« Qu’auront donc fait ses pauvres religieux ? Spéculation, abus de mineurs, vie immorale ? Rien de tout cela ».


Nouvelle attaque contre les Franciscains de l’Immaculée soupçonnés d’être « crypto-lefebvristes »

Source : La Porte Latine

Rome. Le visiteur apostolique, le père capucin Fidenzio Volpi OFM Cap, de la Congrégation des Religieux, détenteur selon le vœu du pape François,de l’autorité au sein de la Congrégation avec les pleins pouvoir à la tête de l’ordre des Franciscains de l’Immaculée, a donné pour la première fois la vraie raison de l’intervention radicale intervenue dans la vie de l’ordre.

Le vaticaniste progressiste Mario Tosatti a publié il y a quelques jours dans le journal La Stampa une lettre provenant d’un membre du Tiers-Ordre des Franciscains de l’Immaculée, dans laquelle l’approche radicale du Visiteur était critiquée. Les interventions ont touché non seulement la branche religieuse masculine, mais également le Tiers-Ordre qui a été complètement paralysé par le Père Volpi.

Le Visiteur a confirmé pour la première fois ce que les observateurs imaginaient dès le départ

Le visiteur apostolique a répondu par une lettre à la publication de Tosatti. Il y explique pour la première fois la vraie raison des actions du Vatican contre l’ordre et contre ses fondateurs. Les Franciscains de l’Immaculée Conception sont accusés d’avoir « sombré » dans une dérive « crypto-lefebvristes, de toute façon traditionaliste ». Même Tosatti relève dans la longue lettre que, au-delà de quelques problèmes mineurs, le « vrai problème » est là.

Le Visiteur a ainsi confirmé ce qui était déjà clair aux yeux des observateurs lors de l’interdiction du rite traditionnel et du décret prononcé par la Congrégation des Religieux. Les mesures sévères sont portés contre la redécouverte du rite traditionnel et contre la défense de la Tradition de l’Église. Le Père Visiteur Volpi n’établit aucune distinction entre « Lefebvristes » et « Traditionalistes » et pas davantage entre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, non reconnue canoniquement, et les communautés reconnues Ecclesia Dei. De toute évidence, un attachement à la Tradition est un « problème » aux yeux du Visiteur. Un tel objectif non seulement déplaît au capucin, mais doit même être combattu. Il paraît certain que c’est cette aversion qui l’a qualifié pour devenir le visiteur apostolique.

Les « prédictions » du Professeur de Mattei sont avérées

Déjà, au mois d’août, le célèbre historien Roberto de Mattei écrivait :

« Au cours des prochains jours et des prochaines semaines, nous connaîtrons mieux le plan du commissaire, le Père Fidenzio Volpi, dont il est cependant déjà possible de pressentir les grandes lignes : isoler le fondateur, le Père Manelli ; décapiter le conseil qui lui est fidèle ; transférer en périphérie les religieux “traditionnels” et attribuer le gouvernement central de l’Institut aux dissidents ; confier les maisons de formation à des Pères non suspects de sympathies “traditionalistes” ; stériliser les publications des Franciscains abordant des thèmes “controversés”, en particulier éviter le “maximalisme” mariologique, l’excessive “rigidité” dans le domaine moral et surtout toute critique, même respectueuse, à l’égard du concile Vatican II ; ouvrir l’Institut au “dialogue œcuménique” avec les autres religions ; limiter la célébration du Vetus Ordo à des situations exceptionnelles ; dénaturer en somme l’identité des Franciscains de l’Immaculée, qui est quelque chose de bien pire que de les supprimer. »

La réponse publique du Père Mario Volpi à Tosatti a confirmé noir sur blanc les craintes immédiatement exprimées par de Mattei et par d’autres. Cela révèle également que la Congrégation a changé sous le cardinal préfet Joao Braz de Aviz et apparemment sous le pape François, afin de briser cet ordre renaissant d’hommes pieux, un ordre qui, il y a quelques mois, était proche du pape Benoît XVI.

[…]

Le visiteur Volpi veut également mettre la main sur les Sœurs Franciscaines de l’Immaculée Conception.

Le visiteur aimerait s’occuper également de la branche féminine, celle des Sœurs franciscaines de l’Immaculée Conception, même si le décret n’aborde pas ce sujet. Le Père Volpi accuse les Sœurs franciscaines de l’Immaculée d’être traditionnelles et même d’être plus indisciplinées que la branche masculine.

Pour parvenir à cette conclusion, le visiteur apostolique s’est fondé sur le fait que les couvents féminins ont immédiatement exprimé le désir de garder l’ancien rite.

La branche féminine de l’ordre a insisté sur son indépendance depuis l’annonce du décret s’abattant contre la branche masculine.

En octobre dernier, le Père Volpi a même accusé la CDF, et même le cardinal préfet Braz de Aviz, ne pas assez insister contre les Sœurs franciscaines de l’Immaculée en raison de la non-extension de sa mission.

Sources : The Eponymous Flower/Tradinews/LPL


Abbé Régis de Cacqueray : saint Paul face à saint Pierre ou tel Mgr Lefebvre devant Paul VI

Source : La Porte Latine

Voilà déjà 25 années qui se sont écoulées depuis les consécrations épiscopales du 30 juin 1988 ! Ce quart de siècle nous donne un premier recul pour mieux apprécier le bien-fondé de la décision que prit alors le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Marcel Lefebvre.

Force est de constater que les catholiques du monde entier, au cours de cette assez longue période, n’ont vu émerger aucune autre figure marquante de grand évêque catholique. L’affaiblissement et le dévoiement de la doctrine ont clairement provoqué celui des caractères et des personnalités. Hormis Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, quel autre évêque de ces dernières décades restera de cette période de l’histoire de l’Église ?

S’il ne faut pas oublier de saluer, en 1995, le courageux retour à la Tradition de Mgr Salvador Lazo, cet évêque philippin à la retraite reste désespérément l’unique exception de ce quart de siècle. Pourtant, les décombres universels montraient partout, à l’évidence, les fruits empoisonnés de l’aggiornamento…

Certes, aujourd’hui comme il y a 25 ans, on parle facilement d’évêques ou de cardinaux « conservateurs ». Mais, que signifie exactement ce terme ? Il veut traduire, en général, une certaine fermeté dans le domaine moral, une opposition aux excès que suscite la messe de Paul VI, voire une sensibilité en faveur de la messe de saint Pie V. Mais il ne désigne jamais une opposition réelle et publique aux innovations du Concile. Peut-on citer le nom d’un seul prélat étiqueté comme « conservateur » à avoir publiquement protesté contre ces innombrables scandales oecuméniques ou interreligieux qui ne cessent de se produire à Rome ?

Il est vrai que certains s’en sont émus en leur for intérieur et ont émis quelques réserves discrètes autour d’eux. L’un ou l’autre a écrit au pape une lettre privée pour faire part de ses doléances et s’est même risqué à préfacer un livre pour critiquer une déviance sans doute favorisée par le concile. Mais aucun, en 25 ans, ne s’est réellement levé, tel saint Paul face à saint Pierre ou tel Mgr Lefebvre devant Paul VI. Or, c’est pourtant cette incroyable promotion de l’égalitarisme des religions qui porte la principale responsabilité de la perte de la foi et de l’affaiblissement du catholicisme.

S’il n’y avait donc eu la Fraternité Saint-Pie X et ses évêques consacrés par Mgr Lefebvre pour contester publiquement les discours et les actes des papes conciliaires qui se sont succédé sur le trône de Pierre depuis 25 ans – discours et actes véritablement ruineux pour les âmes –, la confession de la foi catholique, dont le pendant nécessaire est la dénonciation des erreurs opposées à la foi, n’aurait plus été assurée. Le relativisme religieux convoyé par le Concile aurait partout triomphé sans qu’aucune voix discordante ne se fasse entendre, à l’exception de celle de quelques prêtres qui auraient eux-mêmes été condamnés à bientôt disparaître, sans aucun espoir de relève.

Ce sont donc les consécrations épiscopales de 1988 et elles seules qui ont permis non seulement la survie de la foi dans les bastions traditionnels mais aussi et surtout le maintien de la protestation énergique contre le dialogue et la fraternisation de toutes les religions appelées à façonner une union factice en faveur de la paix dans le monde sous la présidence de la Rome conciliaire.

Nous allons maintenant entrer dans le deuxième quart de siècle qui suivra les consécrations épiscopales de 1988. Bien sûr, nous espérons de tout notre coeur que le retour des évêques et des papes à la Tradition se produira au cours de cette nouvelle période et nous supplions le Ciel qu’il en soit ainsi.

Mais qui sait de quoi sera fait l’avenir ? Combien de temps durera encore cette crise ? L’affadissement du catholicisme et la crise qu’il traverse ne suffisent pas pour détourner de lui les haines qu’on lui porte. Il est possible que ce soit, dans les années à venir, cet antichristianisme, chaque année plus violent, qui sera notre providence, parce qu’il contraindra les catholiques qui ont quand même gardé la foi à abandonner les utopies conciliaires pour avoir la force d’âme de rester catholiques.

En ce qui nous concerne, nous devons demeurer fermement attachés à la foi catholique, nous efforcer de la transmettre à la génération qui nous suit et demander la grâce d’être trouvés fidèles à l’heure de notre mort. « J’ai transmis ce que j’ai reçu » ; telle est la simple parole qui se trouve inscrite sur le tombeau de notre cher fondateur.

Nous ne voulons pas faire autre chose que lui et nous en demandons humblement la grâce au bon Dieu.

Abbé Régis de Cacqueray †, Supérieur du District de France


Réponse à M. l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP

Monsieur l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP, a donné une interview à la Nef. Il y affirme notamment ceci :

« Mgr Marcel Lefebvre a transmis à nos fondateurs une formation solide dans un contexte de crise de l’Église qui brouillait les repères et conduisait les catholiques à une grande perplexité. Mgr Lefebvre a voulu transmettre ce qu’il avait reçu, nos fondateurs lui doivent énormément ; mais il y avait une contradiction en 1988 à vouloir défendre la Tradition de l’Église en sacrant quatre évêques contre la volonté du pape. Cela contredisait la Tradition elle-même. »

Il convient tout d’abord de rappeler quelques faits à monsieur l’abbé Ribeton : les sanctions contre Mgr Lefebvre et la FSSPX ne commencent pas en 1988, mais bien avant. Ne se souvient-il pas que la suspens a divinis date de 1976 pour avoir ordonné des prêtres contre l’accord de Rome ? Pourtant, dans l’argumentation de monsieur l’abbé Ribeton, cela va aussi contre la Tradition.

Comment se fait-t-il que de 1976 à 1988 les prêtres fondateurs de la FSSP acceptent de subir les sanctions, en allant contre la volonté du pape, et que soudainement en 1988, ils découvriraient que s’opposer au pape devient anti-traditionnel ? Certes la consécration sans mandat entraîne l’excommunication latae sententiae, n’est-ce pas plutôt la gravité de la sanction qui fit reculer à cette époque les fondateurs de la FSSP ?

Le point central d’une telle affirmation reste toujours la notion que l’on met derrière les mots et que la révolution conciliaire a elle aussi perverti. Le mot Tradition est utilisé ici un peu comme un slogan. La question est bien : est-ce que les sacres de 1988 ont contrevenu à la Tradition ?

Un petit retour en arrière aiderait à résoudre la question sans se lancer dans de grandes explications théologiques. Si Mgr Lefebvre n’avait pas procédé aux sacres épiscopaux en 1988, qui aurait ordonné les prêtres célébrant le selon le rite traditionnel ? Resterait-il encore un seul séminaire enseignant la scolastique et formant les prêtres au sacerdoce de toujours ? En somme, la Foi catholique serait-elle encore transmise ?

Mgr Lefebvre a sauvé tout cela, il a en quelque sorte sauvé la Tradition à laquelle l’abbé Ribeton tente de l’opposer, car Paul VI n’a eu de cesse comme Jean-Paul II et l’ensemble des évêques notamment français de vouloir fermer Ecône, aucun évêque avant 1988 et le motu proprio Ecclesia Dei  n’acceptaient de célébrer dans le rite traditionnel. Aujourd’hui, sans les sacres, il ne resterait que des individualités de vieux prêtres résistant ici ou là, le reste étant noyé dans le magma conciliaire avec des nuances diverses de conservatisme.

Loin de s’opposer à la Tradition, Mgr Lefebvre l’a sauvé. Et si la Fraternité Saint-Pierre peut aujourd’hui exercer son apostolat dans des formes et des aspects traditionnels qui peuvent faire un certain bien, ce n’est qu’en vertu de la protection que lui accorde de facto le honteux motu proprio Ecclesia Dei, qui signe la condamnation de Mgr Lefebvre et surtout, de la Tradition dans son aspect le plus théologique et doctrinal qui soit ! Il y a qu’on le veuille ou non un aspect inique à user des privilèges que donne la Tradition en vivant sur sa condamnation !

Sub Petro et cum Petro comme aiment bien le dire nos amis d’Ecclesia Dei. Certes. Mais Pierre n’est pas une finalité, Pierre est un outil, outil essentiel certes, mais outil quand même. Pierre a la grâce de pouvoir confirmer ses frères dans la Foi, il en a le pouvoir, il en a le devoir. La finalité c’est Dieu. Si obéir au pape veut dire abandonner ou diminuer notre Foi, alors l’obéissance vraie demande à rejeter ce qui est contraire à la Foi et donc au Salut.

Ce n’est sans doute pas pour rien que jamais on n’entend la FSSP se lever contre les ravages du concile Vatican II mais expliquer simplement que leur choix théologique et liturgique est le fruit d’une « sensibilité », c’est sans doute pour cela que l’on vit l’abbé Ribeton écrire que la messe de Paul VI, messe équivoque et néo-protestante, est bonne et sanctifiante ; c’est sans doute pour cela que l’on voit les instituts Ecclesia Dei  adopter les nouveaux « saints » conciliaires les plus controversés comme la mère Térésa et bientôt Jean-Paul II ; c’est sans doute pour cela que le silence de la FSSP se fait plus pesant face aux grands scandales d’Assise, péchés publiques gravissimes de la plus haute autorité de l’Eglise contre Dieu, et encore quand certains ne trouvent pas le moyen de le justifier, etc… Et la liste est si longue ! 

Sub Petro et cum Petro, certes monsieur l’abbé, dire le contraire c’est être schismatique, sub Petro et cum Petro comme signe sensible de l’appartenance à la communion des Saints, communion qui est le partage d’une même Foi, la Foi catholique, et non pas comme acceptation plus ou moins tacite de ce qui la détruit.

Vous souhaitez que la FSSPX saisisse la main tendue du pape ? Mais quelle main ? Celle qui fait de la notion du bien et du mal une notion subjective propre à la conscience de chacun ? Une main qui a pour volonté l’application de la révolution conciliaire la plus extrémiste, révolution contre Dieu, contre l’Eglise, qui détruit la Foi ?

La seule main qui puisse être saisie c’est celle de Dieu, celle de la Foi, car c’est par cette main seule que l’on peut se sauver. Et ce qui vous retient d’être avalé par l’ogre conciliaire et de vous voir imposer les réformes libérales et modernistes, c’est le refus de la FSSPX de collaborer avec des autorités qui usent de leur pouvoir pour détruire l’Eglise.

Priez, priez pour que jamais la FSSPX n’accepte une telle folie : il y va aussi de votre survie !

Austremoine


La justification de l’Index ou la nécessité de protéger les âmes

Suite à mon texte « Doit-on citer les papes et le nouveau magistère ? », j’ai reçu plusieurs courriers, les uns abondant dans le même sens, et d’autres s’étonnant d’une telle position et pour plusieurs motifs que l’on peut résumer ainsi :

–          C’est une position sectaire, schismatique, car quand le pape ou une autorité confirme la bonne doctrine, il n’y a aucune raison de ne pas s’en faire l’écho.

–          On doit se montrer heureux des paroles et des écrits qui sont bons et conformes à la bonne doctrine et il est donc normal de s’en réjouir et de les souligner.

En préambule à toute réponse, il convient comme toujours de rappeler le but de l’existence, à savoir sauver son âme. Chaque acte, chaque œuvre, chaque pensée devrait être ordonnée à cette fin. Tout doit donc être fait dans cette optique pour éclairer les âmes et les écarter de tout ce qui pourrait les induire en erreur et compromettre ainsi leur Salut.

C’est dans ce but que l’Eglise catholique avait établit ce qu’on appelle l’Index, à savoir la recension des ouvrages interdits à la lecture des catholiques sous peine de faute grave, ces livres étant considérés comme dangereux et nuisibles au bien spirituel, et donc comme mettant en danger directement ou indirectement le salut des âmes.

Pourtant quand une œuvre était mis à l’Index, cela ne signifiait pas que tout y était nuisible, mais que le poison diffus ou distillé ici ou là, représentait un danger certain dont il fallait mieux prévenir les baptisés. Certes, comme dans toute œuvre humaine, il y eut par cet Index des abus bien dommageables, mais le principe était bon, ce n’est d’ailleurs que le 7 décembre 1965, à l’aune de la révolution conciliaire que l’Index fut supprimé, suppression ben symptomatique au moment où les hommes d’Eglise voulurent marier l’Institution avec l’esprit mauvais du monde.

C’est toujours dans cet esprit que dans les séminaires de la FSSPX les ouvrages mauvais sont circonscrits dans une partie de la bibliothèque interdite sans permission qui s’appelle « l’enfer », terme bien évocateur. C’est dans cette partie que se trouve notamment l’ensemble des œuvres des papes conciliaires, y compris les encycliques…et ce n’est pas pour rien.

Car dans la crise de l’Eglise que nous traversons, marquée par un modernisme effréné, le vrai et le faux se mélangent sans cesse, ce qui rend l’erreur plus difficile à déceler. C’est toute la nuisance du concile Vatican II, qui par ses aspects traditionnels a su répandre les pires erreurs.

Ce nouveau « magistère » postconciliaire n’échappe pas à ce vice dénoncé dans Pascendi par St Pie X :

« Et comme une tactique des modernistes (ainsi les appelle-t-on communément et avec beaucoup de raison), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes »

C’est pourquoi on trouvera dans le « magistère » postconciliaire beaucoup d’éléments pour nous réjouir, car on y trouvera des rappels fort à propos de la bonne doctrine, et pourtant, dans le même texte et peut-être sur la même page, on y trouvera l’erreur contraire, et bien d’autres encore.

A la première objection, on pourra donc répondre que dans le même texte qui confirme la bonne doctrine, on y trouve d’autres éléments qui la combattent, et c’est une question d’honnêteté de ne pas piocher ce qu’on a envie d’y trouver et d’ignorer de façon bien hypocrite le reste. Car si certains, bien formés, sont capables de faire la différence entre le vrai et le faux, d’autres qui ne le sont pas, avaleront le poison avec le reste de la soupe.

A la deuxième objection, la première réponse vaut aussi, on pourra ajouter qu’il ne convient pas de donner du crédit à une autorité qui mélange le vrai et le faux. Et que si naturellement on doit se réjouir des rappels opportuns d’une saine doctrine, cela ne doit pas faire oublier que dans l’esprit moderniste, le principe de non contradiction n’existe pas, et le contraire pourra être affirmé avec autant d’aplomb quelques lignes plus loin, tout étant affaire d’interprétation et de contexte chez le moderniste. Le rappel de quelques vérités ne doit donc pas nous rendre dupes.

Je maintiens donc la conclusion de mon texte précédent :

C’est pour cela qu’un minimum de prudence impose, avant d’user éventuellement de citations des papes post conciliaires ou du concile Vatican II lui-même, de prévenir le lecteur sur les éléments contradictoires, variables et dangereux de ces enseignements et de leurs auteurs.

Il n’en reste pas moins que le mieux reste de s’abstenir de telles citations et références, car les 2 000 ans de magistère de l’Eglise sont suffisamment riches pour y trouver toutes sortes de lumières et d’enseignements fiables, pour qu’on aille puiser dans des auteurs et des textes qui auraient été condamnés en d’autres temps et qui le seront un jour !

A ceux qui s’étonne que l’on puisse user de ces précautions envers les autorités actuelles de l’Eglise, voici comme Saint-Pie X dans Pascendi avait si bien vu qui étaient ces fossoyeurs de la doctrine :

« Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c’est que, les artisans d’erreurs, il n’y a pas à les chercher aujourd’hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c’est un sujet d’appréhension et d’angoisse très vives, dans le sein même et au coeur de l’Eglise, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d’un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d’amour de l’Eglise, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu’aux moelles d’un venin d’erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l’Eglise; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l’assaut à tout ce qu’il y a de plus sacré dans l’oeuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu’ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu’à la simple et pure humanité. »

Austremoine


Eschaton : Pape François égal à lui-même…

Source : eschaton.ch

Pape François, dans sa récente  exhortation apostolique, Evangelii gaudium, réaffirme qu’il suffit d’accentuer les réformes de Vatican II pour que la réévangilisation donne tout son fruit. Au programme plus de collégialité, plus de dialogue, plus de sortie « en dehors de soi » dans la joie etc. Les vieilles recettes qui ont accentué la déchristianisation par le flou doctrinal auquel elles s’adossaient, pas la créativité liturgique désordonnée qu’elles promouvaient sont donc reconduites au nom de la « joie » qui nous remplit le cœur d’être chrétien et qui doit d’elle-même irradier en-dehors de nous. C’est, en caricaturant quelque peu, tout le propos du pape dans son exhortation, avec au passage plusieurs coups de griffes, naturellement, à ceux qui sont attachés à la beauté de la liturgie(*), à la rigueur de la doctrine ou aux règles et habitudes de vie catholique (**).

Sur le fond, pape François met essentiellement l’accent sur des problèmes d’ordre psychologiques, existentiels ou relationnels. Nous nous situons toujours dans un registre qui privilégie la sensibilité ( pour ne pas dire la sensiblerie) au détriment de l’analyse doctrinale, philosophique ou théologique. Comme si les désorientations philosophiques et théologiques et la désacralisation de la liturgie n’étaient pas les premières responsables des problèmes qui déchirent l’Eglise. Il y a dans cette façon de communiquer une volonté évidente d’esquiver les réels enjeux. L’étendue des problèmes abordés, sous cet angle de vue essentiellement psychologisant pour lecteurs de presse féminine, a pour but de donner l’illusion d’une prise à bras le corps des urgences actuelles. Mais de même que nos Etats ne font que de se donner du temps par l’usage massif de la blanche à billets, les instances dirigeantes de l’Eglise ne font que gesticuler et diluer le dépôt de la révélation dont elles ont la garde dans un flot d’eau tiède et saumâtre.

Restent cependant quelques perles. Notamment quand pape François écrit :  » Les jeunes nous appellent à réveiller et à faire grandir l’espérance, parce qu’ils portent en eux les nouvelles tendances de l’humanité et nous ouvrent à l’avenir, de sorte que nous ne restions pas ancrés dans la nostalgie des structures et des habitudes qui ne sont plus porteuses de vie dans le monde actuel.  » Faut-il rappeler au pape ce que sont ces nouvelles tendances de l’humanité que les jeunes portent en eux comme des boulets ou des camisoles de force intérieures: foi en déshérence, absence presque intégrale de conscience historique, sensiblerie exacerbée, course à la jouissance et matérialisme effrénés, refuge dans les addictions ( drogue, alcool, console, réseaux sociaux…)

Mais le plus décapant concerne l’islam. Pape François écrit : « Pour soutenir le dialogue avec l’Islam une formation adéquate des interlocuteurs est indispensable, non seulement pour qu’ils soient solidement et joyeusement enracinés dans leur propre identité, mais aussi pour qu’ils soient capables de reconnaître les valeurs des autres, de comprendre les préoccupations sous jacentes à leurs plaintes, et de mettre en lumière les convictions communes. Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays, de la même manière que nous espérons et nous demandons à être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique. Je prie et implore humblement ces pays pour qu’ils donnent la liberté aux chrétiens de célébrer leur culte et de vivre leur foi, prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux ! Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. »

Pape François entend donc dialoguer avec l’islam dont il a un profond respect. Ce ne sont donc plus avec des personnes, qui méritent en effet notre respect, que nous avons à discuter. Mais avec l’islam. Car en grand mufti, pape François sait ce qu’est le vrai islam. Il l’écrit : « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence ». Pas mal pour une religion dont le prophète était un guerrier sanguinaire qui a participé à des dizaines de combats et qui est l’auteur du Coran qui appelle à la guerre contre ceux qui refusent de le suivre en plus de 100 endroits.

Quelques rappels :  » Un prophète ne devrait pas faire de prisonniers de guerre avant d’avoir fait un grand carnage » Coran: 8:67

  »Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez (le chrétiens). Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » Coran:9:5

 « Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu, ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce que Dieu et son messager ont interdit, et ceux des gens du Livre qui ne se donnent pas comme religion la religion de vérité, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation sur le revenu des mains ; et qu’ils se fassent petits. »9:29

Julien Gunzinger

(*) »Cette obscure mondanité, écrit le pape, se manifeste par de nombreuses attitudes apparemment opposées mais avec la même prétention de “dominer l’espace de l’Église”. Dans certaines d’entre elles on note un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Église, mais sans que la réelle insertion de l’Évangile dans le Peuple de Dieu et dans les besoins concrets de l’histoire ne les préoccupe. De cette façon la vie de l’Église se transforme en une pièce de musée, ou devient la propriété d’un petit nombre. »

(**)  » Les jeunes nous appellent à réveiller et à faire grandir l’espérance, parce qu’ils portent en eux les nouvelles tendances de l’humanité et nous ouvrent à l’avenir, de sorte que nous ne restions pas ancrés dans la nostalgie des structures et des habitudes qui ne sont plus porteuses de vie dans le monde actuel. «


Xavier Celtillos : l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du Pape François et l’Islam

Source : medias-presse.info

L’exhortation apostolique Evangelii Gaudium du Pape François a été publiée ce 26 novembre 2013. Le texte, comme souvent pour ce type de document, est assez long. Le style est, contrairement à celui de Benoit XVI ou de Jean Paul II, assez accessible.

En attendant d’en proposer un résumé, le paragraphe 253 nous a sauté aux yeux :

« 253. Pour soutenir le dialogue avec l’Islam une formation adéquate des interlocuteurs est indispensable, non seulement pour qu’ils soient solidement et joyeusement enracinés dans leur propre identité, mais aussi pour qu’ils soient capables de reconnaître les valeurs des autres, de comprendre les préoccupations sous-jacentes à leurs plaintes, et de mettre en lumière les convictions communes. Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays, de la même manière que nous espérons et nous demandons à être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique. Je prie et implore humblement ces pays pour qu’ils donnent la liberté aux chrétiens de célébrer leur culte et de vivre leur foi, prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux ! Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. »

De telles lignes appellent les réflexions suivantes :

–          Le pape François semble ignorer la vraie nature de l’Islam, qui, si l’on accepte éventuellement  de la considérer comme une fausse religion, est d’abord et avant tout un système social, sociétal, politique et économique d’une extrême violence.

  • La violence n’est pas une interprétation possible de l’Islam, elle en est une composante intrinsèque.  Affirmer le contraire, c’est ne jamais avoir lu le Coran. Est-ce la cas du pape François ?
  • Contrairement à ce que dit le pape François, la nature violente de l’Islam nous impose la plus grande prudence vis-à-vis des populations soumises à ce système. Il suffit pour cela de considérer que la majorité des violences commises le sont au nom de l’Islam.
  • Accepter d’accueillir l’Islam en tant que tel, d’accueillir ses adeptes sans leur imposer une assimilation ne peut que nous conduire au suicide civilisationnel que nous sommes en train de vivre. Faire cela, c’est livrer l’Europe à la Charia, tôt ou tard.
  • Il est absolument illusoire de considérer que par la liberté religieuse accordée aux musulmans, l’Occident apostat obtiendra un retour dans le même sens pour les chrétiens en pays Islamique. C’est même le contraire qui se produit : depuis que l’Islam envahit l’Occident, celui-ci se trouve incapable d’imposer le respect des minorités chrétiennes. Il suffit d’accepter de considérer la réalité du Moyen-Orient pour s’en convaincre.

–          La liberté religieuse reste une constante dans ce nouveau magistère issu du concile Vatican II. On avait souvent défendu cette liberté religieuse comme étant une donnée politique, s’adressant d’abord et avant tout aux non chrétiens afin de faciliter un dialogue de paix. Sur de telles considérations, certains avançaient qu’une telle liberté religieuse n’allait donc pas à l’encontre des condamnations portées par les papes du XVIIIème et XIXème siècle (1), condamnations qui abordaient le côté doctrinal du problème et qui s’adressaient aux catholiques. Or nous sommes là dans une exhortation apostolique, qui parle donc de doctrine et qui s’adresse aux catholiques.

  • Dans son aspect doctrinal la liberté religieuse est une aberration, car si on croit que le Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie, et qu’en dehors de l’Eglise il n’y a pas de Salut, alors on ne peut logiquement admettre qu’une fausse religion, violente de surcroit, puisse librement répandre ses erreurs causer tant de dommages dans les âmes.
  • Dans son aspect politique la liberté religieuse peut s’avérer un suicide. Qu’une telle liberté soit tolérée pour éviter des troubles importants de l’ordre public, peut se comprendre. Mais le fait que depuis 50 ans nous laissons la liberté à l’islam de s’installer sur notre territoire au nom de la liberté religieuse est une folie politique dont nous payerons tôt ou tard les conséquences, comme c’est déjà le cas de tant de pays.

De tels propos dans une exhortation apostolique sont d’une extrême gravité : ils viennent confirmer s’il en était encore besoin que la doctrine issue du concile Vatican II est un non-sens doctrinal aux conséquences pratiques et politiques dramatiques.

Alors que l’Europe sombre sous les assauts du laïcisme et de l’Islam, il est impératif pour notre survie que se dressent de nouveau les remparts de la Rome Eternelle, maîtresse et sagesse de Vérité. Très Saint-Père, rendez à l’Eglise catholique sa doctrine, car nous périssons !

Xavier Celtillos


Les 25 ans de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre

A l’occasion des 25 ans de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, le pape François, par l’intermédiaire du nonce apostolique Mgr Ventura, a envoyé une lettre très symptomatique de l’état d’esprit des autorités romaines.

Tout y est.

Il est particulièrement intéressant de regarder les termes utilisés dans cette lettre qui reprennent exactement ceux utilisés pour justifier la condamnation de Mgr Lefebvre lors des sacres. Tout comme le motu proprio Ecclesia Dei, de triste mémoire, il est fait état tout d’abord de la base théologique sensée justifier de l’évolution de l’Eglise tout en se refusant à considérer une rupture : c’est le concept de Tradition vivante.

Ce nouveau concept de la Tradition vise à faire du magistère actuel non pas une partie intégrante de ce qui a toujours été cru et enseigné mais une expression actualisée et pourquoi pas nouvelle ayant pour référentiel les circonstances du temps présents. C’est ainsi que la Tradition vivante peut comporter à leur sens des contradictions sans que cela ne pose problème, car les circonstances ayant changées, le magistère s’adapte à l’évolution du monde. C’est ainsi que l’on en viendra à parler de dogmes évolutifs. Naturellement une telle conception de la Tradition n’est pas du tout conforme à l’enseignement de l’Eglise, Tradition qui reste inchangée à travers les âges.

C’est donc en acceptant cette Tradition vivante que les membres de la FSSP sont invités à vive leur « sensibilité » en conformité avec le concile Vatican II. Il en découle nécessairement deux choses :

–           le « choix » de la messe tridentine est simplement une question de sensibilité par rapport à la messe nouvelle de Paul VI, ce qui implique de facto la reconnaissance de la légitimité du Novus Ordo comme étant l’expression d’une autre sensibilité et non d’une autre Lex Credendi dont elle est la nouvelle Lex Orandi.

–          Le concile Vatican II est la norme et l’unique norme dont tous les autres aspects, même ceux relevant éventuellement de ce que l’on pourrait appeler la Tradition, doivent se conformer. Ce qui implique de facto la reconnaissance de la doctrine du Concile et des réformes qui en sont issues.

Cette courte lettre nous permet donc de confirmer s’il en était besoin que la façon dont Rome aborde la Tradition n’a pas changée et que l’herméneutique de la réforme telle que voulue par Benoit XVI n’était en réalité pas nouvelle : ce qui justifia les sacres et fut le mobile de la condamnation de Mgr Lefebvre est toujours autant d’actualité. On ne peut accepter ce Concile tout entier empoissonné, ni ses réformes et ni ses « Saints ».

Austremoine


Dici : l’Illinois approuve le “mariage” homosexuel en se référant au pape

Information très révélatrice des conséquences immédiates, certes des propos du pape en tout premier lieu, mais qui ne sont eux-mêmes que la conséquence aboutie de la relativisation générale opérée par le concile Vatican II et que des erreurs graves qu’il contient.

Source : Dici

Avec 61 voix pour et 54 contre, la Chambre de l’Illinois a approuvé la loi qui, après la signature du gouverneur Pat Quinn, autorisera, à partir de juin 2014, le « mariage » homosexuel. Le Chicago Tribune met en lumière un aspect particulier de cette légalisation des unions contre-nature, en soulignant que les militants homosexuels de l’Illinois se sont appuyés sur la phrase du pape François, lors du vol de retour de la Journée mondiale de la Jeunesse à Rio de Janeiro, lorsqu’il affirma aux journalistes présents dans l’avion : « Si une personne est homosexuelle et cherche Dieu de bonne foi, qui suis-je pour la juger ? ». Selon le journal de Chicago cette affirmation a conduit plusieurs législateurs catholiques à un « examen de conscience », y compris la démocrate Linda Chapa LaVia et le président de la Chambre, Michael Madigan. Ce dernier a souligné que les commentaires du pape sur l’homosexualité ont assuré entre 5 et 10 votes décisifs pour le passage de la loi.

En commentant la nouvelle, le site canadien LifeNews.com rapporte une déclaration de Linda Chapa LaVia qui justifie son vote en faveur du « mariage » homosexuel en disant : « en tant que catholique disciple de Jésus et du pape François, il est clair pour moi que notre doctrine religieuse catholique a en son centre l’amour, la compassion et la justice pour toutes les personnes ». De son côté Michaël Madigan, sans nommer directement le pape, a fait clairement référence à sa phrase en déclarant : « Pour ceux qui se trouvent être homosexuels et qui vivent leur relation dans un cadre harmonieux et productif (sic), mais illégal, qui suis-je pour juger qu’ils devraient rester illégaux ? ».

Comme le faisait remarquer le journaliste de La Vie, Jean Mercier, dans son article intitulé « Le pape est-il démago ? » (voir DICI n°282 du 04/10/13) : « Lorsqu’on demande au pape de se positionner sur l’homosexualité, il répond : ‘Qui suis-je pour juger…?’ Tout est dans le ‘Qui suis-je ?’. Eh bien, tout simplement : il est le pape… Et c’est pour cela qu’on lui pose la question. (…) Sa réponse est soit une manière de ne pas assumer son état, soit une pirouette destinée à séduire la totalité de la planète médiatique par son humilité – et faire conclure à une ‘révolution’ sur l’attitude de l’Eglise. »

(Source : Correspondance Européenne – DICI n°285 du 22/11/13)


Justin Petipeu : une prélature … n’aurait été qu’une coquille (presque) vide

Excellente analyse de l’un des intervenants du forum catholique.

Source : le forum catholique.

[…] Je dis seulement que cette soif d’unité n’était partagée que par un évêque et une poignée de prêtres…ce qui n’est pas méprisant dans mon esprit mais indique un petit nombre. Certes un accord avait été trouvé, mais entre qui et qui ? On a vu nombre de prêtres tirer à boulets rouges sur Rome, et pas des moindres ; je pense aux supérieurs des districts de France, d’Amérique du Sud, d’Angleterre, d’Italie. L’un qualifiait Benoît XVI d’apostat et de blasphémateur à l’occasion d’Assise, l’autre enterrait les propositions avant que le supérieur n’y ait réagi lui-même, le troisième appelait à la résistance jusqu’au martyre. Les sites internet se multipliaient pour traîner dans la boue le supérieur général pendant qu’en France, le pauvre abbé Simoulin dans le Seignadou a dû se sentir bien seul pour défendre Mgr Fellay tandis que la Porte Latine n’a même pas daigné publier ses articles…

Alors oui, lorsque la lettre des trois évêques est parue, qui menaçait ouvertement la FSSPX d’éclatement, je pense que Rome a été largement prise de court. On se souvient du piteux communiqué de la Commission Ecclesia Dei qui informait sans rire que « le cas des trois autres évêques serait traité à part »…Quelle farce !

Mgr Fellay a d’ailleurs convenu depuis que ce texte était diviseur, sans attendre celui de Juin 2012.

Quant’au terme « récupérer » qui vous choque, vous pouvez le changer s’il vous déplaît tant que ça. En attendant, c’était bien l’esprit de Benoît XVI affiché clairement dans la lettre qui accompagnait la levée des excommunications en 2009.
Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations. Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ? Qu’en sera-t-il ensuite ?

Lorsqu’il a été clair que trois évêques sur quatre et l’écrasante majorité des prêtres ne suivrait pas, je ne vois pas trop ce qu’il restait à faire, à part sauver la tête de Mgr Fellay en lui permettant de rentrer la tête haute à la maison…et de ne pas devenir le Tjibaou de la FSSPX.

Aucun mépris dans mes propos mais créer une prélature personnelle pour Benoît XVI était infiniment plus facile que de libérer la messe et lever les excommunications. Excusez-moi mais votre analyse ne tient pas. S’il n’y a pas eu de prélature, c’est parce qu’elle n’aurait été qu’une coquille (presque) vide.

Justin Petipeu