Cet accord n’aurait pas été une bonne chose

La non signature de cet accord n’est pas un échec car cet accord n’aurait pas été une bonne chose : il n’aurait rien apporté de plus à l’Eglise, car la situation des ED existe déjà, et il aurait fait explosé en vol la FSSPX qui en prenait le chemin. Cela aurait été un accord de dupe, confus doctrinalement, ce qui est la pire des choses, mais surtout, il aurait abouti à ce que la FSSPX a toujours refusé : se mettre sous l’autorité de personnes qui veulent d’une manière ou d’une autre l’amener à l’acceptation des réformes.

Sur ce point, les autorités romaines, que ce soit le pape lui-même ou ses proches collaborateurs, ne s’en sont jamais caché : le but avoué et poursuivi est l’acceptation du concile et de ses réformes par la FSSPX. Et si les communautés ED ont pu malgré toutes les vexations conserver le trésor traditionnel, c’est parce que la FSSPX était l’échappatoire possible de ces derniers. Mais quand il n’y aura plus d’échappatoire, comment agiront ceux qui ont imposé par autorité la révolution dans l’Eglise ? Ce n’est hélas pas très difficile à deviner…

Par contre ce que Benoit XVI a raté ce n’est pas l’accord, c’est la « régularisation » canonique, car rien ne l’empêchait de donner de façon unilatérale un statut à la FSSPX, sans contrepartie doctrinale. S’il ne l’a pas fait c’est précisément il me semble parce que ce pape croit fermement que le concile Vatican II est la boussole de l’Eglise et doit imprégner l’Eglise entière, et il ne pouvait concevoir une régularisation sans une acceptation au moins partielle et effective à terme du Concile, et il voyait l’intégration de la FSSPX dans la mouvance conciliaire comme le moyen d’en contrebalancer les velléités trop progressistes.

C’est toute l’herméneutique de la réforme.

Austremoine