Vas petit frère, monte à l’autel de Dieu

Mon frère et mon cousin seront ordonnés prêtres à Ecône le 29 juin par Mgr Tissier de Mallerais. Ordinations qui devraient remplir de joie une Eglise en quête de vocations, qui devraient voir exulter les familles chrétiennes de voir deux d’entre eux élevés à une telle dignité. Non pas que j’attende des explosions de joie mais au moins une certaine réjouissance, comme celle à laquelle on assiste lors d’un mariage.

Il n’en est rien.

Ma grand-mère paternelle mit au monde neuf enfants dont l’un décéda en bas âge. Sur ces huit frères et sœurs (4 garçons et 4 filles), sept sont mariés et donnèrent vie à une famille de 45 cousins germains environ ; je suis l’un d’eux. Tous baptisés et tous éduqués dans la religion catholique.

Les années d’après guerre voit la révolution gangréner la société et l’aggiornamento secouer l’Eglise. Mon grand père, maire de son village, réagit violemment à l’encontre du curé qui retourna l’autel de l’église. Vatican II n’était pas encore passé. Le temps passant, mes grand parents comme toute la famille acceptèrent les réformes conciliaires.

1988 : Coup de semonce dans le ciel catholique. Mgr Lefebvre sacre 4 évêques sans l’accord de Rome. Les excommunications sont prononcées. La déchirure visible dans le sein de l’Eglise se concrétise aussi dans les familles : mon père et l’un de mes oncles suivent Mgr Lefebvre et la fraternité St Pie X. Les autres suivent Jean Paul II.

Etant petit à cette époque je suivais un peu ébahi mais aussi inquiet parfois, les débats souvent animés suscités par les dissensions religieuses. Il me reste de ces affrontement un seul souvenir, celui de mon père dénonçant comme scandaleux le dialogue interreligieux et notamment les prières communes du pape Jean Paul II avec des adeptes de fausses religions. A ce moment je me souviens parfaitement de l’un de mes oncles parler des musulmans comme étant nos frères dans la foi, adorant le même Dieu que le notre et qu’à ce titre les chrétiens pouvaient prier avec eux.

Les années passent, confortant cette division. Sur les 45 cousins que nous sommes, 18 ont été élevés dans la ligne de la FSSPX, 27 dans l’Eglise conciliaire. Après plus de 20 ans de désaccord et de division, il est possible de constater les conséquences que les choix de chacun de nos parents ont eu sur notre génération.

Sur les 18 cousins élevés dans la ligne de la FSSPX, il y a une dominicaine, un franciscain, un séminariste, et dans quelques jours deux prêtres, soit 5 vocations. Et d’autres sont peut-être encore à venir si Dieu le veut. A ceux-ci s’ajoutent deux mariés. Sur les 27 cousins élevés dans l’Eglise conciliaire, il y a une seule vocation, le fils de mon oncle Pierre, frère dans une communauté nouvelle. Les autres sont mariés ou célibataires, mais plusieurs sont déjà divorcés où vivent en concubinage.

Il n’y a aucun orgueil dans ces lignes, ni aucune glorification car ce que nous avons reçu est un pur don gratuit de Dieu et aucun d’entre nous n’y est pour quoique ce soit. Mais ce petit exemple qui s’est trouvé dans beaucoup de familles permet de juger l’arbre à ses fruits.

Mon frère et l’un de mes cousins seront donc ordonnés le 29 juin : les premiers prêtres de la famille. Comme pour annoncer toute grande nouvelle, un faire part fut donc envoyé à l’ensemble de notre famille, faire part pour les ordinations mais aussi pour les premières messes.

La réponse de beaucoup est sans équivoque : la Fraternité St Pie X refuse le magistère de l’Eglise et s’oppose au pape, en conséquence, tout en félicitant les deux ordinants, ils refusent d’assister à l’ordination et aux premières messes mais viendront au cocktail qui sera servi. Voici donc que les tenants du concile, de la liberté religieuse, de l’œcuménisme refusent de se joindre à la prière de deux prêtres catholiques ?

Certes, ils peuvent considérer que la situation canonique de ces futurs prêtres est anormale. Mais que disait l’un d’entre eux au sujet de « nos frères musulmans » ? Et cette autre tante qui répond qu’elle ne peut se joindre à nous car trop engagée dans l’église pour s’unir à ces messes, est-elle également engagée dans l’Eglise lorsqu’elle reçoit la concubine de son fils ? Le prêtre qui donne la communion à ces concubins est lui bien « en règle » ! Nous ne sommes pas en communion avec l’Eglise dites-vous, mais vous suivez des pasteurs qui participent à des cérémonies hérétiques, qui prêtent leurs églises à des schismatiques, et vous refusez l’assistance à la messe d’un prêtre catholique ? A combien de messe spectacles n’ai-je pas sali mes yeux lors des mariages de mes cousins, que d’hérésies n’ai-je pas entendu lors de ces messe célébrés par des prêtres « en règle » !

Triste temps de ce concile Vatican II. Si seulement cet ostracisme vis-à-vis de la FSSPX était le retour à une saine doctrine visant à refuser un œcuménisme destructeur. Mais il n’en est rien. La FSSPX est la seule qui soit l’objet de ce rejet, la seule qui soit ce signe de contradiction, signe de scandale qui semble montrer combien elle suit le chemin du calvaire et du sacrifice montré par le fils de Dieu.

Oui petit frère, monte à l’autel de Dieu pour offrir la divine victime, offre ce sacrifice selon ce rite immémorial canonisé par tant de papes et de saints. Prêche à temps et à contre temps comme te l’ordonne ton sacerdoce cette doctrine qui scandalise le monde, qui parce qu’elle découle du calvaire, provoque le rejet de beaucoup d’âmes. Ne trahit jamais ton sacerdoce, n’accepte jamais les compromissions, les doctrines licencieuses et complaisantes, refuse toujours ces spectacles plus ou moins indignes qui défigurent le Saint Sacrifice de la Messe.

Car même si tu dois un jour monter seul à l’autel de Dieu, même si tous tes amis et ta famille t’avaient abandonné, même si tu devais sous les sarcasmes continuer in personna Christi, tu sais que la cour céleste t’accompagne pour offrir l’Agneau, qui par Son immolation sauve le monde. Lui et aucun autre.

Austremoine


Ce syndic de faillite qui force à l’état de nécessité

La fin de l’état de nécessité, la fin de la crise de l’Eglise : si certains l’espèrent, d’autres ont dit l’avoir vu dans l’élection de Benoît XVI. Après les abus Woyltiliens, les belles cérémonies semblent avoir été remises au goût du jour à Rome, avec les ornements traditionnels et une catéchèse aux accents catholiques.

Et puis enfin, le pape posant deux actes au retentissement mondial, les motu proprio libéralisant la messe et celui privant d’effets juridiques les censures portées contre les évêques de la FSSPX, n’est-ce pas assez pour accepter enfin de rejoindre le chemin des paroisses afin de recourir aux avantages de l’officialité ?

Admettons ! Oublions même un instant les visites aux synagogues et aux mosquées, la participation du pape à un culte hérétique. Admettons que ces scandales n’aient jamais existé ! Le pape Benoît XVI est entièrement acquis à la doctrine traditionnelle. Il œuvre à une restauration intégrale de l’Eglise catholique. Accordons à ce pape tous les crédits souhaitables ! Il reste malgré tout une objection majeure : ce pape est à Rome, et nous n’y sommes pas, notre monde de tous les jours est bien différent.

Pour notre part, nous sommes en France, et les mitres qui règnent sur ce qui fut notre doux pays, terre de chrétienté, répondent aux noms de Vingt-Trois, Simon, Bouilleret, Rouet, et cie… Ancienne terre de Chrétienté aux illustres Saints, ancienne car hormis quelques exceptions, il ne se passe pas un jour sans que l’un de ces gens qui se réclame de l’Eglise ne soit la source de scandales.

Il n’est pas possible de faire la recension de tous les méfaits commis par ces épiscopes dévoyés ! Du rabbin invité à prêcher à Notre-Dame par Mgr Vingt-Trois de Paris, à la promotion des prêtres mariés et de l’ordination des femmes par mgr Simon de Clermont, aux conférences sur « la liturgie de l’orgasme » promue par Mgr Bouilleret d’Amiens, à la négation de la transsubstantiation par Mgr Rouet de Poitiers, il n’y a pas une parcelle de la doctrine catholique qui ne soit mise à mal par ces prélats dont l’apostasie n’en est plus au flirt. Et ce ne sont que quelques exemples d’une actualité toute récente.

Mais beaucoup relativisent ces faits, préférant y voir quelques dérapages ou exceptions de personnes honorables dont il ne faudrait retenir que les gestes bons ! C’est ainsi que sans vergogne, les responsables du pèlerinage Notre-Dame de Chrétienté ont osé laisser venir et prêcher le cardinal de Paris, celui là même qui invita un rabbin à prêcher dans sa cathédrale. Et de s’extasier béatement parce que ce même cardinal fit une génuflexion au passage du Saint Sacrement. Oui la lâcheté finit par rendre bête, parce qu’il faut être stupide et non plus aveugle de s’émerveiller d’une telle chose de la part d’un prince de l’Eglise !

Nous avons vu affluer au pèlerinage de pentecôte s’orientant vers Paris des fidèles, anciens mais surtout des jeunes, qui avaient jusque là marché en direction de la belle cathédrale de Chartres mais pour lesquels l’honneur n’était désormais plus sauf lorsqu’il exigeait d’eux qu’ils viennent concilier leur sanctification avec les égards plus diplomatiques que sincères qu’ils auraient dû manifester à un cardinal qui reprocha il y deux ans à son pape de venir inspecter des succursales, qui accueilli il y a deux mois un rabbin dans sa cathédrale et qui continue invariablement à confiner toute messe traditionnelle à une position de survie quand elle n’est pas en liberté surveillé. L’honneur de ces jeunes gens a eu raison de leur vieille routine.

Et quelle responsabilité de la part de ceux qui laissèrent cet ennemi de la tradition catholique prêcher aux enfants ! N’y a-t-il aucun parent dans cette assemblée de pèlerins pour sentir sa conscience troublée de laisser, ne serait-ce qu’un instant, l’âme de son enfant en des mains si néfastes ! Ce fait n’est pas si différent de ce qu’acceptèrent les fidèles de Lyon de la Fraternité Saint-Pierre qui laissèrent le cardinal Barbarin prêcher aux enfants mais également les confirmer, celui-là même qui invita Simone Veil dans une de ses églises et qui apporta son soutien au mouvement œcuménique San Egidio qui scandalise les âmes chrétiennes par des remixes d’Assise. Quelle lourde responsabilité de la part de ces parents, mais aussi de ces prêtres en charges de ces familles !

Parce que devant des faits aussi graves, revendiqués et assumés par leurs auteurs, il est impossible de ne pas constater avec tristesse et effarement que l’état de nécessité continue, nécessité de fuir ces faux pasteurs pour sauver notre âme, et nécessité même de les combattre afin de leur arracher par tous les moyens les âmes qu’ils trompent et qu’ils détournent du chemin du ciel.

Alors, tous les soirs il nous faut prier pour avoir de saints prêtres, courageux et non lâches, qui auront le courage de préserver leurs fidèles de ces serviteurs du serpent et de combattre sans relâche et sans peur les ennemis du Christ. C’est de ces rangs de serviteurs de Dieu, acquis à la vérité que leur sacerdoce leur obligera de proclamer, que se lèveront les vrais et dignes évêques de demain, les guides intrépides et sûrs du peuple chrétien, qu’ils mèneront sur le chemin du ciel.

Austremoine