L’aspect canonique n’a jamais été et ne sera jamais un problème

C’est une erreur récurrente depuis plusieurs années de vouloir considérer le problème de la FSSPX comme étant principalement canonique. C’est une erreur à double titre : factuellement, jamais cette question n’a posé problème depuis la reprise des contacts en 2000 et surtout, ce n’est pas l’objet de la discorde.

L’objet de la discorde c’est la doctrine, le Concile, les réformes qui en sont issues. Il suffit pour cela de ré-écouter les sermons de Mgr Lefebvre, d’en relire les livres. Et rien n’a varié depuis, la position de la FSSPX et de ses supérieurs respectifs est restée toujours la même.

Pour ce qui est de la forme canonique qui pourrait formaliser la FSSPX, elle n’a jamais posé, depuis l’échec des négociations en 1988, le moindre problème. A un tel point que Rome n’a eu de cesse depuis les années 2000 de proposer une solution canonique. C’est la FSSPX qui a toujours refusé, non pas que les solutions canoniques ne lui convenaient pas, mais justement parce que celles-ci n’étaient pas l’objet de la discorde.

Aujourd’hui les choses évoluent. Rome a accepté de situer le dialogue au niveau doctrinal, et l’accord qui est proposé se veut doctrinal. C’est cette fois-ci le fond du problème qui est abordé, même si ce n’est pas tout le problème.

Si un accord doctrinal est conclu, la solution canonique suivra nécessairement, si aucune entente sur la doctrine n’est trouvée, alors il n’y aura aucune structure canonique pour la FSSPX, ou du moins acceptée par elle. Celle-ci pourra toujours lui être imposée par Rome, mais cela deviendrait difficile après un refus du préambule doctrinal.

A Rome on ne s’entiche pas de considérations canoniques, on fait et on défait le droit, presque à l’envie. Depuis le concile, les incohérences ne manquent pas. Une solution hybride pour la FSSPX, un OVNI canonique, c’est bien la dernière chose qui gênerait le pape.

Le problème est et demeure la doctrine. Espérons que ce préambule doctrinal constitue le coup de barre en direction de la tradition.

Austremoine


Ni acceptation ni opposition de principe

Ni acceptation ni opposition de principe: telle est la position de la Fraternité.

Il n’y a pas d’acceptation ni de refus de principe à un statut canonique. Mais un statut canonique ne veut pas dire nécessairement accord pratique.

La FSSPX a toujours refusé un accord pratique qui visait à s’entendre sur la forme et se taire sur le fond. Et ceci est touours vrai et le sera toujours.

Et c’est bien dans cette optique que Mgr Fellay avait demandé les discussion doctrinal afin de bien exposer les différents avec auparavant le respects des deux préalables. C’est chose faite aujourd’hui.

Que faire aujourd’hui ?

Du coté de la FSSPX rien ne change. Elle peut continuer comme aujourd’hui, pousuivre son apostolat. Elle a déjà subit le pire de la part des autorités ecclésaistiques, elle ne peut pas avoir pire que ce qu’elle a eu.

Du coté de Rome il y a plusieurs options.

– Ils peuvent considérer la FSSPX comme n’étant pas catholique et la recondamner. Cela n’aurait pas de sens à une époque où loeucuménisme fait rage et où une nouvelle condamnation n’aurait pas de sens surtout après le chemin parcouru par le pape en sens inverse.

– Ils peuvent vouloir gagner du temps, laisser la situation en l’état ou poursuivre les discussions. Ce sera du temps gagné pour faire oublier le dossier et surtout attendre que les plus rétissant à une réintégration soient partis. Cette hypothèse possible ne semble pourtant pas rentrer dans la volonté romaine qui se presse lentement pour une fois et semble vouloir avancer au pas de charge (tout est relatif !).

– L’accord pratique : il va être proposé, c’est certain et ce ne sera pas la première fois. Rome fera le forcing, posera ses conditions, brandira des menaces, c’est une habitude. Un accord pratique n’est pas possible sans un accord doctrinal. Cette hypothèse va être tenté, je doute qu’elle aboutisse.

– L’octroie d’un statut de façon unilatérale : on ne demande rien à Mgr Fellay. Rome lui dit : voici votre statut. Il répond aux attentes de la FSSPX, il vous donne une totale liberté, vous l’avez, c’est signé. Mgr Fellay ne pourra accepter ou refuser, le statut sera là, naturellement si la liberté de la FSSPX est totalement garantie. Pour Rome cette procédure sera facilement justifiable grâce aux discussions doctrinales.

Austremoine