Cet accord n’aurait pas été une bonne chose

La non signature de cet accord n’est pas un échec car cet accord n’aurait pas été une bonne chose : il n’aurait rien apporté de plus à l’Eglise, car la situation des ED existe déjà, et il aurait fait explosé en vol la FSSPX qui en prenait le chemin. Cela aurait été un accord de dupe, confus doctrinalement, ce qui est la pire des choses, mais surtout, il aurait abouti à ce que la FSSPX a toujours refusé : se mettre sous l’autorité de personnes qui veulent d’une manière ou d’une autre l’amener à l’acceptation des réformes.

Sur ce point, les autorités romaines, que ce soit le pape lui-même ou ses proches collaborateurs, ne s’en sont jamais caché : le but avoué et poursuivi est l’acceptation du concile et de ses réformes par la FSSPX. Et si les communautés ED ont pu malgré toutes les vexations conserver le trésor traditionnel, c’est parce que la FSSPX était l’échappatoire possible de ces derniers. Mais quand il n’y aura plus d’échappatoire, comment agiront ceux qui ont imposé par autorité la révolution dans l’Eglise ? Ce n’est hélas pas très difficile à deviner…

Par contre ce que Benoit XVI a raté ce n’est pas l’accord, c’est la « régularisation » canonique, car rien ne l’empêchait de donner de façon unilatérale un statut à la FSSPX, sans contrepartie doctrinale. S’il ne l’a pas fait c’est précisément il me semble parce que ce pape croit fermement que le concile Vatican II est la boussole de l’Eglise et doit imprégner l’Eglise entière, et il ne pouvait concevoir une régularisation sans une acceptation au moins partielle et effective à terme du Concile, et il voyait l’intégration de la FSSPX dans la mouvance conciliaire comme le moyen d’en contrebalancer les velléités trop progressistes.

C’est toute l’herméneutique de la réforme.

Austremoine


De quelle charité parlons-nous ?

Cham s’est moqué de la nudité de Noé, nudité dû à l’ivresse involontaire de son père. Noé n’a pas commis de faute, et Cham n’a pas secouru son père.

Où me suis-je moqué du pape et de l’Eglise ? Où me suis-je réjoui de la crise que l’Eglise traverse ? Nulle part.

Il faut être réaliste, d’un réalisme charitable, se réjouissant de ce qui est positif et s’affligeant de ce qui est négatif.

La levée des excommunications, ce fut imparfait mais positif. Summorum Pontificum de même. Dans les deux cas nous sommes passé d’un état mauvais à un état moins mauvais, mais dans les deux cas l’injustice perdure. On peut donc se réjouir de l’amélioration survenue mais rappeler l’injustice qui demeure. Voilà pour ce qui se rapporte avec la FSSPX.

Pour ce qui est de l’Eglise en général, les mauvais principes qui la minent sont toujours à l’œuvre, ceux de la liberté religieuse, de l’oeucuménisme et de la collégialité. Chaque jour qui passe et qui voit ces principes à l’œuvre voit aussi des âmes se damner parce que des doctrines erronées ravagent l’Eglise.

Où est la charité ? La charité consiste-t-elle à couvrir d’un voile consensuel les causes de la perte des âmes et de la crise de l’Eglise ? Consiste-t-elle à ne s’attacher qu’à quelques améliorations accidentelles pour mieux ignorer les causes substantielles d’une crise effroyable ? Quelle est votre conception de la charité ?

La charité c’est l’amour de Dieu, la gentillesse avec les autres n’est charité que si cette gentillesse a pour effet de rapprocher le prochain de Dieu par amour de celui-ci. C’est tout le problème de l’oeucuménisme qui veut être gentil avec autrui mais en évacuant l’objectif de l’amener à Dieu.

La charité implique d’emmener le prochain à Dieu, mais on ne peut l’emmener à Dieu si on ne lui montre pas aussi où est l’erreur. C’est ce qu’enseigna le grand St Pie X, celui qui perçu avec précision le mal qui rongeait déjà l’Eglise :

« Il en est de même de la notion de fraternité, dont ils mettent la base dans l’amour des intérêts communs, ou, par delà toutes les philosophies et toutes les religions, dans la simple notion d’humanité, englobant ainsi dans le même amour et une égale tolérance tous les hommes avec toutes leurs misères, aussi bien intellectuelles et morales que physiques et temporelles. Or, la doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelque sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. Cette même doctrine catholique nous enseigne aussi que la source de l’amour du prochain se trouve dans l’amour de Dieu, père commun et fin commune de toute la famille humaine, et dans l’amour de Jésus-Christ, dont nous sommes les membres au point que soulager un malheureux, c’est faire du bien à Jésus-Christ lui-même. Tout autre amour est illusion ou sentiment stérile et passager. Certes, l’expérience humaine est là, dans les sociétés païennes ou laïques de tous les temps, pour prouver qu’à certaines heures la considération des intérêts communs ou de la similitude de nature pèse fort peu devant les passions et les convoitises du cœur. Non, Vénérables Frères, il n’y a pas de vraie fraternité en dehors de la charité chrétienne, qui, par amour pour Dieu et son Fils Jésus-Christ notre Sauveur, embrasse tous les hommes pour les soulager tous et pour les amener tous à la même foi et au même bonheur du ciel. En séparant la fraternité de la charité chrétienne ainsi entendue, la démocratie, loin d’être un progrès, constituerait un recul désastreux pour la civilisation. Car si l’on veut arriver, et Nous le désirons de toute Notre âme, à la plus grande somme de bien-être possible pour la société et pour chacun de ses membres par la fraternité, ou, comme on dit encore, par la solidarité universelle, il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des cœurs dans l’amour de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ. Or, cette union n’est réalisable que par la charité catholique, laquelle seule, par conséquent, peut conduire les peuples dans la marche du progrès, vers l’idéal de la civilisation. » Saint Pie X, lettre sur le Sillon

Si vous relisez cette lettre, tout comme Pascendi, vous verrez avec quelle fermeté, voir quelle violence diraient certains, ce saint pape su reprendre sévèrement en son temps ses frères dont il avait la charge. Voilà la vraie charité d’un saint.

Lisez la vie de Saint Pie X, vous y verrez avec quelle fermeté il destitua plusieurs théologiens de leur chaire, de quelle façon il combattit matériellement ceux qui étaient cause de confusion doctrinale. Je me souviens même d’un patron anti-clérical qui fit faillite suite à l’action du cardinal de Venise Sarto : celui-ci veilla cependant à ce que la famille de cet homme fut logée et nourrie et ne tomba pas dans la misère. Voici une vraie charité.

Saint Pie X s’opposa avec fermeté aux ennemis de l’Eglise, on vit les forces catholiques se mobiliser et se battre avec énergie pour les droits de Dieu et de son Eglise. Léon XIII voulut composer et négocier avec la république anti-chrétienne : les forces catholiques s’en retrouvèrent durablement affaiblie.

La charité se trouve dans la Vérité. La compromission, l’ambiguïté ou le silence sur le mal ne sont pas œuvre de Dieu, les saints nous le montrent.

Austremoine


Il est minuit passé, depuis le 8 décembre 1965

Il est minuit passé, monsieur Guénois, depuis le 8 décembre 1965, depuis la fermeture du second concile du Vatican qui a entériné la révolution dans l’Eglise. La guerre fait désormais rage dans les murs mêmes de l’Eglise, guerre livrée par deux camps que tout oppose.

Et pourtant il semble que parfois l’intensité de la bataille diminue, parce que les deux protagonistes de ce drame, pour des raison diverses, voudraient trouver des éléments de rapprochement : après tout, tous se disent catholiques !

Le train n’est pas encore passé monsieur Guénois, car il est minuit passé depuis longtemps. Benoît XVI aurait pu remonter le cours du temps, changer l’heure de cette horloge que la révolution semble avoir emballée pour toujours. Mais Benoît XVI ne pouvait pas, car Benoît XVI est un fervent croyant de la révolution conciliaire.

Certes il a remis du latin, donné une certaine dignité à la liturgie nouvelle, il a contredit la motu proprio Ecclesia Dei disant que la messe tridentine n’avait jamais été abrogée, il a affaiblit le cordon sanitaire qu’avait imposé son prédécesseur en levant les excommunication, il a rectifié quelques erreurs théologiques…il a pour tous ces actes subit les foudres d’un monde hostile à Dieu qui n’a pas supporté la moindre velléité d’un début de restauration.

Mais ne nous y trompons pas. Ces aspects, quoiqu’ils aient coûtés au pape, bien qu’ils aient constitués des actes importants, sont restés trop isolés et trop imparfaits pour constituer une véritable remise en cause du Concile Vatican II, remise en cause que de toute façon Benoît XVI n’a jamais souhaité ni jamais voulu, la preuve en est des conditions inadmissibles qu’il a rajouté de sa propre main au document que devait signer Mgr Fellay. La dernière rencontre de Benoît XVI avec son clergé romain a constitué en un long cri d’amour pour le concile Vatican II et ses réformes majeures !

Et votre réflexion monsieur Guénois est un aveu : pour vous Benoît XVI a « déprotestantisé » l’Eglise, et donc plus rien ne s’oppose à une réconciliation avec la FSSPX. C’est donc bien que vous reconnaissez que la séparation est due à une « décatholiscisation » de l’Eglise et que la FSSPX a bien conservé cette Foi catholique !

Hélas, Benoît XVI n’a pas déprotestantisé l’Eglise, car il n’a pas extirpé du cœur de l’Eglise le poison du Concile Vatican II. Il a maintenu et défendu l’oeucuménisme, la collégialité et la liberté religieuse, la réforme de la réforme est restée un vœu pieu, même Assise I, cette réunion sacrilège, y fut vantée comme un acte prophétique et on en célébra l’anniversaire ! On ne célèbre pas Assise, on ne célèbre pas un sacrilège, il aurait fallu pour l’Eglise universelle instituer un jour de pénitence en réparation, voilà ce qui aurait pu constituer une première antidote.

C’est pourquoi il n’y a pas d’entente possible à ce jour : les uns travaillent pour le règne du Christ, les autres luttent – au moins au for externe – pour sa destruction. La seule entente qu’il puisse y avoir, c’est de nouveau travailler à l’élaboration du règne du Christ sur terre, et alors la FSSPX ne sera plus un problème, elle pourra même disparaître ce jour là. Hélas, les discussions doctrinales ont montré l’inverse, les oppositions doctrinales sont toujours les mêmes.

Laisser la FSSPX libre et exempte de tout obstacle dans l’Eglise, c’est condamner à mort les réformes conciliaires, ce serait pour les progressistes l’opération suicide. Se soumettre à des autorités modernistes qui n’auront de cesse d’amener prêtres et fidèles à leurs réformes mortelles, ce serait l’opération suicide pour la FSSPX.

Laissons Dieu guider son Eglise, ces temps ne nous appartiennent pas, les petits arrangements humains qui font fi de la Vérité ne peuvent engendrer que douleurs et divisions. L’Eglise a les promesses de la vie éternelle, Dieu lui donnera tôt ou tard un pasteur vraiment catholique dans les mains duquel la FSSPX ira remettre son combat et ses évêques leur épiscopat.

Pour l’heure, il est minuit passé depuis le 8 décembre 1965.

Austremoine


Mgr Lefebvre, le 8 octobre 1988, la situation après les sacres

La position de Mgr Lefebvre, très pragmatique, s’en est ressentie modifiée, non sur le fond, mais sur la façon d’aborder ce sujet. Le texte ci-dessous repose le problème de l’autorité du Souverain Pontife et du danger de s’y soumettre tant que cette autorité continue de détruire l’Eglise.

Et puis nous devons prier aussi pour tous ceux qui actuellement sont dans l’hésitation ou qui sont dans l’épreuve, dans la situation actuelle, n’est-ce pas !

Pour nous, il n’y a pas de problème, nous nous trouvons toujours dans le cadre de la Fraternité, dans le cadre donc de l’Eglise de toujours, dans la fidélité à l’Eglise de toujours. Mais il y a certainement pour ceux qui sont, comme par exemple les moines du Barroux, ou les religieuses du Barroux, beaucoup sont angoissés ou peinent à prendre une décision.

Je pense aussi à ces personnes qui se trouvent dans des paroisses qui sont dans l’hésitation. Il y a le cas de la paroisse Guitton, je ne sais pas si c’est vrai, de Marly, de Port-Marly. Alors, pour un certain nombre de personnes justement, ils se demandent ce qu’ils doivent faire, s’ils doivent quitter la paroisse, partir… résister, essayer de changer le prêtre, que sais-je… enfin ça leur pose un tas de problèmes évidemment.

Et je ne sais pas, on fait courir le bruit que c’est la même chose à Versailles. Moi j’avoue que j’en doute un peu après les deux lettres que m’a écrites le Chanoine Porta depuis les sacres, m’affirmant sa fidélité… Je suis vraiment, vraiment surpris si c’est vrai. Là encore ça va poser des problèmes pour tous ceux qui allaient à Notre-Dame-des-Armées et ça formait un groupe très important.

Est-ce que ces questions et ces hésitations vont se poser aussi pour Wagram ? Ce n’est pas certain. Il pourrait se faire qu’il y ait aussi des hésitations dans ce domaine…

Alors vraiment on doit prier pour tous ces fidèles qui sont mis devant des problèmes difficiles, alors que la plupart sans doute sont tout à fait avec nous et nous suivent et n’ont pas du tout l’intention de quitter la Fraternité. Mais, devant les prêtres qui les abandonnent en quelque sorte, et puis qui les encouragent à se mettre sous l’autorité moderniste des évêques… c’est grave, évidemment, et ça pose un problème grave…

Alors si nous avons l’occasion, soit de correspondre, soit d’avoir des contacts avec des personnes qui sont dans cette situation, n’ayons pas peur de leur faire prendre des décisions courageuses, énergiques : il faut demeurer fidèles à l’Eglise de toujours. Il n’est pas question pour nous d’hésiter.

Vous avez lu certainement l’article de Si si No no qui a été traduit heureusement par le Courrier de Rome, qui montre très bien que ce n’est pas d’aujourd’hui que nous avons ces choix à faire. Ce n’est pas depuis les sacres. C’est depuis le Concile. Cet article sur Ni schismatiques, ni excommuniés est très bien rédigé, à mon sens, et j’ai reçu ce soir une lettre des religieuses de Dom Putti qui s’occupent de la publication de Si si No no, elles me disaient que précisément cet article avait eu, heureusement, un très grand succès. Elles me citaient justement l’exemple d’une personne de la ville de Gênes qui leur en a commandé 1’500 et qui les a tous distribués. Je pense qu’en effet il a été rédigé d’une façon admirable, à mon sens. Ça résume toute notre position depuis le début. Et ça justifie notre position depuis le début jusqu’à, y compris, les sacres, donnant le pourquoi des sacres et résolvant les difficultés qu’on peut avoir à ce sujet-là. C’est admirable et je trouve que c’est vraiment un article extraordinaire.

Alors quand ils disent au début, en effet : Catholique écartelé. C’est vrai, qu’est-ce que vous voulez… Alors il met ainsi :

Pour nous limiter à quelques exemples, il a fallu opter entre l’Encyclique Pascendi de Saint Pie X condamnant le modernisme et l’actuelle orientation ecclésiale ouvertement moderniste. Il a dû choisir entre le monitum du Saint-Office de 1962 condamnant les œuvres du Jésuite Teilhard de Chardin et l’actuel courant ecclésial qui n’hésite pas à citer ces œuvres jusque dans les discours pontificaux. Il a dû opter entre l’invalidité déjà définie des ordinations anglicanes et l’actuelle orientation ecclésiale en vertu de laquelle, en 1982, un pontife romain a, pour la première fois, participé à un rite anglican dans la cathédrale de Canterburry, bénissant la foule avec le primat laïc de cette secte hérétique et schismatique. Il a dû opter entre la condamnation ex cathedra de Martin Luther et l’actuel courant ecclésial qui, célébrant le 5ème centenaire de la naissance de l’hérésiarque allemand, déclarait par lettre signée de Sa Sainteté Jean-Paul II qu’aujourd’hui, grâce aux recherches communes des savants catholiques et protestants est apparue la profonde religiosité de Luther.

Et ainsi de suite…

Il a dû choisir entre l’historicité des Evangiles et l’orientation actuelle ecclésiale… Il a dû opter entre la Sainte Ecriture qui déclare les Juifs incrédules en haine à Dieu et l’actuelle orientation qui, dans le discours du premier pape, à se rendre dans la Synagogue de Rome, découvre dans les Juifs toujours incrédules ou les frères aînés des catholiques ignares.

Et ainsi de suite… Je trouve que c’est tout à fait exacte, il a fallu choisir. Il n’y a rien à faire. Il a fallu choisir entre la foi de toujours… C’est pourquoi je pense que la déclaration que j’avais eu l’occasion de faire, après la première visite des prélats belges qui sont venus en 1974, le 11 novembre, et la déclaration que j’ai cru devoir faire le 21 novembre, disant : Nous choisissons la Rome de toujours. Nous ne voulons pas de la Rome moderniste. Nous ne voulons pas de la Rome nouvelle qui est moderniste. J’ai dit ça.

Alors pour nous ça ne pose pas de problème, je dirais, parce que nous nous trouvons dans un cadre qui nous permet de faire cela. Mais alors pour tous ces pauvres fidèles qui sont secoués de droite de gauche, il y en a vraiment qui sont dans l’anxiété, c’est vraiment grave.

C’est dommage de penser que tous ces moines et ces moniales qui sont rentrés au Barroux ou chez les Bénédictines, sont rentrés précisément parce qu’ils ont fait ce choix. Ils ne sont pas allés dans les monastères modernistes, qui sont soumis à l’Eglise conciliaire, qui sont soumis à l’Eglise moderniste. Ils ont fait exprès le choix du Barroux pour demeurer dans la Tradition, pour demeurer dans la foi de toujours. Et maintenant, on les met sous l’autorité de l’Eglise conciliaire. Alors on est vraiment stupéfaits de penser que, malgré les constatations qu’ils doivent faire, et ils le savent bien… Non… Ils restent. Ils ne prennent pas le parti de s’en aller ou de fonder un autre monastère, ou de demander à Dom Gérard de donner sa démission et d’être remplacé… Non, rien… On obéit.

Ça a été le cas de Fontgombault lorsque Dom Roy a accepté la messe nouvelle. Ça a été le cas de Dom Augustin lorsqu’il a accepté la messe nouvelle aussi. Et puis ainsi de suite… et de Randol, et de Jouque, les bénédictines de Jouque, les bénédictines qui sont tout près de Tournaye… Et c’est lamentable de voir avec quelle facilité un monastère qui est dans la Tradition passe sous l’autorité conciliaire et moderniste. Et tout le monde reste. C’est dommage et vraiment triste de constater cela…

Alors nous nous réjouissons justement quand nous voyons des articles aussi clairs que celui du Courrier de Rome qui vraiment peut ouvrir les yeux des fidèles et leur donner le courage de résister et de continuer.

C’est la même chose avec la déclaration qu’a faite le bon Père Thomas d’Aquin. Vraiment, sa déclaration qui est sur ce petit journal que commencent nos confrères suisses… et bien, la déclaration y est et je relève surtout ce qu’il dit et qui est très clair :

Nous ne suivons pas Mgr de Castro Meyer ou Mgr Lefebvre comme chefs de file. Nous suivons l’Eglise catholique. Et à l’heure actuelle, ces deux confesseurs ont été les seuls évêques contre l’auto démolition de l’Eglise. Il ne nous est pas possible de nous désolidariser d’eux. Ainsi comme au IVème siècle au temps de l’arianisme, il était un signe d’orthodoxie que d’être en communion avec Athanase.

C’est très juste. Il a raison, il montre le motif du choix qu’il a fait. Alors heureusement, il y a au moins quelques moines qui ont pu se sauver de cette emprise de l’Eglise conciliaire.

Alors évidemment, ceux qui, comme Dom Gérard ou les Sœurs, disent :

– Mais nous n’avons rien changé, il n’y a rien de changé chez nous. Nous continuons les mêmes offices, la même liturgie, les mêmes règlements… Qu’est-ce qu’il y a de changé chez nous ? Pourquoi vous émouvoir ? Il n’y a rien, nous continuons comme autrefois… Mais nous continuons sous une autre autorité…

C’est là le danger. Cette autorité, elle existe. Et elle s’est déjà fait sentir. Il suffit de voir dans le même journal la déclaration de l’Archevêque de Lyon. Ça, c’est clair. Quand il conclue :

– Aidons-nous les uns, les autres sur ce chemin, en restant fermement attachés au Concile Vatican II, à tout le Concile, qui fait partie de la Tradition de l’Eglise. Poursuivons notre travail apostolique en toute confiance. Consacrons le meilleur de nous-mêmes à annoncer l’Evangile, là est l’essentiel. Ce sera l’objectif de notre Synode diocésain dont la préparation va commencer le 2 octobre.

Le Synode diocésain qui va donc régler les rapports entre le diocèse et le monastère. Et quelles vont être les directives qui vont être données à ce moment-là ? Voilà ce qu’il faut attendre ! C’est très joli de dire : rien n’a changé chez nous. Attendons un peu…

Et il n’a pas fallu attendre longtemps pour qu’il y ait des décisions prises, par exemple même au sujet de l’Abbé Bissig et de l’Abbé Baumann. Enfin, ils ont été tous les deux, l’un directeur du séminaire, l’autre sous-directeur du séminaire. Ils ont été professeurs pendant un bon nombre d’années. Et on a loué nos séminaires… puisqu’on les ramasse, on les garde et on les recherche… il faut croire qu’ils ne sont pas si mauvais que ça ! Et puis, dans ce séminaire qui va être fait, comment va se réaliser ce séminaire qui doit continuer, en principe, la Tradition ? Ce séminaire devrait se faire dans ce pèlerinage, n’est-ce pas, d’Igraspa, qui est juste à la limite de la frontière autrichienne et de l’Allemagne… et dans ce pèlerinage où on ne célèbre que la messe nouvelle, et qui est soumis entièrement à l’évêque d’Augsbourg et les professeurs et le directeur du séminaire vont être des prêtres du diocèse, et non pas l’Abbé Bissig et l’Abbé Baumann qui, eux, devront attendre un an et passer un examen devant l’évêque pour pouvoir prendre leurs charges, si toutefois on leur en donne ! S’ils ne voient pas clair, quand même !… C’est exactement la main-mise là déjà, non seulement sur la formation, formation qui va être donnée par des prêtres qui sont évidemment conciliaires, de l’Eglise conciliaire, et puis ensuite même la liturgie. Ils vont être obligés de se soumettre à la liturgie nouvelle. Qu’est-ce qu’ils vont faire ces séminaristes alors ? Ils vont accepter tout ça, comme si de rien n’était ?… Incroyable… ils ne disent pas : – Oh ! il n’y a rien de changé, il n’y a rien de changé… Alors là où c’est possible, déjà l’Eglise conciliaire les soumet immédiatement à l’obéissance à l’Eglise conciliaire.

Evidemment, chez Dom Gérard, il semble bien que c’est plus difficile, c’est plus délicat. Ils ne veulent pas aller trop vite parce qu’ils savent très bien que s’ils y allaient un peu durement et trop vite, peut-être que ça ferait revenir le monastère en arrière et puis qu’il y aurait un retour en arrière. Alors ils s’y prennent habilement, doucement, ils vont attendre un peu… Mais ce qui va probablement se faire, c’est qu’ils vont dire :

– Il faut que vous acceptiez que les prêtres qui vont venir faire une retraite chez vous, les prêtres du diocèse, puissent dire leur messe nouvelle, évidemment, ils sont habitués à la messe nouvelle. On ne peut pas du tout les contraindre à dire la messe ancienne. Ça, il n’en est pas question. Ensuite, quand des diocésains se présentent chez vous et demandent la communion dans la main… nous leur permettons d’avoir la communion dans la main dans toutes les paroisses du diocèse, on ne voit pas pourquoi maintenant que vous faites partie du diocèse et vous faites partie de la pastorale d’ensemble, vous ne pouvez pas refuser les diocésains qui vont se présenter et demander la communion dans la main…

Qu’est-ce qu’ils vont faire, à ce moment-là, les moines du Barroux ? Et bien, ils feront probablement ce qu’a fait Dom Augustin : accepter. On donne la communion dans la main maintenant chez Dom Augustin.

C’est comme ça, il n’y a rien à faire. Ce transfert d’autorité, c’est ça qui est grave, c’est ça qui est excessivement grave. Il ne suffit pas de dire : on n’a rien changé dans la pratique… C’est ce transfert qui est très grave parce que l’intention de ces autorités, c’est de détruire la Tradition. C’est clair : c’est de détruire la Tradition. Il n’en faut plus. Il faut que tout le monde se soumette. C’est ce qu’a dit le Cardinal Ratzinger très clairement dans une interview avec le journal de Frankfort. Il a dit : – Il est inadmissible qu’il y ait des catholiques qui ne se soumettent pas à ce que pense l’ensemble de l’épiscopat. C’est clair.

Alors prions pour tous ces braves gens qui ont des décisions à prendre, pour qu’ils soient fermes et qu’ils demeurent dans la foi…

Mgr Lefebvre, le 8 octobre 1988, la situation après les sacres


La tiare contre le concile Vatican II

Paul VI, afin de bien laisser libre court à toute la perversion contenue dans le concile Vatican II se devait de déposer la tiare. Le concile avait détruit les principes, le dépôt de la tiare devait abattre un symbole.

En 1130, Innocent II adjoignit à la tiare une couronne, symbole de la souveraineté du pape sur les Etats de l’Eglise. Vers 1300, Boniface VIII ajouta une deuxième couronne, symbole de l’autorité spirituelle sur les âmes. Vers 1340, Benoît XII en rajouta une troisième, symbole de l’autorité morale sur les rois.

Lors de son couronnement, le pape se voyait remettre la tiare : « Recevez la tiare ornée de trois couronnes et sachez que vous êtes le père des princes et des rois, recteur de l’univers et sur terre vicaire de Jésus-Christ notre Sauveur. »

Etre père des princes et des rois, c’est donner au pape une autorité morale sur ceux-ci, c’est conformer l’ordre temporel à l’ordre spirituel. Cela va contre naturellement une fausse laïcité qui veut une séparation de l’Eglise et de l’Etat. Cela contredit la liberté religieuse telle que définie au concile Vatican II. Conformer le temporel au spirituel ce n’est pas laisser une simple liberté à l’Eglise dans l’espace public comme le veut le Concile, et pire encore sur le même plan que les fausses religions, mais c’est vraiment faire en sorte que toute chose dans la société soit au mieux conforme à la doctrine de l’Eglise.

Etre recteur de l’univers, c’est revêtir la charge de celui qui lie et qui délie au nom du Christ, c’est être celui qui au nom de Dieu, administre toute chose spirituelle sur Terre. C’est rappeler combien seule l’Eglise fait le lien de la grâce entre Dieu et les hommes, et que jamais le salut ne vient par l’erreur, et que lorsque une âme se sauve malgré les artifices d’une fausse religion c’est encore grâce à cette Eglise. Cette deuxième couronne de la tiare dénonce l’oeucuménisme et la dialogue interreligieux de Vatican II qui voudrait donner à toute religion une valeur de salut.

Etre Vicaire du Christ, comme le rappelait le Cardinal Alfredo Ottaviani, préfet du saint-Office de 1959 à 1968, c’est recevoir « seul, individuellement le mandat, par Notre Seigneur, d’être la base, le fondement de l’Église et d’être le pasteur universel ». « On ne peut pas imposer, même pas un Concile, on ne peut pas donner cette imposition au Saint Père. » Cela va à l’encontre de la collégialité telle que définit par le Concile Vatican II qui fait du collège des évêques en union avec le pape l’organe de direction suprême de l’Eglise, à un tel point que Paul VI le comparait même à un concile permanent.

Coiffer le souverain Pontife de la tiare c’est rappeler toute une doctrine mise à mal par le dernier concile. La révolution ne se contente pas de détruire les principes : elle en abat les symboles qui les rappelle.

Austremoine


La triple désobéissance du cardinal Barbarin

Le primat des Gaules, le cardinal Barbarin joue à l’homme humble quand on lui demande s’il pense pouvoir être élu pape. Pourtant l’archevêque de Lyon est déjà en campagne à la succession de Benoît XVI, n’hésitant pas pour l’occasion à s’opposer à la discipline de l’Eglise.

Non content de faire la promotion de l’ordination des hommes mariés, son éminence se croit permis d’aller contre le nouveau et l’ancien code de doit canon concernant le baptême des enfants éduqués hors de la religion. Dans le cas présent il s’agit du scandale d’un enfant livré aux mains d’une paire d’homosexuels :

« Je suis prêt à baptiser un enfant de couple homosexuel, car je souhaite l’amour de Dieu. » » Cardinal Philippe Barbarin, le 12/02/2013 au Club de la presse de Lyon.

Pourtant l’Eglise dit explicitement le contraire, même dans le nouveau code de droit canon :

« pour qu’un enfant soit licitement baptisé, il faut : (…) § 2 : qu’il y ait un espoir fondé que l’enfant sera éduqué dans la religion catholique (…) » CIC 1983 n° 868

Première désobéissance au code de droit canon.

Le commentaire de l’instruction Pastoralis actio (n° 15) du 20/10/1980 dit la même chose :

« si consciente que soit l’Église de l’efficacité de sa foi opérant dans le baptême des enfants et de la validité du sacrement qu’elle leur confère, elle reconnaît des limites à sa pratique puisque, hors du cas de danger de mort, elle n’accepte pas de donner le sacrement sans le consentement des parents et la garantie sérieuse que le petit baptisé recevra l’éducation catholique (27) », Instruction Pastoralis actio (n° 15) du 20/10/1980

Deuxième désobéissance au souverain Pontife.

La note 27 évoquée par le commentaire précédent dit la chose suivante :

« Il existe en effet une longue tradition, dont se réclamèrent saint Thomas d’Aquin (Summa theologica, IIa IIae, qu. 10, a. 12, in c.) et le Pape Benoît XIV (Instruction Postremo mense du 28 février 1747, nn. 4-5; Denz.-Sch. 2552-2553), qui est de ne pas baptiser un enfant de famille infidèle ou juive, hors le cas de danger de mort (C.I.C. 1917 can. 750, §2), à l’encontre de la volonté de sa famille, c’est-à-dire sauf demande et garanties de sa part. »

Troisième désobéissance à la Tradition.

Pour qui se prend le Cardinal Philippe Barbarin ? Quelle est sa conception de l’obéissance ? Quelles sont les bases de sa théologie si peu catholique ? Que Dieu nous préserve d’un tel pape !

Austremoine


Une FSSPX catholique les dérange

Une FSSPX catholique dérange. On essaye bien de l’affubler de toutes les étiquettes sensées déranger, ainsi on parle d’intégristes, d’anti-sémites, on nous présente comme étant peu délicats et pas très gentils, mais…mais tout cela ne fait pas de nous des non catholiques!

Et son éminence Mgr Morerod en est très tourmenté, tout comme son confrère de France Mgr Planet. L’un et l’autre affirme sans ambages qu’il serait tellement plus simple que la FSSPX ne se dise plus catholique, comme cela elle rentrerait dans le cadre d’une dialogue oeucuménique.

Et bien non. La FSSPX est catholique, ils le savent, et ne peuvent dire le contraire. Elle est tellement catholique que son catholicisme met en relief les carences doctrinales d’une hiérarchie qui se dit catholique mais qui ne l’est plus depuis le funeste Concile Vatican II.

La FSSPX n’a pas de magistère, elle ne fait que rappeler la doctrine constante de l’Eglise depuis presque 2000 ans, doctrine de tant de papes et de Conciles qui s’opposent de façon dotrinale et pratique aux délires conciliaires.

Déclarer la FSSPX hérétique, ils ne le peuvent, à moins de déclarer la doctrine de 2000 ans hérétique. Déclarer la FSSPX schismatique est difficile, car il manque de sérieux arguments et cela ne colle pas très bien dans un langage oeucuméniste « ouvert ». Et puis sur quelle base ? Sur la base d’une désobéissance à l’heure où des conférences épiscopales entières défient le pouvoir du pape ? Ce ne serait pas très crédible.

Et puis surtout, toutes ces vexations n’ont plus de prises. L’effet « kiss cool » est terminé. Ce que le monde voit est une jeunesse qui aspire à une religion du sacré, une jeunesse qui aime la messe en latin, qui veut une cohérence dans la doctrine, qui veut des repaires. Une jeunesse en somme qui veut tout ce que le concile Vatican II a détruit. Ce concile a été dépassé avant d’avoir été achevé.

Dans cette nouvelle église de l’Homme qui s’est fait dieu, les atteintes au Vrai et Unique Dieu ne gênent pas. Laisser l’hérésie prêchée dans l’une de ses églises ne perturbe pas Mgr Morerod. Par contre, laisser des adeptes d’une Fraternité que beaucoup voudrait à tord négationniste et antisémite, voilà quelque chose d’insupportable à leur yeux d’idéologues.

Sauf que n’en déplaise à Mgr Morerod, le protestantisme prive une âme du paradis, du salut éternel, pas le négationnisme. Le salut éternel doit être une préoccupation présente et primordiale pour chacun d’entre nous, les chambres à gaz c’est de l’histoire avec un petit « h », lointaine maintenant…

Vraiment ces progressistes sont des hommes du passé…

Austremoine