Pas de communion possible sans une Foi commune

L’une des grandes préoccupations des catholiques sentimentaux – ou libéraux – est de se savoir en « communion » avec le pape. C’est pourtant un préalable élémentaire, diront certains, à tout catholique d’être en communion avec le Pape et l’Eglise entière.

Hélas, comme souvent, nous sommes nombreux à utiliser un terme qui trouve une signification différente, et le mot « communion » dans son concept est un exemple de la révolution théologique mise en œuvre par le concile Vatican II ; certains théologiens progressistes y voient même le noyau central de la nouvelle ecclésiologie conciliaire.

Le concile a voulu mettre l’Homme au centre de ses préoccupations, au centre de l’Eglise, au centre de la liturgie. Dieu est cause et fin de toute chose, l’Eglise étant le moyen que donne Dieu à l’humanité pour faire son salut en lui confiant le dépôt de la Foi, Foi nécessaire au salut. Là est le seul et unique but de l’Eglise : transmettre la Foi.

Toutes les lois, toutes les structures, toutes les décisions de l’Eglise sont au service de cet unique but : donner la Foi. C’est là aussi que prend tout le sens du rôle du pape comme serviteur des serviteurs de Dieu, pape qui ne détient pas une autorité ordonnée pour elle-même mais ordonnée à la garde de l’intégrité du dépôt reçu.

Et c’est là tout le véritable sens de la « communion de l’Eglise », les baptisés qui partagent une même Foi et les grâces et qui en découlent. L’appartenance à l’Eglise n’est que la conséquence de la Foi donnée par le baptême, et de cette appartenance nous tirons le grand bénéfice de la Communion des saints, magnifique réalité de l’économie du salut qui permet cette grande Charité entre les membres de l’Eglise.

L’optique du Concile est tout autre. La Foi n’est plus à transmettre, elle est à adapter. C’est ainsi qu’on va la moduler, la redéfinir, la transformer afin qu’elle devienne admissible pour ceux qui ne la partagent pas. Ce fut la confusion oeucuméniste du Concile. Ce n’est plus l’Homme qui se laisse façonner par la Foi, c’est la doctrine qui se transforme pour s’adapter aux désirs de l’Homme « moderne ».

Il devient alors difficile de parler d’unité lorsque les croyances divergent. Quel avenir pour l’Eglise garante de cette unité dans la Foi ? Le concile Vatican II a introduit le concept de « communion », d’ « Eglise communion », où l’appartenance à une structure ecclésiale devient la cause de l’appartenance à l’Eglise, et non plus la conséquence. C’est ainsi que la révolution progressiste s’imposa : sous couvert d’autorité, sous couvert de « communion » avec le pape, on a assisté aux délires les plus extravagants.

Quid de la Foi ? Ce n’est plus l’objet. Quels que soient les arguments on vous rétorquera qu’il faut « être en communion ». L’autorité n’est plus au service de la Foi, elle ne confirme plus la Foi, elle se fait principe et fin, elle s’érige au service d’elle-même. C’est ainsi que la « communion » conciliaire se fait sans le préalable du partage d’une même Foi.

Est-il important d’être « en communion avec Rome », avec l’Eglise ? Tout dépend du sens que vous mettez derrière ce mot.

Si communion signifie pour vous l’adhésion à la Foi catholique pleine et entière sans entrave, sans ambiguïté, sans altération, avec la soumission de notre volonté et de notre intelligence à ce don de Dieu lors de notre baptême, alors de fait, la question ne se pose plus, car vous êtes en pleine communion avec l’Eglise militante, souffrante, et glorieuse, vous êtes dans la Communion des saints.

Si communion signifie pour vous une reconnaissance visible ayant pour objet premier d’être reconnu dans une structure en mettant au second plan le dépôt de la Foi en acceptant le cas échéant quelque entrave, ambiguïté ou altération, c’est que votre esprit s’est déjà laissé pourrir par le poison conciliaire.

La Fraternité Saint Pie-X ne souffre d’aucun défaut tant qu’elle reste attachée avant toute chose à la Foi, les éventuelles « irrégularités » n’en n’étant que la conséquence et étant donc par le fait même justifiées. A contrario, ceux qui ont fait d’une reconnaissance un but au prix de quelque silence ou ambiguïté au niveau de la Foi, blessent l’Eglise dans sa raison d’être.

Austremoine


On nous avait dit…

On nous en dit des choses, beaucoup. Beaucoup de bêtises aussi. Il est vrai que le 20ème siècle et son virtuel avancé n’aide pas tout le monde à faire la différence entre rêve et réalité. Pourtant Benoît XVI était bien tout aussi réel que le pape François.

La première réalité est que Benoît XVI n’était pas éternel : avoir fondé des espoirs sur sa seule personne en ayant occulté la mise à mal des principes ne peut que constituer des désillusions amères et un aveuglement tragique.

La deuxième est que si Benoît XVI fut un artisan enthousiaste du concile Vatican II, le pape Bergoglio en est un fruit qui n’a connu comme prêtre que les réformes conciliaires. Il y a une vraie continuité entre les deux papes, une vraie filiation, idéologique, doctrinale, pas seulement « pétrinienne ».

La troisième est que le Pape François a été élu rapidement, très rapidement, par une majorité de cardinaux dont nombre d’entre eux fut nommé par Benoît XVI. Un pape progressiste élu par une majorité de conservateurs ? Allons… A Rome, quoiqu’on en dise ou qu’on veuille nous faire croire, les gloires de Vatican II sont loin d’être éteintes, et cette funeste assemblée reste la référence au plus haut sommet de l’Eglise.

Dure leçon de l’histoire qui nous apprend encore une fois que les bases solides d’une restauration de l’Eglise ne pourront venir que du retour de la Tradition à Rome, dans les principes, et pas seulement dans les bons sentiments et l’esthétique. Cela n’empêchera pas les éternels bisounours de s’accrocher désespérément aux rares signaux qui pourraient leur faire croire à une Rome traditionnelle comme pour mieux ignorer ou relativiser l’incendie qui détruit l’Eglise du Christ.

Le docteur angélique avait tout compris : on ne peut appuyer un raisonnement sain que sur le réel. Le réel est tout aussi nécessaire aux traditionalistes que la Tradition est nécessaire à l’Eglise. Il suffit d’y revenir, humblement. Qu’il est contraignant ce réel…

Austremoine


Voilà notre nouveau pape, François

Voilà notre nouveau pape, François. Personne n’aurait cru que Benoît XVI quitterait l’estrade aussi vite, et pourtant… La providence a su nous ménager une des surprises dont elle a l’habitude, déjouant beaucoup de plans et de perspectives.

Benoît XVI avait remis un peu de dignité dans la liturgie : c’est terminé. Il avait redonné une apparence traditionnelle à certains aspects de la vie de l’Eglise, repris l’usage d’une sémantique parfois oubliée. C’est aussi du passé. Mais dans le fond il est resté un pape d’Assise, un pape qui a béatifié et redit sa foi dans le concile Vatican II. François I sera dans cette continuité.

Les premiers pas du nouveau souverain Pontife ne laisse pas de place au doute : quelques heures ont suffit pour charger de symboles un pontificat qui s’annonce très progressiste. La seule inconnue peut-être est celle de la réception des grâces d’état que fera le nouveau pape et la liberté qui sera donnée aux ennemis de tout ce qui est de près ou de loin traditionnel.

L’illusion des trompés volontaires est terminée. Le pape François est là qui va illuminer d’une lumière crue l’impossibilité de s’entendre d’un point de vue pratique tant le fossé doctrinal qui nous sépare est profond.

Il nous faut tous approfondir de façon honnête la pensée profondément antilibérale et catholique du fondateur de la FSSPX et ré-aiguiser ce fer de lance qu’elle est, prodige et œuvre de la providence dans cette crise terrible, contre un Concile mortifère et pour la profession de la Foi, sans entrave, sans limite, sans compromis, sans ambiguïté, avec cette force des enfants de Dieu libres dans la Foi et la Vérité.

Que la providence qui a veillée est bonne !