Abbé Guy Pagès : lettre ouverte au pape François

La lettre reproduite ci-dessous a été écrite par l’abbé Guy Pagès, excellent connaisseur de l’Islam et prêtre du diocèse de Paris. Elle montre de facto avec gravité l’ornière dans laquelle se trouve l’Eglise paralysée par la doctrine conciliaire et notamment celle de l’oeucuménisme et de la liberté religieuse.

Les conséquences ne sont pas uniquement théoriques, intellectuelles, théologiques, les conséquences sont pratiques, physiques, corporelles. Les chrétiens de ces pays, qui voient leurs femmes, enfants et familles assassinés, en savent quelque chose. C’est aussi pour nous demain une question de vie ou de mort.

Source : Islam et vérité

Très Saint-Père,

Loué soit Notre Seigneur Jésus-Christ qui vous a confié la mission de conduire son Église !

Permettez-moi au nom de nombreuses personnes choquées par votre lettre aux musulmans à l’occasion de l’Id al-Fitr[1], et en vertu du canon 212 § 3,[2] de vous faire part des réflexions de cette Lettre ouverte.

En saluant avec « un grand plaisir » les musulmans à l’occasion du ramadan considéré comme un temps consacré « au jeûne, à la prière et à l’aumône », vous semblez ignorer que le jeûne du ramadan est tel que « le chariot moyen d’une famille qui fait le ramadan augmente de 30 % »[3], que l’aumône musulmane est à destination des seuls musulmans nécessiteux, et que la prière musulmane consiste à notamment rejeter cinq fois par jour la Foi en la Trinité et en Jésus-Christ, à demander la faveur de ne pas suivre le chemin des égarés que sont les chrétiens… De plus, durant le ramadan, la délinquance augmente de façon vertigineuse.[4]  Y a-t-il réellement en ces pratiques quelque motif d’éloge possible ?

Votre lettre affirme que nous devons avoir de l’estime pour les musulmans et « spécialement envers leurs chefs religieux », mais vous ne dites pas à quel titre. Puisque vous vous adressez à eux en tant que musulmans, il s’en suit que cette estime s’adresse aussi à l’islam. Or, qu’est-ce que l’islam pour un chrétien, sinon, puisqu’« il nie le Père et le Fils » (1 Jn 2.22), un des Antichrist les plus puissants qui soient, en nombre et en violence (Ap 20.7-10) ? Comment peut-on estimer à la fois le Christ et ce qui s’oppose à Lui ?

Votre message note ensuite que « les dimensions de la famille et de la société sont particulièrement importantes pour les musulmans en cette période » de ramadan, mais ce qu’il ne dit pas, c’est que le ramadan sert de formidable moyen de conditionnement social, d’oppression, de flicage des insoumis au totalitarisme islamique, bref de négation totale du respect que vous évoquez… Ainsi l’article 222 du Code pénal marocain stipule que : « Celui qui, notoirement connu pour son appartenance à la religion musulmane, rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le temps du Ramadan, sans motif admis par cette religion, est puni de l’emprisonnement d’un à six mois et à une amende ». Et il ne s’agit que du Maroc…

Quels « parallèles » réussissez-vous à trouver entre « les dimensions de la famille et de la société musulmane » et « la foi et la pratique chrétiennes », puisque le statut de la famille musulmane inclut la polygamie (Coran 4.3 ; 33.49-52,59), la répudiation (Coran 2.230), l’infériorité ontologique et juridique de la femme (Coran 4.38 ; 2.282 ; 4.11), le devoir pour son mari de la battre à son gré (Coran 4.34), etc. ? Quel parallèle peut-il y avoir entre la société musulmane bâtie à la gloire de l’Unique, et qui de ce fait ne peut tolérer l’altérité ni la liberté, ni non plus en conséquence distinguer les domaines religieux et spirituel ? « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul ! » (Coran 60.4), et la société chrétienne qui, parce que bâtie à la gloire du Dieu Un et Trine, valorise le respect des légitimes différences ? A moins qu’il faille entendre par « parallèle » non ce qui se ressemble et donc s’assemble, mais ce qui au contraire ne se rejoint jamais ? Auquel cas, l’équivoque sert-elle la clarté de votre propos ?

Vous proposez à vos interlocuteurs de réfléchir à « la promotion du respect mutuel à travers l’éducation », en laissant croire qu’ils partagent avec vous des mêmes valeurs d’humanité, de « respect mutuel ». Mais tel n’est pas le cas. Pour un musulman, il n’y a pas de nature humaine à laquelle se référer, ni de bien connaissable par la raison : l’homme et son bien ne sont que ce que le Coran en dit. Or le Coran apprend aux musulmans que notamment les chrétiens, parce qu’ils sont chrétiens, « ne sont qu’impureté » (Coran 9.28), les « pires de la création » (Coran 98.6), « plus vils que des bêtes » (Coran 8.22 ; cf. 8.55)[5]… Parce que l’islam est la vraie religion (Coran 2.208 ; 3.19,85), qui doit dominer sur toutes les autres, jusqu’à les éradiquer complètement (Coran 2.193), ceux qui ne sont pas musulmans ne peuvent qu’être des pervers et des maudits (Coran 3.10,82,110 ; 4.48,56,76,91 ; 7.144 ; 9.17,34 ; 11.14 ; 13.15,33 ; 14.30 ; 16.28-9 ; 18.103-6 ; 21.98 ; 22.19-22,55 ; 25.21 ; 33.64 ; 40.63 ; 48.13) que les Musulmans doivent combattre sans cesse (Coran 61.4,10-2 ; 8.40 ; 2.193), par la ruse (Coran 3.54 ; 4.142 ; 8.30 ; 86.16), la terreur (Coran 3.151 ; 8.12,60 ; 33.26 ; 59.2), et toutes sortes de châtiments (Coran 5.33 ; 8.65 ; 9.9,29,123 ; 25.77) comme la décapitation (Coran 8.12 ; 47.4) ou la crucifixion (Coran 5.33) en vue de les éliminer (Coran 2.193 ; 8.39 ; 9.5,111,123 ; 47.4) et anéantir définitivement (Coran 2.191 ; 4.89,91 ; 6.45; 9.5,30,36,73 ; 33.60-2 ; 66.9). « Ô vous qui croyez ! Combattez à mort les incroyants qui sont près de vous et qu’ils trouvent en vous la rudesse… » (Coran 9.124) ; « Puisse Allah les maudire ! » (Coran 9.30 ; cf. 3.151 ; 4.48)… Très Saint Père, peut-on oublier, lorsque l’on s’adresse à des musulmans, qu’ils ne sauraient s’aventurer hors du Coran ?

Vos appels « à respecter dans chaque personne, […] tout d’abord sa vie, son intégrité physique, sa dignité avec les droits qui en découlent, sa réputation, son patrimoine, son identité ethnique et culturelle, ses idées et ses choix politiques. » ne sauraient infléchir les dispositions données par Allah, qui sont immuables, et dont je viens d’énumérer certains d’entre elles. Mais s’il faut respecter d’autrui « ses idées et ses choix politiques », comment s’opposer alors à la lapidation, à l’amputation et à toutes sortes d’autres pratiques abominables commandées par la charia ? Votre beau discours ne peut pas émouvoir les musulmans : ils n’ont pas de leçon à recevoir de nous qui ne sommes « qu’impureté » (Coran 9.28). Et si cependant ils vous en félicitent, comme l’ont fait ceux d’Italie, c’est parce que la politique du Saint-Siège sert grandement leurs intérêts en faisant passer leur religion pour respectable aux yeux du monde, faisant croire qu’elle les conduit à considérer les valeurs universelles que vous préconisez… Ils vous féliciteront tant qu’ils seront, comme en Italie, en situation minoritaire. Mais lorsqu’ils ne le seront plus, arrivera ce qui arrive partout où ils sont majoritaires : tout groupe non-musulman doit disparaître (Coran 9.14 ; 47.4 ; 61.4 ; etc.) ou payer la jyzaia pour racheter son droit de survivre (Coran 9.29). Vous ne pouvez ignorer cela, mais comment pouvez-vous, en le cachant alors aux yeux du monde, favoriser l’expansion de l’islam auprès des innocents ou naïfs ainsi abusés ? Peut-être regardez-vous les compliments qui vous ont été adressés comme un gage de fécondité de votre attitude ? Vous ignoreriez alors le principe de la takyia, commandant d’embrasser la main que le musulman ne peut couper (Coran 3.28 ; 16.106). Mais que valent au fond de tels échanges de politesse ? Saint Paul ne disait-il pas : « Si je cherchais à plaire aux hommes, je ne serai plus le serviteur du Christ. » (Ga 1.10) ? Jésus a annoncé comme maudits ceux qui sont l’objet de la louange de tous (Lc 6.26). Mais si même vos ennemis naturels vous louent, qui ne vous louera pas ? La mission de l’Église est-elle d’enseigner les bonnes manières de vivre en société ? Saint Jean-Baptiste serait-il mort s’il s’était contenté de souhaiter une belle fête à Hérode ? Peut-être dira-t-on qu’il n’y a pas de comparaison possible avec Hérode, parce qu’Hérode vivait dans le péché et que c’était du devoir d’un prophète de dénoncer le péché ? Mais si tout chrétien est devenu prophète le jour de son baptême, et si le péché est de ne pas croire en Jésus, Fils de Dieu Sauveur (Jn 16.9), ce dont se fait précisément gloire l’Islam, comment un chrétien pourrait-il ne pas dénoncer le péché qu’est l’islam et appeler à la conversion « à temps et à contretemps » (2 Tm 4.2) ? Puisque la raison d’être de l’Islam est de remplacer le christianisme qui aurait perverti la révélation du pur monothéisme par la foi en la Sainte Trinité, en sorte que Jésus ne serait pas Dieu, qu’Il ne serait ni mort, ni ressuscité, qu’il n’y aurait pas de Rédemption, et que Son œuvre est ainsi réduite à néant, comment ne pas dénoncer l’Islam comme l’Imposteur annoncé (Mt 24.4,11,24) et le prédateur par excellence de l’Église ? Au lieu de chasser le loup, la diplomatie vaticane donne l’impression de préférer le nourrir de ses flatteries, et de ne pas voir qu’il n’attend que d’être suffisamment engraissé pour faire ce qu’il fait partout où il est devenu suffisamment fort et vigoureux. Faut-il rappeler le martyre que vivent les chrétiens en Égypte, au Pakistan et partout où l’Islam est au pouvoir ? Comment le Saint-Siège pourra-t-il porter la responsabilité de cautionner l’islam en le présentant comme un agneau, alors qu’il est un loup qui se déguise en agneau ? A Akita, la Vierge Marie nous a prévenus : « Le Démon s’introduira dans l’Église car elle sera pleine de ceux qui acceptent les compromis. »…

Très saint Père, comment votre lettre peut-elle affirmer que : « notamment entre chrétiens et musulmans, ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs. » ? Comment peut-on respecter l’islam, qui blasphème continuellement la Sainte Trinité et Notre Seigneur Jésus-Christ, accuse l’Église d’avoir falsifié l’Evangile et cherche à la supplanter (Ap 12.4) ? Est-ce que saint Irénée, qui a écrit « Contre les hérésies », saint Jean Damascène, qui a écrit « Des hérésies » où il relève « maintes absurdités si risibles rapportés dans le Coran », saint Thomas d’Aquin, avec sa « Somme contre les Gentils », et tous les Saints qui se sont employés à critiquer les fausses religions, n’étaient donc pas chrétiens pour que vous condamniez aujourd’hui rétrospectivement leur action, comme aussi celle des quelques rares apologètes contemporains ? Du champ de coopération de la raison et de la foi, si encouragée par Benoît XVI, devrait être exclu le fait religieux ? Si l’on suit l’appel formulé par votre lettre, Saint-Père, il faut alors demander avec l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI)[6] la condamnation partout dans le monde de toute critique de l’Islam, et ainsi coopérer avec l’OCI à répandre l’islam, qui enseigne, je le répète, que le christianisme étant corrompu, l’islam vient le remplacer… Pourquoi vouloir avec l’OCI museler l’apologétique chrétienne ?

Aussi vrai que l’on ne sème pas dans des ronces (Mt 13.2-9) mais que l’on commence par les arracher avant que de pouvoir semer, il en est ainsi que l’on ne peut annoncer la Bonne Nouvelle de son salut à une âme musulmane tant elle est vaccinée, immunisée,  dès sa prime enfance contre la Foi chrétienne (Coran 5.72 ; 9.113 ; 98.6…), remplie de préjugés, de calomnies et de toutes sortes de faussetés au sujet du Christianisme. Il faut donc nécessairement commencer par critiquer l’Islam, « ses enseignements, ses symboles et ses valeurs », pour détruire en elle les contrevérités qui la rendent ennemie du christianisme. Saint Paul ne demande pas d’utiliser seulement « les armes défensives de la justice » mais aussi « les armes offensives » (2 Co 6.7). Où sont ces dernières dans la vie de l’Église d’aujourd’hui ?

Oh, certes, s’associer à la joie de braves gens ignorants la Volonté de Dieu et leur souhaiter un bon ramadan ne semble pas être une mauvaise chose en soi, tout comme le pensait saint Pierre de la légitimation qu’il donnait des usages juifs… sous la peur, déjà, des proto-musulmans, qu’étaient les judéo-nazaréens ! Mais saint Paul l’en a corrigé devant tout le monde en lui montrant qu’il y avait plus important à faire que de chercher à plaire à des faux-frères (Ga 2.4,11-14 ; 2 Co 11.26 ; Coran 2.193 ; 60.4 ; etc.). Si saint Paul a raison, comment dire qu’il ne faut pas critiquer « la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs » ?

En ne voulant pas critiquer l’Islam, votre lettre justifie notamment les évêques qui vont poser la première pierre des mosquées, ce qu’ils font eux-aussi par courtoisie, par souci de plaire à tout le monde et favoriser la paix civile. Lorsque demain leurs fidèles seront devenus musulmans, ceux-ci pourront dire que c’est leur évêque qui, au lieu de les en garder, leur aura montré le chemin de la mosquée… Et ils pourront dire aussi la même chose au sujet du Saint-Siège, puisqu’il leur aura appris à ne pas penser la vérité au sujet de l’islam, mais à l’honorer comme étant bon et respectable en soi…

Votre lettre justifie vos vœux de bonne fête de ramadan en affirmant qu’« Il est clair que, quand nous montrons du respect pour la religion de l’autre ou lorsque nous lui offrons nos vœux à l’occasion d’une fête religieuse, nous cherchons simplement à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au contenu de ses convictions religieuses. » Comment se réjouir d’une joie qui glorifie l’islam ? L’attitude que vous préconisez, Très Saint-Père, s’accorde-t-elle avec le commandement de Jésus : « Que votre langage soit ‘Oui ? oui’, ‘Non ? non’ : ce qu’on dit de plus vient du mauvais. » (Mt 5.37) ? Et même si l’on pourrait croire ne pas pécher en souhaitant un bon ramadan en raison de la restriction mentale niant le lien entre ramadan et islam (une négation qui montre bien que ce comportement pose tout de même problème), cela s’accorde-t-il avec la charité pastorale qui veut qu’un pasteur se soucie de la façon dont son geste est compris par ses interlocuteurs ? En effet, que peuvent penser les musulmans nous entendant leur souhaiter un bon ramadan, sinon que soit nous sommes des idiots, incompréhensiblement obtus, à coup sûr maudits par Allah, pour ne pas devenir nous-mêmes musulmans, puisque nous reconnaitrions ce faisant que leur religion est non seulement bonne (puisque capable de leur donner la joie que nous leur souhaitons), mais certainement supérieure au christianisme (puisque postérieure à celui-ci), soit que nous sommes des hypocrites n’osant pas leur dire en face ce que nous pensons de leur religion, ce qui équivaut à reconnaître que nous avons peur d’eux et qu’ils sont donc déjà devenus nos maîtres ? Peuvent-ils avoir une autre interprétation s’ils raisonnent en musulmans ?

Nombre de musulmans m’ont déjà fait part de leur joie que vous honoriez leur religion. Comment pourront-ils jamais se convertir si l’Église les encourage à pratiquer l’islam ? Comment le Saint-Siège pense-t-il leur annoncer la fausseté de l’islam et le devoir où ils sont de le quitter pour se sauver en recevant le saint baptême ? Ne favorise-t-il pas le relativisme religieux pour lequel peu importe ce qui différencie les religions, ce qui compterait étant seulement ce qu’il y a de bon en l’homme et qui le sauverait indépendamment de sa religion ?

Les premiers chrétiens ont refusé de participer aux cérémonies civiles de l’Empire romain consistant à faire brûler un peu d’encens devant une statue de l’Empereur, rite pourtant apparemment tout à fait louable puisque censé favoriser la coexistence et l’unité des populations si diverses et des religions si nombreuses de l’immense Empire romain. Les premiers chrétiens, pour qui la prédication de l’unicité de la seigneurie de Jésus était plus importante que toute réalité de ce monde, fut-ce celle de l’estime de leur concitoyens, ont préféré signer de leur sang l’originalité de leur message. Et si nous aimons notre prochain, quel qu’il soit, musulman compris, en tant qu’il est un membre de l’espèce humaine comme nous, voulu et aimé de toute éternité par Dieu, racheté par le Sang de l’Agneau sans tâche, Jésus nous a enseigné à renier tout lien humain s’opposant à Son amour (Mt 12.46-50 ; 23.31 ; Lc 9.59-62 ; 14.26 ; Jn 10.34 ; 15.25). Au nom de quelle fraternité dès lors pourrait-on appeler les musulmans « nos frères » (Cf. votre allocution du 29.03.2013) ? Y-aurait-il une fraternité qui transcenderait toutes les appartenances humaines, y compris celle de la communion au Christ, rejetée par l’islam, et qui finalement seule importerait ? La volonté de Dieu, qui est que nous croyons au Christ  (Jn 6.29), fait que « nous ne connaissons plus personne selon la chair » (2 Co 5.16).

Peut-être la diplomatie vaticane pense-t-elle qu’en taisant ce qu’est l’Islam elle va épargner la vie des malheureux chrétiens en pays musulmans ? Non, l’Islam continuera à les persécuter (Jn 16.2), et ce d’autant plus qu’il verra que rien ne s’oppose à lui, et parce que telle est sa raison d’être (Coran 9.30). Ces chrétiens, comme tous les chrétiens, n’attendent-ils pas plutôt que vous leur rappeliez que tel est le lot ici-bas de tout disciple du Christ que d’être persécuté à cause de Son Nom (Mt 16.24 ; Mc 13.13 ; Jn 15.20) et que c’est une grâce insigne dont il faut savoir se réjouir ? Jésus nous a commandé de ne rien craindre des tourments de la persécution (Lc 12.4), et aux Frères persécutés à cause de notre Foi de se réjouir de la Huitième Béatitude (Mt 5.11-12). Cette joie, n’est-elle pas le meilleur témoignage à donner ? Quel meilleur service pourrions-nous rendre aux fervents musulmans ne craignant pas de mourir tant ils sont sûrs d’aller jouir des Houris qu’Allah leur promet pour prix de leur crimes, que de leur montrer des chrétiens heureux de donner leur vie, eux, par pur amour de Dieu et du salut de leur prochain ? Votre lettre évoque le témoignage de saint François, mais elle ne dit pas que saint François envoya des Frères évangéliser les musulmans du Maroc, sachant qu’ils y seraient très probablement martyrisés, ce qui fut effectivement le cas, et qu’il entreprit d’évangéliser lui-même le Sultan Al Malik Al Kamil.[7] La charité dénonce le mensonge et appelle à la conversion.

Très Saint Père, nous avons du mal à retrouver dans votre Message aux musulmans l’écho de la charité de Saint Paul commandant : « Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? Quelle entente entre le Christ et Béliar ? Quelle association entre le fidèle et l’infidèle ? » (2 Co 6.14-15), ou celle du doux saint Jean de ne pas accueillir chez nous quiconque rejette la Foi catholique, de ne pas même le saluer sous peine de participer à « ses œuvres mauvaises » (2 Jn 7-11)… En saluant les musulmans à l’occasion du ramadan, ne participe-t-on pas à leurs œuvres mauvaises ? Qui haït aujourd’hui jusqu’à leur tunique (Jude 23) ? La doctrine des Apôtres n’est-elle plus d’actualité ?

Oui, le concile Vatican II appelle les chrétiens à oublier le passé, mais cela ne peut vouloir dire autre chose qu’oublier les éventuels ressentiments dus aux violences et injustices subies tout au long des siècles par les chrétiens, et pour ce qui nous intéresse, infligés par les musulmans. Car autrement, oublier le passé, ne serait-ce pas se condamner à revivre les mêmes malheurs que jadis ? Sans mémoire, peut-il même y avoir identité ? Sans mémoire, pourrions-nous avoir un avenir ?

Très Saint Père, avez-vous lu la Lettre ouverte de M. Christino Magdi Allam [8], ex-musulman baptisé par Benoît XVI en 2006, par laquelle il annonce quitter l’Église en raison de la compromission de celle-ci avec l’islamisation de l’Occident ? Cette lettre est un terrible coup de tonnerre dans le ciel blafard des lâchetés et tiédeurs ecclésiales, et devrait constituer pour nous un formidable avertissement !

Très Saint Père, c’est parce que la diplomatie n’est pas couverte par le charisme de l’infaillibilité, et que votre Message aux musulmans à l’occasion de la fin du Ramadan n’est pas un acte magistériel, que je prends la liberté de le critiquer respectueusement et ouvertement (can 212 §3)[9]. Sans doute avez-vous considéré qu’avant de parler ‘théologie’ avec les musulmans, il convenait de disposer d’abord leurs cœurs par un enseignement sur le devoir, pourtant élémentaire, de respecter autrui. Je tenais à vous dire qu’il nous semble qu’un tel enseignement devrait se faire en dehors de toute référence à l’islam, afin d’éviter toute ambigüité à son sujet. Pourquoi pas à l’occasion du Premier de l’An, ou de Noël ? Ce n’est certainement pas sans raison que Benoît XVI avait dissous le Conseil Pontifical pour le Dialogue interreligieux et en avait transféré les prérogatives au Conseil Pontifical pour la Culture… Cela étant dit, je renouvelle l’engagement de ma fidélité à la Chaire de saint Pierre, dans la foi en son infaillible magistère, ayant le désir de voir tous les catholiques ébranlés dans leur foi par votre Message aux musulmans à l’occasion de la fin du Ramadan, faire de même.

Abbé Guy Pagès



[2] « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. » (Can. 212 § 3).

[5] « au même titre que l’excrément, l’urine, le chien, le vin. » précise l’ayatollah Khomény, in Principes politiques, philosophique, sociaux et religieux, Éditions Libres Hallier, Paris, 1979.


Légitime parce que d’autorité ou d’autorité parce que légitime ?

Le rapport entre l’autorité et la légitimité d’un acte posé par elle a été très bien résumée lors du symposium théologique de Paris en octobre 2005. Voici ce qu’on y lit :

« Dans une étude présentée au Congrès de Si Si No No de 2004, le professeur Pasqualucci a analysé le texte du second Concile de Nicée (787), qui invalida le conciliabule de Constantinople de 753, créé ad hoc pour approuver les thèses iconoclastes.

Dans ce texte sont formulées expressément les conditions requises pour la validité d’un Concile, parmi lesquelles figure la « profession d’une doctrine cohérente avec les précédents conciles » (G. ALBERIGO, Introduction à Décisions des conciles œcuméniques, Turin, UTET, 1978, p. 34.). Face à un concile (celui de Constantinople) qui avait contredit les enseignements des Conciles précédents, la position des pères réunis à Nicée fut nette : « Comment un concile, qui ne concorde pas avec les six conciles saints et œcuméniques qui l’ont précédé, pourrait-il être le septième? »(Cit. in V. PERI : Les Conciles et les Églises. Recherche historique sur la tradition d’universalité des synodes œcuméniques, Rome 1965, pp. 24-25.). Il est intéressant de remarquer la logique de ce passage : un Concile est orthodoxe parce que son contenu est orthodoxe, et non l’inverse.

L’orthodoxie de la doctrine, sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, est donc la condition sine qua non de validité d’un Concile.

Ce principe, qui renvoie à ce que nous affirmions au sujet du rapport autorité-vérité, manifeste de façon limpide la mens catholica : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne.

Le sophisme sous-jacent à tant de conceptions erronées de l’autorité peut être énoncé de la façon suivante : une chose est vraie, elle est légitime, parce qu’elle est enseignée ou posée par l’autorité. La perspective catholique, au contraire, de même que celle de toute saine philosophie, affirme : puisqu’une chose est vraie et légitime, elle est enseignée et posée par l’autorité. »

Il n’est pas difficile d’appliquer ce principe au Novus Ordo Missae : c’est un grave sophisme de dire que celui-ci est légitime parce que l’autorité qui l’a promulgué est légitime, et il est gravissime d’entendre justifier la légitimité de sa promulgation par ce sophisme.

Par contre il convient de dire, que si cette nouvelle messe avait été vraie et légitime, alors l’autorité aurait dû l’imposer. Et comme ce n’est pas le cas, non seulement il n’est pas légitime pour cette autorité de promulguer cette nouveauté, mais il est légitime et nécessaire de la combattre.

On ne peut donc admettre la légitimité du Novus Ordo Missae ni de part sa constitution en elle-même qui pèche gravement, ni de par l’autorité qui l’a promulgué et qui par le fait même commet un abus d’autorité.

Austremoine


Delendum Concilium est

Comme toutes les véritables révolutions, celle du concile Vatican II n’a rien laissé au hasard et n’a rien épargné. Les éléments les plus évidents ont été ceux de la liturgie et de la doctrine – liberté religieuse, collégialité et œcuménisme -, mais plus subversif encore, celui de la sémantique.

On peut revenir sur la liturgie, il suffit de le décider et de l’imposer, il est plus difficile de revenir sur la doctrine, bien qu’on puisse de nouveau l’enseigner. Il est quasiment irréversible de revenir sur une sémantique faussée et détournée qui coupe tout lien entre les époques, le réel et l’intelligence.

Une personne raisonne avec des mots, ces mots recouvrant une réalité, des concepts. Si deux personnes utilisent le même mot pour deux réalités différentes, la communication sera très difficile et tournera vite à l’incompréhension. Imaginez un pilote et son copilote, avec l’un et l’autre ayant une compréhension différente de ce qu’est la droite et la gauche, l’accélérateur et le frein, la marche arrière et la marche avant etc… Il n’est pas difficile d’imaginer que la voiture ira vite dans le fossé !

C’est le problème actuel. On peut toujours parler du Concile, de la liberté religieuse, de la nouvelle messe, de tout ce qui pose problème ! Mais avec quels mots ? Parlez de Dieu, de sacerdoce, de liberté, de magistère, de communion, de sacrifice, de propitiation, de pouvoir, de justification…et la liste pourrait être si longue ! Tous ces mots pourtant si nécessaires à une confrontation théologique sont devenus inutilisables car ils revêtent pour l’une et l’autre partie des sens complètement différents.

Un de mes cousins, religieux conservateur me disait attristé : « c’est terrible, j’ai comme l’impression que même Saint Thomas d’Aquin ne peut plus nous servir de base commune ». C’est si vrai. Si nous sommes deux à lire Saint Thomas avec le langage de Saint Thomas selon la conception de Saint Thomas, alors il y a une chance de pouvoir discuter. Mais si on lit Saint Thomas à la lumière sémantique de Kant, Hengel  ou  tout autre « philosophe » moderne, alors le problème reste entier, et même il s’aggrave d’avantage.

C’est l’un des grands dangers de l’herméneutique de la continuité, qui éventuellement ne refusera pas l’étude de saint Thomas mais avec une perception déformée des mots employés. Les progressistes pourront alors se vanter d’accepter la Tradition théologique de l’Eglise !

Il n’y a pas d’autre possibilité que de refuser de façon absolue non seulement la nouvelle doctrine mais également la nouvelle sémantique. Ne rentrons pas dans le piège de la « communion », cette notion fourre-tout qui justifie tout pourvu que l’on soit en « communion » avec le pape, sans se soucier de la Foi professée ! Refusons d’utiliser les termes « forme ordinaire et extraordinaire » qui n’a pour d’autre but de faire oublier qu’il a en substance deux rites radicalement opposés.

Etudions réellement le sens des mots, sacerdoce, liberté, libre arbitre, propitiation etc… tous ces mots dont la révolution conciliaire s’empare pour mieux les détruire. Redonnons aux mots leur vrai sens.

Le Concile n’est pas juste un événement qu’il faut dépasser, ce n’est pas un faux pas qu’il faut relativiser, ce n’est pas un texte ambigüe qu’il faut interpréter. Le concile Vatican II a été une révolution complète, qui n’a rien épargné, jusque dans les mots.

« Delenda Carthago est » : Rome avait compris qu’elle ne survivrait pas sous les mêmes cieux que Carthage. La Tradition ne peut pas survivre sous les mêmes auspices que l’Eglise conciliaire. « Delendum Concilium est ».

Austremoine


Hispalensis : une triste épave confondue au milieu des autres épaves conciliaires

Source : La Porte Latine

On peut trouver cette petite réflexion qui date de 2009 sur La Porte Latine. Elle permet un fois de plus de voir encore s’il en était besoin la position sage et éprouvée que doit tenir la Tradition dans cette crise de l’Eglise par rapport à la question des accords.

À droite, certains sédévacantistes et leurs affidés accusent la Fraternité Saint-Pie X d’avoir capitulé en rase campagne. À gauche, on voudrait qu’elle devienne une copie conforme des Ecclesia Dei, et au plus vite. Et, si possible, au pas de charge.

Mais il appert que certaines questions s´imposent :

En quoi tous ces ralliements faits depuis 1988 ont-ils empêché les dérives actuelles ? Tous ces évêques qui sont en pleine communion purement formelle avec le Pape et qui agissent, le moment venu, en faisant fi de cette communion tant proclamée? Tous ces prêtres, devenus travailleurs sociaux, qui ne prêchent plus la doctrine catholique, qui en ignorent même de larges pans, mais qui prêtent leur voix sacerdotale, peut-être en toute bonne volonté, à tous les lieux communs de l´humanitarisme à la page ?

Cet émiettement accéléré du catholicisme dans des pays comme l´Argentine ou le Brésil, chose impensable il y a encore vingt ans, où des milliers de personnes par jour abandonnent l´Église pour les sectes pentecôtistes ? Des pays où cette pierre miliaire qu´est le Summorum pontificum reste à peu près lettre morte et où la volonté de Benoît XVI d´une liturgie plus digne, ouverte au sacré et pas fermée sur l´homme, est constamment bafouée par la première « équipe liturgique » venue ?

Et pourquoi ceux qui n´aiment pas la FSSPX, ceux qui ne partagent pas son combat, ceux qui pensent que Mgr Lefebvre s´est engagé dans le schisme, donnent tant d´importance à 4 évêques, 500 prêtres et 250 000 fidèles ?

Enfin, ma conviction profonde est la suivante : si la FSSPX acceptait, à la va-vite, des « accords pratiques », en la fermant, passez-moi ce bon tour familier, et trouvant du coup sa petite place bien commode sous le soleil, fût-il romain, elle n´aiderait en rien l´Église. Il est fort probable que le magnifique canot de sauvetage qu´elle est deviendrait, tôt ou tard, une triste épave confondue au milieu des autres épaves conciliaires. Elle deviendrait, enfin, le sel qui n´est bon qu´à être jeté par terre et foulé aux pieds.

La maison brûle, dites-vous ? Force est de demander : qui a mis le feu ? Il faut qu´une hiérarchie ouverte à toutes les critiques et à toutes les repentances quand il s´agit du passé de l´Eglise, du temps des croisades, en passant par le Saint Office et jusqu´au pouvoir temporel de la papauté, apprenne à regarder un concile pastoral comme Vatican II, dont l´optimisme béat est aujourd’hui bien daté, avec des yeux critiques et non pas comme le super dogme, dénoncé en son temps par le cardinal Ratzinger, venant coiffer et annuler, en partie, vingt siècles de christianisme. Il est grand temps que les apôtres de la « nouvelle pentecôte » qui n´a jamais eu lieu aient l´honnêteté intellectuelle de regarder en face des lendemains qui ont bel et bien déchanté.

Quoiqu´il en soit, ce n´est pas à la FSSPX de mettre de l´ordre dans l´unique église fondée par le Fils de Dieu. Il y a un Pape pour cela, un Pape pour lequel tous les prêtres et évêques de la Fraternité prient tous les jours dans le Saint Sacrifice de la Messe.

Il faut que le Pape redevienne le Pontife Suprême, le successeur de Pierre, celui à qui les clefs ont été confiées, et pas un primus inter pares.

M. A. F. Hispalensis le 18 février 2009


Notre brevet de catholiques

Le monde de la Tradition se voit régulièrement accusé de schisme, ou du moins, d’être en marge de l’Eglise catholique par son refus d’obéissance au pape et aux évêques. A ce titre, nous ne serions pas catholiques ou du moins, considérés uniquement comme des catholiques de seconde zone. C’est sur ce constat, le considérant cette situation comme injuste, qu’il nous fut expliqué qu’il était normal de chercher à ce que notre titre de catholiques soit pleinement reconnu par Rome.

Il est vrai qu’il est désagréable de se voir refuser la reconnaissance ce qui pourtant est le plus cher à notre cœur tant attaché à  la Foi catholique. Et il est vrai que chercher à se faire connaitre comme catholiques et attachés à la Tradition, parce que catholiques, est tout à fait juste et louable.

Mais qu’est-ce qui nous donne ce brevet de catholicité tant recherché ? Certains nous ont dit que ceux qui devaient nous le rendre sont ceux qui précisément nous l’avaient ôté, à savoir Rome, et à sa tête  le pape. D’autres, considérant Rome comme moderniste et anticatholique cherche ce brevet dans le fait d’être opposé à la  Rome conciliaire.

Ces deux attitudes sont erronées, car elles recherchent chez les hommes le fait d’être catholique ou non. Or être catholique ne découle pas d’une reconnaissance ou d’une opposition, mais simplement d’une adhésion à la doctrine catholique, à la Foi catholique. Nous sommes catholiques par notre baptême et par la correspondance de notre vie à cette grâce reçue. Et c’est cette attitude, cette adhésion, cette correspondance à la Foi catholique qui est le seul brevet, la meilleure preuve et le meilleur témoignage de notre catholicité.

Si nous perdons de vue ce témoignage, cette adhésion, et que nous ramenons à la reconnaissance humaine notre adhésion à l’Eglise, alors les voies d’égarement menacent et elles risquent même de mettre en danger la cohérence et la crédibilité de notre témoignage de catholiques.

Comment vouloir être reconnus comme catholiques par ceux qui font Assise, qui baisent le Coran, qui vénèrent des « saints » qui n’en sont pas, qui font la promotion du culte de l’homme, qui ont évacué Dieu de l’Eglise pour en faire une vaste association caritative basée sur les droits de l’homme.

« Le résultat de ce concile est bien pire que celui de la Révolution; les exécutions et les martyrs sont silencieux, des dizaines de milliers de prêtres, de religieux et religieuses abandonnent leurs engagements, les autres se laïcisent, les clôtures disparaissent, le vandalisme envahit les églises, les autels sont détruits, les croix disparaissent les séminaires et les noviciats se vident.

Les sociétés civiles encore catholiques se laïcisent sous la pression des autorités romaines : Notre Seigneur n’a plus à régner ici-bas ! l’enseignement catholique devient œcuménique et libéral, la Grégorienne à Rome devient mixte, saint Thomas n’est plus à la base de l’enseignement » (Mgr Lefebvre, Itinéraire spirituel, p.7).

C’était il y a 30 ans. Toutes ces choses sont maintenant réalisées. Est-ce à cette Rome que nous demandons un brevet de catholicité ? Quelle cohérence ? Quel brevet obtenir de ceux qui détruisent l’Eglise ? Il n’y en a pas, cela n’a pas de sens, c’est se fourvoyer sur notre combat et sur celui des modernistes et des francs-maçons.

« Monseigneur souffrait des injustices qui lui étaient faites personnellement, des humiliations de son honneur foulé aux pieds ; Il souffrait de quelques-uns de ses fils prêtres qui lui disaient : « Cette doctrine est dure, qui peut l’entendre ? » (Jn 6,61) et qui se retiraient et n’allaient plus avec lui. Il souffrait encore mille fois plus à cause de l’Eglise, il souffrait pour l’Eglise. A vrai dire, le Christ « souffrait en lui pour accomplir dans son Corps mystique l’œuvre de la Rédemption » (Col. 1,34). », Obsèques  de Monseigneur, Sermon de M. l’abbé Schmidberger, le 2 avril 1991

Condamner toutes ces errances de l’Eglise conciliaire ne fait pas de nous pour autant des catholiques. Nous ne sommes pas catholiques parce que nous sommes opposés au concile Vatican II et à toutes ses réformes. S’enfermer dans une simple lutte d’opposition est stérile, inefficace, sans lendemain. Tout au plus attire-t-elle des réactions d’hostilité sans possibilité de comprendre le fond réel d’une telle opposition.

« Car c’est en vertu de cette Tradition, c’est-à-dire en vertu du trésor que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a laissé dans les mains, a laissé dans les mains de ses apôtres pour qu’il soit transmis de génération en génération, que nous menons le bon combat. Car c’est cela qui nous fait chrétiens et qui nous fait catholiques, participer au trésor de la vie divine que Notre Seigneur Jésus-Christ est venu nous donner.

C’est cela la Tradition : c’est la préparation de la vie éternelle. Ce n’est pas une petite chose; ce n’est pas un mot. C’est une réalité profonde, une réalité qui doit nous mener à la vie éternelle. Sans la Tradition, c’est-à-dire sans le magistère de l’Eglise de toujours et sans ce trésor de la grâce qui est la participation même à la vie de Notre Seigneur qui est Dieu, nous ne pouvons pas atteindre la vie éternelle.

C’est donc notre vie de toujours qui est en jeu. En faisant cela, nous ne faisons pas du folklore; nous ne sommes pas attachés à quelques vestiges du passé dont on pourrait facilement s’abstenir. » Mgr Lefebvre, 29 juin 1988

Voici la promesse si pleine de Foi et d’espérance que firent les enfants de Mgr Lefebvre rassemblés autour de la dépouille de leur bien aimé Père :

« Il a en effet formé une petite élite qui est à la disposition du Saint-Siège et des évêques; mais permettez-moi de préciser : elle est à leur disposition en excluant tout compromis et toute concession vis-à-vis du concile Vatican II et des réformes qui en découlent. Tant que l’esprit de destruction soufflera dans les évêchés et dans les dicastères romains, il n’y aura aucune harmonisation ou accord possibles. Nous voulons travailler à la construction de l’Eglise et non pas à sa démolition. On lit dans les journaux que Rome aurait attendu jusqu’à la fin le “repentir” de Monseigneur. De quoi peut se repentir un homme qui a accompli son devoir jusqu’au bout en préservant ou en redonnant à l’Eglise les moyens qui sont absolument nécessaires à la sainteté ? N’était-ce pas une bonne œuvre de lui donner des pasteurs catholiques, elle qui est occupée par des mercenaires, des voleurs et des larrons ? « Et pour cette bonne œuvre vous lapidez votre frère » (Jn 10,32).

En cette heure, nous supplions Rome et les évêques : abandonnez l’œcuménisme funeste, la laïcisation de la société et la protestantisation du culte divin, retournez à la sainte tradition de l’Eglise, même si vous scellez le tombeau que vous avez creusé à la vraie Sainte Messe, au catéchisme du concile de Trente et au titre de Roi universel de Jésus-Christ, par mille décrets et excommunications : la vie ressuscitera du tombeau fermé. « Jérusalem, convertis-toi au Seigneur ton Dieu ! « Un signe essentiel d’une telle conversion et d’un tel retour pourrait être une fois fermé le tombeau de Monseigneur Lefebvre, l’ouverture officielle d’un procès d’information pour constater le degré héroïque de ses vertus. Nous ses fils, nous sommes les témoins privilégies de ses mérites, de la force de sa foi, de son amour brûlant de Dieu et du prochain, de sa résignation dans la volonté de Dieu, de son humilité et de sa douceur, de sa vie de prières et d’adoration, de sa haine du péché et son horreur de l’erreur. », Obsèques  de Monseigneur Lefebvre, Sermon de M. l’abbé Schmidberger, le 2 avril 1991

Austremoine


Dici : La leçon de saint François d’Assise

Source : http://www.dici.org/actualites/la-lecon-de-saint-francois-dassise/

À l’occasion de l’Aïd-El-Fitr, qui marque la fin du mois de Ramadan, le pape François a signé personnellement, le 10 juillet 2013, le message que le Vatican adresse tous les ans aux musulmans, comme Jean-Paul II l’avait fait en 1991. Ce message a été rendu public le 2 août, et le dimanche 11 août, lors de l’Angélus, place Saint-Pierre, le souverain pontife a redit : « Je voudrais adresser un salut aux musulmans du monde entier, nos frères, qui ont il y a peu de temps fêté la conclusion du mois de Ramadan ».

Le pape présente son geste comme une « expression d’estime et d’amitié envers tous les musulmans, spécialement envers leurs chefs religieux », et il appelle chrétiens et musulmans à promouvoir « le respect réciproque à travers l’éducation ». On peut ainsi lire à propos du « respect mutuel dans les relations interreligieuses, notamment entre chrétiens et musulmans » : «  ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs ». Et le message pontifical ajoute au paragraphe suivant : « Il est clair que, quand nous montrons du respect pour la religion de l’autre ou lorsque nous lui offrons nos vœux à l’occasion d’une fête religieuse, nous cherchons simplement à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au contenu de ses convictions religieuses. »

Contrairement à ce qui est affirmé, ce n’est pas clair. C’est même tout à fait paradoxal. Comment « respecter la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs », comment « partager sa joie » sans « pour autant faire référence au contenu de ses convictions religieuses » ? Est-ce un respect purement extérieur, pharisaïque ? Comment ce respect est-il perçu par ceux qui reçoivent une telle « expression d’estime et d’amitié » ?

Une confusion est entretenue dans ce texte. Le respect dû aux personnes n’entraîne pas le respect de leur religion lorsqu’elle s’oppose à la vérité révélée du Dieu Trine, comme dans l’islam. De même que le zèle du médecin pour la santé de son malade est à la mesure de son zèle à combattre la maladie dont il souffre, de même l’amour du pécheur est proportionné à  la détestation du péché dont on veut le délivrer.

Dans son message aux musulmans, le pape cite son saint patron, François d’Assise, qu’il présente en ces termes : « un saint très célèbre qui a si profondément aimé Dieu et chaque être humain au point d’être appelé le ‘Frère universel’ ». Voici ce que le Poverello répondit, en 1219,  au sultan d’Egypte, Malik al-Kâmil qui lui déclarait : « Votre Seigneur vous a enseigné dans ses évangiles que vous ne deviez pas rendre le mal pour le mal, et aussi d’abandonner le manteau… Alors les chrétiens devraient-ils bien ne pas envahir mes États, n’est-ce pas ?”. Le saint fit cette réponse : « Vous ne semblez pas avoir lu l’Évangile de Notre Seigneur le Christ tout entier ; car il est dit par ailleurs : ‘Si ton œil te scandalise arrache-le et jette-le loin de toi…’ Il a donc voulu par là nous enseigner qu’il n’est homme qui nous soit si cher ou si proche parent, quand bien même nous serait-il aussi précieux que notre œil, s’il paraît se détourner de la foi et de l’amour de Notre Seigneur, nous devons nous en séparer, l’arracher le rejeter loin de nous. C’est pourquoi les chrétiens ont eu raison d’envahir les terres que vous occupez parce que vous avez blasphémé le nom du Christ et que vous avez soustrait à son culte tous ceux que vous avez pu. Mais si vous vouliez connaître notre Créateur et notre Rédempteur, les confesser et leur rendre hommage, les chrétiens vous chériraient comme ils se chérissent entre eux.” (Récit du frère qui accompagnait saint François lors de cette entrevue, rapporté par saint Bonaventure) – Saint François distingue bien ici le rejet de l’erreur et l’amour pour ceux qu’il souhaite pouvoir chérir, à condition qu’ils reconnaissent le Christ.

L’abbé Patrice Laroche, professeur au séminaire de Zaitzkofen (Allemagne), et auteur d’une thèse de doctorat sur « l’évangélisation des musulmans en France » (Strasbourg, 2001), affirmait lors d’une conférence donnée à Paris, le 8 mars 2006 (in Nouvelles de Chrétienté n° 98, mars-avril 2006)  : « Ayant assimilé les idéaux de deux siècles de culture libérale, l’Eglise post-conciliaire donne plus de poids à la parole de l’homme qu’à la Parole de Dieu, sa mission n’est donc plus la propagation de la foi dont naît l’amour, mais le dialogue d’où devraient sortir selon ses partisans le respect mutuel et la fraternité universelle. Si elle rabaisse sa mission à un niveau qui reste de ce monde, elle mérite le reproche d’être infidèle à son Seigneur. » Et de citer Raymond Lulle (1232-1315) : « Que l’Eglise cesse d’être missionnaire, et elle est aussitôt menacée d’affaiblissement interne. L’oubli de la ferveur primitive explique l’essor de l’islam qui a déjà amputé la chrétienté d’une moitié de son étendue et de ses fidèles » ; et Charles de Foucauld, écrivant à René Bazin en 1906 : « Apprenez bien par cœur que c’est seulement en christianisant les musulmans que vous les civiliserez, que c’est en les civilisant que vous les intégrerez, et que c’est en les intégrant que vous ajouterez d’autres Cyprien et Augustin à vos Vincent de Paul et Curé d’Ars ».

En rupture avec la Tradition, le message aux musulmans du 10 juillet 2013 s’inscrit dans la droite ligne du concile Vatican II dont la Déclaration sur les relations de l’Eglise avec les religions non-chrétiennes, Nostra Aetate (28 novembre 1965) affirme au n°3 : « L’Eglise regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. »

Cette déclaration conciliaire fait bien référence au contenu des convictions religieuses professées par les musulmans. Ce qui soulève plusieurs questions : En quoi désirent-ils “se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu”, dès lors qu’ils rejettent la Révélation faite aux hommes ? Comment adorent-ils “le Dieu qui a parlé aux hommes”, alors qu’ils rejettent la révélation du Fils de Dieu ? Comment honorent-ils “la Mère virginale” de Celui qu’ils ne reconnaissent pas pour Dieu ? Comment peuvent-ils honorer la Mère s’ils méprisent son Fils, « le fruit béni de ses entrailles » ?

Mais c’est surtout au paragraphe suivant du même n°3 que l’on voit que ce message est bien l’écho de la Déclaration Nostra Aetate  : « Même si, au cours des siècles, de nombreuses dissensions et inimitiés se sont manifestées entre les chrétiens et les musulmans, le saint Concile les exhorte tous à oublier le passéet à s’efforcer sincèrement à la compréhension mutuelle, ainsi qu’à protéger et à promouvoir ensemble, pour tous les hommes, la justice sociale, les valeurs morales, la paix et la liberté. »

Doit-on pour oublier le passé fermer les yeux sur le présent, c’est-à-dire sur le martyre de tant de chrétiens en Égypte, en Syrie, en Irak, au Nigéria, au Pakistan, en Thaïlande, en Indonésie ou aux Philippines ? Faut-il à la persécution sanglante dont ils sont les victimes ajouter l’oubli du témoignage qu’ils donnent au prix de leur vie ?

Désireux de ne pas favoriser cet oubli dicté par le dialogue interreligieux, depuis 50 ans, le Chapitre général de la Fraternité Saint-Pie X avait tenu à rappeler dans sa déclaration finale du 14 juillet 2012 : « Nous nous unissons aux autres chrétiens persécutés dans les différents pays du monde qui souffrent pour la foi catholique, et très souvent jusqu’au martyre. Leur sang versé en union avec la Victime de nos autels est le gage du renouveau de l’Eglise in capite et membris, selon ce vieil adage ‘sanguis martyrum semen christianorum’. »

Dici, le 20 aout 2013


Dénoncer le concile Vatican II : trop ou pas assez ?

C’est en discutant ces derniers temps avec un ami prêtre – nous avons le même âge – que celui-ci me faisait part de sa tristesse et de son incompréhension de voir certains de ses confrères cantonner leur ministère à la dénonciation des erreurs conciliaires, car disait-il, ce dont les gens ont besoin, c’est d’un aliment spirituel pour sauver leur âme et non de discours sur un concile que l’on sait mauvais et qui ne vaut plus la peine que l’on s’y attarde.

Cette question n’est pas sans intérêt, car cette appréhension se répand dans la Tradition, tant pour déplorer des attaques qui peuvent paraître trop systématiques que pour se justifier de ne plus dénoncer avec la même vigueur un concile et ses erreurs, sous prétexte apologétique, pour paraître plus acceptable.

Une telle objection trop générale appelle deux distinctions : celle du bien particulier et celle du bien commun.

Pour le bien particulier, il est évident comme le dirait St Ignace « que rien ne sert de conquérir le monde si l’on en vient à perdre son âme ». Rien n’aura servi en définitive à celui qui aura passé sa vie à attaquer les erreurs qui minent l’Eglise s’il oublie lui-même de pratiquer la vertu et s’il vient à perdre son âme, car s’il est bien une chose qui ne souffre aucune discussion, c’est que la grande affaire de chaque vie est celle de son salut éternel. Passer à côté, c’est avoir tout raté. Les retraites de St Ignace ne font que nous rappeler cette grande vérité.

Pour le bien commun, la dimension finale reste la même. Tout doit être ordonné à la gloire de Dieu et au salut des âmes. Tout ce qui va dans ce sens doit être encouragé, promu, tout ce qui va dans le sens contraire doit être condamné et combattu. C’est ainsi qu’on encouragera l’enseignement de la doctrine, la pratique des œuvres de piété et tout ce qui peut aider tout à chacun à progresser dans l’amour de Dieu. De telles dispositions n’excluent pas les nécessaires mises en garde et condamnations contre les erreurs et actions mauvaises qui nuiraient à un tel concours.

Une grave erreur serait de considérer que les biens particulier et commun, bien qu’étant distincts, seraient séparés. C’est oublier les interactions profondes qui existent dans la vie de tous les jours. L’éducation des enfants, devoir d’état des parents, et donc relevant du bien particulier, contribue pour autant au bien commun de la société. Le prêtre, qui constate l’immoralité qui se répand dans sa paroisse, a le devoir d’état de rappeler ses fidèles à l’ordre, et ce faisant il concours à son bien propre car il pose un acte selon son devoir, et dans le même temps, il rend ses paroissiens plus vertueux et contribue donc au bien commun.

Ce serait donc une folie que de considérer, à l’heure ou l’Eglise continue dans cette terrible crise à subir les effets néfastes du Concile Vatican II, qu’il faille ne plus en parler et ne plus dénoncer les erreurs qu’il porte sous prétexte que ce n’est pas ce qui fera le salut des âmes.

Ceci est doublement faux : d’abord parce que la dénonciation de l’erreur fait partie du devoir d’état des prêtres plus particulièrement, mais aussi des baptisés dans leur ensemble. Saint Paul Apôtre n’a pas dit autre chose à Timothée (4,1-8) : « Mon bien-aimés : je t’adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, par son avènement et son royaume : prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, censure, exhorte, avec une entière patience et souci d’instruction. » ; ensuite parce que le Concile a cristallisé et synthétisé toutes les erreurs de notre époque. Le concile Vatican II est l’institutionnalisation de l’hérésie moderniste que saint Pie X qualifiait d’égout collecteur de toutes les hérésies.

Il n’y a aucune raison de baisser la garde vis-à-vis d’un Concile – et des réformes qui en sont issues – et qui fait perdre la Foi et donc leur salut éternel à des millions d’âmes. Si certains craignent que la dénonciation des erreurs conciliaires devienne l’unique objet de l’enseignement, c’est peut-être parce que eux-mêmes ne s’occupent plus de leur âme de façon positive.

Comment celui qui se confesse régulièrement, qui participe aux pèlerinages, qui fait une retraite régulièrement pourrait-il craindre de voir de telles erreurs si dramatiques combattues avec force et énergie ?

Au contraire, il est à craindre qu’une telle réaction soit le signe que cette personne se retrouve en réalité plus ou moins dans le libéralisme conciliaire, ou qu’à défaut, une telle dénonciation mette à mal un désir profond et parfois secret de vouloir concilier le vrai et le faux, le bien et le mal, le concile Vatican II et le Magistère de l’Eglise.

Saint Paul dans la même épître avait vu lui aussi en réalité la cause profonde d’une telle attitude : « car un temps viendra où (les hommes) ne supporteront pas la saine doctrine, mais au gré de leurs désirs se donneront une foule de maîtres, l’oreille leur démangeant, et ils détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. »

La Fraternité Saint Pie X, comme œuvre d’Eglise voulue par la Providence dans ce temps de crise, n’échappe pas à ce double devoir : enseigner la doctrine et l’amour de Dieu (écoles, mouvements, retraites, pèlerinages), mais aussi, dénoncer les erreurs qui minent l’Eglise et qui entraînent tant d’âmes dans l’abîme par tous les moyens possibles.

Ce n’est pas pour rien que le grand saint Pie X demanda aux prêtres de prêter le serment antimoderniste, serment qui n’est pas autre chose qu’une succession d’adhésion à des points de doctrine et la condamnation de son contraire.

Ce grand pape avait bien vu, comment devant l’erreur sournoise du modernisme, il était plus nécessaire que jamais, non seulement de rappeler la doctrine catholique, mais également de condamner et de réprimer avec la plus grande sévérité ces erreurs si graves.

Vouloir échapper à ces deux obligations c’est se dérober devant son devoir d’état de baptisé. Vouloir l’un au détriment de l’autre, c’est avoir une conception erronée de toute l’histoire de l’Eglise et du rôle de celle-ci durant les siècles, qui comme une mère, a toujours veillé à nourrir ses enfants tout en les protégeant par l’anathème des erreurs diaboliques. La Vérité ne peut pas s’accommoder de l’erreur.

Saint Paul continue : « Pour toi, sois sobre en toutes choses, endure la souffrance, fais œuvre de prédicateur de l’Evangile, remplis pleinement ton ministère. Quant à moi, je suis déjà offert en sacrifice, et le moment de mon départ approche. J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi : désormais m’est réservée la couronne de la justice, que m’accordera en ce jour-là le Seigneur, le juste Juge, et non seulement à moi, mais à tous ceux qui auront chéri son apparition. »

Le temps de la couronne de justice ne nous appartient pas, il nous appartient seulement de la mériter.

Austremoine


Lettre ouverte au Pape François, par Hélios d’Alexandrie

Source : http://www.postedeveille.ca/2013/08/lettre-ouverte-au-pape-francois-par-helios-dalexandrie.html

Votre Sainteté,

Décidément vous avez décidé de plaire, non pas à St-Pierre dont vous êtes le successeur, ni à Jésus-Christ qui à trois reprises lui a dit : « pais mes brebis » mais au « monde », celui dont Jésus a parlé quand il a dit :

« Dans le monde vous aurez à souffrir, mais gardez courage! J’ai vaincu le monde.»

Il est loin le temps où l’Esprit Saint qui habitait les chrétiens transformait le « monde ». À présent c’est le « monde » qui transforme les chrétiens du plus humble jusqu’au plus élevé, c’est à dire jusqu’à vous. L’Église n’est certes pas populaire, l’Église a mauvaise presse, on peut même dire qu’elle est copieusement dénigrée, non sans raisons, mais lesquelles? Certainement pas parce qu’elle reflète de moins en moins le Christ et qu’elle a pratiquement cessé d’offrir l’Évangile à ceux qui ont faim et soif de vérité. Si ce n’était que pour cela elle se mériterait plutôt les éloges et les félicitations de ceux dont vous souhaitez l’approbation. Non, les censeurs contemporains et les ingénieurs sociaux, n’ont que faire du message évangélique qui les fait fuir, comme la lumière fait fuir les chauves-souris; le fiel qu’ils déversent à profusion sur l’Église n’a qu’un seul but, l’inciter à se transformer en miroir, pour refléter le « monde » qu’ils s’évertuent à remodeler.

Grâce à vous l’Église est en train de vivre une métamorphose, elle cessera d’être conservatrice, elle se conformera aux normes du « monde », et entrera sagement dans le moule, celui d’une « avant-garde » conformiste et stérile, qui se fait une obsession de suivre le courant dominant.

Bien dans l’esprit du temps, l’Église à travers vos déclarations officielles, ne dit pas toute la vérité, seulement celle qui est correcte ou politiquement rentable de dire. Vos propos larmoyants sur la « mondialisation de l’indifférence » à la plage de Lampedusa le 8 juillet dernier, font bon marché des souffrances des habitants de cette petite île, jadis paisible, qui sert de porte d’entrée à des centaines de milliers de jeunes musulmans, dont un grand nombre se destine au djihad au cœur même de l’Europe. Quelle était votre intention quand vous avez parlé de « mondialisation de l’indifférence?» Souhaitez-vous que l’Italie, et tant qu’à y être l’Europe entière, affrètent paquebots et traversiers pour recueillir ces clandestins sur les bords même de l’Afrique? Avez-vous la conviction que les européens tardent à se suicider et qu’ils feraient mieux de se dépêcher? À qui cherchez-vous à plaire par vos propos, si ce n’est à ceux qui plaident haut et fort pour une politique de porte grande ouverte à l’immigration, et qui pratiquent le terrorisme intellectuel contre ceux qui s’inquiètent pour l’avenir de l’Europe?

Il y a à peine quelques jours vous avez déploré les centaines de victimes des affrontements entre les frères musulmans et les forces de l’ordre en Égypte, ce faisant vous avez fait écho à la désinformation des médias en occident, pour qui les assassins sont les victimes et ceux qui protègent leur pays, les bourreaux. Pourtant, grâce à l’information de première main que vous recevez régulièrement, vous étiez au courant des horreurs perpétrées par les frères musulmans contre les chrétiens et les églises en Égypte. Vous avez observé de votre palais pontifical, l’escalade continue de la violence programmée et minutieusement exécutée contre tout ce qui est chrétien. Le 14 août, en quelques heures plus de soixante églises, monastères et couvents ont été incendiées et plus de cent civils chrétiens égorgés ou lynchés par les frères musulmans dans des attaques coordonnées, sans compter les centaines de maisons et de commerces détruits, les viols, les rapts d’enfants et de jeunes filles. Vous l’avez appris assez tôt mais vous avez choisi de ne rien dire.

La pyromanie anti-églises est sans aucun doute halal et conforme au coran et à la sunna de Mahomet, pour qui, contrairement à votre prédécesseur, vous exprimez le plus profond respect. Désireux de rebâtir les ponts avec les milliers d’imams qui intoxiquent de leurs propos haineux l’esprit des jeunes en Europe, vous vous êtes soigneusement abstenu de dénoncer le martyr systématique des chrétiens, non seulement en Égypte mais partout dans les pays à majorité islamique, particulièrement en Irak et en Syrie. Vous avez même demandé publiquement aux chrétiens catholiques de s’autocensurer en s’interdisant de dire la vérité sur l’islam et sur le double discours des islamistes.

Nul doute que vos prises de position ont comblé d’aise les élites « intellectuelles », politiques et médiatiques, à preuve ils vous couvrent d’éloges et ne se privent pas de claironner partout que le « changement » longtemps souhaité est en voie de se produire au sein de l’Église.

Pensant au martyr des chrétiens par les musulmans, je me fais un devoir de vous rappeler ces paroles que Jésus a prononcées la veille de sa crucifixion :

« …L’heure vient où quiconque vous tuera pensera rendre un culte à Dieu. Et cela, ils le feront pour n’avoir reconnu ni le Père ni moi. Mais je vous ai dit cela, pour qu’une fois leur heure venue, vous vous rappeliez que je vous l’ai dit. »

Et plus loin il a prononcé ces paroles :

« Dans le monde vous aurez à souffrir. Mais gardez courage! J’ai vaincu le monde. »

Saviez-vous que les coptes d’Égypte se répètent constamment ces passages de l’Évangile selon Saint-Jean pour se donner du courage et de la patience?

Pensant aux islamistes à l’égard de qui vous faites preuve de tant d’empressement, je ne peux me priver de vous rappeler ce passage de l’Évangile selon St-Mathieu :

« Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des épines? Ou des figues sur des chardons?… Tout arbre qui ne donne pas un bon fruit on le coupe et on le jette au feu. »

Les fruits empoisonnés des islamistes on peut les cueillir partout, en Égypte, en Syrie, en Palestine, en Irak, au Nigéria, au Pakistan, en Thaïlande, en Indonésie aux Philippines et de plus en plus en Europe et en Amérique. Peut-être est-il temps que vous commenciez à vous en méfier!

Pensant à votre désir de plaire aux bien-pensants et à ceux qui se font un point d’honneur de mépriser le Christ et le christianisme je vous rappelle cet autre passage de l’Évangile selon St-Mathieu :

« Le disciple n’est pas au-dessus du maître, ni le serviteur au-dessus de son patron. Du moment qu’ils ont traité de Belzébul (Satan) le maître de maison(le christ), que ne diront-ils pas de sa maisonnée! »

Et plus loin il a ajouté ceci :

« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est dans les cieux; mais celui qui m’aura renié devant les hommes, à mon tour je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux. »

Vous êtes le premier témoin du Christ, vous êtes également le successeur de Pierre à qui Jésus après sa résurrection a dit par trois fois : « Pais mes brebis! » Auparavant Jésus en parlant de lui-même avait dit :

«Je suis le bon pasteur; le bon pasteur donne sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n’est pas le pasteur et à qui n’appartiennent pas les brebis, voit-il venir le loup, il laisse les brebis et s’enfuit, et le loup s’en empare et les disperse. »

La question que je permets de vous poser est celle-là : « Que ferez-vous face au loup quand il se présentera? »

Et j’aimerais ajouter ceci : « ne trouvez-vous pas que les paroles que Jésus-Christ a prononcées il y a presque deux mille ans sont étonnement d’actualité, qu’elles s’appliquent à vous et aux évènements dramatiques qui se déroulent dans le monde? »

Il me reste à espérer que cette lettre vous parviendra et que vous aurez la patience de la lire. Si vous trouvez mes paroles trop dures ou trop injustes, dites-vous que les chrétiens qu’on terrorise, qu’on torture et qu’on tue en Égypte en Syrie et ailleurs, subissent bien plus de dureté et d’injustice.

Votre frère dans le Christ,

Hélios d’Alexandrie


De la légitimité du Novus Ordo à la communion dans la main

Il est des chutes qui n’étonnent pas, même si elles attristent profondément. En 2008, avec une certaine stupéfaction, nous pouvions lire de l’un des membres fondateurs de l’IBP, qu’il reconnaissait la légitimité du nouveau rite de Paul VI. En 2013, cet ancien prêtre de la FSSPX, donnait la communion dans la main, lors d’une messe tridentine célébrée par lui dans une église ardéchoise.

Titre provocateur diront certains, car à priori il n’existe pas de lien juridique entre la nouvelle messe et la communion dans la main. Cela est vrai, mais pourtant, dans la tourmente que nous connaissons, les liens à rechercher sont d’abord ceux d’un état d’esprit, d’une mentalité, d’une véritable révolution spirituelle.

On ne peut comprendre l’usage de la communion dans la main si on ne se penche pas sur l’esprit du Novus Ordo, lui-même consécutif à la volonté et à l’esprit du concile Vatican II. On ne peut reconnaître la légitimité du Novus Ordo – ou de sa promulgation, ce qui est la même chose – et rejeter en même temps les conséquences théologiques et pratiques d’une telle affirmation.

Le but n’est pas ici de refaire le procès du nouveau rite, chose très bien faite par le Bref examen critique des cardinaux Bacci et Ottaviani, et encore dans l’ouvrage intitulé le problème de la réforme liturgique. On y démontre très clairement comment d’une liturgie faite pour la gloire de Dieu, sacrifice propitiatoire pour les péchés, on est passé à une liturgie anthropocentrique guidée par une notion protestante du sacerdoce et évacuant par conséquent la notion du sacrifice.

« La désacralisation est portée à son comble par les nouvelles et parfois grotesques modalités de l’offrande. L’insistance est mise sur le pain ordinaire aux lieu et place du pain azyme. La faculté est donnée aux enfants de chœur, et aux laïcs lors de la communion sous les deux espèces, de toucher les vases sacrés (numéro 244). Une invraisemblable atmosphère se trouvera créée dans l’église : on verra en effet y alterner sans trêve le prêtre, le diacre, le sous-diacre, le psalmiste, le commentateur (le prêtre lui-même est d’ailleurs devenu commentateur, puisqu’il est invité à « expliquer « continuellement ce qu’il est sur le point d’accomplir), les lecteurs hommes et femmes, les clercs ou les laïcs qui accueillent les fidèles à la porte de l’église et les accompagnent à leur place, qui font la quête, qui portent les offrandes, qui trient les offrandes… […]Et enfin la manie de la concélébration : elle achèvera de détruire la piété eucharistique du prêtre et d’estomper la figure centrale du Christ, unique Prêtre et Victime, et de la dissoudre dans la présence collective des concélébrants. », in Bref examen critique.

Comment ne pas voir dans une telle désacralisation et désacerdotalisation, directement issue des textes du concile Vatican II, la porte ouverte à tous les délires et sacrilèges, dont celui de la communion dans la main. Car on tient le Novus Ordo comme loi liturgique légitimement promulguée, en se basant sur le fait que l’autorité qui la promulgue est légitime, alors on doit également accepter comme légitime l’autorisation donnée par Rome et déléguée aux conférences épiscopales de l’usage de la communion dans la main.

D’où une certaine mise en pratique logique de la pensée de ce prêtre de l’IBP. Les mots ont un sens, ils recouvrent une réalité, réalité qui s’impose tôt ou tard. En voulant justifier la légitimité du Novus Ordo en modifiant le sens du mot légitimité, ce prêtre a fini par accepter la réalité vraie recouverte par ce mot, à savoir celle d’une loi juste. Et aujourd’hui il ne peut refuser ce qu’il a fini malgré tout par accepter dans les mots comme une loi juste.

Ainsi glissent et se perdent ceux qui veulent jouer avec l’erreur. Tout ceux qui se sont engagés dans cette voix ont fini par accepter tout ou partie des réformes conciliaire et post conciliaire. Tous. Dom Gérard a fini par concélébrer dans le Novus Ordo, rite qu’il considérait lui aussi comme légitimement promulgué et orthodoxe. Il conseilla à d’autres une telle concélébration. Il accepta et justifia aussi les doctrines conciliaires, même les plus graves, comme la liberté religieuse.

Comment ne pas penser au malheureux diocèse de Campos, qui d’un refus clair et net du nouveau rite, voulu concilier la Tradition avec les réformes conciliaire. C’est ainsi que leur évêque Mgr Rifan concélèbre aujourd’hui de façon régulière dans le nouveau rite, et lors de célébrations aux sacrilèges odieux ! Et le malheureux se justifia à l’époque en expliquant qu’il avait fait « semblant » de concélébrer !

Ce prêtre a mis 5 ans pour donner la communion dans la main, 5 ans après avoir accepté la légitimité du rite nouveau de Paul VI, rite mauvais, néo protestant. La justification malheureuse de ce terme n’a pas permis à ce prêtre d’éviter de continuer de glisser : reconnaître et rétracter son erreur lui aurait peut-être donné la grâce et l’opportunité de se ressaisir.

Combien d’autres exemples malheureux nous faudra-t-il pour tenir une ligne ferme et sans ambiguïté face à ce qui détruit l’Eglise et condamne les âmes ? Combien d’abandon, de lâcheté et de reniement faudra-t-il pour que les catholiques comprennent qu’il n’y a pas d’accord possible avec l’erreur, que le plat de lentilles accepté par Esaü lui fit perdre la bénédiction du ciel ?

Certains rêvent de paix, poursuivent une trêve. Ils ont oublié que ce combat n’est pas le leur, qu’il n’est pas de dimension humaine, sa dimension est eschatologique, il dépasse les hommes les temps et les lieux, il se situe dans cette grande lutte du Bien contre le Mal. Ni la paix ni la guerre ne dépendent de nous, seul dépend de nous le camp que nous choisissons.

« Nous refusons donc d’admettre comme légitime cette liturgie mauvaise, qui s’oppose à la gloire de Dieu et au salut des âmes. Nous réputons au contraire la nouvelle messe illégitime et illicite. Ceux qui se sanctifient en y assistant se sanctifient malgré elle et non pas grâce à elle. Un jour, elle sera à jamais bannie des sanctuaires catholiques. » Abbé Régis de Cacqueray, Lettre aux amis et bienfaiteurs n° 80 de mars 2013

« La nouvelle messe, promulguée en 1969, amoindrit l’affirmation du règne du Christ par la Croix (« regnavit a ligno Deus»). En effet son rite lui-même estompe et obscurcit la nature sacrificielle et propitiatoire du sacrifice eucharistique. Sous-jacente à ce nouveau rite se trouve la nouvelle et fausse théologie du mystère pascal. L’un et l’autre détruisent la spiritualité catholique fondée sur le sacrifice de Notre Seigneur au Calvaire. Cette messe est pénétrée d’un esprit œcuménique et protestant, démocratique et humaniste qui évacue le sacrifice de la Croix. Elle illustre la nouvelle conception du « sacerdoce commun des baptisés » qui escamote le sacerdoce sacramentel du prêtre. » Déclaration des évêques de la FSSPX à l’occasion du 25e anniversaire des sacres épiscopaux [30 juin 1988 – 27 juin 2013]

Austremoine


Et si la FSSPX avait signé ?

Avec un peu de recul il est légitime de se poser la question, après tout, on nous avait tellement bien vendu cet accord magnifique et imminent avec une Rome qui avait changé et avec des gens tellement bien disposés envers la Tradition !

Et pourtant, quelques mois plus tard, après quelques événements dont la providence a le secret, le cours des choses semblent s’être quelque peu modifié.

Mais qui refuse de voir pourtant la profonde unité et continuité entre Benoît XVI et le pape François ? Benoît XVI a béatifié Jean Paul II, François va le canoniser. Benoît XVI fut l’un des concepteurs du concile Vatican II, le pape François en est un pur produit. Benoît XVI a renouvelé plus de la moitié du conclave, ces cardinaux Ratzinguériens ont élus François.

Ceux qui ouvrent les yeux sur un progressisme très inquiétant du pape François n’ont-il pas vu que Benoît XVI avait maintenu les principes qui minent l’Eglise ? On ne peut restaurer l’Eglise sans mettre aux poubelles de l’histoire les principes conciliaires qui la détruisent et qui nous amènent tant de malheurs.

C’est ainsi que l’année 2011/2012 vit de nouveau se produire les signes qu’envoya le ciel à Mgr Lefebvre pour lui signifier de ne pas commettre l’opération suicide de la Tradition : Assise, réunion sacrilège, atteinte scandaleuse contre le premier commandement et contre le dogme de la Foi. L’échec des discussions doctrinales qui vit Rome toujours autant attachée aux erreurs du Concile Vatican II. Et pour agrémenter l’ensemble, la providence permit la « béatification » de Jean-Paul, pape relativiste et progressiste s’il en fut, celui qui condamna le prélat d’Ecône. « Oculos habent et non videbunt » dit le psalmiste.

Seule la providence permit la sauvetage de la FSSPX, et quel sauvetage ! Car s’il est vrai que Benoît XVI était attaché à un aspect accidentel – extérieur – de la Tradition, son esprit était viscéralement acquit au progressisme conciliaire. C’est la raison pour laquelle, sans remettre en cause les mauvais principes, il a pu en atténuer l’expression par un certain conservatisme extérieur et par une liberté plus grande aux mouvements traditionnels.

Certains de ces actes dans ce sens lui ont par ailleurs beaucoup coûté, et il a fallu du courage pour affronter ces pas en faveur de la Tradition. Mais dans le fond, au niveau théologique, il faut bien admettre que rien n’a été entrepris pour restaurer l’Eglise. Dire autre chose n’est qu’artifice et mensonge.

Si le parachute semblait avoir été déployé dans cette crise, il vient de nouveau d’être replié, nous entraînant à une vitesse toujours plus vertigineuse dans le gouffre d’une crise qui semble ne pas vouloir finir. Les catholiques comprendront-ils un jour qu’on ne peut pas concilier la religion de l’Homme qui se fait Dieu et qui mène à la destruction avec la religion de Dieu qui se fait homme pour nous sauver ?

Austremoine