De François-Xavier à François

Le plus grand missionnaire de toute l’histoire de l’Eglise, saint Patron des missions, est le saint François de son prénom, Xavier de son nom. Sa vie est magnifique, celle d’un saint passionné de Dieu.

Jeune et orgueilleux, promis à un bel avenir, à l’intelligence aussi brillante qu’au physique séduisant, François-Xavier se voyait conquérir le monde. Alors que la providence lui fit partager sa chambre d’étudiant de la Sorbonne avec un certain Ignace de Loyola, celui-ci un jour lui rétorqua : « que te sert-il de conquérir le monde si tu viens à perdre ton âme ? »

Cette phrase fit de François-Xavier le plus grand missionnaire de tous les temps, il ne renonça pas à conquérir le monde, mais il le conquit au Christ. C’est ainsi qu’il baptisa des centaines de milliers de païens. Il put écrire à Ignace de Loyola, élu supérieur de la Compagnie de Jésus, de retour d’une mission : « Quant aux nouvelles de l’Inde, je dois vous faire part que le Seigneur, dans le royaume où je me trouve, a invité beaucoup d’hommes à se faire chrétiens. En un mois, j’en ai baptisé plus de dix mille. »

François-Xavier est un missionnaire exclusif : il annonce le Christ. Notre monde moderne lui reproche d’avoir refusé les « richesses » de l’hindouisme, de l’Islam, du confucianisme. Du temps de ce grand saint, il n’y a pas de Concile Vatican II, et ces religions fausses, loin d’être considérées comme possédant des éléments de salut (Unitatis Redintegratio, Vatican II), sont combattues et dénoncées par le missionnaire comme étant des œuvres démoniaques et mauvaises pour les hommes.

François-Xavier est disciple de saint Ignace, et co-fondateur de l’ordre de Jésus (les Jésuites). Tout homme ne peut servir deux maitres : telle sera le fondement de l’ordre de Jésus que l’on retrouve si bien dans les exercices dits de saint Ignace. Soit on sert le Christ, soit on sert le diable, ce sont les deux étendards, il n’y en a pas d’autre.

Mais voilà, depuis, l’Eglise a bien changé. Le pape François a déclaré : « le prosélytisme est une stupidité sans nom, cela n’a pas de sens. Il faut se connaître, s’écouter, et faire croître la connaissance du monde qui nous entoure. »

Quelle terrible phrase que celle-ci, surtout dans la bouche d’un pape, jésuite lui aussi de surcroit ! Il est grand temps que François se mette à l’école de François-Xavier, il y trouvera la pauvreté qu’il dit souhaiter trouver, mais surtout, il y découvrira le sens profond de ce qu’il dénigre comme étant du prosélytisme.

François-Xavier est mort d’épuisement le 3 décembre 1552 face à la Chine, ce grand pays qu’il rêvait de conquérir à Dieu.

Austremoine


Mgr Lefebvre : nous refusons ces valeurs d’un caractère libéral

Nous voici à nouveau réunis sous le patronage de saint Pierre et saint Paul, martyrs. Comment ne pas jeter nos regards, par la pensée, par le cœur, vers Rome ? Rome que ce pape et l’apôtre saint Paul ont arrosé de leur sang, accompagnés de tant et de tant de martyrs. Aussi est-ce avec émotion que nous lisons ce matin dans les leçons du pape saint Léon qui s’adressait ainsi à cette Ville éternelle : O Roma, quae erras magistra erro-ris facta es discipula veritatis. « O Rome, toi qui a été maîtresse de l’er­reur, qui as enseigné l’erreur, te voici devenue servante de la Vérité ». Quelle belle parole : servante de la Vérité ! Et il ajoutait que cette ville de Rome rassemblait toutes les erreurs de toutes les nations : Omnium gentium serviebat erroribus… ?

Rome semblait au service des erreurs de toutes les nations. Les divini­tés y étaient accueillies et Rome se figurait, dit encore saint Léon, qu’elle avait une grande religion, magnam religionem, parce que précisément elle réunissait toutes les erreurs, toutes les religions, dans son sein.

Ces paroles de saint Léon décrivant la Rome païenne, la Rome antique, nous font réfléchir aujourd’hui.

Quelle est aujourd’hui la situation à Rome ? Que pense-t-on de nous, rassemblés ici pour accomplir, assister ou participer à ces ordinations sacerdotales ?

Nous pouvons le savoir en lisant le livre du cardinal Ratzinger qui vient de paraître et qui parle de nous.

Que dit-il de nous ? Il dit qu’il est étonné que la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X soit si attachée aux papes d’avant le Concile – c’est pour nous vraiment un témoignage de satisfaction – et que nous fassions de si grandes réserves sur les papes qui ont suivi le Concile. S’ils sont attachés à la papauté, pourquoi, s’étonne-t-il, faire des distinctions entre les papes ?

Mais, c’est lui-même qui nous donne la réponse dans son propre livre. Car il dit, en effet, à son interlocuteur qui l’interroge : « Alors, Eminence, croyez-vous que quelque chose a changé depuis les années 60 ? » Et le cardinal de répondre : « Oui, en effet, il y a quelque chose de changé dans l’Eglise depuis les années 60, c’est-à-dire depuis le Concile Vatican II, et ce changement consiste à adopter les valeurs du monde, valeurs qui viennent de deux siècles de culture libérale et qui sont désormais adoptées par l’Eglise. »

Voilà la réponse : nous refusons ces valeurs d’un caractère libéral qui se sont introduites dans l’Eglise à la faveur du Concile Vatican II et des réformes post-conciliaires. Nous les refusons absolument, précisément pour être obéissants aux papes et à l’Eglise, à la Vérité de toujours. Tous les papes ont condamné ces compromissions avec le monde, avec les erreurs du monde parce qu’elles sont contraires à notre sainte religion.

Mgr Lefebvre, 29 juin 1985, extrait de l’homélie des ordinations.


Eschaton : dérives de la papauté et sédévacantisme

Cet article repris du blog eschaton.ch expose de façon très synthétique mais clair l’erreur majeure du sédévacantisme qui est dans une certains meusure aussi celle des progressistes : un pape est infaillible, par nature.

Source : eschaton.ch

Le sédévacantisme est une tentation que je peux aisément comprendre, mais il n’en demeure pas moins qu’elle constitue une erreur grave qui s’origine dans un dégoût légitime mais insuffisamment réfléchi devant les turpitudes des instances dirigeantes de l’Eglise qui fait perdre le sens  de la mesure et de la prudence à ses adeptes. Ce qui a pour conséquence qu’ils s’enhardissent pour des solutions extrêmes qu’ils ont le tort de vouloir absolutiser, à défaut, le plus souvent, d’une culture théologique suffisante.

C’est ainsi qu’ils prétendent que le pape est infaillible en tous ses actes, or les papes actuels enseignent des erreurs, c’est donc qu’ils ne sont pas papes. Mais le concile Vatican I a clairement restreint les conditions de l’infaillibilité à 5 critères. Il faut que le pape :

–          Remplisse sa charge de pasteur et docteur de tous les chrétiens.

–          définisse,

–          en vertu de sa suprême autorité apostolique

–          une doctrine en matière de foi et de mœurs

–          qui doit être tenue par toute l’Eglise.

Ce que le catéchisme de Saint Pie X résume ainsi :  « le pape est infaillible seulement lorsque, en sa qualité de Pasteur et de Docteur de tous les chrétiens, en vertu de sa suprême autorité apostolique, il définit, pour être tenue par toute l’Eglise, une doctrine concernant la foi et les moeurs. »

Les codes de droit canonique de 1917 et 1983 précise que pour qu’un enseignement soit reconnu comme étant défini il faut qu’il le soit manifestement établi :  « Declarata seu definita dogmatice res nulla intelligitur, nisi id manifeste constiterit. (Aucune chose ne doit être comprise comme déclarée ou définie dogmatiquement, à moins que cela ne soit manifestement établi) » an. 1323, § 3. Ceci est repris dans le nouveau code de Droit canon (1983) : Can 749 – § 3 : Infaillibiliter definita nulla intellegitur doctrina, nisi id manifesto constiterit. Aucune doctrine n’est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi.)

Or, en ce qui concerne Vatican II il est évident que celui-ci n’a rien défini. Paul VI  dans son sermon de clôture du Concile a expliqué que ce dernier n’a pas «  voulu se prononcer sous forme de sentences dogmatiques extraordinaires » et dans l’audience du 12 janvier 1966 il a affirmé que le concile avait « évité de prononcer d’une manière extraordinaire des dogmes comportant la note d’infaillibilité. »Mgr Ocariz a récemment également expliqué : « Le Concile Vatican II n’a défini aucun dogme, au sens où il n’a proposé aucune doctrine au moyen d’un acte définitif » et Joseph Ratzinger a dit de même «  La vérité est que le concile n’a défini aucun dogme et a voulu cosnciemment s’exprimer à un niveau plus modeste simplement comme un concile pastoral » (DISCOURS AUX EVEQUES CHILIENS, 13 JUILLET 1988)

Depuis aucun acte du magistère n’a davantage engagé la note d’infaillibilité, c’est également facilement vérifiable.

Les sédévacantistes usent ensuite d’un autre argument, celui qui voudrait qu’un pape ne peut en aucune manière être hérétique tout en restant légitimement à la tête de l’Eglise. Si c’est effectivement l’opinion de Bellarmin, il ne s’agit nullement d’une opinion qui a pour elle l’assentiment général des docteurs de l’Eglise. En effet,  Suarez enseignait très clairement : «  en aucun cas, même d’hérésie, le pape n’est privé de sa dignité et de son pouvoir, immédiatement, par Dieu lui-même, avant le jugement et la sentence des hommes » ( De fide, dis.X, sect VI, no3-10, p.316-318.)   Billuart est sur la même ligne , de Fide dis.V, a.3, et 3, obj.2. « selon l’opinion commune, le Christ, par une providence particulière, pour le bien commun et la tranquillité de l’Eglise, continue de donner juridiction à un pontife même manifestement hérétique, jusqu’à ce qu’il soit déclaré manifeste par l’Eglise. » Suarez ajoutait que c’était également l’opinion commune à son époque, en particulier celle de Cajetan( De Auctoritate pape, cap.18 et 19), Soto (4, d.22,q,a.2), Cano( 4 De locis, c.ult.ad 2) Corduba (livre IV, q.11)

Bref, le sédévacantisme repose sur deux déformations manifestes résultant d’un manque de culture théologique qui fait prendre à ses partisans, d’une part,  une réception à l’évidence fausse du concile Vatican I pour la vérité et d’autre part  des positions qui les rassurent, dans le contexte actuel, pour des certitudes imparables qui n’ont surtout pas pour elles l’unanimité des docteurs de l’Eglise, loin s’en faut.


Abbé Bernard de Lacoste : pourquoi ne sommes-nous pas ralliès ?

On ne peut que se réjouir de voir des prêtres de la FSSPX rappeler les raisons du refus de tout accord pratique, position de la FSSPX clairement rédigée et définie par le Chapitre de 2006, raisons graves et aux fondements touchant à la Foi.  

Source : La Porte Latine

Contrairement à la Fraternité Saint-Pierre et à l’Institut du Christ-Roi, nous ne sommes pas ralliés à la Rome moderniste. Pourquoi ? Parce que les propos de Mgr Lefebvre valent encore aujourd’hui :

« Nous refusons et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise. Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Eglise depuis dix-neuf siècles. S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. (Gal. 1 ; 8) ».

Nous ne sommes pas ralliés parce que nous voulons rester catholiques romains. Comme l’écrivait notre fondateur dans la même déclaration du 21 novembre 1974 :

« Nous adhérons de tout coeur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.»

Concrètement, nous ne sommes pas ralliés :

1. parce que l’enseignement des autorités actuelles de l’Eglise est, en de nombreux points, non conforme à la foi catholique. Nous n’avons pas le droit de collaborer à la perte de la foi et à l’autodestruction de l’Eglise. Nous devons au contraire travailler à la restauration de l’Eglise dans le sens de la Tradition, pour la gloire de Dieu et le salut des âmes ;

2. parce que l’expérience montre que le ralliement conduit au mutisme : toutes les communautés ralliées restent muettes face aux scandales et aux erreurs doctrinales de Rome. Or, d’après saint Thomas, les pasteurs ont le devoir grave de crier haut et fort si la foi du troupeau est en danger, même si ce danger vient de l’autorité. Nous n’avons pas le droit de nous taire ;

3. parce que les cérémonies oecuméniques et interreligieuses constituent de graves offenses à Notre-Seigneur Jésus Christ, unique vrai Dieu, et que nous voulons montrer que nous ne cautionnons pas de tels scandales ;

4. parce que nous voulons enseigner à nos enfants le catéchisme du concile de Trente et celui de saint Pie X, et non le Catéchisme de l’Eglise catholique, contaminé par le modernisme ;

5. parce que la nouvelle messe est mauvaise et que nous ne voulons donc ni la célébrer, ni y assister activement, même de façon exceptionnelle, ni laisser entendre par notre silence qu’elle est inoffensive ;

6. parce que nous ne voulons pas faire appel à un évêque moderniste pour donner le sacrement de confirmation à nos enfants ;

7. parce que nous ne voulons pas faire appel à un évêque moderniste pour donner le sacrement de l’ordre à nos séminaristes.

Ceci étant dit, nous ne voulons pas tomber dans l’excès inverse : nous pensons que la thèse sédévacantiste est imprudente et s’appuie sur des arguments incertains.

Nous prions chaque jour pour le pape François au canon de la messe, persuadés que, un jour, le successeur de Pierre prêchera à nouveau la foi catholique intégrale.

Que la Vierge Marie nous donne la grâce de rester catholiques et d’accomplir chaque jour avec fidélité notre devoir d’état.

Abbé Bernard de Lacoste


La conversion de Rome

Le chapitre de 2006 de la FSSPX avait déterminé tout accord pratique comme étant impossible, ce qui signifiait qu’il n’y avait pas de régularisation possible acceptée des deux parties sans une entente doctrinale retrouvée.

Cette législation du chapitre de 2006 a en réalité été la ligne de la FSSPX depuis les sacres de 1988. Après l’échec des dernières discussions de 1988, Mgr Lefebvre fixa, sans varier jusqu’à sa mort, que jamais un accord ne devrait être envisagé sans au préalable avoir vérifié le partage des mêmes convictions doctrinales.

Le terme « conversion » a souvent été utilisé : le jour où Rome se convertira, alors la situation de la FSSPX ne sera plus un problème. Et de fait. Le jour où les autorités romaines auront quitté les chimères du Concile Vatican II, le jour où elles se tourneront de nouveau vers la Tradition, en d’autres termes, le jour où elles se seront converties, alors la situation de la FSSPX ne sera plus un problème.

Nous avons tous entendu le même discours, il n’y a jamais eu la moindre ambiguïté sur le sujet. Parmi ceux qui ont défendu cette ligne, deux prêtres ont changé depuis d’avis afin de suivre la Maison Générale de la FSSPX dans ses (anciennes ?) velléités accordistes.

L’un m’a dit : « ça y est, Rome dans un certains sens est convertie, donc on peut faire un accord pratique. ». Ah !

L’autre, beaucoup plus direct, m’a affirmé que demander au Ciel une telle chose c’était tenter Dieu ! Aïe !

1 – Concernant le premier, inutile de dire le ridicule de la situation depuis l’élection du pape François, pape élu par des cardinaux dont une majorité a été nommée par Benoît XVI. Le progressisme effréné du pape François n’est pas à prouver, on reste songeur sur les moyens de réactions que possèdent aujourd’hui les soit-disant amis très nombreux de la FSSPX au Vatican pour contrecarrer cette débauche anti-catholique.

A ce jour, personne au Vatican, ne s’est élevé publiquement contre l’abominable « canonisation » de Jean-Paul II. Où sont les nouveaux convertis (de la Curie) à la Tradition, si nombreux qu’ils justifiaient le fait de se lancer dans un accord ? On trouve un élément de réponse en constatant que la reconnaissance des « vertus héroïques » de Paul VI avait été votée par la congrégation cardinalice à l’unanimité…

Il est clair qu’une conversion laisse une certaine latitude d’appréhension quant à son ampleur, car une conversion peut-être plus ou moins complète, plus ou moins forte, plus ou moins aboutie. Il est vrai qu’une telle exigence est intellectuellement claire mais plus floue sur le plan pratique, car elle demande des vérifications que l’on peut vouloir plus ou moins sévères. Dans ce cas, de la prudence et du bon sens sauront être la norme pour avaliser le fait ou on d’une conversion suffisante.

Par contre, c’est un mensonge et une tromperie que d’avoir parlé de « conversion » de Rome l’année même où Jean-Paul II était béatifié et l’année où Assise était commémoré comme étant un « acte prophétique », au terme du pontificat qui a compté le plus d’actes oecuméniques. Les actes positifs de Benoît XVI, les concessions pratiques posées en faveur de la FSSPX, ne suffisaient pas à contrebalancer des atteintes gravissimes et directes à la Foi.

2 – Concernant le second, elle est beaucoup plus problématique pour un baptisé et qui plus est pour un prêtre. Demander la conversion de Rome serait tenter Dieu ? Mais qu’ont fait les premiers chrétiens qui ont prié pour la conversion de l’empereur, pour ces générations de baptisés et de Saints qui ont souffert pour la conversion la société entière ?

Qu’a fait Mgr Lefebvre pendant des décennies en Afrique si ce n’est travailler à la conversion de pays païens ? Qui a tenté Dieu pour la conversion de Saül ? Je ne sais, mais ce Dieu qui a converti Saül, a aussi converti Constantin et Clovis. C’est aussi le même Dieu qui accepta le sacrifice de la vie du Père Ange, père prieur défunt de Bellaigue, vie offerte pour la conversion du pape.

Il y a dans cette terrible phrase en réalité comme une perte de foi dans la toute puissance de Dieu. Si nous croyons vraiment en l’Eglise catholique, une, sainte, apostolique et romaine, contre laquelle les portes de l’enfer ne peuvent prévaloir, alors nous devons croire que cette crise finira, et que Rome reviendra à la lumière de la Tradition, qu’elle redeviendra ce phare du monde qui donne la grâce et la Foi qui sauve.

Ce n’est pas tenter Dieu que de vouloir que Rome retrouve le chemin de la Tradition, c’est avoir la Foi, cette Foi qui peut déplacer les montagnes. Pierre renia par 3 fois. Il resta incrédule jusqu’après la résurrection. Quand Marie-Madeleine vint lui annoncer que le Christ était ressuscité, Pierre ne crut pas. Ce n’est qu’en voyant le Christ qu’il crut à nouveau. Et plus tard, Jésus lui demanda une triple réparation. Jésus a-t-il tenté son Père ? Croyons-nous aussi que Jésus peut convertir Pierre ?

Rome se convertira. Les mondains se seraient gaussés si on leur avait dit que Saül, le persécuteur des chrétiens, se convertirait. Les mondains n’ont pas la Foi, ils ont leur foi, bien humaine. Pour Saül, personne ne pouvait deviner sa conversion ; pour Rome, nous en avons la certitude, elle sortira des ténèbres. A nous d’y travailler, comme de biens faibles instruments, il ne nous est pas demandé plus.

Austremoine


Le sens du mot conversion

Il y a un mot qui devient de plus en plus gênant : c’est celui de conversion. Peu consensuel et évoquant la passage d’une pensée à une autre, d’une religion à une autre, il récuse par essence la faculté de pouvoir concilier deux éléments qui s’opposent de fait. Il impose un choix, évoque un changement radical. Il faut dire que si l’on pense que la conversion peut-être le fruit du prosélytisme, un non sens selon le pape François, il y a de quoi être méfiant !

Dans la conception religieuse, la conversion est le fait d’adhérer à une nouvelle religion, ce qui suppose d’abjurer la précédente. Dans le sens catholique plus précisément, cela signifie l’adhésion à l’Eglise catholique une, sainte, apostolique et romaine.

Quand un catholique prie pour la conversion d’une personne, il demande au ciel d’accorder la grâce que cette personne se tourne vers Dieu en adhérant de tout son cœur et de toute son âme à la Foi Catholique.

Il y a deux conversions que nous espérons : celle de Rome et celle de la Russie. J’y reviendrai dans des billets différents, car que n’ai-je pas entendu à ce sujet ! La Russie redevenue orthodoxe serait la preuve de l’accomplissement de la conversion de la Russie annoncée par la Vierge ; la Vierge serait-elle orthodoxe ? Quant à la conversion de Rome, il ne faudrait pas y compter, car demander une telle chose serait illusoire, voire même, ce serait tenter Dieu ! Rome restera-t-elle donc moderniste ?

Mais quel sens les catholiques donnent-ils au sens du mot conversion ? Croient-ils encore en la puissance de Dieu pour convertir les cœurs ? Quelle notion ont-ils de la Foi ?

Il faut bien constater que là aussi la révolution sémantique a fait ses ravages.

Austremoine


Eschaton : Karol Wojtyla vs Marcel de Corte

Excellent article paru sur eschaton.ch qui montre et rappelle que la constitution dogmatique Dei Verbum, moins évidente dans ses erreurs, n’en n’est pas moins trés dangereuse et profondément révolutionnaire.

Source : echaton.ch

Certains, même parmi le camp traditionaliste,  estime que la constitution dogmatique Dei Verbum sur la révélation divine, est un texte majeur qui a été épargné  par les erreurs présentes dans d’autres textes du Concile.  Dei Verbum  aborde les questions des sources de la foi, des fondements de la théologie dont la la doctrine sur la Révélation et sa transmission, de l’inspiration et l’interprétation de l’Écriture sainte et  de place de la Bible dans la vie de l’Église.

De Lubac ,expert au concile, ne cacha pas que ce texte opéra une profonde mutation : « le changement effectué par rapport à la grande majorité des manuels en usage était plus profond qu’elle [la commission] ne l’avouait et que beaucoup, semble-t-il, ne s’en rendirent compte. Dans cette constitution Dei Verbum, il en va de l’idée de Révélation comme des idées qui en sont étroitement dépendantes, de Tradition et d’inspiration : c’était la première fois qu’un concile étudiait de façon aussi consciente et méthodique les catégories fondamentales et toutes premières du christianisme et il le faisait en remontant d’un seul coup la pente sur laquelle notre théologie classique s’était engagée presque tout entière »( La Révélation divine). De Lubac reconnaissait donc que Dei Verbum imprimait une orientation nouvelle. Tout l’enjeu était de déconstruire le langage clair et précis de la scolastique pour promouvoir les catégories existentialistes. Raison pour laquelle, de Lubac, partisan de la nouvelle théologie condamnée sous Pie XII, fut la cheville ouvrière de cette constitution dogmatique. Pour le remercier, il fut choisi par Paul VI pour concélébrer le jour de la promulgation de la constitution.

Pour se convaincra de cette imprégnation existentialiste, le livre du cardinal Wojtyla,  Aux sources du renouveau – Étude sur la mise en oeuvre du concile Vatican II, est également très utile puisqu’il en appelle au No8 de Dei verbum pour résumer l’idée fondamentale du concile qui aurait été l’enrichissement de la foi. Le concile n’a pas, à le suivre, approfondi les vérités de la foi d’un point de vue doctrinal, mais s’est posé « cette question plus complexe : Que veut dire être croyant, être catholique, être membre de l’Église ? » en se référant au «vaste contexte du monde d’aujourd’hui », selon une perspective privilégiant le « sens subjectif, humain, existentiel » et impliquant « l’existence tout entière du croyant ».

La conception de la foi qu’intronise Dei verbum en fait non plus seulement l’assentiment de l’intelligence à la vérité révélée, mais elle devient un hommage, un abandon total de la personne à Dieu. Nous nous embourbons ici dans la mayonnaise existentialiste  pour qui la foi n’atteint plus une personne en tant qu’objet ( le propre de l’intelligence) mais en tant que sujet, le traitant comme un « tu » en  développant une relation d’amitié avec lui. Or c’est faire convoler foi et charité, les confondre. Il est pourtant évident que l’on peut avoir la foi sans avoir la charité. C’est suivre la pente d’un Gabriel Marcel pour qui la foi ne consiste pas à croire que, mais croire en…et cela donne toutes les âneries évoquées dans un récent article ( ici ).

Dans un texte tiré de son livre L’intelligence en péril de mort et qui  ne traite pas directement de Dei Verbum, Marcel de Corte a expliqué tout ce qu’il fallait penser des principes subjectivistes et existentialistes que mettent en œuvre le concile et tout particulièrement Dei Verbum.

« La philosophie grecque est celle du sens commun, du réalisme, de l’intelligence humaine fidèle à son essence, bref de la santé supérieure de l’homme. Chaque fois qu’on la répudie, on en paie les conséquences. Nous n’en voulons qu’un exemple, et il est de taille.

La religion chrétienne, et singulièrement la religion catholique, ne s’est pas liée à la philosophie grecque à l’occasion d’un simple hasard historique, mais sous la poussée de la foi en quête d’intelligence, de la fides quærens intellectum, et dès lors d’une conception de l’esprit qui fût universelle comme le message de l’Évangile lui-même. La conception que les Grecs se faisaient de l’intelligence, faculté du réel où tous les hommes se rencontrent et s’accordent entre eux, lui garantissait cette universalité. Cette solidarité entre le réalisme surnaturel de la foi et le réalisme naturel de  l’intelligence humaine a duré deux millénaires environ et, avec diverses péripéties, elle a constitué l’axe du christianisme et le pivot de l’Église constituée en dépositaire et gardienne vigilante de la foi, de l’intelligence et des moeurs. Elle a été rompue au cours de Vatican II.

On ne mesurera jamais les conséquences pour l’Église et pour l’humanité de cette catastrophe provoquée par un gang de Pères conciliaires à l’intelligence déboussolée. On sait que toute la préparation du Concile, d’ordre de Jean XXIII, s’était effectuée selon les normes traditionnelles et coulée dans le vocabulaire scolastique, forme évoluée du langage et propre à « la métaphysique naturelle de l’esprit humain ». La majorité du Concile, entraînée par sa minorité « structurée », repoussa cette méthode de présentation  et se déclara pour une formulation prétendument plus accessible à l’esprit moderne et à l’aggiornamento réclamé par le pape. Il ne s’agissait là, semblait-il, que d’un simple changement dans la seule présentation du message évangélique et du dogme. Le retour préconisé au parler biblique paraissait même requis, du moins en certains secteurs et notamment celui de la prédication, par les Pères les plus attachés à la Tradition de l’Église. Les Girondins du Concile se donnèrent ainsi une bonne conscience à peu de frais et l’affaire passa, telle une lettre à la poste. C’était une lettre chargée, bourrée d’explosifs. Nous commençons à subir les premières secousses déclenchées par sa déflagration. [C’est nous qui soulignons.]

On ne change pas en effet de langage comme de vêtement. […] En refusant d’utiliser le langage de la scolastique où l’effort naturel de l’esprit humain lancé à la recherche de la vérité est parvenu à un point de perfection inégalé, le Concile s’est délesté du même coup de ce réalisme dont l’Église avait toujours eu la charge jusqu’à lui. Dans l’outre vidée, ce n’est pas un vin nouveau qui fut versé, mais le vent de toutes les tempêtes de la subjectivité humaine dont nous voyons avec une horreur stupéfaite les ravages dans l’Église et dans la civilisation chrétienne. En répudiant le langage, signe des concepts, on a répudié les choses, et en répudiant les choses, on est entré d’un seul coup, au grand étonnement des Pères eux-mêmes ou de la plupart d’entre eux, dans la subversion et dans la révolution permanentes. On essaya bien d’enrayer cette dégringolade pudiquement appelée « mentalité post-conciliaire », que les esprits les moins avertis pouvaient prévoir. Faute de trouver leur unité au niveau de la vérité, objet de l’intelligence contemplative, les Pères firent basculer le Concile dans « l’action » : les désaccords s’effacent lorsqu’on poursuit un même dessein. C’est pourquoi ce concile s’est voulu strictement pastoral, à la différence de tous les conciles antérieurs. Il n’a proclamé aucun dogme et il n’aurait pu le faire sans articuler ses définitions aux dogmes traditionnels et démontrer par là son impuissance à définir, à s’ajuster aux essences, à utiliser comme instrument, sicut ancilla, la seule philosophie qui puisse s’accorder avec la foi et dont l’histoire de l’Église a démontré la fécondité. »

Marcel  De Corte montre également que « cette tentative de circonscrire le Concile au “pastoral” devait avorter » parce que « le “pastoral” ne peut faire abstraction de la philosophie pratique et de la philosophie spéculative » préalablement détruite. Raison pour laquelle « le “pastoral” est devenu […] révolutionnaire, subversif » favorisant « une activité fabricatrice d’un monde nouveau, édificatrice d’une société nouvelle, constructrice d’un homme nouveau ». Il conclut : « (…)L’Église (du moins celle qui tient le haut du pavé, monopolise l’information et s’ébat dans la pagaille de l’aggiornamento), en manifestant sans vergogne son indifférence et son mépris pour la valeur de vérité des concepts intellectuels et des formules qui les expriment, en rompant le cordon ombilical bimillénaire qui l’unissait à la philosophie aristotélicienne du sens commun, est entrée, toutes voiles dehors, dans la fiction ».


Conférence de Mgr Fellay : pour la paix dans la FSSPX ?

Le 12 octobre 2013 à Kansas City aux Etats-Unis, Mgr Fellay Supérieur Général de la FSSPX a donné une conférence inédite depuis 2009. Le constat qu’il dresse de l’état de l’Eglise est sans ambiguïté.

Le 1er juin 2008, Mgr Fellay avait déjà parlé du pape Benoît XVI comme étant parfaitement libéral, ce qui avait valu à l’époque à la FSSPX de se voir imposé un ultimatum auquel avait magnifiquement répondu Mgr Alfonso de Galarreta, ultimatum resté sans effet…Sans effet immédiat, car depuis cette date, de tels jugements sur le Saint-Père cessèrent de la part de Mgr Fellay et de la Maison Générale.

Cette conférence semble donc marquer un tournant : le discours semble vouloir s’attaquer de nouveau aux fauteurs d’erreurs, et en premier lieu la pape François qui n’en finit pas de défrayer la chronique par ses déclarations hétérodoxes.

Le ton n’est plus à l’euphorie de l’année 2011 et à la vision d’une curie gagnée par « l’amitié » envers la FSSPX, mais au constat d’une Eglise dans un état toujours plus catastrophique en proie à une tragédie jamais vue, apocalyptique.

La réaffirmation de l’illégitimité de la nouvelle messe et de sa nocivité intrinsèque, du refus de l’herméneutique de la réforme avancée par Benoît XVI, ainsi que de l’impossibilité de considérer le concile Vatican II comme faisant parti de la Tradition est dite. On ne peut que s’en réjouir.

Mais surtout, il y a enfin la reconnaissance que l’accord voulu en 2012 aurait été une catastrophe pour la Fraternité. Et c’est là un point important tant on nous a affirmé tant et tant le contraire à grand renfort de conférences, de sermons et d’entretiens… Cet aveu était nécessaire.

Il y a aussi le coté désolant de cette conférence qui refuse de regarder honnêtement les causes des graves divisions : la légitimité de la promulgation de la nouvelle messe est dans le préambule du 14 avril 2012 signé par Mgr Fellay tout comme l’inclusion du concile Vatican II dans la Tradition.

Ce préambule n’a été ni plus ni moins la ratification par Mgr Fellay de l’herméneutique de la réforme. Ce n’est pas parce qu’un principe vrai et bon préside ce texte inadmissible que l’ensemble du texte s’en trouve justifié et que les propositions gravement erronées qui s’y trouvent deviennent justes ou qu’elles n’existent plus.

Il est donc faux de dire que les accusations d’acceptation de la légitimité de la nouvelle messe de l’acceptation de l’herméneutique de la réforme sont infondées.

Ce sont des faits, tout comme sont des faits la réponse à la lettre des 3 évêques qui relativise la nocivité du Concile et qui annonce la volonté de l’accord pratique au détriment du bien commun, ainsi que la désobéissance au chapitre de 2006 qui interdisait tout accord pratique, etc…

La privation des ordres majeurs aux communautés amies, pour le seul fait qu’elles aient averti de façon privée de leur opposition à la politique de ralliement opérée par Menzingen est aussi un fait, fait d’autant plus grave que la FSSPX n’a aucune espèce de juridiction sur ces communautés.

Mgr Fellay regrette les intentions qui lui ont été prêtées : sans doute certains ont pêché par médisance. Mais il n’en reste pas moins que les éléments que je viens d’évoquer constituent de faits, et s’il est vrai qu’on ne doit pas juger des intentions, on peut et on doit, dans une matière aussi grave, la Foi, considérer les faits objectivement.

Et les faits qui n’ont cessés de jalonner les années 2011 et 2012 montrent une défaillance grave de l’autorité qui a agit contre sa fin et contre le bien commun. Ce fut là une œuvre de sédition dont les conséquences sont catastrophiques pour la FSSPX. Et continuer de nier ces éléments factuels c’est continuer cette oeuvre séditieuse.

D’ailleurs on constate que les sophismes qui nous ont mené au bord de la catastrophe sont toujours de mise, ce qui laisse entrevoir que ce qui c’est passé en 2012 peut très bien se réitérer au prochain changement de pape plus conciliant. En effet, le raisonnement tenu par Mgr Fellay est complètement subjectiviste, car il ne révise son jugement qu’à travers un changement de personnalité à savoir le pape, alors que dans les principes, il n’y a pas de différence fondamentale entre Benoît XVI et François.

De même, il est facile de dire que l’on retire un texte parce qu’il serait « trop subtil ». Enoncer un principe vrai qui permettrait d’énoncer des propositions fausses n’est pas de la subtilité, c’est de la tromperie, telle qu’elle a été menée par les progressistes au Concile Vatican II. On pourrait donc dire tout et n’importe quoi à partir du moment où ce qui est dit se soumet à un grand principe de base énoncé comme vrai ! Non seulement cela n’a rien à voir avec de la subtilité, mais c’est un sophisme gravissime et une contradiction affligeante !

Nous sommes en 2013, et le pape François règne.

Il est possible de refaire l’unité, c’est même un devoir vis-à-vis de la providence qui nous a épargné du désastre programmé de l’accord en 2012. Et si Mgr Fellay reconnaît aujourd’hui l’ampleur de ce qu’aurait été une telle catastrophe si cette opération suicide avait été menée jusqu’au bout, alors il convient par justice de faire la paix avec tous ces prêtres, qui en conscience, avec plus ou moins de prudence, ont averti avec raison le supérieur, leurs confrères et les fidèles, du mur où les emmenait la Maison Générale.

Une vraie paix et une vraie unité ne pourront se reconstruire que dans la vérité.

Austremoine


Les pharisiens du nouveau testament : l’ancien SS Erich Priebke enterré par la FSSPX

Quelle honte ! Un ancien SS va être enterré par la FSSPX, en Italie : M. Erich Priebke ! Vous rendez-vous compte, voilà le comble de l’antisémitisme, le sommet de la haine, la preuve du schisme, une raison supplémentaire d’excommunication, le péché mortel impardonnable, la complicité prouvée avec la négation de l’unique dogme mondial !

Hypocrites !

Et tous ces catholiques de salon, ces mondains qui s’inquiètent et s’étonnent de cet énième « dérapage » de la FSSPX, qui jugent à l’aune de leur petit respect humain minable que c’est médiatiquement risqué, que vraiment c’est donner le bâton pour se faire battre, somme toute qu’il ne faut pas exagérer !

Pharisiens !

Pharisiens qui refusent de s’offusquer lorsque des homosexuels notoires voient leurs obsèques célébrées dans des églises, qui acceptent si bien le compromis quand il s’agit du dogme ou de la morale catholique, qui justifient toutes les excentricités d’une hiérarchie déboussolée par le concile Vatican II.

Tous ces sépulcres blanchis ne se demandent à aucun moment si cet homme s’est confessé, s’il a paru justifié devant Dieu. Personne ne s’enquiert si par la suite la vie de cet homme a peut-être pu corriger des années d’égarement. Personne ne se pose la question de savoir si cet homme n’a pas demandé humblement pardon à Dieu de ses fautes.

Cet homme a commis des crimes, peut-être. Mais il est baptisé et il est mort en chrétien, réconcilié avec Dieu. Souffrez le droit de l’Eglise qui lui accorde l’honneur de la sépulture ecclésiastique.

Cet homme sur lequel se déverse la haine de la pensée unique, aura sans doute une bien meilleure place dans le Paradis que tous ces fils de mensonge, si toutefois ces derniers y accèdent. C’est l’Evangile qui le dit, et l’Evangile est catholique, c’est la parole de Dieu.

« Deux hommes montèrent au temple pour prier; l’un était pharisien, et l’autre publicain. Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. Le publicain, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »

Austremoine

Communiqué de la FSSPX – district d’Italie

La religion catholique est celle de la miséricorde et du pardon

Ces dernières heures, la Fraternité Saint-Pie X a reçu la demande de la part de la famille de M. Erich Priebke de pouvoir célébrer les obsèques de l’ex-officier allemand controversé, qui fut condamné par la justice italienne pour le massacre atroce des Fosses ardéatines.

Un chrétien qui a été baptisé et qui a reçu les sacrements de la Confession et de la Sainte Eucharistie, quels qu’aient été ses fautes et ses péchés, dans la mesure où il meurt réconcilié avec Dieu et avec l’Église a droit à la célébration de la messe et aux obsèques.

Par la présente, nous confirmons notre refus de toute forme d’antisémitisme et de haine raciale ainsi que de toute forme de haine. La religion catholique est celle de la miséricorde et du pardon.

Ces funérailles auraient dû se dérouler de manière privée, sans aucune publicité ou instrumentalisation médiatique.

En souhaitant à tous les journalistes un bon travail, nous restons convaincus de la nécessité de ne pas transformer un acte de piété chrétienne en un geste idéologique, la piété et la miséricorde ne pouvant pas être à géométrie variable, mais devant toujours guider l’Église de Dieu.

Enfin, nous démentons de manière absolue toutes les déclarations prétendues de membres de la Fraternité recueillies ces dernières heures par les journaux.

Le district d’Italie de la Fraternité Saint-Pie X


La « consécration » du pape François

Le Vatican avait annoncé il y a plusieurs semaines la consécration du monde à Notre Dame de Fatima par le pape François. Cela bien sûr n’a pas été sans rappeler la demande de Notre Dame que le pape Lui consacre la Russie en union avec l’ensemble des évêques du monde.

Certains ont voulu y voir une nouvelle consécration à la suite de Jean-Paul II qui respecterait les demandes de la Vierge. Cette dernière consécration a le mérite de lever toute ambiguïté sur la question : le mot « consécration » n’y est même pas prononcé, pas plus que le mot « monde » et encore moins celui de « Russie » ; les relais officiels du Vatican parlent simplement de la récitation d’un acte de confiance, et de fait.

Toute autre information qui viserait à inclure dans cette prière le terme « consécration » et à parler de consécration est trompeur et mensonger. Bien naturellement, on pourra légitimement s’interroger ce qui ressemble hélas, sans s’y tromper, à une énième manipulation.

Austremoine

Texte de l’acte de confiance du pape François à la Vierge

Bienheureuse Marie Vierge de Fatima, rendant grâce de nouveau pour ta présence maternelle nous unissons notre voix à celle de toutes les générations qui te disent bienheureuse.

Nous célébrons en toi les grandes œuvres de Dieu, qui ne cesse jamais de s’incliner avec miséricorde sur l’humanité, affligée par le mal et blessée par le péché, pour la guérir et la sauver.

Accueille avec une bienveillance de Mère l’acte de confiance que nous faisons aujourd’hui, en confiance, devant ta représentation qui nous est si chère.

Nous sommes sûrs que chacun de nous est précieux à tes yeux et que rien de tout ce qui habite nos cœurs ne t’est étranger. Nous nous laissons atteindre par ton regard très doux et nous recevons la caresse consolante de ton sourire.

Garde notre vie entre tes bras : bénis et renforce tout désir de bien ; ravive et alimente la foi ; soutiens et illumine l’espérance ; suscite et anime la charité ; guide-nous tous sur le chemin de la sainteté.

Enseigne-nous ton amour de prédilection pour les plus petits et les pauvres, pour ceux qui sont exclus et ceux qui souffrent, pour les pécheurs et les cœurs égarés : rassemble-les tous sous ta protection et remets-les tous à ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus. Amen.

Pape François

Place Saint-Pierre, le 13 octobre 2013


Mgr Lefebvre : on en arrive à la destruction totale de l’Eglise

Ce sermon a été prononcé le 30 mars 1986 à Ecône par Mgr Lefebvre à l’annonce de la réunion internationale d’Assise par Jean-Paul II, ce pape que l’Eglise conciliaire veut porter sur ses autels.

Source : La Porte Latine

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

Mes bien chers amis, Mes bien chers frères,

Permettez-moi, avant d’évoquer quelques considérations sur cette belle fête de Pâques, sur les sentiments qui doivent nous animer en ce beau jour, de compléter — surtout pour vous, mes chers séminaristes, qui allez dans quelques instants prendre le chemin des vacances — vous allez rencontrer vos parents, vos amis, et je ne voudrais pas que ce que je vous ai dit jeudi dernier à l’occasion de la messe chrismale, soit mal interprété par vous.

Nous le savons tous, mes bien chers frères, mes bien chers amis, nous savons tous que nous sommes actuellement devant une situation dans l’Église qui est de plus en plus inquiétante. Ce n’est pas depuis aujourd’hui que le problème se pose. Le problème se pose depuis le concile particulièrement et depuis l’application des réformes du concile. Or, nous assistons à une espèce d’escalade de l’oecuménisme pratiqué par le pape et par les évêques.

Ce n’est pas un mystère ; c’est vu et su par tout le monde ; c’est présenté à la télévision, par tous les moyens de communication sociale. Tout le monde est bien au courant de cet oecuménisme qui est pratiqué aujourd’hui par les autorités de l’Église.

Alors cet oecuménisme nous pose, – à vous j’en suis certain – chers fidèles, chers amis, un grave problème de conscience. Pour nous, nous voulons et nous avons décidé – et je ne pense pas que nous ayons l’intention de changer : nous voulons rester catholiques. Et le catholicisme pour nous, signifie : garder la foi, les sacrements, le Saint Sacrifice de la messe, le catéchisme que l’Église a enseigné, a légué, comme un héritage précieux pendant dix-neuf siècles, à des générations et des générations de catholiques.

Nous-mêmes nous avons reçu dans notre enfance, dans notre jeunesse, dans notre adolescence, notre âge mûr, nous avons reçu ce précieux héritage et nous y sommes attachés comme à la prunelle de nos yeux, en pensant que cette foi qui nous a été léguée et tous les moyens de garder la foi qui nous ont été légués, d’entretenir la grâce en nous, sont un moyen nécessaires, absolument indispensables pour sauver nos âmes, pour aller au Ciel. Ce n’est pas pour autre chose que nous voulons demeurer catholiques : pour sauver nos âmes.

Alors, lorsque j’avais l’occasion de vous dire jeudi dernier, mes chers amis, que nous avons l’impression de nous éloigner toujours davantage de ceux qui pratiquent cet oecuménisme insensé, contraire à la foi catholique — je devrais dire plutôt, que demeurant catholiques et décidant de demeurer catholiques jusqu’à la fin de nos jours — ce sont eux que nous voyons s’éloigner de nous, parce que nous demeurons catholiques et qu’ils s’éloignent toujours un peu plus de la profession de cette foi catholique qui est le premier précepte qui est celui d’un baptisé, de professer sa foi.

Ce n’est pas pour rien que nos parrain et marraine ont prononcé le Credo le jour de notre baptême – et que nous-mêmes ensuite – à la confirmation que nous avons reçue, nous avons répété par nous-mêmes, ce Credo, qui nous attache définitivement à la foi catholique. Or, c’est un fait certain, connu désormais de tout le monde, depuis surtout le voyage du pape au Maroc, au Togo, dans les Indes, et dans les communiqués que le Saint-Siège officiellement a fait paraître encore ces jours derniers, pour dire que le pape avait l’intention de se rendre chez les juifs, pour prier avec eux, que le pape avait l’intention de se rendre à Taizé pour prier avec les protestants et qu’il avait l’intention – il l’a dit lui-même publiquement à Saint-Paul-hors-les-murs – de faire une cérémonie qui réunirait toutes les religions du monde pour prier avec elles, à Assise, pour la paix – à l’occasion de l’Année de la paix qui a été proclamée par l’O.N.U. et qui pour l’O.N.U. doit avoir lieu le 24 octobre.

Voilà les faits. Vous les avez lu dans les journaux ; vous les avez entendu à la télévision, pour ceux qui ont la télévision. Que pensons-nous ? Quelle est la réaction de notre foi catholique ? C’est cela qui compte, ce n’est pas notre sentiment personnel, une espèce d’impression ou une constatation quelconque. Il s’agit de savoir ce qu’en pense l’Église catholique ; ce que l’on nous a enseigné ; ce que notre foi nous dit devant ces faits. C’est pourquoi je me permets de vous lire quelques mots très courts que j’ai recueillis dans le Dictionnaire de Droit canonique, du chanoine Naz, qui est officiellement le commentaire du Droit canon qui est la loi de l’Église depuis les premiers temps de l’Église. Le Droit canon édité et publié sur l’ordre du pape Pie X et publié par Benoît XV, le Droit canon est l’expression de la loi de l’Église qui a été la sienne pendant dix-neuf siècles. Que dit-il à propos de ce que l’on appelle la communicatio in sacris, c’est-à-dire la participation à un culte a-catholique, participation d’un culte non-catholiques ? Je crois que c’est bien ce qui nous occupe ; c’est bien ce que nous voyons : la participation du pape et des évêques à des cultes non catholiques.

Qu’est-ce qu’en dit l’Église ? La communicatio in sacris, comme le dit l’Église en latin : Elle est interdite avec les noncatholiques par le canon 1258, paragraphe 1, qui dit :

“Il est absolument interdit aux fidèles d’assister ou de prendre part activement aux cultes des a-catholiques de quelque manière que ce soit”.

De quelque manière que ce soit. Et voici comment il l’explique — et cela je ne fais que copier ce qui se trouve dans le commentaire officiel de la doctrine de l’Église — :

« La participation est active et formelle quand un catholique participe à un culte hétérodoxe, c’est-à-dire non catholique, avec l’intention d’honorer Dieu par ce moyen, à la manière des noncatholiques ».

Je répète :

« La participation est active et formelle quand un catholique participe à un culte hétérodoxe, c’est-à-dire non catholique, avec l’intention d’honorer Dieu par ce moyen, à la manière des noncatholiques ».

C’est exactement ce devant quoi nous nous trouvons. Je pense réellement que les évêques et que le pape ont l’intention d’honorer Dieu, par le culte non-catholique, auquel ils participent. Je ne pense pas me tromper.

Une telle participation est interdite, sous n’importe quelle forme – quo vis modo – parce qu’elle implique profession d’une fausse religion et par conséquent le reniement de la foi catholique.

« Il n’est permis ni de prier, ni de chanter, ni de jouer de l’orgue dans un temple hérétique ou schismatique en s’associant aux fidèles qui célèbrent leur culte, même si les termes du chant et des prières sont orthodoxes ».

Ce n’est pas moi qui ai écrit cela. C’est écrit en toutes lettres dans le Dictionnaire de Droit canonique par le chanoine Naz, qui fait pièce officielle, qui a toujours été considéré dans l’Église comme un commentaire tout à fait officiel et valable.

« Ceux qui participent ainsi activement et formellement au culte des non-catholiques, sont présumés adhérer aux croyances de ces derniers. C’est pourquoi le canon 2316 les déclare suspects d’hérésie et s’ils persévèrent ils sont considérés comme réellement hérétiques. »

Ce n’est pas moi qui le dit, encore une fois. Pourquoi cette législation de l’Église ? Pour nous aider à pratiquer le premier commandement que nous avons de professer notre foi catholique. Si nous professons notre foi catholique, il nous est impossible, inconcevable de professer une autre foi, un autre culte. Parce que en priant dans un autre culte nous faisons profession d’honorer le dieu qui est invoqué par ce culte, par le culte d’une fausse religion. Une fausse religion, c’est honorer un faux dieu ; un dieu qui est une construction de l’esprit ou qui est une idole quelconque, mais qui n’est pas le vrai Dieu. Comment voulez-vous que les juifs prient le vrai Dieu ? Ils sont formellement, essentiellement contre Notre Seigneur Jésus-Christ, depuis précisément le jour de la Résurrection de Notre Seigneur. Et même avant, puisqu’ils L’ont crucifié. Mais d’une manière quasi officielle, après la Résurrection de Notre Seigneur. Et ils se sont mis immédiatement à persécuter les disciples de Notre Seigneur et cela pendant des siècles.

Comment peut-on prier le vrai Dieu avec les juifs ? Qui est Notre Seigneur Jésus-Christ ? Le Verbe de Dieu. Il est Dieu. Nous n’avons qu’un seul Dieu : Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et qu’un seul Seigneur : Notre Seigneur Jésus-Christ. Ce sont les évangélistes qui nous rappellent cela à satiété. Si donc on s’oppose à Notre Seigneur Jésus-Christ, comme le dit explicitement saint Jean dans ses Lettres : “Qui n’a pas le Fils, n’a pas le Père. Celui qui n’honore pas le Fils, n’honore pas le Père.”

C’est normal, il n’y a qu’un seul Dieu en trois Personnes. Si l’une des Personnes est déshonorée, est refusée, on ne peut pas honorer les autres Personnes, c’est impossible. C’est détruire la Sainte Trinité. Par conséquent, en déshonorant Notre Seigneur Jésus-Christ, les juifs déshonorent la Sainte Trinité. Comment peuvent-ils prier le vrai Dieu ? Il n’y a pas d’autre Dieu au Ciel, que nous connaissions, qui nous ait été enseigné par notre foi catholique.

Voilà la situation devant laquelle nous nous trouvons. Je ne l’invente pas. Ce n’est pas moi qui le veux, je voudrais mourir pour qu’elle n’existe pas cette situation. Je voudrais donner ma vie. Mais nous nous trouvons devant cette situation. Comment la juger selon notre foi, suivant la doctrine de l’Église ?

Nous nous trouvons vraiment devant un dilemme grave, excessivement grave, qui je crois n’a jamais existé dans l’Église : Que celui qui est assis sur le siège de Pierre, participe à des cultes de faux-dieux. Je ne pense pas que ce soit jamais arrivé dans l’Histoire de l’Église.

Quelle conclusion devrons-nous tirer, peut-être dans quelques mois, devant ces actes répétés de communication à des faux cultes ? Je ne sais pas. Je me le demande. Mais il est possible que nous soyons dans l’obligation de croire que ce pape n’est pas pape. Car il semble à première vue — je ne veux pas encore le dire d’une manière solennelle et formelle — mais il semble à première vue — qu’il soit impossible qu’un pape soit hérétique publiquement et formellement. Notre Seigneur lui a promis d’être avec lui, de garder sa foi, de le garder dans la foi. Comment celui auquel Notre Seigneur a promis de le garder dans la foi définitivement et sans qu’il puisse errer dans la foi, peut-il en même temps être hérétique publiquement et quasi apostasier ?

Voici un problème qui vous concerne tous, qui ne concerne pas moi seulement. Si l’on nous a persécutés, si maintenant on nous traite comme des gens qui sont presque hors de l’Église, pourquoi ? Parce que nous sommes restés catholiques. Parce que nous avons voulu rester catholiques. Et alors nous constatons que demeurant catholiques, ces personnes s’éloignent toujours davantage de la doctrine catholique et par conséquent s’éloignent de nous. Que voulez-vous que l’on y fasse ? Absolument comme les juifs se sont éloignés de Notre Seigneur. Ils se sont éloignés de Lui toujours davantage, jusqu’à devenir des ennemis jurés de Notre Seigneur Jésus-Christ. Alors qu’ils auraient dû tous se réunir à Notre Seigneur ; alors qu’ils auraient dû tous suivre la très Sainte Vierge Marie et les apôtres – à l’exception faite de Judas bien sûr – mais tous les disciples de Notre Seigneur, juifs, qui se sont convertis à Notre Seigneur et qui ont suivi Notre Seigneur.

Notre religion chrétienne a commencé avec des juifs, des juifs convertis. Pourquoi y en a-t-il un certain nombre qui ont refusé de se convertir malgré toute l’évidence des miracles de Notre Seigneur, l’évidence de sa Résurrection ? Puisque les soldats qui étaient présents ont couru, effrayés, après l’apparition de l’ange et les tremblements de terre qui avaient eu lieu ; effrayés il sont partis voir les Princes des prêtres pour dire ce qui était arrivé. C’est-à-dire que Notre Seigneur n’était plus là ; qu’il était ressuscité ; qu’il n’y avait plus rien dans le tombeau et qu’ils avaient entendu un tremblement de terre effrayant. Ils venaient apporter leurs constatations, leur témoignage. Qu’est-ce qu’ont dit les Princes des prêtres ? Au lieu de dire : Ah, vraiment, nous faisons amende honorable ; nous nous sommes trompés ; nous adorons Notre Seigneur Jésus-Christ s’il est ressuscité. Comment ne pas L’adorer ? Comment ne pas Le suivre ? – Non – Qu’ont-t-ils dit aux soldats ? : “Voilà une forte somme d’argent et allez dire dans tout Jérusalem que pendant que vous dormiez, les apôtres sont venus prendre le Corps de Notre Seigneur”.

Alors, comme le dit très bien saint Augustin, en souriant je pense, il dit : “Mais comment ontils pu dire que les apôtres ont enlevé le Corps de Notre Seigneur Jésus-Christ, comment les ont-ils vus puisqu’ils dormaient ?” Ils n’ont pas pu voir. Ils disaient même que pendant qu’ils dormaient les apôtres sont venus enlever le Corps de Notre Seigneur, donc ils ne les ont pas vus. Mensonge, mensonge, mensonge. C’est le démon qui les a inspirés ; ils sont restés sous l’influence du démon.

Que faire, mes bien chers frères, mes bien chers amis ? Prier. Devant cette situation de l’Église nous devrions prier matin et soir, jour et nuit, prier la très Sainte Vierge Marie de venir au secours de son Église. Car c’est un scandale considérable – au vrai terme de scandale – scandale, c’est pousser au péché. Eh bien par ce scandale de l’oecuménisme, par ce scandale de la participation aux cultes de fausses religions, les chrétiens perdent la foi. Les catholiques perdent la foi ; ils n’ont plus la foi dans l’Église catholique. Ils ne croient plus qu’il n’y a qu’une seule religion vraie ; qu’il n’y a qu’un seul Dieu, la Trinité Sainte et Notre Seigneur Jésus-Christ.

La foi disparaît. Quand l’exemple et le scandale viennent de si haut, que celui qui est sur le siège de Pierre et que presque tous les évêques… alors pauvres chrétiens, qui sont livrés à eux-mêmes ; qui n’ont pas suffisamment de formation chrétienne, pour maintenir leur foi catholique malgré tout, ou qui n’ont pas à côté d’eux des prêtres qui les aident à garder cette foi, ils sont complètement désemparés. Ou ils perdent la foi, ne pratiquent plus, ne prient plus, ou ils s’engagent dans des sectes quelconques. Alors nous devons beaucoup prier, réfléchir, demander au Bon Dieu de nous garder dans la foi catholique, quoi qu’il arrive.

Ces événements ne dépendent pas de nous, encore une fois. C’est comme un film de cinéma qui se déroule devant nos yeux. Depuis le concile, nous voyons la situation s’aggraver, d’année en année, toujours plus grave, toujours plus grave. Le synode a encore marqué un point d’orgue – je dirai encore plus grave que les autres – parce qu’ils ont dit : Nous continuons, nous continuons, malgré toutes les difficultés ; le concile a été l’oeuvre du Saint-Esprit, a été une Pentecôte extraordinaire, il faut continuer. Continuons dans l’esprit du concile. Pas de restrictions, pas de réprimandes, pas de retour à la Tradition. Et nous voyons maintenant que le fait que le synode ait dit : Il faut continuer dans l’esprit du concile, eh bien nous voyons les étapes, maintenant se précipiter, aller encore plus vite. Forcément puisqu’il n’y a pas eu d’objection à ces vingt années d’esprit du concile mis en pratique. Maintenant, désormais, tous ceux qui sont d’accord avec ces transformations dans l’Église, disent il n’y a pas de raison de ne pas continuer plus rapidement encore. On en arrive à la destruction totale de l’Église.

Mais je ne voudrais pas ne pas évoquer quelques considérations sur la belle fête de Pâques que nous avons et qui, justement, encourage notre foi. Car voyez-vous l’Église catholique est la seule, en définitive, qui nous parle de l’au-delà d’une manière certaine. Oh, comme nous devons remercier le Bon Dieu d’avoir la foi catholique. Pauvres âmes qui n’ont pas la foi et qui errent – je dirai – dans l’aveuglement ; qui ne pensent qu’aux choses d’ici-bas et qui lorsqu’elles pensent ou qu’elles ont l’occasion de penser aux choses de l’avenir, ce qu’il en sera après la mort, préfèrent plutôt fermer les yeux, fermer les oreilles, ne pas évoquer ces choses-là, pour ne pas avoir à y penser. Pauvres gens qui dans leur aveuglement et dans leur attachement aux choses de ce monde, ferment les yeux sur les choses les plus belles qui nous attendent là-haut.

Aujourd’hui disent nos offices, Notre Seigneur a ouvert la porte du Ciel. Mais regardons donc vers le Ciel. Il nous ouvre les portes du Ciel, pourquoi ? Mais pour nous y amener tous, bien sûr ! Pour que tous les hommes Le suivent. Lui, puisqu’il a ouvert cette porte et qu’il est Lui-même LA Porte. Ego sum ostium : Je suis la Porte du Ciel. Mais regardons Jésus-Christ, regardons sa Résurrection, regardons toutes les Âmes saintes qui L’entourent ; regardons tous ces justes de l’Ancien Testament, qui vont bientôt monter avec Lui au Ciel et former déjà le corps des Élus au Ciel. Alors que nous enseigne l’Église sur cet au-delà qui nous attend tous ? Cette vie est courte, est brève.

L’Église nous dit qu’il y a quatre possibilités pour les âmes, quatre lieux dans lesquels elles peuvent être placées, dont trois définitifs et un provisoire. Le lieux définitifs sont : le Ciel, les Limbes et l’Enfer. Le lieu provisoire, c’est le Purgatoire.

Voilà ce que nous enseigne l’Église. Il n’y a pas d’autres lieux. Ou c’est le bonheur éternel, immédiatement acquis, ou c’est le bonheur éternel acquis par l’intermédiaire d’un séjour plus ou moins prolongé au Purgatoire pour purifier nos âmes de nos péchés véniels, des peines dues aux péchés que nous avons commis. Ou ce sont les Limbes pour les âmes de ceux qui n’ont pas péché personnellement et qui sont morts avec le péché originel, comme tous ces enfants qui meurent… hélas — quand on pense à tous p. 6 ces avortements, tous ces enfants sont privés de la grâce sanctifiante, privés du bonheur éternel du Ciel — ils ne sont pas malheureux, mais ils sont tout de même dans cette privation invraisemblable d’un bonheur ineffable, dont nous n’avons aucune idée ici-bas. Cela se sont les Limbes. Et puis enfin l’Enfer.

Et saint Thomas donne une comparaison, très moderne je dirai, parce qu’il dit : “Nos âmes lorsqu’elles quitteront nos corps, ici-bas, iront chacune à leur place, comme les astres qui ont été projetés dans le ciel par le Bon Dieu”.

Chacun a pris sa place selon sa gravité, suivant les lois de la gravitation, suivant son importance, il a pris sa place. Comme nous dirions aujourd’hui pour les satellites. Nous lançons des satellites qui, suivant leur poids, suivant leur grandeur, suivant leur vitesse, prennent leur place sur orbite et tournent autour de la terre. Eh bien les âmes aussi – d’une certaine manière – prendront chacune leur place. Par rapport à quoi ? Par rapport à leur relation avec Notre Seigneur Jésus-Christ. Sommes-nous vraiment des fidèles de Notre Seigneur Jésus-Christ ? L’aimons-nous de tout notre coeur ? Mourrons-nous dans cet amour en disant : J’offre ma vie tout entière ; j’offre tout, j’offre mes souffrances ; j’offre ma mort pour Notre Seigneur Jésus-Christ ; pour être uni à Notre Seigneur Jésus-Christ ; pour réparer les fautes, par amour pour Notre Seigneur. Alors, si vraiment nous faisons un acte de charité parfaite avant de mourir, nos âmes tout naturellement partiront dans le Ciel et se placeront dans le Ciel suivant notre degré de charité ; plus ou moins près de Notre Seigneur, automatiquement, le Bon Dieu n’aura même pas à nous juger. C’est nous-mêmes qui nous jugeons par la charité que nous avons pour le Bon Dieu, pour Notre Seigneur et nous aurons le bonheur éternel. Si au contraire nous avons des peines à expier, ce sera le Purgatoire. Et dans le Purgatoire, nous ne pouvons rien faire par nous-mêmes.

N’oublions pas cela, mes bien chers frères. N’oublions pas que dans le Purgatoire, les âmes du Purgatoire ne peuvent rien faire par elles-mêmes ; elles ne peuvent pas mériter ; elles sont fixées dans ce qu’elles sont, simplement qu’elles ont un temps de peine à expier. Mais ce temps peut être abrégé par nous, par les fidèles qui sont encore sur la terre. Nous pouvons prier justement, il faut prier pour les âmes du Purgatoire. C’est une grande raison de prier pour les âmes du Purgatoire. Parce que nous, nous pouvons mériter pour elles, par nos prières, par nos sacrifices ; en offrant nos sacrifices pour les âmes du Purgatoire, pour les âmes de nos parents, de nos amis, de tous ceux qui souffrent au Purgatoire. Nous pouvons soulager leurs peines. Elles ne peuvent plus pour elles-mêmes ; elles attendent la fin de cette purification, de ce Purgatoire et elles souhaitent que ceux qui sont sur la terre, leurs amis, leurs parents, prient pour elles afin de les délivrer le plus vite possible de ces peines et qu’elles aillent rejoindre les élus au Ciel. Par contre, inutile de prier pour les élus du Ciel ; inutile de prier pour ceux qui sont dans les Limbes ; inutile de prier pour ceux qui sont en Enfer, parce que dans ces trois lieux, l’état est définitif.

Mais comme nous ne le savons pas, nous ne savons pas parmi nos parents, nos amis, ceux qui meurent, sont-ils au Ciel ? Sont-ils au Purgatoire ? Hélas sont-ils en Enfer ? Nous ne savons pas. Alors nous devons prier pour eux et le Bon Dieu se sert de ces prières pour ceux qui peuvent recevoir les mérites de ces prières, si les personnes pour lesquelles nous prions ne sont plus susceptibles de changer d’état ou de modifier leur état.

Par contre, ceux qui sont au Ciel, peuvent prier pour nous. Et c’est pourquoi nous devons souvent invoquer les saints du Ciel, invoquer particulièrement bien sûr Notre Seigneur, la très Sainte Vierge Marie, les saints les plus puissants, ceux pour lesquels nous avons une dévotion particulière, notre saint Patron, notre sainte Patronne, pour leur demander de venir à notre secours. Eux peuvent intercéder auprès de Notre Seigneur Jésus-Christ pour nous, pour nos âmes ; afin que nous progressions dans la perfection ; afin que nous nous préparions à ce moment si important, le moment le plus important de notre vie qui est notre mort. Pour que nous soyons prêts à aller les rejoindre là-haut dans l’éternité. Voilà ce que nous enseigne la Sainte Église. Au moins les choses sont claires, simples, naturelles, bonnes pour nous, qui nous encouragent à marcher dans le chemin de la perfection. Et c’est pourquoi il est si profitable et je félicite tous ceux qui ici on déjà fréquenté les exercices spirituels de saint Ignace, qui ont fait des retraites, pour méditer sur nos fins dernières ; pour méditer sur ces magnifiques horizons que le Bon Dieu nous présente à l’occasion de sa Résurrection.

Tout ce que nous connaissons ici-bas n’est rien en comparaison de ce que nous connaîtrons si le Bon Dieu nous accueille dans son Paradis. C’est saint Paul qui le dit : “Il n’y a aucune proportion entre ce que nous sommes ici et ce qu’il y a dans le Ciel”.

Alors, méditons ces choses et efforçons-nous de pouvoir être accueilli – je dirai – par les anges, comme les saintes Femmes ont été accueillies. Voyez-vous la différence qu’il y a eu entre les gardiens du tombeau de Notre Seigneur et les saintes Femmes qui sont venues pour voir Notre Seigneur, les saints Anges eux-mêmes leur ont dit : “Vous, approchez, parce ce que nous savons que vous cherchez Jésus-Christ qui a été crucifié. Nous le savons. Alors venez, venez voir là où il a été déposé”. Les femmes étaient effrayées, le tremblement de terre, l’ange qui descend du Ciel, resplendissant de lumière et de splendeur, elles sont épouvantées ; elles se seraient bien enfuies aussi, comme les gardiens qui eux se sont enfuis, ont pris la fuite. Non, à elles, les anges ont dit : “non, nous savons que vous, vous cherchez Notre Seigneur Jésus-Christ”. Puissions-nous aussi entendre : “Nous savons que vous, vous recherchez Notre Seigneur Jésus- Christ”.

Que nos saints Anges gardiens nous disent cela, lorsque nous arriverons à notre dernier moment. Lorsque le Bon Dieu nous appellera, puissions-nous être reçus comme cela par les anges et non pas nous enfuir et aller avec ceux qui sont avec le Prince du mensonge, comme l’ont fait ces pauvres soldats en allant trouver les Princes des prêtres.

Demandons à la très Sainte Vierge Marie, de nous guider au cours de notre vie, pour qu’un jour nous puissions aller partager son bonheur dans le Ciel.

Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

† Marcel Lefebvre


Rome devra se dédire

Pour justifier de mensonges appelés avec pudeur « diplomatiques », on dit que l’autorité ne peut pas perdre la face, et pour se faire on modifie la réalité, on refait allègrement l’histoire pour qu’un fois refaite, l’autorité coupable se trouve justifiée.

Quelle fausse conception de l’autorité qui commence tout d’abord par oublier que le mensonge est une offense faite à Dieu, et qui n’hésitant pas à léser la justice envers Dieu, fait de même envers le prochain, faisant de l’innocent un coupable et du coupable un innocent.

On retrouve notamment ce travers dans la recherche d’un accord entre la Tradition et la Rome conciliaire : comme on sait qu’aucune base commune sur le plus doctrinal n’est possible, et que Rome refuse tout retour à la Tradition, on nous explique que Rome ne peut pas perdre la face, que Rome ne peut pas avoir tord, et que donc on donne une adhésion extérieure au Concile tout en le réprouvant sur le fond. Foutaise !

Et Dieu dans tout cela ? Et la Vérité ? Et la Foi ?

En 2012 certains ont tenté d’adopter la voix tracée par Benoît XVI de l’herméneutique de la réforme. Il a fallu essayer de rendre les ronds carrés et les triangles ovales, ce qui en termes naturels est une négation du réel mais en termes surnaturels est une atteinte gravissime à l’intégrité de la Foi.

Le concile Vatican II, par ses nombreuses ambiguïtés, laissait la porte ouverte à ces approches suicidaires, car ce qui est ambigu peut trouver une explication plus ou moins alambiquée. Les erreurs du Concile ayant été auparavant largement relativisées.

Les canonisations scandaleuses de Jean XIII et de Jean-Paul II ne sont pas plus graves que le concile Vatican II, elles n’en sont qu’une conséquence, mais elles marquent d’une façon factuelle, pratique et concrète la progression de la révolution moderniste.

Un saint n’est pas ambigu, il est ou il n’est pas. Il est sur les autels où il n’est pas. Le pape d’Assise ou du baiser du Coran ne peut pas être porté sur des autels catholiques comme l’a si bien dit monsieur l’abbé Rousseau. Ces nouveaux « saints » canonisés à coups de canon conciliaire devront être déchus, condamnés, voués à l’opprobre pour avoir causé la honte et le scandale dans l’Eglise.

Rome devra se dédire de ces scandales, elle devra rejeter des « singeries » qui détruisent la Foi. Rome ne perdra pas la face, elle se couvrira de gloire lorsqu’elle aura rejeté ce manteau de honte et de reniement, pour redire au monde la bonne nouvelle.

Le silence de honte va-t-il se briser ? Que de silences coupables face à la béatification de Jean-Paul II, à Assise 2012 et à la reconnaissance des « vertus héroïques » de Paul VI ? Quel scandale faudra-t-il pour réveiller ceux qui doivent parler ? Dici veritatem, veritas liberavit vos, mais quand ?

Austremoine


Hans Küng va mourir parce que Hans Küng veut mourir

Hans Küng va mourir, Hans Küng veut mourir. Triste allégorie de cette Eglise qu’il a appelée de ses vœux et qui s’est donnée la mort au concile Vatican II. Vatican II a mis l’Homme au centre de la théologie et de la liturgie. Mais l’Homme est mortel, il n’est rien qu’un pauvre mortel.

Tandis que l’Eglise se meurt de s’être faite anthropocentrique, Hans Küng va mourir dans l’absence de Dieu : « L’être humain a le droit de mourir quand il n’a plus aucun espoir de continuer de mener ce qui de son point de vue constitue une existence humaine. »

Ainsi l’expert de 85 ans du concile Vatican II pense à se suicider. Qu’a-t-il pu se passer dans la tête d’un « théologien » pour qu’il se permette de concevoir l’existence humaine à la seule réduction de son petit point de vue ?

Quel est le point de vue de Dieu sur l’existence humaine monsieur Küng ? Si Dieu avait été au centre de la vôtre, c’est cette question que vous vous seriez posé ? Mais vous semblez mener votre existence et votre mort de la même façon que vous avez mené avec vos pairs le Concile : sans vous soucier de l’honneur que nous devons rendre à Dieu.

Vous avez refusé certains dogmes de l’Eglise, j’ignore dans quelle mesure vous n’avez pas rejeté le dogme en tant que tel. Là aussi, votre Eglise conciliaire a refusé de vous condamner, parce que quelque part, elle non plus, ne croit plus dans les dogmes puisqu’elle les considère comme pouvant évoluer.

Vous voulez mourir monsieur Küng, vous allez une dernière et ultime fois rejeter Dieu. Vous n’en n’avez pas le droit, vous n’en n’avez pas la liberté, mais dans sa bonté Dieu vous laisse exercer votre volonté, une dernière fois. Rejetez Dieu, vous en avez la possibilité, c’est ce que vos complices protestants du concile appellent la liberté, alors que ce n’est que votre libre arbitre.

Songez cependant, qu’une fois passées les frontières de ce monde, il y a un dogme auquel vous n’échapperez pas : celui de l’Enfer. Là sera le fruit de cette ultime volonté, pour l’éternité. Là il n’y aura plus de repentir, jamais.

Que Dieu vous vienne en aide !

Austremoine


Nous avons tous le devoir de crier notre colère

« Maintenant je suis quasiment persuadé que je verrai la fin de la FSSPX car la division crève les yeux et n’importe quel petit clerc de province publie comme il l’entend sur des sujets si graves qu’ils devraient être réservés à Mgr Fellay seul. », Nemo, Vers la désintégration de la FSSPX ? en réponse à Canonisations des papes Jean XXIII et Jean-Paul II : Non possumus, par l’abbé Rousseau – 3 octobre 2013

Voici ce que publie un intervenant du forum catholique au sujet du texte de monsieur l’abbé Rousseau dénonçant la canonisation des papes Jean XXIII et Jean-Paul II.

Tout n’est pas faux : le division crève les yeux, c’est une évidence, entre le site du district de France qui garde une parole libre pour prêcher le Foi et dénoncer l’erreur, fût-elle le fait des papes, et la communication de DICI qui a publié un texte vide et sans conviction, et surtout sans condamnation et dénonciation de ce dernier scandale.

La division est née de la désobéissance du Conseil Général au Chapitre Général de 2006 qui interdisait toute considération d’un accord pratique avant un accord doctrinal. La division est béante depuis la rédaction, la diffusion et la justification du préambule doctrinal du mois d’avril écrit par Mgr Fellay, avalisant l’herméneutique de la réforme de Benoît XVI. Que personne ne dise qu’il a été rétracté puisque Mgr Fellay l’a encore justifié dans deux conférences récentes. La non rétractation de ce condensé d’erreurs doctrinales reste comme un péché mortel sur la conscience de la FSSPX qui salit son âme et détruit son unité.

Ce « petit clerc de province » est prêtre, avant d’être prêtre il est baptisé, il a donc le double devoir de dénoncer ce scandale public, car ce scandale est une atteinte publique et directe contre la Foi. Aucune autre considération n’a d’importance, que ce soit le ressenti de tel ou tel, le départ de tel ou tel, ou les états d’âme des uns et des autres.

Non, ce sujet ne concerne pas que Mgr Fellay qui reste silencieux, car il n’y a pas que Mgr Fellay qui aurait le devoir de réagir. Devant un tel scandale, c’est tout le peuple chrétien qui devrait crier son indignation et sa sainte colère, et faire retentir au visage du pape François un Non Possumus catégorique.

Les mêmes qui n’ont pas voulu réagir au scandale d’Assise renouvelé et commémoré par Benoît XVI, les mêmes qui ont refusé de s’indigner de la béatification ignoble de Jean-Paul II, ne sont pas différents de ceux d’aujourd’hui qui voudraient que le silence régnât pour la mise sur les autels de ces deux révolutionnaires.

« Ce pape d’Assise va, après une fausse béatification, être mis sur les autels. Disons-le tout net : ces autels ne sont pas catholiques et nous ne pouvons nous reconnaître dans ce simulacre de cérémonie. C’est une singerie. », Canonisations des papes Jean XXIII et Jean-Paul II : Non possumus, par l’abbé Rousseau – 3 octobre 2013

La crédibilité de Dieu et de ses apôtres n’est pas la même que celle des mondains et de leurs petits calculs bien éloignés de toute notion surnaturelle.

« Mgr Lefebvre n’a pas fait de calculs politiques, il n’a pas joué au plus finaud avec les ennemis de l’Eglise, il a essayé de leur montrer leurs erreurs, jusqu’à la fin il dit et montré aux gens de la curie l’impasse dans laquelle ils jetaient l’Eglise, et même s’il savait être d’une grande amabilité avec les personnes, il n’a jamais eu de mots assez durs avec les erreurs. », La crédibilité de Dieu

Austremoine


Abbé Dominique Rousseau : Non possumus – Canonisations des papes Jean XXIII et Jean-Paul II

Un grand merci à monsieur l’abbé Dominique Rousseau de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X pour ce texte plein de Foi, fruit d’une sainte colère. Honneur à La Porte Latine de l’avoir publié.

Merci monsieur l’abbé !

Source : La Porte Latine

C’est le 30 septembre dernier qu’a été annoncée publiquement la décision du pape François de canoniser deux de ses prédécesseurs : Jean XXIII et Jean-Paul II. Dans la précipitation vaticane (une fois n’est pas coutume…), le scribe s’est trompé de date, rectifiée par les mêmes services le lendemain. Annonce fut faite pour le dimanche 17 avril 2014. Non, cette date du 17 avril correspond au Jeudi saint car il n’y a pas de dimanche 17 avril en 2014. Cette erreur de date (car ces canonisations seront faites le 27 avril) est peut-être significative et nous pensons plus à l’agonie de Notre Seigneur qu’à l’institution de la sainte Eucharistie : glorifier ces deux papes est bien le signe de la Passion de notre sainte Mère l’Église, que nous aimons plus que nous-mêmes. Nous vivons un drame, une tragédie.

Des études ont été faites en leur temps pour dénoncer déjà la béatification de Jean XXIII (en 1999) puis celle de Jean-Paul II, le 1er mai 2011. Je vous laisse vous reporter, pour ce dernier, à l’excellent ouvrage de l’abbé de la Rocque (Jean-Paul II – doutes sur une béatification. Editions Clovis, 2011). Un dominicain en 1975 avait fait une étude sur l’éventuelle canonisation de Jean XXIII. Il répondit que ce serait impossible, car il faut, pour accéder aux honneurs des autels, que les vertus pratiquées le soient de façon héroïque. L’abbé Simoulin (Fideliter n° 136, juillet-août 2000) intitula un article « La bonté du pape Jean ? » et répondit par la négative, arguments à l’appui et concluait ainsi : « Sa béatification sera celle de son concile et l’autobéatification de l’Église telle qu’il a voulu la réformer et de son œuvre actuelle. »

Outre l’âge avancé de Mgr Lefebvre en 1988, la raison majeure des Sacres épiscopaux voici 25 ans fut la scandaleuse cérémonie d’Assise où toutes les religions furent présentes, avec le bouddha posé sur l’autel. Et le pape d’Assise serait canonisé un jour ? Non possumus, nous ne pouvons pas. Nous écrivons ces mots avec peine mais nous voulons suivre la trace du martyr saint Maurice qui, à la demande de tuer les chrétiens ses frères, dit à l’empereur Maximien cette phrase si courte mais si profonde : « Nous ne pouvons pas renier Dieu notre Créateur et verser le sang chrétien. » A notre tour, nous ne pouvons pas faire croire que nous acceptons, ne serait-ce que par un silence gêné, l’humiliation publique de la Sainte Église, bafouée dans sa dignité de Mère. Jean-Paul II, condamnant par ailleurs l’apostasie silencieuse des nations (cf. Ecclesia in Europa, 28 juin 2003), a été le ténor de cette même apostasie. Il ne sert à rien d’écrire de belles phrases en dénonçant une apostasie des nations lorsque, à la tête de l’Église, les actes manifestent publiquement des gestes contraires aux préceptes divins. C’est en effet le premier commandement de Dieu qui fut bafoué le 27 octobre 1986, et c’est le plus grave de tout le décalogue. Quand bien même nous voudrions excuser le geste du pape d’alors, nous ne le pouvons : Notre Seigneur fut relégué sur un plan d’égalité avec les démons. Mgr Lefebvre fit faire alors un dessin (voir infra) qui marqua les esprits, plus peut-être qu’un long discours.

Ce pape d’Assise va, après une fausse béatification, être mis sur les autels. Disons-le tout net : ces autels ne sont pas catholiques et nous ne pouvons nous reconnaître dans ce simulacre de cérémonie. C’est une singerie. Monsieur l’abbé de Cacqueray, dans l’éditorial de la revue Fideliter (n° 215, sept-oct. 2013) a bien qualifié notre siècle : celui de l’inversion. Ces nouvelles canonisations (nous reprenons le mot, mais il est vidé de son sens infaillible) sont des renversements : le dernier concile (Jean XXIII), les cérémonies attaquant de plein fouet la Majesté divine (Jean-Paul II) sont mis sur le podium, à la vue de tous. Quelle honte !

Ce n’est pas dans un esprit passionné ni mû par un rejet des autorités que nous écrivons ces lignes, soyez-en bien convaincus chers Fidèles. Nous gardons la tête froide. Mais c’est notre cœur de pasteur de vos âmes qui saigne. Le loup est dans la bergerie ! Au feu, au feu ! Nous ne serons pas des chiens muets devant le drame qui se déroule sous nos yeux ébahis. Tandis que je rédige ces lignes, j’entends résonner dans ma mémoire les sermons de notre vénéré fondateur (29 juin 1982 : la Passion de l’Église ; 30 juin 1988 : les Sacres des évêques ; 14 mai 1989 : Pentecôte, où Monseigneur parla de Notre-Dame et la définit comme la Vierge de l’horreur, entendez du péché). Ces sermons d’Ecône sont comme des phares dans la nuit. Ils nous ont donné la flamme qui jusqu’à aujourd’hui nous font rester fidèles à ce que nous avons reçu par l’imposition des mains de l’évêque qui nous fit prêtres. Avec la grâce de Dieu nous voulons demeurer fidèles.

Nous ne nous réjouirons pas de la canonisation des deux papes. Nous la pleurons dès à présent et nous prions pour des jours de conversion, celle des intelligences aveuglées par l’orgueil infernal, celle des volontés murées par le non serviam diabolique : Oportet illum regnare, il faut qu’Il règne !

Nous en appelons aux Martyrs, aux Confesseurs de la Foi. Nous en appelons à sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Patronne des Missions, à saint François d’Assise qui n’hésita pas à dire la vérité au Sultan, à saint Pie V qui fit lever une armée pour la défense de la Foi contre les Turcs et dont il fut vainqueur à Lépante. Nous en appelons au sens catholique des chrétiens. Catholiques, réveillez-vous, vous ne pouvez vous laissez endormir par le relativisme religieux qui vous fera mourir si vous n’y prenez garde.

Seigneur, sauvez-nous. « Notre secours est dans le Nom du Seigneur. » Notre-Seigneur règnera par Notre-Dame immaculée, lorsqu’enfin la Russie sera consacrée par le Souverain Pontife à la Vierge Marie. C’est en Marie que nous plaçons toute notre Espérance.

Abbé Dominique Rousseau, Prieur de Gastines, Directeur des retraites

Le 3 octobre 2013, en la fête de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, Patronne des Misions, Patronne secondaire de la France

Les vignettes effectuées à la demande de Mgr Lefebvre à l’annonce du premier scandale d’Assise

L'imposture d'Assise - Vignettes envoyées par Mgr Lefebvre à Jean-Paul II

L’imposture d’Assise – Vignettes envoyées par Mgr Lefebvre à Jean-Paul II

L'imposture d'Assise - Vignettes envoyées par Mgr Lefebvre à Jean-Paul II

L’imposture d’Assise – Vignettes envoyées par Mgr Lefebvre à Jean-Paul II