La Sainte Vierge serait devenue orthodoxe !

Cette information se relaie de plus en plus dans les milieux de la tradition. En effet, la demande de la Vierge à Fatima que la pape et, unis à lui, l’ensemble des évêques du monde consacre la Russie à son Cœur Immaculée aurait été respectée, d’où la conversion massive de la Russie à l’Orthodoxie !

« Je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculé…Si des gens assistent à mes requêtes, la Russie sera convertie et le monde aura de la paix. » Nous avions vu que le sens du mot conversion n’est pas anodin, visiblement il faut croire que notre Mère du ciel est devenue orthodoxe, ou peut-être oecuméniste ?

Cessons de plaisanter et regardons un peu plus la source d’un tel sophisme : l’évolution de la Russie ne peut que nous réjouir, et elle touche particulièrement nos cœurs de chrétiens à l’heure où notre société entièrement sécularisée vote les lois les plus abjectes et où un discours de compromission ne cesse d’émaner des plus hautes autorités de l’Eglise.

Dans un tel contexte, la Russie nous apparaît inévitablement comme une lueur d’espoir, espoir face à la sécularisation et l’immoralité dans toute son abjection, mais aussi face à l’Islam qui nous envahit jour après jour et dont la Russie semble vouloir repousser les assauts en proposant, non pas la laïcité anti-religieuse, mais le modèle civilisationnel du christianisme.

Alors bien sûr que nous nous réjouissons de voir le président Poutine parler du travail de collaboration entre l’Eglise et l’Etat, de voir les églises et les monastères refleurir dans ce pays que le communisme avait ravagé, de voir cette société se tourner vers les préceptes de l’Evangile et retrouver le chemin de la pratique religieuse. C’est une transformation extraordinaire et profondément réjouissante !

Pour autant peut-on affirmer qu’un tel redressement est le résultat des consécrations successives faites dans le but officiel de respecter les demandes de Notre Dame à Fatima ? Certes, dire que Notre Dame a été insensible à toutes les prières faites à cette intention de par le monde serait sans doute bien téméraire, mais on peut déjà poser les éléments suivants :

–          une telle demande n’était pas difficile à respecter, et selon les conditions demandées. Et même si certaines difficultés pouvaient jaillir, il est difficile d’admettre que la Sainte Vierge fasse « l’effort » de venir sur terre pour demander des choses néfastes ou insensées !

–          le refus réitéré d’obtempérer aux demandes exactes de la Vierge est la marque d’un orgueil ou d’un rejet, et il est difficile de croire qu’une consécration a minima, conséquence du refus d’un orgueil obstiné ou même d’un mépris, serait agréé du Ciel.

Un autre élément d’importance : la Sainte Vierge n’a pas dit que la Russie sortirait du communisme, non, elle a dit que la Russie se convertirait. Or si l’on en croit nos amis qui considèrent que la situation actuelle de la Russie est la réponse du Ciel à cette consécration, il faut logiquement considérer que la Sainte Vierge considère le retour à l’orthodoxie comme une grâce ! La Sainte Vierge serait donc devenue orthodoxe ?

On touche là à quel point cet œcuménisme a pénétré les esprits même dans la tradition ou du moins ceux qui s’en réclament encore. Evidemment, le retour à l’orthodoxie ne peut être considéré par un catholique comme LA conversion promise par la Sainte Vierge.

En revanche, il est raisonnable de penser que la providence prépare les choses, doucement. Il n’est pas impossible que cet état de l’orthodoxie soit comme une préparation à la conversion et donc au retour à l’Eglise une, sainte, catholique, apostolique et romaine, retour qui se fera le jour où les demandes de la Vierge auront enfin été respectées.

Austremoine


Des ralliés non ralliés aux non ralliés…ralliés !

Correctif : j’avais indiqué que ce texte dont il est l’objet était le fait d’un laïc et d’un prêtre ex-Ecclesia Dei. Ayant eu ce dernier au téléphone, il m’a démenti en être le co-auteur et a réfuté le fait d’avoir été membre d’une communauté Ecclesia Dei ; il est justice d’en apporter la correction nécessaire, en lui présentant mes excuses.

Il est également précisé que le texte dont il est question n’a pas été publié par ce blog mais qu’il est disponible par ailleurs sur de nombreux sites Internet.

Une terrible circulaire (extrait ci-dessous), émanant de la Maison Générale, destinée aux prêtres de la FSSPX, dont nous tairons les auteurs, propose de reconsidérer l’attitude à tenir vis-à-vis des prêtres des communautés Ecclesia Dei, en commençant par proscrire le terme de « ralliés » usité pour les qualifier, au motif qu’ils n’auraient rien abandonné de la Tradition que ce soit au niveau doctrinal ou liturgique (cf l’écartèlement des Instituts Ecclesia Dei).

Le but ici n’est pas de démontrer la fausseté de telles assertions, fausseté que les faits démontrent à l’envie et résumée dans le texte de l’abbé François-Marie Chautard. Il sera encore moins question de démontrer la grotesque affirmation selon laquelle Mgr Lefebvre aurait changé d’attitude à leur égard.

On pourra utilement rappeler que pour ces prêtres Ecclesia Dei la nouvelle messe, bien que moins satisfaisante que l’ancienne, est parfaitement orthodoxe, et que dans ce sens, elle leur apparait comme parfaitement légitime.

On pourra constater que les communautés Ecclesia Dei acceptent le « magistère » du concile Vatican II et notamment celui sur la liberté religieuse – défendue notamment par le père Basile Valuet du Barroux dans sa thèse – et qu’ils ont accepté sans sourciller la béatification de Jean Paul II, pape d’Assise et du baiser du coran.

Il ne faudrait donc plus appeler nos amis ralliés…ralliés. Déminons le terrain.

Le terme « rallié » n’a rien à voir avec le ralliement sous Léon XIII. Ne faisons pas comme ceux qui nous empêchent d’utiliser le mot « occupation » sous prétexte que ce terme renverrait systématiquement « aux heures les plus sombres de notre histoire » !!!

Le terme « rallié » n’est pas non plus une insulte, il ne dit pas que ces personnes sont des traitres ou des lâches ou que sais-je ! Il y a parmi les fidèles et les prêtres de ces communautés une majorité de personnes tout à fait sympathiques, sans doute une majorité d’entre elles sont de bonne foi, et qu’il y a parmi eux des personnes pieuses et saintes comme on peut également en trouver dans l’Eglise conciliaire ou la FSSPX.

Ce mot de « rallié » signifie simplement le fait d’avoir, tout en conservant un certain décorum traditionnel -possibilité que l’on doit à Mgr Lefebvre et aux sacres de 1988 -, rallié les nouvelles orientations théologiques et liturgiques données par le concile Vatican II, ralliement effectué en 1988 à l’occasion des sacres et de la condamnation de Mgr Lefebvre.

Ce mot de rallié désigne simplement un état de fait, une réalité. Il est compréhensible que ce mot qui rappelle cette réalité dérange, surtout ceux qui au fond d’eux mêmes voudrait voir la FSSPX suivre le même chemin, que ce soit par facilité, lassitude, ignorance, libéralisme, mondanité, orgueil ou aveuglement.

On nous demande de considérer que les ralliés ne sont pas ralliés…c’est difficile ! En revanche il ne fait pas de doute que d’autres qui ne sont pas ralliés officiellement le sont dans leur tête. La crise de l’Eglise se complexifie : si nous avons des ralliés non ralliés, voici maintenant des non ralliés…ralliés.

Austremoine

A lire aussi : Réponse à monsieur l’abbé Ribeton.

Extrait de la circulaire :

5.   L’attitude  à l’égard des milieux Ecclesia Dei est contre-productive. On ne peut compter le nombre de fois où est répété le terme « rallié ». Dès la présentation du livre, l’abbé Pivert avance que les communautés Ecclesia Dei auraient abandonné la tradition doctrinale ni plus ni moins.
 
Au fil des pages, on découvre des jugements assez sévères à leur encontre lesquels ne sont pas remis dans leur contexte. Entre les sacres et sa mort, Mgr Lefebvre n’a guère eu le temps de voir évoluer ces communautés. Les seuls exemples qui l’incitent- et ils les citent  à  titre  d’exemple  à  cette  époque  – à  être  particulièrement sévère sont:  le monastère  Saint-Joseph de  Clairval à Flavigny-sur-Ozerain (Côte-d’Or) qui, après avoir accepté l’indult de 1984, a adopté le nouveau missel, et le séminaire Mater Ecclesiae  à Rome qui, à  peine  mis  en  place, recycle des rescapés d’Écône en  faveur des réformes. Par conséquent, il n’est pas étonnant que Mgr Lefebvre ait écrit in privatim à l’abbé Couture que les messes permises par l’indult  étaient  des « attrapes nigauds. »
Il est évident que ces essais apparaissaient comme autant de pièges tendus pour conduire les âmes vers la liturgie réformée. Il affirmait  également qu’il ne donnait guère de temps aux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre pour  adopter  la nouvelle  messe.   Finalement  les faits ont  montré  que ces derniers ont su résister aux assauts. En 1999, ils ont eu raison d’une tentative de mise au pas de Rome et, progressivement, la quasi-totalité  des seize signataires d’une lettre préconisant le  biritualisme   ont  dû quitter   la  FSSP.   Aujourd’hui,   ils  sont  250  prêtres  célébrant exclusivement l’ancien rite. Nul ne peut dire que Mgr Lefebvre aurait maintenu la même appréhension qu’en  1988  au fil  des années. En même  temps, si on  se penche sur la correspondance de Mgr Lefebvre, on pourra également trouver des morceaux plus modérés à l’endroit des communautés Ecc/esia Dei, concédant le fait qu’ils ne sont pas ralliés d’esprit et qu’ils ont l’avantage de rappeler quotidiennement  aux évêques ce qu’est la Tradition :

 « La tension  va monter  entre  les évêques et  Rome au sujet  de ces prêtres et séminaristes ralliés sans être ralliés. Les évêques n’en veulent pas. L’entreprise de Rome risque de tourner  à l’échec. Que va faire l’évêque de Laval avec des prêtres affublés de l’habit  dominicain ? Ainsi se trouve constamment posé à Rome et aux évêques le problème du Concile et la Tradition ! « 

Dans ce passage, Mgr Lefebvre admettait  que ceux qui ont régularisé leur situation – ralliés sans être ralliés – posaient constamment à Rome et aux évêques le problème du Concile et de la Tradition. Ce sont ses termes.
 
Par ailleurs, l’abbé Pivert compare le monde Ecclesia Dei au clergé jureur car il dépendrait directement d’un épiscopat moderniste. Certes, mais la comparaison a ses limites : le clergé jureur  était  en effet  soumis à un épiscopat clairement  schismatique. De plus, en faisant signer la reconnaissance de la Fraternité à Mgr François Charrière, évêque de Fribourg, imbu des idées d’œcuménisme et  de liberté  religieuse, Mgr Lefebvre se trouvait  en régularité canonique de 1970 à 1975. Fallait-il l’assimiler à un évêque jureur, soumis aux hommes de Vatican Il ?

Abbé F-M Chautard : d’un glissement doctrinal à la confusion dans les esprits

Ce texte, tiré du Chardonnet n° 239 de juin 2008, est criant d’actualité…et de vérité. A lire et relire.

Des compromis doctrinaux

20 ans après, le constat est accablant. Comme le notait M. l’abbé de Cacqueray le 22 avril 2007,

« au fur et à mesure que se sont ralliés à la Rome conciliaire différents monastères, instituts ou prêtres isolés, il s’est toujours produit un affadissement, un gauchissement des idées qui s’est d’abord opéré par le remplacement ou le détournement de sens d’un mot puis de quelques-uns. Il suffit d’avoir consenti à l’un d’entre eux – car il existe normalement une cohérence dans une pensée – pour qu’il en amène d’autres à germer, qui vont lui imposer peu à peu une tout autre orientation. Quelques années après, l’on se frotte les yeux en se demandant comment il est possible qu’un tel fossé ait pu se creuser »(1) .

Ouvrons justement les yeux, car doctrinalement, ces instituts ont cédé sur :

1. La messe. Curieusement, ces instituts qui passent pour être les champions de la liturgie ont tous lâché sur ce point en reconnaissant la légitimité de la nouvelle messe et en se taisant logiquement sur la nocivité de celle-ci(2) . Mentionnons Dom Gérard, abbé du Barroux (le 27 avril 1995), Mgr Wach, supérieur du Christ-Roi (le 21 décembre 1991), Mgr Rifan, supérieur de l’Institut saint Jean-Marie Vianney de Campos (le 8 décembre 2004) qui ont tous concélébré dans le nouveau rite(3) . Nous pourrions citer également et abondamment la revue Sedes Sapientiæ qui défendait la parfaite orthodoxie de la nouvelle liturgie(4) ou M. l’abbé Ribeton, supérieur actuel du district de France de la FSSP(5) ou encore messieurs les abbés de Tanouärn et C. Héry (de l’IBP) défendant l’un la légitimité(6) , l’autre la valeur(7) du nouveau rite.

2. La liberté religieuse : c’est le cas du Barroux avec la justification de la liberté religieuse par le père Basile dans sa très longue thèse ; c’est le cas de l’IBP, avec un article de l’abbé C. Héry qui encense le passage du Discours de Benoît XVI de décembre 2005 où il est question de la liberté religieuse(8) ;

3. L’ecclésiologie du subsistit in avec le ralliement enthousiaste de M. l’abbé Ph. Laguérie à l’interprétation désormais classique de Rome(9) ;

4. L’ocuménisme. Voici ce qu’osait déclarer il y a quelques années, l’ancien supérieur et cofondateur de la Fraternité Saint-Pierre, M. l’abbé Bisig :

« Je ne vois rien de mauvais dans le fait que des catholiques se donnent un rendez-vous avec des non-catholiques, qu’ils s’entretiennent avec eux, etc. Assise avait en un certain sens, une grande importance, dans la mesure où, dans le cadre de la prière pour la paix, se rencontraient les fidèles des différentes religions »(10) .

5. Du nouveau code de droit canonique que tous ces instituts ont adopté sans sourciller.

Et la liste pourrait se rallonger encore. Un dernier point à ce sujet. Pas un mot, pas l’ombre d’une critique à l’égard des scandales doctrinaux de Rome. Il n’y aurait que ce silence à mettre à la charge de ces instituts ainsi muselés, cela serait une preuve suffisante que cette attitude de soumission à la Rome moderniste reste vouée à l’échec.

A la merci de Rome et des évêques.

Les (relativement) récents déboires de la Fraternité Saint-Pierre en France en 2006 : récupération par les diocèses des centres paroissiaux de Versailles, Lyon et Orléans, manifestent que la soumission aux évêques s’accompagne d’un frein non négligeable à l’apostolat. A ce titre, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X manifeste par les coudées franches dont elle dispose qu’il est bien plus facile d’ouvrer pour la tradition à l’extérieur des structures ordinaires. Combien de refus ne faut-il pas essuyer, combien de démarches ne faut-il pas entreprendre avant d’obtenir quelques bienfaits des évêques(11) .

Du reste, ces difficultés avec les autorités locales ne sont que l’écho des pressions romaines. Rappelons-nous qu’en 1999, lorsque le supérieur de la Fraternité Saint-Pierre, M. l’abbé Bisig, voulut s’opposer à la frange gauche de sa société, Rome donna raison à celle-ci, attribua à tout prêtre de la FSSP le droit de célébrer selon le nouveau rite(12) et imposa un nouveau supérieur bi-ritualiste en 2000.

L’abandon de poste

A la lumière, d’une part, de cette soumission imprudente à des structures ecclésiastiques aux mains de modernistes, et, d’autre part, de tous ces gauchissements, déviances et renoncements sur des questions liées intimement à la foi, on a l’impression de se trouver face à un abandon de poste, une diminution de l’esprit de combat. Comme le disait d’ailleurs E. Hello dans L’Homme :

« quand un homme qui aimait la vérité cesse de l’aimer, il ne commence pas par déclarer sa défection ; il commence par moins détester l’erreur ».

Une division profonde et durable

Cette reddition pratique et doctrinale d’une partie du bloc jusqu’alors homogène de la Tradition a inévitablement conduit à une division profonde et durable. On peut en effet remarquer que, dans la quasi-totalité des cas, Rome n’a accordé certaines libertés traditionnelles qu’à des anciens de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

A chaque fois qu’une prétendue ouverture de Rome s’est faite en faveur de la Tradition, elle s’est accompagnée de divisions au sein de la Fraternité Saint-Pie X. Ce fut le cas lors de la fondation de la Fraternité Saint-Pierre, l’Institut saint Philippe Néri, la Fraternité Saint-Jean, le séminaire Mater Ecclesiae et dernièrement l’Institut du Bon Pasteur qui ont tous été fondés par des anciens de la Fraternité Saint-Pie X entraînant des divisions en elle ; de même le Barroux, Chéméré, Campos sont des fondations d’anciens alliés dont les ralliements se sont accompagnés de nouvelles divisions dans le front autrefois uni de la Tradition.

Ce n’est donc pas une multiplication par addition mais par division.

Et comme nous venons de le montrer – preuves à l’appui – cet abandon de la Fraternité Saint-Pie X suppose chez ceux qui la quittent l’acceptation progressive et manifeste des erreurs conciliaires et liturgiques. Cette volonté de division était déjà d’ailleurs clairement exprimée par feu Mgr Decourtray le 4 décembre 1988 :

« Si Mgr Lefebvre avait confirmé la signature donnée le 5 mai au protocole d’accord, il aurait fait la preuve qu’il était disposé à accueillir tout le concile Vatican II en même temps que l’autorité du pape actuel et des évêques locaux qui lui sont unis. En réalité, si Mgr Lefebvre n’a pas accepté le protocole qui lui était proposé, c’est précisément qu’il a compris soudain sa signification réelle. « Ils voulaient nous tromper », a-t-il dit équivalemment. Cela signifiait : « Ils voulaient nous faire accepter le concile »(13) .

De même, « Au lendemain de l’accord des prêtres de Campos a paru un entretien (Radio-Vatican) avec le théologien de la maison pontificale, le Père Georges Cottier, O.P., dans lequel celui-ci exprimait qu’il était insuffisant que les prêtres de Campos reconnaissent la validité de la nouvelle messe, mais que l’on devait les amener à la célébrer :

« Nous devons nous attendre peu à peu à d’autres actes de rapprochement : par exemple, la participation à des concélébrations dans le rite réformé. Mais il faut encore faire preuve de patience. Il est essentiel que leurs cours ne s’y refusent pas plus longtemps. L’unité retrouvée au sein de l’Eglise renferme en elle-même une dynamique interne qui portera ses fruits » »(14) .

On pourrait citer encore l’avis autorisé de la revue de La Documentation catholique dans sa traduction française présentant le document de fondation de l’Institut du Bon Pasteur :

« l’Institut du Bon Pasteur qui a pour vocation d’accueillir dans l’Eglise catholique des prêtres issus de la fraternité Saint-Pie X, schismatique. »(15).

.Enfin, il est à noter que pour ces instituts qui se séparent du vaisseau amiral, cela s’accompagne d’un éloignement de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X(16) voire d’une condamnation de celle-ci(17) .

D’un glissement doctrinal à la confusion dans les esprits

Cédant sur la doctrine, les instituts Ecclesia Dei se sont cramponnés sur la question liturgique en la vidant de son aspect profondément doctrinal. En avalisant la valeur et la légitimité de la nouvelle messe, en occultant les erreurs du magistère actuel, ces instituts ont changé la perspective du combat de la Tradition. Il ne s’agit plus pour ces derniers ni de soutenir la messe de saint Pie V en condamnant la nouvelle messe, ni de combattre les erreurs modernes prêchées par la Rome actuelle pour prêcher la foi de toujours. Il s’agit uniquement de manifester la plus grande richesse doctrinale et liturgique de la messe tridentine.

Le déplacement d’accent n’est pas petit. Et cela explique sans doute une confusion si présente aujourd’hui dans nos milieux, celle de limiter le combat de la Tradition à celui de la messe comme si l’on devait s’en satisfaire et ne pas exiger la foi de toujours avec la messe de toujours(18) . C’est pourquoi nous pensons que c’est aujourd’hui, peut-être plus qu’avant, que nous payons les fruits amers de cette division de 1988.

« Dès lors qu’ils admettent la fausse liberté religieuse, conclut Mgr Lefebvre, (.) le faux ocuménisme (.) la réforme liturgique (.) ils contribuent officiellement à la révolution dans l’Eglise, et à sa destruction »(19) .

La porte ouverte à la mondanité

Parmi ces fruits qu’on est en droit d’attendre, la mondanité ne nous semble pas exempte. Psychologiquement, l’habitude du compromis intellectuel mène naturellement au compromis moral. A force de céder sur des points de doctrine jugés secondaires, l’âme prend l’habitude de céder sur des points de morale jugés secondaires.

Des sacrements douteux ?

Curieusement, la validité de certains sacrements donnés par les prêtres desdits instituts est rarement remise en cause. Pourtant, si l’on tient compte que :

1) les sacrements d’extrême-onction et de confirmation sont douteusement valides si l’huile utilisée n’est pas de l’huile d’olive,
2) cette huile est consacrée par l’évêque,
3) ces instituts n’ont pas d’évêque(20) traditionnel et qu’ils sont à la merci d’évêques pouvant utiliser de l’huile autre que l’huile d’olive ;

« Qu’en est-il alors de l’extrême-onction qu’ils confèrent avec ces huiles ? » demande l’abbé Célier(21) .

Ces instituts usent-ils avec certitude d’une véritable huile d’olive ? De la réponse à cette question dépend la certitude de la validité de leurs sacrements d’extrême-onction et de confirmation.

Le diable porte pierre

Tout ce réquisitoire, pour être fondé, n’en est pas moins sévère. Sans aucun doute y a-t-il de nombreuses âmes de bonne foi, pieuses, mortifiées, surnaturelles dans ces instituts. Peut-être d’ailleurs que des âmes, n’osant franchir le seuil de chapelles affublées du caractère injuste de schismatique, ont ainsi trouvé le chemin d’une vie chrétienne plus fervente, plus riche liturgiquement et doctrinalement dans ces instituts. Nous ne voulons et ne pouvons pas le nier. De même, ces instituts sont parfois l’occasion pour des prêtres et fidèles de découvrir le combat de la Tradition et d’arriver finalement jusqu’à la Fraternité Saint-Pie X mais ceci malgré l’orientation générale de ces instituts qui conduisent à l’assimilation des principes conciliaires.

De plus, comme l’enseigne le principe de morale rappelé par l’Apôtre : « Ne faisons pas le mal pour qu’il advienne du bien ». La fin ne justifie pas les moyens. C’est pourquoi le bien réel qui se fait dans ces instituts ne saurait justifier leur ralliement aux erreurs conciliaires(22) .

Au contraire, nous pensons que si ces prêtres et fidèles de bonne foi étaient (restés) fidèles au vrai combat sans se décourager, leur efficacité apostolique en serait décuplée. Doctrinalement et spirituellement parlant, ils n’auraient pas ce danger pour leur foi. Spirituellement parlant, ils ne baigneraient pas dans ce climat propice à la mondanité. Pratiquement parlant, ils n’auraient pas la difficulté liée à la mauvaise volonté de la plupart des évêques.

Du coeur, Rodrigue !

Pour clore ce chapitre douloureux, terminons par une question d’honneur, ou si l’on préfère, de cour. Il y a 20 ans, Mgr Lefebvre, dont la vie ne fut qu’un écho fidèle de la Tradition de l’Eglise, fut condamné pour le motif de n’avoir pas respecté cette même Tradition(23) .

Avec lui, c’est toute la Tradition de l’Eglise qui fut excommuniée, l’enseignement constant de l’Eglise et, au-delà tous ces prêtres et fidèles qui ont si bien mérité de l’Eglise en ces années troublées.

« Il doit être également évident, précise M. l’abbé de Cacqueray, pour tous ceux qui savent quelle est la bataille de Monseigneur Lefebvre, que la justice la plus élémentaire interdit de nouer ‘des accords’ si la mémoire de celui à qui nous devons tout – autant qu’il est possible de tout devoir à un homme – n’a pas été lavée des injustices et des peines subies. L’existence même de la commission Ecclesia Dei, dressée sur la condamnation de nos évêques, qui regroupe ceux ‘qui ont abandonné le mouvement de Monseigneur Lefebvre’ (interview du cardinal Castrillón Hoyos, 06.08.2007) se trouve viciée dès l’origine. Accepter d’en être est une gifle à la mémoire d’une personne qui nous est sacrée. Ce n’est point là affaire de susceptibilité. Chacun peut comprendre que nous serions, tout au contraire, des fils bien indignes et bien ingrats, et que nous pècherions gravement contre l’honneur et contre la piété filiale, si nous admettions une régularisation canonique de notre situation sans plus nous soucier de notre fondateur. L’origine même de cette commission pontificale, comme sa dénomination invitant textuellement les fidèles à s’affranchir du combat des seuls évêques qui ont osé se lever pour défendre la doctrine traditionnelle, nous est odieuse et suffit à la discréditer à nos yeux »(24).

Comment par le fait, pourrions-nous nous entendre avec ces ralliés qui, non contents de s’unir à la Rome qui a condamné la Tradition se rallie à cette condamnation même (25)?

Abbé François-Marie Chautard 

Notes

(1) « L’abbé Laguérie à la croisée des chemins », La Porte Latine.
(2) Deux exceptions à notre connaissance. La première vient de L’IBP qui, par une logique qui nous laisse songeur, adopte la légitimité et la valeur de la nouvelle messe tout en faisant sienne la critique de celle-ci. La seconde vient de Renaissance catholique à travers la réédition du Bref examen critique, Renaissance catholique dont nous avons peine à comprendre la cohérence puisque ce mouvement n’hésite pas à inviter à des adorations du Saint-Sacrement dans des églises où les hosties sont consacrées à une messe que le Bref examen critique qualifie de douteusement valide.
(3) A noter que Mgr Rifan eut l’impudence de déclarer qu’il avait simulé cette concélébration. Cela en dit long sur le courage et l’honnêteté d’un tel évêque. De plus, et à propos des instituts ralliés après les sacres, comme Campos ou l’IBP qui se basent non sur un changement de Rome en 1988 mais à la fin du règne de Jean-Paul II ou au début de celui de Benoît XVI, le raisonnement reste fondamentalement le même : on peut maintenant faire confiance à Rome. L’évolution rapide de ce instituts (mentionnée dans cet article) ou la stabilité des idées modernistes à Rome (cf. article suivant) démontre l’irréalisme d’un tel jugement.
(4) « Qu’il s’agisse de la valeur et de la sainteté des anciens et des nouveaux livres [liturgiques], un clerc adhérant à l’usage ancien ou nouveau ne pourrait se dire pleinement catholique s’il laissait subsister une ambiguïté sur ses convictions intimes en ces matières » abbé Pierre-Olivier, « Accueillir le Motu proprio » dans Sedes Sapientiæ, n°101, automne 2007, p. 28. On aimerait demander à cet abbé ce que signifie pour lui être non pleinement catholique. Comprenons nous bien. Que celui qui n’a jamais commis d’écart de plume leur jette le premier calame. Il s’agit pas de cela ici mais de montrer que ce ne sont justement pas des écarts de plume mais le résultat d’une position pratique.
(5) « Je ne crois pas que célébrer la messe selon le nouvel ordo puisse en soi constituer un désordre moral objectif » (intervention sur Le Forum catholique du 13/11/2006). Mgr Lefebvre disait exactement le contraire : « La nouvelle messe conduit au péché contre la foi, et c’est un des péchés les plus graves, les plus dangereux (.) Autant conclure qu’une personne qui serait consciente et avertie du danger de cette messe, et qui s’y rendrait, ferait certainement au moins un péché véniel. Pourquoi, me direz-vous, pourquoi ne dites-vous pas un péché grave ? Parce que je pense qu’une seule assistance à cette messe ne constitue pas un danger prochain. Je pense que le danger devient grave et par conséquent devient sujet d’un péché grave par la répétition. (…) Le péché devient grave si une personne consciente et avertie y va quand même régulièrement et dit : ‘Moi cela m’est égal, oh, moi je ne crains pas pour ma foi.’, alors qu’elle sait parfaitement que c’est dangereux » (Mgr Lefebvre, La messe de toujours, textes réunis par l’abbé Troadec, Clovis, 2005, p. 396-397).
(6) « Ce Novus Ordo Missae reste un rite légitime de l’Eglise catholique romaine » (Valeurs actuelles n°3653, 1er décembre 2006). Tellement légitime que l’abbé n’hésita pas ni à animer de sa voix puissante la messe de funérailles de P.Pujo célébrée dans le nouveau rite ni à prêcher à celle-ci. L’abbé a sans doute oublié ce propos de Mgr Lefebvre : « nous refusons de dire qu’elle [la nouvelle messe] est légitime » (Communicantes, août 1985).
(7) Le Mascaret n° 290 (novembre 2007), p. 6-7.
(8) Abbé Christophe Héry dans Le Mascaret n° 281 (juillet-août 2006), p. 6-7. A renfort de citations tronquées, notre abbé essaye de prouver que Benoît XVI donne une lecture de Dignitatis humanae conforme à la Tradition. Pour reprendre l’expression de M. l’abbé Célier, « Il n’est plus question pour [lui] de chercher à interpréter Dignitatis humanæ dans le sens de la Tradition, mais plutôt de chercher à interpréter la Tradition dans le sens de Dignitatis humanæ (L’Eglise déchirée, Fideliter, 1994, p. 68). En réalité, le récent Discours à l’ONU du 18 avril 2008 (où on lit que le principe de la liberté religieuse vise « à obtenir la liberté pour tout croyant » et que « la pleine garantie de la liberté religieuse ne peut pas être limitée au libre exercice du culte, mais doit prendre en considération la dimension publique de la religion ») dissipe toute illusion.
(9) « le pape rend ainsi à l’Eglise catholique romaine, après tant d’humiliations subies, sa place unique d’épouse du Christ Jésus (.) Deo gratias, l’interprétation authentique du Concile a bel et bien commencé (.) Ainsi, les orthodoxes constituent de véritables églises particulières toujours », « Réponse à des questions (Document de la Sacrée congrégation pour la doctrine de la foi du 29 juin 2007) » dans Blog de l’abbé Philippe Laguérie du 25 juillet 2007.
(10) Revue Wdroze, janvier 1999 cité dans Le combat de la foi n°127, 1er septembre 1999, p.7. Plus récemment, « lorsque la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a publié en 2004 une étude de 45 p. intitulée De l’ocuménisme à l’apostasie silencieuse, cosignée par nos quatre évêques, le district de France de la FSSP y a répondu par une critique de 100 p. (.) justifiant les 25 ans d’ocuménisme de Jean-Paul II, y compris Assise » (abbé P. François, Bulletin du prieuré Marie Reine, déc. 2006).
(11) Comme le disait justement l’abbé de Tanouärn le 1er avril 2008 sur le forum catholique en parlant de la Fraternité Saint-Pie X : « si l’instrument est si efficace, c’est qu’il n’est pas lié à la hiérarchie catholique officielle ». Quant à l’IBP, le cardinal Ricard dans La Croix du 11 septembre 2005, rappelait « que pour ce qui est de l’apostolat, ils dépendent de l’évêque diocésain, et ils sont obligés d’avoir l’accord de l’évêque diocésain pour toute implantation dans un diocèse ».
(12) Cf. pour les documents, Fideliter n°132, septembre-octobre 1999.
(13) « Progresser dans la fidélité au concile. Discours d’introduction du cardinal Decourtray à l’assemblée de l’épiscopat à Lourdes », La Documentation catholique 1973, p. .
(14) Nouvelles de Chrétienté n°73, Mars-Avril 2002, p. 4
(15) DC n°2367, p. 970. c’est aussi le point de vue de l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP pour qui celle-ci est un pont entre la FSSPX et l’Eglise (intervention sur Le Forum catholique du 13/11/2006). Un petit exemple très concret illustrera cette « bonne volonté épiscopale ». L’Institut du Christ-Roi s’est installé à Libreville (Gabon) à 100 mètres de notre mission saint Pie X. Comme si l’évêque ne pouvait pas leur donner une paroisse plus éloignée et comme si l’Afrique n’était pas assez grande et dépourvue de prêtres pour ne pas tomber dans un esprit de concurrence mesquine !
(16) « En 1984, Dom Gérard a été appelé à une rencontre avec le président de la Confédération bénédictine, à Florence, en Italie. Là, on lui a proposé de recevoir les approbations de Rome pour la vie monastique et pour la messe traditionnelle, si, en échange, il acceptait de ne plus aller à Ecône. A son retour, Dom Gérard en a parlé à la communauté qui lui a répondu que cette proposition était une trahison, et que lui n’était pas un traître (.) Quatre ans plus tard (.) Dom Gérard a reçu le cardinal Mayer qui est rapidement venu au Barroux proposer un accord après le refus de Monseigneur Lefebvre de continuer les négociations. Pour faire un accord avec Rome, le Barroux devait s’éloigner de Monseigneur Lefebvre. La même proposition qu’en 1984, néanmoins avec une réponse différente de Dom Gérard. Cette fois, la mitre et la crosse de l’abbé étaient en jeu. Rome savait séduire pour gagner. Et la trahison arriva » (Dom Laurenco Fleichman osb, Les marques de la souffrance : paroles d’un fils de Dom Gérard). Dans le même esprit, il suffit de relire le Motu proprio Ecclesia Dei afdlicta tout imprégné de cet esprit.
(17) Citons pour mémoire, l’article de M.l’abbé de Montjoye, (desservant actuel de l’église Saint-André-Saint-Maurice de Charenton) « Peut-on assister à la messe et recevoir les sacrements d’un prêtre de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X ? » dans la revue Tu es Petrus (bulletin des amis de la FSSP) n°82 (2002, p. 18-38), qui s’évertuait à montrer que les prêtres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie-X donnaient des sacrements sacrilèges.
(18) Dernièrement M. l’abbé Aulagnier (dans Item, Un regard sur le monde politique et religieux au 22 février 2008, n° 160) s’en prenait à la phrase suivante de M. l’abbé Bourrat (dans Le Chardonnet n°235) dont voici la teneur condamnable : « La défense de la foi catholique ne peut se limiter, sous peine d’échec à plus ou moins loin terme, à la seule défense de la messe traditionnelle ». C’est pourtant ce que rappelait Mgr Lefebvre : « Ce n’est pas une petite chose qui nous oppose. Il ne suffit pas qu’on nous dise : « Vous pouvez dire la messe ancienne, mais il faut accepter cela [le Concile] ». Non, ce n’est pas que cela [la messe] qui nous oppose, c’est la doctrine. C’est clair. C’est ce qui est grave chez dom Gérard et c’est ce qui l’a perdu. Dom Gérard n’a toujours vu que la liturgie et la vie monastique. Il ne voit pas clairement les problèmes théologiques du Concile, de la liberté religieuse. Il ne voit pas la malice de ces erreurs » – Mgr Lefebvre, « Je poserai mes conditions à une reprise éventuelle des colloques avec Rome » dans Fideliter n° 66 (septembre-octobre 1988), p. 12-14.
(19) Itinéraire spirituel, Fideliter, p. 10-11
(20) Excepté Campos avec Mgr Rifan.
(21) L’Eglise déchirée, Fideliter, 1994, p. 44. Ouvrage au demeurant fort instructif.
(22) Pour donner un exemple plus fort, ce n’est parce que des païens peuvent être fort serviables qu’il est bon d’être païen.
(23) « A la racine de cet acte schismatique, on trouve une notion incomplète et contradictoire de la Tradition. Incomplète parce qu’elle ne tient pas suffisamment compte du caractère vivant de la Tradition. » (Ecclesia Dei Adflicta du 5/7/1988).
(24) Lettre aux amis et bienfaiteurs n°71, décembre 2007, p. 21.
(25) Nous sommes conscients de ne pas avoir ici répondu à l’objection classique du schisme et de l’excommunication. Ces objections ont été amplement réfutées pour ne pas y revenir. Nous renvoyons à ces ouvrages, en particulier celui publié par Le courrier de Rome, intitulé La Tradition excommuniée, 2001. De même, il y aurait beaucoup à dire sur la tactique révolutionnaire d’une Rome qui veut résoudre la question sur le plan pratique en renvoyant le problème doctrinal sur un terrain ambigu (comme l’expression équivoque d’ « attitude critique positive envers le Concile »). Cf. Le combat de la foi n°135.


Abbé Michel Koller : la crêche œcuménique

Source : belle et terrible histoire tirée d’un bulletin paroissial.

Mademoiselle Martin avait demandé à M. le curé de pouvoir faire la crèche de Noël dans la petite chapelle latérale dédiée à la Vierge couronnée. Ce matin-là, à la demande de la toujours dévouée Melle Martin, M. le curé avait répondu un peu froidement, en précisant qu’il voulait quelque chose de simple et de discret. « Pas d’exagération !» avait-il lancé en fermant la porte. Après avoir rassemblé le matériel nécessaire, la vieille sacristine se met courageusement à l’ouvrage. Du haut de ses quatre-vingts ans, elle n’a pas perdu son énergie, ni son amour pour la confection des crèches ; c’est sa dix-neuvième en ce lieu saint, sans compter toutes celles qu’elle a fait régulièrement chez les malades et les personnes âgées.

« Simple » disait le jeune curé. Y a-t-il quelque chose de plus simple que la crèche ? «  Pas d’exagération » se remémore encore la brave femme courbée sur le petit chemin qu’elle trace avec la sciure de bois. Que veut-il dire par là ? Bien vite, oubliant les paroles du jeune curé bougon, la vieille demoiselle est prise par la contemplation du mystère de l’Incarnation qui prend forme sous ses doigts agiles. Chaque mois de décembre me semble toujours plus beau, se dit-elle. Quelques heures plus tard, émue par la scène achevée et bien que le 24 décembre n’ait pas fait raisonner les cloches et les cantiques de la venue du divin Messie, Melle Martin dépose pieusement et délicatement le petit Enfant Jésus sur la paille fraîche. Là, seule, elle ne peut s’empêcher de se recueillir dans le silence ; il lui semble goûter une portion d’éternité. Péniblement elle se met encore à genoux et semble se perdre dans une profonde adoration et un cœur à cœur avec son Divin Sauveur. Une voix ferme et sonore la tire de sa contemplation :

« Mademoiselle ! Vous n’avez pas encore terminé ce travail que j’avais souhaité simple ? lance M. le curé visiblement agacé par la présence de la sacristine. Dans moins de dix minutes je reçois le groupe œcuménique de la région. Vous savez très bien que nous ouvrons l’atelier de travail à 17 h dans l’église. »

M. le curé parlait encore lorsque deux messieurs en djellaba se présentent à ses côtés. La sacristine, confuse, s’empresse de ranger le matériel et de donner un coup de balais rapide autour de la crèche.

« Que représente cette petite scène ? » questionnent les nouveaux venus.

Avant même que M. le curé n’ait eu le temps de dire un mot, la sacristine, fière de son œuvre, répond haut et fort :

« C’est la venue du Sauveur Jésus ! » Les yeux du prêtre semblent se transformer en revolver.

« Ne vous inquiétez pas », reprend immédiatement M. le curé en se tournant vers ses invités, « si quelque chose devait vous choquer dans cette église, n’hésitez pas à m’en faire part. D’ailleurs, oui ! poursuit-il, cette crèche est un peu imposante et… »

« Quelque peu choquants ces animaux autour de cette scène religieuse ! Ne trouvez-vous pas ? » interroge l’imam.

« Oui, oui, b, b, b, bien sûr », bégaye le curé surprit ; « d’ailleurs si j’ai bonne souvenance, nos dernières recherches bibliques mettent sérieusement en doute leur présence ; je vais les enlever » et « hop » dit encore le prêtre en subtilisant d’un geste rapide l’âne, le bœuf et les quelques moutons.

« Bravo ! » s’exclame la voix rauque du pasteur protestant qui avait suivi la scène de près.

M. le curé se précipite vers le nouveau venu en lui tendant chaleureusement la main…

« Soyez le bienvenu parmi nous M. le pasteur ; je suis très heureux de vous avoir réjoui par mon geste œcuménique envers nos frères musulmans. »

« En effet, je suis ravi car nous, protestants, avons toujours lutté contre toutes ces représentations devant lesquelles certaines personnes se prosternent. Cela est choquant pour nous. »

« CHOQUANT ! » Ce mot transperce le cœur si bienveillant du jeune curé. « Aaah ! Monsieur le pasteur, je vois que nos sensibilités se rejoignent. Vous faites bien à cette occasion de témoigner de vos douleurs. C’est à travers ce dialogue positif que nous construirons tous les ponts nécessaires pour nous retrouver dans l’unité. Oui, je vois bien que ces statuettes quelques peu vieillottes vous choquent. »

Tout en parlant le curé se penche encore vers la crèche pour y enlever les trois bergers…

« Je vous remercie cher frère en Christ pour votre geste significatif », dit le pasteur.

Entre temps, la délégation hindoue avait rejoint le petit attroupement réuni autour de la crèche, suivie des représentants du Dalaï-lama. Un moine bouddhiste prend la parole et dit :

« Je vois que cette réunion insuffle la bonne humeur dans les cœurs. Recevez en cette occasion, M. le représentant de la voie œcuménique, notre présent de la part du Dalaï-lamas, malheureusement absent en ce jour. »

Ce disant, il tend un petit bouddha doré au curé ravi.

« Quant à nous, poursuit un des hindous, la statue de Shiva vous est offerte en signe d’union dans la paix. »

« Merci, merci chers amis. »

Le curé s’arrête un instant les deux statuettes à la main. Il semble réfléchir, et se tournant vers la crèche…

« Eh bien ! Qu’en pensez-vous? Je dépose en signe d’unité ces deux magnifiques statues dans notre crèche. Où vais-je les mettre… attendez… et oui… »

Il saisit la statue de Saint Joseph puis celle de la Sainte Vierge, et les tendant vers mademoiselle Martin lui dit :

« Tenez, rangez-moi tout cela avec le reste, on n’en a plus besoin. »

« Puisque nous sommes dans les cadeaux », dit un des derniers invités arrivé sur les lieux, je suis heureux de vous offrir cette petite pyramide en verre qui contient un peu de terre du sol de la Terre Sainte. »

« Aaah ! » Monsieur le Rabbin, « quelle grandeur dans ce geste », s’exclame le jeune curé. « Permettez que je dépose cet objet précieux dans notre crèche œcuménique. Où vais-je… »

Le curé s’arrête brusquement. Il semble soudainement absorbé par une profonde réflexion. A côté de Shiva ? de Bouddha ? ou de Jésus ? Mais une lumière scintille dans son esprit : Tonnerre ! Jésus… Le Rabbin… Incompatible ! Ca sent le drame. L’œuvre de l’œcuménisme fleurissant risque de se faner d’un seul coup. Sans compter le démarrage raté de notre réunion œcuménique… L’évêque ne sera pas content ! Bref ! Il faut agir et vite.

D’un geste aussi rapide que précis, il saisit la statue de l’Enfant Jésus, la tend à mademoiselle Martin qui se trouvait non loin de là en lui disant à voix basse :

« Rangez-moi ça dans votre carton et cachez rapidement le tout dans la sacristie. »

Puis, se tournant vers la crèche, il dépose la pyramide de M. le Rabbin à la place de l’Enfant Dieu entre Shiva et Bouddha. Il se retourne ensuite vers ses invités avec un sourire banane, et commence un petit discours de bienvenue, louant cette          innovation géniale de la crèche œcuménique.

Entre-temps, la brave sacristine, Melle Martin, chargée de son carton rempli de toutes les statues de la crèche, se dirigeait à pas lents vers la sacristie. Il lui semblait vivre un cauchemar, ses jambes ne la portaient presque plus, ses larmes coulaient abondamment. Jésus, Marie, Joseph, les bergers et même les animaux chassés de la crèche… Est-ce possible ? Une phrase de l’Écriture lui vint à l’esprit : « II n’y avait pas de place pour eux… » Même pas dans la crèche de nos églises ? murmurait-elle sans cesse en pénétrant dans la sacristie. Elle est subitement tirée hors de ses réflexions par le babillage d’une dizaine de petits garçons en soutanelles rouges, qui se préparaient pour la répétition de liturgie avec le frère Bernard.

—        Martin ! s’écrie l’un d’eux, que transportez-vous dans ce carton ?

—        Tous les personnages de la crèche, répond-elle machinalement.

—        Ooooh ! On peut les voir ?

Le carton est déposé sur la table et les petites mains se plongent délicatement dans cette « boîte à trésors ».

—        Regardez ! J’ai attrapé un mouton, s’écrie le premier.

Tous rient de bon cœur.

—        Et moi, je tiens saint Joseph, dit celui-ci.

—        Allons, les amis, faisons notre crèche !» s’écrie le plus grand.

Le carton est incliné sur le côté, la paille sert de litière pour les animaux et de lit pour l’Enfant Jésus. Un vieux bout de tissu gris recouvre le carton pour imiter la rocaille. Voilà qu’en moins de cinq minutes l’Enfant-Jésus avait retrouvé un lieu de résidence. Toutes les frimousses sont maintenant penchées vers cette crèche de fortune. Insensiblement le silence se fait et l’un d’eux murmure encore :

—        C’est beau, hein, Mademoiselle !

—        Chuuuut ! Zézus dort !.. dis le petit Jean.

Puis, comme poussé par une grâce céleste, Henri se met à entonner un chant de Noël, et toutes les petites voix le suivent dans son élan d’amour… « Les Anges dans nos campagnes… » suivi du : « GlooOooooria in excelsis Deo ». La sacristie semble remplie d’anges et est comme enveloppée d’une présence divine et paisible. Melle Martin ne contient plus ses larmes, mais cette fois elles expriment la joie d’un cœur qui a retrouvé le bonheur de son enfance, une joie vraie parce que simple, parce que divine.

Attiré par le « tapage », bien que lointain, M. le curé profite du discours du pasteur protestant pour faire irruption dans la sacristie :

—        Que se passe-t-il ici ?

Dix frimousses le regardent en silence.

—        On adore jésus dans la crèche…, dit alors Henri.

—        et puis on sante des samps pour faire dormir Zésus… C’est notre manière à nous d’lui dire qu’on l’aime, parce qu’y en a des zens pas zentis qui lui on pas donné de maison, poursuit le petit Jean, rouge comme un coq.

Le Curé est comme paralysé face à tous ces petits bambins silencieux en habit de chœur ; la dernière phrase de Jean l’a frappé comme une flèche de feu. Le film de sa jeunesse se déroule dans sa tête ; il se rappelle que lui aussi avait été enfant de chœur et avait adoré Jésus dans la crèche avec la même simplicité et… petit à petit, —comme tout à l’heure devant la crèche de l’église ; sous une multitude de prétextes — il avait gommé les vérités qui nous enseignent la divinité du Christ, qu’il n’y a qu’un seul Dieu ; sa royauté ; la Vierge Marie et son rôle de corédemptrice, etc. Que restait-il de tout cela ? Une âme ruinée par les démissions successives ! Des paroles creuses, du vent.

Ces dix petits enfants de chœur, comme des anges venus du ciel, venaient de lui rappeler la vraie bonne nouvelle de la venue du Sauveur Jésus. L’angoisse le saisit à la gorge, il se retire pâle et triste, sans pouvoir prononcer une seule parole ; et pourtant dans le fond de son âme une petite joie se réveille, oui, je crois bien que c’est ça : la joie d’avoir, en un court instant, retrouvé son maître et Seigneur JESUS qui l’avait appelé pour devenir son prêtre.

La porte de la sacristie est à peine refermée que le pauvre curé se sent défaillir. Une sueur froide coule sur son front, le cœur semble vouloir sortir de sa poitrine. Pris de panique, il s’appuie sur la colonne de l’apôtre Paul, et insensiblement son regard se tourne en direction de la chapelle de la Vierge couronnée. Et malgré son souffle bien court, il trouve encore la force de dire : « Marie, sauvez-moi ! » Un élancement dans la tête semble le foudroyer…, il perd connaissance…

Quelques minutes plus tard, il se relève, son visage paraît serein. Puis, d’un pas décidé, il se dirige vers le guitariste Jiji qui grattait ses derniers accords. Il saisit le micro et s’adressant à tous les assistants, il dit d’une voix ferme et grave :

— Messieurs, je vous remercie de votre visite. Pour des raisons graves, je me vois dans le devoir d’interrompre cette cérémonie. Ainsi je vous demande maintenant de bien vouloir quitter celle église dédiée au Très Saint Sauveur.

Et d’un geste large, il montre la porte de sortie aux gens des premiers rangs. Un grand brouhaha s’installe. Les discussions vont bon train, tout le monde s’interroge, mais le curé sans faire le moindre commentaire accompagne les derniers jusqu’à la porte en donnant quelques poignées de mains. La porte d’entrée est fermée à clef.

Puis, d’un pas ferme, le curé retourne à la sacristie. Là, sans dire un mot, il enfile son surplis à dentelles, rassemble les enfants de chœur en les mettant sur deux colonnes, distribue les divers personnages de la crèche à chaque enfant se réservant celui de l’Enfant Jésus et ordonne d’un ton solennel de commencer la procession en direction de la crèche. Celle-ci est débarrassée des objets insolites et ornée par les statues de plâtre qu’à tour de rôle chaque enfant vient déposer sur la mousse fraîche. Enfin, M. le curé dépose la statue de l’Enfant Jésus au centre. Il se tourne ensuite vers les enfants de chœur en leur disant :

— rappelez-vous toujours qu’il n’y a qu’un seul Dieu et qui s’appelle Jésus ! Mettons-nous à genoux et adorons-le !

Une douceur mystérieuse s’installe dans l’église… Après quelques minutes de silence, M. le curé entonne des chants de Noël…

—Alors, j’avais quand même raison ! murmure la bonne sacristine.

Et vous cher lecteur !

N’avez-vous pas aussi commencé à gommer certaines vérités fondamentales de votre sainte religion ? De concession en concession vous avez peut-être déjà invité des divinités étrangères à l’autel de votre cœur et vous ne voyez plus d’inconvénient à en inviter d’autres ; les prétextes sont nombreux ; votre oreille est souvent tendue vers les sirènes de la paix et de l’unité qui vous séduisent, et Jésus n’est plus qu’un bienfaiteur de l’humanité au milieu de tous les autres. Bientôt il sera un gêneur, que vous rangerez dans le musée de votre chœur à côté des fossiles des temps antiques.

Revenez vite à la joie de Noël avant que ce petit Enfant couché dans la crèche ne se présente à vous avec la sévérité d’un roi qu’on a voulu détrôner. Attention ce Roi est Dieu !

Que la conversion de ce curé vous stimule et vous aide à remettre Jésus à sa juste place.

Je prie pour cela et vous bénis.

Abbé Michel KOLLER


L’écartèlement des instituts Ecclesia Dei

Il est de bon ton d’affirmer que peu de choses séparent la FSSPX des instituts Ecclesia Dei : même messe, mêmes sacrements, et diront aussi certains, même doctrine.

On peut disserter longuement pour savoir si chacune de ces affirmations est correcte, et notamment celle concernant la doctrine. Que d’amis me disent que si dans le discours officiel rien n’est dit contre le Concile, in privatim, les prêtres de la FSSP le combattent tout comme les prêtres de la FSSPX. On trouvera sans doute des exemples allant dans ce sens, mais il est préférable de considérer la réalité théologique de la FSSP plutôt que de s’attarder sur ces exemples individuels.

La « béatification » et la « canonisation » de Jean-Paul II en donne une bonne illustration pratique. Les prêtres de la FSSP vont-ils proposer, à l’instar de l’Eglise conciliaire, le pape d’Assise et du baiser du coran à leurs fidèles ? Vont-ils donner en exemple ces nouveaux « saints », chantres de l’œcuménisme et du dialogue inter-religieux ?

En réalité, la réponse est déjà en grande partie donnée : le pèlerinage ND de Chrétienté avait donné pour exemple « sainte » Mère Térésa, qui si elle fut héroïques dans l’application de vertus naturelles, disait encourager les musulmans mourant dans leur foi, plutôt que de tenter de leur apporter la grâce ultime et salvatrice du baptême ! Une telle personne, même si nous espérons son salut, ne peut être portée sur les autels catholiques !

Différents sites officiels de la FSSP parlent déjà des « bienheureux » Jean XXIII et Jean-Paul II ! A coup sûr ils ne seront pas longtemps gênés pour en venir à les considérer comme « saints » !

Même liturgie, sans doute, mêmes sacrements, certes, même doctrine, hélas, ce n’est plus le cas. Les différences théoriques, théologiques, peuvent paraître à certains encore subtiles, elles le sont beaucoup moins mises sous les projecteurs si terrible de ces fausses canonisations.

On a pu comparer les prêtres Ecclesia Dei aux prêtres jureurs, dans le but de montrer que leur liturgie et leurs sacrements étaient les mêmes que ceux des prêtres réfractaires. Un autre parallèle me semble plus approprié, l’exemple de ce saint, dont j’ai oublié le nom, qui au tout début du schisme protestant se rendit dans une église pour assister à la sainte messe. Vient le moment de la communion, sans que notre saint put savoir si le prêtre qui officiait était catholique ou protestant, la liturgie protestante n’ayant pas été encore réformée. Il pria dans son for interne, demandant à Dieu de l’éclairer. C’est alors qu’un ange descendit du ciel et lui donna la communion. Notre saint compris alors que cette cérémonie était celle d’un prêtre protestant.

Le concile Vatican II n’est rien d’autre que la protestantisation voulue et assumée de l’Eglise catholique. Accepter ce concile, c’est en accepter le poison moderniste et néo-protestant. L’Eglise conciliaire a sa doctrine, elle a ses sacrements, elle a sa liturgie. Dans le principe, la FSSP et les instituts Ecclesia Dei les ont acceptés, à la seule différence peut-être, que pour eux la « forme extraordinaire » leur est ordinaire, et que la « forme ordinaire » leur est extraordinaire ! Et le « saint » d’Assise, Jean-Paul II, sera bien de leur paroisse !

N’allons pas nous-même vers la voie de l’écartèlement ; si elle est pour ces prêtres – sans doute pour beaucoup de bonne volonté – la réponse qu’ils pensent devoir donner à ce dilemme qui se posent à eux, une attitude équivalente de notre part serait une trahison du combat qui se mène, combat qui n’est pas le notre.

Il n’y a qu’une attitude catholique dans cette tourmente et aux milieux de tous ces compromis, d’où qu’ils viennent, qui ruinent l’Eglise :

« Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »

« Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise. » Mgr lefebvre, déclaration 1974

Austremoine


Mgr Lefebvre : nous som­mes d’Église, nous sommes l’Église catholique, nous continuons l’Église catholique

[…] Toute cette résistance est une résistance normale dans l’Église, dans un organisme qui doit survivre, et c’est pour cela que nous disons : nous som­mes d’Église, nous sommes l’Église catholique, nous continuons l’Église catholique, nous continuons, les autres s’en éloignent, ce sont eux qui sont schismatiques. Ce sont ceux qui font toutes ces nouveautés qui deviennent schismatiques. Ils ne sont plus catholiques, je vous l’assure. C’est épouvan­table, mais c’est comme ça.

Alors devant cette déviation profonde à l’intérieur de l’Église de la foi catholique, alors que faire ? Que faire sinon faire de bons prêtres. Mais pour faire de bons prêtres, il faut des évêques, il faut des évêques catholiques. S’il n’y a pas d’évêques catholiques, on n’aura pas de bons prêtres. Alors c’est comme ça que j’ai supplié Rome, j’ai supplié Rome pendant des années : donnez-moi des évêques catholiques, permettez-moi de faire des évêques catholiques. — Ah non, non, pas question, vous n’avez qu’à vous adresser à tous les évêques, et tous les évêques dans le monde pourront vous rempla­cer si vous n’avez pas la possibilité d’ordonner vos séminaristes, si vous mou­rez, ils s’adresseront aux évêques diocésains. Alors j’ai dit : il n’est pas possible de faire des prêtres catholiques avec des évêques qui ne sont plus catho­liques. Et j’ai insisté jusqu’à signer ce fameux protocole d’accord avec Rome.

Qu’est-ce que je demandais dans ce protocole ? La chose principale que je voulais obtenir, c’était cet évêque. Je voulais un évêque.

… Maintenant que je vous ai envoyé des noms, il faut que d’ici deux mois, vous me donniez le nom de celui que vous avez choisi pour que je puisse le sacrer et avoir un évêque tel que vous me l’avez promis — Ah, non, c’est impossible, impossible, c’est trop vite, c’est trop tôt. — C’est absolument faux. Alors j’ai insisté, j’ai menacé : «si vous ne me le donnez pas, je vais sacrer moi-même des évêques». — bon, bon, envoyez encore des noms, il faut envoyer des noms mais il faut que vous présentiez un candidat qui ait le profil — c’était le terme qu’ils employaient — qui ait le profil désiré par le Saint-Siège. Alors là j’ai compris, je n’aurais jamais mon évêque tradi­tionnel. S’il faut qu’il ait le profil désiré par le Saint-Siège, c’est-à-dire un profil progressiste, un profil moderniste, c’est impossible, inutile, je n’y arri­verai jamais. Il y avait une volonté derrière cela de ne pas me donner cet évêque. D’ailleurs ils me l’avaient dit plusieurs fois au cours de conversa­tions : vous n’avez pas besoin d’évêques, vos séminaristes n’ont qu’à s’adres­ser aux évêques des diocèses. J’ai dit : Non, je veux des évêques tradition­nels, des évêques qui gardent la foi, des évêques qui protégeront la foi de mes prêtres, des évêques qui formeront mes prêtres dans la foi catholique. L’évêque est le père de ses prêtres. Si on met un père qui est progressiste et moderniste, il aura des prêtres modernistes. Je ne veux pas. Alors on s’est heurté, là, j’ai dit : C’est comme ça, vous me refusez, c’est bien, c’est que vous n’avez pas les mêmes intentions que moi. Votre intention est de me réduire à la soumission, à la révolution du concile. Vous voulez que nous soyons soumis à la révolution du concile. Et nous, nous refusons cette révo­lution à l’intérieur de l’Église. Nous voulons demeurer catholiques. Donc, c’est terminé, je ferai des évêques, des évêques catholiques. […]

Mgr LEFEBVRE à Albias (Tarn-et-Garonne)
le 10 octobre 1990


Abbé Guy Pagès : deuxième lettre ouverte au Pape – Sur l’islam dans Evangelii Gaudium

Il s’agit de la deuxième lettre ouverte de l’abbé Guy Pagès au pape François. La première peut être lue ici.

L’abbé Pagès est prêtre du diocèse de Paris : il publie des études très intéressantes de l’Islam qui sont à lire ou à écouter, et montre de façon très simple et didactique comment cette fausse religion est un oeuvre de tromperie diabolique.

Ceci dit, il convient de mettre en garde les lecteurs sur le fait que l’abbé Guy Pagès est attaché au concile Vatican II et qu’il en accepte et défend la théologie hétérodoxe, notamment sur les points du dialogue inter-religieux et de la liberté religieuse. Il avait aussi justifié le baiser du Coran de Jean-Paul II et son ignoble apostrophe « Que Saint Jean-Baptiste protège l’Islam »… Ce n’était pas l’avis de Saint-Pie V et de l’ensemble de la chrétienté qui se ligua à Lépante !

Source : Islam et Vérité

Très Saint Père,

C’est avec une peine redoublée, et avec tout le respect filial que je vous dois, au nom de nombreuses personnes choquées par vos propos relatifs à l’islam, et en vertu du canon 212 § 3[1], que je vous adresse cette nouvelle Lettre, puisque non seulement je n’ai reçu aucune réponse à celle que je vous ai adressée concernant votre Message aux musulmans pour la fin du ramadan, d’abord envoyée en privé ‒ et à trois reprises ‒ et ensuite publiquement, mais encore parce que dans votre exhortation apostolique Evangelii Gaudium vous venez d’écrire que : « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. » (n°253). Une telle affirmation, certainement motivée par votre paternelle sollicitude pour nos frères persécutés en pays d’islam, apparaît cependant comme une terrifiante contrevérité. En effet : 

  • « Allah seul connaît l’interprétation du Coran. » (Coran 3.7)…
  • Les versets réputés « tolérants » de l’immuable Coran ont tous été abrogés par « le verset du sabre » (Coran 9.5,29) ;
  • Si « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. », alors Mahomet n’a pas incarné la véritable interprétation de l’islam, et sa conduite ne peut pas être normative pour les musulmans (Coran 33.21) ; 
  • A la différence du Christ ayant confié Son autorité à Pierre dont vous êtes le légitime successeur, il n’y a pas en Islam de magistère qui puisse vous donner, à vous ou à quiconque, avec une autorité infaillible, la définition de ce qu’est ou n’est pas « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran », d’où les incessantes guerres intestines du monde musulman au nom d’une interprétation toujours plus « authentique » ; 
  • Il suffit d’ouvrir un Coran, même dans une des traductions édulcorées à l’usage des lecteurs occidentaux, pour voir que sur les 6235 versets du Coran, plus de la moitié vouent à l’exécration tous ceux qui ne sont pas musulmans, et expriment la funeste intention de les tuer ou de les soumettre ;
  •  L’histoire et l’actualité démentent à l’envi, malheureusement, votre affirmation ;
  • Quelle autre religion que l’islam Jésus pouvait-Il avoir en vue lorsqu’Il annonçait : « Vient un temps où ceux qui vous tueront penseront rendre un culte à Dieu. » (Jn 16.2) ? Quelle autre religion en effet que l’islam promeut, comme un devoir religieux, le jihad contre les chrétiens ? « Tuez les associateurs [les chrétiens] où que vous les trouviez. Prenez-les, assiégez-les et restez aux aguets contre eux. » (Coran 9.4,5) ;
  • Tout chrétien sait, du seul fait qu’il est chrétien, que celui qui cherche son salut dans l’islam se damne : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, celui qui refusera de croire sera con-damné. » (Mc 16.16) ; « Si nous-mêmes, si un ange venu du Ciel vous annonçait un Évangile différent de celui que nous vous avons prêché, qu’il soit maudit ! Nous l’avons déjà dit, et aujourd’hui je le répète : si quelqu’un vous annonce un Évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! » (Ga 1.8-9 ; Mt 24.4,11,24 ; 1 Jn 2.22-24 ; 4.2-4)… Or, si l’islam damne, n’est-ce pas qu’il est mauvais, et si « aucun arbre mauvais ne donne de bons fruits » (Mt 7.18), comment l’islam pourrait-il porter les bons fruits de paix que vous lui attribuez ?

Très Saint-Père, il est frappant de constater que votre propos répond exactement à la demande formulée, au début du mois de juin 2013, par M. Mahmoud Abdel Gawad, le conseiller diplomatique de M. Ahmed Al-Tayeb, grand imam de la mosquée d’Al-Azhar, ayant déclaré attendre de vous « une intervention où [vous diriez] que l’Islam est une religion pacifique, que les musulmans ne cherchent ni la guerre ni la violence », comme condition au rétablissement des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et cette institution représentative de l’islam sunnite qu’est l’Université d’Al-Azar… Et pourquoi M. Ahmed Al-Tayeb voulait-il une telle déclaration ? Pour que vous expiiez ainsi la « faute » de votre prédécesseur Benoît XVI ayant osé illustrer en 2006 à l’université de Ratisbonne cette vérité élémentaire que la violence est incompatible avec la vraie religion, contraire à la vraie nature de Dieu, par cette question de l’empereur Manuel II Paléologue à un savant musulman : « Montrez-moi ce que Mahomet a apporté de nouveau. Vous ne trouverez que ces choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait. ». Benoît XVI avait ensuite aggravé son cas en 2009 en appelant à protéger les minorités chrétiennes après un énième et terrible attentat à la bombe contre une église à Alexandrie, ce qui avait constitué aux yeux du destinataire de votre lettre, « une interférence occidentale indue ». Ainsi, en répondant au désir du grand imam ― et l’islam veut dire « soumission » ―, souffrant de « réparer » la « faute » de votre vénéré prédécesseur, non seulement vos propos sont interprétés comme une condamnation de son témoignage rendu à la vérité, mais vous n’obtiendrez pas la mansuétude que vous escomptez pour les chrétiens vivant en pays devenus musulmans, car, comme l’exprimait un autre de vos prédécesseurs, le Pape Pie II, dans sa Lettre au Sultan turc Mehmet II : « La concorde ne sera donc que dans les mots ; sur le fond, c’est la guerre. »[2]. Qui peut venir en effet après le Christ, sinon l’Antichrist ?

Très Saint-Père, vous nous demandez d’« accueillir avec affection les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays » (n°253), mais ignorez-vous donc que le but de l’islam est de se substituer au christianisme et d’instaurer partout la charia ? C’est Allah qui le dit : « Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de subversion[3] et que la religion appartienne uniquement à Allah » (Coran 2.193). Ses disciples, aujourd’hui, ne disent pas autre chose, tel M. Alija Izetbegovic, chef d’État de Bosnie-Herzégovine de 1990 à 2000, qui, dans sa « Déclaration islamique » a le mérite de la clarté : « Il ne peut y avoir ni paix ni coexistence entre la religion islamique et des institutions politiques et sociales non-islamiques. […] La renaissance islamique ne peut commencer sans une révolution religieuse, mais elle ne peut se poursuivre et être menée à bien sans révolution politique. Notre première tâche doit être de gagner non le pouvoir mais les hommes. […] Le soutien qu’un peuple musulman apporte effectivement à un régime en place est directement proportionnel au caractère islamique de ce dernier. […] Nous devons être des prêcheurs et ensuite des soldats. […] Le mouvement islamique doit prendre le pouvoir dès qu’il est en situation morale et numérique suffisante pour lui permettre de renverser le gouvernement non-islamique. »… Voulez-vous vraiment que s’accomplisse la prophétie du président algérien, M. Houari Boumediene qui, en avril 1974, déclarait à la tribune de l’ONU : « Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront avec leurs fils. Le ventre de nos femmes nous donnera la victoire. »[4] ? Certes, il n’est pas question de se fermer à l’accueil des miséreux, pour autant que nous puissions leur porter secours, mais il est exclu de les naturaliser, selon le conseil même de feu le Commandeur des Croyants, le roi Hassan II, roi du Maroc : « N’essayez pas de faire des Français avec des musulmans, vous n’y arriverez pas. Vous ne ferez que de mauvais Français et de mauvais Musulmans. ».[5] Jugement qui corrobore l’enseignement des Apôtres : « Si quelqu’un vient à vous sans apporter cette doctrine [l’Évangile, que l’islam se fait une gloire de rejeter], ne le recevez pas chez vous et abstenez-vous de le saluer. » (2 Jn 1.10) ; « Ne formez pas d’attelage disparate avec des infidèles. Quel rapport en effet entre la justice et l’impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ? » (2 Co 6.14) ?… Aussi nous appartient-il de ne pas transiger avec l’islam. Nos Pères ne se sont pas battus pendant des siècles pour repousser ce malheur qu’est l’islam et pouvoir développer hors d’atteinte de sa mortifère influence l’admirable civilisation chrétienne dont le monde entier profite de nos jours, pour que nous ouvrions aujourd’hui nos portes à l’islam ! Ou alors l’islam aurait-il changé entre temps ? Non, il ne le peut pas, car « les coutumes d’Allah ne changent pas » (Coran 33.62 ; 35.43 ; 48.23).

Je suis pareillement surpris et terriblement gêné pour nos frères chrétiens que, dans votre exhortation apostolique, vous demandiez à ce qu’ils soient « accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique », comme s’ils n’étaient justement pas chez eux ! N’est-ce pas infiniment triste de tenir pour un fait acquis la conquête musulmane de ces pays autrefois chrétiens, et de compter pour rien la tradition chrétienne qui y survit aujourd’hui encore sous le joug toujours renaissant et insupportable de la dhimmitude ? Et si les « épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent » sont effectivement à déplorer, il ne faut pas chercher longtemps pour en trouver la source : « Faites-leur la guerre jusqu’à ce qu’ils payent le tribut de leurs propres mains et qu’ils soient soumis et humiliés » (Coran 9.29). Aussi, ce n’est pas « l’affection envers les vrais croyants de l’Islam » qui « doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations », mais l’amour envers nos ennemis (Mt 5.44).

Quant au fait que les musulmans « professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour. » (n°252), il faut bien préciser qu’il ne s’agit pas de la même adoration, aussi vrai que nul ne va au Père que par Jésus (Jn 14.6), et que les musulmans ne prenant pas pour chemin Jésus, leur adoration ne va pas non plus au Père… Nous adorons ce que nous connaissons, eux adorent ce qu’ils ne connaissent pas (Jn 4.22), et c’est pourquoi, acceptant d’adorer celui qu’ils ne connaissent pas, ils adorent celui qui se cache dans les ténèbres, le Père du mensonge (Jn 8.44), le Prince de ce monde, assez orgueilleux et fou pour se présenter à eux comme l’unique et vrai Dieu (Mt 4.8-9).

Si Evangelii Gaudium s’adressait aux musulmans pour leur dire que « Les écrits sacrés de l’Islam gardent une partie des enseignements chrétiens ; Jésus Christ et Marie [y étant] objet de profonde vénération » (n°252), nous pourrions comprendre que vous entendez vous servir d’une apparente similitude entre nos traditions respectives comme d’une base commune possible à un dialogue souhaité. Mais du fait que vous vous adressez à des chrétiens, un tel rapprochement laisse entendre qu’il y aurait effectivement quelque chose de chrétien dans la « révélation » coranique… alors qu’il n’en est, bien évidemment, rien du tout ! Les personnages de « Issa » et de « Maryam » ne s’identifient absolument pas avec ceux de Jésus et de Marie, comme en témoignent les anachronismes et incohérences coraniques, mais servent de miroirs aux alouettes, d’attrape-nigauds, pour légitimer l’islam aux yeux des chrétiens[6], et les conduire ainsi à apostasier leur foi, celle-ci étant pour l’islam le seul péché à jamais impardonnable (Coran 4.48), qui réduit les chrétiens à n’être qu’impureté (Coran 9.28) en sorte qu’en les éliminant l’islam rend gloire à Allah (Coran 9.30).

Vous trouvez « admirable de voir que des jeunes et des anciens, des hommes et des femmes de l’Islam sont capables de consacrer du temps chaque jour à la prière, et de participer fidèlement à leurs rites religieux. En même temps, beaucoup d’entre eux ont la profonde conviction que leur vie, dans sa totalité, vient de Dieu et est pour lui. Ils reconnaissent aussi la nécessité de répondre à Dieu par un engagement éthique et d’agir avec miséricorde envers les plus pauvres. » (n°252), mais, outre que les pauvres dont vous parlez doivent nécessairement être musulmans, ces éléments positifs de piété et de religiosité relèvent du seul désir naturel de bien que Dieu a mis dans le cœur de tout homme et que l’islam exploite pour masquer sa fin essentielle qui est d’éloigner les âmes du salut donné seulement en et par Jésus (Jn 14.6). Si donc les pratiques de l’islam peuvent servir de support à la religiosité humaine, il faut aussi considérer qu’elles enferment l’individu dans une pensée farouchement antichristique, qui le damne (Mc 16.16). Comme l’enseignait saint Paul : « Ne prends pas, ne goûte pas, ne touche pas’, tout cela pour des choses vouées à périr par leur usage même ! Voilà bien des prescriptions et doctrines humaines ! Ces sortes de règles peuvent faire figure de sagesse par leur affectation de religiosité et d’humilité qui ne ménage pas le corps, en fait elles n’ont aucune valeur contre l’insolence de la chair. » (Col 2.21-23).

Très Saint-Père, en acceptant de jouer le rôle de faire valoir (Ga 1.4)[7] que l’islam attend de vous et de tous, pensez-vous vraiment aider les musulmans à prendre conscience qu’ils sont en train de se damner, ou bien pensez-vous qu’il soit indifférent pour leur salut d’être musulman ? En louant l’islam, ne craignez-vous pas de conforter les musulmans à rester musulmans et donc à se damner, mais encore, avez-vous pensé que vous détruisiez ainsi les défenses de ceux qui refusent de perdre leur salut éternel par l’accueil de l’islam (2 Co 6.14-18) et leur mise en esclavage par la charia ? En effet, si l’islam est pacifique, portant de bons fruits, il n’est donc pas un faux-prophète (Mt 7.18), et s’il n’est pas un faux-prophète il est un vrai prophète, et donc ce qu’il dit au sujet du christianisme est vrai : Jésus n’est pas mort et ressuscité, croire à la Trinité est une abomination, et il n’y a de salut que dans l’islam… Peut-on à la fois amasser avec le Christ et louer celui qui dissipe Son héritage (Mt 12.30) ?

« Méfiez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. » (Mt 7.15). Que peut-il arriver au troupeau dont le berger traite avec le loup comme avec un de ses agneaux ? Il semble qu’en cette affaire il vous revienne de marcher derrière le troupeau, et non pas devant, comme vous en évoquez la possibilité dans cette même exhortation apostolique (n°31), et de laisser les brebis trouver seules leur chemin… tant il est vrai que les vraies brebis du Seigneur ne suivent pas la voix d’un étranger, mais le fuient au contraire (Jn 10.5)…

Au moment de conclure, considérant votre désir d’offrir à l’Église de profondes réformes, permettez à l’humble prêtre que je suis, étudiant depuis plusieurs années l’islam, de vous suggérer de renouveler de fond en comble l’équipe de vos conseillers en matière d’islamologie et de dialogue christiano-musulman.

Très Saint-Père, renouvelant l’engagement de ma fidélité à la Chaire de saint Pierre, dans la foi en son infaillible magistère, laquelle n’est pas engagée en dehors de ce qui concerne la Foi catholique et la vie morale, ayant le désir de voir tous les catholiques ébranlés dans leur foi par votre enseignement au sujet de l’islam, faire de même, je prie Notre Dame des Victoires de vous obtenir la force dont saint Paul a fait preuve face aux faux-frères désireux de réduire les chrétiens en servitude. Il refusa de reconnaître la bonté de leur doctrine « fût-ce un moment, fût-ce par déférence, afin de sauvegarder pour vous la vérité de l’Évangile » (Ga 2.4-5).

Abbé Guy Pagès



[1] « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, ils ont le droit et même parfois le devoir de donner aux Pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Église et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, et en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. » (Can. 212 § 3).

[2] Enea Silvio Piccolomini, Lettre à Mahomet II, Payot & Rivages, 2002, p.48. « Entre nous et vous, c’est l’inimitié et la haine à jamais, jusqu’à ce que vous croyez en Allah, seul. » (Coran 60.4)

[3] La « subversion », en langage musulman, désigne tout ce qui n’est pas musulman.

[4] Nous pourrions citer encore tant d’autres déclarations du même genre, telle celle-ci de Mouammar Kadhafi, Président de la Lybie : « Sans épée, sans fusil, sans conquêtes, les 50 millions de musulmans en Europe la transformeront bientôt en continent musulman ! »(Le Figaro, 19/12/2006)

[5] Entretien télévisé avec Anne Sinclair le 16 mai 1993.

[6] Et aussi des musulmans.

[7] Pour le psychiatre P.-C. Racamier, le pervers narcissique se caractérise « par la capacité à se mettre à l’abri des conflits internes […] en se faisant valoir au détriment d’un objet manipulé comme un ustensile ou un faire-valoir » (Cortège conceptuel, Apsygée, 1993, p.52). Et de fait l’islam manipule le christianisme pour en faire si bien « un faire valoir » que Jésus serait le prophète de Mahomet (Coran 61.6) ! Cette haine du christianisme vient encore de s’exprimer par la demande de la Libye que l’Église Catholique quitte son territoire


abbé Schmidberger : « Evangelii gaudium », Dolor fidelium – « La joie de l’Evangile », la douleur des fidèles

Très bon résumer de l’exhortation apostolique du pape François. A lire et relire.

Source : La Porte Latine

Pour conclure l’année de la Foi, le Saint-Père, le pape François, a publié l’Exhortation apostolique Evangelii gaudium sur la prédication de l’Evangile dans le monde d’aujourd’hui. Par sa longueur – 289 points-, ce document demande au lecteur et au théologien un grand effort s’ils veulent l’étudier correctement. On aurait pu dire plus en moins de mots. Les lignes qui suivent vont tâcher d’en donner un premier résumé, certainement incomplet.

I.

L’occasion de ce document est le Synode des évêques qui s’est tenu du 7 au 28 octobre l’année dernière et qui était consacré au thème de la nouvelle évangélisation : « J’ai accepté avec plaisir l’invitation des Pères synodaux à rédiger la présente Exhortation. » (n° 16). En même temps, ce document a été présenté par le nouveau pontife comme une sorte de directoire. Ce double but et la prolixité du pape ont pour conséquence que ce document ne présente pas de structures claires. Il manque de précision, de rigueur et de clarté. Ainsi par exemple, un long passage est consacré à la situation économique du monde contemporain, et un peu plus loin est exposée l’importance de la prédication, jusqu’à donner les détails de sa préparation. A plusieurs reprises, on aborde la question de la décentralisation de l’Eglise ; et les questions oecuméniques et interreligieuses, elles, sont traitées en long et en large. De plus, ce document n’est pas exempt de contradictions : le pape va ainsi préciser qu’il ne s’agit pas d’une encyclique sociale, mais par la suite les conditions économiques sont traitées selon un modèle semblable à celui des encycliques des papes antérieurs.

Le pape François parle de l’Eglise comme si, jusqu’à aujourd’hui, elle n’avait pas transmis l’Evangile ou l’avait fait de manière imparfaite. Il se désole d’une attitude nonchalante, léthargique et fermée. Cette réprimande constante nous touche désagréablement. On a l’impression que, jusqu’à présent, peu de choses ont été faites pour la transmission de la foi et de l’Evangile. Ses commentaires s’accompagnent toujours d’une référence à sa propre personne. Le pronom personnel je n’apparaît pas moins de 184 fois dans le document, et on ne compte pas les «mon »et les « moi ». La parole de Dieu dans l’Apocalypse s’impose quasi-automatiquement à notre esprit : « Ecce nova facio omnia: voici que je Jais toutes choses nouvelles ». (Apoc. 21, 5)

Le document contient sans doute nombre de considérations positives, qui ne peuvent être passées sous silence. Donnons-en quelques-unes au fil du texte :

Au n° 7, il est di : « La soàété technique a pu multiplier les occasions de plaisir, mais elle a bien du mal à secréter la joie ». Quelle justesse dans cette constatation !

Au n° 22, on lit: « La parole a en soi un potentiel que nous ne pouvons pas prévoir. L’Evangile parle d’un semence qui, une fois semée, croît d’elle-même, y compris quand l’agriculteur dort » (cf. Mc 4, 26-29). L’action de la grâce dépasse effectivement tout calcul humain.

Au n° 25, il est rappelé que « ce n’est pas d’une simple administration que nous avons besoin ! ». Si les évêques et les prêtres prenaient ce mot à coeur et tournaient le dos aux commissions, aux comités, aux forums, au vaste bureaucratisme pour agir en vrais théologiens et pasteurs !

Un très beau paragraphe nous est donné au n° 37, avec une longue citation de la Somme théologique de saint Thomas d’Aquin. Nous ne pouvons pas nous empêcher de citer ce point en entier : « Saint Thomas d’Aquin enseignait que même dans le message moral de l’Eglise il y a une hiérarchie, dans les vertus et dans les actes qui en procèdent. (S. Th. I-II, q. 66, a. 4-6) Ià, ce qui compte c’est avant tout « la foi opérant par la charité » (Ga. 5, 6). Les oeuvres d’amour envers le prochhain sont la manifestation extérieure la plus parfaite de la grâce intérieure de l’Esprit: ‘L’élément principal de la loi nouvelle, c’est la grâce de l’Esprit Saint, grâce qui s’exprime dans la foi agissant par la charité ». (S. Th. I-II, q. 108, a. 1) Par là il affirme que, quant à l’agir extérieur, la miséricorde est la plus grande de toutes les vertus :  »En elle-même la miséricorde est la plus grande des vertus, car il lui appartient de donner aux autres, et, qui plus est, de soulager leur indigence ; ce qui est éminemment le fait d’un être supérieur. Ainsi se montrer miséricordieux est-il regardé comme le propre de Dieu, et c’est par là surtout que se manifeste sa toute-puissance »;;, (S. Th. II-II, q. 30, a. 4.; cf. ibid. q. 40, a.4, ad 1.)

Au n° 42, le pape insiste sur le fait que la prédication doit avant tout toucher les coeurs : « C’est pourquoi il faut rappeler que tout enseignement de la doctrine doit se situer dans l’attitude évangélisatrice qui éveille; l’adhésion du coeur avet la proximité, l’amour et le témoignage ».

Du n° 52 au n° 76, il traite des aspects économiques et met en évidence des points intéressants. Le capitalisme effréné qui n’est que « le résultat d’une réaction humaine devant la sodété de consommation,matérialiste, individualiste » (n° 63) est cloué au pilori. « L’individualisme post-moderne et mondialisé favorise un style de vie qui affaiblit le développement et la stabilité des liens entre les personnes, et qui dénature les liens familiaux ».(n°67). Et le pape de conclure au n° 69 qu’il est impératif « d’évangéliser les cultures pour inculturer l’Evangile », c’est-à-dire que l’Evangile doit être enraciné dans la société et dans la vie des peuples. Mais pourquoi ne parle-t-il pas ici, comme ses prédécesseurs l’avaient fait avant le concile Vatican II, de l’Etat catholique et de la société chrétienne, qui étaient présentés comme des fruits de la foi catholique, et aussi, par une conséquence logique, comme une protection pour cette foi? Peut-être aurait-on pu espérer qu’avec ces doléances légitimes sur l’économie actuelle, on se référât à Quadragesimo anno du pape Pie XI, pour montrer les principes conduisant à des; conditions économiques justes ?

Le n° 66 aborde le thème de la famille, mais il omet de rappeler que le mariage est l’union indissoluble d’un homme et d’une femme, à l’heure où la mode actuelle des unions libres et la revendication de la communion pour les divorcés-remariés l’auraient exigé. En outre, on aurait pu s’attendre à ce qu’une attention plus grande soit portée à la famille chrétienne dans le document papal, puisque c’est par elle que la première transmission de l’Evangile se fait, de génération en génération.

Dans les n° 78 et 79, le pape décrit lucidement la vie spirituelle des années postconciliaires :« Aujourd’hui, on peut rencontrer chez beaucoup d’agents pastoraux, y compris des personnes consacrées, une préoccupation exagérée pour les espaces personnels d’autonomie et de détente, qui les conduit à vivre leurs tâches comme un simple appendice de la vie, comme si elles ne faisaient pas partie de leur identité. (. .. ) Ainsi, on peut trouver chez beaucoup d’agents de l’évangélisation, bien qu’ils prient, une accentuation de l’individualisme, une crise d’identité et une baisse de ferveur. Ce sont trois maux qui se nourrissent l’un l’autre. La culture médiatique et quelques milieux intelleduels transmettent parfois une défiance marquée par rapport au message de l’Eglise, et un certain désenchantement. Comme conséquence, beaucoup d’agents pastoraux, même s’ils prient, développent une sorte de complexe d’infériorité, qui les conduit à relativiser ou à occulter leur identité chrétienne et leurs convictions ;;, Comme les serviteurs de l’Eglise devraient prendre les armes de l’Esprit et croire à l’efficacité et la fécondité de tous les moyens que le Christ a mis dans les mains de son Eglise: la prière, la prédication intégrale de la foi, l’administration des sacrements, la célébration du saint Sacrifice de la Messe, l’adoration du Saint-Sacrement de l’autel ! Au lieu de cela, ils succombent au « sens de l »échec, qui … (les) transforme en pessimistes mécontents et déçus au visage assombri. Personne ne peut engager une bataille si auparavant il n’espère pas pleinement la victoire. Celui qui commence sans confiance a perdu d’avance la moitié de la bataille et enfouit ses talents. Meme si c’est avec une douloureuse prise de conscience de ses propres limites, il faut avancer sans se tenir pour battu, et se rappeler ce qu’a dit le Seigneur à saint Paul:  »Ma grâce te suffit: car la puissance se déploie dans la faiblesse » (2 Co.12, 9). Le triomphe chrétien est toujours une croix, mais une oroix qui en même temps est un étendard de victoire, qu’on porte avec une tendresse combative contre les assauts du mal ».(n°85)

Le n° 104 revêt une importance particulière puisqu’il réaffirme que le sacerdoce, comme signe du Christ-Epoux, est réservé aux hommes : « Le sacerdoce réservé aux hommes, comme signe du Christ Epoux qui se livre dans I’Eucharistie, est une question qui ne se discute pas ».

Au n° 112, la gratuité de la grâce et de l’oeuvre de la Rédemption est mise en évidence: « Le salut que Dieu nous offre est oeuvre de sa miséricorde. Il n y a pas d’action humaine, aussi bonne soit-elle, qui nous fasse mériter un si grand don. Dieu, par pure grâce, nous attire pour nous unir à lui ». Au point suivant, on nrappelle de manière tout à fait juste que le salut n’est pas une affaire individuelle: «Personne ne se
sauve tout seul, c’est-à-dire, ni comme individu isolé ni par ses propres forces ». (n°113) L’homme se sauve donc dans l’Eglise et par l’Eglise, ou il ne se sauve pas.

Au n° 134, l’importance des universités et des écoles catholiques pour la prédication de la foi et de l’Evangile est soulignée. On peut toutefois regretter le peu de lignes consacrées à ces oeuvres.

Le n° 214 s’oppose au meurtre de l’enfant à naître, vivant encore dans le sein de sa mère. Malheureusement le pape ne se réfère aucunement à l’injustice commise contre Dieu, et ainsi, donc ni à l’ordre naturel ni aux commandements, mais seulement à la valeur de la personne humaine.

Dans le n° 235, sont énumérés des principes sains pour lutter contre l’individualisme: «Le tout est plus que la partie, et plus aussi que la simple somme de celles-ci ». Tout le paragraphe est mis sous le titre: «Le tout est supérieur à la partie ». Développer le thème du bien commun aurait certainement pu faire beaucoup de bien à cet endroit.

Malheureusement, cela manque. L’enthousiasme missionnaire et l’activité apostolique sont superbement décrits au n° 267: «Unis
à Jésus, cherchons ce qu’il cherche, aimons ce qu’il aime. Au final, .c’est la gloire du Père que nous cherchons, nous vivons et agissons « à la louange de sa grâce » (Eph. 1, 6). Si nous voulons nous donner à fond et avec constance, nous devons aller bien au-delà de toute autre motivation. C’est le motif définitif, le plus profond, le plus grand, la raison et le sens ultime de tout le reste. C’est la gloire du Père que Jésus a cerchée durant toute son existence.

II.

Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu, nous dit le principe classique de morale. Le bien provient d’une intégrité, mais en revanche si une partie essentielle d’une chose est mauvaise, l’ensemble est mauvais. Les belles parties du document papal, qui nous ont réjouis, ne peuvent nous empêcher de constater la ferme volonté de réaliser le concile Vatican II, non seulement selon la lettre, mais aussi selon l’esprit. La trilogie Liberté religieuse Collégialité oecuménisme, qui, selon les paroles de Mgr Lefebvre, correspond à la devise de la Révolution française : Liberté Egalité Fraternité, est développée de manière systématique.

1. Tout d’abord, aux n° 94 et 95, les fidèles attachés à la Tradition sont réprimandés et même accusés de néo-pélagianisme : « C’est une présumée sécurité doctrinale ou disciplinaire qui donne lieu à un élitisme narcissique et autoritaire, où, au lieu d’évangéliser, on analyse et clessifie les autres, et, au lieu de faciliter l »aacès à la grâce, les énergies s’usent dans le contrrôle … Ni Jésus-Christ ni les autres n’intéressent vraiment … Dans certaines d’entre elles, on note un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Eglise, mais sans que la réelle insertion de l’Evangile dans le peuple de Dieu et dans les besoins comrets de l’histoire ne les préoccupe ». Comment le pape peut-il croire cela ? N’est-ce pas justement le dynamisme des fidèles catholiques enracinés dans la foi qui démontre le contraire ? Pour ne pas parler de notre Fraternité, n’y a-t-il pas les Franciscains de l’Immaculée, une jeune congrégation missionnaire florissante, qui maintenant se trouve gravement mutilée, sinon détruite par l’intervention brutale du Vatican ? Le document ajoute par la suite : «De cette façon, la vie de l’Eglise se transforme en une pièce de musée ou devient la propriété d’un petit nombre ».

Comme nous l’avons déjà évoqué plus haut, les écoles catholiques, instruments importants de rechristianisation, bénéficient d’une simple mention, en une seule phrase. Ces établissements sont précisément pour nous un moyen de transmettre l’Evangile. Dans notre Fraternité, nous avons la joie de voir chaque année de nouvelles écoles ouvrir leurs portes.

2. Le sens de la réalité fait véritablement défaut dans ce document ; ce qui donne l’illusion que la vérité vaincra par elle-même l’erreur. Cette perspective s’appuie sur la parabole du bon grain et de l’ivraie dans le n° 225: « Il montre comment l’ennemi peut occuper l’espace du Rqoaume et endommager avec l’ivraie, mais il est vaincu par la bonté du grain qui se manifeste en son temps ». Une telle interprétation est un contresens sur la parabole et une falsification de l’Evangile.

Le manque de réalisme est visible aussi au n° 44, où les prêtres sont exhortés à ne pas faire du confessionnal « une salle de torture « . Même si au cours de l’histoire de l’Eglise, de tels excès ont effectivement existé ici ou là, où est-ce encore le cas aujourd’hui ? N’aurait-il pas été mieux d’ajouter un chapitre sur la confession, sous ses aspects de libération du péché, de délivrance de la culpabilité et de réconciliation avec Dieu, comme point culminant de la nouvelle évangélisation et du renouveau intérieur des âmes ?

Cette naïveté, qui est plus encore une contestation du péché originel, ou au moins de ses conséquences dans les âmes et la société, se manifeste aussi au n° 84 où est cité le discours d’ouverture du concile Vatican II, discours empli d’illusions du pape Jean XXIII: « Il nous semble nécessaire de dire notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur qui annoncent tooujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin … Dans la situation actuelle de la sodété, ils ne voient que ruine et calamité » . Malheureusement les années postconciliaires ont donné raison aux « prophètes de malheur ».

3. Extrêmement étrange est l’observation faite au n° 129, à savoir qu’il ne faut pas croire que  » l’annonoe évangélique doit se transmettre toujours par des formules déterminées et figées, ou avec des paroles précises qui expriment un contenu absolument invariable « , Cela nous rappelle inévitablement la doctrine de l’évolution des dogmes, telle que les modernistes la défendent et telle qu’elle a été expressément condamnée par le pape saint Pie X, dans le serment antimoderniste.

Cette attitude évolutionniste se montre aussi au sujet de l’Eglise et de ses structures. La première partie du chapitre 1 du document porte comme titre La transformation missionnaire de l’Eglise. Et le concile Vatican II est présenté comme le garant de l’ouverture de l’Eglise à une réforme permanente, parce qu’ « il y a des strudures eccésiales qui peuvent arriver à entraver un dynamisme évangélisateur ». (26)

4. Le n° 255 parle de la liberté religieuse comme un droit fondamental de l’homme. Le pape cite ici Benoît XVI, son prédécesseur sur la Chaire de Pierre avec ces paroles : « Elle (la liberté religieuse) comprend « la liberté de choisir la religion que l’on estime vraie et de manifester publiquement sa propre croyance. »» Une telle déclaration est directement opposée à la 15e proposition du Syllabus du pape Pie IX, où est condamnée cette affirmation : « Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura été amené à regarder comme vraie par les seules lumières de la raison « . La suite de ce n° 255 contredit la doctrine des papes depuis la Révolution française jusqu’à Pie XII inclus. Le pape y parle d’un« sain pluralisme». Un tel pluralisme est-il compatible avec la connaissance que le Verbe, deuxième Personne du seul vrai Dieu trinitaire, est venu dans le monde pour le racheter, qu’Il est la source de toutes les grâces, et qu’en Lui seul se trouve le salut?

Le document condamne aussi le prosélytisme. Ce terme est devenu ambigu, de nos jours. Si on le ,comprend comme recrutement pour la vraie religion avec des moyens impropres, il est certainement à rejeter. Mais pour la plupart de nos contemporains, non seulement toute activité missionnaire, mais aussi n’importe quelle sorte de recrutement ou d’argumentaire en faveur de la vraie religion est considérée comme étant déjà du prosélytisme.

5. Le concept de collégialité développé par le pape sera encore beaucoup plus funeste pour l’avenir de l’Eglise. En fait, il faudrait lire le n° 32 au complet: « Du moment que je suis appelé à vivre ce que je demande aux autres, je dois aussi penser à une conversion (« nouvelle orientation », dans la version allemande de l’exhortation. NdT) de la papauté)). Le souverain pontife cite alors l’encyclique Ut unum sint, du pape Jean-Paul II, où celui-ci demande de l’aide pour trouver « une forme d’exercice de la primauté ouverte à une situation nouvelle mais sans renoncement aucun à l’essentiel de sa mission ». Et le pape François de conclure:« Nous avons peu avancé en ce sens;;. Est-il donc décidé à faire des progrès aussi sur ce point ? Mais quelle est sa vision ? Il le dit clairement: « Mais ce souhait ne s’est pas pleinement réalisé, parce que n’a pas encore été suffisamment exploité un statut des conférences épiscopales, qui les conçoive comme sujet d’attributions concrètes, y compris une certaine autorité doctrinale authentique ». Selon ,notre modeste opinion, une conférence épiscopale ne peut jamais être le sujet d’une autorité doctrinale authentique puisqu’elle n’est pas d’institution divine, mais seulement une institution, ;pleinement humaine, de type organisationnel. La papauté en soi est d’institution divine, de même: chaque évêque par lui-même, ainsi que tous les évêques dispersés dans le monde en union avec Pierre, mais pas la conférence épiscopale. Si l’on continue sur ce chemin fatal, l’Eglise va très rapidement se désagréger en Eglises nationales.

Nous lisons au n ° 16 : « Je ne crois pas non plus qu’on doive attendre du magistère papal une parole définitive ou complète sur toutes les questions qui concernent l’Eglise et le monde ». Naturellement nous ne pouvons pas attendre que l’Eglise prenne position sur toutes les questions, mais les papes du passé ont toujours donné les principes d’action pour la conduite tant des individus que de la société, et c’est ce que nous devrions espérer aussi aujourd’hui de l’enseignement papal. Le Christ a institué Pierre afin qu’il paisse le troupeau.

6. Nous en arrivons finalement à l’oecuménisme, au dialogue oecuménique et interreligieux. Le n° 246 parle de la hiérarchie des vérités. Ce terme ambigu a été déjà utilisé par le concile Vatican II dans son décret sur l’oecuménisme Unitatis redintegratio, au n° 11. Par la suite, on a tenté de mettre de côté la vérité catholique et de dissimuler ce qui pourrait être une pierre d’achoppement pour nos« frères séparés». En 1982, la Congrégation de la Foi est intervenue et a déclaré que le terme de hiérarchie des vérités ne veut pas dire qu’une vérité est moins importante qu’une autre, mais qu’il existe des vérités desquelles découlent d’autres vérités partielles. Nous ne pouvons qu’être reconnaissants de cette clarification. La foi catholique, vertu théologale, réclame l’acceptation de la Révélation intégrale, en raison de Dieu qui se révèle. Cette clarification donne, en outre, un exemple de la manière avec laquelle on pourrait rectifier les ambiguïtés des textes du concile
Vatican II, à l’exception des points franchement erronés. La fin de ce même n° 246, nous invite, nous catholiques, à apprendre des orthodoxes la signification de la collégialité épiscopale et de l’expérience de la synodalité.

Nous lisons au n° 247 que l’alliance du peuple juif avec Dieu n’a jamais été supprimée. Cette alliance n’était-elle pas instituée par Dieu afin de préparer son Incarnation salvifique en la personne de Jésus-Christ? N’était-elle pas une ombre et un modèle qui devaient faire place à la réalité: umbram fugat veritas? N’est-ce pas la nouvelle et éternelle Alliance conclue dans le saint Sacrifice du Christ sur le Calvaire, qui a remplacé l’ancienne ? Le voile du temple ne s’est-il pas fendu de haut en bas au moment du sacrifice du Golgotha ? Si, selon la déclaration de saint Paul, au chapitre XI de l’épître aux Romains, une grande partie ou même la totalité des Juifs se convertiront à la fm des temps, ce n’est que par la reconnaissance du Christ, seul sauveur de tous et de chacun des individus, et par l’intégration dans l’Eglise qui se compose de païens et de Juifs convertis. Il n’y a pas de chemin de salut séparé pour les Juifs, en dehors du Christ. Par ailleurs, l’Eglise a déjà depuis longtemps assimilé les valeurs du judaïsme de l’Ancien Testament. Pensons spécialement à la prière des psaumes et aux livres de l’Ancien Testament. Nous ne pouvons plus parler d’une <<riche complémentarité;; avec le judaïsme contemporain.

Les n° 250 à 253 sont consacrés à l’Islam et on y lit que le dialogue interreligieux « est une condition nécessaire pour la paix dans le monde ». Le n° 252, dans la ligne du n° 16 de Lumen Gentiumdu concile Vatican II, prétend que les musulmans «professent avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique ». Mais les musulmans ne rejettent-ils pas expressément le mystère de la Sainte Trinité, et ne nous reprochent-ils pas pour cela d’être polythéistes ? Le pape dit en plus qu’ils ont une profonde vénération pour Jésus-Christ et Marie, utilisant les paroles de Nostra aetate(n° 3). Mais vénèrent-ils vraiment le Christ comme le Fils de Dieu, égal à lui dans son essence? Cela semble presque être un détail sans importance (dans le document romain. NdT).

Au point suivant, le pape arrive à des conclusions concrètes : «Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affetion et respect les immigrés de l’slam qui arrivent dans nos pays, de la même manière que nous espérons et nous demandons d’être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique ». Ce numéro se termine par la fausse affirmation scandaleuse : « Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence »;. Le Saint-Père n’a-t-il jamais lu le Coran?

Au n° 254, on aborde le sujet des non-chrétiens en général, et le fait que leurs signes et rites « peuvent être la voie que l’Esprit lui-même suscite pour libérer les non-chrétiens de l’immanentisme athée ou d’expériences religieuses purement individuelles ». Cela ne veut-il pas dire que l’Esprit-Saint oeuvre dans toutes les religions non-chrétiennes et qu’elles sont toutes des chemins de salut? La foi de l’Islam en un seul Dieu est certainement – si on parle de manière abstraite – supérieure au polythéisme des païens. Cependant pédagogiquement et psychologiquement, il est beaucoup plus facile de convertir un païen que de convertir un musulman, car celui-ci est intégré dans un système
socioreligieux : sortir de ce système met en danger sa vie. Mais les religions non-chrétiennes ne sont nullement des chemins neutres de vénération de Dieu, car elles sont trop souvent mêlées à des éléments démoniaques qui empêchent l’homme de parvenir à la grâce du Christ, de se faire baptiser et ainsi de sauver son âme.

Rien n’a causé plus de dommage à la protection et à la transmission de la foi dans les cinquante dernières années que cet oecuménisme débordant qui n’est rien d’autre que « la dictature du relativisme » religieux (cardinal Ratzinger). Ce mal a fait disparaître la définition de l’Eglise comme Corps mystique du Christ, seule épouse de l’Agneau sacrifié et unique chemin de salut. C’est justement cet oecuménisme qui a transformé l’Eglise missionnaire en une communauté « dialoguisante »oecuménique parmi d’autres communautés religieuses.

Appeler dans le cadre de cet oecuménisme l’Eglise à la joie de l’Evangile et vouloir la transformer en une Eglise missionnaire, n’est pas peu tragico-comique. Comment peut-elle penser et agir de manière missionnaire, quand elle ne croit pas à sa propre identité et à sa mission ?

Conclusion

Quoique l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium puisse contenir des aspects justes, comme dans la semence dispersée, elle n’est dans l’ensemble rien d’autre qu’un développement consécutif au concile Vatican II, dans ses conclusions les plus inacceptables. Nous ne voyons pas en ce dernier « des voies pour la marche de l’Eglise pour les prochaines années » (n°1), mais plutôt un autre pas funeste pour le déclin de l’Eglise, la décomposition de sa doctrine, la dissolution de ses structures, et même pour l’extinction de son esprit missionnaire qui est pourtant évoqué à maintes reprises (dans l’exhortation). Ainsi Evangelii gaudium devient Dolor fidelium, un chagrin et une douleur pour les fidèles.

Les catholiques attachés à la Tradition de l’Eglise se doivent de suivre la devise du pontificat de saint Pie X: Instaurare omnia in Christo, tout renouveler dans le Christ. C’est ce que nous voyons comme le seul chemin, la seule voie « pour la marche de l’Eglise pour les prochaines années » (n°1). Aussi réfugions-nous par le chapelet quotidien auprès de Celle qui a vaincu toutes les hérésies dans le monde.

Abbé Franz Schmidberger

Directeur du Séminaire Herz Jesu de Zaitzkofen (Allemagne)


Le sans culotte Volpi poursuit son oeuvre de destruction des Franciscains de l’Immaculée

Situation très bien résumée par le salon beige qui montre la méchanceté de la folie progressiste. De quoi nous dissuader un peu plus de nous mettre sous la domination de ce genre de fou furieux… 

Le Père Fidenzio Volpi, Commissaire des Franciscains de l’Immaculée, crée des remous au sein de cet ordre florissant.

Après le décret le nommant Commissaire, le 11 juillet dernier,

  • le Père Volpi a interdit la célébration de la Messe et de la Liturgie des Heures selon la forme extraordinaire du Rite romain, pourtant prévue par le Motu proprio Summorum pontificum.
  • Il a déposé l’ensemble du gouvernement général de l’ordre, à commencer par le fondateur, le Père Stefano Maria Manelli, qui se trouve assigné à résidence sans en connaître les raisons.
  • Il a destitué et transféré l’un après l’autre les plus fidèles collaborateurs du Père Manelli, toutes personnalités de haut niveau intellectuel et moral, attribuant leurs charges à des religieux  dépourvus d’expérience de gouvernement.
  • Il a puni les religieux qui avaient adressé une pétition au Saint-Siège et refusaient de la retirer
  • Enfin, le 8 décembre 2013, il a fermé le Séminaire, suspendu les ordinations sacerdotales et diaconales et frappé d’interdit les publications de la maison d’édition Casa Mariana, interdisant de les diffuser dans les églises et sanctuaires confiés aux religieux.
  • Il a suspendu toutes les activités des tertiaires et laïcs qui soutiennent l’Institut : MIM (Mission Immaculée Médiatrice) et TOFI (Tiers Ordre franciscain de l’Immaculée).
  • Il a également menacé de faire nommer un Commissaire pour l’Institut des religieuses franciscaines de l’Immaculée et leur a retiré, ainsi qu’aux Clarisses de l’Immaculée, l’assistance spirituelle des religieux.
  • Il prétend imposer à tous les religieux un “serment” de fidélité au Novus Ordo Missae et au Concile Vatican II.

Le Père Volpi accuse ceux qui le critiquent d’être contre le Pape… Ces mesures exceptionnelles, qui ne semblent pas être justifiées par des actes, semblent du jamais vu dans l’histoire de l’Eglise (il y a bien eu l’interdition des Jésuites au XVIIIe, interdiction qui aura duré 40 ans). Ce drame est abondamment commenté par les chrétiens en Italie, dans les paroisses, mais y compris au sein de la Curie, car la sévérité des mesures prises demeure incompréhensible. Le vaticaniste Marco Tosatti a demandé :

« Qu’auront donc fait ses pauvres religieux ? Spéculation, abus de mineurs, vie immorale ? Rien de tout cela ».


Nouvelle attaque contre les Franciscains de l’Immaculée soupçonnés d’être « crypto-lefebvristes »

Source : La Porte Latine

Rome. Le visiteur apostolique, le père capucin Fidenzio Volpi OFM Cap, de la Congrégation des Religieux, détenteur selon le vœu du pape François,de l’autorité au sein de la Congrégation avec les pleins pouvoir à la tête de l’ordre des Franciscains de l’Immaculée, a donné pour la première fois la vraie raison de l’intervention radicale intervenue dans la vie de l’ordre.

Le vaticaniste progressiste Mario Tosatti a publié il y a quelques jours dans le journal La Stampa une lettre provenant d’un membre du Tiers-Ordre des Franciscains de l’Immaculée, dans laquelle l’approche radicale du Visiteur était critiquée. Les interventions ont touché non seulement la branche religieuse masculine, mais également le Tiers-Ordre qui a été complètement paralysé par le Père Volpi.

Le Visiteur a confirmé pour la première fois ce que les observateurs imaginaient dès le départ

Le visiteur apostolique a répondu par une lettre à la publication de Tosatti. Il y explique pour la première fois la vraie raison des actions du Vatican contre l’ordre et contre ses fondateurs. Les Franciscains de l’Immaculée Conception sont accusés d’avoir « sombré » dans une dérive « crypto-lefebvristes, de toute façon traditionaliste ». Même Tosatti relève dans la longue lettre que, au-delà de quelques problèmes mineurs, le « vrai problème » est là.

Le Visiteur a ainsi confirmé ce qui était déjà clair aux yeux des observateurs lors de l’interdiction du rite traditionnel et du décret prononcé par la Congrégation des Religieux. Les mesures sévères sont portés contre la redécouverte du rite traditionnel et contre la défense de la Tradition de l’Église. Le Père Visiteur Volpi n’établit aucune distinction entre « Lefebvristes » et « Traditionalistes » et pas davantage entre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, non reconnue canoniquement, et les communautés reconnues Ecclesia Dei. De toute évidence, un attachement à la Tradition est un « problème » aux yeux du Visiteur. Un tel objectif non seulement déplaît au capucin, mais doit même être combattu. Il paraît certain que c’est cette aversion qui l’a qualifié pour devenir le visiteur apostolique.

Les « prédictions » du Professeur de Mattei sont avérées

Déjà, au mois d’août, le célèbre historien Roberto de Mattei écrivait :

« Au cours des prochains jours et des prochaines semaines, nous connaîtrons mieux le plan du commissaire, le Père Fidenzio Volpi, dont il est cependant déjà possible de pressentir les grandes lignes : isoler le fondateur, le Père Manelli ; décapiter le conseil qui lui est fidèle ; transférer en périphérie les religieux “traditionnels” et attribuer le gouvernement central de l’Institut aux dissidents ; confier les maisons de formation à des Pères non suspects de sympathies “traditionalistes” ; stériliser les publications des Franciscains abordant des thèmes “controversés”, en particulier éviter le “maximalisme” mariologique, l’excessive “rigidité” dans le domaine moral et surtout toute critique, même respectueuse, à l’égard du concile Vatican II ; ouvrir l’Institut au “dialogue œcuménique” avec les autres religions ; limiter la célébration du Vetus Ordo à des situations exceptionnelles ; dénaturer en somme l’identité des Franciscains de l’Immaculée, qui est quelque chose de bien pire que de les supprimer. »

La réponse publique du Père Mario Volpi à Tosatti a confirmé noir sur blanc les craintes immédiatement exprimées par de Mattei et par d’autres. Cela révèle également que la Congrégation a changé sous le cardinal préfet Joao Braz de Aviz et apparemment sous le pape François, afin de briser cet ordre renaissant d’hommes pieux, un ordre qui, il y a quelques mois, était proche du pape Benoît XVI.

[…]

Le visiteur Volpi veut également mettre la main sur les Sœurs Franciscaines de l’Immaculée Conception.

Le visiteur aimerait s’occuper également de la branche féminine, celle des Sœurs franciscaines de l’Immaculée Conception, même si le décret n’aborde pas ce sujet. Le Père Volpi accuse les Sœurs franciscaines de l’Immaculée d’être traditionnelles et même d’être plus indisciplinées que la branche masculine.

Pour parvenir à cette conclusion, le visiteur apostolique s’est fondé sur le fait que les couvents féminins ont immédiatement exprimé le désir de garder l’ancien rite.

La branche féminine de l’ordre a insisté sur son indépendance depuis l’annonce du décret s’abattant contre la branche masculine.

En octobre dernier, le Père Volpi a même accusé la CDF, et même le cardinal préfet Braz de Aviz, ne pas assez insister contre les Sœurs franciscaines de l’Immaculée en raison de la non-extension de sa mission.

Sources : The Eponymous Flower/Tradinews/LPL


Abbé Régis de Cacqueray : saint Paul face à saint Pierre ou tel Mgr Lefebvre devant Paul VI

Source : La Porte Latine

Voilà déjà 25 années qui se sont écoulées depuis les consécrations épiscopales du 30 juin 1988 ! Ce quart de siècle nous donne un premier recul pour mieux apprécier le bien-fondé de la décision que prit alors le fondateur de la Fraternité Saint-Pie X, Mgr Marcel Lefebvre.

Force est de constater que les catholiques du monde entier, au cours de cette assez longue période, n’ont vu émerger aucune autre figure marquante de grand évêque catholique. L’affaiblissement et le dévoiement de la doctrine ont clairement provoqué celui des caractères et des personnalités. Hormis Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, quel autre évêque de ces dernières décades restera de cette période de l’histoire de l’Église ?

S’il ne faut pas oublier de saluer, en 1995, le courageux retour à la Tradition de Mgr Salvador Lazo, cet évêque philippin à la retraite reste désespérément l’unique exception de ce quart de siècle. Pourtant, les décombres universels montraient partout, à l’évidence, les fruits empoisonnés de l’aggiornamento…

Certes, aujourd’hui comme il y a 25 ans, on parle facilement d’évêques ou de cardinaux « conservateurs ». Mais, que signifie exactement ce terme ? Il veut traduire, en général, une certaine fermeté dans le domaine moral, une opposition aux excès que suscite la messe de Paul VI, voire une sensibilité en faveur de la messe de saint Pie V. Mais il ne désigne jamais une opposition réelle et publique aux innovations du Concile. Peut-on citer le nom d’un seul prélat étiqueté comme « conservateur » à avoir publiquement protesté contre ces innombrables scandales oecuméniques ou interreligieux qui ne cessent de se produire à Rome ?

Il est vrai que certains s’en sont émus en leur for intérieur et ont émis quelques réserves discrètes autour d’eux. L’un ou l’autre a écrit au pape une lettre privée pour faire part de ses doléances et s’est même risqué à préfacer un livre pour critiquer une déviance sans doute favorisée par le concile. Mais aucun, en 25 ans, ne s’est réellement levé, tel saint Paul face à saint Pierre ou tel Mgr Lefebvre devant Paul VI. Or, c’est pourtant cette incroyable promotion de l’égalitarisme des religions qui porte la principale responsabilité de la perte de la foi et de l’affaiblissement du catholicisme.

S’il n’y avait donc eu la Fraternité Saint-Pie X et ses évêques consacrés par Mgr Lefebvre pour contester publiquement les discours et les actes des papes conciliaires qui se sont succédé sur le trône de Pierre depuis 25 ans – discours et actes véritablement ruineux pour les âmes –, la confession de la foi catholique, dont le pendant nécessaire est la dénonciation des erreurs opposées à la foi, n’aurait plus été assurée. Le relativisme religieux convoyé par le Concile aurait partout triomphé sans qu’aucune voix discordante ne se fasse entendre, à l’exception de celle de quelques prêtres qui auraient eux-mêmes été condamnés à bientôt disparaître, sans aucun espoir de relève.

Ce sont donc les consécrations épiscopales de 1988 et elles seules qui ont permis non seulement la survie de la foi dans les bastions traditionnels mais aussi et surtout le maintien de la protestation énergique contre le dialogue et la fraternisation de toutes les religions appelées à façonner une union factice en faveur de la paix dans le monde sous la présidence de la Rome conciliaire.

Nous allons maintenant entrer dans le deuxième quart de siècle qui suivra les consécrations épiscopales de 1988. Bien sûr, nous espérons de tout notre coeur que le retour des évêques et des papes à la Tradition se produira au cours de cette nouvelle période et nous supplions le Ciel qu’il en soit ainsi.

Mais qui sait de quoi sera fait l’avenir ? Combien de temps durera encore cette crise ? L’affadissement du catholicisme et la crise qu’il traverse ne suffisent pas pour détourner de lui les haines qu’on lui porte. Il est possible que ce soit, dans les années à venir, cet antichristianisme, chaque année plus violent, qui sera notre providence, parce qu’il contraindra les catholiques qui ont quand même gardé la foi à abandonner les utopies conciliaires pour avoir la force d’âme de rester catholiques.

En ce qui nous concerne, nous devons demeurer fermement attachés à la foi catholique, nous efforcer de la transmettre à la génération qui nous suit et demander la grâce d’être trouvés fidèles à l’heure de notre mort. « J’ai transmis ce que j’ai reçu » ; telle est la simple parole qui se trouve inscrite sur le tombeau de notre cher fondateur.

Nous ne voulons pas faire autre chose que lui et nous en demandons humblement la grâce au bon Dieu.

Abbé Régis de Cacqueray †, Supérieur du District de France


Réponse à M. l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP

Monsieur l’abbé Ribeton, supérieur du district de France de la FSSP, a donné une interview à la Nef. Il y affirme notamment ceci :

« Mgr Marcel Lefebvre a transmis à nos fondateurs une formation solide dans un contexte de crise de l’Église qui brouillait les repères et conduisait les catholiques à une grande perplexité. Mgr Lefebvre a voulu transmettre ce qu’il avait reçu, nos fondateurs lui doivent énormément ; mais il y avait une contradiction en 1988 à vouloir défendre la Tradition de l’Église en sacrant quatre évêques contre la volonté du pape. Cela contredisait la Tradition elle-même. »

Il convient tout d’abord de rappeler quelques faits à monsieur l’abbé Ribeton : les sanctions contre Mgr Lefebvre et la FSSPX ne commencent pas en 1988, mais bien avant. Ne se souvient-il pas que la suspens a divinis date de 1976 pour avoir ordonné des prêtres contre l’accord de Rome ? Pourtant, dans l’argumentation de monsieur l’abbé Ribeton, cela va aussi contre la Tradition.

Comment se fait-t-il que de 1976 à 1988 les prêtres fondateurs de la FSSP acceptent de subir les sanctions, en allant contre la volonté du pape, et que soudainement en 1988, ils découvriraient que s’opposer au pape devient anti-traditionnel ? Certes la consécration sans mandat entraîne l’excommunication latae sententiae, n’est-ce pas plutôt la gravité de la sanction qui fit reculer à cette époque les fondateurs de la FSSP ?

Le point central d’une telle affirmation reste toujours la notion que l’on met derrière les mots et que la révolution conciliaire a elle aussi perverti. Le mot Tradition est utilisé ici un peu comme un slogan. La question est bien : est-ce que les sacres de 1988 ont contrevenu à la Tradition ?

Un petit retour en arrière aiderait à résoudre la question sans se lancer dans de grandes explications théologiques. Si Mgr Lefebvre n’avait pas procédé aux sacres épiscopaux en 1988, qui aurait ordonné les prêtres célébrant le selon le rite traditionnel ? Resterait-il encore un seul séminaire enseignant la scolastique et formant les prêtres au sacerdoce de toujours ? En somme, la Foi catholique serait-elle encore transmise ?

Mgr Lefebvre a sauvé tout cela, il a en quelque sorte sauvé la Tradition à laquelle l’abbé Ribeton tente de l’opposer, car Paul VI n’a eu de cesse comme Jean-Paul II et l’ensemble des évêques notamment français de vouloir fermer Ecône, aucun évêque avant 1988 et le motu proprio Ecclesia Dei  n’acceptaient de célébrer dans le rite traditionnel. Aujourd’hui, sans les sacres, il ne resterait que des individualités de vieux prêtres résistant ici ou là, le reste étant noyé dans le magma conciliaire avec des nuances diverses de conservatisme.

Loin de s’opposer à la Tradition, Mgr Lefebvre l’a sauvé. Et si la Fraternité Saint-Pierre peut aujourd’hui exercer son apostolat dans des formes et des aspects traditionnels qui peuvent faire un certain bien, ce n’est qu’en vertu de la protection que lui accorde de facto le honteux motu proprio Ecclesia Dei, qui signe la condamnation de Mgr Lefebvre et surtout, de la Tradition dans son aspect le plus théologique et doctrinal qui soit ! Il y a qu’on le veuille ou non un aspect inique à user des privilèges que donne la Tradition en vivant sur sa condamnation !

Sub Petro et cum Petro comme aiment bien le dire nos amis d’Ecclesia Dei. Certes. Mais Pierre n’est pas une finalité, Pierre est un outil, outil essentiel certes, mais outil quand même. Pierre a la grâce de pouvoir confirmer ses frères dans la Foi, il en a le pouvoir, il en a le devoir. La finalité c’est Dieu. Si obéir au pape veut dire abandonner ou diminuer notre Foi, alors l’obéissance vraie demande à rejeter ce qui est contraire à la Foi et donc au Salut.

Ce n’est sans doute pas pour rien que jamais on n’entend la FSSP se lever contre les ravages du concile Vatican II mais expliquer simplement que leur choix théologique et liturgique est le fruit d’une « sensibilité », c’est sans doute pour cela que l’on vit l’abbé Ribeton écrire que la messe de Paul VI, messe équivoque et néo-protestante, est bonne et sanctifiante ; c’est sans doute pour cela que l’on voit les instituts Ecclesia Dei  adopter les nouveaux « saints » conciliaires les plus controversés comme la mère Térésa et bientôt Jean-Paul II ; c’est sans doute pour cela que le silence de la FSSP se fait plus pesant face aux grands scandales d’Assise, péchés publiques gravissimes de la plus haute autorité de l’Eglise contre Dieu, et encore quand certains ne trouvent pas le moyen de le justifier, etc… Et la liste est si longue ! 

Sub Petro et cum Petro, certes monsieur l’abbé, dire le contraire c’est être schismatique, sub Petro et cum Petro comme signe sensible de l’appartenance à la communion des Saints, communion qui est le partage d’une même Foi, la Foi catholique, et non pas comme acceptation plus ou moins tacite de ce qui la détruit.

Vous souhaitez que la FSSPX saisisse la main tendue du pape ? Mais quelle main ? Celle qui fait de la notion du bien et du mal une notion subjective propre à la conscience de chacun ? Une main qui a pour volonté l’application de la révolution conciliaire la plus extrémiste, révolution contre Dieu, contre l’Eglise, qui détruit la Foi ?

La seule main qui puisse être saisie c’est celle de Dieu, celle de la Foi, car c’est par cette main seule que l’on peut se sauver. Et ce qui vous retient d’être avalé par l’ogre conciliaire et de vous voir imposer les réformes libérales et modernistes, c’est le refus de la FSSPX de collaborer avec des autorités qui usent de leur pouvoir pour détruire l’Eglise.

Priez, priez pour que jamais la FSSPX n’accepte une telle folie : il y va aussi de votre survie !

Austremoine


La justification de l’Index ou la nécessité de protéger les âmes

Suite à mon texte « Doit-on citer les papes et le nouveau magistère ? », j’ai reçu plusieurs courriers, les uns abondant dans le même sens, et d’autres s’étonnant d’une telle position et pour plusieurs motifs que l’on peut résumer ainsi :

–          C’est une position sectaire, schismatique, car quand le pape ou une autorité confirme la bonne doctrine, il n’y a aucune raison de ne pas s’en faire l’écho.

–          On doit se montrer heureux des paroles et des écrits qui sont bons et conformes à la bonne doctrine et il est donc normal de s’en réjouir et de les souligner.

En préambule à toute réponse, il convient comme toujours de rappeler le but de l’existence, à savoir sauver son âme. Chaque acte, chaque œuvre, chaque pensée devrait être ordonnée à cette fin. Tout doit donc être fait dans cette optique pour éclairer les âmes et les écarter de tout ce qui pourrait les induire en erreur et compromettre ainsi leur Salut.

C’est dans ce but que l’Eglise catholique avait établit ce qu’on appelle l’Index, à savoir la recension des ouvrages interdits à la lecture des catholiques sous peine de faute grave, ces livres étant considérés comme dangereux et nuisibles au bien spirituel, et donc comme mettant en danger directement ou indirectement le salut des âmes.

Pourtant quand une œuvre était mis à l’Index, cela ne signifiait pas que tout y était nuisible, mais que le poison diffus ou distillé ici ou là, représentait un danger certain dont il fallait mieux prévenir les baptisés. Certes, comme dans toute œuvre humaine, il y eut par cet Index des abus bien dommageables, mais le principe était bon, ce n’est d’ailleurs que le 7 décembre 1965, à l’aune de la révolution conciliaire que l’Index fut supprimé, suppression ben symptomatique au moment où les hommes d’Eglise voulurent marier l’Institution avec l’esprit mauvais du monde.

C’est toujours dans cet esprit que dans les séminaires de la FSSPX les ouvrages mauvais sont circonscrits dans une partie de la bibliothèque interdite sans permission qui s’appelle « l’enfer », terme bien évocateur. C’est dans cette partie que se trouve notamment l’ensemble des œuvres des papes conciliaires, y compris les encycliques…et ce n’est pas pour rien.

Car dans la crise de l’Eglise que nous traversons, marquée par un modernisme effréné, le vrai et le faux se mélangent sans cesse, ce qui rend l’erreur plus difficile à déceler. C’est toute la nuisance du concile Vatican II, qui par ses aspects traditionnels a su répandre les pires erreurs.

Ce nouveau « magistère » postconciliaire n’échappe pas à ce vice dénoncé dans Pascendi par St Pie X :

« Et comme une tactique des modernistes (ainsi les appelle-t-on communément et avec beaucoup de raison), tactique en vérité fort insidieuse, est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes »

C’est pourquoi on trouvera dans le « magistère » postconciliaire beaucoup d’éléments pour nous réjouir, car on y trouvera des rappels fort à propos de la bonne doctrine, et pourtant, dans le même texte et peut-être sur la même page, on y trouvera l’erreur contraire, et bien d’autres encore.

A la première objection, on pourra donc répondre que dans le même texte qui confirme la bonne doctrine, on y trouve d’autres éléments qui la combattent, et c’est une question d’honnêteté de ne pas piocher ce qu’on a envie d’y trouver et d’ignorer de façon bien hypocrite le reste. Car si certains, bien formés, sont capables de faire la différence entre le vrai et le faux, d’autres qui ne le sont pas, avaleront le poison avec le reste de la soupe.

A la deuxième objection, la première réponse vaut aussi, on pourra ajouter qu’il ne convient pas de donner du crédit à une autorité qui mélange le vrai et le faux. Et que si naturellement on doit se réjouir des rappels opportuns d’une saine doctrine, cela ne doit pas faire oublier que dans l’esprit moderniste, le principe de non contradiction n’existe pas, et le contraire pourra être affirmé avec autant d’aplomb quelques lignes plus loin, tout étant affaire d’interprétation et de contexte chez le moderniste. Le rappel de quelques vérités ne doit donc pas nous rendre dupes.

Je maintiens donc la conclusion de mon texte précédent :

C’est pour cela qu’un minimum de prudence impose, avant d’user éventuellement de citations des papes post conciliaires ou du concile Vatican II lui-même, de prévenir le lecteur sur les éléments contradictoires, variables et dangereux de ces enseignements et de leurs auteurs.

Il n’en reste pas moins que le mieux reste de s’abstenir de telles citations et références, car les 2 000 ans de magistère de l’Eglise sont suffisamment riches pour y trouver toutes sortes de lumières et d’enseignements fiables, pour qu’on aille puiser dans des auteurs et des textes qui auraient été condamnés en d’autres temps et qui le seront un jour !

A ceux qui s’étonne que l’on puisse user de ces précautions envers les autorités actuelles de l’Eglise, voici comme Saint-Pie X dans Pascendi avait si bien vu qui étaient ces fossoyeurs de la doctrine :

« Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c’est que, les artisans d’erreurs, il n’y a pas à les chercher aujourd’hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c’est un sujet d’appréhension et d’angoisse très vives, dans le sein même et au coeur de l’Eglise, ennemis d’autant plus redoutables qu’ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d’un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d’amour de l’Eglise, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu’aux moelles d’un venin d’erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l’Eglise; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l’assaut à tout ce qu’il y a de plus sacré dans l’oeuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu’ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu’à la simple et pure humanité. »

Austremoine