Xavier Celtillos : le retour aux principes non négociables des évêques suisses

Source : Médias-Presse-Info

Serait-ce un miracle qui se déroule sous nos yeux ? Ces derniers temps les évêques suisses, et en tout premier lieu le réputé « conservateur » Mgr Charles Morerod – l’un des quatre théologiens choisis par Rome pour discuter avec la FSSPX, et soi-disant thomiste – se montrent d’une intransigeance de principe qu’on ne leur connaissait plus !

En effet, une initiative suisse « Financer l’avortement est une affaire privée », vise à faire interdire le financement de l’avortement par les organismes publics afin de ne pas contraindre l’ensemble des citoyens à payer ce meurtre. Seuls les systèmes privés supporteraient le prix du crime.

La vision de cette initiative est uniquement financière, et l’argument qu’elle porte est bien inconséquente face à ce qu’est la réalité criminelle de l’avortement. Cependant, d’un point de vue pratique, cela éviterait à l’ensemble des citoyens et donc aux catholiques de financer contraints et forcés l’avortement comme c’est le cas actuellement (comme en France). Un autre effet de l’application d’une telle initiative serait mécaniquement un découragement financier pour les femmes souhaitant avorter.

Certes, cette initiative n’est pas satisfaisante, elle n’est pas ce qui serait souhaitable dans l’absolu, elle constituerait cependant une pierre dans le jardin de la culture de mort et le premier recul de fait de l’avortement en Suisse.

Mais non, les éminences « catholiques » font la fine bouche ; cette initiative n’étant pas assez claire sur les principes sur lesquels elle s’appuie selon Mgr Morerod, elle ne prendrait pas suffisamment en compte la détresse de la mère selon Mgr Gmür. Bref ces messieurs ne trouvent pas assez de reproches à faire pour bloquer cette initiative et encourager les catholiques à y faire barrage ! Tout en se disant contre l’avortement !!!

Il y avait une occasion sérieuse de faire reculer l’avortement en Suisse, la hiérarchie qui se dit catholique ne le souhaite visiblement pas ; les catholiques se voient contraints aujourd’hui de le financer, ils continueront… grâce à ces hypocrites qui leur servent d’évêques « catholiques » ! Nous n’avons pas fini de déguster les lendemains qui chantent d’un concile Vatican II qui n’a rien laissé de cohérent sur son passage, si ce n’est la cohérence du chaos.

Xavier Celtillos


Le lien canonique : cause ou conséquence ?

« Refuser de chercher à rétablir le lien canonique avec l’Église, dans l’état où elle est aujourd’hui, telle qu’elle vit et souffre aujourd’hui, quel que soit le prétexte invoqué, c’est tout simplement refuser l’Église, ce qui n’est pas catholique. »

Voilà ni plus ni moins ce qui est affirmé dans l’un des bulletin de l’une des chapelles de la tradition. Deux réponses peuvent être apportées :

1 –  L’exemple de Mgr Lefebvre

– jusqu’en 1988, jusqu’aux sacres, Mgr Lefebvre a cherché un accord pratique, une régularisation canonique. Pour autant, il a agit d’une telle façon qu’il a perdu la régularité canonique en adoptant une attitude de refus des réformes qui menait inexorablement à cette rupture.

– après 1988, Mgr Lefebvre n’a plus voulu rechercher un accord pratique, il en a même, à partir de cette date, refusé le principe, principe qui fut tenu par la FSSPX jusqu’en 2012 comme étant « une voie de mort ». Est-ce à dire que Mgr Fellay a refusé l’Eglise quand il disait que l’impossibilité d’accepter un accord pratique relevait d’une cause de nature ? Cela veut-il dire qu’à partir de 1988 Mgr Lefebvre a refusé l’Eglise, tout comme l’ensemble de la FSSPX de 1988 à 2012 ?

Si l’auteur de ces lignes pense une telle chose, se maintenir dans la FSSPX constitue pour lui une acceptation du schisme latent qu’il dénonce, étant donné que les instituts Ecclesia Dei Adflicta répondent parfaitement à ses objections.

2 – Une inversion des principes

Le lien canonique n’est pas une fin en soi, encore moins en temps de crise. Ce lien vient sanctionner le partage d’une même Foi. Toute la difficulté de la crise actuelle, crise sans commune mesure avec toutes les précédentes, vient du fait que c’est le pape qui déverse dans l’Eglise des doctrines erronées, et que de fait, ces papes, loin de confirmer leurs frères dans la Foi, les en détournent.

Devant un tel mystère, il convient d’établir la hiérarchie des choses, car dans le cas présent, il y a incompatibilité entre le fait de conserver la Foi exprimée à travers le Magistère constant de l’Eglise et un éventuel lien canonique qui ne sous sera accordé que si précisément nous acceptons les nouveautés conciliaires contraires à cette Foi.

Il est bien évident que la Foi est au-dessus d’un lien canonique qui n’a pas de sens ni de valeur s’il est déconnecté de cette Foi. C’est tout le drame des sacres et  c’est là que ce situe l’acte de Foi héroïque posé par Mgr Lefebvre en 1988. Ne pas le comprendre, c’est ne pas saisir le combat qui se déroule depuis 50 ans déjà.

La FSSPX n’est pas le problème, la FSSPX n’a pas d’autres problèmes que ceux qui veulent la changer et la détourner de la prudence toute surnaturelle de son fondateur. Le problème vient de Rome, la perte de la Foi vient de Rome, du Concile et des réformes qui en sont issues. Que Rome revienne à la Tradition, et la FSSPX ne sera plus un problème, que ce soit au niveau doctrinal, comme au niveau canonique.

Austremoine


Mgr Lefebvre : le nouveau magistère est un magistère anathème

Certains, même dans les rangs de la tradition, n’hésitent plus à affirmer que le concile Vatican II fait parti du magistère et que le fait de le refuser comme tel fait de nous des sédévacantistes.

De tels propos montrent la méconnaissance profonde de la pensée du fondateur de la FSSPX et même l’opposition dans laquelle ils se trouvent avec celui-ci. Mais encore une fois, le bon sens tout simplement bien catholique de Mgr Lefebvre exprime avec clarté ce qui doit être tenu concernant l’enseignement de ce concile.

Cela n’empêche pas des développements théologiques plus complexes comme ceux de l’abbé Gleize qui explicitent et appuient de façon plus pointue cette position vis-à-vis du nouveau « magistère ».

Pour autant, comme le dit Mgr Lefebvre, « La question n’est pas difficile » !

Austremoine

Mgr Lefebvre, sermon historique du 29 août 1976 :

Pour la question du Magistère : mais il n’y a personne qui est attaché à l’obéissance au Magistère du pape, des conciles et des évêques, comme nous ! Nous sommes, nous, les plus attachés de l’Eglise, je pense, je l’espère et nous voulons l’être, à l’obéissance au Magistère des papes, des conciles et des évêques ! Et c’est parce que nous sommes attachés à ce Magistère, justement, que nous ne pouvons pas accepter un Magistère qui n’est pas fidèle au Magistère de toujours !

Sinon, il n’y a plus de moyen d’en sortir, on ne sait plus à quel Magistère il faut obéir ! Alors ils disent : « Mais il n’y a pas deux Magistères, il n’y a qu’un Magistère, c’est celui d’aujourd’hui. Il ne faut pas vous référer au passé ». C’est absolument contraire à la définition même du Magistère de l’Eglise. Le Magistère de l’Eglise est essentiellement un Magistère traditionnel : il porte une Tradition, il transmet une Tradition. C’est le rôle propre de l’Eglise, de transmettre le dépôt de la foi. Le dépôt de la foi étant terminé à partir de la mort du dernier des apôtres, ils ne font que transmettre, expliquer, c’est entendu, et ça ne peut donc jamais être en opposition avec ce qui s’est dit précédemment ! C’est la parole de saint Paul disant : « Si moi-même ou un ange descendu du ciel venait vous dire quelque chose de contraire à ce qui vous a été enseigné primitivement… » – Voilà la chose essentielle, capitale : « à ce qui vous a été enseigné primitivement ». Donc saint Paul, pour la vérité de sa propre parole et de la parole d’un ange du ciel, se réfère à ce qui a été enseigné primitivement. Nous aussi nous nous référons à ce qui a été enseigné primitivement. – Or, il se trouve dans le Concile des documents, comme celui de la liberté religieuse, qui enseignent quelque chose de contraire à ce qui a été enseigné primitivement ! On n’en peut rien, ce n’est pas de notre faute, c’est comme ça, c’est un fait ! Alors qu’est-ce qu’il faut faire ?

Ils nous disent : « Vous n’acceptez pas ce Concile, vous n’acceptez pas ce Magistère… » Eh bien, oui ! Parce que ce Magistère est un magistère infidèle. Si le Magistère était fidèle à la Tradition, il n’y aurait pas de problème. Et c’est parce qu’il n’est pas fidèle au Magistère pour lequel nous avons justement une estime profonde que nous disons : ce n’est pas possible, un Magistère qui a été proclamé et défini pendant des siècles, ne peut pas se tromper. Alors nous sommes fidèles à ce Magistère et si un magistère nouveau vient dire quelque chose qui est contraire à ce qui a été enseigné primitivement, il est anathème ! C’est saint Paul qui le dit. Nous ne pouvons pas l’accepter. C’est tout. La question n’est pas difficile.

Il ne faut donc pas qu’ils nous accusent d’être contre le Magistère de l’Eglise, contre le Magistère des papes, contre le Magistère des conciles. Ce n’est pas vrai ! C’est le contraire. Nous sommes persécutés parce que nous sommes fidèles au Magistère de toujours. 

On nous dit : « Vous jugez le pape ». Mais où est le critère de la vérité? Monseigneur Benelli m’a jeté à la figure : « Ce n’est pas vous qui faites la vérité ». Bien sûr, ce n’est pas moi qui fais la vérité, mais ce n’est pas le pape non plus. La Vérité, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ et donc il faut nous reporter à ce que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné, à ce que les Pères de l’Eglise et toute l’Eglise nous ont enseigné, pour savoir où est la vérité. Ce n’est pas moi qui juge le Saint-Père, c’est la Tradition. 

Mgr Lefebvre, sermon historique du 29 août 1976


Abbé Pierre Duverger : abîmés par l’iceberg du libéralisme, du protestantisme et de la révolte !

Source : La Porte Latine

Monseigneur Lefebvre, le 11 juin 1988, envisageant un accord, décrivait les conséquences de cet esprit libéral et protestant, si nous n’étions pas bien fermes et solides dans la Foi et l’agir qu’elle implique.

« S’il y avait un arrangement (avec Rome), nous serions envahis par quantité de monde. Maintenant que vous avez la Tradition et êtes reconnus par Rome, on va venir chez vous. Il y a quantité de gens qui vont garder leur esprit moderne et libéral, mais qui viendront chez nous parce que cela leur fera plaisir d’assister de temps en temps à une cérémonie traditionnelle, d’avoir des contacts avec les traditionalistes. Et cela va être très dangereux pour nos milieux. Si nous sommes envahis par ce monde-là que va devenir la tradition ? Petit à petit, il va y avoir une espèce d’osmose qui va se produire, une espèce de consensus. Oh, après tout, la nouvelle messe, ce n’est pas si mal que ça, il ne faut pas exagérer. Tout doucement, tout doucement on va finir par ne plus voir la distinction entre le libéralisme et la Tradition. C’est très dangereux. « 

Ce danger n’est pas chimérique aujourd’hui.

Beaucoup se sont déjà habitués à des messes célébrées par des prêtres qui acceptent des accommodements dans la doctrine ou la soumission sans garantie aux autorités ecclésiastiques, le silence sur les documents conciliaires ou leur lecture authentique.D’autres, au contraire, suivent des pasteurs abandonnés à leur jugement, loin de tout lien hiérarchique qui les rattache à l’Église.

Ce n’est plus la Tradition de l’Église, ce n’est plus la Foi intégrale, librement prêchée, ce n’est plus l’exemple d’une adhésion d’intelligence et de coeur.

Pourtant, Monseigneur nous avait engagés à prendre nos distances avec prudence

« Alors quelle est notre attitude ? Il est clair que tous ceux qui nous quittent ou qui nous ont quittés pour sédévacantisme ou parce qu’ils veulent être soumis à la hiérarchie actuelle de l’Église tout en espérant garder la Tradition, nous ne pouvons plus avoir de rapports avec eux. Ce n’est pas possible. Nous disons nous, que l’on ne peut pas être soumis à l’autorité ecclésiastique et garder la Tradition. Eux affirment le contraire. C’est tromper les fidèles. Nous avons beau les estimer, il n’est bien entendu pas question de les insulter, mais nous ne voulons pas entamer de polémiques et nous préférons ne plus avoir affaire avec eux. C’est un sacrifice à faire. Mais il n’a pas commencé aujourd’hui, il dure depuis vingt ans. » (Flavigny, décembre 1988)

C’est ce que firent les Vendéens et les Chouans face aux curés jureurs. Parfois même ces jureurs étaient leurs propres curés. Ils les avaient baptisés, confessés, mariés, sanctifiés. Et à cette époque, point de changement ni dans les rites, ni dans la morale mais seulement un point de doctrine qui regardait la constitution divine de l’Église. Dans la tourmente révolutionnaire, cela pouvait sembler bien éloigné des préoccupations quotidiennes. Mais ces paysans à la Foi vive croyait en l’Église. Ils rejetèrent les jureurs, préférant se passer de sacrements, de messe, d’églises, de pasteurs ! Et le petit Jean-Marie Vianney fera sa première communion dans une grange derrière deux chars de foin !

« Tous ceux qui se séparent de nous, nous en sommes très affectés, mais on ne peut vraiment pas faire d’autre choix si nous voulons garder la Tradition. Nous devons être indemnes de compromission tant à l’égard des sédévacantistes qu’à l’égard de ceux qui veulent absolument être soumis à l’autorité ecclésiastique. Nous voulons demeurer attachés à Notre Seigneur Jésus-Christ. Or Vatican II a découronné Notre Seigneur. Nous, nous voulons rester fidèles à Notre Seigneur, roi, prince et dominateur du monde entier. Nous ne pouvons rien changer à cette ligne de conduite. » (Flavigny, décembre 1988)

De même, tous ceux qui prétendent aujourd’hui défendre la Tradition et la maintenir dans l’indépendance de nos évêques ne peuvent tenir. Cette allégeance, cette dépendance vis-à-vis de l’Évêque, c’est l’esprit de l’Église, aucun de ses membres ne peut s’en affranchir.Certes nos évêques ne jouissent à l’égard des âmes assoiffées que d’une d’une juridiction de suppléance, mais cela ne légitime pas un libre examen, une émancipation des règles d’agir dans l’Église. Il nous faut conserver l’esprit de l’Église à défaut de pouvoir jouir du recours à l’autorité compétente.

Exercer un ministère pastoral sans mandat d’aucune sorte, maintenir une vie religieuse sans inviter l’oeil de l’évêque, prétendre rompre des voeux publics ou s’affranchir des liens d’un mariage qui semble nul sans jugement de l’évêque, fonder une école catholique sans autorisation ecclésiastique préalable, donner ou recevoir la confirmation des mains d’un prêtre sans raisons extrêmes, tout cela va contre l’esprit de l’Église. La crise de l’autorité n’autorise pas à vivre dans la crise, le désordre, l’indépendance, la révolution.

« Pour ma part, je suis convaincu que la Tradition ne peut subsister sans évêque traditionnel. Les fidèles et les prêtres ont besoin d’évêques. Vouloir maintenir et faire l’expérience de la Tradition sous des évêques modernistes et libéraux, c’est une utopie et un mensonge. C’est précisément ce qui m’a fait rompre les entretiens romains : la conviction qu’on ne voulait pas me donner un évêque traditionnel, pas de représentation valable à Rome. C’en était donc fini de la Tradition après mon décès et celui de Monseigneur de Castro Mayer. Un évêque n’est pas seulement celui qui accomplit matériellement un rite, fut-il traditionnel. Un évêque enseigne et sanctifie par sa doctrine et son exemple de la fidélité à la foi de toujours. » (Ecône, 29 janvier 1989)

L’iceberg n’est pas seulement dangereux pour ceux qui y sont réfugiés mais surtout pour ceux qui veulent naviguer autour, sur de frêles barques à la dérive, n’ayant d’autre guide que leurs propres yeux. Avec ou sans accord, il s’agit surtout, pour nous, de ne pas se faire abîmer par l’iceberg du libéralisme, du protestantisme et de la révolte !

Abbé Pierre Duverger


Abbé Schmidberger : la triple occupation étrangère de l’Eglise se poursuit

Voici un extrait de la lettre aux amis et bienfaiteurs n° 36 de février 1989 signée de monsieur l’abbé Franz Schmidberger alors Supérieur général, lettre qui n’a rien perdu de son actualité.

Source : Maison Générale de la FSSPX

Cependant la triple occupation étrangère de l’Eglise se poursuit :

   a)    L’occupation du Pape lui-même : il est prisonnier de la philosophie moderne et de la théologie moderniste, caractérisées par la phénoménologie, l’existentialisme et le subjectivisme, qui remplacent par la personne humaine l’ordre objectif de l’être et des fins ; caractérisées aussi par une notion plus qu’ambiguë de la foi et une vue erronée de l’Église conçue comme moteur d’un monde en progrès, plus humain et plus libéral ; enfin par une conception naturaliste de la Rédemption :
–    « ma foi… n’avait rien à voir avec un quelconque conformisme,… elle était née dans les profondeurs de mon propre “moi”,… elle était aussi le fruit des efforts de mon esprit cherchant une réponse aux mystères de l’homme et du monde ». (“N’ayez pas peur !”, dialogue avec Jean-Paul II, par André Frossard).
–    « La voie de l’Église, c’est l’homme » (Redemptor hominis).
–    « Tous les hommes depuis le début jusqu’à la fin du monde ont été, par le Christ, par sa Croix, rachetés et justifiés » (Segno di contradizione, meditazioni, Milan, 1977).

   b)    Ces mêmes principes, expressément condamnés par les papes, les plus proches collaborateurs du Pape les partagent, l’un davantage, l’autre moins. Découvrons la conception que se fait de la foi le cardinal Ratzinger dans son livre Foi chrétienne hier et aujourd’hui (Mame, 1969, p. 12) : « Le croyant comme l’incroyant, chacun à sa manière, connaîtra le doute et la foi, s’ils ne cherchent pas à se faire illusion à eux-mêmes et à se dissimuler la vérité de leur être. Personne ne peut échapper entièrement à la foi ; chez l’un la foi sera présente contre le doute, chez l’autre grâce au doute et sous la forme du doute ».

Jetons aussi un regard sur le théologien Hans Urs von Balthasar, honoré du nom de théologien et nommé cardinal : dans un de ses traités, extraordinairement abscons, paru récemment en allemand, on remarque combien son idée de Dieu est fausse, sa conception de l’Homme-Dieu contestable, et comment sa doctrine sur l’Eglise, la Rédemption, le salut éternel contredit toute la tradition.

Cela doit-il nous étonner ? Les “Pères” d’aujourd’hui, ceux qui sont actuellement des personnalités de poids dans l’Église, ce ne sont pas saint Augustin, saint Thomas ou saint Bonaventure, mais Hegel, Heidegger, Scheler, Karl Rahner et Teilhard de Chardin. Voyez alors quelles vues toutes personnelles, philosophiques et théologiques, ces autorités présentent comme la voix de l’Eglise et comme un développement homogène de la tradition !

   c)    Cette deuxième “occupation” est coiffée par une troisième : la conjuration consciente et déterminée des forces de la gnose, de la théosophie, de l’ésotérisme, menée par les illuminés et les francs-maçons et alliée à une infiltration marxiste. Le mouvement satanique New-Age et la théologie de la libération sont leurs derniers-nés. « Dieu est vert », tel est le titre significatif de la brochure qui accompagne le calendrier New Age de Carême écologique, publié par les évêques suisses ! On y lit plus loin : « Nous tous, fils et filles de Hirwa (divinité suprême de la tribu des Warali), du Dieu vert, et de Bhomi, notre mère commune, la terre, nous formons ensemble le grand foyer de la foi »…

Mais, direz-vous, les dernières nominations d’évêques en Autriche, à Coire (Suisse) et à Cologne ne montrent-elles pas une orientation en sens contraire ? Ne sont-elles pas le signe d’une guérison progressive ? – Erreur ! Il s’agit de la normalisation de la révolution conciliaire et post-conciliaire : avec des mesures disciplinaires et des mutations de personnes, on prétend compenser le déficit doctrinal. La foi en le Kyrios, Roi des siècles, Dieu immortel et invisible (I Tim, 1,17) a été mise de côté, tout comme on a retiré le tabernacle du centre des églises ; et maintenant les évêques conservateurs ne sont plus conservateurs que de bâtiments vides… Ces nouvelles nominations s’effectuent toutes selon le même principe : on cherche des hommes pieux, portant encore l’habit sacerdotal, surtout personnellement dévoués au Pape, ne combattant à aucun prix le Concile ; sans oublier une condition indispensable, dirait-on, l’antagonisme vis-à-vis de Mgr Lefebvre et de la Fraternité. Demain ils scelleront une funeste alliance avec Dom Gérard et la Fraternité Saint-Pierre. L’un de ces hommes, le cardinal Groer, archevêque de Vienne vient de dévoiler son jeu : « Rome, dit-il, désirerait poursuivre l’orientation, jugée libérale et humaniste, de l’Eglise, et aurait intérêt à une Autriche libérale » !

Comment donc vont se développer les choses ? Nous devons nous faire à l’idée d’un combat de longue haleine, à une rude confrontation avec l’impiété moderniste et les forces destructrices de la société. D’autre part, l’apostasie interne va s’accélérer, même si des demi-mesures restauratrices retiennent l’écroulement extérieur déjà visible : à Amsterdam, 14 églises viennent d’être vendues, à Détroit 35 ont été fermées !

Il nous faut mener ce combat sur tous les fronts : foi, philosophie et théologie, doctrine sociale, renouveau intérieur des institutions fondées pour le salut dans le Sang de Jésus-Christ : mariage et famille, séminaires et monastères ; restauration aussi des structures catholiques de la société, autant qu’il est en notre pouvoir. Nous sommes au temps des labours et des semailles. Avec notre sueur, nos larmes et si Dieu veut notre sang, nous semons la semence, afin qu’une génération future récolte une riche moisson dans les greniers divins. Encore un mot : qui se dispose à lutter longtemps, peut-être toute sa vie, et persévère avec Marie sous la Croix du Christ, celui-là seul ne succombera pas aux mille séductions des fausses tentatives restauratrices.

abbé Franz Schmidberger, lettre aux amis et bienfaiteurs n° 36


Sédévacantisme et libéralisme : le même problème selon Mgr Lefebvre

A l’heure où certains voudraient que nous acceptions le concile Vatican II comme faisant parti du magistère – un tel refus ferait soit-disant de nous des sédévacantistes -, et où d’autres voudraient que les papes post-conciliaires soient considérés comme n’étant pas des papes, il est bon de revenir au bon sens catholique de Mgr Lefebvre. Le fondateur, dans cette sagesse toute divine que lui donna la providence en ces temps de crise, n’avait pas besoin de grands discours ni de considérations abstraites pour saisir et entrevoir les solutions qui seront sans doutes explicitées par l’Eglise plus tard.

La fidélité à l’Eglise passe, dans ces temps de crise pour la FSSPX et l’Eglise, par la fidélité à la pensée de son fondateur. S’en écarter, c’est prendre des chemins qui ont montré qu’ils sont une voie de mort : d’un coté le schisme par la séparation d’avec Pierre, et de l’autre, l’abandon du combat de la Foi par l’acceptation plus ou moins implicite des erreurs qui détruisent l’Eglise.

Austremoine

Lecture recommandée sur le sujet du magistère sur Vatican II en question.

Mgr Lefebvre :

L’histoire d’Ecône est suffisamment émaillée d’événements qui sont des conséquences de la situation dans laquelle l’Eglise se trouve aujourd’hui et qui pose évidemment un problème, un problème d’ailleurs qui, en définitive, est unique. C’est le même problème qui se pose à ceux qui nous quittent en disant que nous n’obéissons pas au pape et puis ceux qui nous quittent parce qu’ils disent qu’il n’y a pas de pape. Ils partent du même principe, en définitive : que le pape ne peut pas, dans les voies universelles, disons, dans les actes universels qu’il fait, il ne peut pas se tromper et ne peut pas engager l’Eglise dans une voie qui n’est pas conforme à la foi et aux mœurs.

Alors voilà le principe énoncé. Alors les uns disent : – Bien. Voilà le principe. Il est fermement établi par la Tradition, par les théologiens, par la doctrine de l’Eglise. Or le pape publie des actes qui sont nocifs à l’Eglise dans le domaine de la foi et des mœurs. Donc il n’est pas pape, puisqu’il ne peut pas le faire. Alors s’il n’est pas pape, et bien il n’y a plus de pape. Ce n’est pas difficile. Donc nous sommes libérés de tous les principes qui nous relient à Rome, et ainsi de suite… Nous sommes indépendants… Bon, c’est une solution.

Et puis il y a les autres qui disent : – Non, il n’est pas possible que le pape puisse donner quelque chose qui soit nuisible à l’Eglise, dans un autre domaine, indirectement ou implicitement, pour la foi et les mœurs. Or le pape est pape. Donc il faut accepter ce que le pape nous donne. Et donc, tout ce qui vient de Rome est bon. C’est essentiellement bon. Il peut bien y avoir quelques incidents, quelques bavures, quelques petites choses qui ne sont pas très bonnes, mais enfin c’est bon. La messe est bonne. On ne peut pas dire que la messe est mauvaise. Elle est peut-être mauvaise extrinsèquement, par quelques choses extrinsèques, mais elle n’a pas de principe mauvais. Les principes mêmes de la messe ne sont pas touchés. Ils sont intangibles, puisque c’est le pape qui les a donnés. Le pape ne peut pas faire quelque chose contre la foi et les mœurs lorsqu’il parle pour l’Eglise universelle, donc essentiellement tous les actes qui viennent du Saint-Siège sont bons, donc le Droit Canon est bon. Il y a peut-être des petites phrases qu’on pourrait changer, des petits détails, d’accord, mais fondamentalement il est bon parce qu’ il ne peut pas donner des choses mauvaises. C’est fini, c’est clair.

Alors vous, vous contestez le Droit Canon, vous contestez la messe, vous contestez la bible œcuménique, vous contestez tout ce qui vient de Rome d’une manière grave. Par conséquent vous êtes dans la désobéissance et on vous quitte. Nous, on préfère être dans l’obéissance.

Ils s’en vont et ils rentrent dans l’obéissance, c’est-à-dire dans le libéralisme, dans le progressisme, dans la destruction de l’Eglise et dans la nouvelle messe et dans le nouveau Droit…

Alors qu’est-ce que vous faites ? Il me semble que ces solutions pèchent, à mon sens, d’abord par trop de simplisme. On énonce le principe comme ça, et on ne l’étudie pas à fond. Or un principe comme celui-là dans l’infaillibilité de l’Eglise dans les matières disciplinaires, dans les matières liturgiques, c’est tout de même un principe qui nous vient de la Tradition. Ça n’a pas été dit explicitement par Notre-Seigneur, ce n’est pas, si vous voulez, aussi explicite que dans la Révélation, que l’infaillibilité au point de vue de la foi et des mœurs, ça c’est clair, ça c’est l’objet direct de l’infaillibilité, donc il n’y a pas de problèmes. Mais il y a un objet indirect de l’infaillibilité, un objet comme complémentaire de l’infaillibilité, qui est précisément les faits dogmatiques, par exemple. Les faits dogmatiques qui sont les conclusions théologiques, les faits dogmatiques, les questions disciplinaires et cultuelles de l’Eglise, donc qui sont l’objet indirect, qui soutiennent l’objet primaire qui est l’objet de la foi et des mœurs et qui sont impliqués justement dans la mesure où la foi et les mœurs sont impliqués aussi dans ces faits, dans les conclusions théologiques, dans les faits dogmatiques, dans les questions disciplinaires et cultuelles.

Alors, pour déterminer ça, ça a été la Tradition de l’Eglise, les théologiens, les papes dans leurs Encycliques, dans leur manière dont ils font publier les décrets concernant ces différents sujets. Alors on en a conclu, les théologiens dans l’ensemble en ont conclu, que quand le pape fait un décret pour l’Eglise universelle et qui a trait à la liturgie, à la discipline générale de l’Eglise, et bien le pape ne peut pas se tromper, le pape est infaillible.

Mais si on étudie les choses de près, on s’aperçoit tout de même que cette infaillibilité, l’infaillibilité dans ce domaine-là, est tout de même moins absolue que dans l’objet primaire qui est directement la foi et les mœurs.

Et donc il peut y avoir des exceptions, il peut y avoir des cas où le pape, soit par son mode d’expression, soit par ses affirmations personnelles au sujet de ce qu’il édicte, et bien manifeste qu’il n’a pas l’intention d’utiliser son infaillibilité.

Je pense qu’il faut lire non seulement une seule page concernant la loi et l’infaillibilité du livre que vous connaissez bien de Xavier da Silveira. En effet il tire en conclusion dans ce sujet que d’une manière générale, l’Eglise est infaillible en manière de discipline et liturgie. Mais la thèse n’affirme en aucune façon que la loi doit être la plus parfaite possible, ni qu’elle devrait contenir implicitement toute la doctrine sur la question à laquelle elle se réfère, mais elle traite seulement de la non-existence, dans ce que prescrit la loi, de toute erreur implicite ou explicite en matière de foi et de morale.

Ça c’est la conclusion générale de son étude de la Tradition. Mais après, il met bien : c’est une thèse à considérer dans ses nuances.

Comme nous l’avons vu, la thèse selon laquelle les décrets disciplinaires et liturgiques promulgués pour l’Eglise universelle sont toujours garantis d’infaillibilité, semblent recevoir le support total de la Tradition.

Cependant avant de continuer en se demandant s’il n’y a pas dans la Tradition des témoignages contraires, il nous semble qu’on peut et doit douter que la thèse de l’infaillibilité dans les décrets disciplinaires et liturgiques ait l’ampleur que certains théologiens pensent pouvoir lui attribuer.

Bon, il faut compléter, il ne faut pas seulement lire une phrase, il faut tout lire. Ensuite, un peu plus loin, il fait de nouveau appel à cela :

Avant d’examiner le cas concret du Nouvel Ordo, nous allons reprendre les principes exposés jusqu’ici et fixer clairement l’état de la question.

Premièrement, nous avons vu que, en général, les manuels néo-scolastiques considèrent la thèse selon laquelle les lois universelles de l’Eglise qui incluent les lois liturgiques engagent l’infaillibilité comme théologiquement certaine.

Deuxièmement, nous avons montré ensuite que cette thèse a, ou semble avoir, un support solide dans la Tradition.

Troisièmement, nous avons souligné que, malgré les témoignages de la Tradition qui ont été allégués, il y a de graves raisons aussi, aussi bien d’ordre doctrinales qu’historiques pour nous, de douter que les lois universelles impliquent toujours et nécessairement l’infaillibilité de l’Eglise.

Nous avons remarqué que ce doute a un support dans la Tradition car, dans de nombreux documents, on trouve des hésitations, des expressions restrictives, au sujet de la thèse de l’infaillibilité en matières disciplinaires et liturgiques.

C’est ce danger, voyez-vous, de toujours prendre certaines vérités qui ont besoin d’être expliquées, interprétées par les conditions dans lesquelles se réalisent les principes, et bien on nie ces conditions, on nie, je dirais, les conditions historiques de l’application de ces principes et on ne pense qu’aux principes eux-mêmes, et on en tire les conclusions sans se préoccuper des conditions historiques dans lesquelles on se trouve.

Mgr Lefebvre, 1984


Le cardinal O’Malley, choyé par les ecclésiadéistes, demande à être « rebaptisé » par une « pasteure » méthodiste

Source : La Porte Latine

La face « traditionnelle » du cardinal O’Malley

Il y a moins d’un an et demi, Le Cardinal Sean O’Malley fit le voyage de Boston à Washington, DC, pour assister à une messe de Requiem célébrée dans le rite latin traditionnel à l’occasion des funérailles de Nellie Gray, responsable du mouvement  pro-vie des États-Unis. A la fin de la cérémonie, il se rendit au pupitre  pour prononcer une allocution de circonstance.  C’est le même  cardinal O’Malley, archevêque de Boston qui, au cours du pontificat de Benoît XVI, administra le sacrement de confirmation (2) en usant  des livres latins traditionnels dans sa cathédrale, ce qui lui attira un flot de compliments de la part des ecclésiadéistes d’outre-atlantique…

La donne semble avoir un peu changée sous le nouveau pontificat puisque , le cardinal O’Malley est devenu , comme une publication (3) laïque l’a relevé le 10 novembre dernier  «le seul membre nord-américain du Cabinet que François a formé pour le conseiller. » Dés lors sa sympathie envers  les catholiques traditionnels a rapidement évolué (4) .

Du traditionalisme feutré au baptême méthodiste

Après avoir donné des gages aux « tradis en communion complète avec Rome » le cardinal O’Malley a pris un virage à 180° en demandant à une « pasteure » méthodiste de «ré-affirmer « son baptême avec une « onction » dans un temple  protestant ce mois-ci à Sudbury, Massachusetts.

Le journal local, le Patriot-Ledger, rapporte les propos de la femme « pasteure » méthodiste sur la demande ​​ »totalement inattendue » du cardinal de la Sainte Eglise Romaine et Apostolique :

«Ce qui m’a surprise n’était pas tellement que je lui administre  l’onction, c’es surtout qu’il a accepté de la recevoir de ma main – sur sa demande – , en tant que femme dans le ministère. »

Dans le cadre du service d’anniversaire de dimanche, les 500 fidèles qui ont rempli à craquer le temple de « l’église Méthodiste Unie de Sudbury » ont été invités à recevoir une goutte d’eau « consacrée » sur leur front sur lequel il a été prononcé les mots suivants : « N’oubliez pas votre baptême et soyez reconnaissants. »

Le Cardinal O’Malley et « l’évêque » évangélique méthodiste Sudarshana Devadhar de la Nouvelle-Angleterre dirigeaient le rituel dans le sanctuaire. La « révérende »  Robertson et un prêtre catholique étaient présents avec de petits bols d’eau dans une salle de côté, pendant que les autres pouvaient suivre le service sur un téléviseur grand écran.

Elle fit une pause avec le prêtre au banc du cardinal afin de  recevoir l’eau de baptême des  mains de ce dernier. Puis à son tour, le cardinal O’Malley demanda tranquillement à la « pasteure »  Robertson de lui administrer l’eau :  « Ma gorge en fut nouée et je fus saisie au coeur, » dit-elle. « Que l’homme qui pourrait être un jour pape me demande ceci, j’en ai été  stupéfaite. »

Que madame la « pasteure » se rassure, nous aussi nous sommes stupéfaits de ce cardinal « insolite »  : mais certainement pas pour les mêmes raisons qu’elle (5) !

La Porte Latine

Sources : RorateCoeli/Nationaljournal/bostoncatholic/George Martell/Pilot New Media/Patriot-Ledger/FC/LPL du 18 janvier 2014

Notes

(1) Rorate Coeli du 15 janvier 2014
(2) Depuis, on ne saurait trop conseiller aux parents de ces enfants de demander à un évêque catholique de reconfirmer leurs enfants sous condition, tant on peut légitimement douter de la validité de l’acte posé par le cardinal, ne serait-ce que par l’huile utilisée lors de ces confirmations. Mais qui des communautés Ecclesia Dei ou de ceux attachés à les trouver fidèles à la Tradition doctrinale et liturgique se chargera de lever ce doute publiquement ?
(3) In the months since Pope Francis’s election, it’s become clear that O’Malley is the closest thing to a papal BFF. He is the only North American member of the Cabinet that Francis formed to advise him. As the world knows by now, Francis does not hesitate to make full use of his cell-phone plan, making it possible for him to call O’Malley—and O’Malley to call him—without involving aides. But the two also email each other directly, resulting in an unprecedented level of communication and giving American Catholics a voice in this unusually collaborative papacynationaljournal.com
(4) La communauté traditionnelle de Boston menacée de dissolution : bostoncatholicinsider
(5) Le Professeur Luc Perrin n’hésite pas à écrire sur le FC : « J’avoue ne rien comprendre à cette scène théâtrale ou parodique, sûrement pas un baptême ou re-baptême, à laquelle s’est complaisamment prêté son Eminence le cardinal de Boston : l’improvisation et le spectaculaire chez les prélats contemporains aboutissent, le plus souvent, au mieux à l’insignifiance, au pire au scandale et comme ici à la plus complète confusion doctrinale et pastorale. A moins, ce serait une explication mais elle ferait la une des media, que le Cardinal O’Malley ait voulu abjurer la foi catholique et entrer dans cette Communauté ecclésiale méthodiste ? »


Guillaume Luyt – Présent : Franciscains de l’Immaculée : silence, on épure!

Cet article a le mérite de relater certains faits et de donner certaines précisions sur cette affaire. Cependant il convient de mettre en garde notamment contre les éléments suivants :
– les franciscains de l’Immaculée ne constituent pas une communauté traditionnelle, étant bi-ritualistes et acceptant le concile Vatican II. On pouvait se réjouir de la décision de cette communauté d’avoir adopté en messe conventuelle la messe traditionnelle, et de considérer de façon de plus en plus critique le Concile, cela n’en fait pas une communauté de la Tradition.
– les franciscains de l’Immaculée montrent hélas dans cette crise qu’ils participent de cette fausse obéissance et qu’ils n’ont pas hélas eu le temps d’acquérir les armes théologiques et intellectuelles pour refuser qu’on leur arrache cette petite graine de Tradition qui avait été plantée dans leur ordre et qui se développait. Cette attaque est une attaque contre la Tradition et donc, contre la Foi.
– il convient de rappeler pour une question de justice et d’objectivité, que le lynchage de cette communauté a commencé sous Benoit XVI et n’est donc pas le seul fait de François. Cela montre que le « conservateur » Benoit XVI n’était pas plus apte à protéger ce qui peut s’avérer traditionnel que le progressiste François.
– hélas, cette communauté est victime de ce qui peut arriver à tout instant aux communautés Ecclesia Dei et à tout ceux qui se mettent sous l’autorité de ceux qui veulent détruire la Tradition.
«Au Vatican, il y a une nouvelle inquisition catho-progressiste. Elle persécute avec acharnement les Franciscains de l’Immaculée parce qu’ils ont la foi et tant de vocations. C’est une honte! Le pape est-il au courant?» Grâce à ces quelques mots signés de l’écrivain catholique Antonio Socci, en introduction à une vigoureuse tribune en défense de l’ordre fondé par le père Stefano Manelli publiée par le quotidien Libero le 5 janvier, la chape de plomb médiatique qui pesait en Italie sur la liquidation en cours de cette dynamique et très traditionnelle communauté née du concile s’est fissurée.
Il faut dire que le 8 décembre 2013, dans une lettre de cinq pages adressée à tous les Frères de l’institut, le commissaire apostolique nommé par Rome, le père Fidenzio Volpi, a tout à la fois fermé le séminaire des Franciscains de l’Immaculée (FI); bloqué les ordinations prévues cette année; interdit les activités éditoriales de la très active maison d’édition des FI (disciples de saint Maximilien Kolbe, une grosse part de leur apostolat est représentée par la production et la diffusion de livres et de revues); suspendu les groupes de laïcs liés aux FI; et calomnié les victimes de ses oukases. Cette missive hallucinante avait mis en ébullition le monde traditionnel italien mais semblait avoir échappé aux grands médias transalpins, trop occupés à célébrer à l’unisson «le nouveau visage donné à l’Eglise» par le pape François.
Il est encore trop tôt pour savoir si l’interpellation de Socci marquera un coup d’arrêt aux persécutions en cours contre les FI mais, si Rome ne corrige pas le tir, il se peut fort que cette affaire finisse par devenir la pierre d’achoppement du nouveau pontificat. Car Socci, qui voit en Bergoglio le pape de la radicalité évangélique, a bien compris que les mesures toujours plus autoritaires, injustes et définitives qui frappent padre Manelli et les siens contredisent trop ouvertement l’enseignement quotidien du pape François pour ne pas mettre en difficulté, à terme, le pape lui-même.
Bien évidemment, comme toute administration, la Curie n’aime pas se renier et, pour l’heure, aucun signe d’une quelconque amélioration n’est perceptible. La salle de presse du Saint-Siège nous a même fait savoir le 14 décembre qu’elle n’avait rien à répondre aux questions que, depuis fin juillet, nous lui avions formulées à propos de la destitution de padre Manelli. Il faut dire que le Saint-Siège a de quoi être gêné car la fureur épuratrice du père Volpi ne connaît pas de limites.
Il suffit de lire quelques lignes de sa missive du 8 décembre – mettre au pas un institut religieux voué à l’Immaculée le jour même de la fête de l’Immaculée Conception, même le diable n’oserait pas le faire! – pour s’en convaincre: «Naturellement, de nombreux laïcs ont été mobilisés dans cette entreprise que j’appellerais, par euphémisme, d’opposition. Je me suis demandé la raison d’une telle frénésie et j’en ai conclu que l’institut était devenu un prétexte à la lutte entre courants curiaux et surtout aux oppositions au nouveau pontificat du pape François. Ce n’est pas un hasard si Fellay en personne en parle.»
En trois phrases, le père Volpi nous offre un summum de langue de buis, d’hypocrisie et de mensonge. Passons-les au crible.
– «De nombreux laïcs ont été mobilisés»: le père Volpi fait en particulier référence aux pétitions lancées sur internet par le professeur De Mattei. Soit. Mais qui, à l’heure numérique, peut encore croire que les laïcs ont besoin «d’être mobilisés» pour se faire entendre alors qu’il suffit de quelques clics pour s’exprimer à la face du monde? Quel Italien, en outre, peut imaginer qu’un homme comme le professeur De Mattei (directeur de revues, écrivain, conférencier, initiateur de la Marche pour la Vie italienne, etc.) ait besoin de se voir dicter sa conduite? Surtout, depuis quand, dans l’Eglise de l’après-concile, la voix des laïcs est-elle méprisable? Quand il s’agit de toucher au dogme, les ecclésiastiques ne sont-ils pas les premiers à se cacher derrière les fidèles pour justifier leurs «ouvertures»?
– «Cette entreprise d’opposition»: une page plus haut, le père Volpi a expliqué avoir rencontré dès sa nomination «une opposition, en interne comme en externe, plus ou moins explicite et virulente». Et s’il ne manque pas d’expliquer que cette opposition est en fait une opposition au pape, qui a approuvé «en forme spécifique» le décret plaçant les Franciscains de l’Immaculée sous commissariat, le père Volpi ne relève à aucun moment la totale obéissance – au point d’en devenir «aveugle» écrivait le père Horovitz le 14 septembre dans nos colonnes – des supérieurs de la communauté, à commencer par le fondateur, le père Stefano Manelli, à chacune des interdictions qui leur ont été faites. La plus élémentaire des charités ne voudrait-elle pas que l’obéissance des supérieurs soit reconnue par le commissaire Volpi? En outre, le dialogue – dont on a cru comprendre qu’il était l’un des fondements de la nouvelle ecclésiologie – ne devrait-il pas l’inciter à s’intéresser aux motifs de l’opposition des laïcs, à les écouter si ce n’est à les comprendre? Non! Le père Volpi ne voit que «frénésie» («spasmodico interessamento» dans la version originale) dans leur mobilisation.
– «Un prétexte à la lutte entre courants curiaux»: terrible affirmation! Car elle est dans le même temps vraie et mensongère et on retrouve bien là toute une forme de pensée et d’expression ecclésiastiques dont on espérait l’Eglise débarrassée grâce à la parole limpide et à la pensée droite de Benoît XVI. L’affirmation est vraie car il est désormais clair que l’affaire des FI est l’oeuvre d’une faction. En ce sens, le père Volpi sait de quoi il parle, lui qui est aujourd’hui le bras exécuteur au service de cette faction. Mais elle est aussi extraordinairement fausse car il n’y a pas de «lutte entre courants curiaux»: tout simplement parce qu’il n’existe pas de courant curial opposé à celui du commissaire Volpi! S’il existait un courant curial contraire à celui des fossoyeurs des FI, il se manifesterait et, surtout, se serait déjà manifesté sous Benoît XVI lors du déclenchement de la visite apostolique. Ce courant n’aurait pas laissé passer le fait que le visiteur apostolique, contrairement à la praxis romaine qui veut que les visites soient conduites par des personnes neutres voire bienveillantes envers la communauté qu’elles doivent visiter, avait des préjugés négatifs à l’encontre des Franciscains de l’Immaculée; si ce courant existait, il aurait dénoncé l’anormalité flagrante de la visite apostolique qui a été réduite à un questionnaire pour le moins tendancieux (1); si ce courant existait, il aurait mis en garde le pape François contre l’instrumentalisation de sa signature dans une telle affaire; si ce courant existait, il aurait défendu padre Manelli; si ce courant existait, il se serait tout simplement exprimé. Non, ce courant n’existe pas et le père Volpi le sait mieux que quiconque.
– «Aux oppositions au nouveau pontificat»: il est vrai que certains des défenseurs des FI, à commencer par le professeur De Mattei, ont exprimé des critiques envers le style et les orientations du nouveau pontificat, mais quel rapport cela a-t-il avec l’affaire qui nous occupe? Sauf à sous-entendre que les Franciscains de l’Immaculée sont un prétexte utilisé par certains pour attaquer le pape? Voire, que les FI eux-mêmes sont des opposants au pape François? De drôles d’opposants, ayant choisi le silence et l’obéissance malgré l’injustice…
– «Ce n’est pas un hasard si Fellay en parle»: nous y sommes enfin! La réduction ad lefebvrianum! Le point Godwin de toute discussion post-conciliaire! Fellay (pour écrire comme Volpi qui semble avoir déjà réduit à l’état laïc le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X) «en parle»: c’est donc la preuve que Rome a bien fait de s’en prendre aux FI. Dans un autre courrier, au vaticaniste du journal turinois La Stampa, le commissaire lâche carrément le morceau et parle de la «dérive crypto-lefebriste et sûrement traditionaliste» dont se plaignaient au père Manelli en 2012 ses détracteurs. Voici donc le noeud de l’affaire: la dérive «sûrement traditionaliste» des FI. Sans vouloir commenter la valeur doctrinale de l’accusation (quel pape a condamné le traditionalisme? dans quel document?), il est sidérant que la prétendue question doctrinale soit soulevée ainsi, au détour d’une phrase. Quelles sont, en outre, les compétences du père Volpi en la matière? Et n’existe-t-il pas, au Vatican, une congrégation précisément chargée des questions doctrinales, justement nommée «Congrégation pour la doctrine de la foi»? Une congrégation que nul n’a, non seulement, jamais entendu critiquer les FI mais qui, surtout, depuis des années, dialogue avec Fellay et les «lefebvristes», sur mandat exprès du pape…
Cette analyse poussée de ces quelques lignes signées du père Volpi n’a d’autre ambition que de montrer combien le traitement réservé aux Franciscains de l’Immaculée n’a rien de canonique, rien de fraternel, rien de prudentiel, mais est purement et simplement idéologique. Faut-il rappeler que, dans le cas des Légionnaires du Christ, pour des actes délictueux avérés et répétés, le fondateur n’a été ni destitué ni condamné mais que Rome s’est contentée de sa démission? Faut-il rappeler la patience avec laquelle Rome traite la conférence des religieuses américaines (LCWR), longtemps ouvertement en dissidence avec l’Eglise sur les questions aussi bien morales que doctrinales? Faut-il apprendre au père Volpi qu’en réaction à la publication du rapport de la Congrégation pour la doctrine de la foi de 2012 appelant à leur retour au bercail, ces religieuses ont répondu par l’expression de leur «déception» et la conviction que leur «vie religieuse» ne devait pas «être compromise» par la décision romaine? Faut-il citer les paroles d’un ancien supérieur de la Conférence religieuse canadienne qui qualifiait cette même décision romaine concernant la LCWR de «geste malhabile, inacceptable et irrespectueux»?
Benoît XVI le savait, les cardinaux ayant élu le pape François aussi: il y a quelque chose de pourri au sein de la Curie romaine. Et, à en juger par la lettre du père Volpi, ce quelque chose de pourri ne craint plus de se propager au grand jour…
Guillaume Luyt

(1) Alors que les FI sont présents et florissants aux Philippines, au Bénin et aux Etats-Unis, le visiteur apostolique n’a pas jugé utile de mettre les pieds hors d’Italie et nul ne sait précisément quelles maisons il a visitées en Italie. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a pas visité le séminaire puisqu’en mars 2013 ce sont les séminaristes eux-mêmes qui ont pris l’initiative de lui écrire pour lui témoigner de leur état d’esprit (favorable à leurs supérieurs).


Et si?

Contrairement à ce qu’écrivent aussi bien certains défenseurs de la mise sous tutelle des Franciscains de l’Immaculée que certains de leurs opposants tradis, le cardinal Braz de Aviz, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie consacrée et les Sociétés de Vie apostolique, n’est pas dans les petits papiers du pape. Fin octobre, le vaticaniste Marco Tosatti l’a annoncé en sursis, destiné probablement au siège d’Aparecida, le grand sanctuaire marial brésilien. Le changement de préfet à la tête de la congrégation pourrait donc bien fournir au Saint-Père une occasion parfaite, car naturelle, pour exiger un changement de ligne dans le traitement scandaleux réservé aux disciples de padre Pio et de saint Maximilien Kolbe. — G.L.
Article extrait du n° 8021 de Présent, du Mercredi 15 janvier 2014

Mgr Lefebvre : un enfant de cinq ans avec son catéchisme peut très bien répondre à son évêque

Source : La Porte Latine

On nous dit: « Vous jugez le pape ». Mais où est le critère de la vérité? Monseigneur Benelli m’a jeté à la figure: « Ce n’est pas vous qui faites la vérité ». Bien sûr, ce n’est pas moi qui fais la vérité, mais ce n’est pas le pape non plus. La Vérité, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ et donc il faut nous reporter à ce que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné, à ce que les Pères de l’Eglise et toute l’Eglise nous ont enseigné, pour savoir où est la vérité. Ce n’est pas moi qui juge le Saint-Père, c’est la Tradition. 

Un enfant de cinq ans avec son catéchisme peut très bien répondre à son évêque. Si son évêque venait à lui dire: « Notre-Seigneur n’est pas présent dans la Sainte Eucharistie. C’est moi qui suis le témoin de la vérité et je te dis que Notre-Seigneur n’est pas présent dans la Sainte Eucharistie ». Eh bien! cet enfant, malgré ses cinq ans a son catéchisme. Il répond: « Mais, mon catéchisme dit le contraire ». Qui a raison? L’évêque ou le catéchisme? Le catéchisme évidemment qui représente la foi de toujours, et c’est simple, c’est enfantin comme raisonnement.

Mais nous en sommes là. Si on nous dit aujourd’hui que l’on peut faire des inter-communions avec les protestants, qu’il n’y a plus de différence entre nous et les protestants, eh bien! ce n’est pas vrai. Il y a une différence immense. C’est pourquoi, nous sommes vraiment stupéfaits quand nous pensons que l’on a fait bénir par l’archevêque de Cantorbery – qui n’est pas prêtre, puisque les ordinations anglicanes ne sont pas valides, le pape Léon XIII l’a déclaré officiellement et définitivement, et qui est hérétique comme le sont tous les anglicans (je le regrette on n’aime plus ce nom-là, mais c’est quand même la réalité, ce n’est pas pour donner une insulte que je l’emploie, je ne demande que sa conversion ) – quand on pense donc qu’il est hérétique et qu’on lui demande de bénir avec le Saint-Père la foule des cardinaux et des évêques présents dans l’église de Saint-Paul ! C’est là une chose absolument inconcevable!

Mgr Lefebvre, extrait du sermon historique du 29 août 1976 à Lille


Père Avril : le Concile, c’est l’apothéose du reniement intégral du Dieu crucifié au Golgotha

Source : La Porte Latine

Je vais certainement paraître excessif ! Je l’espère comme Celui qui est tout, la Voie, la Vérité, la Vie, et cela reste toujours « scandale pour le Juifs et folie pour les gentils ». Alors cramponnez-vous à Celui qui est la Vérité, et cramponnez-vous bien : je n’interviens qu’en conscience, par fidélité à la foi et par amour du Seigneur Jésus Christ et de son Eglise, une, sainte, catholique, apostolique et romaine. Jésus, seul, « tout le reste vient du malin » Et ce concile vient du MALIN : Mgr LEFEBVRE, affirmait : « Ils ont tourné le dos à la véritable Eglise. Ce concile, cet évènement ruineux pour l’Eglise catholique et toute la civilisation chrétienne, n’a pas été conduit par l’Esprit-Saint »

Comment a-t-il donc été conduit et dirigé ? Programmé par les forces occultes infiltrées, convoqué pour imposer leur programme, confisqué dés la première session par les Modernistes, il ne voulait ni ne pouvait être selon l’intention de l’Eglise : garder et transmettre le Dépôt de la foi. Il devenait un mort-né et ne constituait plus qu’une assemblée informelle, aux apparences trompeuses d’un Concile. Cette Assemblée fantôme a substitué à la Sainte Eglise une néo-Eglise conciliaire anticatholique. Ce concile est mortel, mortifère, morticole. Ces assassins n’avaient d’autre but que d’intégrer l’Eglise à leur synarchie et de dénaturer la foi en spiritualisme ésotérique. L’Eglise conciliaire est anticatholique, universelle, noachide, cosmique, adogmatique, humaniste, libérale et laïque.

Replaçons ce concile dans son contexte. Déplorons-le dans cette éléélégie tragique. Le Concile, c’est l’apothéose du « non serviam » de Lucifer : insurrection sacrilège contre Dieu, son OEuvre son mystère d’amour. C’est la négation sacrilège du règne social de du Christ-Roi. Le Concile c’est l’apothéose du serpent sifflant à nos premiers parents : « vous serez comme des dieux » C’était l’instauration de l’humanisme intégral.

Le Concile, c’est l’apothéose du reniement intégral du Dieu crucifié au Golgotha : « nous ne voulons pas qu’il règne sur nous ». Le Concile, c’est l’apothéose de la Révolution française : le culte sacrilège de l’homme devenu Dieu et Maître, et la Déclaration sacrilège des droits de l’homme. Le Concile, c’est l’apothéose de la Révolution : « en tiare et en chape » l’apothéose de la victoire apparente du mystère d’iniquité sur le mystère d’amour. Ce Concile est vraiment l’apothéose de l’apostasie totale. La question se pose alors : le Concile sévit depuis déjà plus d’un ½ siècle, pourquoi soudain à nouveau, cette levée de boucliers ?

Réponse : le lessivage des esprits, qui a suivi chacune des offensives de déchristianisation s’est intensifié et appuie la victoire apparente sur le mystère d’iniquité. Parallèlement et en conséquence, se sont intensifiées, la déperdition de la foi, l’aveuglement des esprits sur le vrai combat et sur les vrais ennemis. Le courage s’est affaibli, la lassitude, l’abandon, le découragement peut-être ont suivi, et surtout, nous sommes devenus des habitués sans plus de réaction. Les opposants qui persévèrent, semblent lutter contre des moulins à vent. En toute réalité, la Tradition soufre d’une hypotension qui ne peut que lui être fatale.

Il est plus que temps, il faut se réveiller, se redresser, retrouver l’enjeu du combat et renouer hardiment aux premières lignes. Jésus, seul Jésus, la vérité intégrale. Sa Sainte Eglise, seule, pour recevoir et transmettre le Dépôt intégral. Hors du Christ, hors de l’Eglise, c’est l’erreur intégrale. Contre le Christ intégral, contre l’Eglise intégrale, c’est l’erreur intégrale. Le Concile, hors du Christ intégral, contre l’Eglise intégrale, c’est l’erreur intégrale. C’est le serpent qui siffle, c’est la perte intégrale des âmes.

Tout un chacun est menacé, et même tenté, et parfois tellement tenté. Nous voilà bien en état de légitime défense, voilà notre Christ à nouveau devant Pilate, voilà notre Eglise en état d’asphyxie, elle ne vie que par ses deux poumons : la parole de Dieu et la tradition.

Nous avons le droit strict de lutter contre l’erreur intégrale. Nous avons le devoir impérieux de défendre notre foi. Nous voulons garder notre foi catholique, au prix même de notre vie. D’autre part, telle a bien été la volonté de Dieu quand il nous a installés dans ce monde, quand son Eglise nous a prodigué la foi, quand ces grâces sont intervenues en de telles circonstances et en ces temps d’apostasie endémique.

Père Avril, extrait du sermon en la fête de Notre Dame de l’Assomption glorieuse le 15 août 2010


Mgr Lefebvre : la rupture des Autorités romaines avec l’Eglise Catholique ?

Déclaration de Mgr Lefebvre et de Mgr Antonio de Castro Mayer faisant suite à la visite de Jean-Paul II à la Synagogue et au congrès des religions à Assise.

Source : La Porte Latine

Rome nous a fait demander si nous avions l’intention de proclamer notre rupture avec le Vatican à l’occasion du Congrès d’Assise.

La question nous semblerait plutôt devoir être la suivante :

Croyez-vous et avez-vous l’intention de proclamer que le Congrès d’Assise consomme la rupture des Autorités romaines avec l’Eglise Catholique ?

Car c’est bien cela qui préoccupe ceux qui demeurent encore catholiques.

Il est bien évident en effet que depuis le Concile Vatican II, le Pape et les Episcopats s’éloignent toujours plus nettement de leurs prédécesseurs.

Tout ce qui a été mis en œuvre  pour défendre la foi par l’Eglise dans les siècles passés, et tout ce qui a été accompli pour la diffuser par les missionnaires, jusqu’au martyre inclusivement, est désormais considéré comme une faute dont l’Eglise devrait s’accuser et se faire pardonner.

L’attitude des onze Papes qui depuis 1789 jusqu’en 1958 ont, dans des documents officiels, condamné la Révolution libérale, est considérée comme « un manque d’intelligence du souffle chrétien qui a inspiré la Révolution ».

D’où le revirement complet de Rome depuis le Concile Vatican II, qui nous a fait redire les paroles de Notre-Seigneur à ceux qui venaient l’arrêter : Haec est hora vestra et potestas tenebrarum (c’est ici votre heure et la puissance des ténèbres) (Luc XXII 52-53).

Adoptant la religion libérale du protestantisme et de la Révolution, les principes naturalistes de J-J. Rousseau, les libertés athées de la Constitution des Droits de l’Homme, le principe de la dignité humaine n’ayant plus de rapport avec la vérité et la dignité morale, les Autorités romaines tournent le dos à leurs prédécesseurs et rompent avec l’Eglise Catholique, et elles se mettent au service des destructeurs de la Chrétienté et du Règne universel de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Les actes actuels de Jean-Paul II et des Episcopats nationaux illustrent d’année en année ce changement radical de conception de la foi, de l’Eglise, du sacerdoce, du monde, du salut par la grâce.

Le comble de cette rupture avec le magistère antérieur de l’Eglise s’est accompli à Assise, après la visite à la Synagogue. Le péché public contre l’unicité de Dieu, contre le Verbe Incarné et Son Eglise fait frémir d’horreur : Jean-Paul II encourageant les fausses religions à prier leurs faux dieux : scandale sans mesure et sans précédent.

Nous pourrions reprendre ici notre Déclaration du 21 novembre 1974, qui demeure plus actuelle que jamais.

Pour nous, demeurant indéfectiblement attachés à l’Eglise Catholique et Romaine de toujours, nous sommes obligés de constater que cette Religion moderniste et libérale de la Rome moderne et conciliaire s’éloigne toujours davantage de nous, qui professons la foi catholique des onze Papes qui ont condamné cette fausse religion.

La rupture ne vient donc pas de nous, mais de Paul VI et Jean-Paul Il, qui rompent avec leurs prédécesseurs.

Ce reniement de tout le passé de l’Eglise par ces deux Papes et les Evêques qui les imitent est une impiété inconcevable et une humiliation insoutenable pour ceux qui demeurent catholiques dans la fidélité à vingt siècles de profession de la même foi.

Nous considérons donc comme nul tout ce qui a été inspiré par cet esprit de reniement : toutes les Réformes post-conciliaires, et tous les actes de Rome qui sont accomplis dans cette impiété.

Nous comptons avec la grâce de Dieu et le suffrage de la Vierge fidèle, de tous les martyrs, de tous les Papes jusqu’au Concile, de tous les Saints et Saintes fondateurs et fondatrices des Ordres contemplatifs et missionnaires, pour nous venir en aide dans le renouveau de l’Eglise par la fidélité intégrale à la Tradition.

Buenos Aires, le 2 décembre 1986.

S. Exc. Mgr LEFEBVRE Arch.-Evêque émérite de Tulle

S. Exc. Mgr Antonio de CASTRO MAYER, Evêque émérite de Campos en parfait accord avec la présente Déclaration


Eschaton : Dieudonné et les catholiques conciliaires

Source : eschaton.ch

Nombreux sont les blogs de catholiques conciliaires ( Suisse romainPatrice Plunkett) à renvoyer actuellement dos à dos les Femen et Dieudonné. Dans la foulée du cardinal Vingt-Trois, qui s’en est même pris bien plus vigoureusement à  Dieudonné qu’aux Femen, ils prennent leurs jambes à leur cou pour se distancer le plus possible de l’immonde humoriste en veillant à bien assurer les tenants de l’ordre moral inversé qu’eux aussi voient la peste antisémite à l’oeuvre dans ses propos. Et pourtant jour après jour devient plus manifeste que ce que ne cesse de clamer Dieudonné est vrai: il existe bien un deux poids, deux mesures en France, dont témoigne précisément le sort qui est fait aux Femen qui peuvent, en toute impunité, commettre les actes les plus dégradants, répugnants et offensants à l’égard des catholiques alors que simultanément dès que l’on met en cause le judaïsme talmudique ou le lobby juif on se fait traiter de cerveau malade.

Pour se convaincre définitivement que tout le système est pourri jusqu’à la moelle, il suffit de lire la récente circulaire que Manuel Valls vient de pondre pour empêcher Dieudonné de se produire sur scène. Alors qu’en France les Femen peuvent venir uriner dans les Eglises, bramer des slogans du style « Noël est annulé, le Christ est avorté », balancer au visage des enfants des gaz sortis de bombonnes portant le nom de « sperme du Christ », avoir sur le corps écrit « Fuck Eglise, Fuck God » ; alors que des pièces, dans des théâtres subventionnés, font jeter de la merde au visage du Christ par des enfants (Sur le concept du visage du fils de Dieu), que le Christ est injurié, appelé « El puto diablo » (Golgota Picnic), alors que ce sont des Eglises et non des synagogues ou des mosquées qui sont régulièrement vandalisées et profanées en France, que demande Valls dans sa circulaire anti-Dieudonné ? Il demande de  « susciter, proposer ou valoriser des initiatives de sensibilisation et de pédagogie préventives contre les comportements racistes, antisémites, antimusulmans ou intolérants ». D’où il nous faut conclure que Valls « éternellement lié à Israël… quand même !» se fout éperdument des chrétiens.

Donc, en résumé, dans les théâtres on peut déféquer sur le Christ, l’injurier, on est même  subventionné pour le faire ; dans les Eglises on peut insulter les chrétiens, se livrer à toutes les obscénités possibles mais il est interdit dans un théâtre de mettre en cause, sur le mode humoristique, le poids de l’élite communautaire juive dans la politique nationale et internationale, de rire de l’instrumentalisation de la Shoah et il serait interdit de faire une quenelle devant une synagogue ? Les grandes consciences conciliaires semblent ne pas voir l’obscénité qui se dégage de tout cela, de ce constant deux poids, deux mesures. Elles semblent refuser de les voir pour ne pas avoir à en chercher les causes. Mais sont-elles seulement tétanisées par la peur d’être taxées d’antisémitisme par les maîtres de la manipulation et du mensonge qui règnent dans les médias ou la cécité qui les frappe sur le plan théologique et qui les fait ne pas voir la rupture profonde introduite dans l’enseignement du Magistère depuis Vatican II les livre-t-elle un peu plus aux ténèbres ?

Julien Gunzinger


De concession en concession…

Source : La Porte Latine

Nombreux sont ceux qui ont cru à sa bonne foi et se sont laissé prendre au double langage de ce personnage qui, de sournoises dérives en dérives assumées, en est arrivé à concélébrer dans le rite « ordinaire » (1) sans aucun état d’âme.

Même l’abbé Paul Aulagnier, membre éminent de l’IBP, alors encore prêtre de la FSSPX, déclarait en 2002 :

« ITEM est heureux de diffuser cette interview importante de Mgr RIFAN à l’occasion du deuxième anniversaire de la fondation, par Rome, de l’Administration Apostolique Saint Jean Marie Vianney: le 18 janvier 2002, dans le diocèse de Campos au Brésil. Ces prêtres connaîssent  toujours le même rayonnement et  même plus encore, comme l’explique Mgr Rifan, depuis la normalisation de leur situation avec Rome. Contrairement à ce que certains colportent, les pères de Campos ne souffrent d’aucune division interne. Ils s’adonnent à leur apostolat avec toujours la même passion, la même fidélité au dépot de la foi, avec le même amour de l’Eglise, avec le même zêle des âmes, avec la même fidélité à la messe dite de Saint Pie V. » (2)

En fait, ayant changé de camp, Mgr Rifan n’a pas cessé d’accumuler les preuves de la sincérité de son ralliement. Comme disait Abel Bonnard :  » Un rallié n’est jamais assez rallié.  » Autorité de Vatican II, légitimité de la nouvelle Messe, obligation de se soumettre au  » magistère vivant  » des Papes libéraux, condamnation de Mgr Lefebvre : tout cela Mgr Rifan l’a approuvé et le proclame toute honte bue. Il l’a fait avec une assurance sans faille et croissante. On aurait dit même qu’il y mettait plus de zèle que la plupart des progressistes.

Et pourtant ses déclarations de ne jamais bi-rutualiser résonnent encore à nos oreilles comme les trois reniements de saint Pierre :

« À l’occasion de la dernière assemblée générale de l’épiscopat brésilien, qui compte 414 évêques, je me suis présenté à tous, publiquement, en expliquant notre position. Beaucoup d’évêques m’ont félicité. Même si tous n’ont pas applaudi notre position, au moins ai-je trouvé des compréhensions et des sympathies. Une semaine avant l’assemblée, qui dure dix jours, un évêque m’a téléphoné en me disant qu’il avait reçu l’ordre de l’évêque président de notre région apostolique, pour me préparer une chapelle privée pour que je puisse dire ma messe, puisqu’il savait que je ne concélèbrerai pas. » (3)

Et que reste-t-il de ses positions d’alors ? :

« Nous sommes pour la royauté sociale du Christ-Roi, nous sommes contre la liberté religieuse en tant que relativisme doctrinal, laïcisme de l’État, indifférentisme et syncrétisme religieux, égalité de toutes les religions devant la loi, en un mot contre la liberté religieuse condamnée par Grégoire XVI, Pie IX et Pie XII. Nous sommes contre l’œcuménisme de complémentarité, ou d’irénisme et nous sommes pour le retour ou la conversion des séparés. Nous sommes contre la démocratisation de l’Église à tous les niveaux. » (4)

Ce n’est plus une conversion, c’est un exemple emblématique de trahison du combat de la Tradition pour lequel il a été sacré.

Alors peut-on dire que que ce revirement est insolite ? Oui, si l’on sait que « insolitus » en latin signifie aussi « inoui » !

La Porte Latine – Janvier 2014

Notes

(1) Nous entendons par ordinaire le rite très ordinaire d’une messe bâtarde : « De cette union adultère ne peut venir que des bâtards. Et qui sont ces bâtards? Ce sont nos rites. Le rite de la nouvelle messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu’ils sont. C’est le cardinal de Cincinnati qui, à Rome, disait pourquoi il n’y a plus de vocations, parce que l’Eglise ne sait plus ce qu’est un prêtre. Alors, comment peut-elle encore former des prêtres si elle ne sait plus ce qu’est un prêtre? Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. » Mgr Lefebvre, Sermon historique du 29 août 1976, à Lille.
(2) http://la.revue.item.free.fr/interview_rifan0104.htm
(3) Idem
(3) Id.


Mgr Lefebvre : ne vous laissez pas circonvenir par les faux prophètes menteurs fils de perdition

L’Église accomplira-t-elle à temps sa véritable rénovation ? Le peut-elle encore ? Si l’Église était une société purement humaine, nous devrions répondre non, car la corruption des idées, des institutions, de la discipline est telle qu’aucun espoir de redressement n’apparaîtrait possible. Cependant, depuis que Dieu veille sur l’humanité afin que la foi ne disparaisse pas, les exemples ne se comptent plus d’une situation humainement désespérée devenant subitement l’occasion d’un extraordinaire renouveau : l’intervention la plus inattendue et la plus sublime que Dieu ait trouvée, dans sa sagesse et sa miséricorde infinie, est la promesse du Messie par Marie après que l’homme, par son péché, eut mérité la damnation.

Depuis cette promesse jusqu’à nos jours, l’histoire de la miséricorde de Dieu envers l’humanité, c’est l’histoire de l’Ancien et du Nouveau Testament, et donc toute l’Histoire de l’Église. Or l’Esprit souffle où il veut et se choisit, pour venir au secours de l’Église en détresse, des Pontifes et d’humbles fidèles, des princes et de jeunes pastourelles. Les noms sont sur toutes les lèvres de ceux qui connaissent tant soit peu la véritable histoire de l’Église.

Mais si l’Esprit Saint souffle où Il veut, son souffle a toujours la même origine, les mêmes moyens fondamentaux et la même fin. L’Esprit Saint ne peut faire autre chose que ce que Notre Seigneur a dit de lui : Il ne parle pas de son propre fonds, mais Il parle de ce qu’Il entend… Il me glorifiera, car Il recevra de moi et vous l’annoncera (Jn 16,13). Autrement dit l’Esprit Saint ne peut que faire écho à Notre Seigneur.

C’est pourquoi, sous des modalités extérieures diverses, ceux qu’il a choisis ont répété et fait les mêmes choses, se sont nourris aux mêmes sources pour rendre vitalité à l’Église. Saint Hilaire, saint Benoît, saint Augustin, sainte Élisabeth, saint Louis, sainte Jeanne d’Arc, saint François d’Assise, saint Ignace, le saint Curé d’Ars, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus ont tous enseigné la même spiritualité dans ses principes fondamentaux, de pénitence, de prière, de dévotion totale à Notre Seigneur et à la Vierge Marie. D’obéissance sans limite à la Volonté de Dieu, de respect envers ceux qui l’interprètent, cette volonté, depuis les parents jusqu’aux autorités civiles légitimes et aux autorités religieuses. Tous eurent une grande estime des sacrements et spécialement de l’Eucharistie et du Saint Sacrifice de la Messe. Tous manifestèrent le détachement des biens de ce monde et le zèle pour le salut des pécheurs. Ils n’avaient rien de plus cher que la gloire de Dieu, de Notre Seigneur Jésus-Christ, que l’Honneur de son unique Église. L’Écriture Sainte leur était familière et ils vénéraient la Tradition de l’Église exprimée dans les Credo, les Conciles et les catéchismes où se trouve l’authentique doctrine léguée par les Apôtres. C’est dans ces sources qu’ils puisèrent une grâce, une communication particulière de l’Esprit Saint, qui fit d’eux des témoins extraordinaires de la foi et de la sainteté de l’Évangile.

Telles sont les constatations historiques de l’action de l’Esprit Saint qui nous permettent de croire que l’Église peut toujours se renouveler par la sanctification de ses membres. Dieu n’a jamais abandonné son Église. Il ne l’abandonnera pas aujourd’hui, mais les épreuves, les apparences de triomphe de l’Esprit mauvais, du Prince de ce monde, peuvent être un objet de scandale, c’est-à-dire de chute et d’abandon de la foi pour beaucoup. Ceux-là ont tort qui se laissent dérouter par les faux prophètes, qui prêchent que leur temps ne ressemble en rien aux temps qui précèdent et que l’Évangile d’hier ne peut plus être l’Évangile d’aujourd’hui. Le Christ est de tous les temps : Jesus Christus heri, hodie et in saecula, « Jésus-Christ hier, aujourd’hui et pour tous les siècles ». C’est saint Paul qui nous l’enseigne.

Hélas, il faut bien l’avouer, le concile Vatican II devait, aurait dû être le concile du renouveau par un retour aux sources, comme il est de règle dans l’Église. En effet, à mesure que l’Église militante chemine, il peut se faire que le message s’estompe, que les ennemis de l’Église réussissent à étouffer le bon grain, que la négligence des pasteurs atténue la foi, que les moeurs se corrompent, que la chrétienté prête une oreille bienveillante aux persiflages de ce monde pervers.

Alors, des renouveaux s’imposent, mais, à l’exemple de Notre Seigneur qui n’est que l’écho du Père, de l’Esprit Saint qui est l’écho du Fils, les apôtres n’ont cessé de répéter à leurs disciples : retenez ce qui vous a été dit, demeurez dans la doctrine qui vous a été enseignée, gardez le dépôt de la foi, ne vous laissez pas circonvenir par les faux prophètes menteurs fils de perdition, destinés au feu éternel avec tous ceux qui les suivent.

Mgr Lefebvre, Rivarol, 12 septembre 1968


L’attachement au Pape n’est pas sentimental

L’attachement au pape et à l’institution du pape ne doit pas être sentimental, ou si un certain sentiment peut être bien légitime, il ne doit avoir pour objet que d’aider la raison et l’intelligence à un tel attachement.

Le modernisme est la religion du sentiment : c’est ainsi que tout passe au prisme du ressenti, et l’intelligence et la volonté sont reléguées voir ignorées. Ainsi l’acte de foi n’est plus un acte de l’intelligence et de la volonté, mais « une rencontre avec le Christ ». La liturgie n’est plus orientée d’abord à la gloire de Dieu mais elle est considérée comme un outil adaptable à chacun afin de l’aider à ressentir « sa foi » et « faire communion » !

Il en va de même pour l’attachement à l’institution de la papauté et au  pape : certains finissent par ne le considérer que comme un sentiment qui du coup, interdirait toute considération venant heurter ce sentiment. Et pourtant cet attachement au pape est nécessaire à l’âme catholique, car c’est sur Pierre que le Christ a fondé son Eglise, Pierre est cette clef de voûte de l’institution qui ne peut disparaître sans que l’édifice ne s’écroule.

C’est la triste histoire de tous les schismes qui déchirèrent malheureusement l’Eglise : se séparant de Pierre, toutes les dérives virent le jour, et les sectes schismatiques disparaissent les unes après les autres tandis que traverse les âges cette Eglise, épouse du Christ, qui régénère perpétuellement cette institution salie par les atteintes que lui portent les hommes qui la composent.

Non l’attachement à Pierre n’est pas optionnel, il est de foi, cet attachement est éminemment volontaire, surtout aujourd’hui. Car malgré toutes les vicissitudes que connaît aujourd’hui l’Eglise, notre foi nous commande de rester attachés à la papauté. Et c’est tout le remarquable exemple de Mgr Lefebvre. Malgré le libéralisme de Jean XXIII, malgré les destructions liturgiques et doctrinales de Paul VI, malgré le scandale d’Assise et les excommunications qui furent fulminées contre lui par Jean-Paul II, l’archevêque resta attaché de toutes les fibres de son être au pape.

Mais, à l’exemple de saints de l’histoire de l’Eglise, en commençant par saint Paul, cet attachement le contraint à devoir reprendre le pape dans des termes parfois très forts, parce que ce dernier agissait contre son devoir. L’opposition de Mgr Lefebvre ne fut pas mièvre, il ne fut pas mou, il ne se perdit pas dans des contorsions de langage ou dans des rondeurs d’expression. Le respect dû à la fonction et à la personne du pape ne l’empêcha pas de dénoncer avec les mots appropriés le scandale provoqué par ces derniers.

C’est ainsi que Mgr Lefebvre n’hésita pas à employer le mot d’anti-Christ, d’apostat, de schismatique ! Et il le fit à l’encontre des fossoyeurs de l’Eglise, fussent-ils papes, non pour les insulter, non pour les dénigrer ou les rabaisser, mais pour désigner avec vérité la gravité de la réalité des actes de ces personnes, sans que cela ne l’empêcha un seul instant de montrer la plus grande déférence et le plus grand respect pour le pape.

La condescendance mondaine voudrait imposer, sous prétexte d’un faux respect et d’une charité dévoyée, un langage aseptisé au point que toute dénonciation de l’erreur serait perçue comme une atteinte à l’honneur et à la fonction de la personne. Ce pain vicié ne fut pas celui de Mgr Lefebvre. Ce grand prélat donné par la providence nous a montré comment aimer le prochain et l’Eglise, et notamment le Souverain Pontife dans ces temps de crise. La vraie charité est celle qui déteste le péché mais qui aime par le Christ et pour le Christ le pécheur : Credidimus Caritati, nous avons cru en la Charité ; ce fut la maxime épiscopale de Mgr Lefebvre qu’il appliqua avec tant de vertu.

Austremoine