Mgr Williamson : humanisation fatale

Quelques catholiques qui soutiennent que le Siège Apostolique est vacant, protestent fermement contre les récents numéros de ce « Commentaire », car ils paraissent mettre au même niveau l’hérésie universelle du libéralisme et l’opinion particulière du sédévacantisme. Mais alors que ce « Commentaire » ne cesse d’attaquer la plaie du libéralisme, a-t-il fait récemment plus que d’apporter des arguments selon lesquels personne n’est obligé d’être sédévacantiste ? Et si l’on considère quel piège stérilisant s’avère être le sédévacantisme dans certains cas, n’est-ce pas là une prise de position bien modérée ?

Ce que maintient ce « Commentaire», c’est que le sédévacantisme, bien qu’admirable en tant qu’effort pour combattre le libéralisme dans l’Église, est au mieux un moyen inadéquat de ce faire, car il partage avec les libéraux d’aujourd’hui l’une de leurs erreurs fondamentales, à savoir l’exagération de l’infaillibilité papale. Dans toute sa profondeur cette erreur nous ramène au cœur de l’actuelle crise sans précédent de l’Eglise, et voilà pourquoi ce « Commentaire » va insister, tout en demandant pardon aux lecteurs indûment ennuyés ou offensés. Car c’est toute l’Eglise qui est en jeu et pas seulement les sensibilités de tels ou tels de ses membres.

Cette erreur en toute sa profondeur s’étale sur les 700 dernières années. C’est l’humanité tournant le dos lentement mais sûrement à Dieu, à Son Fils et à Son Eglise. Au sommet du Moyen Âge, les Catholiques avaient une Foi claire et forte, saisissant l’unicité et l’exclusivité du Dieu objectif et de sa Vérité sans contradiction. Par exemple Dante n’eut aucune difficulté à mettre plusieurs Papes dans son Inferno. Mais au fur et à mesure que l’homme se plaça lui-même toujours plus au centre de toutes choses, Dieu perdit sa transcendance absolue au dessus des créatures, et la Vérité devint de plus en plus relative, non plus à l’autorité de Dieu, mais à celle de l’homme.

Dans le cas de l’Eglise, prenez par exemple la 13ème des 17 « Règles pour sentir avec l’Eglise » du célèbre livre des Exercices Spirituels de Saint Ignace, loué par d’innombrables Papes depuis lors et sans aucun doute responsable d’avoir contribué puissamment au salut de millions d’âmes. Saint Ignace écrit : « Pour ne nous écarter en rien de la vérité, nous devons maintenir le principe de croire que le blanc que je vois est noir, si l’Eglise hiérarchique le décide ainsi ». Une telle position pourrait renforcer l’autorité des hommes d’Eglise à court terme, mais ne court-elle pas le risque grave de séparer l’autorité de la vérité à long terme ? « Nous n’avons aucune autorité contre la vérité, m ais pour la vérité » (II Cor, XIII, 8).

De fait, vers la fin du 19ème siècle le libéralisme était devenu si puissant que l’Eglise se vit obligée à renforcer sa propre autorité par la Définition en 1870 de son Magistère opérant au maximum de son pouvoir, à savoir chaque fois que 1) un Pape 2) définit 3) un point de Foi ou de morale 4) de manière à obliger en conscience toute l’Eglise. Mais mus depuis lors par une pensée trop humaine, trop de Catholiques, au lieu de rapporter ce Magistère Extraordinaire à Dieu et à l’immuable Vérité du Magistère Ordinaire de l’Eglise, ont eu tendance à prêter à la personne humaine du Pape une infaillibilité qui provient de Dieu et qui n’appartient qu’à Dieu seul. Ce processus d’humanisation a engendré une infaillibilité envahissante qui devait d’une façon presque inévitable aboutir dans la prétention grotesque de Paul VI de refondre la Tradition de l’Eglise au nom d’un « Solennel Magistère Ordinaire ». La grande majorité des Catholiques l’ont suivi docilement, et jusqu’à ce jour la plupart d’entre eux deviennent jour après jour libéraux en suivant les Papes Conciliaires, tandis qu’une petite minorité de catholiques se voit acculée à nier que les responsables de la folie conciliaire puissent être Papes tout simplement.

Personnellement je respecte bon nombre de sédévacantistes, dans la mesure où ils croient en l’Eglise et où ils désespèrent de trouver une autre solution à un problème infiniment grave de l’Eglise. Mais à mon avis ils feraient bien de regarder plutôt vers l’infinie hauteur et profondeur de Dieu Lui-même.

Kyrie Eleison.

Mgr Richard Williamson

Le problème du sédévacantisme est celui du monde et de l’Église modernes : prendre trop en considération l’homme, et trop peu Dieu.


Abbé Hubert Gaspard : le Pape Jean-Paul II mérite-t-il d’être canonisé ?

Source : le Belvédère

Sur terre, un des titres du pape régnant est « Sa Sainteté, le Pape… ». Maintenant que ce pape a quitté notre monde peut-il encore recevoir ce titre ?

L’objet de la canonisation, c’est d’abord et avant tout la sainteté de la personne et les vertus héroïques qui vont de pair avec la sainteté. Ce ne sont que secondairement et occasionnellement les faits miraculeux qui attestent l’héroïcité surnaturelle des vertus. Le surnaturel des miracles et des faits extraordinaires n’est donc pas évoqué pour lui-même, mais seulement pour attester l’origine divine des vertus et manifester l’éminente grâce sanctifiante.  C’est la signature de Dieu.

La sainteté, fondement de toute canonisation, est un état extraordinaire de vie surnaturelle, extraordinaire en ce sens qu’il est bien au-dessus de la voie commune. Cette sainteté consiste en la grâce sanctifiante possédée à un degré exceptionnel, un tel degré de charité divine qu’elle est accompagnée des vertus infuses et acquises pratiquées jusqu’à l’héroïsme. Et en premier lieu, les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité.

Cet héroïsme des vertus est comme le thermomètre de la sainteté : là où il y a sainteté véritable, il y a aussi vertu héroïque, et là où les vertus sont pratiquées à un degré héroïque, il y a sainteté.

La grâce sanctifiante ne pouvant pas être appréhendée par les sens, et donc connue directement par l’homme, le jugement sur la sainteté se fera à partir de l’héroïcité des vertus.

Les vertus étant connexes entre-elles (c’est-à-dire que lorsque l’on avance dans une vertu, on progresse également dans toute les autres [ceci est très intéressant pour notre vie spirituelle : cherchons à bien pratiquer une vertu et nous nous perfectionnerons dans toutes les autres]), l’organisme spirituel d’un saint comportera nécessairement l’ensemble des vertus à un degré éminent. À contrario, la défaillance dans une seule vertu sera le signe certain de l’absence de la sainteté dans la personne et donc qu’elle n’est pas digne d’être canonisée.

Puisque le but principal de la fonction du Pape est de « confirmer ses frères dans la foi » (Luc XXII, 32) examinons chez Jean-Paul II la vertu de foi.

Suivons ce Pape dans certaines de ses manifestations publiques où la foi est à l’oeuvre. Commençons par l’Afrique dans les forêts sacrées du Togo le 9 août 1985, où il participe activement aux cultes animistes et s’en félicite par la suite.

Allons à Rome le 13 avril 1986 et nous verrons pour la première fois un pape en visite officielle dans une synagogue.

Ce Pape, c’est Jean-Paul II.

Quelques mois plus tard, rendons- nous à Assise et le 27 octobre nous le trouvons au milieu des chefs de toutes les fausses religions (le vicaire de Jésus-Christ est ainsi ravalé au même niveau que tous ces idolâtres) pour prier avec eux !

Le 14 mai 1999, Jean-Paul II embrasse publiquement le coran, par ce geste et par son propos, il semble élever le Coran au rang de la parole de Dieu (à la messe, après l’Evangile, le prêtre embrasse le missel, justement parce qu’il contient la parole de Dieu).

En pleine Terre Sainte, le 21 mars 2000, Jean-Paul II implore Saint Jean-Baptiste pour la protection de l’Islam !

Il y a quelques décennies, selon les normes même du droit ecclésiastique, de tels gestes auraient suffi à jeter la suspicion d’hérésie sur la personne qui les aurait posés. Cela est contraire au 1er article de notre Credo :

« Je crois en un seul Dieu » et va contre le 1er commandement de Dieu « Tu adoreras Dieu seul… »

Manifestement, le pape Jean-Paul II n’a pas pratiqué la vertu de foi de façons héroïque (on serait plutôt porté à se demander s’il l’avait).

Lorsque l’Eglise canonise un saint, elle affirme qu’il a pratiqué les vertus surnaturelles à un degré héroïque et que cette pratique constitue pour tous les fidèles de l’Eglise une norme si sûre qu’en s’y conformant, ils sont assurés de parvenir au salut éternel. Le saint est donc donné en exemple pour ses vertus.

Non ! Le pape Jean-Paul II n’est pas saint ! Il n’est pas possible de proposer en modèle un homme qui a posé tant d’actes contraire à la foi. Cela restera vrai quand bien même un pape, François ou un autre, déclarerait le contraire.

Ce serait donc un scandale de plus dans l’Eglise si le pape Jean-Paul II était élevé à la gloire des autels et donné en modèle. Prions, comme l’a demandé monsieur l’abbé de Cacqueray, pour que l’Eglise ne soit pas souillée par une telle ignominie.

Abbé Hubert Gaspard


Abbé Benoît Storez : est-il possible que Jean XXIII et Jean-Paul II soient réellement saints ?

Source : Le Belvédère

Canoniser Vatican II, telle est la mission que se sont assignés les promoteurs de la nouvelle évangélisation. Comme il s’agit d’un concile pastorale, n’en déplaisent à certains qui veulent le dogmatiser, les textes eux-mêmes sont un point d’appui qui manque de solidité. Le Concile n’a pas voulu faire de magistère dogmatique, on ne peut revenir là-dessus.

Alors pour renforcer son autorité, on va canoniser ses zélateurs : Jean XXIII, le pape qui l’a convoqué, et Jean-Paul II, le pape qui l’a le plus appliqué. Canoniser, c’est citer en exemple. En donnant les vies de Jean XXIII et Jean-Paul II comme modèles, c’est le Concile vécu que l’on donne en modèle. Voulez-vous parvenir au ciel ? Vivez le concile Vatican II, comme Jean XXIII et Jean-Paul II l’ont vécu. Voilà ce que nous disent ces canonisations qui se préparent.

Une telle déclaration renforcerait l’autorité de Vatican II car les canonisations sont normalement revêtues du sceau de l’infaillibilité. Il serait téméraire de prétendre purement et simplement le contraire, du moins s’il s’agit de vraies canonisations, car ce point est enseigné de façon universelle par les théologiens depuis longtemps. La raison en est d’ailleurs simple : par la canonisation, le pape, en un acte solennel, définit de façon irréformable un moyen assuré pour parvenir au ciel. C’est donc une forme de définition sur un domaine qui touche à la foi et à la morale, ce qui entre dans le cadre du magistère solennel du pape. Ceci nous place face à une difficulté qui a suscité ces derniers temps de nombreuses questions : est-il possible que Jean XXIII et Jean-Paul II soient réellement saints ? A cette question, la réponse certaine est NON. Sans vouloir présumer de leur sort éternel, on peut affirmer qu’ils n’ont pas fait preuve d’un héroïsme suffisant, loin s’en faut, dans le pratique de certaines vertus. Or, c’est bien l’héroïsme dans l’exercice de toutes les vertus que l’Eglise a toujours exigé pour accorder la gloire des autels aux saints qu’elle canonise. Quoiqu’on puisse en dire aujourd’hui, la vraie sainteté ne saurait exister sans cet héroïsme.

Certains objecteront que la canonisation étant garantie par l’infaillibilité, il ne convient même pas de se demander s’ils sont vraiment saints car le Saint-Esprit lui-même par la voix de l’Eglise a déjà répondu. L’objection est sérieuse, certes, mais non pas insurmontable, ainsi que le montrent plusieurs articles de ce bulletin. Mais de toute façon, est-il envisageable pour un catholique d’imiter l’exemple de quelqu’un qui a baisé avec respect le coran ou qui saluait dans les juifs déicides nos frères aînés dans la foi ? Est-il possible que le chemin du ciel passe par les réunions oecuméniques d’Assise, les pratiques de dévotions devant le Mur des Lamentations ? Vouloir fermer les yeux sur tant d’actes scandaleux en s’appuyant sur l’infaillibilité des canonisations, c’est faire comme l’autruche qui met la tête dans le sable, et il n’est pas facile de voir clair dans une telle situation.

Abbé Benoît Storez


Mgr Lefebvre : « j’accuse le Concile » me semble la réponse nécessaire au « j’excuse le Concile » du cardinal Ratzinger

Source : La Porte Latine

Je veux bien considérer des causes extérieures de la crise de l’Eglise, notamment une mentalité libérale et jouisseuse qui s’est répandue dans la société, même chrétienne, mais justement, qu’est-ce que Vatican II a fait pour s’y opposer ?

Rien ! Ou plutôt, Vatican II n’a fait que pousser dans ce sens !

— J’userai d’une comparaison : Que penseriez-vous, si devant un raz de marée menaçant, le gouvernement hollandais décidait un beau jour d’ouvrir ses digues afin d’éviter le choc ? Et s’il s’excusait ensuite, après l’inondation totale du pays : « Nous n’y sommes pour rien, c’est le raz de marée ! » Or c’est exactement cela qu’a fait le Concile : il a ouvert tous les barrages traditionnels à l’esprit du monde en déclarant l’ouverture au monde, par la liberté religieuse, par la Constitution pastorale « l’Eglise dans le monde de ce temps » (Gaudium et spes ), qui sont l’esprit même du Concile et non l’anti-esprit !

Quant à l’anti-esprit, j’admets bien son existence au Concile et après le Concile, avec les opinions tout à fait révolutionnaires des Küng, Boff, etc …. qui ont laissé bien en arrière les Ratzinger, Congar, etc. Je concède que cet anti-esprit a complètement gangrené les séminaires et universités ; et là, le Ratzinger universitaire et théologien, voit bien les dégâts : c’est son domaine.

Mais j’affirme deux choses : ce que le cardinal Ratzinger nomme « anti-esprit du Concile » n’est que l’aboutissement extrême des théories de théologiens qui furent experts au Concile ! Entre l’esprit de Vatican II et le soi-disant anti-esprit, je ne vois qu’une différence de degré, et il me paraît fatal que l’anti-esprit ait influé sur l’esprit même du Concile. — D’autre part l’esprit du Concile, cet esprit libéral que j’ai analysé plus haut longuement et qui est à la racine de presque tous les textes conciliaires et de toutes les réformes qui s’en sont suivies, doit être lui-même mis en accusation.

Autrement dit, « j’accuse le Concile » me semble la réponse nécessaire au « j’excuse le Concile » du cardinal Ratzinger ! Je m’explique : je soutiens, et je vais le prouver, que la crise de l’Église se ramène essentiellement aux réformes post-conciliaires émanant des autorités les plus officielles de l’Église et en application de la doctrine et des directives de Vatican II. Rien donc, de marginal ni de souterrain dans les causes essentielles du désastre post-conciliaire ! N’oublions pas que ce sont les mêmes hommes et avant tout le même pape, Paul VI, qui ont fait le Concile et qui l’ont ensuite appliqué le plus méthodiquement et officiellement du monde, en usant de leur autorité hiérarchique : ainsi le nouveau missel de Paul VI a été « ex decreto sacrosancti oecumenici concilii Vaticani II instauratum, auctoritate Pauli PP. VI promulgatum ».

Mgr Lefebvre, Ils l’ont découronné – Partie IV : Le catholicisme libéral


Les mondains…spirituels !

Le mondain est oecuméniste par nature, rien ne le heurte plus que de se voir rejeter à cause des principes qu’il voudrait tenir de la société de ceux qu’il veut pour amis. Pour le mondain, le premier principe est lui-même, car sa mondanité est libérale, aucun principe ne devant gêner ses relations sociales ou sa façon de vivre et de penser.

Que ses amis le trouvent trop rigide, qu’ils lui trouvent des idées trop fermes, le mondain s’empressera de rectifier tout en rondeur ces honteuses dispositions ! Que la majorité change d’avis, il s’empressera de s’accommoder de cette nouvelle situation et glissera avantageusement vers les plus nombreux.

Ne croyez pas que le mondain est sans morale ni principe, non ! Car pour rester dans ce monde qui le rassasie, le mondain se doit de tenir un rang. Tel monde, telles règles : le monde qu’il courtise lui impose ses règles, et elles sont fluctuantes. Le mondain n’agit pas en fonction de ce qui est bien, mais en fonction de ce qui fait bien !

Surtout que personne ne dérange le mondain dans sa façon de vivre, il ne supporte pas d’autres principes que celui de son nombril, ou du moins, il n’accepte pas que ces principes passent avant lui-même. Et si par malheur quelqu’un lui exposait les conséquences pratiques que tel ou tel principe de foi ou de morale implique dans sa vie quotidienne, il le traitera de sectaire, de fou, etc.

Dans l’actuelle crise de l’Eglise, le mondain vous affublera des sobriquets de schismatique, d’excommunié et que sais-je ! Il sera aussi excluant qu’un libéral sait être dur et contraignant. Sa douceur mielleuse est conditionnée à sa sécurité relationnelle, son humilité apparente n’est que le conditionnement accepté aux exigences sociales de son monde. Le mondain, si son milieu le lui impose, critique le Novus Ordo mais ne craint pas d’y assister, ou dans un autre registre, il n’hésite pas à dire son admiration et son accord avec Mgr Lefebvre tout en tenant la main de ceux qui l’ont conspué ou qui vivent de sa condamnation.

Le mondain ne raisonne pas en termes de vrai ou de faux, de bien ou de mal, mais il considère les choses sous le prisme avantage ou inconvénient, reconnaissance ou mépris. Il est un véritable oiseau de nuit qui n’a pas besoin de la lumière de la Vérité, son regard relativise tout dans la pénombre généralisée du consensualisme. Le mondain n’a que faire de l’objectivité du bien et du mal, il ne s’intéresse qu’à la subjectivité de son ego qui lui commande ce qui lui est le plus avantageux aux yeux des autres.

Qu’un prêtre lui explique et lui expose les réalités concrètes qu’imposent certains principes, il s’y refuse violemment. Expliquez au mondain que si la messe de Paul VI est mauvaise il ne faut pas y assister, il s’y refusera si cela va contre les habitudes de son monde. Si vous lui expliquez que l’assistance aux messes Motu Proprio est dangereuse en raison des déviances doctrinales graves du célébrant, entre autres, (même si on ne peut que se réjouir de voir des prêtres dire l’ancienne messe), il se scandalisera si cela le gêne dans ses relationsmondaines !

Alors le mondain vous lancera son trait de choc, mais toujours la main sur le cœur : « ne nous mêlez pas à ces querelles ecclésiales auxquelles nous ne comprenons rien, mais parlez-nous du si bel évangile du jour ! Vous comprenez monsieur l’abbé, ce que nous recherchons, c’est du spiritueeellll ! » Et le mondain de dire qu’il ne faut pas être excessif, qu’il faut se recentrer ! Et si le prêtre, deux sermons par an (sur cinquante quatre), a le malheur d’aborder des sujets ayant trait à la crise de l’Eglise, et bien ce seront deux sermons de trop !

Le mondain n’est pas vraiment catholique, et s’il l’est, c’est surtout pour satisfaire à une nécessité sociale…

Le mondain n’est pas l’outil de Dieu, il est un jouet du monde.

Austremoine


Ne pas laisser des hosties consacrées dans des mains conciliaires

lire aussi : Le Novus Ordo Missae : un triple déni de justice pour un rite illégitime

La messe de mariage fut célébrée par un prêtre de la FSSPX dans une église diocésaine et les consentements furent reçus par le prêtre de la paroisse.

« Mais ce qui vraiment me choqua est que, la Communion distribuée, il consomma tout un ciboire d’hosties qu’il avait consacrées au cours du Saint Sacrifice pour ne pas les remettre au tabernacle, de peur sans doute qu’elles ne soient souillées par les mains impies d’autres que lui. Quand le doute était permis ou que les circonstances l’exigeaient, j’ai pu comprendre qu’on agisse de la sorte. En l’occurrence la sincérité et la droiture de notre hôte ne faisaient pas de doute et j’ai trouvé ce type de comportement insultant, même si je crois avoir fait la preuve de mon conservatisme réactionnaire sur ce forum. »

Voilà ce qu’on peut lire sous la plume d’un dénommé « Non nobis » sur le forum catholique. Nous passerons sur les commentaires à l’emporte pièces et sur les affirmations gratuites qui entourent cet extrait et qui laisse transparaître une hargne bien soutenue envers la FSSPX, hargne que cet intervenant tente de faire accepter sous des allures bien hypocrites au prétexte qu’il serait « un conservateur réactionnaire » !

La réponse est pourtant simple : qu’est-ce qu’une hostie consacrée ? C’est Dieu. Dieu par le Fils dans toute sa majesté, dans son âme, sans son corps et dans sa divinité. Ce qui devrait suffire à faire comprendre quelle vénération et quelle précaution nous devrions avoir devant le Très Saint Sacrement. L’Eglise dans sa liturgie, redouble d’égards et de gestes de respect d’adoration envers Jésus Hostie. Mais tous, pris dans notre monde sécularisé et matérialiste, nous avons du mal à percevoir l’infinie grandeur de ce mystère et la vénération qu’on lui doit.

L’autre aspect de la réponse est hélas terrifiant : qu’est-ce que la liturgie nouvelle de Paul VI, si ce n’est une liturgie néo-protestante qui s’éloigne dans le fond comme dans le détail de la théologie catholique et qui par sa nature et sa conception, encourage tous les délires que l’homme puisse imaginer et qui laisse la porte ouverte à tous les scandales et sacrilèges que les catholiques observent avec effroi depuis 40 ans. Qu’on ne parle pas des messes de Paul VI célébrées « dignement », car les rubriques – même si elles sont écrites en latin – ont supprimé la majorité des gestes de révérences envers le Saint Sacrement et surtout, quelle que soit la façon de célébrer le nouveau rite, celui-ci reste équivoque et anthropocentrique et repose sur une théologie néo protestante.

Il n’est pas question de juger de façon péremptoire de « la sincérité et de la droiture » de ce prêtre diocésain comme le fait « Non nobis ». Nous ne connaissons rien de la sainteté de ce prêtre, ni de sa droiture ou de sa sincérité. Dieu seul sonde les reins et les cœurs. D’ailleurs nous ne savons pas s’il est le seul prêtre de cette paroisse, ou qui viendra ensuite célébrer une messe dans cette église. Par contre, ce qui est certain et objectif, c’est que ce prêtre célèbre la messe de Paul VI avec tous les aspects dramatiques et intrinsèques à cette liturgie que nous avons rappelés, et ce rite mauvais – ce rite bâtard – est celui qui est utilisé majoritairement dans cette église diocésaine.

La réponse est alors évidente : il n’est pas possible de laisser Jésus-Hostie dans des mains qui, de façon consciente ou non, utilisent une liturgie mauvaise qui, de façon objective, laisse la porte ouverte à tous les sacrilèges et qui génère tant de scandales depuis son élaboration.

Austremoine


Marion Duvauchel : Théorie du genre – Messieurs les Evêques de France, vous êtes de mauvais pasteurs…

Source : medias-presse.info

Ceux qui ont lu le livre II de la République se souviennent que Platon y décrit la Cité parfaite dont les poètes seraient bannis. Pourquoi ? Non pas, comme le prétend la vulgate philosophique parce que Platon leur reprocherait d’être de tristes imitateurs du réel. Mais parce que ce sont eux qui gouvernent la transmission des valeurs et donc la reprogrammation de la culture d’une génération à l’autre. Et parce que Platon rêve d’un reconditionnement culturel des citoyens.

Car que font les poètes ? Ils composent des récits et ils les racontent !

Les grands schèmes culturels – ce qu’on appelle les patterns – sont transmis par ces récits mythiques ou légendaires. Les récits d’Homère et d’Hésiode constituent une sorte de « Bible » dont la pensée imprègne tous les niveaux de conscience, dont l’autorité s’exerce sur tous les plans. Ils sont comme un « livre » que beaucoup connaissent largement par cœur, et dont la lettre régit une sorte d’inconscient collectif – en tout cas des schèmes de conduite. D’où l’exceptionnelle importance de ces poètes.

La composition des récits est une activité qui n’appartient donc pas au Législateur.

Ce qui lui appartient, c’est de fournir les modèles et de décider des lois qui gouvernent la production de ces récits fondateurs de culture. C’est donc à lui de définir les normes de création des poètes. Ou de les redéfinir.

Par qui sont récités ces contes qui structurent les grandes conduites humaines ? Platon se pose la question et il y répond : ils sont récités par les mères et les nourrices aux enfants petits…

Ce n’est pas de poétique dont il est question au livre II de la République, c’est d’éducation… Et de l’éducation des enfants petits. C’est pour pouvoir redéfinir les normes de création des récits qui vont gouverner les valeurs de la cité – et donc gouverner les hommes – qu’il faut chasser les poètes de la cité parfaite !

Le monde chrétien a beaucoup aimé Homère et Hésiode. Mais il a pourtant une tout autre « Bible », un grand récit qui gouverne ses conduites humaines. La norme de composition de cette déroutante fresque est tout à fait singulière : elle est révélée…

L’Ancien Testament décrit figurativement une succession d’alliances qui va de Noé à David, et l’histoire de la constitution patiente d’un peuple, aujourd’hui l’Eglise. Le Nouveau Testament raconte l’histoire d’un Dieu qui se fait homme et qui vient guérir et enseigner avec un mode pédagogique singulier : la  « parabole ». La Bible décrit comment Dieu a fait entrer dans l’humanité une information nouvelle, portée par un petit peuple héroïque, à la longue histoire, dont l’Eglise est héritière.

Ces récits sont là pour la mémoire et pour l’intelligence. Ils ont fait l’objet d’une longue histoire de pensée, d’exégèse, d’interprétation – la théologie – et ils gouvernent tous les grands « patterns » chrétiens. Ordonné à son Dieu, le chrétien ne vit pas soumis à la règle de son bon plaisir, de ses « droits » divers. Il vit soumis à un Dieu juste et bon, à une Loi bonne, dans un régime particulier qui est celui de la Grâce. Il vit en Homme, parmi d’autres hommes.

Ces récits mythologiques gouvernent aussi son rapport au corps. Au sien, et à celui de l’autre. Il est fondé sur une norme simple : le corps traduit l’éminente dignité de l’homme. Il est même « le temple de l’Esprit Saint ». La nudité n’est pas honteuse, elle est chargée de sens, ce qui n’est pas la même chose.

La cité platonicienne, c’est le projet de M. Vincent Peillon. Les enfants y appartiennent à l’Etat et il s’agit de les programmer selon les normes officielles et dans le nouveau paradigme anthropologique que le Législateur entend bien imposer et qui s’appelle « la théorie du genre ».

Mais ce nouveau conditionnement rencontre une résistance inattendue: celle des chrétiens. Ils ont compris les enjeux de ce nouvel ordre anthropologique du « tous à poil ». Et ils protestent et refusent. Ils « réagissent ». Cette réaction ne fait pas d’eux des réactionnaires, mais des hommes et des femmes qui s’opposent à un nouvel ordre inique qui prétend soumettre les intelligences et les reprogrammer.

Et nos Evêques ? Que pensent nos Evêques de tout cela ?

On aurait pu croire que devant tant d’attaques, devant l’ombre toujours plus menaçante qui s’avance sur l’Eglise, sur la religion dont ils sont les garants, ils auraient élevé leur protestation prophétique.

Mais rien… Nos Evêques ne disent rien. Si, nos Evêques de France invitent à la vigilance lors des prochaines élections…

Y  a t-il une raison à ce silence ?

Oui, il y a une raison.

Nos Evêques de France vivent encore imprégnés de la puissante et sirupeuse théologie de la récupération des « valeurs du monde », celle qui, depuis bientôt trois générations pare le monde d’admirables qualités évangéliques, fruits de l’action de l’Esprit Saint. Celle qui veut que le monde soit animé d’une force divine qui le fait aller de l’avant. Voilà les dogmes massivement imposés depuis des années. Quiconque ne suit pas la ligne du parti est évidemment qualifié de rétrograde ou de réactionnaire.  

On juge l’arbre à ses fruits.

Les fruits ? La pastorale de « l’aller au monde » ! Pierre Chaunu, qui ne mâchait pas ses mots, l’avait qualifiée de « pastorale du chien crevé au fil de l’eau ».

Un bref tour d’horizon devrait pourtant suffire à convaincre n’importe quel esprit un peu lucide.

Les news magazines qui offrent à la curiosité des cerveaux démembrés les anatomies intéressantes de « people » aux loisirs d’une consternante pauvreté et à la vie sexuelle abêtissante : l’œuvre de l’Esprit !

La jouissance obligatoire et forcenée et le culte du corps, la socialisation forcée et la grande flambée des dépressions : l’œuvre de l’Esprit !

La finance souveraine, la pathologie sécuritaire, la vengeance dans toutes les bouches, la justice ordonnée à des avatars techniques ou à des procédures formelles : l’œuvre de l’Esprit !

La vieillesse abandonnée et sous peu euthanasiée : l’œuvre de l’Esprit !

Le suicide massif des jeunes, de tous les jeunes, pas seulement des indécis en matière d’identité sexuelle dont l’Education nationale prend un soin jaloux : l’œuvre de l’Esprit !

La déprogrammation forcenée des enfants dès le primaire, l’illettrisme grandissant, les écoles dévastées, le mépris du travail intellectuel et de l’abstraction, mais aussi celui de l’œuvre de nos mains, le mépris du travail manuel : l’œuvre de l’Esprit !

La vie tressaillante et fragile, la promesse d’homme détruite dés le départ à travers le voile de la chair maternelle : l’œuvre de l’Esprit saint !

Une jeunesse qui boit – homosexuelle ou pas – et qui boit comme un « trou », par jeu, par bravade, par défi stérile et vain, l’œuvre de l’Esprit saint « au cœur de ce monde », comme on nous fait bêler pendant nos liturgies salopées.

Un univers professionnel trépidant, inutilement stressant, de plus en plus stérile et stérilisant, criant d’iniquité  voire inhumain: l’œuvre de l’Esprit Saint !

Et dans nos paroisses de France : la culture de la niaiserie, la geignardise généralisée, l’infantilisation forcée (y compris pendant la liturgie), l’autosatisfaction autiste. Tout cela excusé et justifié au nom de l’amour mal compris !

L’œuvre de l’Esprit de sainteté ?

« Amen, Amen, je vous le dis, si vous ne vous convertissez pas, vous mourrez dans votre péché ».

La vie humaine est une aventure à haut risque, ce risque, Dieu le partage avec nous : voilà ce qu’il fallait dire aux hommes et aux femmes de ce monde privé de toute transcendance, abruti de loisirs et de jeux télévisés.

Dieu dit vrai, vrai est son amour, vraie sa Parole. Mais vraies aussi ses exigences envers ceux et celles qui ont cru en sa Promesse. Et vrai sera son Jugement. Voila ce qu’il faut leur dire.

Il y va de l’avenir du christianisme, il y va des conditions de sa diffusion et de sa transmission, il y va d’une histoire vieille de quatre millénaires, il y va des droits de Dieu et de ceux de l’humanité.

Et accessoirement, il y va de notre honneur et de l’honneur de l’Eglise de France.

Nos Evêques de France auront à rendre compte de leur silence.

Ils auront à rendre compte du sang des enfants petits qu’ils ont abandonnés aux nouveaux dieux sanglants de la République, sans même livrer bataille.

Messieurs les Evêques de France, vous êtes de mauvais pasteurs !

Marion Duvauchel

Professeur de lettres et de philosophie


Le pape François ne veut plus d’une Eglise à la mode

Voici une nouvelle qui devrait nous réjouir : le pape François ne veut plus d’une Eglise à la mode, il veut aller au fond des choses. Enfin le successeur de Pierre prend le taureau par les cornes !

L’évènement est relaté par Mgr Jan Graubner, en visite ad limina à Rome le 14 janvier 2014 avec les évêques tchèques :

«Lorsqu’il a été question de ceux qui sont contents de l’ancienne liturgie et qui reviennent vers elle, il était clair que le pape parle avec grand amour, avec attention et affection envers chacun, pour ne blesser personne. Malgré cela, il s’est exprimé de manière assez forte, quand il a dit qu’il comprend chez l’ancienne génération qu’elle retourne vers ce qu’elle a vécu, mais qu’il ne peut pas comprendre la jeune génération qui se tourne vers elle. «Quand je me pose la question plus concrètement – a ajouté le pape – je conclus que c’est une sorte de mode. Et puisque c’est une mode, c’est une chose qui passera, à laquelle il ne faut pas tellement faire attention. Mais il faut garder de la patience et de la bienveillance envers ceux qui sont tombés dans cette mode. Cependant je pense qu’il faut aller au fond des choses, parce que tant que nous n’irons pas au fond, aucune forme liturgique ne nous sauvera, ni l’une, ni l’autre

Il est plaisant de constater que ce que les progressistes ont voulu détruire pour être « à la mode » en s’ouvrant sur le monde, est perçu comme étant à la mode ! La logique progressiste va se détruire elle-même : si le Novus Ordo ne plait pas, c’est qu’il n’est plus à la mode – l’a-t-il seulement été un jour ? -, alors remplaçons le vite par ce qui plait : le Vetus Ordo ! Mais là le conciliaire « à la mode » redevient tout à coup un homme de principe : « Ne cédons pas à la mode ! ».

Le pape jésuite semble se prendre les pieds dans le tapis de la réalité ecclésiale : lui qui est le premier pape fruit intégral de la réforme conciliaire, il ne peut de sa place que constater les ruines accumulées par 50 ans de réformes conciliaires dont la garde est assurée par les cheveux blanchis des soixante-huitards dépassés, et observer que les jeunes générations veulent retrouver toute une Tradition dont ils ont été spoliés et que l’on a calomniée.

Il reste un petit effort au pape François pour proposer le vrai remède dont a besoin l’Eglise : jeter par-dessus bord tout ce qu’on a voulu faire par mode sous couvert d’une fausse adaptation : le concile Vatican II et toutes les réformes mortifères qui en sont issues.

Revenons au fond des choses comme le préconise le pape François : la Tradition n’est pas une mode, c’est un trésor qui perdure et dont la pérennité échappe à toutes les logiques humaines ; c’est l’arche de la nouvelle alliance.

Très Saint Père, la Tradition n’est pas une mode, c’est le roc de l’Eglise.

Austremoine


Mgr Williamson : Anxiété sédévacantiste II

Excellente synthèse et réfutation de l’erreur sédévacantiste.
 

1 Ou bien on accepte les Papes Conciliaires en bloc (comme le font les libéraux – Dieu nous en préserve !) ou bien on les rejette en bloc (comme le font les sédévacantistes). Les accepter partiellement oui et partiellement non, c’est sélectionner et choisir ce que l’on acceptera, comme le fit Luther, et comme le font tous les hérétiques (du Grec : celui qui choisit). Cela est vrai si l’on sélectionne et choisit selon son propre choix personnel, mais cela n’est pas vrai si, comme Monseigneur Lefebvre, on juge selon la conformité ou non à la Tradition catholique, laquelle se trouve dans le trésor de 2000 ans de documents magistériels de l’Église. Dans ce cas on juge en accord avec 260 Papes contre seulement six, mais cela ne prouve pas l’invalidité de ces six derniers Papes.

2 Mais ces six Papes Conciliaires ont empoisonné la Foi et ont mis en danger le salut éternel de millions de Catholiques : cela est contraire à l’indéfectibilité de l’Église.Lors de la crise Arienne du 4ème siècle, le Pape Libère mit la Foi en danger en condamnant Saint Athanase et en accordant son appui aux évêques Ariens de l’Est. Alors pour un certain temps l’indéfectibilité de l’Église n’était plus assurée par l’intermédiaire du Pape mais par son adversaire apparent. Cependant cela ne signifie pas que Libère ait cessé d’être le Pape, ni qu’Athanase ait été le Pape. De même aujourd’hui, l’indéfectibilité de l’Église passe par ceux qui suivent fidèlement la ligne de conduite établie par Monseign eur Lefebvre, mais cela ne signifie pas nécessairement que Paul VI n’ait pas été le Pape.

3 Ce que les évêques du monde enseignent, unis au Pape, c’est le Magistère Ordinaire Universel de l’Église, lequel est infaillible. Or voici que, au cours des 50 dernières années, les évêques du monde unis aux Papes Conciliaires ont enseigné le délire Conciliaire. Par conséquent ces Papes ne peuvent avoir été de vrais Papes.Si le Magistère Ordinaire de l’Église devait s’éloigner de la Tradition en opposition avec elle, il ne serait plus « Ordinaire »,mais plutôt tout ce qu’il y a de plus extraordinaire, parce que la doctrine de l’Église n’admet pas de nouveautés, devant être « Universel » autant dans le temps que dans l’espace. Or la doctrine Conciliaire s’écarte de beaucoup de la Tradition (par exemple la liberté relig ieuse et l’œcuménisme). Par conséquent la doctrine qui est propre au Concile ne tombe pas sous le Magistère Ordinaire Universel, et elle ne peut servir de preuve que les Papes Conciliaires ne furent point Papes.

4 Le Modernisme est « la synthèse de toutes les hérésies » (Saint Pie X). Or, les Papes Conciliaires furent tous des modernistes « publiques et manifestes », c’est-à-dire des hérétiques d’une nature telle que Saint Robert Bellarmin déclarait qu’ils ne pouvaient être membres de l’Église, et à plus forte raison en être la tête. Voyez le « Commentaire » de la semaine dernière. Aux jours de Saint Bellarmin les choses étaient beaucoup plus claires, à savoir « publiques et manifestes », qu’elles ne le sont de nos jours où c’est la confusion qui règne dans les esprits et les cœurs. L’hérésie objective des Papes Conciliaires (c’est-à-dire ce qu’ils disent) est publique et manifeste, mais ce n’est pas le cas de leur hérésie subjective ou formelle (c’est-à-dire leur intention consciente et résolue de nier ce qu’eux savent être l’immuable dogme catholique). La preuve de leur hérésie formelle ne peut être obtenue que par une confrontation avec l’autorité doctrinale de l’Église, par exemple l’Inquisition ou Saint Office (quelque soit son nom). Mais le Pape est lui-même l’autorité doctrinale la plus haute de l’Église, au dessus et au-delà de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Comment donc pourrait-il être lui-même prouvé coupable d’appartenir à cette classe d’hérétique dont on suppose qu’elle seule peut le rendre incapable d’être le chef de l’Église?

5 Mais dans ce cas-là l’Église a fait naufrage sans possibilité de s’en sortir. Encore une fois, voyez le « Commentaire » de la semaine dernière. Les esprits sont aujourd’hui si universellement embrouillés que Dieu seul peut débrouiller un tel chaos. Plutôt que de prouver que ces Papes embrouillés ne sont pas Papes, cette objection suggérerait que Lui seul doit intervenir (et vite, dirait-on !). Mais patience. Dieu nous soumet tous à l’épreuve, et Il a parfaitement le droit de le faire.

Kyrie eleison.
Mgr Williamson


Voilà ce que le libéralisme voudrait, que l’Église elle-même lui rendît le service de désarmer ses plus illustres champions

Il n’est pas besoin d’autorisation de qui que ce soit pour rappeler la doctrine traditionnelle de l’Eglise et la Foi : c’est le devoir de tout baptisé, simplement. Et quand un certains cléricalisme voudrait faire taire des laïcs au prétexte qu’ils ne sont pas théologiens, et cela pour des prétextes inavouables, il convient de leur rappeler que s’ils sont censés – d’une façon générale et non systématique – avoir plus d’expertise dans les matières théologiques, ils n’en n’ont certainement pas l’exclusivité.

Don Félix Sarda y Salvany dans son remarquable livre « le libéralisme est un péché » répond remarquablement à ces détracteurs qui en réalité, pour la plupart, sont dérangés dans leur libéralisme de confort et leur orgueil. Ce livre avait été préfacé par Mgr Lefebvre le 23 novembre 1975 et hautement recommandé par le Saint Office.

Extrait du livre :

Vous avez parlé d’individus et d’écrits libéraux, et vous nous avez recommandé avec insistance de les fuir comme la peste, eux et leurs plus lointaines influences. Or, qui osera de sa propre autorité et sans recourir préalablement à une sentence décisive de l’Église enseignante, qualifier de libéral tel individu ou tel livre ?

C’est là un scrupule, ou mieux une niaiserie, mise en grande vogue depuis quelques années, par les libéraux et les entachés de libéralisme. Théorie nouvelle dans l’Église de Dieu, et que nous avons vue soutenir à notre très grande surprise, par ceux que nous ne nous serions jamais imaginé capables de tomber dans une pareille aberration ! Théorie, du reste, commode entre toutes pour le diable et ses séides ; aussi, lorsqu’un bon catholique les attaque et les démasque, on les voit immédiatement recourir à elle et se réfugier derrière ses tranchées, demandant d’un air magistral et plein d’autorité : « Et qui êtes-vous donc pour nous qualifier moi et mon journal de libéraux ? Qui vous a fait maîtres en Israël pour déclarer qui est bon catholique et qui ne l’est pas ? Est ce à vous qu’il faut demander une patente de catholicisme ? » Cette dernière phrase surtout a fait fortune, comme on dit, et il n’y a pas de catholique entaché de libéralisme qui ne s’en serve comme d’une dernière ressource, dans les cas graves et embarrassants. Voyons donc ce qu’il faut penser sur ce sujet, et si la théologie des catholiques libéraux est une théologie saine en ce qui touche à ce point.

Posons d’abord la question avec toute la clarté et la netteté nécessaire.

Pour accuser de libéralisme une personne ou un écrit, faut-il toujours attendre que l’Église enseignante ait porté un jugement spécial sur cette personne ou sur cet écrit ?

Nous répondons carrément : Non. Si ce paradoxe libéral était une vérité, il fournirait indubitablement le moyen le plus efficace d’annuler, dans la pratique toutes les condamnations de l’Église, relatives aux écrits comme aux personnes.

L’Église seule possède le suprême magistère doctrinal en droit et en fait, de jure et de facto ; sa souveraine autorité se personnifie dans le Pape, et elle est l’unique qui puisse, définitivement et sans appel, qualifier abstractivement les doctrines et déclarer qu’elles sont concrètement contenues dans tel ou tel livre, ou professées par telle ou telle personne. Ce n’est point là une infaillibilité par fiction légale, comme celle que l’on attribue aux tribunaux suprêmes de la terre mais bien une infaillibilité réelle et effective, parce qu’elle émane de la continuelle assistance du Saint-Esprit, et qu’elle est garantie par la promesse solennelle du Sauveur. Cette infaillibilité s’exerce sur le dogme et sur le fait dogmatique, et par suite elle a toute l’extension nécessaire pour résoudre parfaitement en dernier ressort n’importe quelle question. Tout ceci se rapport à la sentence dernière et décisive, à la sentence solennelle, irréformable et sans appel, à la sentence en dernier ressort comme nous l’avons appelée. Mais, cette sentence, destinée à guider et à éclairer les fidèles, n’exclut pas d’autres jugements, moins autorisés mais cependant très respectables, que l’on ne peut pas mépriser et qui peuvent même obliger en conscience le vrai chrétien. Ce sont les suivants et nous supplions le lecteur de bien remarquer leur gradation.

1°- Jugements des évêques dans leurs diocèses

Chaque évêque est juge dans son diocèse, pour l’examen des doctrines, leur qualification et la dénonciation, des livres qui les contiennent ou ne les contiennent pas. Sa sentence n’est pas infaillible, mais elle est éminemment digne de respect et obligatoire en conscience, quand elle n’est pas en contradiction évidente avec une doctrine préalablement définie, ou bien encore quand elle n’est pas désapprouvée par une sentence émanant d’une autorité supérieure.

2°-Jugements des curés dans leurs paroisses

Ce magistère est subordonné au précédent, tout en jouissant dans sa sphère plus étroite, d’attributions analogues. Le curé est pasteur, il peut et doit, en cette qualité, distinguer les bons pâturages des mauvais.

Sa déclaration n’est pas infaillible, mais elle mérite d’être respectée aux conditions énoncées dans le paragraphe antérieur.

3°- Jugements des directeurs de conscience

S’aidant de leurs lumières et de leur science, les confesseurs peuvent et doivent dire à ceux qu’ils dirigent leur pensée sur telle doctrine ou tel livre à propos desquels on les consulte ; apprécier, selon les règles de la morale et de la philosophie, le danger de telle lecture ou de telle compagnie pour leurs pénitents. Ils peuvent même avec une véritable autorité leur intimer l’ordre d’y renoncer. Le confesseur a donc, lui aussi, un certain droit de juger les doctrines et les personnes.

4°- Jugements des simples théologiens consultés par le fidèle laïque

Peritis in arte credendum, dit la philosophie : « Il faut s’en rapporter à chacun pour ce qui relève de sa profession ou de sa carrière ». On ne lui attribue pas une véritable infaillibilité, mais une compétence pour résoudre les questions qui s’y rattachent. Or, l’Église concède aux théologiens gradés un certain droit officiel d’expliquer aux fidèles la science sacrée et ses applications. En vertu de ce droit, ils écrivent sur la théologie, qualifient et jugent d’après leur savoir réel et leur loyale manière de voir. Il est donc sûr qu’ils possèdent une certaine autorité scientifique pour juger en matière de doctrine, et pour déclarer quel livre la renferme et quelle personne la professe. C’est ainsi que de simples théologiens exercent par mandement de l’évêque la censure des ouvrages imprimés et qu’ils se portent garants de leur orthodoxie en y apposant leur signature.

Ils ne sont pas infaillibles, mais leurs avis servent aux fidèles de première règle dans les cas ordinaires et journaliers, et leurs décisions sont valables tant qu’une autorité supérieure ne les annule pas.

5°- jugements de la simple raison humaine dûment éclairée.

Oui, lecteur, cette raison elle-même est un lieu théologique pour parler comme les théologiens, c’est un critère scientifique en matière de religion. La foi domine la raison, cette dernière doit lui être subordonnée en tout ; mais, il est faux de prétendre que la raison ne peut rien par elle seule, faux de prétendre que la lumière inférieure, allumée par Dieu dans l’entendement humain, n’éclaire rien, quoiqu’elle n’éclaire pas autant que la lumière supérieure. Il est donc permis et même commandé au fidèle de raisonner sa foi, d’en tirer des conséquences, d’en faire des applications, d’en déduire des parallèles et des analogies. Le simple fidèle peut ainsi se méfier, à première vue, d’une doctrine nouvelle qui lui est présentée, dans la mesure où il la voit en désaccord avec une autre doctrine définie. Il peut, si ce désaccord est évident, la combattre comme mauvaise et appeler mauvais le livre qui la soutient. Ce qu’il ne peut, c’est la définir ex cathedra, mais il lui est parfaitement licite de la tenir par devers lui comme perverse, de la signaler comme telle aux autres pour leur gouverne, de jeter le cri d’alarme et de tirer les premiers coups. Le fidèle laïque peut faire tout cela, il l’a fait dans tous les temps aux applaudissements de l’Église. Ce n’est point là se faire le pasteur du troupeau, ni même son humble valet ; c’est simplement lui servir de chien de garde et l’aviser en aboyant, oportet allatrare canes. « Il faut que les chiens aboient », rappelle à ce propos avec beaucoup d’opportunité un grand évêque espagnol, digne des meilleurs siècles de notre histoire.

Est-ce que par hasard les prélats les plus zélés ne l’entendraient pas ainsi, eux qui en mille occasions exhortent leurs fidèles à s’abstenir de la lecture des mauvais journaux et des mauvais livres, sans les faire autrement connaître ? Ils montrent ainsi la conviction dans laquelle ils sont que le critère naturel, éclairé par la foi, suffit au fidèle pour les reconnaître par l’application des doctrines déjà connues sur la matière.

L’Index lui-même contient-il par hasard le titre de tous les livres défendus ? En tête de ce recueil, sous la rubrique de : Règles générales de l’Index, ne trouve-t-on pas certains principes auxquels un bon catholique doit s’en rapporter pour juger beaucoup d’imprimés dont l’index ne fait pas mention, mais que les règles données permettent à chaque lecteur de juger par lui-même ?

Arrivons maintenant à une considération plus générale. A quoi servirait la règle de la foi et des mœurs, si dans chaque cas particulier le simple fidèle ne pouvait en faire lui-même l’immédiate application, s’il était continuellement obligé de consulter le pape ou le pasteur diocésain ? De même que la règle générale des mœurs est la loi, et que néanmoins chacun porte au-dedans de soi une conscience, dictamen practicum, en vertu de laquelle il fait les application spéciales de cette règle générale, sous réserve de correction, s’il vient à se tromper, de même la règle générale de la foi, qui est l’autorité infaillible de l’Église, consent et doit consentir à ce que chacun avec son jugement particulier en fasse les applications concrètes, sans préjudice de la correction et de la rétractation qu’il encourt si, ce faisant, il se trompe. Ce serait rendre vaine absurde et impossible la règle supérieure de la foi que d’exiger son application spéciale et immédiate par l’autorité première, à chaque cas, à chaque heure, à chaque minute.

Il y a là un certain jansénisme brutal et satanique, semblable à celui des disciples du malheureux évêque d’Ipres, quand ils exigeaient pour la réception des sacrements des dispositions telles qu’ils les rendaient absolument impossibles pour les hommes au profit desquels ils sont destinés.

Le rigorisme légal (ordenancista) qu’on invoque ici est aussi absurde que le rigorisme ascétique prêché à Port-Royal ; il donnerait des résultats encore pires et plus désastreux. Si vous en doutez, observez ce qui se passe. Les plus rigoristes sur ce point sont les plus endurcis sectaires de l’école libérale. Comment s’explique cette apparente contradiction ? Elle s’explique très simplement, si on veut bien se rappeler que rien ne conviendrait mieux au libéralisme, que cette muselière légale imposée aux lèvres et à la plume de ses adversaires les plus résolus. Ce serait, à la vérité, un grand triomphe pour lui d’obtenir, sous prétexte que personne autre que le Pape et les évêques ne peut parler avec autorité dans l’Église, le silence d’hommes tels que les de Maistre, les Valdegamas, les Veuillot, les Villoslada, les Aparisi, les Tejado, les Orti y Lara, les Nocedal et tant d’autres, dont, par la miséricorde divine, il y a toujours eu et il y aura jusqu’à la fin de glorieux exemples dans la société chrétienne. Voilà ce que le libéralisme voudrait, et, de plus, que l’Église elle-même lui rendît le service de désarmer ses plus illustres champions.

Don Félix Sarda y Salvany


Xavier Celtillos : pape François et le Coran pour avancer

Source : medias-presse.info

Le 20 janvier 2014, lors de la Journée Mondiale des Migrants et des Réfugiés, le pape François s’est adressé à un public majoritairement musulman réuni dans une salle de l’église du Sacré-cœur près de Termini.

Les propos tenus par le Souverain Pontife, et rapportés par le site Rome Reports, ont de quoi étonner :

« Partager notre expérience en portant cette croix pour arracher de nos cœurs la maladie qui empoisonne nos vies : il est important que vous fassiez cela lors de vos réunions. Que ceux qui sont chrétiens le fassent avec la Bible et que ceux qui sont musulmans le fassent avec le coran. La foi que vos parents vous ont inculquée vous aidera toujours à avancer« .

Ces propos sont choquants quand on connaît un tant soit peu le contenu du Coran qui est un appel à la violence et au meurtre. Quoi qu’on en dise, il n’existe pas de 2e Coran édulcoré… Scandale quand ces propos se trouvent dans la bouche du Vicaire du Christ, dont le rôle est de confirmer ses frères dans la Foi ; il nous doit l’annonce de « la Vérité », car c’est l’Église qui en a le dépôt. De ce fait, en dehors d’elle il n’y a pas de Salut éternel possible : tous les papes l’ont rappelé, ainsi que les Conciles jusqu’à Vatican II.

Ce point de doctrine suscite souvent l’incompréhension de notre monde moderne relativiste : il convient de préciser que la doctrine catholique ne se charge pas de faire de tous les non catholiques des damnés — Dieu seul sonde les instants ultimes d’un cœur. Bien sûr, si recherchant la Vérité sans la possibilité d’y adhérer intégralement, un homme est dans ce que l’on appelle en théologie « l’ignorance invincible », Dieu peut lui offrir le Salut [à condition qu’il suive de façon droite sa conscience pour se conformer à la Loi naturelle]. Notons que ce n’est pas « grâce » à ses erreurs qu’un tel homme trouve Dieu, mais bien « malgré » ses croyances erronées. Si Dieu veut lui accorder le Ciel, ce sera dans l’union avec Jésus-Christ, donc au sein de l’Église.

Hélas, bien loin de la doctrine catholique, cette pensée du pape fait écho au passage effroyable de son exhortation apostolique Evangilii Gaudium, exhortation que j’avais abordée sur MPI il y a quelques mois.

Pourtant, il faut bien reconnaître que ces propos du pape n’ont rien d’étonnant et de spectaculaire lorsqu’on se rapporte à la doctrine contenue dans Nostra Aetate du concile Vatican II :

« L’Église regarde aussi avec estime les musulmans, qui adorent le Dieu unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre [5], qui a parlé aux hommes. Ils cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à Dieu Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers. Bien qu’ils ne reconnaissent pas Jésus comme Dieu, ils le vénèrent comme prophète ; ils honorent sa Mère virginale, Marie, et parfois même l’invoquent avec piété. De plus, ils attendent le jour du jugement, où Dieu rétribuera tous les hommes après les avoir ressuscités. Aussi ont-ils en estime la vie morale et rendent-ils un culte à Dieu, surtout par la prière, l’aumône et le jeûne. »

Il y aurait tant à dire sur la confusion et le relativisme engendrés par une telle affirmation : le dieu des musulmans ni trinité, ni même amour serait-il le même que celui des catholiques ? Quant à affirmer que la Vierge Marie est honorée dans l’Islam c’est bien en méconnaître la doctrine et la haine que porte bon nombre de musulmans envers la Sainte Vierge.

Le Ciel du chrétien peut-il se comparer à celui du musulman ? La rétribution du chrétien est la contemplation et la possession éternelle de Dieu, celle du musulman « martyr » est la jouissance sensuelle au milieu de 40 vierges, hommes ou femmes !

Des musulmans « cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de Dieu » (Vatican II), nous les voyons tous les jours dans les pays où plus rien ne les limite ; ce ne sont que persécutions et vexations de chrétiens. Nous ne pouvons laisser passer de telles assertions sans porter un regard de souffrance et sans manifester notre scandale en nous tournant vers nos frères baptisés qui subissent le martyre dans ce bain de sang qui semble ne pas vouloir finir !

Ces propos du pape sont objectivement scandaleux : Vatican II est la source empoisonnée de cette doctrine qui n’est pas catholique. Il y va de la survie de la Foi catholique de mettre au placard la doctrine de ce Concile, car désormais l’Église est rongée par le relativisme et nos sociétés gangrenées par l’athéisme et l’Islam. L’Occident ne se relèvera pas sans l’Eglise, pas cette Eglise conciliaire et relativiste soumise au monde, mais l’Eglise catholique, maitresse de Sagesse et de Vérité, qui a forgé cette civilisation extraordinaire qui a porté nos générations durant deux millénaires.

Xavier Celtillos


Julien Gunzinger : les catholiques suisses ne sont plus… catholiques

Source : eschaton.ch

À la suite de cette consultation, Mgr Büchel affirme : «La doctrine peut et doit s’adapter.»

La consultation des catholiques conduite par les évêques suisses révèle que l’énorme majorité des personnes qui y ont répondu réclame la bénédiction des unions entre invertis, la communion pour les divorcés remariés, la reconnaissance par l’Église de leurs pratiques contraceptives. C’est donc qu’ils ne considèrent pas que les actes homosexuels sont des abominations aux yeux de Dieu alors que la Sainte Écriture en fait un péché qui réclame vengeance du ciel, que le Christ aurait mieux fait de se taire quand il a dit, en parlant du mariage, «  ce que Dieu a uni que l’homme ne le sépare pas » et que la fornication devrait être prescrite par l’Église comme ils la recommandent très certainement à leurs enfants ( ne jamais laisser son grand fils sortir sans lui sonder les poches pour s’assurer qu’il n’a pas oublié son condom) quand bien même st Paul la fustige. Bref les catholiques suisses se dressent sur leurs petits ergots pour toiser l’Église : serait peut-être temps  que tu te mettes à la page, pas à celle du Nouveau testament, mais à celle de la modernité et de ses délices !

Mais pourquoi donc s’en étonner finalement, puisque depuis 50 ans les instances dirigeantes de l’Église se sont enfermées dans une logique totalement schizophrène, maintenant sur les questions de morale ce qu’elles déconstruisent sur le plan de la foi par leur reniement de la royauté sociale du Christ et  leur adhésion au faux dogme de la rédemption universelle qui leur fait considérer que les autres religions sont vecteurs de bénédictions divines et de grands mérites spirituels. Elles ne font en sommes que récolter ce qu’elles ont semé. Depuis 50 ans nous avons en effet assisté à une substitution de l’objet formel de la foi au profit de l’expérience personnelle et il faudrait être surpris que les catholiques prennent désormais leur nombril (ou plutôt leur b…) pour centre du monde.

Le dispositif moderniste depuis Vatican II n’a en effet cessé de s’adosser aux catégories de l’expérience et de la rencontre. Voyez la dernière encyclique de nos deux papes. Elle est tout  à fait symptomatique!

« La foi naît de la rencontre avec le Dieu vivant, qui nos appelle et nous révèle son amour, un amour qui nous précède et sur lequel nous pouvons nous appuyer pour être solides et constrzure notre vie. Transformés par cet amour nous recevons des yeux nouveaux, nous faisons l’expérience qu’en lui se trouve une grande promesse de plénitude et le regard de l’avenir s’ouvre à nous »(paragraphe 5)

(Pour les premiers chrétiens) la foi, en tant que rencontre avec le Dieu vivant manifesté dans le Christ, était une « mère », parce qu’elle les faisait venir à la lumière, engendrait en eux la vie divine, une nouvelle expérience, une vision lumineuse de l’existence pour laquelle on était prêt à rendre un témoignage public jusqu’au but »(paragraphe 5)

« (la foi) est une rupture avec les idoles pour revenir au Dieu vivant, au moyen d’une rencontre personnelle. Croire signifie s’en remettre à un amour miséricordieux »(paragraphe 13)

« la vie du Christ, sa façon de connaitre le Père, de vivre totalement en relation avec lui, ouvre un nouvel espace de l’expérience humaine et nous pouvons y entrer »(paragraphe 18)

« « Abba, Père » est la parole la plus caractéristique de l’expérience de Jésus, qui devient centre l’expérience chrétienne »(paragraphe 19)

« Dans la mesure où elle annonce la vérité de l’amour total de Dieu et ouvre à la puissance de cet amour, la foi chrétienne arrive au plus profond du cœur de l’expérience de chaque homme »(paragraphe 32)

Toutes ses déclarations consacrant l’expérience humaine sont à mettre en contraste avec ce qu’enseignait St Pie X lorsqu’il identifiait le principe à la source du modernisme : « Si maintenant vous demandez sur quoi, en fin de compte, cette certitude ( de la foi en Dieu) repose, les modernistes répondent : sur l’expérience individuelle.(…) et cela est une véritable expérience et supérieure à toutes les expériences rationnelles »(Pascendi). Il expliquait que « cela est contraire à la foi catholique » en évoquant cette condamnation de l’Eglise «  Si quelqu’un dit que la Révélation divine ne peut être rendue croyable par des signes extérieurs, et que ce n’est donc que par l’expérience individuelle ou par l’inspiration privée que les hommes sont mus à la foi, qu’il soit anathème. »

Le contenu objectif de la foi n’a donc cessé d’être honteusement caché à travers la promotion d’un subjectivisme débridé qui excite chez celui qui en est victime le fantasme d’être l’intime de Dieu, le témoin privilégié de sa présence bienveillante,  quand bien même on mépriserait certains dogmes et que cultiverait le péché.  Cette confusion favorise un mysticisme puéril et souvent orgueilleux qui élève les rêveries au rang de manifestations divines. C’est là marcher sur les plates-bandes de la guimauve  rousseauiste. C’est pourquoi saint Thomas rattachait expressément l’expérience de Dieu au don de sagesse uni à la charité, précisant que le fidèle en jouissait le plus souvent au terme de sa vie surnaturelle et non à ses débuts. Cette confusion savamment distillée depuis de nombreuses années par nos derniers papes  s’inscrit dans la logique même de l’œcuménisme et du dialogue interreligieux  qui ne peuvent s’encombrer de  précision et de rigueur dans l’énoncé de la doctrine catholique. Elle est incompatible avec l’amour de la vérité et est exigée par le relativisme théologique consacré au concile Vatican II. Les revendications de ceux qui s’appellent, contre tout évidence, encore catholiques et qui appellent désormais à la démission de Mgr Huonder, l’un des derniers évêques en Suisse a osé clairement leur dire leur fait,  vont donc finalement dans le sens de ce que les instances dirigeantes n’ont cessé de rechercher depuis 50 ans : la conciliation avec la pensée libérale, condamnée en son principe par le Syllabus, qui consiste en un abâtardissement de la foi, son démantèlement progressif qui livre le catholique sans arme devant les légions coalisées du stupre, du mensonge, de l’avilissement et de . La preuve par les résultats de cette consultation.

Julien Gunzinger


abbé François Knittel : leçons du passé, orientations pour l’avenir

Ci-dessous un la conclusion d’un article très intéressant écrit en 2002 par M. l’abbé François Knittel sur les 32 ans (de l’époque) de relations entre le Saint Siège et la FSSPX. Si seule la conclusion est reprise ici, il est fortement conseillé de relire l’article en intégralité.
 
 
Avant de conclure, qu’il nous soit permis de présenter en un tableau synoptique l’ensemble des propositions romaines faites à ce jour à la Fraternité Sacerdotale St-Pie X.
 
A la lecture du tableau synoptique (ci-dessous), il appert clairement que si les propositions romaines cédèrent peu à peu sur la question disciplinaire et canonique (existence de la Fraternité, des séminaires, des prieurés, etc.), en revanche l’acceptation du Concile et de la Messe de Paul VI sont des préalables non négociables, exigés par les autorités actuelles dans l’Eglise. Rien d’étonnant à cela puisque ces deux points définissent le caractère conciliaire de ces autorités ecclésiastiques. Ôtez-les et l’Eglise “conciliaire” cesse d’exister !
 
Si au commencement de l’histoire de la Fraternité, Mgr Lefebvre penchait pour une solution pratique et un modus vivendi concret, la profondeur de la crise et sa prolongation dans le temps lui firent voir l’impossibilité d’un accord pratique, sans un fondement doctrinal commun.
 
Certes, l’autorité conciliaire depuis une quinzaine d’années n’a cessé de vouloir faire signer à Mgr Lefebvre et à ses successeurs des formules doctrinales portant sur le Concile et la nouvelle Messe.
 
Il est toutefois évident que ces textes sont équivoques dans la mesure où ils ne signifient pas la même chose des deux côtés. Ce qui favoriserait nécessairement la secte moderniste qui s’est emparé des postes de commande dans l’Eglise.
 
Il semble donc indispensable de continuer le combat doctrinal contre les erreurs contemporaines : tels Mgr Lefebvre présentant à Rome ses dubia sur la liberté religieuse ou Mgr Fellay présentant à Jean-Paul II ses doutes sur la réforme liturgique. Tout accord véritable devra se faire sur la base de la doctrine traditionnelle, seule voie de salut. À l’inverse, il faudra rejeter tout accord tendant à déterminer la dose de libéralisme et de modernisme que les défenseurs de la Tradition seraient prêts à avaler pour être réintégrés dans le périmètre visible de l’Eglise officielle.
 
Lorsque qu’existera la communion dans la profession de la doctrine traditionnelle, il n’y aura plus aucun différend à régler. Tant qu’un tel accord fera défaut, les formules pseudo doctrinales seront des accords de dupes et leur volet pratique une tentative de plus pour que le petit reste, lui aussi, lui enfin, sacrifié à la révolution.
 
Abbé François Knittel


Père Jean : aujourd’hui, le problème est un problème de principes actuellement dans la Tradition

La communauté des franciscains de Morgon (Rhône) est une communauté traditionnelle amie de la FSSPX. Elle a été fondée le 10 août 1972 par le père Eugène de Villeurbanne et compte actuellement 4 maisons (dont une de clarisses).

Ce sermon constitue la première évocation officielle par les franciscains des désaccords qui surviennent dans la tradition suite à la volonté de la Maison Générale de la FSSPX de ne plus poser comme préalable à tout accord pratique la résolution des différents doctrinaux avec Rome. En juin 2012, Mgr Fellay avait décidé de reporter les ordinations des frères franciscains et dominicains. Il s’agit de la septième communauté religieuse amie de la FSSPX à prendre ses distances avec certaines autorités de la FSSPX, les derniers ayant été les dominicains d’Avrillé le 7 janvier 2014.

Si le fond et les arguments sont bien naturellement ce qui importe le plus, on remarquera aussi la bienveillance, la délicatesse et la charité avec laquelle ces sujets délicats et hautement passionnels sont abordés. Que l’on soit d’accord ou pas avec le père Jean, son exposé a l’avantage de poser une partie de la divergence de façon sereine et claire.

Père Jean,Capucin de Morgon, le 26 janvier 2014

«Autant qu’il vous est possible, soyez en paix avec tout le monde. » Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ainsi soit-il.

Mes chers amis, ce sermon commencera sur cette explication ou plutôt cette invocation de la parole de Dieu tirée non de l’Évangile du jour, mais de l’épître de Saint Paul aux Romains. « Autant qu’il vous soit possible, soyez en paix avec tout le monde. » Autant qu’il soit possible précise Saint Paul. Parce que cette nuit, dans notre office des matines à Morgon, nous avons lu une autre épître de Saint Paul, celle des Galates. Nous avons commencé, pendant cette semaine, nous lirons les matines au milieu de la nuit toute l’épître des Galates. Et au premier chapitre de l’épître des Galates, Saint Paul dit : « si quelqu’un n’a pas le même Évangile qu’il soit anathème ! » Ce n’est plus le même langage. Là, c’est plus possible d’être en paix avec quelqu’un qui a une autre doctrine, un autre évangile.

Alors, permettez-moi donc de partir sur cette parole de Dieu pour essayer de faire l’application à la situation actuelle, aujourd’hui. Quand nous prêchons, nous devons avoir le souci à la fois de vous expliquer la parole de Dieu, la volonté de Dieu, la vérité et puis aussi, eh bien, de l’appliquer au besoin présent, au besoin de vos âmes. Et la plupart d’entre vous, je pense, êtes au courant que depuis quelques semaines, eh bien, il y a de graves événements qui secouent notre monde de la Tradition. Pour ceux qui ne seraient pas trop au courant, je résume très vite. Un certain nombre de prêtres ont quitté la Fraternité et aussi des communautés amies, donc, ont pris leur distance par rapport aux autorités de la Fraternité. Alors vous êtes en droit de vous poser : Et vous Morgon, qu’est-ce que vous faites ? Qu’est-ce que vous pensez de cela ?

J’ai demandé au Père Gardien si je pouvais vous prêcher aujourd’hui sur ce sujet. Non pas de prendre parti pour l’un ou pour l’autre, encore une fois, « autant qu’il vous soit possible soyez en paix avec tout le monde». Samedi-dimanche derniers j’étais avec le père Fidèle-Marie à Avignon, dans un centre de messe de la Fraternité, et nous avons fait du bon ministère, nous avons beaucoup prêché, confessé et ça c’est très bien passé. Et dans quelques semaines, je dois aller à Avrillé prêcher ou plutôt faire une séance de sessions de théologie mariale pendant une semaine aux pères d’Avrillé. «Autant qu’il vous est possible, soyez en paix avec tout le monde. » Voilà.

Mais, donc, j’ai demandé au Père Gardien, et il m’a donné son accord, bien sûr, eh bien, de vous expliquer pourquoi il y a cette division. Je crois que c’est ça le plus important à comprendre. Parce que cette division, visible, sensible, douloureuse même d’une certaine manière, en fait c’est quelque chose qui nous est apparent, visible. Elle est le résultat d’une division beaucoup plus profonde, plus grave sur laquelle je voudrais vous parler : c’est une division sur les principes. C’est très important, mes bien chers fidèles, que vous compreniez cela. Ce n’est pas une question de personnes, c’est une question de principes. Si vous avez seulement retenu cela en sortant de cette église, je pense avoir rempli ma mission. C’est ce que j’ai expliqué au Père Gardien, ce que je compte essayer de vous faire comprendre. Et vous avez à la sortie de la messe des photocopies d’un texte que j’avais fait, déjà, il y a quelque temps, et donc il n’est pas signé, mais je l’assume, c’est moi qui l’ai rédigé. Le Père Gardien m’a permis de vous le donner pour vous donner ce que je ne peux pas vous dire dans un sermon. Ce sermon risque d’être un peu plus long, déjà, que d’habitude et je ne peux pas entrer dans tous les détails. Vous avez ce texte, vous pouvez le prendre. Il y a en tout une cinquantaine de photocopies, je pense qu’il y en a assez pour tout le monde. Et vous pouvez photocopier, diffuser si vous voulez, j’en assume la responsabilité.

Le plan de ce sermon, si c’est un sermon, va être assez simple. Je vais d’abord vous montrer qu’il est très important que nous soyons des hommes de principes. La deuxième partie, je vais essayer de vous expliquer que, si nous sommes depuis une cinquantaine d’années, dans notre résistance, dans notre combat de la foi, de la Tradition, c’est parce que nous sommes des hommes de principes et nos pionniers ont été des hommes de principes. Et troisièmement, je vais essayer d’appliquer la situation actuellement.  Aujourd’hui, le problème est un problème de principes actuellement dans la Tradition.

Alors, premier point, nous devons être des hommes de principes. Je vais me baser sur l’enseignement des papes. Vous avez le pape Pie IX en 1871 qui a reçu des Français à Rome. Et il leur a dit : « En France depuis la révolution, ce qui empêche que vous ayez la bénédiction de Dieu sur votre pays, c’est parce que vous avez altéré les principes.» Voilà ce qu’a dit le pape Pie IX. Vous avez altéré les principes. Ensuite, le pape saint Pie X dans son encyclique Pascendi, nous dit, et il ne fait que répéter Saint Thomas d’Aquin, c’est donc la doctrine de l’Église, la pure doctrine traditionnelle de l’Église. Le pape saint Pie X nous dit : « quand on altère, quand on dévie un tant soit peu d’un principe, les conséquences sont énormes ! »

C’est un peu comme le tir au fusil. Si vous déplacez d’un petit millimètre, à deux cents mètres, vous êtes à un mètre de la cible. Ensuite le pape Pie XII, recevant aussi des Français. Nous sommes plus proches. Le pape Pie XII leur a dit : «La France ne se relèvera que quand les catholiques seront des hommes de principes, des hommes de doctrine, des hommes formés.» Voilà comment le pape Pie XII parlait à la veille du concile à des catholiques français : « Il faut que vous soyez des hommes de principes.»

J’arrête-là les citations des papes parce que je voudrais citer aussi ces grands évêques que fut un cardinal Pie qui a fait tout un sermon pour expliquer à ses diocésains : l’Église a toujours été intransigeante sur les principes et tolérante dans la pratique, avec les personnes. Et le monde, les libéraux, c’est le contraire. Ils sont très tolérants sur les principes : pensez ce que vous voulez, vous avez le droit de penser ce que vous voulez. Et ils sont intolérants en pratique. Voilà ce qu’explique le cardinal Pie. Et Mgr Freppel dit : «quand nous abandonnons les principes, c’est la ruine.» Et ces évêques, ces grands évêques qui ont vécu le siècle qui a suivi la révolution, nous disent, et c’est vrai, que toutes les révolutions ne sont pas faites par des personnes, ce sont des batailles de principes. Et c’est vrai et nous allons avoir tout à l’heure l’explication pour le deuxième point.

Donc, retenons bien, mes bien chers frères : nous devons être des hommes de principes. Les papes nous le disent, l’Église nous le dit. Si nous sommes des hommes d’intérêt, si nous faisons plier les principes qui sont au-dessus de nous, pour nos intérêts, nous allons à la catastrophe, nous ne faisons pas la volonté de Dieu. Les principes ne sont pas des dogmes de foi, forcément, mais si on ne les respecte pas, eh bien, ils se vengent. C’est un principe dans n’importe quel pays, en Angleterre comme en France, qu’on doit tous conduire dans le même sens sur les routes, même si en Angleterre on conduit à gauche et nous à droite. Mais le principe est le même. Et si vous ne voulez pas respecter ce principe, eh bien, vous allez à la catastrophe. Pas besoin de vous faire un dessin. C’est un ordre de nature. Ce n’est pas un dogme de Foi. Ce n’est pas écrit dans les conciles, mais c’est un principe. Si on ne le respecte pas ce principe, on va à la catastrophe, à l’accident.

Alors, maintenant, deuxième point, je voudrais vous montrer que dans la Tradition, dans notre résistance que nous faisons, malgré nous, de mauvais cœur d’une certaine manière, à la hiérarchie en place au pape, aux évêques, c’est parce que c’est une question de principes. Nous ne sommes pas contre le pape, nous ne sommes pas contre les évêques. Au contraire, on prie pour eux. Mais nous sommes contre leurs faux principes. Oui. Et je donne un exemple que vous comprendrez tout de suite. Le concile Vatican I avait posé un principe: « Tout est ordonné ici-bas à la gloire de Dieu.»

Un principe, c’est même dogmatique, c’est dans la Sainte Écriture. Vatican I n’a rien inventé en déclarant ça. Il n’y avait pas de concile qui l’avait dit avant Vatican I. Vatican I n’a fait que rappeler un principe qui est inéluctable : tout ici-bas a été créé par Dieu pour sa gloire. Vatican II a posé un autre principe : « Tout ici-bas est ordonné à l’homme.» C’est en toute lettre dans Vatican II. On a posé un autre principe. Et nos anciens, un Mgr Lefebvre, un père Calmel, un père Eugène, n’ont pas accepté ce nouveau principe.

Et vous bien chers fidèles, les anciens surtout parmi vous, je m’adresse, vous n’avez pas accepté aussi, vous, dans la pratique parce que la nouvelle religion qui ordonne à l’homme, eh bien, elle a retourné l’autel. Et vous avez été surpris un jour en arrivant dans votre église de voir que l’autel était dans l’autre sens. Vous vous êtes dit : mais le sacrifice, il est offert à Dieu, ce n’est pas un bon repas entre nous. Votre bon sens, et même votre sens catholique, a, sans connaître le principe, l’a tout de suite vu.

Et s’il m’est permis de parler de ma famille, j’ai de très bons souvenirs, c’était à la fin du concile, mon père ne voulait plus aller à la messe de la paroisse parce qu’on avait retourné l’autel dans l’autre sens. Il allait à une paroisse plus loin où il y avait le vieux doyen qui célébrait la messe comme toujours. Et on pourrait continuer comme ça. Nos anciens, les pionniers, ceux grâce à qui nous avons fait le bon combat de la foi, nous avons eu la grâce de continuer, grâce à mon père, grâce à Mgr Lefebvre, s’ils n’avaient pas existé, on ne serait pas là. Et ce furent des hommes de principes. Ils n’ont pas voulu transiger. Mgr Lefebvre, vous le savez bien, je crois, on a cherché à tout prix à lui faire célébrer au moins une fois dans sa vie la nouvelle messe. Il était Flavigny, un père jésuite qui a été envoyé de Rome avec un missel de Paul VI sous le bras, et il suppliait Monseigneur :

« – Mais concélébrons la messe une fois, Monseigneur, une fois. »

Monseigneur Lefebvre était un homme de principes :

«- Non, si cette messe est mauvaise, je ne veux pas la célébrer, même pas une seule fois.»

Malgré ce bon jésuite envoyé de Rome par le pape Paul VI en personne et les papiers qu’il fallait, qui le suppliait presque à genoux de concélébrer avec lui. Il aurait pu dire, Monseigneur Lefebvre non comme un homme qui n’était plus un homme de principes, mais un homme d’intérêt : Oh, ça va arranger les choses, ils vont être plus gentils. Allez une fois. Personne ne va le voir. Dans une petite chapelle, à l’oratoire Lacordaire là. Et puis c’est tout, et puis ça va arranger les choses. Autre exemple qui me vient à l’esprit. Je ne me rappelle plus le nom de ce pape, mais quand le roi d’Angleterre voulu divorcer pour se remarier, le pape lui a dit:

« – Mais non ce n’est pas possible. Vous ne pouvez pas divorcer.

– Si vous ne faites pas ça, moi, je quitte l’Église romaine.

– Non, non. Ce n’est pas possible, je n’ai pas le droit et je ne peux pas. C’est un principe qui est au-dessus de moi. Vous êtes marié, vous êtes marié et je ne peux pas, vous avez eu un mariage devant Dieu, vous êtes marié. »

Et résultat, le roi d’Angleterre s’est séparé, et on a ce schisme, voyez. On pourrait dire : eh bien le pape quand même s’il avait dit oui, cela aurait arrangé les choses et puis l’Angleterre serait restée catholique. C’aurait été bien mieux etc. Non ! C’est un faux calcul. C’est un calcul d’intérêt. Voilà, c’est comme ça. On respecte les principes. C’est dans la sainte Écriture. Saint Paul le dit. On n’a pas le droit de faire un mal pour en espérer un bien. On n’a pas le droit de trahir un principe voulu de Dieu pour un intérêt passager ou particulier qui va contre le bien commun. Et on pourrait continuer d’autres exemples, mais bien chers frères, je ne voudrais pas trop continuer sur ce deuxième point, mais je le résume si vous le voulez. Nos anciens ont été fidèles à leurs principes et c’est grâce à eux qu’on est là, qu’on a fait le bon combat.

Or maintenant, troisième point, l’application aujourd’hui. Aujourd’hui, ce dimanche, là, fin janvier. Eh bien, ce qui se passe, et je voudrais le dire encore en toute paix, voyez sans acrimonie, sans zèle amer, mais pour vous faire comprendre où se situe le problème, où se situe la division. Elle est dans les esprits. Elle n’est pas une question de prêtres ou de communautés qui ne sont plus avec nous, qui sont en dehors etc. La division est dans les esprits dans notre monde de la Tradition. Voilà. Dans les prieurés, dans les couvents. Oui, elle est dans les esprits c »est-à-dire qu’il y a des esprits qui professent un principe qu’on a tenu depuis des années et des années, que Mgr Lefevre nous a légué, voilà. Et puis il y en a d’autres qui n’admettent plus ce principe, qui disent que ce principe ne vaut plus, il n’est pas bon. C’est là le problème.

Alors, quel est ce principe ? Je pense que la plupart d’entre vous l’ont compris. C’est le principe que l’on ne peut pas signer un accord pratique ou canonique avec les autorités romaines si on n’est pas d’accord, avant, sur la doctrine, si nous ne professons pas les mêmes vérités. Et ça, c’est un principe catholique, et vous avez la photocopie à la sortie. Vous pourrez lire paisiblement chez vous, bien lire l’argumentation que j’ai voulu mettre pour montrer que c’est fondé sur la Sainte Écriture, que c’est fondé sur les Pères de l’Église, que c’est fondé sur la pratique de l’Église.

La pratique de l’Église, j’insiste là- dessus, c’est l’attitude des papes jusqu’à Pie XII face par exemple aux orthodoxes. Quand les orthodoxes depuis le Grand Schisme, depuis le IX siècle avec Photius, eh bien, cherchaient à discuter avec Rome pour à nouveau pour se réunir, pour faire un accord pratique, canonique, être réunis à la hiérarchie romaine, eh bien, cela a toujours buté sur des questions de doctrine. Toujours : la primauté du pape, en particulier, et le Filioque dans le Credo. Et quand il y a eu des accords, ce qu’on appelle les uniates par exemple en Grèce, en Russie, il y a eu certaines communautés orthodoxes qui se sont réunies à l’Eglise romaine, qui sont redevenues catholiques, eh bien, Rome n’a jamais transigé sur la doctrine. Jamais.

Par contre sur la pratique, la liturgie, pas de problème. Sur le mariage de vos prêtres, pas de problème. C’est traditionnel chez vous, ça toujours été. Aucun problème. Un petit exemple : avec les uniates d’Ukraine, les Ruthènes, c’était au XVIIe siècle, eh bien, Rome disait : il faut que vous acceptiez la doctrine du Filioque. C’est-à-dire que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils. Que vous ne disiez plus que c’est une hérésie. Et les uniates, enfin ceux qui allaient être uniates, on dit d’accord. On accepte cette doctrine : effectivement, on a réétudié la question, on a vu que c’était conforme à la tradition, c’était ce que l’Église a toujours enseigné, et nous sommes d’accord avec le Filioque. Et à ce moment-là, Rome a dit : on n’exige pas que vous le chantiez dans votre Credo parce que vous ne l’avez jamais chanté dans le Credo même dans les premiers siècles. Voyez, Rome leur a dit : nous n’exigeons pas « chantez-le dans le Credo». Elle a dit : simplement vous nous dites que vous êtes d’accord sur ce point de doctrine. Et on vous laisse, vous ne le chantez pas dans le Credo. Et d’ailleurs, la petite histoire, un siècle après, ils ont demandé à le chanter dans le Credo.

Voyez, la fermeté de Rome sur un point de doctrine. La doctrine d’abord, il faut que l’on soit d’accord sur la doctrine et après, des questions pratiques, des questions liturgiques, pas de problème, ça s’arrangera, mais la foi on ne transige pas. Là on est intolérant. Tout à fait et on est fier de l’être. C’est la foi, ça ne nous appartient pas. C’est un dépôt qu’on a reçu, c’est au-dessus de nous. On n’a pas le droit d’y toucher, même si on est pape.

Alors, notre problème actuel. Pendant des années Mgr Lefebvre jusqu’aux sacres a cherché à discuter avec Rome. Voilà. Depuis 75, l’année de la condamnation injuste et nulle de Rome de la Fraternité Saint-Pie-X, jusqu’en 88. Mgr Lefebvre, quand on l’appelait à Rome, il y allait toujours, et il discutait de foi, de doctrine d’abord. Et puis, il essayait au niveau pratique. Est-ce qu’il y a un moyen de s’arranger etc. Ce qui fait qu’il y avait toujours cet aspect doctrine et pratique qui jouait. Alors, des fois, Mgr Lefebvre avait des déclarations plutôt dans le sens pratique en disant laissez-nous faire l’expérience de la Tradition, voilà, et puis, demandez seulement cela, faites-nous l’expérience de la Tradition. Et puis, on s’arrangera comme ça. Parce que c’était un homme d’Église, il voulait toujours, il avait cette volonté bien sûr d’être en communion autant que possible, voilà, avec la hiérarchie, avec l’Église.

Et puis, il s’est rendu compte qu’il a été trop loin, il l’a dit, il l’a reconnu. «J’ai été trop loin». Le 5 mai quand il a signé le protocole. Il a été trop loin parce qu’il a transigé sur la question de la doctrine. Il a fait passer la pratique avant. Il l’a reconnu, il le déclare dans le Fideliter n° 66. Ceux qui l’ont chez vous peuvent le lire. Et dans ce Fideliter 66 qui date de décembre 88 sur la couverture il est écrit: « À une reprise des colloques, je poserai mes conditions.» Voilà ce que Mgr Lefebvre a dit après les sacres et qu’il a toujours tenu jusqu’à la mort et ce qu’il nous a légué.

Quelles sont ces conditions ? Vous pouvez les lire dans Fidéliter n°66 et vous les connaissez. « Je viendrai à Rome avec les encycliques des papes et je leur dirai: êtes-vous d’accord avec ces encycliques ? Quas Primas sur la royauté de Notre-Seigneur Jésus-Christ? Mortalium Animos sur le faux oecuménisme ? etc. etc. etc. Est-ce que vous êtes d’accord sur la doctrine de vos prédécesseurs ? » Et deuxième chose très importante qu’ajoute Mgr Lefebvre dans ses conditions, deuxième condition : «Êtes-vous prêts à réformer Vatican II sur ces encycliques ? » Parce que Vatican II dit le contraire de Mortalium Animos et dit le contraire de Quas Primas et d’autres, par exemple, encycliques sur le libéralisme de Grégoire XVI. « Est-ce que vous êtes d’accord non seulement sur la doctrine de vos prédécesseurs, mais aussi de changer, de faire revenir Vatican II aux bons principes.»

Voilà les conditions que donne Mgr Lefebvre. Je n’invente rien. Lisez Fidéliter 66, lisez-le attentivement. Vous pouvez vous le procurez. On peut vous donner des photocopies si vous voulez. Et dans d’autres déclarations, Mgr Lefebvre à Flavigny par exemple, on vous a donné des extraits de cette déclaration : « À Rome ils l’ont découronné Notre-Seigneur Jésus-Christ, on ne peut pas s’entendre avant qu’il l’ait recouronné.» Avant qu’ils disent à nouveau que Notre-Seigneur doit régner sur la société. Alors retenons, mes bien chers frères, Mgr Lefebvre après les sacres jusqu’à sa mort a toujours tenu fermement sur ce principe. « Je poserai mes conditions : la doctrine, les encycliques des papes. Est-ce que vous êtes d’accord oui ou non ? Si vous n’êtes pas d’accord, inutile de dialoguer.»

C’est écrit dans le Fidéliter 66 : inutile de discuter. Inutile. On n’est pas d’accord sur la doctrine, inutile de parler plus loin sur des questions pratiques. Voilà ce que Mgr Lefebvre nous a légué jusqu’à sa mort. Et notre mouvement de la Tradition a toujours été parfaitement uni tant qu’on a tenu ce principe. Pendant des années et des années, ce principe a été tenu. Et vous lirez sur la photocopie que vous avez à la sortie de la messe des déclarations de cinq évêques, Mgr Lefebvre et les quatre autres qu’il a sacrés, qui défendent ce principe. Clair et net. Mgr Fellay, en 2008, dans une Lettre aux amis que vous pouvez retrouver dans vos vieux papiers, octobre 2008, Lettre aux amis et bienfaiteurs qui est jointe à celle du district de France, il le dit en toute lettre, il dit ce principe est d’un ordre de nature. C’est comme la conduite sur la route. Voilà, c’est comme ça, ça s’impose à nous. C’est un ordre de nature. Il faut d’abord être d’accord sur la doctrine avant de pouvoir passer à des arrangements pratiques.

Et malheureusement, depuis quelque temps, qu’on peut situer après la fin des discutions romaines, c’est-à-dire l’automne 2011, eh bien petit à petit, nous voyons, nous sommes obligés de constater que les autorités de la Fraternité abandonnent ce principe. Je le dit sans acrimonie. Je le dit sans zèle amer. Je le dit paisiblement. Je suis prêt à assumer ce que je dis et elles ne peuvent pas le contester parce que c’est public.

Cela a commencé d’abord avec Mgr Fellay qui disait que ce principe, il peut y avoir exception. Il a fait une conférence au Canada en disant : par exemple avec les orthodoxes, on faisait des discussions, on faisait des arrangements sur la question du mariage etc. Le divorce dans certains cas. Mgr Fellay a dit : ce principe ne vaut pas, il y a des exceptions, on peut transiger avec. Mais quand on regarde bien ces questions du mariage avec les orthodoxes, ce n’est pas une question de foi ! C’est une question de discipline. Tout à fait différent. Ensuite Mgr de Galarreta, dans sa conférence qu’il a faite le 13 octobre 2012 à Villepreux où il dit : Bon. Ces questions de pratique, doctrine on met tout ça ensemble, et puis l’important, si on peut faire un accord, après nous continuerons le bon combat à l’intérieur, nous serons le fer de lance à l’intérieur, voilà on les combattra de l’intérieur.

Et puis assez récemment Mgr Tissier de Mallerais, dans une conférence qu’il a faite à Toulon en juin, voilà, il a dit, et il m’a confirmé par écrit, j’ai eu une échange de lettre avec lui, que Mgr Lefebvre a toujours cherché un accord pratique. Et je lui ai écrit en lui disant : avant les sacres c’est vrai, il y a eu des paroles, des citations de Mgr Lefebvre qui montrent que des fois il était moins ferme sur ce principe. Mais après les sacres, il a toujours été bien clair et je lui rappelle, à Mgr Tissier dans cette lettre, que dans le Fideliter 66, Mgr Lefebvre dit : «Je poserai mes conditions etc.» Réponse de Mgr Tissier de Mallerais, personnelle, j’ai la lettre datée du 11 septembre 2013 : « Il l’a dit, mais il ne l’aurait pas fait. »

Alors, je dis ça, encore une fois je ne suis contre personne : je ne suis pas contre Mgr Fellay, je ne suis pas contre Mgr de Galarreta, je ne suis pas contre Mgr Tissier. Je prie pour eux. Voilà, ce sont des évêques et l’un d’entre eux m’a donné les ordres et encore une fois, autant que possible, je voudrais être en paix avec tout le monde. Mais ce que je vous dis sont des choses publiques, ils ont parlé publiquement : au Canada, à Villepreux et à Toulon. C’est connu. Je ne dis pas des choses cachées. Je cherche à vous faire comprendre le problème en ce moment. Il y a une division dans les esprits. Ce principe qui a été tenu pendant des années, auquel nous étions tous groupés derrière ce principe, eh bien maintenant est abandonné.

En 2006, la Fraternité a fait un chapitre général où elle réaffirmait solennellement ce principe. Et en 2012, elle l’a abandonné. Elle a posé six conditions, si vous êtes d’accord sur les six conditions, à ce moment-là, accord canonique, accord pratique. Et Mgr Fellay écrivant au pape Benoît XVI en juin 2012, lui dit : voilà maintenant la voie qu’on a choisie, on laisse de côté les problèmes doctrinaux qui ne sont pas encore résolus suite aux discussions, d’abord un accord pratique et ensuite on verra les accords doctrinaux. Voilà. Et Mgr Fellay dit dans sa lettre à Benoît XVI : « J’ai l’intention, vraiment, de continuer sur cette voie.» Il le précise, il le dit très bien, c’est son intention. Et en juillet, un mois après, le 2 juillet, il y a une réunion des supérieurs religieux à Paris avec deux évêques, Mgr Fellay et Mgr de Galarreta. Et un Père Dominicain s’est levé en disant : mais Mgr, parce que Mgr Fellay avait avoué qu’il regrettait certaines choses etc., alors le Père Dominicain s’est levé : mais Monseigneur est-ce qu’il ne faut pas revenir au principe du chapitre de 2006. Voilà. Et Mgr Fellay a dit : Non, non. Non, non. Ce principe non, non, il n’est pas clair, il n’est pas sûr. Alors que quatre ans auparavant, il affirmait : c’est un ordre de nature. C’est-à-dire quelque chose qu’on ne peut pas toucher. Il n’y a pas d’exception possible à un ordre de nature. C’est philosophique, c’est comme ça. C’est la nature.

Donc vous voyez, mes bien chers frères, où se situe le problème. C’est ça que j’ai voulu, essayé de vous faire comprendre sans chercher à prendre parti, sans chercher à attaquer les personnes même si j’ai donné des noms. Mais je vous ai dit des choses qui sont publiques. Maintenant, je vous laisse prier, je vous laisse réfléchir sur ces choses-là pour que chacun d’entre nous, en conscience, nous puissions dire : quelle est la volonté de Dieu dans cette affaire ? C’est ça le plus important. Quelle est la volonté de Dieu dans cette affaire ? Et pas taper sur les uns et sur les autres en disant: ils ont tort etc. On n’en veut plus. Anathème à ces prêtres d’un côté ou de l’autre. Autant que possible, restons en paix, là, soyons en paix avec tout le monde. Autant que possible, et là c’est encore possible. Parce qu’il n’y a pas encore de ralliement officiel. On en est encore qu’à une bataille de principes. Et elle est très importante, elle est primordiale. C’est pour ça que vous avez ces photocopies à la sortie que je vous invite à lire, à comprendre.

Toutes les révolutions se sont jouées sur des principes. Nos anciens nous l’ont dit, il faut nous inculquer ça dans notre esprit. Et cette question de principes, il faut vraiment l’avoir compris, et ensuite, eh bien, nous devons suivre nos consciences parce qu’à chacun d’entre nous prêtres pour nous c’est un très grave problème de conscience. Et Mgr de Galarreta l’avait dit au chapitre de 2011, du 7 octobre 2011 à Albano, il avait dit: «Si on abandonne ce principe, il va y avoir un grave problème de conscience pour nos prêtres.» Il l’a dit, en chapitre. Il avait averti. Et malheureusement c’est ce que nous voyons actuellement. Ces « départs », entre guillemets, c’est parce que c’est des prêtres qui ont un grave problème de conscience et ils ne sont pas les seuls, moi aussi. Qu’est-ce que je dois faire en ce moment ? Qu’est-ce que je dois faire en ce moment ?

Alors prions bien, on nous invite à beaucoup prier en ce moment. Je pense que ça fait partie, voyez, certainement, de nos intentions de prières, eh bien, que nous soyons fidèles à ce que nous ont légué les anciens. Ces principes qui sont, j’en suis convaincu, qui viennent de Dieu, qui sont de la volonté de Dieu dans la crise actuelle, voilà dans nos rapports avec Rome. La condamnation du livre de M. l’abbé Pivert, c’est pour ça. C’est parce qu’il défend l’ancien principe. Il ne faut pas chercher ailleurs. Pourquoi le livre de M. l’abbé Pivert est défendu de vente maintenant dans les prieurés ? Nous le vendons toujours à Morgon. Eh bien parce qu’il défend le principe qu’on a toujours tenu depuis 25 ans et qui maintenant est abandonné. C’est ça. Donc vous comprenez bien, si vous avez compris cela, vous comprendrez beaucoup de choses concrètes, pratiques.

Alors mes bien chers frères, j’espère bien vous avoir parlé selon Dieu. J’espère ne causer de trouble en aucune âme, je voudrais au contraire que ce soit la paix. Je pense comme nous sommes sûrs, convaincus de la volonté de Dieu, nous ne pouvons être que dans la paix, même si on est dans les pires situations. Pensons à la sainte Vierge au pied de la croix, Stabat Mater. Elle était paisible. Stabat, elle se tenait debout. Elle n’était pas révoltée, elle n’était pas tremblante. Elle n’était pas paniquée. Voyez et pourtant, son Fils était dans une torture extraordinaire. Un cœur de mère et un cœur immaculé. Qu’est-ce qu’elle a dû souffrir ! Elle était dans la paix.

Donc nous souffrons tous, mes bien chers frères certainement de cette situation. Tous ! Dans la Tradition. Mais demandons bien à la très Sainte Vierge, voyez, comme elle au pied de la croix de rester paisible et puis de garder les yeux sur Dieu, sur la Volonté de Dieu. Pourquoi était-elle paisible ? Parce qu’elle savait que c’était la volonté de Dieu que son Fils meurt dans ces conditions et ça suffisait pour qu’elle soit paisible. Demandons bien cette grâce à Notre-Dame et, autant que possible, restons bien en paix avec tout le monde. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ainsi soit-il.

Père Jean,Capucin de Morgon