De concession en concession…

Source : La Porte Latine

Nombreux sont ceux qui ont cru à sa bonne foi et se sont laissé prendre au double langage de ce personnage qui, de sournoises dérives en dérives assumées, en est arrivé à concélébrer dans le rite « ordinaire » (1) sans aucun état d’âme.

Même l’abbé Paul Aulagnier, membre éminent de l’IBP, alors encore prêtre de la FSSPX, déclarait en 2002 :

« ITEM est heureux de diffuser cette interview importante de Mgr RIFAN à l’occasion du deuxième anniversaire de la fondation, par Rome, de l’Administration Apostolique Saint Jean Marie Vianney: le 18 janvier 2002, dans le diocèse de Campos au Brésil. Ces prêtres connaîssent  toujours le même rayonnement et  même plus encore, comme l’explique Mgr Rifan, depuis la normalisation de leur situation avec Rome. Contrairement à ce que certains colportent, les pères de Campos ne souffrent d’aucune division interne. Ils s’adonnent à leur apostolat avec toujours la même passion, la même fidélité au dépot de la foi, avec le même amour de l’Eglise, avec le même zêle des âmes, avec la même fidélité à la messe dite de Saint Pie V. » (2)

En fait, ayant changé de camp, Mgr Rifan n’a pas cessé d’accumuler les preuves de la sincérité de son ralliement. Comme disait Abel Bonnard :  » Un rallié n’est jamais assez rallié.  » Autorité de Vatican II, légitimité de la nouvelle Messe, obligation de se soumettre au  » magistère vivant  » des Papes libéraux, condamnation de Mgr Lefebvre : tout cela Mgr Rifan l’a approuvé et le proclame toute honte bue. Il l’a fait avec une assurance sans faille et croissante. On aurait dit même qu’il y mettait plus de zèle que la plupart des progressistes.

Et pourtant ses déclarations de ne jamais bi-rutualiser résonnent encore à nos oreilles comme les trois reniements de saint Pierre :

« À l’occasion de la dernière assemblée générale de l’épiscopat brésilien, qui compte 414 évêques, je me suis présenté à tous, publiquement, en expliquant notre position. Beaucoup d’évêques m’ont félicité. Même si tous n’ont pas applaudi notre position, au moins ai-je trouvé des compréhensions et des sympathies. Une semaine avant l’assemblée, qui dure dix jours, un évêque m’a téléphoné en me disant qu’il avait reçu l’ordre de l’évêque président de notre région apostolique, pour me préparer une chapelle privée pour que je puisse dire ma messe, puisqu’il savait que je ne concélèbrerai pas. » (3)

Et que reste-t-il de ses positions d’alors ? :

« Nous sommes pour la royauté sociale du Christ-Roi, nous sommes contre la liberté religieuse en tant que relativisme doctrinal, laïcisme de l’État, indifférentisme et syncrétisme religieux, égalité de toutes les religions devant la loi, en un mot contre la liberté religieuse condamnée par Grégoire XVI, Pie IX et Pie XII. Nous sommes contre l’œcuménisme de complémentarité, ou d’irénisme et nous sommes pour le retour ou la conversion des séparés. Nous sommes contre la démocratisation de l’Église à tous les niveaux. » (4)

Ce n’est plus une conversion, c’est un exemple emblématique de trahison du combat de la Tradition pour lequel il a été sacré.

Alors peut-on dire que que ce revirement est insolite ? Oui, si l’on sait que « insolitus » en latin signifie aussi « inoui » !

La Porte Latine – Janvier 2014

Notes

(1) Nous entendons par ordinaire le rite très ordinaire d’une messe bâtarde : « De cette union adultère ne peut venir que des bâtards. Et qui sont ces bâtards? Ce sont nos rites. Le rite de la nouvelle messe est un rite bâtard. Les sacrements sont des sacrements bâtards. Nous ne savons plus si ce sont des sacrements qui donnent la grâce ou qui ne la donnent pas. Nous ne savons plus si cette messe nous donne le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ou si elle ne les donne pas. Les prêtres qui sortent des séminaires ne savent plus eux-mêmes ce qu’ils sont. C’est le cardinal de Cincinnati qui, à Rome, disait pourquoi il n’y a plus de vocations, parce que l’Eglise ne sait plus ce qu’est un prêtre. Alors, comment peut-elle encore former des prêtres si elle ne sait plus ce qu’est un prêtre? Les prêtres qui sortent des séminaires sont des prêtres bâtards. » Mgr Lefebvre, Sermon historique du 29 août 1976, à Lille.
(2) http://la.revue.item.free.fr/interview_rifan0104.htm
(3) Idem
(3) Id.