De François-Xavier à François

Le plus grand missionnaire de toute l’histoire de l’Eglise, saint Patron des missions, est le saint François de son prénom, Xavier de son nom. Sa vie est magnifique, celle d’un saint passionné de Dieu.

Jeune et orgueilleux, promis à un bel avenir, à l’intelligence aussi brillante qu’au physique séduisant, François-Xavier se voyait conquérir le monde. Alors que la providence lui fit partager sa chambre d’étudiant de la Sorbonne avec un certain Ignace de Loyola, celui-ci un jour lui rétorqua : « que te sert-il de conquérir le monde si tu viens à perdre ton âme ? »

Cette phrase fit de François-Xavier le plus grand missionnaire de tous les temps, il ne renonça pas à conquérir le monde, mais il le conquit au Christ. C’est ainsi qu’il baptisa des centaines de milliers de païens. Il put écrire à Ignace de Loyola, élu supérieur de la Compagnie de Jésus, de retour d’une mission : « Quant aux nouvelles de l’Inde, je dois vous faire part que le Seigneur, dans le royaume où je me trouve, a invité beaucoup d’hommes à se faire chrétiens. En un mois, j’en ai baptisé plus de dix mille. »

François-Xavier est un missionnaire exclusif : il annonce le Christ. Notre monde moderne lui reproche d’avoir refusé les « richesses » de l’hindouisme, de l’Islam, du confucianisme. Du temps de ce grand saint, il n’y a pas de Concile Vatican II, et ces religions fausses, loin d’être considérées comme possédant des éléments de salut (Unitatis Redintegratio, Vatican II), sont combattues et dénoncées par le missionnaire comme étant des œuvres démoniaques et mauvaises pour les hommes.

François-Xavier est disciple de saint Ignace, et co-fondateur de l’ordre de Jésus (les Jésuites). Tout homme ne peut servir deux maitres : telle sera le fondement de l’ordre de Jésus que l’on retrouve si bien dans les exercices dits de saint Ignace. Soit on sert le Christ, soit on sert le diable, ce sont les deux étendards, il n’y en a pas d’autre.

Mais voilà, depuis, l’Eglise a bien changé. Le pape François a déclaré : « le prosélytisme est une stupidité sans nom, cela n’a pas de sens. Il faut se connaître, s’écouter, et faire croître la connaissance du monde qui nous entoure. »

Quelle terrible phrase que celle-ci, surtout dans la bouche d’un pape, jésuite lui aussi de surcroit ! Il est grand temps que François se mette à l’école de François-Xavier, il y trouvera la pauvreté qu’il dit souhaiter trouver, mais surtout, il y découvrira le sens profond de ce qu’il dénigre comme étant du prosélytisme.

François-Xavier est mort d’épuisement le 3 décembre 1552 face à la Chine, ce grand pays qu’il rêvait de conquérir à Dieu.

Austremoine