Différencier les personnes de leurs actes

[…] Il me parait important dans toute discussion de bien séparer les personnes, que Dieu seul jugera car seul lui en connait le for intérieur, et les actes de ces personnes, qui eux, peuvent être vus et jugés par ceux qui les voient.

Si on ne respecte pas ce principe de base on tombe dans le subjectivisme, car on ne considère plus l’acte en lui-même mais on le voit en fonction d’un présupposé d’une personne que l’on connait peut-être très mal.

Des sédévacantistes édifiants il y en a certainement, tout comme il y a des hortodoxes d’une grande sainteté, bien plus saints que des catholiques. Qu’il y ait des prêtres édifiants qui soient sédévacantistes ne fait pas du sédévacantisme une position respectable ou possible, et encore moins catholique. Combattre une erreur ce n’est pas nécessairement combattre les personnes. Même l’Eglise ne condamne les personnes qu’en dernier recours, et c’est l’Eglise !

Pour ce qui est de la position de Mgr Lefebvre, il a eu effectivement un doute sur la papauté de Jean-Paul II lors de la visite de ce dernier dans une synagogue, dans les années 70, doute qui ne s’est jamais reproduit puisque toutes ses paroles sur le sujet après cet épisode condamne fermement le sédévacantisme. Vous ne trouverez aucune citation de Mgr Lefebvre dans le sens contraire.

Et une fois de plus, le sédévacantisme ne remet pas en question l’autorité du pape d’une façon ou d’une autre puisqu’il considère qu’il n’y a pas de pape. Aucun sédévacantiste ne reconnait Benoit XVI comme pape. Et pour eux le problème n’a rien à voir avec le Concile, car la plupart refuse de reconnaître même Jean XXIII comme pape.

Donc dire que les sédévacantistes sont schismatiques rentre la définition la plus strict de ce qu’est un schismatique. Qu’ils ne se considèrent pas comme schismatiques est sans doute la cas pour un grand nombre d’entre eux, qu’ils soient de bonne foi est certainement la réalité vu la crise profonde de l’Eglise, cela ne fait pas moins que le sédévacantisme, l’acte d’adhésion en lui même au sédévacantisme, en mettant de coté toutes les considérations personnelles, constitue en lui même un acte schismatique.

Que le problème ne soit pas simple est évident, une crise comme celle que nous vivons ne peut que soulever des problématiques graves, mais comme le disait Mgr Lefebvre faisant écho au songe de Saint Don Bosco, nous avons 3 points d’attache dans cette crise : la sainte Vierge, l’eucharistie, et le pape.

Austremoine

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