Dr J-P Dickès : un miracle subitement explicable donc nullement miraculeux !

« Qui veut trop prouver ne prouve rien » disait déjà Thomas Fuller au XVII° siècle. Nous pourrions rajouter, avec Pythagore, qu’il faut « craindre, par trop de précipitation, d’avoir à rougir de sa folie ».

C’est ainsi que les postulateurs de la cause des saints se sont pris les pieds dans le tapis en voulant, à marche forcée et contre toute évidence, que Jean-Paul II soit canonisé à la vitesse de l’éclair.

En fin de compte c’est la foudre qui vient de tomber sur François et sur Rome avec la révélation que le miracle attribué au pape polonais n’en était pas un puisqu’il a une explication scientifique comme le démontre l’article ci-dessous.

La Porte Latine

Source : La Porte Latine

Commentaire à propos du cas de Mme Mora-Diaz

Nous sommes tous porteurs d’anévrismes (dilatation d’une artère) dont l’origine est variable souvent métabolique (cholestérol, tabac). Les ruptures d’anévrismes sont de 7 à 11 pour 100 000. Donc rarissimes. Nous en sommes tous porteurs.

La découverte d’un anévrisme est dans ce cas fortuite en raison de maux de tête variables finalement assez banaux. D’emblée il n’y a pas de signes de rupture dont les signes cliniques sont gravissimes, même si elles sont très rares. En plus des maux de tête se déclenche :

– une crise épileptique;

– une perte de conscience brève ou prolongée;

– un coma.

Il n’y a rien de tout cela. A priori il n’y a pas d’inquiétude. La preuve est donnée par le texte du Dr Bertin (1) :

« Cependant, les documents envoyés par le Dr Vargas indiquent que le second bilan radiologique n’a eu lieu que le 11 novembre 2011, c’est-à-dire plus six mois après. Ce qui est étonnant. »

Personne ne s’est affolé. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette affaire apparaît comme banale. La patiente est gardée en observation. Mais un des signes de la bénignité que n’a pas mentionné le Dr Bertin est donné par défaut. Nulle part n’est donnée la taille de cet anévrysme. En clair cela veut dire qu’il était petit donc bénin. La preuve ? La patiente est renvoyée à domicile.

Nulle part n’apparaît la notion de saignement dans les documents iconographiques. Mais si cela était le cas un ressaignent affecte seulement 9 à 15% des patients admis à l’hôpital. Ce qui est rare mais bien sûr grave.

Les images radiologiques montrent une thrombose, c’est-à-dire la formation d’un caillot. Qu’est-ce qu’un caillot dans un organisme : c’est un bouchon ? C’est le cas par exemple de la peau. Il y a donc un bouchon à cet endroit.

Bien sûr celui qui ne connaît pas l’anatomie du cerveau peut penser que cela est grave comme par exemple au niveau du cœur où cela donne un infarctus parfois mortel.

Mais dans le cerveau la nature a bien fait les choses : il existe à la base du cerveau tout un système d’artères importantes appelé le Polygone de Willis qui apporte du sang de plusieurs endroits…Et il ne se passe rien sinon des maux de têtes qui disparaissent plus ou moins rapidement et même peuvent être entretenus par le psychisme alors qu’il n’y a plus rien et que le caillot s’est « rétracté » ou même dissous, ce qui est la guérison complète.

Quant au cafouillage des publications diverses, il montre bien qu’il y a un flou entretenu par Rome prouvant bien que cette affaire est une sollicitation d’un miracle qui n’existe pas. Notamment la volonté de refuser le dossier que le Dr Bertin a obtenu par la bande et par chance.

Un dernier mot enfin. Le Dr Puybasset, mentionné par le Dr Bertin, est un homme de réputation internationale. C’est lui qui en mars dernier par l’observation des IRM a mis un système de lecture permettant de savoir si un malade va sortir du coma. Catholique de conviction il est foncièrement engagé dans le combat pour la vie. Or il conteste que dans ce cas il y ait eu un « miracle ».

Dr Jean-Pierre Dickès

Sources : CRC/LPL du 10 juin 2014

Notes

(1) Lettre du 23 avril 2014 du Dr Bertin au nonce apostolique de France
(2) Le mouvement de la CRC qui a publié cette lettre n’est pas recommandé. Ce mouvement, entre autres délires, considère cette « canonisation » comme l’aboutissement de l’apostasie et le pape François comme le nouveau saint Pie X !