Eschaton : Pape François égal à lui-même…

Source : eschaton.ch

Pape François, dans sa récente  exhortation apostolique, Evangelii gaudium, réaffirme qu’il suffit d’accentuer les réformes de Vatican II pour que la réévangilisation donne tout son fruit. Au programme plus de collégialité, plus de dialogue, plus de sortie « en dehors de soi » dans la joie etc. Les vieilles recettes qui ont accentué la déchristianisation par le flou doctrinal auquel elles s’adossaient, pas la créativité liturgique désordonnée qu’elles promouvaient sont donc reconduites au nom de la « joie » qui nous remplit le cœur d’être chrétien et qui doit d’elle-même irradier en-dehors de nous. C’est, en caricaturant quelque peu, tout le propos du pape dans son exhortation, avec au passage plusieurs coups de griffes, naturellement, à ceux qui sont attachés à la beauté de la liturgie(*), à la rigueur de la doctrine ou aux règles et habitudes de vie catholique (**).

Sur le fond, pape François met essentiellement l’accent sur des problèmes d’ordre psychologiques, existentiels ou relationnels. Nous nous situons toujours dans un registre qui privilégie la sensibilité ( pour ne pas dire la sensiblerie) au détriment de l’analyse doctrinale, philosophique ou théologique. Comme si les désorientations philosophiques et théologiques et la désacralisation de la liturgie n’étaient pas les premières responsables des problèmes qui déchirent l’Eglise. Il y a dans cette façon de communiquer une volonté évidente d’esquiver les réels enjeux. L’étendue des problèmes abordés, sous cet angle de vue essentiellement psychologisant pour lecteurs de presse féminine, a pour but de donner l’illusion d’une prise à bras le corps des urgences actuelles. Mais de même que nos Etats ne font que de se donner du temps par l’usage massif de la blanche à billets, les instances dirigeantes de l’Eglise ne font que gesticuler et diluer le dépôt de la révélation dont elles ont la garde dans un flot d’eau tiède et saumâtre.

Restent cependant quelques perles. Notamment quand pape François écrit :  » Les jeunes nous appellent à réveiller et à faire grandir l’espérance, parce qu’ils portent en eux les nouvelles tendances de l’humanité et nous ouvrent à l’avenir, de sorte que nous ne restions pas ancrés dans la nostalgie des structures et des habitudes qui ne sont plus porteuses de vie dans le monde actuel.  » Faut-il rappeler au pape ce que sont ces nouvelles tendances de l’humanité que les jeunes portent en eux comme des boulets ou des camisoles de force intérieures: foi en déshérence, absence presque intégrale de conscience historique, sensiblerie exacerbée, course à la jouissance et matérialisme effrénés, refuge dans les addictions ( drogue, alcool, console, réseaux sociaux…)

Mais le plus décapant concerne l’islam. Pape François écrit : « Pour soutenir le dialogue avec l’Islam une formation adéquate des interlocuteurs est indispensable, non seulement pour qu’ils soient solidement et joyeusement enracinés dans leur propre identité, mais aussi pour qu’ils soient capables de reconnaître les valeurs des autres, de comprendre les préoccupations sous jacentes à leurs plaintes, et de mettre en lumière les convictions communes. Nous chrétiens, nous devrions accueillir avec affection et respect les immigrés de l’Islam qui arrivent dans nos pays, de la même manière que nous espérons et nous demandons à être accueillis et respectés dans les pays de tradition islamique. Je prie et implore humblement ces pays pour qu’ils donnent la liberté aux chrétiens de célébrer leur culte et de vivre leur foi, prenant en compte la liberté dont les croyants de l’Islam jouissent dans les pays occidentaux ! Face aux épisodes de fondamentalisme violent qui nous inquiètent, l’affection envers les vrais croyants de l’Islam doit nous porter à éviter d’odieuses généralisations, parce que le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence. »

Pape François entend donc dialoguer avec l’islam dont il a un profond respect. Ce ne sont donc plus avec des personnes, qui méritent en effet notre respect, que nous avons à discuter. Mais avec l’islam. Car en grand mufti, pape François sait ce qu’est le vrai islam. Il l’écrit : « le véritable Islam et une adéquate interprétation du Coran s’opposent à toute violence ». Pas mal pour une religion dont le prophète était un guerrier sanguinaire qui a participé à des dizaines de combats et qui est l’auteur du Coran qui appelle à la guerre contre ceux qui refusent de le suivre en plus de 100 endroits.

Quelques rappels :  » Un prophète ne devrait pas faire de prisonniers de guerre avant d’avoir fait un grand carnage » Coran: 8:67

  »Après que les mois sacrés expirent, tuez les associateurs où que vous les trouviez (le chrétiens). Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade. Si ensuite ils se repentent, accomplissent la Salat et acquittent la Zakat, alors laissez-leur la voie libre, car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux » Coran:9:5

 « Combattez ceux qui ne croient ni en Dieu, ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce que Dieu et son messager ont interdit, et ceux des gens du Livre qui ne se donnent pas comme religion la religion de vérité, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation sur le revenu des mains ; et qu’ils se fassent petits. »9:29

Julien Gunzinger

(*) »Cette obscure mondanité, écrit le pape, se manifeste par de nombreuses attitudes apparemment opposées mais avec la même prétention de “dominer l’espace de l’Église”. Dans certaines d’entre elles on note un soin ostentatoire de la liturgie, de la doctrine ou du prestige de l’Église, mais sans que la réelle insertion de l’Évangile dans le Peuple de Dieu et dans les besoins concrets de l’histoire ne les préoccupe. De cette façon la vie de l’Église se transforme en une pièce de musée, ou devient la propriété d’un petit nombre. »

(**)  » Les jeunes nous appellent à réveiller et à faire grandir l’espérance, parce qu’ils portent en eux les nouvelles tendances de l’humanité et nous ouvrent à l’avenir, de sorte que nous ne restions pas ancrés dans la nostalgie des structures et des habitudes qui ne sont plus porteuses de vie dans le monde actuel. «