François, semeur de sédévacantisme ?

Le successeur de Benoît XVI ne fait pas dans la dentelle. Quelques mois de pontificat et tout le monde sait où le pape veut mener l’Eglise, pour la simple et bonne raison qu’il ne s’en cache pas. La voix est celle d’une application très progressiste du concile Vatican II.

Il est vrai qu’après le retour des beaux ornements et de l’encens à Rome sous l’impulsion du pape Ratzinger, la « traditionalisation » extérieure voulue par Benoît XVI avait permis un intermède plus doux dans la révolution. La voici repartie, de plus belle. 

Suite aux quelques déclarations scandaleuses du nouveau pape, j’ai pu entendre les réflexions suivantes : « François, on n’est sûr qu’il n’est pas pape », ou encore, « cette fois-ci, on n’est sûr qu’il ne peut pas être pape », ou « avec François, il ne reste que le sédévacantisme ».

Hommes à la mémoire courte et à la Foi si faible ! Qu’a donc fait François de si terrible ? Il  considère toutes les religions comme possédant des éléments de salut et la conscience comme étant seule son propre arbitre pour définir le bien et le mal. Il est donc un oeucuméniste engagé et œuvre pour la liberté religieuse. Il conçoit l’Eglise comme la sacrement de la rencontre du peuple de Dieu avec le Christ, il souhaite donc la promotion et l’application de la collégialité.

Il est vrai que de telles doctrines dans la bouche du successeur de Pierre ne peuvent que choquer et indigner une âme catholique. Mais pour autant, il n’y a là rien de nouveau qui ne soit advenu depuis le concile Vatican II, sauf que ces doctrines erronées sont moins emballées dans les ambiguïtés mêlant le vrai et le faux.

François n’a rien fait de plus que le concile Vatican II, il n’a pas été plus loin que Paul VI, Jean-Paul II ou Benoît XVI. On ne peut pas plus fouler aux pieds la doctrine catholique qu’en convoquant ou en célébrant Assise, qu’en embrassant le Coran, qu’en participant activement à des cultes païens ou hérétiques. Tous ces maux ont leurs racines plus ou moins explicites dans les textes mêmes du Concile Vatican II.

Sédévacantiste depuis François ? Cela n’a pas plus de sens sous François que sous Benoît XVI, Jean-Paul II ou Paul VI ! Peut-être est-ce simplement en réalité la fatigue trop binaire d’un combat qui dure et qui s’éternise et dont la providence nous cache encore une résolution dont elle garde le secret.

Ne soyons pas de ceux qui refusèrent dans cet homme mourant sur la Croix d’y voir le fils de Dieu ! Ne refusons pas la réalité des évènements qui se déroulent sous nos yeux : il y a un pape, qui comme jamais dans l’histoire de l’Eglise, plutôt que de confirmer ses frères dans la Foi, les entraîne sur les chemins de l’erreur. L’autre réalité est que Dieu n’abandonne pas son Eglise et qu’elle accompagnera les hommes jusqu’à la fin des temps.

Il y a un mystère dans ce que nous vivons, si le mystère dépasse notre raison il ne la contredit jamais. Acceptons dans la limite de notre nature de ne pas comprendre toute la réalité de ce qui nous ne pouvons que constater.

De saint Pierre qui renia trois fois le Christ à François son successeur, restons attaché au souverain Pontife, non pas par un attachement sentimental, mais par un attachement fondé sur la Foi catholique, cette Foi que notre baptême nous interdit de brader et nous ordonne de conserver intacte et intègre. 

« Pierre tu est Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise et les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle. »

Austremoine