Julien Gunzinger : le délégué épiscopal du Jura aussi aveugle et courageux que son évêque

Source : eschaton.ch

Suite à la trahison de Mgr Gmür, évêque du diocèse de Bâle, qui a annoncé qu’il ne soutenait pas l’initiative « Financer l’avortement est une affaire privée » il était à prévoir que le délégué épiscopal du Jura pastoral, l’abbé Jean-Jacques Theurillat,  lui emboîte le pas. C’est ainsi que nous n’avons pas été surpris d’apprendre hier que l’abbé Jean-Jacques Theurillat contestait à son tour cette initiative. Pour justifier sa position, l’abbé Theurillat n’a pas hésité  à présenter de manière totalement déformée l’initiative en prétendant qu’elle abordait la question de l’avortement sous le seul angle financier, négligeant les enjeux moraux, alors que le propos des initiants consiste également à dire qu’il est inacceptable que les personnes qui voient dans  l’avortement un meurtre soient obligées de le financer. Le débat à Infrarouge  la semaine dernière l’a clairement fait ressortir et nous pouvons lire, dans la brochure fédérale présentant l’initiative, Peter Föhn s’indigner « On ne peut tout de même pas nous demander de cofinancer les avortement d’autrui » ou Valérie Kasteler-Budde relever que « cette initiative sauve 1000 enfants par an, diminue les primes d’assurance-maladie et restaure la liberté conscience. »

L’abbé Theurillat n’en est pas à son coup d’essai, puisqu’en 2012 il avait publiquement déformé le Catéchisme de l’Eglise catholique pour souhaiter la bienvenue à la gay pride.

Ces pauvres clercs totalement désorientés, soucieux de plaire au moralement correct (mais authentiquement abject), savent-ils seulement que la culture de mort ne loupe  aucune occasion pour étendre sa logique, que ses suppôts sont constamment aux aguets, eux,  pour lui permettre  d’accentuer son emprise sur nos esprits et nos sociétés ? Sont-ils seulement conscients de la guerre qui est livrée à l’humanité par cette culture de mort ? Que cette guerre, comme l’avait très bien expliqué Jean-Paul II, un jour où il était particulièrement bien inspiré, est celle « des puissants faite aux faibles » (Evangilium Vitae) ? Elle impose la loi du plus fort sur le plus faible en opposition avec le respect de la vie qui est don sacré et fondement même de toute culture.  L’histoire de la culture de mort permet aisément de s’en convaincre puisqu’elle naît de l’accouplement du malthusianisme et de l’eugénisme, consacré dans le rapport Kissinger, de son vrai nom le rapport NSSM 200 remis au président Nixon par Henry Kissinger le 10 décembre 1974 et qui prônait une incitation à la généralisation des différentes méthodes de limitation des naissances : contraception, stérilisation, avortement, tout particulièrement dans les pays  où les Usa craignaient de ne plus pouvoir exercer leur ascendant si les populations venaient à croître trop rapidement( Egypte, Ethiopie, Nigeria, Inde, le Bangladesh,  Philippines, Inde). Les bonnes fées qui se sont penchées sur son berceau ont été les fondations Rockefeller et Rothschild, qui n’ont eu de cesse de financer la propagande en sa faveur et des instituts comme  l’International Planet Parenthood Federation dont la fondatrice, Margaret Sanger,  expliquait : « Toutes les misères de ce monde sont imputables au fait que l’on permet aux irresponsables ignorants, illettrés et pauvres de se reproduire sans que nous ayons la moindre maîtrise sur leur fécondité » (cité dans Margaret Sanger, father of modern society, par Elasah Drogin).

Comment notre clergé peut-il être à ce point aveugle ? Comment peut-il à ce point ne pas comprendre que les puissants de ce monde usent de tous les moyens dont ils disposent pour promouvoir cette culture de mort, que ce sont eux qui  en tirent les ficelles pour faire ployer les faibles, les corrompre,  les soumettre à leurs intérêts égoïstes, à leur soif de pouvoir ? Comment peut-il manquer à ce point de courage ? Chaque occasion de planter une banderille dans le cuir de la culture de mort devrait pourtant être saisie quand on se prétend être du côté des faibles. Mais le clergé progressiste est-il vraiment du côté des faibles ailleurs que dans ses sermons ?

Julien Gunzinger