Justin Petipeu : une prélature … n’aurait été qu’une coquille (presque) vide

Excellente analyse de l’un des intervenants du forum catholique.

Source : le forum catholique.

[…] Je dis seulement que cette soif d’unité n’était partagée que par un évêque et une poignée de prêtres…ce qui n’est pas méprisant dans mon esprit mais indique un petit nombre. Certes un accord avait été trouvé, mais entre qui et qui ? On a vu nombre de prêtres tirer à boulets rouges sur Rome, et pas des moindres ; je pense aux supérieurs des districts de France, d’Amérique du Sud, d’Angleterre, d’Italie. L’un qualifiait Benoît XVI d’apostat et de blasphémateur à l’occasion d’Assise, l’autre enterrait les propositions avant que le supérieur n’y ait réagi lui-même, le troisième appelait à la résistance jusqu’au martyre. Les sites internet se multipliaient pour traîner dans la boue le supérieur général pendant qu’en France, le pauvre abbé Simoulin dans le Seignadou a dû se sentir bien seul pour défendre Mgr Fellay tandis que la Porte Latine n’a même pas daigné publier ses articles…

Alors oui, lorsque la lettre des trois évêques est parue, qui menaçait ouvertement la FSSPX d’éclatement, je pense que Rome a été largement prise de court. On se souvient du piteux communiqué de la Commission Ecclesia Dei qui informait sans rire que « le cas des trois autres évêques serait traité à part »…Quelle farce !

Mgr Fellay a d’ailleurs convenu depuis que ce texte était diviseur, sans attendre celui de Juin 2012.

Quant’au terme « récupérer » qui vous choque, vous pouvez le changer s’il vous déplaît tant que ça. En attendant, c’était bien l’esprit de Benoît XVI affiché clairement dans la lettre qui accompagnait la levée des excommunications en 2009.
Devons-nous impassiblement les laisser aller à la dérive loin de l’Église ? Je pense par exemple aux 491 prêtres. Nous ne pouvons pas connaître l’enchevêtrement de leurs motivations. Je pense toutefois qu’ils ne se seraient pas décidés pour le sacerdoce si, à côté de différents éléments déformés et malades, il n’y avait pas eu l’amour pour le Christ et la volonté de L’annoncer et avec lui le Dieu vivant. Pouvons-nous simplement les exclure, comme représentants d’un groupe marginal radical, de la recherche de la réconciliation et de l’unité ? Qu’en sera-t-il ensuite ?

Lorsqu’il a été clair que trois évêques sur quatre et l’écrasante majorité des prêtres ne suivrait pas, je ne vois pas trop ce qu’il restait à faire, à part sauver la tête de Mgr Fellay en lui permettant de rentrer la tête haute à la maison…et de ne pas devenir le Tjibaou de la FSSPX.

Aucun mépris dans mes propos mais créer une prélature personnelle pour Benoît XVI était infiniment plus facile que de libérer la messe et lever les excommunications. Excusez-moi mais votre analyse ne tient pas. S’il n’y a pas eu de prélature, c’est parce qu’elle n’aurait été qu’une coquille (presque) vide.

Justin Petipeu