Le lien canonique : cause ou conséquence ?

« Refuser de chercher à rétablir le lien canonique avec l’Église, dans l’état où elle est aujourd’hui, telle qu’elle vit et souffre aujourd’hui, quel que soit le prétexte invoqué, c’est tout simplement refuser l’Église, ce qui n’est pas catholique. »

Voilà ni plus ni moins ce qui est affirmé dans l’un des bulletin de l’une des chapelles de la tradition. Deux réponses peuvent être apportées :

1 –  L’exemple de Mgr Lefebvre

– jusqu’en 1988, jusqu’aux sacres, Mgr Lefebvre a cherché un accord pratique, une régularisation canonique. Pour autant, il a agit d’une telle façon qu’il a perdu la régularité canonique en adoptant une attitude de refus des réformes qui menait inexorablement à cette rupture.

– après 1988, Mgr Lefebvre n’a plus voulu rechercher un accord pratique, il en a même, à partir de cette date, refusé le principe, principe qui fut tenu par la FSSPX jusqu’en 2012 comme étant « une voie de mort ». Est-ce à dire que Mgr Fellay a refusé l’Eglise quand il disait que l’impossibilité d’accepter un accord pratique relevait d’une cause de nature ? Cela veut-il dire qu’à partir de 1988 Mgr Lefebvre a refusé l’Eglise, tout comme l’ensemble de la FSSPX de 1988 à 2012 ?

Si l’auteur de ces lignes pense une telle chose, se maintenir dans la FSSPX constitue pour lui une acceptation du schisme latent qu’il dénonce, étant donné que les instituts Ecclesia Dei Adflicta répondent parfaitement à ses objections.

2 – Une inversion des principes

Le lien canonique n’est pas une fin en soi, encore moins en temps de crise. Ce lien vient sanctionner le partage d’une même Foi. Toute la difficulté de la crise actuelle, crise sans commune mesure avec toutes les précédentes, vient du fait que c’est le pape qui déverse dans l’Eglise des doctrines erronées, et que de fait, ces papes, loin de confirmer leurs frères dans la Foi, les en détournent.

Devant un tel mystère, il convient d’établir la hiérarchie des choses, car dans le cas présent, il y a incompatibilité entre le fait de conserver la Foi exprimée à travers le Magistère constant de l’Eglise et un éventuel lien canonique qui ne sous sera accordé que si précisément nous acceptons les nouveautés conciliaires contraires à cette Foi.

Il est bien évident que la Foi est au-dessus d’un lien canonique qui n’a pas de sens ni de valeur s’il est déconnecté de cette Foi. C’est tout le drame des sacres et  c’est là que ce situe l’acte de Foi héroïque posé par Mgr Lefebvre en 1988. Ne pas le comprendre, c’est ne pas saisir le combat qui se déroule depuis 50 ans déjà.

La FSSPX n’est pas le problème, la FSSPX n’a pas d’autres problèmes que ceux qui veulent la changer et la détourner de la prudence toute surnaturelle de son fondateur. Le problème vient de Rome, la perte de la Foi vient de Rome, du Concile et des réformes qui en sont issues. Que Rome revienne à la Tradition, et la FSSPX ne sera plus un problème, que ce soit au niveau doctrinal, comme au niveau canonique.

Austremoine