L’écartèlement des instituts Ecclesia Dei

Il est de bon ton d’affirmer que peu de choses séparent la FSSPX des instituts Ecclesia Dei : même messe, mêmes sacrements, et diront aussi certains, même doctrine.

On peut disserter longuement pour savoir si chacune de ces affirmations est correcte, et notamment celle concernant la doctrine. Que d’amis me disent que si dans le discours officiel rien n’est dit contre le Concile, in privatim, les prêtres de la FSSP le combattent tout comme les prêtres de la FSSPX. On trouvera sans doute des exemples allant dans ce sens, mais il est préférable de considérer la réalité théologique de la FSSP plutôt que de s’attarder sur ces exemples individuels.

La « béatification » et la « canonisation » de Jean-Paul II en donne une bonne illustration pratique. Les prêtres de la FSSP vont-ils proposer, à l’instar de l’Eglise conciliaire, le pape d’Assise et du baiser du coran à leurs fidèles ? Vont-ils donner en exemple ces nouveaux « saints », chantres de l’œcuménisme et du dialogue inter-religieux ?

En réalité, la réponse est déjà en grande partie donnée : le pèlerinage ND de Chrétienté avait donné pour exemple « sainte » Mère Térésa, qui si elle fut héroïques dans l’application de vertus naturelles, disait encourager les musulmans mourant dans leur foi, plutôt que de tenter de leur apporter la grâce ultime et salvatrice du baptême ! Une telle personne, même si nous espérons son salut, ne peut être portée sur les autels catholiques !

Différents sites officiels de la FSSP parlent déjà des « bienheureux » Jean XXIII et Jean-Paul II ! A coup sûr ils ne seront pas longtemps gênés pour en venir à les considérer comme « saints » !

Même liturgie, sans doute, mêmes sacrements, certes, même doctrine, hélas, ce n’est plus le cas. Les différences théoriques, théologiques, peuvent paraître à certains encore subtiles, elles le sont beaucoup moins mises sous les projecteurs si terrible de ces fausses canonisations.

On a pu comparer les prêtres Ecclesia Dei aux prêtres jureurs, dans le but de montrer que leur liturgie et leurs sacrements étaient les mêmes que ceux des prêtres réfractaires. Un autre parallèle me semble plus approprié, l’exemple de ce saint, dont j’ai oublié le nom, qui au tout début du schisme protestant se rendit dans une église pour assister à la sainte messe. Vient le moment de la communion, sans que notre saint put savoir si le prêtre qui officiait était catholique ou protestant, la liturgie protestante n’ayant pas été encore réformée. Il pria dans son for interne, demandant à Dieu de l’éclairer. C’est alors qu’un ange descendit du ciel et lui donna la communion. Notre saint compris alors que cette cérémonie était celle d’un prêtre protestant.

Le concile Vatican II n’est rien d’autre que la protestantisation voulue et assumée de l’Eglise catholique. Accepter ce concile, c’est en accepter le poison moderniste et néo-protestant. L’Eglise conciliaire a sa doctrine, elle a ses sacrements, elle a sa liturgie. Dans le principe, la FSSP et les instituts Ecclesia Dei les ont acceptés, à la seule différence peut-être, que pour eux la « forme extraordinaire » leur est ordinaire, et que la « forme ordinaire » leur est extraordinaire ! Et le « saint » d’Assise, Jean-Paul II, sera bien de leur paroisse !

N’allons pas nous-même vers la voie de l’écartèlement ; si elle est pour ces prêtres – sans doute pour beaucoup de bonne volonté – la réponse qu’ils pensent devoir donner à ce dilemme qui se posent à eux, une attitude équivalente de notre part serait une trahison du combat qui se mène, combat qui n’est pas le notre.

Il n’y a qu’une attitude catholique dans cette tourmente et aux milieux de tous ces compromis, d’où qu’ils viennent, qui ruinent l’Eglise :

« Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. »

« Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Eglise, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Eglise. » Mgr lefebvre, déclaration 1974

Austremoine