Légitime parce que d’autorité ou d’autorité parce que légitime ?

Le rapport entre l’autorité et la légitimité d’un acte posé par elle a été très bien résumée lors du symposium théologique de Paris en octobre 2005. Voici ce qu’on y lit :

« Dans une étude présentée au Congrès de Si Si No No de 2004, le professeur Pasqualucci a analysé le texte du second Concile de Nicée (787), qui invalida le conciliabule de Constantinople de 753, créé ad hoc pour approuver les thèses iconoclastes.

Dans ce texte sont formulées expressément les conditions requises pour la validité d’un Concile, parmi lesquelles figure la « profession d’une doctrine cohérente avec les précédents conciles » (G. ALBERIGO, Introduction à Décisions des conciles œcuméniques, Turin, UTET, 1978, p. 34.). Face à un concile (celui de Constantinople) qui avait contredit les enseignements des Conciles précédents, la position des pères réunis à Nicée fut nette : « Comment un concile, qui ne concorde pas avec les six conciles saints et œcuméniques qui l’ont précédé, pourrait-il être le septième? »(Cit. in V. PERI : Les Conciles et les Églises. Recherche historique sur la tradition d’universalité des synodes œcuméniques, Rome 1965, pp. 24-25.). Il est intéressant de remarquer la logique de ce passage : un Concile est orthodoxe parce que son contenu est orthodoxe, et non l’inverse.

L’orthodoxie de la doctrine, sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, est donc la condition sine qua non de validité d’un Concile.

Ce principe, qui renvoie à ce que nous affirmions au sujet du rapport autorité-vérité, manifeste de façon limpide la mens catholica : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne.

Le sophisme sous-jacent à tant de conceptions erronées de l’autorité peut être énoncé de la façon suivante : une chose est vraie, elle est légitime, parce qu’elle est enseignée ou posée par l’autorité. La perspective catholique, au contraire, de même que celle de toute saine philosophie, affirme : puisqu’une chose est vraie et légitime, elle est enseignée et posée par l’autorité. »

Il n’est pas difficile d’appliquer ce principe au Novus Ordo Missae : c’est un grave sophisme de dire que celui-ci est légitime parce que l’autorité qui l’a promulgué est légitime, et il est gravissime d’entendre justifier la légitimité de sa promulgation par ce sophisme.

Par contre il convient de dire, que si cette nouvelle messe avait été vraie et légitime, alors l’autorité aurait dû l’imposer. Et comme ce n’est pas le cas, non seulement il n’est pas légitime pour cette autorité de promulguer cette nouveauté, mais il est légitime et nécessaire de la combattre.

On ne peut donc admettre la légitimité du Novus Ordo Missae ni de part sa constitution en elle-même qui pèche gravement, ni de par l’autorité qui l’a promulgué et qui par le fait même commet un abus d’autorité.

Austremoine