L’entente difficile : Mgr di Noia face à un désaccord de Foi

La lettre de Mgr di Noia est assez étonnante. Mais elle montre hélas l’entente très difficile voir impossible en l’état actuel des choses.

– sur la forme, on est ravi de constater que lorsqu’il s’agit de parler à la FSSPX on le fait à grand coups de St Thomas d’Aquin. Bonne habitude qu’il faudrait commencer à redonner aux séminaires…

– constat honnête et sans détour de l’impasse actuelle et de la mésentente de fond entre la FSSPX et Rome, avec la reconnaissance de l’échec des discussions doctrinales.

– Rome veut le Concile à la lumière de la Tradition (ce n’est pas nouveau), mais visiblement ce mot ne recouvre pas le même concept de part et d’autre. Avec les béatifications de Paul VI (à venir) et de Jean-Paul II, papes de toutes les extravagances et fossoyeurs de tout ce qui est traditionnel.

– La FSSPX doit être plus gentille, elle est indélicate. En gros elle doit se remettre en cause. Certainement elle a bien des défauts comme tout ce qui est humain, mais hélas, on ne voit du coté de Rome aucune remise en cause de 50 années de politiques ultra-progressistes, d’une théologie bien souvent hérétique, d’une liturgie dénaturée, et des différents scandales comme Assise, le baiser du Coran, les communicatio in sacris…

– On doit laisser de coté les problèmes qui dérangent. Donc si la FSSPX a des critiques à faire sur des sujets de Foi, elle le fait gentiment et pas trop fort, parce que cela ne la regarde pas trop, et puis ce n’est pas à elle de décider. Ce qui en soi est complètement vrai, mais il convient de dire que la FSSPX ne développe pas son magistère car elle serait alors schismatique, elle ne fait que rappeler celui de 2000 ans de papes successifs.

– La perle de la lettre est quand même ce paragraphe :

Retourner au charisme jadis confié à Monseigneur Lefebvre, le charisme de la formation des prêtres dans la plénitude de la Tradition catholique pour entreprendre auprès des fidèles un apostolat qui jaillisse de cette formation sacerdotale. Voilà le charisme que l’Église discerna lorsque la Fraternité sacerdotale saint Pie X fut approuvée en 1970. Nous n’avons pas oublié le jugement élogieux porté par le Cardinal Gagnon sur le séminaire d’Écône en 1987.

Que la providence ait permis l’approbation par l’Eglise de la FSSPX fut un signe de la providence. Mais il convient de rappeler que déjà à cette époque, c’est uniquement grâce aux amitiés de Mgr Lefebvre que celui-ci obtint cette reconnaissance canonique, illégalement retirée quelques années plus tard.

L’évocation du rapport du Cardinal Gagnon est également nouveau, car jusqu’alors, personne ne le connait, étant sans doute trop élogieux. On ne peut que remercier Mgr di Noia d’oser pour la première fois reconnaître les louanges faites en leur temps à la FSSPX. Il est vrai pourtant que seules les sanctions sont venues pour l’instant rappeler les éloges faites dans ce rapport…mais que personne n’y voit là de « l’indélicatesse »!

En conclusion : ce n’est pas la gentillesse qui fait l’unité, encore moins un signature en bas d’une feuille de papier. L’unité de l’Eglise se fonde sur une Foi commune. Or comme l’a si bien dit Mgr Lefebvre dans sa déclaration de 1974 :

« On ne peut modifier profondément la ‘lex orandi’ sans modifier la ‘lex credendi.’ A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Eglise charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours. »

« Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit. »

« La seule attitude de fidélité à l’Eglise et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme. »

Alors si le pape veut reconnaître la FSSPX, qu’il le fasse, il en a le pouvoir. Mais qu’il ne soit pas demandé l’acceptation de quelque façon que ce soit d’un Concile responsable de la ruine de l’Eglise, et surtout, qu’il ne soit pas demandé le silence de la FSSPX sur les erreurs qui minent l’Eglise, même quand ces erreurs émanent des plus hautes autorités. On relira avec profit le remarquable sermon de Mgr de Galaretta en 2008 :

« On n’a pas à choisir entre la foi et la charité ; on doit embrasser les deux ».

Austremoine