Les 25 ans de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre

A l’occasion des 25 ans de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, le pape François, par l’intermédiaire du nonce apostolique Mgr Ventura, a envoyé une lettre très symptomatique de l’état d’esprit des autorités romaines.

Tout y est.

Il est particulièrement intéressant de regarder les termes utilisés dans cette lettre qui reprennent exactement ceux utilisés pour justifier la condamnation de Mgr Lefebvre lors des sacres. Tout comme le motu proprio Ecclesia Dei, de triste mémoire, il est fait état tout d’abord de la base théologique sensée justifier de l’évolution de l’Eglise tout en se refusant à considérer une rupture : c’est le concept de Tradition vivante.

Ce nouveau concept de la Tradition vise à faire du magistère actuel non pas une partie intégrante de ce qui a toujours été cru et enseigné mais une expression actualisée et pourquoi pas nouvelle ayant pour référentiel les circonstances du temps présents. C’est ainsi que la Tradition vivante peut comporter à leur sens des contradictions sans que cela ne pose problème, car les circonstances ayant changées, le magistère s’adapte à l’évolution du monde. C’est ainsi que l’on en viendra à parler de dogmes évolutifs. Naturellement une telle conception de la Tradition n’est pas du tout conforme à l’enseignement de l’Eglise, Tradition qui reste inchangée à travers les âges.

C’est donc en acceptant cette Tradition vivante que les membres de la FSSP sont invités à vive leur « sensibilité » en conformité avec le concile Vatican II. Il en découle nécessairement deux choses :

–           le « choix » de la messe tridentine est simplement une question de sensibilité par rapport à la messe nouvelle de Paul VI, ce qui implique de facto la reconnaissance de la légitimité du Novus Ordo comme étant l’expression d’une autre sensibilité et non d’une autre Lex Credendi dont elle est la nouvelle Lex Orandi.

–          Le concile Vatican II est la norme et l’unique norme dont tous les autres aspects, même ceux relevant éventuellement de ce que l’on pourrait appeler la Tradition, doivent se conformer. Ce qui implique de facto la reconnaissance de la doctrine du Concile et des réformes qui en sont issues.

Cette courte lettre nous permet donc de confirmer s’il en était besoin que la façon dont Rome aborde la Tradition n’a pas changée et que l’herméneutique de la réforme telle que voulue par Benoit XVI n’était en réalité pas nouvelle : ce qui justifia les sacres et fut le mobile de la condamnation de Mgr Lefebvre est toujours autant d’actualité. On ne peut accepter ce Concile tout entier empoissonné, ni ses réformes et ni ses « Saints ».

Austremoine