Les mondains…spirituels !

Le mondain est oecuméniste par nature, rien ne le heurte plus que de se voir rejeter à cause des principes qu’il voudrait tenir de la société de ceux qu’il veut pour amis. Pour le mondain, le premier principe est lui-même, car sa mondanité est libérale, aucun principe ne devant gêner ses relations sociales ou sa façon de vivre et de penser.

Que ses amis le trouvent trop rigide, qu’ils lui trouvent des idées trop fermes, le mondain s’empressera de rectifier tout en rondeur ces honteuses dispositions ! Que la majorité change d’avis, il s’empressera de s’accommoder de cette nouvelle situation et glissera avantageusement vers les plus nombreux.

Ne croyez pas que le mondain est sans morale ni principe, non ! Car pour rester dans ce monde qui le rassasie, le mondain se doit de tenir un rang. Tel monde, telles règles : le monde qu’il courtise lui impose ses règles, et elles sont fluctuantes. Le mondain n’agit pas en fonction de ce qui est bien, mais en fonction de ce qui fait bien !

Surtout que personne ne dérange le mondain dans sa façon de vivre, il ne supporte pas d’autres principes que celui de son nombril, ou du moins, il n’accepte pas que ces principes passent avant lui-même. Et si par malheur quelqu’un lui exposait les conséquences pratiques que tel ou tel principe de foi ou de morale implique dans sa vie quotidienne, il le traitera de sectaire, de fou, etc.

Dans l’actuelle crise de l’Eglise, le mondain vous affublera des sobriquets de schismatique, d’excommunié et que sais-je ! Il sera aussi excluant qu’un libéral sait être dur et contraignant. Sa douceur mielleuse est conditionnée à sa sécurité relationnelle, son humilité apparente n’est que le conditionnement accepté aux exigences sociales de son monde. Le mondain, si son milieu le lui impose, critique le Novus Ordo mais ne craint pas d’y assister, ou dans un autre registre, il n’hésite pas à dire son admiration et son accord avec Mgr Lefebvre tout en tenant la main de ceux qui l’ont conspué ou qui vivent de sa condamnation.

Le mondain ne raisonne pas en termes de vrai ou de faux, de bien ou de mal, mais il considère les choses sous le prisme avantage ou inconvénient, reconnaissance ou mépris. Il est un véritable oiseau de nuit qui n’a pas besoin de la lumière de la Vérité, son regard relativise tout dans la pénombre généralisée du consensualisme. Le mondain n’a que faire de l’objectivité du bien et du mal, il ne s’intéresse qu’à la subjectivité de son ego qui lui commande ce qui lui est le plus avantageux aux yeux des autres.

Qu’un prêtre lui explique et lui expose les réalités concrètes qu’imposent certains principes, il s’y refuse violemment. Expliquez au mondain que si la messe de Paul VI est mauvaise il ne faut pas y assister, il s’y refusera si cela va contre les habitudes de son monde. Si vous lui expliquez que l’assistance aux messes Motu Proprio est dangereuse en raison des déviances doctrinales graves du célébrant, entre autres, (même si on ne peut que se réjouir de voir des prêtres dire l’ancienne messe), il se scandalisera si cela le gêne dans ses relationsmondaines !

Alors le mondain vous lancera son trait de choc, mais toujours la main sur le cœur : « ne nous mêlez pas à ces querelles ecclésiales auxquelles nous ne comprenons rien, mais parlez-nous du si bel évangile du jour ! Vous comprenez monsieur l’abbé, ce que nous recherchons, c’est du spiritueeellll ! » Et le mondain de dire qu’il ne faut pas être excessif, qu’il faut se recentrer ! Et si le prêtre, deux sermons par an (sur cinquante quatre), a le malheur d’aborder des sujets ayant trait à la crise de l’Eglise, et bien ce seront deux sermons de trop !

Le mondain n’est pas vraiment catholique, et s’il l’est, c’est surtout pour satisfaire à une nécessité sociale…

Le mondain n’est pas l’outil de Dieu, il est un jouet du monde.

Austremoine