Mgr Lefebvre : il y a 25 ans ; rien n’a changé sur le fond et la façon d’agir

Conférence de Mgr Lefebvre en 1988 :

Il faut savoir. Il faut savoir qui nous condamne et pourquoi on nous condamne. Il suffit de réfléchir un petit peu. Si ce sont des autorités qui n’ont plus la foi catholique, qui n’agissent plus en catholiques, et qui nous condamnent parce qu’on veut rester catholiques… alors il faut baster avec eux, il ne faut pas se battre avec eux ?… Non. Ce n’est pas possible ça ! – Mais enfin, mais enfin, le pape, le pape… Je n’y peux rien, je n’y suis pour rien. Si le pape fait un Nouvel Ordo dont la définition, d’après le Cardinal Oddi, est une définition hérétique, ce n’est pas moi qui l’ai dit, c’est lui qui le dit, en tout cas elle favorise l’hérésie certainement, la définition de la messe… je n’y peux rien, moi !

Alors s’ils appliquent un œcuménisme absolument aberrant qui fait perdre la foi à des millions de catholiques, comment peut-on dire encore qu’ils sont vraiment catholiques ?

Alors on a continué. Alors Rome condamne, suspend : tous les séminaristes interdits, les prêtres ne peuvent plus célébrer, nous sommes tous frappés de peines canoniques à cause de notre désobéissance à Rome !…

Et puis interviennent peu après de nouveau les colloques… Rome semble tout de même ne pas vouloir nous abandonner complètement, et alors s’instaure un espèce de colloque continuel, continuel… Et alors à partir de ce moment-là, depuis, on peut dire, 76 jusqu’à maintenant, et bien ces colloques ont continué, toujours de la même manière, toujours de la même façon, ont toujours abouti à rien parce qu’il fallait accepter le Concile dans son ensemble, même à la lumière de la Tradition, il fallait accepter cela ; il fallait accepter le principe des réformes ; il ne fallait pas s’opposer à la nouvelle messe ; il ne fallait pas détourner les fidèles de la nouvelle messe et des nouveaux sacrements…

Alors j’ai été interrogé par le Saint-Office. Et là, le Saint-Office m’avait posé d’abord des questions, tout un questionnaire… J’ai répondu, je crois, une centaine de pages !… contre la liberté religieuse, contre le Nouvel Ordo Missae, contre toutes les horreurs que Vatican II a pu produire, n’est-ce pas ! Alors ça a été de nouveau des questions ensuite, de nouveau des réponses, et ainsi de suite… On a continué comme ça indéfiniment… Le Cardinal Seper est mort. Est venu maintenant le Pape Jean-Paul II et puis le Cardinal Ratzinger, et on a continué les discussions… Le Cardinal Ratzinger venant pour la première fois s’occuper de cette affaire-là, a été persuadé qu’au bout de trois semaines tout allait s’arranger, avec de beaux sourires et puis un petit entretien, ce n’est pas possible, ce n’est pas possible que ça ne s’arrange pas… On était toujours au même point : nous voulions garder la foi catholique. Pour garder la foi catholique, nous voulions garder la Tradition, la Tradition dans la liturgie, et la Tradition dans la formation sacerdotale, et rejeter toutes ces erreurs modernes, modernistes et libérales. Et voilà, le dialogue donc a continué comme ça pendant plusieurs années depuis 1978, au moment de l’élection du pape…