Mgr Lefebvre : le nouveau magistère est un magistère anathème

Certains, même dans les rangs de la tradition, n’hésitent plus à affirmer que le concile Vatican II fait parti du magistère et que le fait de le refuser comme tel fait de nous des sédévacantistes.

De tels propos montrent la méconnaissance profonde de la pensée du fondateur de la FSSPX et même l’opposition dans laquelle ils se trouvent avec celui-ci. Mais encore une fois, le bon sens tout simplement bien catholique de Mgr Lefebvre exprime avec clarté ce qui doit être tenu concernant l’enseignement de ce concile.

Cela n’empêche pas des développements théologiques plus complexes comme ceux de l’abbé Gleize qui explicitent et appuient de façon plus pointue cette position vis-à-vis du nouveau « magistère ».

Pour autant, comme le dit Mgr Lefebvre, « La question n’est pas difficile » !

Austremoine

Mgr Lefebvre, sermon historique du 29 août 1976 :

Pour la question du Magistère : mais il n’y a personne qui est attaché à l’obéissance au Magistère du pape, des conciles et des évêques, comme nous ! Nous sommes, nous, les plus attachés de l’Eglise, je pense, je l’espère et nous voulons l’être, à l’obéissance au Magistère des papes, des conciles et des évêques ! Et c’est parce que nous sommes attachés à ce Magistère, justement, que nous ne pouvons pas accepter un Magistère qui n’est pas fidèle au Magistère de toujours !

Sinon, il n’y a plus de moyen d’en sortir, on ne sait plus à quel Magistère il faut obéir ! Alors ils disent : « Mais il n’y a pas deux Magistères, il n’y a qu’un Magistère, c’est celui d’aujourd’hui. Il ne faut pas vous référer au passé ». C’est absolument contraire à la définition même du Magistère de l’Eglise. Le Magistère de l’Eglise est essentiellement un Magistère traditionnel : il porte une Tradition, il transmet une Tradition. C’est le rôle propre de l’Eglise, de transmettre le dépôt de la foi. Le dépôt de la foi étant terminé à partir de la mort du dernier des apôtres, ils ne font que transmettre, expliquer, c’est entendu, et ça ne peut donc jamais être en opposition avec ce qui s’est dit précédemment ! C’est la parole de saint Paul disant : « Si moi-même ou un ange descendu du ciel venait vous dire quelque chose de contraire à ce qui vous a été enseigné primitivement… » – Voilà la chose essentielle, capitale : « à ce qui vous a été enseigné primitivement ». Donc saint Paul, pour la vérité de sa propre parole et de la parole d’un ange du ciel, se réfère à ce qui a été enseigné primitivement. Nous aussi nous nous référons à ce qui a été enseigné primitivement. – Or, il se trouve dans le Concile des documents, comme celui de la liberté religieuse, qui enseignent quelque chose de contraire à ce qui a été enseigné primitivement ! On n’en peut rien, ce n’est pas de notre faute, c’est comme ça, c’est un fait ! Alors qu’est-ce qu’il faut faire ?

Ils nous disent : « Vous n’acceptez pas ce Concile, vous n’acceptez pas ce Magistère… » Eh bien, oui ! Parce que ce Magistère est un magistère infidèle. Si le Magistère était fidèle à la Tradition, il n’y aurait pas de problème. Et c’est parce qu’il n’est pas fidèle au Magistère pour lequel nous avons justement une estime profonde que nous disons : ce n’est pas possible, un Magistère qui a été proclamé et défini pendant des siècles, ne peut pas se tromper. Alors nous sommes fidèles à ce Magistère et si un magistère nouveau vient dire quelque chose qui est contraire à ce qui a été enseigné primitivement, il est anathème ! C’est saint Paul qui le dit. Nous ne pouvons pas l’accepter. C’est tout. La question n’est pas difficile.

Il ne faut donc pas qu’ils nous accusent d’être contre le Magistère de l’Eglise, contre le Magistère des papes, contre le Magistère des conciles. Ce n’est pas vrai ! C’est le contraire. Nous sommes persécutés parce que nous sommes fidèles au Magistère de toujours. 

On nous dit : « Vous jugez le pape ». Mais où est le critère de la vérité? Monseigneur Benelli m’a jeté à la figure : « Ce n’est pas vous qui faites la vérité ». Bien sûr, ce n’est pas moi qui fais la vérité, mais ce n’est pas le pape non plus. La Vérité, c’est Notre-Seigneur Jésus-Christ et donc il faut nous reporter à ce que Notre Seigneur Jésus-Christ nous a enseigné, à ce que les Pères de l’Eglise et toute l’Eglise nous ont enseigné, pour savoir où est la vérité. Ce n’est pas moi qui juge le Saint-Père, c’est la Tradition. 

Mgr Lefebvre, sermon historique du 29 août 1976