On nous avait dit…

On nous en dit des choses, beaucoup. Beaucoup de bêtises aussi. Il est vrai que le 20ème siècle et son virtuel avancé n’aide pas tout le monde à faire la différence entre rêve et réalité. Pourtant Benoît XVI était bien tout aussi réel que le pape François.

La première réalité est que Benoît XVI n’était pas éternel : avoir fondé des espoirs sur sa seule personne en ayant occulté la mise à mal des principes ne peut que constituer des désillusions amères et un aveuglement tragique.

La deuxième est que si Benoît XVI fut un artisan enthousiaste du concile Vatican II, le pape Bergoglio en est un fruit qui n’a connu comme prêtre que les réformes conciliaires. Il y a une vraie continuité entre les deux papes, une vraie filiation, idéologique, doctrinale, pas seulement « pétrinienne ».

La troisième est que le Pape François a été élu rapidement, très rapidement, par une majorité de cardinaux dont nombre d’entre eux fut nommé par Benoît XVI. Un pape progressiste élu par une majorité de conservateurs ? Allons… A Rome, quoiqu’on en dise ou qu’on veuille nous faire croire, les gloires de Vatican II sont loin d’être éteintes, et cette funeste assemblée reste la référence au plus haut sommet de l’Eglise.

Dure leçon de l’histoire qui nous apprend encore une fois que les bases solides d’une restauration de l’Eglise ne pourront venir que du retour de la Tradition à Rome, dans les principes, et pas seulement dans les bons sentiments et l’esthétique. Cela n’empêchera pas les éternels bisounours de s’accrocher désespérément aux rares signaux qui pourraient leur faire croire à une Rome traditionnelle comme pour mieux ignorer ou relativiser l’incendie qui détruit l’Eglise du Christ.

Le docteur angélique avait tout compris : on ne peut appuyer un raisonnement sain que sur le réel. Le réel est tout aussi nécessaire aux traditionalistes que la Tradition est nécessaire à l’Eglise. Il suffit d’y revenir, humblement. Qu’il est contraignant ce réel…

Austremoine