Rome devra se dédire

Pour justifier de mensonges appelés avec pudeur « diplomatiques », on dit que l’autorité ne peut pas perdre la face, et pour se faire on modifie la réalité, on refait allègrement l’histoire pour qu’un fois refaite, l’autorité coupable se trouve justifiée.

Quelle fausse conception de l’autorité qui commence tout d’abord par oublier que le mensonge est une offense faite à Dieu, et qui n’hésitant pas à léser la justice envers Dieu, fait de même envers le prochain, faisant de l’innocent un coupable et du coupable un innocent.

On retrouve notamment ce travers dans la recherche d’un accord entre la Tradition et la Rome conciliaire : comme on sait qu’aucune base commune sur le plus doctrinal n’est possible, et que Rome refuse tout retour à la Tradition, on nous explique que Rome ne peut pas perdre la face, que Rome ne peut pas avoir tord, et que donc on donne une adhésion extérieure au Concile tout en le réprouvant sur le fond. Foutaise !

Et Dieu dans tout cela ? Et la Vérité ? Et la Foi ?

En 2012 certains ont tenté d’adopter la voix tracée par Benoît XVI de l’herméneutique de la réforme. Il a fallu essayer de rendre les ronds carrés et les triangles ovales, ce qui en termes naturels est une négation du réel mais en termes surnaturels est une atteinte gravissime à l’intégrité de la Foi.

Le concile Vatican II, par ses nombreuses ambiguïtés, laissait la porte ouverte à ces approches suicidaires, car ce qui est ambigu peut trouver une explication plus ou moins alambiquée. Les erreurs du Concile ayant été auparavant largement relativisées.

Les canonisations scandaleuses de Jean XIII et de Jean-Paul II ne sont pas plus graves que le concile Vatican II, elles n’en sont qu’une conséquence, mais elles marquent d’une façon factuelle, pratique et concrète la progression de la révolution moderniste.

Un saint n’est pas ambigu, il est ou il n’est pas. Il est sur les autels où il n’est pas. Le pape d’Assise ou du baiser du Coran ne peut pas être porté sur des autels catholiques comme l’a si bien dit monsieur l’abbé Rousseau. Ces nouveaux « saints » canonisés à coups de canon conciliaire devront être déchus, condamnés, voués à l’opprobre pour avoir causé la honte et le scandale dans l’Eglise.

Rome devra se dédire de ces scandales, elle devra rejeter des « singeries » qui détruisent la Foi. Rome ne perdra pas la face, elle se couvrira de gloire lorsqu’elle aura rejeté ce manteau de honte et de reniement, pour redire au monde la bonne nouvelle.

Le silence de honte va-t-il se briser ? Que de silences coupables face à la béatification de Jean-Paul II, à Assise 2012 et à la reconnaissance des « vertus héroïques » de Paul VI ? Quel scandale faudra-t-il pour réveiller ceux qui doivent parler ? Dici veritatem, veritas liberavit vos, mais quand ?

Austremoine