Interview de Dom Gérard en 1988

Et tout y est. Les mêmes raisonnements que depuis 2011, les mêmes excuses et les mêmes assertions gratuites. Les nouveaux « ralliéristes » n’ont pas inventé grand chose.

« On a un statut mais on a rien concédé » : aujourd’hui le Barroux a tout accepté ;

« C’est une grande victoire pour la Tradition » : ce fut une grande victoire des progressistes qui divisèrent la Tradition ;

« La Tradition n’est pas un camp retranché mais un outil de diffusion » : Jean XIII aussi a voulu ouvrir les portes de l’Eglise, et puis c’est sympa pour les missionnaires de la Tradition se dévouant dans le monde entier ;

bref…

Le Barroux aujourd’hui défend la liberté religieuse, accepte l’orthodoxie et la légitimité de la nouvelle messe…mais ils n’ont rien concédé…bizarre ! Et c’est vrai, au départ, rien ne fut concédé, si ce n’est le silence. Mais se taire sur l’erreur, c’est déjà avoir renoncé à la vérité.

« Je t’adjure devant Dieu et le Christ Jésus, qui doit juger les vivants et les morts, et par son apparition et par son règne : prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, censure, exhorte, avec une entière patience et souci d’instruction. Car un temps viendra où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine, mais au gré de leurs désirs se donneront une foule de maîtres, l’oreille leur démangeant, et ils détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. » Saint Paul à Timothée , chap 4 ; v 1 – 5

L’histoire est pleine d’enseignement, autant qu’on veuille ne pas l’oublier ou la transformer.

Austremoine

 


Pourquoi les sacres de 1988 ?

Ces derniers temps, certains ont donné des sacres de 1988 une justification erronée, arguant du fait que cet acte était légitime car répondant à un état de nécessité, état de nécessité du fait de la mort prochaine de Mgr Lefebvre.

Réduire l’état de nécessité à l’état de santé du prélat français est absurde. Que sa santé déficiente lui ait imposé une limite temporelle est exacte, mais il ne s’agit certainement pas de ce qui en a fait la justification ni ce qui a généré cet état de nécessité.

Voici ci-dessous, exposées succintement et très clairement, les justifications des sacres de 1988, telles que les avaient données à l’époque la Maison Générale.

Source : La Porte Latine

C’est le 29 juin 1987, à Ecône, que Mgr Lefebvre annonça publiquement sa résolution de se doter de successeurs qui assureraient la pérennité de son œuvre d’Eglise : transmettre, dans toute sa pureté doctrinale et sa charité missionnaire, le sacerdoce catholique.

Deux faits précis sont à l’origine de cette décision historique qu’il qualifia lui-même « d’opération survie » de la Tradition.

D’abord la réunion interreligieuse d’Assise qui vit le pape présider, le 26 octobre 1986, un congrès des religions pour la paix, initiative jadis condamnée par les papes Léon XIII (Testem benevolentiae, 1899), saint Pie X (Notre Charge apostolique, 1910) et surtout Pie XI (Mortalium animos, 1928).

 Ensuite la confirmation, par Jean-Paul II et le cardinal Ratzinger, des thèses nouvelles sur la liberté religieuse, doctrine proclamée au concile de Vatican II en contradiction avec le magistère le plus solennel des papes des deux siècles précédents, en particulier Grégoire XVI, Pie IX (Quanta Cura et Syllabus, 1864), Léon XIII, saint Pie X, Pie XI (Quas primas, 1925) et Pie XII. Cette fausse liberté reconnaît à toutes les religions le droit absolu de professer, en public comme en privé, les erreurs et les doctrines les plus contraires à l’Evangile.

La confirmation de la liberté religieuse entendue dans un sens opposé au magistère constant de l’Eglise catholique acheva de convaincre Mgr Lefebvre de la gravité de la crise de l’Eglise et de la perte universelle du sens de la foi – jusqu’à Rome même – véritable mystère d’iniquité.

Poussé par cet état de nécessité prévu par le Droit de l’Eglise et la vertu de prudence, il résolu de procéder aux sacres dans le but de transmettre son pouvoir d’ordre. Il se garda bien de donner une quelconque juridiction aux évêques sacrés par lui, dans le but d’éviter tout schisme. Fort de l’esprit du Droit canonique qui veut que l’obéissance serve au salut des âmes et non à leur perte – ni à la mort des œuvres visiblement bénies de Dieu –, Mgr Lefebvre a préféré paraître désobéissant en passant outre à une loi de discipline ecclésiastique. Ce faisant, il entendait ne pas coopérer à la destruction universelle dont il était le témoin.

Ainsi, face aux désordres et aux scandales répandus partout dans l’Eglise, face à la corruption des rites des sacrements et à la perversion du sacerdoce catholique, Mgr Lefebvre a restauré l’Ordre et posé les bases d’un véritable renouveau pour l’Eglise d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Car Dieu ne change pas. Il est le même, hier et aujourd’hui, et dans les siècles des siècles.

Source : FSSPX – Maison Généralice