Qui les appellera « saints » ?

Jean XXIII et Jean Paul II ont été « canonisés ». Nul ne peut remettre en question le fait que ces canonisations ne marquent aucune rupture d’orientation fondamentale entre les papes Benoît XVI et François, le second achevant le processus initié par le premier, le pape en titre et celui émérite se retrouvant pour concélébrer lors de la proclamation de ces nouveaux « saints ».

Cet évènement rend la destruction de l’Eglise par le concile encore plus irréversible. Comment dorénavant toucher un concile voulu par un « saint » et appliqué et vanté comme étant la boussole de l’Eglise par un autre « saint » ? Comment même « laisser de côté » ce Concile afin d’éviter les points d’achoppement qu’il renferme ?

Plus que jamais, l’Eglise conciliaire ne s’est autant distinguée de l’Eglise catholique. Si auparavant elle avait érigée sa nouvelle constitution à travers le concile Vatican II, ses nouvelles lois à travers le nouveau code de droit canon et ses nouveaux rites par la fabrication néo-protestante de Mgr Bugnini, elle a dorénavant ses nouveaux « saints », et quels « saints » !

Mais, fait nouveau, ces canonisations peuvent aujourd’hui se draper du sceau extérieur de l’infaillibilité. Car s’il est une chose qui répugne au modernisme, c’est l’infaillibilité, car ce qui est infaillible est défini ; le moderniste de par sa pensée subjectiviste n’admet pas l’objectivité de ce qui est défini, de ce qui est. Or si ces canonisations ne sont bien évidemment pas infaillibles, elles en revêtent les aspects.

Que feront les instituts Ecclesia Dei ? Refuseront-ils le culte de ces nouveaux « saints » ? Le choix posé par ces « canonisations » s’apparente à celui de 1988 : refuser les saints de l’Eglise c’est se rendre schismatique, les accepter, c’est accepter le modèle pour lequel l’Eglise nous les donne en exemple. L’oecuménisme, la liberté religieuse, le culte de l’homme, la participation aux faux cultes, le relativisme, le baiser du Coran, Assise etc…, ces décennies de scandales voulue par Jean-Paul II sont-elles un exemple pour l’Eglise ? Pour l’Eglise catholique certes pas, mais pour cette Eglise conciliaire pan-maçonnique, certainement ! Hélas, ces instituts semblent avoir déjà fait leur choix, car il n’y a pas de raison qu’ils ne considèrent pas comme saint celui qu’ils appellent bienheureux.

Comme en 1988, le même choix radical se pose, et les deux positions ne peuvent que s’exclurent : si l’Eglise conciliaire peut trouver sa place au sein du concert maçonnique et polythéiste, l’Eglise catholique, porteuse de vérité, ne peut qu’en être exclue. Reste à choisir entre l’Eglise catholique et la secte conciliaire. C’est pourquoi les supérieurs majeurs de la FSSPX avaient eux aussi demandé à Rome leur excommunication de l’Eglise conciliaire, comme gage publique de catholicité. On ne quémande pas notre brevet de catholiques auprès de ceux qui détruisent dans les principes et dans les actes l’Eglise de Dieu. Le seul brevet qui tienne est celui de notre Foi gardée précieusement, en attendant, comme l’écrivit Mgr Lefebvre évoquant l’épiscopat de ceux qu’il s’apprêtait à sacrer, qu’un pape pleinement catholique vienne le confirmer.

Deux anti-christ ont été placé sur les autels.

L’abomination a pénétré dans la maison de Dieu. Un peu plus.

Austremoine


Des divorcés-remariés en état de grâce pour le cardinal Ouellet, à la communion pour tous

Dans un livre intitulé Actualité et avenir du Concile oecuménique Vatican II paru en mai 2012, le cardinal Ouellet, actuel préfet de la congrégation pour les évêques écrivit :

« Je ne dirais pas que les divorcés remariés n’ont pas accès à l’Eucharistie : ils continuent d’être invités à l’Eucharistie, ils participent à l’assemblée eucharistique, ils écoutent avec les autres toute la Parole de Dieu y compris celle qui se fait sacrement, ce que nous appelons la Présence réelle. Ils participent à l’offrande. Le Christ s’offre et tout le monde s’offre avec lui. Ces personnes ont une limite au niveau du témoignage public de la communion mais rien ne les empêche de communier spirituellement au Corps du Christ qui est donné à l’assemblée. D’ailleurs, en vérité, toute communion sacramentelle doit d’abord être communion spirituelle. S’il n’y a pas une communion spirituelle que le sacrement vient exprimer et nourrir, il n’y a pas de communion au Corps du Christ. On peut s’avancer en état de péché mortel et recevoir le Corps du Christ, on n’en recevra pas un bénéfice, mais un moins car on n’en est pas digne et cette communion n’est pas réalisée dans les dispositions requises.

Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul. Même si elles ne peuvent pas recevoir les sacrements explicites, ces personnes peuvent retrouver la grâce de Dieu par le repentir de l’échec initial, par des activités de charité. Leur témoignage est alors le suivant : leur communion s’ex- prime par le fait qu’elles ne reçoivent pas les sacrements, y compris par respect pour la réalité sacramentelle de l’Eglise. Car le mariage est une expression du mystère de l’union du Christ et de l’Eglise, de cette seule chair du Christ et de l’Eglise.

Tous les mariages sont scellés par la communion à ce mystère. Quand on se trouve dans une nouvelle union, on ne peut pas publiquement aller dire à la communauté et au monde qu’on ne fait qu’un avec ce mystère, on ne peut pas l’exprimer au plan sacramentel public. Mais on peut s’abstenir de communier et exprimer ainsi que l’on est dans le respect du mystère sacramentel de l’Eglise. Il est important de confronter ce choix avec le pasteur de la communauté, se faire aider par lui à vivre dans la paix, comme membre de la communauté à part entière, avec cette limite de ne pas pouvoir recevoir la communion sacramentelle. Cette limite peut être vécue dans un sens positif comme un témoignage rendu à l’indissolubilité du mariage. »

Cet extrait a un double intérêt : il est un exemple remarquable et concentré de la contradiction intrinsèque de la pensée moderniste et il nous éclaire sur l’intention des autorités romaines concernant l’accès aux sacrements des divorcés remariés et donc par ricochet, à une reconsidération de la doctrine concernant les mœurs.

Le principe de non contradiction est tout simplement absent de la pensée du cardinal Ouellet. Ce réputé conservateur, proche de Benoit XVI, utilise un vocabulaire d’approche traditionnelle et semble tenir un discours assez ferme. Il parle même de « péché mortel » et maintient au final le refus de la communion.

Cet apparent discours catholique contient en réalité des erreurs gravissimes. On remarquera tout d’abord que le péché mortel n’est pas une offense faite à Dieu, mais il est réduit à l’insuffisance du témoignage publique. C’est ce qui permet à notre cardinal d’affirmer tout simplement :

« Les personnes peuvent retrouver l’état de grâce devant Dieu, même dans le cas d’une limite objective d’un mariage qui fut un échec, lorsque se noue une nouvelle union qui est peut-être la bonne mais pour laquelle il n’est pas possible d’établir que le premier mariage est nul »

De tels propos sont contraires à la doctrine catholique : nulle mention de la confession, nul rappel du pardon de l’offense faite à Dieu. Depuis quand l’état de grâce se retrouve lorsque se noue une nouvelle union qui est par définition adultérine ?

La réalité d’une telle réponse démontre que le cardinal n’a pas une conception catholique du péché, de ce qu’est l’état de grâce. Sa conception du péché est sociale, elle a évacué en réalité toute référence à Dieu.

On s’étonne d’ailleurs de constater que le cardinal Ouellet, tout en reconnaissant à ces personnes la capacité à cet « état de grâce », veuille continuer à les maintenir loin des sacrements. C’est un non sens absolu. Soit cette nouvelle union rend l’état de grâce et alors ces personnes peuvent recevoir l’Eucharistie, soit leur état les plonge dans le péché mortel et elles ne peuvent accéder aux sacrements.

On peut relever la même contradiction concernant le « témoignage » : soit leur état est compatible avec l’état de grâce et il est bon, soit il constitue un scandale qui ne saurait constituer « un témoignage rendu à l’indissolubilité du mariage. ». Transformer une relation adultérine en « un témoignage rendu à l’indissolubilité du mariage » relève de la prestidigitation la plus élaborée qui soit ! Il fallait oser !

Il y aurait tant à dire sur ces quelques lignes gravissimes. Et le livre fait 248 pages !!!

Il est clair que si l’accès aux sacrements se réduit à un témoignage, alors cette question ne relève plus de la doctrine mais uniquement de la pastorale et recouvre un aspect avant tout disciplinaire. Et ce qui est disciplinaire n’est pas gravé dans le marbre et peut donc être changé.

Même si la conclusion du cardinal semble vouloir sauver l’aspect extérieur en refusant la communion aux divorcés-remariés, il est évident que son raisonnement retire tout argument sérieux pour maintenir dans le temps une telle interdiction.

Si de tels propos peuvent émaner d’un cardinal conservateur, il n’y a plus de doutes à avoir sur les pensées des cardinaux considérés comme progressistes…comme le cardinal Kasper, excellent théologien selon le pape François. Tout en ayant pris soins de rappeler l’indissolubilité du mariage, voici ce qu’affirme mensongèrement ce dernier dans son discours qui a ouvert le consistoire sur la famille de février 2014 :

« L’Église des débuts nous fournit une indication qui peut aider à sortir de ce dilemme et à laquelle le professeur Joseph Ratzinger avait déjà fait allusion en 1972. (…) Dans chaque Église locale il existait un droit coutumier en vertu duquel les chrétiens qui vivaient une seconde union alors même que leur premier partenaire était encore en vie avaient à leur disposition, après un temps de pénitence, non pas un second mariage, mais plutôt, à travers la participation à la communion, une planche de salut. »

Le lien avec le concile Vatican II n’est pas loin, il est même évident pour ceux qui en connaissent la doctrine, et c’est encore le cardinal Kasper qui n’hésite pas à l’assumer dans le même discours :

« Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation semblable à celle du dernier concile, a-t-il affirmé. Déjà à ce moment-là, il y avait, par exemple à propos de la question de l’œcuménisme ou de celle de la liberté de religion, des encycliques et des décisions du Saint-Office qui paraissaient exclure d’autres voies. Le concile, sans violer la tradition dogmatique contraignante, a ouvert des portes. On peut se demander s’il n’y a pas également, pour la question dont nous parlons, la possibilité d’un nouveau développement ».

Voilà qui a le mérite de la franchise et qui augure de la réponse que s’apprête à donner le pape à ce « problème ». La communion pour tous, c’est pour bientôt.

Austremoine


Mgr Tissier de Mallerais : aucune apparence même de conciliation, et c’est cette apparence que nous donnerait notre soi-disant « régularisation »

Source : Rivarol

Il s’agit, comme Mgr Lefebvre le disait, de la tentative du concile Vatican II de réconcilier l’Eglise avec la révolution, de concilier la doctrine de la foi avec les erreurs libérales.

C’est Benoît XVI lui-même qui l’a dit dans son entretien avec Vittorio Messori en novembre 1984 en disant : « le problème des années 1960 (donc celui du concile) était l’acquisition des valeurs les mieux mûries des deux siècles de culture libérale.

Ce sont des valeurs qui, bien que nées hors de l’Eglise, peuvent trouver leur place, une fois purifiées et corrigées, dans sa vision du monde. Et c’est ce qui a été fait. » Voilà l’œuvre du concile : une conciliation impossible. « Quelle conciliation peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres ? », dit l’Apôtre, « quel accord entre le Christ et Bélial ? » (2 Cor 6, 15).

La manifestation emblématique de cette conciliation est la Déclaration sur la liberté religieuse. A la place de la vérité du Christ et de son règne social sur les nations, le concile place la personne humaine, sa conscience et sa liberté.

C’est le fameux « changement de paradigme » que confessait le cardinal Colombo dans les années 1980. Le culte de l’homme qui se fait Dieu à la place du culte de Dieu qui s’est fait homme (cf. Paul VI, discours à la clôture du concile, 7 décembre 1965).

Il s’agit d’une nouvelle religion qui n’est pas la religion catholique. Avec cette religion nous ne voulons aucun compromis, aucun risque de corruption, aucune apparence même de conciliation, et c’est cette apparence que nous donnerait notre soi-disant « régularisation ”.

Extrait de l’entretien de Mgr Tissier de Mallerais à Rivarol