Riposte Catholique : Etchegaray : même pas la pourpre aux joues

Excellent article du site riposte catholique – non recommandé par ailleurs car de tendance fortement libérale – dont un paragraphe a été retiré. Il revient sur la décoration du lamentable cardinal Français Roger Etchegaray par le gazeur d’enfant et le sioniste Manuel Valls.

Source : Riposte catholique

Le Premier ministre français Manuel Valls a fait samedi à Rome grand croix de la Légion d’honneur, plus haute distinction française, le cardinal Roger Etchegaray

La vieillesse est un naufrage… Il a longtemps promené sa silhouette dégingandée et son nez cyranesque dans les couloirs de l’appareil épiscopal français, et enveloppé sa langue de bois dans les roulements d’un puissant accent méridional. À force de reculer comme un âne, il fut propulsé au sommet de la hiérarchie catholique. Il a ensuite, en bon cadet de Gascogne, ambitieux et retors, parcouru la planète en première classe, pour, disait-il, sentir battre le cœur du monde. Souriant et aimable avec les puissants, hautain et cassant avec les petits, on pouvait espérer, sa carrière terminée, qu’il se serait fait oublier dans une discrète retraite romaine.

Point du tout. Pour une sortie en beauté, en voilà une ! Le voilà grand-croix de la légion d’honneur, décoré par son excellence Manu-le-Chimique lui-même, venu à la pêche aux voix catholiques à l’occasion de la canonisation de Jean-Paul II et Jean XXIII.

Passe encore que les instances gouvernementales accrochent à un dignitaire romain une breloque propice aux bonnes relations diplomatiques. C’est de bonne guerre. Un vieux serviteur peut encore se sacrifier, sur ordre, à 91 ans. Mais on aurait pu envisager quelque discrétion. Un fervorino, comme on dit ici, quelques propos convenus, deux coupes de champagne, et hop !, l’affaire est emballée.

Non, non et non ! Il a fallu qu’il en rajoute. « Votre geste est républicain », a cabotiné le « Che » à l’adresse du Premier Ministre qui ne devait pas en croire ses maçonnes oreilles. Et de brandir les mânes de Pascal et de Voltaire. Pour le premier passe encore, mais cette crapule de Voltaire, partisan du servage et profiteur de la traite esclavagiste. Ces roucoulades sur la jeunesse, sans un mot pour les « Veilleurs » : une pantalonnade ratifiée par un parterre d’évêques extasiés. Ah ! La Croix, bannière du consensus et du ralliement, peut balancer l’encensoir et se pâmer devant la récupération européiste du prélat par le Premier Ministre français, tout cela scandalise. Cela scandalise les petits et les pauvres, n’en déplaise aux ânes apprêtés qui encombrent sa rédaction. Les simples diront : l’homme, à quel prix, Éminence ? Réponse : le prix d’un ruban rouge, entre le pétainiste Liénart et le rouge abbé Pierre.

[…]

La honte ne tue plus. La preuve ? Le Sacré Collège compte toujours le même nombre de membres depuis samedi.


Jérome Bourbon : la “canonisation” de Vatican II

Excellent article de Jérôme Bourbon paru dans Rivarol. Il convient cependant de mettre en garde les lecteurs sur le fait que Jérôme Bourbon est sédévacantiste et qu’il a une hargne toute particulière contre Mgr Lefebvre et la FSSPX.

Source : Rivarol

Le dimanche de Quasimodo, François a donc “canonisé” sur la place Saint-Pierre Jean XXIII et Jean Paul II, lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté plusieurs centaines de milliers de personnes. « Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints et établissons que dans toute l’Eglise ils soient dévotement honorés parmi les saints », a dit solennellement Jorge Mario Bergoglio en latin, aussitôt acclamé par la foule, tandis que les cloches résonnaient dans toute la ville de Rome. Deux “reliquaires” ont ensuite été portés près de l’“autel” : l’un contenant une petite fiole de sang de Jean Paul II, l’autre un morceau de peau de Jean XXIII. Dans son homélie, François a rendu hommage à « deux hommes courageux », porteurs d’une « espérance vivante », qui « ont connu des tragédies, mais n’en ont pas été écrasés ». Pour Bergoglio, Roncalli et Wojtyla ont aidé à « restaurer et actualiser l’Eglise selon sa physionomie d’origine ». Il ne fait aucun doute qu’en “canonisant ” ses deux prédécesseurs, Bergoglio a voulu canoniser Vatican II. C’est si vrai que “saint” Jean XXIIII sera fêté chaque année dans toute l’église conciliaire le 11 octobre, date de l’ouverture du concile Vatican II et “saint” Jean Paul II sera, lui, fêté le 22 octobre, date de la cérémonie inaugurale de son “règne” en 1978. Des “diocèses” pourront même leur consacrer des églises. Une première a été dédiée à Jean Paul II dès le 27 avril, au Brésil, à Salvador de Bahia. Et déjà, dans les églises, les basiliques et les cathédrales, en France et dans le monde entier, l’on peut trouver des bougies et des cierges à l’effigie de Jean-Paul II et des prières pour demander son intercession.

Les media ont donné un retentissement maximal à cet événement, en en parlant de manière extrêmement favorable, preuve que le mondialisme se réjouit de cette double “canonisation” de deux hommes qui pendant la plus grande partie de leur vie ont servi la franc-maçonnerie et le judaïsme international en s’attachant à détruire méthodiquement le catholicisme. Tous les puissants de ce monde étaient évidemment présents à Rome le dimanche in albis : l’on comptait quatre-vingt-dix-huit délégations d’Etats ou d’organisations internationales, dont vingt-quatre chefs d’Etat et têtes couronnées — du roi d’Espagne au président zimbabwéen, Robert Mugabe — qui ont défilé devant François après la cérémonie. Le Premier ministre français, Manuel Valls, était également présent et a été quelque peu hué. Ce dernier a d’ailleurs décoré le 26 avril à Rome le “cardinal” nonagénaire Etchegaray de la grand croix de la Légion d’honneur, plus haute distinction française. Logique finalement entre hommes du même sérail et servant les mêmes intérêts !

BENOÎT XVI, tout de blanc vêtu, était évidemment présent à la cérémonie de “canonisation”. Il est arrivé en s’appuyant sur une canne et a concélébré la synaxe, en se plaçant à gauche de l’autel, officiellement, disent les media, « afin de ne pas créer de confusion avec le pape régnant ». A la fin de la cérémonie, François lui a serré chaleureusement les deux mains. Dans cette célébration étaient ainsi réunis quatre hommes qui, chacun à leur tour, ont œuvré à la révolution conciliaire et à toutes les réformes détestables et sataniques qui en sont issues, sur le plan liturgique, doctrinal, pastoral et disciplinaire : le franc-maçon Roncalli qui a convoqué Vatican II, qui fut celui par lequel se tint « la révolution en tiare et en chape » qu’appelait de ses vœux et à laquelle travaillait depuis plus d’un siècle la Haute Vente, les apostats Wojtyla, Ratzinger et Bergoglio qui ont tous appliqué et mis en œuvre Vatican II. Ne manquait que Montini mais, que l’on se rassure, ce n’est que temporaire car il a déjà été fait “vénérable” et devrait être déclaré bienheureux dès le mois d’octobre. Les modernistes qui usurpent le siège de Pierre depuis le 28 octobre 1958 se “canonisent” donc tous les uns les autres sans vergogne, ne respectant même pas les délais et les conditions, pourtant déjà très minimalistes, qu’ils ont eux-mêmes fixés. On n’a en effet pas attendu les cinq ans nécessaires après la “béatification” (en 2011) de Jean Paul II par Benoît XVI pour “canoniser” Karol Wojtyla et on n’a pas non plus attendu les deux miracles nécessaires pour Jean XXIII. Il fallait faire vite. Et tout laisse à penser que Bergoglio qui plaît tant aux media sera lui aussi très vite “canonisé” après sa mort, certains n’en font même pas mystère. D’autant que dans les deux sessions à venir du “synode” sur la famille l’on pourrait faire un très grand pas en direction des divorcés remariés qui pourraient communier (dans les faits c’est déjà largement le cas dans nombre de “paroisses”) et même, dit-on, en faveur des “couples” homosexuels.

DISONS-Le tout net, ces “canonisations ” sont une insulte à Dieu, à la sainte Eglise, un épouvantable blasphème car qu’y a-t-il en effet de saint dans la vie et la pensée de Roncalli et de Wojtyla ? Le premier avec Vatican II est à l’origine de l’apostasie du clergé et des fidèles autrefois catholiques. Dans son “encyclique” Pacem in terris en 1963, il développe un programme typiquement maçonnique et fait sien, certes en termes volontairement équivoques, l’hérésie de la liberté religieuse, remercie dès son “élection” les francs-maçons qui lui avaient adressé leurs chaleureuses félicitations, donne raison pendant le déroulement de Vatican II aux évêques modernistes qui refusent de travailler sur les schémas préparatoires proposés par la curie, s’empresse d’augmenter le nombre de cardinaux, jusque-là strictement limité à soixante-dix, pour rendre irréversible, par des nominations soigneusement choisies, la prise de pouvoir par les modernistes. Quant à Jean Paul II, tout au long de son interminable “règne”, il a dans ses voyages planétaires toujours très médiatisés instillé partout son venin moderniste et profané tous les lieux saints où il est passé ; il a multiplié pendant tout son règne les hérésies et les actes d’apostasie : il a baisé publiquement le Coran le 14 mai 1999 (voir photo page 2) lors de la visite d’un groupe de “chrétiens” et de mahométans irakiens, il s’est exclamé lors d’un voyage en Terre Sainte en mars 2000 « que saint Jean-Baptiste bénisse l’islam ! » (cf. La Documentation catholique, 2e quinzaine de mars 2000). Il a reçu chaleureusement à maintes reprises le B’nai B’rith, s’est rendu dans les mosquées et les synagogues, non pour y prêcher Jésus-Christ crucifié et ressuscité mais pour dire tout le bien qu’il pensait de « nos frères aînés » les juifs, pour laver ce peuple de l’accusation bimillénaire de déicide, multiplié les rassemblements syncrétiques, œcuménistes comme Assise où l’on met au même niveau Jésus-Christ et Bouddha et où l’on reprend toute la thématique maçonnique sur une paix qui se ferait en dehors de la vérité et de la foi catholiques.

Jean Paul II, dans la « forêt sacrée » du Togo s’est par ailleurs incliné « devant une citrouille séchée remplie d’eau et de farine de maïs » et a prié « pour la première fois avec des animistes » qui invoquaient la « puissance de l’eau » (cf. La Croix du 23 août 1985 et l’Osservatore Romano du 11 août 1985). Il a également reçu lors d’un voyage en Inde, le 2 février 1986, des mains d’une prêtresse hindoue le signe du Tilak. Trois jours plus tard, au cours du même voyage, à Madras, il reçoit l’imposition des « cendres sacrées » d’une vache des mains d’une femme. A Mayence, le 17 novembre 1980, lors d’une allocution aux représentants de la communauté juive de l’Allemagne fédérale, Karol Wojtyla a déclaré que « l’ancienne Alliance n’a jamais été révoquée » ; cette affirmation qui rompt à angle droit avec l’enseignement bimillénaire selon lequel l’Eglise catholique est le Nouvel Israël (théologie dite de la substitution) sera reprise et solennisée dans le prétendu Catéchisme de l’Eglise catholique (paragraphe 121). Jean Paul II, après Paul VI, a également fait pression sur les derniers Etats catholiques pour qu’ils ne professent plus la vraie religion comme religion d’Etat (ce fut le cas en Espagne, en Italie, dans le Valais, au Chili, en Irlande, en Colombie, cf. l’Osservatore romano des 20 et 21 février 1984). En 1993 le Vatican reconnaît officiellement l’Etat d’Israël et tout au long de son “règne”, Jean Paul II fait sien le dogme de la Shoah (il est même le premier occupant du siège de Pierre à authentifier explicitement et à sacraliser cette croyance) et participe activement à l’imposture sacrilège de la religion de l’“Holocauste” qui considère que l’événement central et le sommet de l’histoire ce n’est plus la mort du Christ au Golgotha et sa résurrection au troisième jour mais la mort de six millions de juifs dans les chambres à gaz hitlériennes pendant la Seconde Guerre mondiale, peuple juif devenu ainsi une sorte de Christ collectif mis à mort par l’humanité entière à l’instar (et à la place) du Christ mort pour les péchés des hommes.

On n’en finirait pas d’énumérer, preuves à l’appui, toutes les déclarations hérétiques, scandaleuses et tous les actes d’apostasie de Jean Paul II qui affirme le 11 décembre 1983 dans un temple luthérien à Rome qu’il faudrait « refaire le procès de Luther », qui, dans le nouveau code de droit canon, “promulgué” le 25 janvier 1983 lève l’excommunication des francs-maçons, permet de communier dans certains cas lors d’offices orthodoxes et protestants, inverse les fins du mariage développant ainsi chez les époux une mentalité contraceptive. Le 12 mars 2000, le premier dimanche du Carême, à Saint-Pierre de Rome, devant un chandelier à sept branches allumé par Josef Ratzinger, Jean Paul II condamne 2000 ans de catholicisme en dressant un réquisitoire contre l’Eglise accusée de tous les maux, d’avoir fait les Croisades, d’avoir maltraité les femmes et les pauvres, de n’avoir pas été gentille avec les non-catholiques et particulièrement avec les juifs, etc, etc. Lors d’un voyage en Israël accompagné de rabbins, le 26 mars 2000, il dépose un message dans le mur des Lamentations dans lequel il demande encore, au nom de l’Eglise, pardon aux juifs.

En procédant à ces pseudo-canonisations, l’église conciliaire parachève sa révolution. Après avoir créé un sacerdoce nouveau, une ecclésiologie nouvelle, une messe nouvelle (1969), un catéchisme nouveau (en 1968 avec Pierres Vivantes et en 1992 avec le prétendu Catéchisme de l’Eglise catholique), des sacrements nouveaux, des communautés nouvelles, un nouveau chemin de Croix (1991), un nouveau Rosaire (2002) avec l’introduction des « mystères lumineux », un nouveau code de droit canon (1983), un nouveau rite d’ordination épiscopale et presbytérale (1968), un nouveau baptême (1969), un nouveau mariage (1969), une nouvelle confirmation (1971), une nouvelle extrême-onction (1972), une nouvelle confession (1973), un nouveau bréviaire (1970), un nouveau calendrier liturgique (1969), de nouvelles huiles saintes (1970), un nouveau Notre Père (1966), un nouveau Credo (où l’on a remplacé l’expression « consubstantiel au Père » par « de même nature que le Père »), il était logique qu’elle inventât de nouveaux saints. Il faut en effet comprendre que depuis l’“élection” du rosicrucien Roncalli et plus encore depuis la “promulgation” de Vatican II, nous avons affaire à une nouvelle église, à une contre-Eglise. Les sectateurs de Vatican II n’ont-ils d’ailleurs pas abondamment parlé de “nouvelle Pentecôte” ? Or la Pentecôte est considérée comme le jour de naissance officielle de l’Eglise catholique, parler de « nouvelle Pentecôte », si les mots ont un sens, c’est donc bien dire que l’on fonde une nouvelle église, une autre institution. Certes cette église conciliaire continue de s’appeler catholique (c’est là où la manœuvre est d’une habileté diabolique pour tromper le plus grand nombre, ce qui hélas fonctionne encore aujourd’hui) mais elle n’a plus rien de catholique, ni la doctrine, ni les sacrements, ni l’apostolicité, ni la sainteté. En quoi en effet Jean XXIII et Jean Paul II ont-ils vécu les vertus chrétiennes de manière héroïque, eux qui n’ont eu de cesse d’accompagner et de favoriser la sécularisation, la laïcisation d’un monde naguère chrétien ?

On objecte souvent que si Jean Paul II fut en effet défaillant sur le plan doctrinal, il fut au moins conservateur sur le plan moral. Il ne s’agit là que d’une illusion de plus. En effet lorsque le docteur Dor a demandé l’asile politique auprès du nonce à Paris après avoir été condamné fin 1997 à de la prison ferme pour ses manifestations contre le massacre à grande échelle des innocents dans les avortoirs, le Vatican l’a traité ignominieusement et lui a demandé de déguerpir sans tarder. Et les “prélats” et “pontifes” conciliaires n’ont jamais hésité à donner la communion à des chefs d’Etat et de gouvernement et à d’autres hommes publics qui avaient voté les lois dépénalisant l’avortement. Il s’agit donc là d’une imposture de plus. Quant au rôle de Jean Paul II dans l’écroulement du communisme, là encore il convient de voir la réalité en face : il a simplement accompagné la révolution voulue et orchestrée par Gorbatchev qui a consisté à rapprocher l’URSS et les pays du bloc soviétique de l’Occident post-chrétien selon les plans mondialistes. D’ailleurs qui peut prétendre sérieusement que la situation du monde, de l’Europe, de l’Occident, de la chrétienté s’est améliorée depuis la chute de l’empire soviétique ? Bien au contraire l’on a assisté depuis à un renforcement de la répression, notamment contre le révisionnisme historique, à une lutte acharnée et décuplée contre les nationalismes et la morale naturelle, à une accélération du processus d’invasion des pays blancs, à une pénétration chaque jour plus forte de l’islam en Europe, à une tyrannie de plus en plus impitoyable exercée par la finance internationale et son bras armé le judaïsme politiquement organisé.

TOUTEFOIS il faut se garder de désespérer. De Dieu on ne se moque pas impunément. Et la puissance des méchants n’aura qu’un temps. Trois jours avant les “canonisations” sacrilèges du 27 avril, une statue hideuse de trente mètres de haut représentant la croix de Jean Paul II et qui avait été réalisée lors de la venue de ce dernier à Brescia en Italie pour célébrer le centenaire de la naissance de Paul VI « s’est brisée de façon soudaine », selon Le Parisien, « de manière inexplicable » selon la télévision italienne et dans sa chute a écrasé un jeune homme de 20 ans. Est-il excessif de voir dans cet événement que les autorités italiennes ne parviennent toujours pas à expliquer de manière naturelle un signe du Ciel ?

Jérôme BOURBON, <jeromebourbon@yahoo.fr>
Editorial de RIVAROL du 2 mai 2014


Réponse à l’abbé Fabrice Loiseau sur sa défense de Jean-Paul II (1)

En réponse à la vidéo de M. l’abbé Fabrice Loiseau.

Jean-Paul II pape de la famille ?

Qui de mieux placé que quelqu’un qui lutte quotidiennement et de façon concrète contre l’avortement en sauvant des bébés pour estimer l’efficacité de Jean-Paul II dans sa défense de la famille :

« On dit que le pape aurait été ‘courageux’ en promulguant haut et fort la doctrine de la Vie humaine intouchable, car donné par Dieu, face à l’avortement et les autres déviations touchant à la vie. Ce courage, il l’avait au Vatican, en Pologne et en Irlande, pays déjà gagnés à la cause. Mais en France, en 8 visites pontificales, effrayé par les lobbies avorteurs et les conseils ‘prudents’ de ses évêques, il n’a pas osé prononcer le mot ‘avortement’ une seule fois. Il rasait les murs. Quand il s’écria « N’ayez pas peur! », n’était-ce pas surtout une auto-critique ? Avec cette peur que l’on ne pardonnerait à aucun militant pro-vie de terrain, l’effroyable bilan de la mort – par l’assassinat des plus faibles et plus démunis des humains, les bébés – est monté à des chiffres dépassant le milliard dans le monde. Avec une Eglise qui se mettrait, comme un seul homme, debout contre ce crime, allant jusqu’à l’excommunication nominative des chefs d’Etat et députés pro-avortement, afin que les choses soient claires dans la conscience des fidèles, nous n’en serions pas là. Non, on leur donne publiquement la sainte communion… Avec un pape qui serait allé dans les avortoirs pour sauver la vie, au lieu de pleurer sur les tombeaux, nous n’en serions pas là. Il a retardé le combat pourtant incontournable, le test de vie et de mort qui est sur l’agenda des chrétiens. Bilan vie: malheureusement également négatif. » Source : UNEC RU 14/2005

Que dire des nominations catastrophiques qui ont confirmé un épiscopat mondial dans son silence complice ? L’abbé Loiseau balaye sans y répondre la problématique doctrinale posée par l’inversion des fins du mariage, fins exposées dans une doctrine pourtant énoncée on ne peut plus clairement par Pie XII. Il est évident que si la fin primaire du mariage n’est pas la procréation, alors l’acte conjugal peut en exclure la finalité, ce qui est la porte ouverte à la mentalité contraceptive, mentalité largement rependue chez les catholiques et qui s’est amplifiée sous Jean-Paul II. Et tous ceux qui luttent pour la vie le disent : la mentalité contraceptive mène mécaniquement à l’avortement et à l’éclatement de la famille.

Que penser de l’efficacité d’un discours qui se veut pour la défense de la famille si par ailleurs la théologie qui est rependue a pour conséquences sa destruction ? On ne peut pas dire que la famille chez les catholiques se soit consolidée à l’heure où le pape François ose envisager d’ouvrir la porte à la communion des divorcés remariés ! Sans doute là aussi l’abbé Loiseau aura-t-il une lumineuse explication quand François sera un jour « canonisé » ?!

Jean-Paul II tombeur du communisme

Certes, il a eu un rôle, plus ou moins important, mais il n’est pas juste et fondé de dire que c’est Jean-Paul II qui est à l’origine de la chute du communisme. Sans doute a-t-il accéléré le processus.

Quelles ont été les armes de Jean-Paul II contre le communisme ? Comme le dit l’abbé Loiseau : « car le communisme méprise l’Homme et méprise les masses, et il (Jean-Paul II) va soutenir l’Homme et les masses ». Tout est dit. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer la démocratie et les droits de l’Homme. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer le libéralisme social, intellectuel et théologique. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer les idées maçonniques.

Faut-il aussi rappeler que c’est le concile Vatican II, « boussole de l’Eglise » selon Jean-Paul II, qui refusa de condamner le communisme parce que le Vatican du futur « bienheureux » Paul VI négociait avec Moscou ?

Des tombeurs du communisme il y en a eu, cela n’en fait pas des saints pour autant, surtout lorsque le « saint » en question utilise des arguments et des armes contraires à la doctrine de l’Eglise et même condamnées par elle. L’abbé Loiseau devrait le savoir.

Jean-Paul II martyr du communisme ? L’attentat de 1981 ? L’abbé Loiseau est-il donc certains que Mehmet Ali Ağca a agit parce que Jean-Paul II était un adversaire du communisme ? Que l’abbé Loiseau livre vite ses preuves au Vatican qui ne possède pas la certitude d’une telle hypothèse ! Et puis l’abbé devrait savoir, malgré son emballement, qu’il ne suffit pas d’être menacé en haine du capitalisme pour devenir martyr, mais que le martyr est celui qui est tué en haine de la Foi. Bref, quelques bases élémentaires de doctrine à reprendre monsieur l’abbé !

Jean-Paul II agent du KGB ?

Il parait, selon l’abbé Loiseau, que la CRC aurait affirmé que Jean-Paul II était un agent du KGB ! Curieuse affirmation en effet ! Il est étonnant de constater que l’abbé Loiseau vient nous sortir la CRC – aujourd’hui inexistante hormis un site internet – pour habilement la mêler à la FSSPX !

Pas très honnête comme procédé monsieur l’abbé ! La FSSPX a suffisamment de griefs contre Jean-Paul II et publiquement exposés pour en inventer de nouveaux et aussi ridicules !

Austremoine



Qui les appellera « saints » ?

Jean XXIII et Jean Paul II ont été « canonisés ». Nul ne peut remettre en question le fait que ces canonisations ne marquent aucune rupture d’orientation fondamentale entre les papes Benoît XVI et François, le second achevant le processus initié par le premier, le pape en titre et celui émérite se retrouvant pour concélébrer lors de la proclamation de ces nouveaux « saints ».

Cet évènement rend la destruction de l’Eglise par le concile encore plus irréversible. Comment dorénavant toucher un concile voulu par un « saint » et appliqué et vanté comme étant la boussole de l’Eglise par un autre « saint » ? Comment même « laisser de côté » ce Concile afin d’éviter les points d’achoppement qu’il renferme ?

Plus que jamais, l’Eglise conciliaire ne s’est autant distinguée de l’Eglise catholique. Si auparavant elle avait érigée sa nouvelle constitution à travers le concile Vatican II, ses nouvelles lois à travers le nouveau code de droit canon et ses nouveaux rites par la fabrication néo-protestante de Mgr Bugnini, elle a dorénavant ses nouveaux « saints », et quels « saints » !

Mais, fait nouveau, ces canonisations peuvent aujourd’hui se draper du sceau extérieur de l’infaillibilité. Car s’il est une chose qui répugne au modernisme, c’est l’infaillibilité, car ce qui est infaillible est défini ; le moderniste de par sa pensée subjectiviste n’admet pas l’objectivité de ce qui est défini, de ce qui est. Or si ces canonisations ne sont bien évidemment pas infaillibles, elles en revêtent les aspects.

Que feront les instituts Ecclesia Dei ? Refuseront-ils le culte de ces nouveaux « saints » ? Le choix posé par ces « canonisations » s’apparente à celui de 1988 : refuser les saints de l’Eglise c’est se rendre schismatique, les accepter, c’est accepter le modèle pour lequel l’Eglise nous les donne en exemple. L’oecuménisme, la liberté religieuse, le culte de l’homme, la participation aux faux cultes, le relativisme, le baiser du Coran, Assise etc…, ces décennies de scandales voulue par Jean-Paul II sont-elles un exemple pour l’Eglise ? Pour l’Eglise catholique certes pas, mais pour cette Eglise conciliaire pan-maçonnique, certainement ! Hélas, ces instituts semblent avoir déjà fait leur choix, car il n’y a pas de raison qu’ils ne considèrent pas comme saint celui qu’ils appellent bienheureux.

Comme en 1988, le même choix radical se pose, et les deux positions ne peuvent que s’exclurent : si l’Eglise conciliaire peut trouver sa place au sein du concert maçonnique et polythéiste, l’Eglise catholique, porteuse de vérité, ne peut qu’en être exclue. Reste à choisir entre l’Eglise catholique et la secte conciliaire. C’est pourquoi les supérieurs majeurs de la FSSPX avaient eux aussi demandé à Rome leur excommunication de l’Eglise conciliaire, comme gage publique de catholicité. On ne quémande pas notre brevet de catholiques auprès de ceux qui détruisent dans les principes et dans les actes l’Eglise de Dieu. Le seul brevet qui tienne est celui de notre Foi gardée précieusement, en attendant, comme l’écrivit Mgr Lefebvre évoquant l’épiscopat de ceux qu’il s’apprêtait à sacrer, qu’un pape pleinement catholique vienne le confirmer.

Deux anti-christ ont été placé sur les autels.

L’abomination a pénétré dans la maison de Dieu. Un peu plus.

Austremoine


abbé Benoit Storez : Une sainteté « vivante » et évolutive

Source : Le Belvédère de Saint-Nicolas n° 36 de mars 2014

Quelques précisions de vocabulaires ne peuvent pas faire de mal, car le mot ‘saint’ est parfois mal compris. On peut l’entendre en effet de plusieurs façons qui, sans être entièrement distinctes, ont pourtant entre elles des différences notables.

Au sens large, ce vocable désigne ceux qui sont sanctifiés par la grâce. C’est en ce sens que l’on entend l’expression classique « au ciel, il n’y a que des saints ». Nul ne peut entrer au paradis en effet sans être revêtu de la robe nuptiale dont parle l’Evangile, et cette robe désigne la grâce sanctifiante, cette grâce qui fait de nous des saints, des enfants de Dieu.

Mais tel n’est pas le sens habituel du mot ‘saint’. Lorsque l’Eglise canonise, ce n’est pas de sainteté au sens large qu’il s’agit, mais de la sainteté au sens strict qui consiste essentiellement dans l’héroïcité des vertus. Les saints sont des êtres d’exception qui suscitent, par leur perfection, respect et admiration. La canonisation est une reconnaissance officielle de l’Eglise de cet état de perfection, et cette reconnaissance comporte une triple déclaration :

– le saint canonisé est un modèle à suivre. Il a en effet réalisé la perfection évangélique et montré par son exemple comment il faut vivre la vie chrétienne.

– Le saint est au ciel et jouit de la gloire que Dieu réserve à ses élus. Puisqu’en effet il a réalisé la perfection de la vie chrétienne, il est impensable qu’il en manque le but, qui est le ciel.

– Le saint doit être honoré par un culte public. Par la canonisation, l’Eglise prescrit à tout chrétien de rendre au nouveau saint l’honneur qui lui est dû.

Curieusement, il n’a pas été question jusqu’ici de miracles, alors que les saints sont pourtant réputés pour ce côté thaumaturge. La raison en est que le miracle ne constitue pas la sainteté, laquelle réside essentiellement dans la pratique constante et héroïque des vertus. Si le miracle n’est pas la sainteté, il en est en revanche un signe indiscutable, suivant la parole de l’aveugle-né guéri par Notre-Seigneur : « Jamais on a ouï dire que quelqu’un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si cet homme n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire » (Jean IX, 32-33). Voilà pourquoi les miracles ont toujours été examinés au cours du procès de canonisation comme signe manifeste de sainteté.

La sainteté réside donc essentiellement dans la pratique des vertus jusqu’à l’héroïcité. Ce degré est atteint lorsque les actes de vertu sont accomplis avec constance, promptitude, facilité et joie, et ce même au milieu de grandes difficultés. On le voit, ce n’est pas tant l’acte matériel accompli qui importe, mais la perfection constante avec laquelle il est accompli. Parvenues à ce niveau, les vertus brillent d’un éclat que rien ne ternit. En d’autres termes, les saints n’ont plus de défaut visible. En effet, la cohérence de la vie spirituelle rend impossible que se côtoient en une même personne vertu héroïque et défaut flagrant, tout comme on ne peut trouver de glace au milieu d’un brasier. En vain chercherait-on chez un saint une habitude répréhensible ou un défaut qui n’ait pas été vaincu. Même si le combat spirituel n’est jamais totalement terminé ici-bas, pour ces modèles de vertu il est une suite de victoires que rien ne vient entraver.

Telle est la profondeur que l’Eglise donne au vocable de ‘saint’, et nul ne s’étonnera, après une telle description, que la sainteté consommée soit aussi rare qu’elle est élevée. L’Eglise cite en exemple avec parcimonie et seuls ses plus grands héros aux vertus indiscutables ont l’honneur d’être portés sur les autels. Du moins, tel était l’usage jusqu’à Vatican II.

Mais dans l’après Concile, les choses changent. Le nombre de canonisation va croissant, à tel point que Jean-Paul II, à lui tout seul, aura canonisé autant que tous ses prédécesseurs réunis depuis la création de la Congrégation des Rites (1588). La sainteté semble être devenu commune, et la raison en est simple : à la faveur d’un glissement de sens du mot saint, ce ne sont plus les vertus héroïques mais bien les vertus communes qui servent en fait de base à la canonisation.

La racine de ce glissement se trouve dans le Concile lui-même, qui, dans le chapitre 5 de Lumen Gentium insiste sur la vocation universelle à la sainteté sans préciser s’il s’agit de sainteté au sens large ou au sens strict. Non seulement cela n’est pas précisé, mais, à la faveur de cette ambigüité, le texte glisse progressivement d’un sens à l’autre pour gommer toute distinction. Au début, il s’agit de la sainteté en son sens large : « les disciples du Christ (…) sont devenus dans la baptême de la Foi, vrais fils de Dieu et participants à la nature divine, et par là même réellement saints » ; puis de là, le texte passe peu à peu aux œuvres de la foi, à la perfection que tout chrétien doit viser, et conclue en parlant des saints canonisés, sans préciser s’il s’agit ici de la sainteté au sens strict, de la sainteté héroïque : « Ainsi la sainteté du Peuple de Dieu s’épanouira en fruits abondants, comme l’histoire de l’Eglise le montre de façon éclatante dans la vie de tant de saints ». La sainteté n’est donc plus si rare, elle brille dans le peuple de Dieu dans son ensemble, autrement dit elle est commune.

Ce glissement d’ailleurs était déjà dans les esprits avant même le Concile. Celui-ci n’a en effet fait que consacrer des thèses déjà en vigueur dans les milieux progressistes. On peut citer comme témoin l’article « Héroïcité des vertus » du Dictionnaire de spiritualité dont un passage souligne clairement cette évolution du concept de sainteté : « Ces documents font apparaître combien la méthode d’examen de l’héroïcité s’est assouplie, « humanisée », depuis Benoît XIV » (Dictionnaire de Spiritualité, col. 342). ‘Assouplie’, ‘humanisée’ et à la faveur de cet assouplissement, l’héroïcité est devenu commune. Désormais, la barre est moins haute, plus humaine pour reprendre l’expression cité, et de ce fait, il n’est pas étonnant que le nombre de saints se soit considérablement accru et que parallèlement, la procédure de canonisation ait été grandement allégée.

Cet assouplissement de l’héroïcité va d’ailleurs de pair, dans l’Eglise conciliaire, à un assouplissement des critères d’entrée au paradis. D’après Lumen Gentium, la sainteté provient de ce que Notre-Seigneur, en se faisant homme, s’est uni à la nature humaine. Ainsi, en s’unissant d’une certaine façon à tous les hommes, Notre Seigneur a sanctifié tous les hommes. De là à conclure au salut universel du genre humain, il n’y a qu’un pas, et ce pas a été vite franchi. Il est frappant de voir que dans la prédication conciliaire, l’enfer est purement et simplement absent comme une réalité vide de sens, et même vide tout court. La proclamation par la canonisation du fait que le saint jouit de la gloire du ciel perd dans ce contexte tout son relief. Certes, le saint canonisé est au ciel, mais les autres hommes aussi.

D’autre part, en plus de la notion d’héroïcité, la notion de vertu a également changé. La racine de toutes les vertus est la charité. L’héroïcité est d’ailleurs fruit d’une charité ardente qui seule est capable de donner à l’âme un tel élan vers son Dieu. Mais aujourd’hui, à la vraie charité on a substitué la tolérance, car la religion moderne est centrée sur l’homme. Le zèle d’un prophète Elie éradiquant le culte de Baal, ou d’un saint Bernard prêchant la croisade, trouverait-il grâce aujourd’hui dans l’Eglise conciliaire ? Le procès d’Isabelle la Catholique a été interrompu, son zèle à protéger l’Eglise en Espagne n’étant pas conforme à l’œcuménique actuel. En revanche les apôtres de cet œcuménisme voient leur cause avancer avec succès, même s’il faut pour cela faire quelques entorses aux règlements pourtant déjà bien assouplis. On veut promouvoir de nouvelles vertus, et après les avoir enseignées, il faut maintenant en donner des exemples. Les saints sont canonisés pour être présentés comme modèles, mais aujourd’hui il convient de se poser la question : modèles de quoi ?

Au début de cet article, nous avons vu que l’acte de la canonisation comportait une triple déclaration : le saint, ayant pratiqué héroïquement sa foi, est un exemple de vertu, jouit de la gloire du ciel et doit être honoré d’un culte public. Que reste-t-il de tout cela ? L’héroïcité s’est assouplie, les vertus ont changé, la gloire du ciel est obtenue par tous. Il ne reste au fond plus que le culte à rendre, mais privé de sa racine, on ne voit plus trop quel est son fondement. Concluons donc que le mot ‘saint’ a changé de sens car la réalité signifiée n’est plus la même.

D’un côté nous avons une pratique héroïque de vertus catholiques en vue d’un ciel à conquérir, et de l’autre une pratique commune de vertus conciliaires en vue d’un ciel ouvert à tous. C’est la même bouteille avec la même étiquette, mais le liquide a été transvasé. Après avoir assisté à la naissance d’une nouvelle doctrine, d’une nouvelle liturgie, d’un nouveau code de droit canonique, d’un nouveau catéchisme, nous voyons maintenant de nouveaux saints et un nouveau concept de sainteté. Ne nous laissons pas abuser par les mots : ces canonisations modernes n’ont de canonisations que le nom.

Abbé Benoit Storez


Mgr Bernard Fellay (LAB n°82) : nous ne pouvons pas souscrire à ces canonisations qui voudraient en fait “canoniser” Vatican II

Source : dici.org

Chers Amis et bienfaiteurs,

Si elle a lieu le 27 avril prochain, la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II posera à la conscience des catholiques un double problème. Problème d’abord de la canonisation en tant que telle : comment serait-il possible de donner à toute l’Eglise en exemple de sainteté, d’une part, l’initiateur du concile Vatican II et, d’autre part, le pape d’Assise et des droits de l’homme ? Mais aussi, et plus profondément, problème de ce qui apparaîtra comme une reconnaissance d’authenticité catholique sans précédent : comment serait-il possible de garantir du sceau de la sainteté les enseignements d’un tel Concile, qui ont inspiré toute la démarche de Karol Wojtyla et dont les fruits néfastes sont l’indice non équivoque de l’autodestruction de l’Eglise ? Ce deuxième problème donne de lui-même sa solution : les erreurs contenues dans les documents du concile Vatican II et dans les réformes qui ont suivi, spécialement la réforme liturgique, ne sauraient être l’œuvre du Saint-Esprit, qui est à la fois Esprit de vérité et Esprit de sainteté. Voilà pourquoi il nous apparaît nécessaire de rappeler quelles sont ces principales erreurs et quelles sont les raisons fondamentales pour lesquelles nous ne pouvons pas souscrire aux nouveautés du Concile et des réformes qui en sont issues, de même qu’à ces canonisations qui voudraient en fait “canoniser” Vatican II.

C’est la raison pour laquelle nous voudrions, tout en protestant avec force contre ces canonisations, dénoncer l’entreprise qui dénature l’Eglise depuis le concile Vatican II. En voici les principaux éléments.

I – Le concile

« Alors que le Concile se préparait à être une nuée lumineuse dans le monde d’aujourd’hui si l’on avait utilisé les textes préconciliaires dans lesquels on trouvait une profession solennelle de doctrine sûre au regard des problèmes modernes, on peut et on doit malheureusement affirmer que, d’une manière à peu près générale, lorsque le Concile a innové, il a ébranlé la certitude de vérités enseignées par le Magistère authentique de l’Eglise comme appartenant définitivement au trésor de la Tradition. […] Sur ces points fondamentaux, la doctrine traditionnelle était claire et enseignée unanimement dans les universités catholiques. Or, de nombreux textes du Concile sur ces vérités permettent désormais d’en douter. […] Il faut donc, acculé par les faits, conclure que le Concile a favorisé d’une manière inconcevable la diffusion des erreurs libérales » [1].

II – Une conception œcuménique de l’Eglise.

L’expression du « subsistit in » (Lumen gentium, 8) veut dire qu’il y aurait une présence et une action de l’Eglise du Christ dans les communautés chrétiennes séparées, distinctes d’une subsistance de l’Eglise du Christ dans l’Eglise catholique. Prise en ce sens, elle nie l’identité stricte entre l’Eglise du Christ et l’Eglise catholique, toujours enseignée jusqu’ici, notamment par Pie XII, à deux reprises, dans Mystici corporis [2] et dans Humani generis [3]. L’Eglise du Christ est présente et agissante comme telle, c’est-à-dire comme l’unique arche de salut, seulement là où est le vicaire du Christ. Le Corps mystique dont celui-ci est le chef visible est strictement identique à l’Eglise catholique romaine.

La même déclaration (LG 8) reconnaît aussi la présence « d’éléments salvifiques » dans les communautés chrétiennes non-catholiques. Le décret sur l’œcuménisme renchérit en affirmant que « le Saint Esprit ne refuse pas de se servir de ces Eglises et communautés comme moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique » (UR 3).

De telles affirmations ne sont pas conciliables avec le dogme « Hors de l’Eglise point de salut », réaffirmé par la Lettre du Saint Office du 8 août 1949. Une communauté séparée ne saurait se prêter à l’action de Dieu, puisque sa séparation est une résistance au Saint Esprit. Les vérités et les sacrements qui y sont éventuellement conservés ne peuvent produire un effet salutaire qu’en opposition aux principes erronés qui fondent l’existence de ces communautés et entraînent leur séparation d’avec le Corps mystique de l’Eglise catholique, dont le chef visible est le vicaire du Christ.

La déclaration Nostra aetate affirme que les religions non chrétiennes « apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes », bien que ceux-ci doivent trouver dans le Christ « la plénitude de la vie religieuse » et « considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines » (NA, 2). Une pareille affirmation tombe sous le même reproche que la précédente. Tels que dans l’hérésie ou le schisme, les sacrements, les vérités partielles de foi et l’Ecriture sont dans un état de séparation d’avec le Corps mystique. C’est la raison pour laquelle la secte qui les utilise ne peut réaliser, en tant que telle, car privée de la grâce surnaturelle, la médiation ecclésiale ni contribuer au salut. On doit en dire autant des manières de penser, de vivre et d’agir, telles qu’elles sont dans les religions non chrétiennes.

Ces textes du concile favorisent déjà la conception latitudinariste  de l’Eglise, condamnée par Pie XI dansMortalium animos ainsi que l’indifférentisme religieux également condamné par tous les papes, de Pie IX à Pie XII [4]. Toutes les initiatives inspirées par le dialogue œcuménique et interreligieux, dont la réunion d’Assise de 1986 demeure l’exemple le plus visible, ne sont que la mise en pratique, « l’illustration visible, la leçon de choses et la catéchèse intelligible à tous » (Jean-Paul II) de ces enseignements conciliaires. Mais elles expriment aussi l’indifférentisme dénoncé par Pie XI, lorsqu’il réprouve l’espoir « qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. […] Se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée » [5].

III – Une conception collégialiste et démocratique de l’Eglise.

1. Après avoir ébranlé l’unité de l’Eglise dans sa foi, les textes du concile l’ont aussi ébranlée dans son gouvernement et sa structure hiérarchique. L’expression du « subjectum quoque » (LG 22) veut dire que le collège des évêques uni au pape comme à son chef est lui aussi, en plus du pape seul, le sujet habituel et permanent du pouvoir suprême et universel de juridiction dans l’Eglise. C’est la porte ouverte à une diminution du pouvoir du Souverain Pontife, voire à sa remise en cause, au risque de mettre en péril l’unité de l’Eglise.

Cette idée d’un double sujet permanent du primat est en effet contraire à l’enseignement et à la pratique du magistère de l’Eglise, spécialement à la constitution Pastor aeternus du concile Vatican I (DS 3055) et à l’encyclique Satis cognitum de Léon XIII. Car seul le pape possède de manière habituelle et constante le pouvoir suprême, qu’il communique seulement dans des circonstances extraordinaires aux conciles, selon qu’il le juge opportun.

2. L’expression du « sacerdoce commun » propre aux baptisés, distingué du « sacerdoce ministériel » (LG 10) ne précise pas que seul le second doit s’entendre au sens vrai et propre du terme, tandis que le premier s’entend seulement au sens mystique et spirituel.

Cette distinction était affirmée clairement par Pie XII dans son Discours du 2 novembre 1954. Elle est absente des textes du Concile et ouvre la porte à une orientation démocratique de l’Eglise, condamnée par Pie VI dans la Bulle Auctorem fidei (DS 2602). Cette tendance à faire participer le peuple à l’exercice du pouvoir se retrouve dans la multiplication des organismes de toutes sortes, en conformité avec le nouveau droit canon (canon 129 § 2). Elle perd de vue la distinction entre clercs et laïcs, pourtant de droit divin.

IV – Des faux droits naturels de l’homme.

La déclaration Dignitatis humanae affirme l’existence d’un faux droit naturel de l’homme en matière religieuse. Jusqu’ici, la Tradition de l’Eglise était unanime à reconnaître aux non-catholiques le droit naturel de ne pas être contraints par les pouvoirs civils dans leur adhésion (d’intention au for interne et d’exercice au for externe) à l’unique vraie religion et légitimait, tout au plus dans certaines circonstances, une certaine tolérance dans l’exercice des fausses religions, au for externe public. Vatican II reconnaît de plus à tout homme le droit naturel de ne pas être empêché par les pouvoirs civils d’exercer au for externe public une religion fausse et prétend reconnaître comme un droit civil ce droit naturel d’exemption de toute contrainte de la part des autorités sociales. Les seules limites juridiques à ce droit seraient celles de l’ordre purement civil et profane de la société. Le Concile fait ainsi aux gouvernements civils une obligation de ne plus faire de discrimination pour des motifs religieux et d’établir l’égalité juridique entre la vraie religion et les fausses.

Cette nouvelle doctrine sociale est en opposition avec les enseignements de Grégoire XVI dans Mirari voset de Pie IX dans Quanta cura. Elle se fonde sur une fausse conception de la dignité humaine, purement ontologique et non point morale. En conséquence, la constitution Gaudium et spes enseigne le principe de l’autonomie du temporel (GS 36), c’est-à-dire la négation de la royauté sociale du Christ pourtant enseignée par Pie XI dans Quas primas, et finalement ouvre la porte à l’indépendance de la société temporelle par rapport aux commandements de Dieu.

V – La protestantisation de la messe.

Le nouveau rite de la messe, « s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail »[6] de la définition catholique de la Messe, telle qu’elle résulte des enseignements du concile de Trente. Par ses omissions et ses équivoques, le nouveau rite de Paul VI atténue l’identification de la messe au sacrifice de la croix, au point que la messe y apparaît beaucoup moins comme ce sacrifice que comme son simple mémorial. Ce rite réformé occulte aussi le rôle du prêtre au profit de l’action de la communauté des fidèles. Il diminue gravement l’expression du but propitiatoire du sacrifice de la messe, c’est-à-dire l’expiation et la réparation du péché.

Ces défaillances interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime. Dans l’interrogatoire des 11-12 janvier 1979, à la question posée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « Soutenez-vous qu’un fidèle catholique peut penser et affirmer qu’un rite sacramentel, en particulier celui de la messe approuvé et promulgué par le Souverain Pontife puisse être non conforme à la foi catholique ou favens haeresim ? », Mgr Lefebvre a répondu : « Ce rite en lui-même ne professe pas la foi catholique d’une manière aussi claire que l’ancien Ordo missae et par suite il peut favoriser l’hérésie. Mais je ne sais pas à qui l’attribuer ni si le pape en est responsable. Ce qui est stupéfiant c’est qu’un Ordo missae de saveur protestante et doncfavens haeresim ait pu être diffusé par la curie romaine »[7]. Ces défaillances graves nous interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime, d’en accomplir la célébration et de conseiller d’y assister ou d’y participer positivement.

VI – Le nouveau Code, expression des nouveautés conciliaires.

Selon les dires mêmes de Jean-Paul II, le nouveau Code de droit canon de 1983 représente « un grand effort pour traduire en langage canonique » [8] les enseignements du concile Vatican II, y compris – et surtout – sur les points gravement fautifs signalés jusqu’ici. « Parmi les éléments qui caractérisent l’image réelle et authentique de l’Eglise », explique encore Jean-Paul II, « il nous faut mettre en relief surtout les suivants : la doctrine selon laquelle l’Eglise se présente comme le Peuple de Dieu et l’autorité hiérarchique comme service ; la doctrine qui montre l’Eglise comme une communion et qui, par conséquent, indique quelles sortes de relations doivent exister entre les Eglises particulières et l’Eglise universelle et entre la collégialité et la primauté ; la doctrine selon laquelle tous les membres du Peuple de Dieu, chacun selon sa modalité, participent à la triple fonction du Christ : les fonctions sacerdotale, prophétique et royale. À cette doctrine se rattache celle concernant les devoirs et les droits des fidèles et en particulier des laïcs ; et enfin l’engagement de l’Eglise dans l’œcuménisme ».

Ce nouveau droit accentue la fausse dimension œcuméniste de l’Eglise, en permettant de recevoir les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction de ministres non catholiques (canon 844) et favorise l’hospitalité œcuménique en autorisant les ministres catholiques à donner le sacrement de l’eucharistie à des non catholiques. Le canon 336 reprend et accentue l’idée d’un double sujet permanent du primat. Les canons 204 § 1, 208, 212 § 3, 216 et 225 accentuent l’équivoque du sacerdoce commun et l’idée corrélative du Peuple de Dieu. Enfin, se profile aussi dans ce nouveau Code une définition fautive du mariage, où n’apparaît plus l’objet précis du contrat matrimonial ni la hiérarchie entre ses fins. Loin de favoriser la famille catholique, ces nouveautés ouvrent une brèche dans la morale matrimoniale.

VII – Une nouvelle conception du magistère

1. La constitution Dei Verbum affirme en manquant de précision que « l’Eglise, tandis que les siècles s’écoulent, tend constamment vers la plénitude de la divine vérité, jusqu’à ce que soient accomplies en elle les paroles de Dieu » (DV 8). Cette imprécision ouvre la porte à l’erreur de la Tradition vivante et évolutive, condamnée par saint Pie X dans l’Encyclique Pascendi et le Serment antimoderniste. Car l’Eglise ne saurait « tendre vers la plénitude de la vérité divine » que parce qu’elle en donne une expression plus précise, non au sens où les dogmes proposés par l’Eglise verraient se donner « un sens différent de celui que l’Eglise a compris et comprend encore » (Dei Filius, DS 3043).

2. Le Discours de Benoît XVI du 22 décembre 2005 essaye de justifier cette conception évolutive d’une Tradition vivante et de disculper par le fait même le Concile d’une quelconque rupture dans la Tradition de l’Eglise. Vatican II a voulu « redéfinir la relation de la foi de l’Eglise vis-à-vis de certains éléments essentiels de cette pensée » et pour ce faire ses enseignements ont « revisité ou également corrigé certaines décisions historiques. Mais, dans cette apparente discontinuité, le Concile a maintenu et approfondi sa nature [de l’Eglise] intime et sa véritable identité », celle « de l’unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné ; c’est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l’unique sujet du Peuple de Dieu en marche ». Cette explication suppose que l’unité de la foi de l’Eglise repose non plus sur un objet (car il y a discontinuité, au moins sur les points signalés jusqu’ici, entre Vatican II et la Tradition) mais sur un sujet, au sens où l’acte de foi se définit beaucoup plus en fonction des personnes croyantes qu’en fonction des vérités crues. Cet acte devient principalement l’expression d’une conscience collective, et non plus l’adhésion ferme de l’intelligence au dépôt des vérités révélées par Dieu.

Pie XII enseigne pourtant dans Humani generis que le magistère est la « règle prochaine et universelle de vérité en matière de foi et de mœurs », vérité objective du dépôt de la foi, consigné comme dans ses sources dans les saintes Ecritures et la Tradition divine. Et la constitution Dei Filius du concile Vatican I enseigne aussi que ce dépôt n’est pas « une invention philosophique que l’on pourrait compléter par le génie de l’homme », mais qu’il a été « confié à l’Epouse du Christ pour qu’elle le garde saintement et le déclare infailliblement » (DS 3020).

3. Manifestement, le discours d’ouverture du pape Jean XXIII (11 octobre 1962) et son allocution adressée au Sacré-Collège le 23 décembre 1962, assignent au concile Vatican II une intention très particulière, de type soi disant « pastoral », en vertu de laquelle le magistère serait censé « exprimer la foi de l’Eglise suivant les modes de recherche et de formulation littéraire de la pensée moderne ». L’encyclique Ecclesiam suam du pape Paul VI (6 août 1964) précise encore cette idée en disant que le magistère de Vatican II vise « à insérer le message chrétien dans la circulation de pensée, d’expression, de culture, d’usages, de tendances de l’humanité telle qu’elle vit et s’agite aujourd’hui sur la face de la terre » (n° 70) ; en particulier, l’annonce de la vérité « ne se présentera pas armée de coercition extérieure, mais par les seules voies légitimes de l’éducation humaine, de la persuasion intérieure, de la conversation ordinaire, elle offrira son don de salut, toujours dans le respect de la liberté personnelle des hommes civilisés » (n° 77). La Constitution pastorale Gaudium et spes affirme que « le Concile se propose avant tout de juger à cette lumière les valeurs les plus prisées par nos contemporains et de les relier à leur source divine. Car ces valeurs, dans la mesure où elles procèdent du génie humain, qui est un don de Dieu, sont fort bonnes ; mais il n’est pas rare que la corruption du cœur humain les détourne de l’ordre requis : c’est pourquoi elles ont besoin d’être purifiées » (GS 11). De ces valeurs du monde procèdent les trois grandes nouveautés introduites par Vatican II : la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme.

4. Nous nous appuyons alors sur cette règle prochaine et universelle de la vérité révélée qu’est le magistère de toujours pour contester des doctrines nouvelles qui lui sont contraires. C’est bien là en effet le critère donné par saint Vincent de Lérins : « Le critère de la vérité, et d’ailleurs de l’infaillibilité du pape et de l’Eglise, c’est sa conformité à la Tradition et au dépôt de la foi. Quod ubique, quod semper. Ce qui est enseigné partout et toujours, dans l’espace et dans le temps » [9]. Or, la doctrine de Vatican II sur l’œcuménisme, la collégialité et la liberté religieuse est une doctrine nouvelle, contraire à la Tradition et au droit public de l’Eglise, lui-même basé sur des principes divinement révélés et comme tels immuables. Nous en concluons que ce Concile, ayant voulu proposer ces nouveautés, est privé de valeur magistérielle contraignante, dans la mesure même où il les propose. Son autorité est déjà douteuse en raison de l’intention nouvelle, soi-disant « pastorale », signalée au paragraphe précédent. Elle apparaît de plus certainement nulle, quant aux quelques points où il se met en contradiction avec la Tradition (cf. ci-dessus, I à VII,1).

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Fidèles à l’enseignement constant de l’Eglise, avec notre vénéré fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, et à sa suite, nous n’avons cessé jusqu’ici de dénoncer le Concile et ses textes majeurs comme l’une des causes principales de la crise qui ébranle l’Eglise de fond en comble, la pénétrant jusqu’à ses « entrailles mêmes » et à ses « veines » selon la vigoureuse formule de saint Pie X. D’ailleurs, plus nous y travaillons et plus nous voyons se confirmer les analyses déjà exposées avec une extraordinaire clarté par Mgr Lefebvre le 9 septembre 1965 dans l’aula conciliaire. Qu’il nous soit permis de reprendre ses propres paroles à propos de la Constitution conciliaire sur « l’Eglise dans le monde d’aujourd’hui » (Gaudium et Spes) : « Cette constitution n’est ni pastorale, ni émanée de l’Eglise catholique : elle ne paît pas les hommes et les chrétiens de la vérité évangélique et apostolique et, d’autre part, jamais l’Eglise n’a parlé ainsi. Cette voix, nous ne pouvons l’écouter, parce qu’elle n’est pas la voix de l’Epouse du Christ. La voix du Christ, notre berger, nous la connaissons. Celle-ci, nous l’ignorons. Le vêtement est celui des brebis ; la voix n’est pas celle du Berger, mais peut-être du loup. J’ai dit » [10]. Les cinquante ans écoulés depuis cette intervention n’ont fait que confirmer cette analyse.

Dès le 7 décembre 1968, trois ans seulement après la clôture du Concile, Paul VI dut admettre : « L’Eglise se trouve en une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’autodestruction. » Et le 29 juin 1972, il reconnut : « Par quelque fissure est entrée la fumée de Satan dans le temple de Dieu : c’est le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, la confrontation. » Il constata, mais ne fit rien. Il poursuivit la réforme conciliaire que ses promoteurs n’avaient pas hésité à comparer à la Révolution de 1789, en France, ou à celle de 1917, en Russie.

Nous ne pouvons rester passifs, nous ne pouvons nous rendre complices de cette autodestruction. C’est pourquoi nous vous invitons, chers amis et bienfaiteurs, à demeurer fermes dans la foi, et à ne pas vous laisser troubler par ces nouveautés de l’une des plus formidables crises que doit traverser la sainte Eglise.

Puissent la Passion de Notre Seigneur et sa Résurrection nous conforter dans notre fidélité, dans notre amour indéfectible envers Dieu, envers Notre Seigneur, vrai Dieu et vrai homme, envers sa sainte Eglise, divine et humaine, dans une espérance sans faille… in Te speravi non confundar in aeternum. Daigne le Cœur douloureux et immaculé de Marie nous protéger tous et que son triomphe arrive bientôt !

Winona, dimanche des Rameaux 13 avril 2014

+Bernard Fellay


[1] Mgr Lefebvre, « Lettre du 20 décembre 1966 adressée au cardinal Ottaviani » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 107-111.

[2] Pie XII, Encyclique Mystici corporis, 29 juin 1943, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1014.

[3] Pie XII, Encyclique Humani generis, 12 août 1950, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1282.

[4] Sur l’indifférentisme et le latitudinarisme, voir les propositions condamnées du Syllabus, chapitre 3, n°15 à 18 : « Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu aussi bien que dans l’Église catholique. »

[5] Pie XI, Encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928, Enseignements pontificaux, L’Eglise, t. 1, n° 855.

[6] Cardinaux Ottaviani et Bacci, « Préface au pape Paul VI » dans Bref examen critique du Novus ordo missae, Ecône, p. 6.

[7] « Mgr Lefebvre et le Saint-Office », Itinéraires n° 233 de mai 1979, p. 146-147.

[8] Jean-Paul II, Constitution apostolique Sacrae disciplinae leges, 25 janvier 1983, La Documentation Catholique, n° 1847, p. 245-246.

[9] Mgr Lefebvre, « Conclusion » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 112.

[10] Mgr Marcel Lefebvre, J’accuse le Concile, Ed. Saint Gabriel, 1976, p. 93.


Canonisation de Jean-Paul II ou comment l’abbé Fabrice Loiseau voit la FSSPX : aberration, bêtise et insultes…

L’abbé Fabrice Loiseau est en colère, très en colère. Il ne supporte pas le livret édité par le séminaire d’Ecône de la Fraternité Saint-Pie X visant à montrer la nullité de la canonisation de Jean-Paul II et à dévoiler l’intention qui la sous-tend, celle de canoniser en réalité le concile Vatican II et sa théologie déviante. Il supporte encore moins que le MJCF soit venu distribuer ce livret à la sortie de son église de Toulon.

Car le parcours de ce prêtre est atypique. Fondateur et actuel supérieur des Missionnaires de la miséricorde divine, du diocèse de Fréjus-Toulon, curé de la paroisse Saint-François-de-Paule à Toulon, l’abbé Loiseau, né le 9 août 1966, commença son séminaire à … Flavigny, dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X !

Tout comme l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre, l’abbé Loiseau devrait se souvenir que lorsqu’il est rentré à Flavigny, Mgr Lefebvre n’avait certes pas procédé aux sacres mais avait déjà été déclaré suspens a divinis. Et tous se doutaient bien que l’excommunication serait l’épilogue de l’opposition de Mgr Marcel Lefebvre au à la Rome conciliaire. C’est donc dans un séminaire réputé « sauvage » et sous l’autorité d’un évêque « suspens » et bientôt « excommunié » que l’abbé Loiseau commença sa formation religieuse. Erreur de jeunesse ?

Refusant les sacres, il rejoint la Fraternité Saint-Pierre dès sa création. Il fut de ceux qui acceptèrent de concélébrer dans le nouveau rite avec les évêques, concélébration interdite alors par son Institut. Et le 29 juin 1999, il fait parti des seize signataires qui font appel à Rome pour mettre la FSSP sous tutelle, trop lefebvriste à leur goût.

On a souvent accusé ces prêtres d’être des traîtres à leur institut : pourtant, une telle attitude n’est que la résultante d’une pensée cohérente. A partir du moment où l’on accepte le concile et où l’on reconnaît la légitimité de la nouvelle messe, refuser ces réformes pour des raisons de sensibilité ou de préférence est le signe d’un esprit schismatique.

Aujourd’hui d’ailleurs, le principe de la concélébration avec l’évêque dans le rite nouveau ainsi que l’orthodoxie du Concile comme du nouveau rite sont tout à fait acceptés, et ce très officiellement, par la FSSP.

On comprend mieux pourquoi, ayant accepté ces réformes, et donc par le fait même la théologie qui la soutient, cela ne pose aucun problème à l’abbé Loiseau – tout comme à l’ensemble des instituts Ecclesia Dei – de voir le pape Jean-Paul II canonisé. Surtout quand cet acte est réputé, en temps normal, être revêtu de l’infaillibilité pontificale.

Le jugement de l’abbé Loiseau sur le livret de la FSSPX est très sévère : « Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine », ou encore « Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise ».

L’aberration en question se compose de 34 pages documentées et étayées qui font écho au livre Doutes sur une béatification de monsieur l’abbé Patrick de la Rocque, livre de 200 pages tout de même, et livre qui n’est que le résumé du dossier présenté à Rome sans qu’il ait fait l’objet d’une réponse et encore moins d’une contre argumentation !

Aberration, bêtise…mais comme disait un humoriste français, on juge l’intelligence des autres avec celle dont on dispose, ce qui limite forcément ! Quand à la haine et l’insulte, elles sont inexistantes ; de telles affirmations sont de pures calomnies.

« JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET » : ne vous en déplaise monsieur l’abbé, faites, je publierai votre réponse si réponse il y a. La FSSPX a donné ses arguments sans méchanceté ni agressivité, répondez de même !

Austremoine

Texte de l’abbé Fabrice Loiseau : Coup de gueule à propos de la Fraternité Saint Pie X

 » En ce dimanche des Rameaux à la paroisse Saint François de Paule de Toulon des jeunes de la fraternité s. Pie X, (Mouvement des jeunes catholiques de France) sont venus distribuer des brochures non signées contre la canonisation de Jean-Paul II. Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine. JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET (mais il est plus facile de distribuer ces ordures à des personnes non pratiquantes). S’il existe encore des gens qui peuvent un peu réfléchir dans cette fraternité, peuvent-ils saisir que les gens loin de l’Eglise qui ne viennent à la messe qu’en cette fête populaire des Rameaux risquent de rejeter définitivement la foi chrétienne après avoir lu ce torchon ? Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise.

Pour ceux qui seraient encore tentés par la fraternité st Pie X, qu’ils comprennent que cette opposition violente à la canonisation de Jean-Paul II fait apparaître un véritable esprit schismatique ; honte aux supérieurs de cette fraternité d’avoir engendré chez des gamins des comportements monstrueux!

La seule issue devant cette canonisation, le 27 avril, sera le sédévacantisme ou la schizophrénie. Que Saint Jean-Paul II aie pitié d’eux. »

Abbé Fabrice Loiseau


Si Jean-Paul II est canonisé

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Si Jean-Paul II est canonisé, les fidèles catholiques doivent reconnaître que l’Église catholique et les communautés orthodoxes sont des Églises soeurs, responsables ensemble de la sauvegarde de l’unique Église de Dieu. Ils doivent donc réprouver l’exemple de Josaphat Kuncewicz, archevêque de Polotsk ( 1580-1623 ). Converti de l’orthodoxie, celui-ci publia en 1617 une Défense de l’unité de l’Église, dans laquelle il reprochait aux orthodoxes de déchirer l’unité de l’Église de Dieu, et c’est pourquoi il excita la haine de ces schismatiques qui le martyrisèrent.

Si Jean-Paul II est déclaré saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître les anglicans comme des frères et des soeurs dans le Christ, et exprimer cette reconnaissance par la prière commune. Ils doivent donc aussi réprouver l’exemple d’Edmund Campion ( 1540- 1581 ), qui refusa de prier avec le ministre anglican, au moment de son martyre.

Si Jean-Paul II est saint, les fidèles catholiques doivent considérer que ce qui divise les catholiques et les protestants – c’est-à-dire la réalité du Saint Sacrifice propitiatoire de la messe, la réalité de la médiation universelle de la Très Sainte Vierge Marie, la réalité du sacerdoce catholique, la réalité du primat de juridiction de l’Évêque de Rome – est minime par rapport à ce qui peut les unir. Ils doivent donc réprouver l’exemple du capucin Fidèle de Sigmaringen ( 1578- 1622 ) qui fut martyrisé par les réformés protestants, auprès desquels il avait été envoyé en mission et qui composa une Disputatio contre les ministres protestants, au sujet du Saint Sacrifice de la messe.

Si Jean-Paul II est reconnu comme saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître la valeur du témoignage religieux du peuple juif. Ils doivent donc réprouver l’exemple de Pierre d’Arbués ( 1440-1485 ), Grand Inquisiteur d’Aragon, qui fut martyrisé en haine de la foi par les juifs.

Si Jean-Paul II est élevé sur les autels, les fidèles catholiques doivent reconnaître qu’après la résurrection finale, Dieu sera satisfait des musulmans, et que les musulmans seront satisfaits de Lui. Ils doivent donc réprouver l’exemple du capucin Joseph de Léonessa ( 1556- 1612 ), qui se dépensa sans compter à Constantinople auprès des chrétiens réduits en esclavage par les adeptes de l’Islam : ce zèle lui valut d’être inculpé auprès du sultan pour avoir outragé la religion musulmane, et on lui appliqua le supplice du gibet : il y resta trois jours suspendu à une chaîne, une main et un pied percés d’un crochet. Les fidèles catholiques devraient aussi réprouver l’exemple de Pierre Mavimène, mort en 715 et après avoir été supplicié pendant trois jours pour avoir insulté Mahomet et l’Islam.

Si Jean-Paul II est saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître que les chefs d’État ne peuvent s’arroger le droit d’empêcher la profession publique d’une religion fausse. Ils doivent donc réprouver l’exemple du roi de France Louis IX, qui limita autant qu’il le put l’exercice public des religions non chrétiennes.

Pourtant, Josaphat Kuncewicz a été canonisé en 1867 par Pie IX, et Pie XI lui a consacré une encyclique ; il est fêté dans l’Église le 14 novembre. Edmund Campion a été canonisé, par Paul VI en 1970 et est fêté le 1er décembre. Fidèle de Sigmaringen a été canonisé en 1746, et Clément XIV l’a désigné comme le « protomartyr de la Propagande » ; il est fêté au calendrier de l’Église le 24 avril. Pierre d’Arbués a été canonisé par Pie IX en 1867. Joseph de Léonessa l’a été lui aussi, en 1737 par Benoît XIV et sa fête est célébrée dans l’Église le 4 février ; Pie XI l’a proclamé patron des missions de Turquie. Saint Pierre Mavimène enfin, est célébré dans l’Église le 21 février. Quant au roi saint Louis, son exemple suffisamment connu illustre on ne peut mieux les enseignements du pape saint Pie X, lui aussi canonisé.

Si Jean-Paul II est réellement saint, tous les papes qui ont canonisé tous ces saints se sont gravement trompés, et ont donné à toute l’Église non pas l’exemple d’une sainteté authentique mais le scandale de l’intolérance et du fanatisme. Il est impossible d’échapper à cette alternative. Le seul moyen d’en sortir est de tirer la double conclusion qui s’impose : Karol Wojtyla ne peut pas être canonisé, et l’acte qui prétendrait déclarer sa sainteté à la face de toute l’Église ne saurait être qu’une fausse canonisation. Car nul pape ne peut décider de canoniser celui qui n’est pas saint. Quand bien même il le ferait, cet acte, pour revêtir les apparences trompeuses d’une canonisation, ne trompera aucun de ceux dont la raison déjà droite est éclairée par l’enseignement constant que représentent toutes les canonisations accomplies en conformité avec l’esprit de l’Église.

Si elle a lieu comme prévu, la canonisation de Jean-Paul II donnera donc à tous les catholiques l’exemple trompeur d’une fausse charité. Fausse charité absolument opposée aux exigences de la Royauté du Christ, fausse charité oecuménique, dont le pape polonais s’est fait l’apôtre incessant. On nous dira que l’on ne peut pas sans cesse désobéir, contester et refuser l’adhésion au magistère et au pape. Nous répondons alors précisément, qu’en effet on ne le peut pas et que c’est justement pour continuer à obéir à la Tradition bimillénaire de l’Église, pour ne pas la contester et pour lui donner toute l’adhésion qu’elle réclame, que nous sommes bien obligés de nous opposer à toutes les initiatives qui s’en éloignent, quand bien même elles émanent des plus hautes autorités dans l’Église. Car la rupture n’est pas le fait de ceux qui contestent le bien-fondé d’une éventuelle canonisation de Jean- Paul II. Elle est plutôt le fait de ce pape, qui a voulu rendre l’Église conforme aux nouveautés introduites par le concile Vatican II. En ce sens, la canonisation de Jean-Paul II sera, elle aussi, une nouveauté. Mais une nouveauté contestable, pour qui veut rester attaché à la Tradition de l’Église.

Document élaboré par Ecône et imprimé par le District d’Asie

Source : La Porte Latine


Abbé Hubert Gaspard : le Pape Jean-Paul II mérite-t-il d’être canonisé ?

Source : le Belvédère

Sur terre, un des titres du pape régnant est « Sa Sainteté, le Pape… ». Maintenant que ce pape a quitté notre monde peut-il encore recevoir ce titre ?

L’objet de la canonisation, c’est d’abord et avant tout la sainteté de la personne et les vertus héroïques qui vont de pair avec la sainteté. Ce ne sont que secondairement et occasionnellement les faits miraculeux qui attestent l’héroïcité surnaturelle des vertus. Le surnaturel des miracles et des faits extraordinaires n’est donc pas évoqué pour lui-même, mais seulement pour attester l’origine divine des vertus et manifester l’éminente grâce sanctifiante.  C’est la signature de Dieu.

La sainteté, fondement de toute canonisation, est un état extraordinaire de vie surnaturelle, extraordinaire en ce sens qu’il est bien au-dessus de la voie commune. Cette sainteté consiste en la grâce sanctifiante possédée à un degré exceptionnel, un tel degré de charité divine qu’elle est accompagnée des vertus infuses et acquises pratiquées jusqu’à l’héroïsme. Et en premier lieu, les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité.

Cet héroïsme des vertus est comme le thermomètre de la sainteté : là où il y a sainteté véritable, il y a aussi vertu héroïque, et là où les vertus sont pratiquées à un degré héroïque, il y a sainteté.

La grâce sanctifiante ne pouvant pas être appréhendée par les sens, et donc connue directement par l’homme, le jugement sur la sainteté se fera à partir de l’héroïcité des vertus.

Les vertus étant connexes entre-elles (c’est-à-dire que lorsque l’on avance dans une vertu, on progresse également dans toute les autres [ceci est très intéressant pour notre vie spirituelle : cherchons à bien pratiquer une vertu et nous nous perfectionnerons dans toutes les autres]), l’organisme spirituel d’un saint comportera nécessairement l’ensemble des vertus à un degré éminent. À contrario, la défaillance dans une seule vertu sera le signe certain de l’absence de la sainteté dans la personne et donc qu’elle n’est pas digne d’être canonisée.

Puisque le but principal de la fonction du Pape est de « confirmer ses frères dans la foi » (Luc XXII, 32) examinons chez Jean-Paul II la vertu de foi.

Suivons ce Pape dans certaines de ses manifestations publiques où la foi est à l’oeuvre. Commençons par l’Afrique dans les forêts sacrées du Togo le 9 août 1985, où il participe activement aux cultes animistes et s’en félicite par la suite.

Allons à Rome le 13 avril 1986 et nous verrons pour la première fois un pape en visite officielle dans une synagogue.

Ce Pape, c’est Jean-Paul II.

Quelques mois plus tard, rendons- nous à Assise et le 27 octobre nous le trouvons au milieu des chefs de toutes les fausses religions (le vicaire de Jésus-Christ est ainsi ravalé au même niveau que tous ces idolâtres) pour prier avec eux !

Le 14 mai 1999, Jean-Paul II embrasse publiquement le coran, par ce geste et par son propos, il semble élever le Coran au rang de la parole de Dieu (à la messe, après l’Evangile, le prêtre embrasse le missel, justement parce qu’il contient la parole de Dieu).

En pleine Terre Sainte, le 21 mars 2000, Jean-Paul II implore Saint Jean-Baptiste pour la protection de l’Islam !

Il y a quelques décennies, selon les normes même du droit ecclésiastique, de tels gestes auraient suffi à jeter la suspicion d’hérésie sur la personne qui les aurait posés. Cela est contraire au 1er article de notre Credo :

« Je crois en un seul Dieu » et va contre le 1er commandement de Dieu « Tu adoreras Dieu seul… »

Manifestement, le pape Jean-Paul II n’a pas pratiqué la vertu de foi de façons héroïque (on serait plutôt porté à se demander s’il l’avait).

Lorsque l’Eglise canonise un saint, elle affirme qu’il a pratiqué les vertus surnaturelles à un degré héroïque et que cette pratique constitue pour tous les fidèles de l’Eglise une norme si sûre qu’en s’y conformant, ils sont assurés de parvenir au salut éternel. Le saint est donc donné en exemple pour ses vertus.

Non ! Le pape Jean-Paul II n’est pas saint ! Il n’est pas possible de proposer en modèle un homme qui a posé tant d’actes contraire à la foi. Cela restera vrai quand bien même un pape, François ou un autre, déclarerait le contraire.

Ce serait donc un scandale de plus dans l’Eglise si le pape Jean-Paul II était élevé à la gloire des autels et donné en modèle. Prions, comme l’a demandé monsieur l’abbé de Cacqueray, pour que l’Eglise ne soit pas souillée par une telle ignominie.

Abbé Hubert Gaspard


Abbé Benoît Storez : est-il possible que Jean XXIII et Jean-Paul II soient réellement saints ?

Source : Le Belvédère

Canoniser Vatican II, telle est la mission que se sont assignés les promoteurs de la nouvelle évangélisation. Comme il s’agit d’un concile pastorale, n’en déplaisent à certains qui veulent le dogmatiser, les textes eux-mêmes sont un point d’appui qui manque de solidité. Le Concile n’a pas voulu faire de magistère dogmatique, on ne peut revenir là-dessus.

Alors pour renforcer son autorité, on va canoniser ses zélateurs : Jean XXIII, le pape qui l’a convoqué, et Jean-Paul II, le pape qui l’a le plus appliqué. Canoniser, c’est citer en exemple. En donnant les vies de Jean XXIII et Jean-Paul II comme modèles, c’est le Concile vécu que l’on donne en modèle. Voulez-vous parvenir au ciel ? Vivez le concile Vatican II, comme Jean XXIII et Jean-Paul II l’ont vécu. Voilà ce que nous disent ces canonisations qui se préparent.

Une telle déclaration renforcerait l’autorité de Vatican II car les canonisations sont normalement revêtues du sceau de l’infaillibilité. Il serait téméraire de prétendre purement et simplement le contraire, du moins s’il s’agit de vraies canonisations, car ce point est enseigné de façon universelle par les théologiens depuis longtemps. La raison en est d’ailleurs simple : par la canonisation, le pape, en un acte solennel, définit de façon irréformable un moyen assuré pour parvenir au ciel. C’est donc une forme de définition sur un domaine qui touche à la foi et à la morale, ce qui entre dans le cadre du magistère solennel du pape. Ceci nous place face à une difficulté qui a suscité ces derniers temps de nombreuses questions : est-il possible que Jean XXIII et Jean-Paul II soient réellement saints ? A cette question, la réponse certaine est NON. Sans vouloir présumer de leur sort éternel, on peut affirmer qu’ils n’ont pas fait preuve d’un héroïsme suffisant, loin s’en faut, dans le pratique de certaines vertus. Or, c’est bien l’héroïsme dans l’exercice de toutes les vertus que l’Eglise a toujours exigé pour accorder la gloire des autels aux saints qu’elle canonise. Quoiqu’on puisse en dire aujourd’hui, la vraie sainteté ne saurait exister sans cet héroïsme.

Certains objecteront que la canonisation étant garantie par l’infaillibilité, il ne convient même pas de se demander s’ils sont vraiment saints car le Saint-Esprit lui-même par la voix de l’Eglise a déjà répondu. L’objection est sérieuse, certes, mais non pas insurmontable, ainsi que le montrent plusieurs articles de ce bulletin. Mais de toute façon, est-il envisageable pour un catholique d’imiter l’exemple de quelqu’un qui a baisé avec respect le coran ou qui saluait dans les juifs déicides nos frères aînés dans la foi ? Est-il possible que le chemin du ciel passe par les réunions oecuméniques d’Assise, les pratiques de dévotions devant le Mur des Lamentations ? Vouloir fermer les yeux sur tant d’actes scandaleux en s’appuyant sur l’infaillibilité des canonisations, c’est faire comme l’autruche qui met la tête dans le sable, et il n’est pas facile de voir clair dans une telle situation.

Abbé Benoît Storez