L’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux intègre les « saints » conciliaires

L’abbaye Sainte-Madeleine de l’abbaye du Barroux intègre les « saints » conciliaires, c’est ce qu’annonce bien tranquillement le Père Hubert, cellérier de l’abbaye, dans une interview donnée à l’Homme Nouveau au sujet du nouveau missel édité par les moines :

Y a-t-il un ajout de certaines fêtes de saints canonisés depuis 1962, date de la dernière édition typique du missel romain ?

Les rubriques du missel permettent de célébrer tout saint canonisé par l’Église, au moins en messe festive ou votive. Nous avons donc inséré à leur place, avec la permission de la Commission pontificale Ecclesia Dei, les saints inscrits au calendrier liturgique de l’Église romaine depuis 1962, en indiquant la messe propre déjà approuvée le cas échéant pour le missel de 1962. Comme par exemple pour Notre-Dame de Guadalupe le 12 décembre, saint Thomas More le 22 juin… Dans les autres cas on utilise une messe prise dans le commun des saints.

Adroitement, le père Hubert n’évoque pas les « saints » qui pourraient choquer, la prude omission de Jean-Paul II notamment n’est sans doute pas involontaire. A ceux qui avait encore des doutes du fait des aspects traditionnels de cette abbaye, le Barroux a bel et bien rejoint l’Eglise conciliaire. Comme l’ensemble des Instituts Ecclesia Dei, de fait.

Austremoine


Du magistère conciliaire à la mentalité contraceptive

Un lecteur prêtre me fait la remarque ci-dessous au sujet de ma première réponse à l’abbé Fabrice Loiseau.

Dans la réponse que vous faites à l’abbé Loiseau et que vous avez postée le 30 avril, vous écrivez :

Il est évident que si la fin primaire du mariage n’est pas la procréation, alors l’acte conjugal peut en exclure la finalité, ce qui est la porte ouverte à la mentalité contraceptive, mentalité largement rependue (sic) chez les catholiques et qui s’est amplifiée sous Jean-Paul II.

En disant cela, vous allez peut-être un peu vite en besogne.

Un premier fait aurait dû vous mettre en alerte. Même si le Concile a passé sous silence la hiérarchie des fins du mariage, le magistère post-conciliaire en matière morale a réaffirmé l’immoralité de la contraception (Paul VI, encyclique Humanae vitae de Paul VI, 25 juillet 1968) et de la fécondation artificielle (Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instruction Donum vitae, 22 février 1987 et Instruction Dignitas personae, 8 septembre 2008). Dans les deux cas, les textes se fondent sur l’inséparabilité des dimensions unitive et procréative du mariage et de l’acte conjugal.

Les rappels de Pie XII sur les fins du mariage se trouvent dans 4 documents : le discours à la Sainte Rote du 3 octobre 1941, la sentence de Mgr Wynen du 22 janvier 1944 (publiée dans les AAS, ce qui est exceptionnel), le décret du Saint Office du 1er avril 1944 sur les fins du mariage, le discours aux sages-femmes du 29 octobre 1951 (auquel vous renvoyez). De ces divers documents, il appert que trois erreurs sont flétries : considérer les fins secondes comme accidentelles, dissocier les fins, mettre sur un pied d’égalité les fins.

De ces erreurs, Vatican II n’est tombé que dans la troisième, dans la mesure où le Concile s’est refusé à assumer la hiérarchie des fins enseignée par le Code Droit canon de 1917 (can. 1013 § 1) et le pape Pie XII (cf. références ci-dessus). Par contre, Gaudium et spes rappelle l’inséparabilité des fins (n° 51 § 2), ce qui permettra au magistère de garder le cap en matière de contraception et de fécondation artificielle, malgré son silence sur la hiérarchie des fins du mariage.

La contraception étant rejetée par le magistère conciliaire, la mentalité contraceptive s’introduit dans la pensée et la pratique des catholiques par le biais des méthodes naturelles de régulation des naissances. En effet, les époux assument librement une mission qu’ils doivent accomplir, à moins que des éléments graves les en empêchent. En l’absence de tels motifs, le péché des époux ne s’oppose pas à la loi de l’acte conjugal mais à la loi de l’état conjugal (Pie XII, Discours aux sages-femmes, 29 octobre 1951 et Discours au 7e congrès international d’hématologie, 12 septembre 1958).

En omettant de rappeler l’ordre des fins du mariage, le magistère conciliaire et post-conciliaire expose les fidèles à tomber, sans même s’en rendre compte, dans une mentalité contraceptive dans l’usage des méthodes naturelles. Jean-Paul II lui-même avait fini par le constater, mais sa vision personnaliste l’empêchait de remettre le mariage dans son contexte objectif. Or sans contexte objectif, il n’est pas possible de distinguer les motifs sérieux des motifs futiles de recourir aux méthodes naturelles de régulation des naissances. Beaucoup se rassurent en se disant que l’acte conjugal n’est pas perverti par les méthodes naturelles (alors qu’il l’est par la contraception), mais il ne perçoivent plus que la mission propre des époux est frustrée dans son accomplissement normal.

L’expression “l’acte conjugal peut en exclure la finalité” est assez maladroite. Elle doit signifier que tout acte conjugal doit rester ouvert à la vie, même s’il est naturellement infécond.


Qui les appellera « saints » ?

Jean XXIII et Jean Paul II ont été « canonisés ». Nul ne peut remettre en question le fait que ces canonisations ne marquent aucune rupture d’orientation fondamentale entre les papes Benoît XVI et François, le second achevant le processus initié par le premier, le pape en titre et celui émérite se retrouvant pour concélébrer lors de la proclamation de ces nouveaux « saints ».

Cet évènement rend la destruction de l’Eglise par le concile encore plus irréversible. Comment dorénavant toucher un concile voulu par un « saint » et appliqué et vanté comme étant la boussole de l’Eglise par un autre « saint » ? Comment même « laisser de côté » ce Concile afin d’éviter les points d’achoppement qu’il renferme ?

Plus que jamais, l’Eglise conciliaire ne s’est autant distinguée de l’Eglise catholique. Si auparavant elle avait érigée sa nouvelle constitution à travers le concile Vatican II, ses nouvelles lois à travers le nouveau code de droit canon et ses nouveaux rites par la fabrication néo-protestante de Mgr Bugnini, elle a dorénavant ses nouveaux « saints », et quels « saints » !

Mais, fait nouveau, ces canonisations peuvent aujourd’hui se draper du sceau extérieur de l’infaillibilité. Car s’il est une chose qui répugne au modernisme, c’est l’infaillibilité, car ce qui est infaillible est défini ; le moderniste de par sa pensée subjectiviste n’admet pas l’objectivité de ce qui est défini, de ce qui est. Or si ces canonisations ne sont bien évidemment pas infaillibles, elles en revêtent les aspects.

Que feront les instituts Ecclesia Dei ? Refuseront-ils le culte de ces nouveaux « saints » ? Le choix posé par ces « canonisations » s’apparente à celui de 1988 : refuser les saints de l’Eglise c’est se rendre schismatique, les accepter, c’est accepter le modèle pour lequel l’Eglise nous les donne en exemple. L’oecuménisme, la liberté religieuse, le culte de l’homme, la participation aux faux cultes, le relativisme, le baiser du Coran, Assise etc…, ces décennies de scandales voulue par Jean-Paul II sont-elles un exemple pour l’Eglise ? Pour l’Eglise catholique certes pas, mais pour cette Eglise conciliaire pan-maçonnique, certainement ! Hélas, ces instituts semblent avoir déjà fait leur choix, car il n’y a pas de raison qu’ils ne considèrent pas comme saint celui qu’ils appellent bienheureux.

Comme en 1988, le même choix radical se pose, et les deux positions ne peuvent que s’exclurent : si l’Eglise conciliaire peut trouver sa place au sein du concert maçonnique et polythéiste, l’Eglise catholique, porteuse de vérité, ne peut qu’en être exclue. Reste à choisir entre l’Eglise catholique et la secte conciliaire. C’est pourquoi les supérieurs majeurs de la FSSPX avaient eux aussi demandé à Rome leur excommunication de l’Eglise conciliaire, comme gage publique de catholicité. On ne quémande pas notre brevet de catholiques auprès de ceux qui détruisent dans les principes et dans les actes l’Eglise de Dieu. Le seul brevet qui tienne est celui de notre Foi gardée précieusement, en attendant, comme l’écrivit Mgr Lefebvre évoquant l’épiscopat de ceux qu’il s’apprêtait à sacrer, qu’un pape pleinement catholique vienne le confirmer.

Deux anti-christ ont été placé sur les autels.

L’abomination a pénétré dans la maison de Dieu. Un peu plus.

Austremoine