Mgr Mario Oliveri, évêque « néo-traditionaliste »

Mgr Mario Oliveri est la dernière tête en date qui vient de tomber : trop traditionnalisant pour les services progressistes et homosexualistes du pape François. Après les Franciscains de l’Immaculée et leurs soeurs, la traque continue. La raison officielle : crypto Lefebvriste !

Vouloir mettre sa tête sous le couteau de cette Rome apostate quand elle ne se cache même plus de ses intentions de destruction de la Tradition est de la folie. Et là encore, les communautés Ecclesia Dei Adflicta ne doivent leur survie qu’au fait que la FSSPX échappe encore à l’autorité de nos ennemis.

Sans parler des velléités contre nature même plus dissimulées du Synode.

Source : La Porte Latine

Après les Frères Franciscains de l’Immaculée  [ Voir notre dossier complet sur le sujet infra ] Rome vient de s’en prendre à Mgr Mario Oliveri qui a tort, en premier lieu, de regarder avec bienveillance les prêtres et les fidèles de son diocèse qui sont restés fidèles au rite dit de saint Pie V.

Savona Il Secolo titre dans son édition du 22 octobre :

« Diocèse d’Albenga-Imperia, l’évêque des scandales flanqué d’un Commissaire » qui « aura la fonction d’évêque auxiliaire chargé officiellement de le seconder, mais qui dans les faits est là pour le remplacer ».

Ce serait le pape en personne qui aurait fait suite aux plaintes de quelques fidèles et de prêtres progressistes qui accusent Mgr Oliveri d’être « anachronique et ultratraditionaliste » et en particulier dans son séminaire diocésain, lui reprochant l’usage de vêtements pré-conciliaires et de problèmes divers entre le recteur et ses séminaristes.

Dans un premier temps, c’est le nonce apostolique Mgr Adriano Bernardini qui avait été choisi pour « accompagner« , en fait se substituer, à l’Ordinaire d’Albenga qui n’a pas fait preuve d’assez de docilité malgré la fermeture des deux couvents des Franciscains de l’Immaculée ordonnée par le Père Volpi, lui aussi Commissaire nommé par Rome pour mettre au pas des moines trop « crypto-lefévbristes » !

Cette nouvelle attaque contre un évêque « néo-traditionaliste » semble totalement surréaliste au moment même où l’ancien recteur du séminaire mis en cause, l’abbé Antonio Suetta, a été nommé évêque de Ventimiglia–San Remo sur décision du pape François lui-même. Comme l’écrit Notions Romaines dans son édition du 22 octobre :

« Clairement, l’incohérence semble être caractéristique sous la gouvernance bergolienne, surtout par le fait que la présente visitation a été ordonnée par nul autre que le Suprême pontife lui-même. »

Devant le tollé suscité par cette volonté de mettre à l’écart un évêque favorable au Motu Propio de Benoit XVI sur la « forme extraordinaire du rite dit de saint Pie V », le Vatican semble vouloir apaiser les tensions qu’il a lui-même provoquées.

Il fait savoir en efftet – « par la bande » – que ce serait Mgr Alberto Maria Careggio, évêque émérite de Vintimille-San Remo, Piémont, 77 ans, qui serait appelé à « aider » Mgr Oliveri « très fatigué »…

Mgr Carregio n’est vraiment « célèbre » que pour avoir été le guide de haute montagne de feu le pape Jean-Paul II. Il est aussi surtout connu pour être un opposant notoire au monde de la Tradition et un vrai progressiste ami de François.

Si c’est lui qui est choisi pour « secourir » Mgr Oliveri, cela signifierait que le Saint Siège a une notion assez ambigüe du « secours au prochain » et l’on comprendrait aisèment que le futur secouru s’écrit en toute franchise « Timeo Danaos et dona ferentes« …

La Porte Latine

Sources : Savona Il Secolo/Notions Romaines/LPL du 23 octobre 2014


Pour envisager un dialogue fécond, il conviendrait d’attendre que les autorités romaines soient dégrisées des idées conciliaires

Source : bvoltaire.fr

Si la reprise officielle des pourparlers entre le Vatican et la Fraternité Saint-Pie X, fondée par Mgr Lefebvre, a été relevée par plusieurs médias, peu d’observateurs semblent en mesurer toute la portée. Le communiqué du Saint-Siège publié après la rencontre entre les autorités de la Fraternité et le cardinal Müller, préfet de la Congrégation de la foi, indique que les discussions ont pour but d’arriver à la « pleine réconciliation » entre les parties. Le communiqué de la Fraternité parle, lui, « d’éclaircir les points de divergence qui subsistent ». Au-delà du caractère diplomatique des termes employés, le problème est-il bien posé de part et d’autre ?

En effet, toute l’œuvre de la Fraternité Saint-Pie X et des communautés qui lui sont associées repose sur une sauvegarde et un combat.

La sauvegarde d’abord : face à la révolution opérée par Vatican II dans la liturgie, dans l’enseignement de la foi, dans le gouvernement de l’Église, dans les rapports de l’Église avec le monde, il a fallu se regrouper pour garder la messe et la doctrine intactes, pour transmettre fidèlement le sacerdoce, en un mot : pour conserver la foi de toujours.

C’est également un combat : le regroupement, opéré dans les années 60 et qui dure depuis 50 ans, n’est ni sentimental, ni nostalgique d’un passé révolu ; il est avant tout doctrinal. Il est fondé sur la conviction suivante : la plupart des hommes d’Église, à l’occasion du Concile Vatican II surtout, se sont laissés imprégner par une pensée libérale, naturaliste et humaniste qui n’est pas celle de Jésus-Christ. D’où vient cette conviction ? Pas uniquement de l’observation des fruits du Concile (« On juge un arbre à ses fruits », dit l’Évangile), mais aussi du fait que l’Église, avant même la tempête, avait prévenu ses fils du danger. Mort il y a cent ans, le pape saint Pie X avait magnifiquement diagnostiqué le mal et lui avait donné un nom : le modernisme.

La Fraternité Saint-Pie X se définit donc comme une sauvegarde de la foi, des sacrements, du sacerdoce et de la vie religieuse, et un combat, pour le Christ, contre les erreurs qui en éloignent les âmes, ces deux éléments, étroitement liés, formant pour ainsi dire son ADN.

Dès lors, à moins de renoncer à ce qui constitue son être propre, la Fraternité Saint-Pie X n’aurait que faire d’un bout de papier scellant une prétendue « réconciliation ». Ce qui compte pour la Fraternité, c’est le bien de toute l’Église. Ce qui compte, c’est d’exister et d’agir en sorte que l’Église, tournant enfin la page du Concile, retrouve sa tradition pleine et entière. Poser en perspective de ces contacts romains le « rétablissement de l’amitié entre personnes brouillées » (réconciliation selon le Littré), c’est ne pas être à la hauteur des graves objections posées par la Fraternité depuis son origine et restées sans réelle réponse.

Mais est-ce à dire que Rome et la Fraternité sont condamnées à ne jamais s’entendre ? Pour envisager un dialogue fécond, il conviendrait en fait d’attendre que les autorités romaines soient dégrisées des idées conciliaires. Or, force est de constater qu’à l’heure actuelle, Vatican II reste la magna carta du pape et des évêques. Il suffit de lire une encyclique et d’observer que les références se rattachent quasiment exclusivement au magistère conciliaire. Il suffit de souligner le zèle à vouloir canoniser tous les papes du Concile et de l’après-Concile malgré – parfois – les sérieux obstacles qui se présentent (tel Jean-Paul II embrassant le Coran). Il suffit de peser certains propos du pape François. Tout ceci indique que Rome n’est pas encore prête à écouter la voix de la tradition apostolique, qui est pourtant sa voix. Dans cette affaire, il faut s’armer de patience, prier, et prêcher « à temps et à contretemps ».

Albert Laurent


Un cirque et ses chevaux font leur spectacle dans la cathédrale de Besançon

Mgr Jean-Luc Bouilleret sévit encore et toujours : ce lamentable épiscope était celui qui avait refusé de prêter le moindre abris aux fidèle de la FSSPX. C’est celui qui avait fait la promotion dans son diocèse de conférences sur « la liturgie de l’orgasme » ! Bref un être fin, en pleine communion !

Depuis, ce réputé franc-maçon, a été nommé évêque de Besançon. Il continue de se distinguer. La dernière en date est la production dans la cathédrale de Besançon d’un cirque équestre !!!

Et oui, nous en sommes là…si loin. Les années de plomb semblent s’éterniser.

Vous avez dit en communion ???

Austremoine

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Photos : http://www.catapulta.com.ar/?p=12870

 


Jésus est-il Dieu pour François ?

« Vous avez vu, atterrés, devant le Mur des lamentations, prier sans Notre Seigneur Jésus-Christ, que dis-je ? Par les mots mêmes de Notre Seigneur Jésus-Christ, bafouer Notre Seigneur Jésus-Christ.

S’adressant selon ces mots au Seigneur: « Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, Dieu de Jésus le Nazaréen »; ce sont les mots mêmes employés, écrits ! Jésus n’est-Il que comparable à Abraham, Isaac et Jacob ? Qui est ce Dieu de Jésus ? Pour ma part je ne connais que Jésus-Dieu !

C’est la Foi catholique elle-même qui me le dit, qu’Il est le Dieu incarné qui est venu nous sauver ! Devant ce qui est le drame d’une âme chrétienne notre seule réaction possible est précisément celle de la Croix ! Vous le savez, c’est la Rédemption qui nous le dit: Seule la Croix de NSJC sauve, ce ne peut pas être, ce ne doit pas être une simple réalité spéculative, dans nos têtes il faut que ce soit une réalité vécue ! »

Abbé de La Rocque, Chartres le samedi 7 juin 2014

 

Voici la prière récitée par François au mur des lamentations le 26 mai 2014 :

Ô Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob,
Dieu de Jésus le Nazaréen,
du cœur de cette Cité Sainte,
patrie spirituelle des Juifs, des Chrétiens et des Musulmans,
je fais mienne l’invocation des pèlerins
qui montaient vers ton temple, débordant de joie :
« Appelez le bonheur sur Jérusalem :
Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais !
À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : ‘‘Paix sur toi !’’.
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien »


abbé Patrick de la Rocque : les raisons théologiques des sacres

Source : La Porte Latine

Seuls de très graves raisons pouvaient légitimer un sacre épiscopal sans mandat apostolique. Il fallait que le bien de l’Eglise soit directement en jeu. Mgr Lefebvre constata non seulement une aggravation de la situation, mais surtout une pertinacité des autorités dans la voie de l’erreur à travers deux événements. Ce fut d’abord le revers de main avec lequel Rome rejeta les questions officielles que Mgr Lefebvre avait posées à Rome sur la liberté religieuse (publié depuis : Mes doutes sur la liberté religieuse, éditions Clovis). Puis ce fut le scandale de la réunion interreligieuse organisée à Assise. Devant cet “abandon de poste” par les autorités, Mgr Lefebvre se devait de réagir afin de pérenniser le bien de l’Eglise. Ce fut les sacres, à l’occasion desquels il voulut rappeler la gravité de la situation par une déclaration publique, reprise presque mot pour mot d’un texte écrit cinq ans plus tôt :

On lit au chapitre 20 de l’Exode que Dieu, après avoir défendu à son peuple d’adorer des dieux étrangers, ajouta ces paroles : « C’est moi qui suis le Seigneur ton Dieu, le Dieu fort et jaloux, visitant l’iniquité des pères dans les fils jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent », et au chapitre 34 on lit : « N’adore point de Dieu étranger ; un Dieu jaloux, c’est le nom du Seigneur. » Il est juste et salutaire que Dieu soit jaloux de ce qui Lui appartient en propre, jaloux de son être infini, éternel, tout puissant, jaloux de sa gloire, de sa Vérité, de sa Charité, jaloux d’être le seul Créateur et Rédempteur, et donc la fin de toutes choses, la seule voie du salut et du bonheur de tous les anges et de tous les hommes, jaloux d’être l’alpha et l’oméga.

L’Eglise catholique fondée par Lui et à laquelle Il a remis tous ses trésors de salut, est elle aussi jalouse des privilèges de son seul Maître et Seigneur et enseigne à tous les hommes qu’ils doivent se tourner vers Elle et être baptisés par Elle, s’ils veulent être sauvés et participer à la gloire de Dieu dans l’Eternité bienheureuse. L’Eglise est donc essentiellement missionnaire. Elle est essentiellement une, sainte, catholique, apostolique et romaine. Elle ne peut admettre qu’il y ait une autre religion vraie en dehors d’elle, elle ne peut admettre qu’on puisse trouver une voie de salut en dehors d’elle puisqu’elle s’identifie avec son Seigneur et Dieu qui a dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. » Elle a donc horreur de toute communion ou union avec les fausses religions, avec les hérésies et les erreurs qui éloignent les âmes de son Dieu, qui est l’unique et seul Dieu. Elle ne connaît que l’unité dans son sein, comme son Dieu. Pour cela elle donne le sang de ses martyrs, la vie de ses missionnaires, de ses prêtres, le sacrifice de ses religieux et religieuses, elle offre le sacrifice quotidien de propitiation.

Or avec Vatican Il souffle un esprit adultère dans l’Eglise, esprit qui admet par la Déclaration de la Liberté religieuse le principe de la liberté de la conscience religieuse pour les actes internes et externes, avec exemption de toute autorité. C’est le principe de la Déclaration des droits de l’homme, contre les droits de Dieu. Les autorités de l’Eglise, de l’Etat, de la famille participent à l’autorité de Dieu et ont donc le devoir de contribuer à la diffusion de la Vérité et à l’application du Décalogue, et de protéger leurs sujets contre l’erreur et l’immoralité.

Cette Déclaration a provoqué la laïcisation des Etats catholiques, ce qui est une insulte à Dieu et à l’Eglise, réduisant l’Eglise au droit commun avec les faus­ses religions. C’est bien l’esprit adultère tant de fois reproché au peuple d’Israël. Cet esprit adultère se manifeste aussi dans cet oecuménisme institué par le Secrétariat pour l’unité des chrétiens. Cet œcumé­nisme aberrant nous a valu toutes les réformes liturgiques, bibliques, canoniques, avec la collégialité destructive des autorités personnelles du Souverain Pontificat, de l’Episcopat, et du Curé.

Cet esprit n’est pas catholique. Il est le fruit du modernisme condamné par saint Pie X. Il ravage toutes les insti­tutions de l’Eglise et spécialement les séminaires et le clergé, de telle sorte qu’on peut se demander qui est encore intégralement catholique parmi les clercs soumis à l’esprit adultère du Concile !

Rien n’est donc aussi urgent dans l’Eglise que de former un clergé qui répudie cet esprit adultère et moderniste et sauve la gloire de l’Eglise et de son divin Fondateur en gardant lafoi intégrale et les moyens établis par Notre Seigneur et par la Tradition de l’Eglise pour garder cette foi et trans­m­ettre la vie de la grâce et les fruits de la Rédemption.

Depuis bientôt vingt ans nous nous efforçons avec patience et fermeté de faire comprendre aux autorité romaines cette nécessité du retour à la saine doctrine et à la Tradition pour le renouveau de l’Eglise, le salut des âmes et la gloire de Dieu. Mais on demeure sourd à nos supplications, bien plus on nous demande de reconnaître le bien-fondé de tout le Concile et des réformes qui ruinent l’Eglise. On ne veut pas tenir compte de l’expérience que nous faisons, avec la grâce de Dieu, le maintien de la Tradition qui produit de vrais fruits de sainteté et attire de nombreuses vocations.

Pour sauvegarder le sacerdoce catholi­que, qui continue l’Eglise catholique et non une Eglise adultère, il faut des évêques catholiques. Nous nous voyons donc contraints, à cause de  l’invasion de l’esprit moderniste dans le clergé actuel, et jusqu’aux plus hauts sommets à l’intérieur de l’Eglise, d’en arriver à consacrer des évêques, le fait de cette consécration étant admis par le Pape dans la lettre du 30 mai du Cardinal Ratzinger. Ces consécrations épiscopales seront non seulement valides, mais encore, vu les circonstances historiques, licites : il est parfois nécessaire d’abandonner la légalité pour demeurer dans le droit.

Le Pape ne peut que désirer la continuation du sacerdoce catholique. Ce n’est donc nullement dans un esprit de rupture ou de schisme que nous accomplissons ces consécrations épiscopales, mais pour venir au secours de l’Eglise, qui se trouve sans doute dans la situation la plus douloureuse de son histoire. Si nous nous étions trouvés au temps de saint François d’Assise le Pape se fut trouvé d’accord nous. La Franc-Maçonnerie n’occupait pas le Vatican en ses heureux temps. Nous affirmons donc notre attachement et notre soumission au saint Siège et au Pape. En accomplissant cet acte nous avons  conscience de continuer notre service de l’Eglise et de la Papauté comme nous nous sommes efforcé de le faire depuis le premier jour de notre sacerdoce. Le jour où le Vatican sera délivré de cette occupation moderniste et retrouvera le chemin suivi par l’Eglise jusqu’à Vatican II nos évêques seront entièrement dans les mains du Souverain Pontife, y compris l’éventualité de ne plus exercer leurs fonctions épiscopales.

abbé Patrick de la Rocque


Réponse à l’abbé Fabrice Loiseau sur sa défense de Jean-Paul II (1)

En réponse à la vidéo de M. l’abbé Fabrice Loiseau.

Jean-Paul II pape de la famille ?

Qui de mieux placé que quelqu’un qui lutte quotidiennement et de façon concrète contre l’avortement en sauvant des bébés pour estimer l’efficacité de Jean-Paul II dans sa défense de la famille :

« On dit que le pape aurait été ‘courageux’ en promulguant haut et fort la doctrine de la Vie humaine intouchable, car donné par Dieu, face à l’avortement et les autres déviations touchant à la vie. Ce courage, il l’avait au Vatican, en Pologne et en Irlande, pays déjà gagnés à la cause. Mais en France, en 8 visites pontificales, effrayé par les lobbies avorteurs et les conseils ‘prudents’ de ses évêques, il n’a pas osé prononcer le mot ‘avortement’ une seule fois. Il rasait les murs. Quand il s’écria « N’ayez pas peur! », n’était-ce pas surtout une auto-critique ? Avec cette peur que l’on ne pardonnerait à aucun militant pro-vie de terrain, l’effroyable bilan de la mort – par l’assassinat des plus faibles et plus démunis des humains, les bébés – est monté à des chiffres dépassant le milliard dans le monde. Avec une Eglise qui se mettrait, comme un seul homme, debout contre ce crime, allant jusqu’à l’excommunication nominative des chefs d’Etat et députés pro-avortement, afin que les choses soient claires dans la conscience des fidèles, nous n’en serions pas là. Non, on leur donne publiquement la sainte communion… Avec un pape qui serait allé dans les avortoirs pour sauver la vie, au lieu de pleurer sur les tombeaux, nous n’en serions pas là. Il a retardé le combat pourtant incontournable, le test de vie et de mort qui est sur l’agenda des chrétiens. Bilan vie: malheureusement également négatif. » Source : UNEC RU 14/2005

Que dire des nominations catastrophiques qui ont confirmé un épiscopat mondial dans son silence complice ? L’abbé Loiseau balaye sans y répondre la problématique doctrinale posée par l’inversion des fins du mariage, fins exposées dans une doctrine pourtant énoncée on ne peut plus clairement par Pie XII. Il est évident que si la fin primaire du mariage n’est pas la procréation, alors l’acte conjugal peut en exclure la finalité, ce qui est la porte ouverte à la mentalité contraceptive, mentalité largement rependue chez les catholiques et qui s’est amplifiée sous Jean-Paul II. Et tous ceux qui luttent pour la vie le disent : la mentalité contraceptive mène mécaniquement à l’avortement et à l’éclatement de la famille.

Que penser de l’efficacité d’un discours qui se veut pour la défense de la famille si par ailleurs la théologie qui est rependue a pour conséquences sa destruction ? On ne peut pas dire que la famille chez les catholiques se soit consolidée à l’heure où le pape François ose envisager d’ouvrir la porte à la communion des divorcés remariés ! Sans doute là aussi l’abbé Loiseau aura-t-il une lumineuse explication quand François sera un jour « canonisé » ?!

Jean-Paul II tombeur du communisme

Certes, il a eu un rôle, plus ou moins important, mais il n’est pas juste et fondé de dire que c’est Jean-Paul II qui est à l’origine de la chute du communisme. Sans doute a-t-il accéléré le processus.

Quelles ont été les armes de Jean-Paul II contre le communisme ? Comme le dit l’abbé Loiseau : « car le communisme méprise l’Homme et méprise les masses, et il (Jean-Paul II) va soutenir l’Homme et les masses ». Tout est dit. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer la démocratie et les droits de l’Homme. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer le libéralisme social, intellectuel et théologique. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer les idées maçonniques.

Faut-il aussi rappeler que c’est le concile Vatican II, « boussole de l’Eglise » selon Jean-Paul II, qui refusa de condamner le communisme parce que le Vatican du futur « bienheureux » Paul VI négociait avec Moscou ?

Des tombeurs du communisme il y en a eu, cela n’en fait pas des saints pour autant, surtout lorsque le « saint » en question utilise des arguments et des armes contraires à la doctrine de l’Eglise et même condamnées par elle. L’abbé Loiseau devrait le savoir.

Jean-Paul II martyr du communisme ? L’attentat de 1981 ? L’abbé Loiseau est-il donc certains que Mehmet Ali Ağca a agit parce que Jean-Paul II était un adversaire du communisme ? Que l’abbé Loiseau livre vite ses preuves au Vatican qui ne possède pas la certitude d’une telle hypothèse ! Et puis l’abbé devrait savoir, malgré son emballement, qu’il ne suffit pas d’être menacé en haine du capitalisme pour devenir martyr, mais que le martyr est celui qui est tué en haine de la Foi. Bref, quelques bases élémentaires de doctrine à reprendre monsieur l’abbé !

Jean-Paul II agent du KGB ?

Il parait, selon l’abbé Loiseau, que la CRC aurait affirmé que Jean-Paul II était un agent du KGB ! Curieuse affirmation en effet ! Il est étonnant de constater que l’abbé Loiseau vient nous sortir la CRC – aujourd’hui inexistante hormis un site internet – pour habilement la mêler à la FSSPX !

Pas très honnête comme procédé monsieur l’abbé ! La FSSPX a suffisamment de griefs contre Jean-Paul II et publiquement exposés pour en inventer de nouveaux et aussi ridicules !

Austremoine



Mgr Bernard Fellay (LAB n°82) : nous ne pouvons pas souscrire à ces canonisations qui voudraient en fait “canoniser” Vatican II

Source : dici.org

Chers Amis et bienfaiteurs,

Si elle a lieu le 27 avril prochain, la canonisation de Jean XXIII et de Jean-Paul II posera à la conscience des catholiques un double problème. Problème d’abord de la canonisation en tant que telle : comment serait-il possible de donner à toute l’Eglise en exemple de sainteté, d’une part, l’initiateur du concile Vatican II et, d’autre part, le pape d’Assise et des droits de l’homme ? Mais aussi, et plus profondément, problème de ce qui apparaîtra comme une reconnaissance d’authenticité catholique sans précédent : comment serait-il possible de garantir du sceau de la sainteté les enseignements d’un tel Concile, qui ont inspiré toute la démarche de Karol Wojtyla et dont les fruits néfastes sont l’indice non équivoque de l’autodestruction de l’Eglise ? Ce deuxième problème donne de lui-même sa solution : les erreurs contenues dans les documents du concile Vatican II et dans les réformes qui ont suivi, spécialement la réforme liturgique, ne sauraient être l’œuvre du Saint-Esprit, qui est à la fois Esprit de vérité et Esprit de sainteté. Voilà pourquoi il nous apparaît nécessaire de rappeler quelles sont ces principales erreurs et quelles sont les raisons fondamentales pour lesquelles nous ne pouvons pas souscrire aux nouveautés du Concile et des réformes qui en sont issues, de même qu’à ces canonisations qui voudraient en fait “canoniser” Vatican II.

C’est la raison pour laquelle nous voudrions, tout en protestant avec force contre ces canonisations, dénoncer l’entreprise qui dénature l’Eglise depuis le concile Vatican II. En voici les principaux éléments.

I – Le concile

« Alors que le Concile se préparait à être une nuée lumineuse dans le monde d’aujourd’hui si l’on avait utilisé les textes préconciliaires dans lesquels on trouvait une profession solennelle de doctrine sûre au regard des problèmes modernes, on peut et on doit malheureusement affirmer que, d’une manière à peu près générale, lorsque le Concile a innové, il a ébranlé la certitude de vérités enseignées par le Magistère authentique de l’Eglise comme appartenant définitivement au trésor de la Tradition. […] Sur ces points fondamentaux, la doctrine traditionnelle était claire et enseignée unanimement dans les universités catholiques. Or, de nombreux textes du Concile sur ces vérités permettent désormais d’en douter. […] Il faut donc, acculé par les faits, conclure que le Concile a favorisé d’une manière inconcevable la diffusion des erreurs libérales » [1].

II – Une conception œcuménique de l’Eglise.

L’expression du « subsistit in » (Lumen gentium, 8) veut dire qu’il y aurait une présence et une action de l’Eglise du Christ dans les communautés chrétiennes séparées, distinctes d’une subsistance de l’Eglise du Christ dans l’Eglise catholique. Prise en ce sens, elle nie l’identité stricte entre l’Eglise du Christ et l’Eglise catholique, toujours enseignée jusqu’ici, notamment par Pie XII, à deux reprises, dans Mystici corporis [2] et dans Humani generis [3]. L’Eglise du Christ est présente et agissante comme telle, c’est-à-dire comme l’unique arche de salut, seulement là où est le vicaire du Christ. Le Corps mystique dont celui-ci est le chef visible est strictement identique à l’Eglise catholique romaine.

La même déclaration (LG 8) reconnaît aussi la présence « d’éléments salvifiques » dans les communautés chrétiennes non-catholiques. Le décret sur l’œcuménisme renchérit en affirmant que « le Saint Esprit ne refuse pas de se servir de ces Eglises et communautés comme moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique » (UR 3).

De telles affirmations ne sont pas conciliables avec le dogme « Hors de l’Eglise point de salut », réaffirmé par la Lettre du Saint Office du 8 août 1949. Une communauté séparée ne saurait se prêter à l’action de Dieu, puisque sa séparation est une résistance au Saint Esprit. Les vérités et les sacrements qui y sont éventuellement conservés ne peuvent produire un effet salutaire qu’en opposition aux principes erronés qui fondent l’existence de ces communautés et entraînent leur séparation d’avec le Corps mystique de l’Eglise catholique, dont le chef visible est le vicaire du Christ.

La déclaration Nostra aetate affirme que les religions non chrétiennes « apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes », bien que ceux-ci doivent trouver dans le Christ « la plénitude de la vie religieuse » et « considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines » (NA, 2). Une pareille affirmation tombe sous le même reproche que la précédente. Tels que dans l’hérésie ou le schisme, les sacrements, les vérités partielles de foi et l’Ecriture sont dans un état de séparation d’avec le Corps mystique. C’est la raison pour laquelle la secte qui les utilise ne peut réaliser, en tant que telle, car privée de la grâce surnaturelle, la médiation ecclésiale ni contribuer au salut. On doit en dire autant des manières de penser, de vivre et d’agir, telles qu’elles sont dans les religions non chrétiennes.

Ces textes du concile favorisent déjà la conception latitudinariste  de l’Eglise, condamnée par Pie XI dansMortalium animos ainsi que l’indifférentisme religieux également condamné par tous les papes, de Pie IX à Pie XII [4]. Toutes les initiatives inspirées par le dialogue œcuménique et interreligieux, dont la réunion d’Assise de 1986 demeure l’exemple le plus visible, ne sont que la mise en pratique, « l’illustration visible, la leçon de choses et la catéchèse intelligible à tous » (Jean-Paul II) de ces enseignements conciliaires. Mais elles expriment aussi l’indifférentisme dénoncé par Pie XI, lorsqu’il réprouve l’espoir « qu’il serait possible d’amener sans difficulté les peuples, malgré leurs divergences religieuses, à une entente fraternelle sur la profession de certaines doctrines considérées comme un fondement commun de vie spirituelle. […] Se solidariser des partisans et des propagateurs de pareilles doctrines, c’est s’éloigner complètement de la religion divinement révélée » [5].

III – Une conception collégialiste et démocratique de l’Eglise.

1. Après avoir ébranlé l’unité de l’Eglise dans sa foi, les textes du concile l’ont aussi ébranlée dans son gouvernement et sa structure hiérarchique. L’expression du « subjectum quoque » (LG 22) veut dire que le collège des évêques uni au pape comme à son chef est lui aussi, en plus du pape seul, le sujet habituel et permanent du pouvoir suprême et universel de juridiction dans l’Eglise. C’est la porte ouverte à une diminution du pouvoir du Souverain Pontife, voire à sa remise en cause, au risque de mettre en péril l’unité de l’Eglise.

Cette idée d’un double sujet permanent du primat est en effet contraire à l’enseignement et à la pratique du magistère de l’Eglise, spécialement à la constitution Pastor aeternus du concile Vatican I (DS 3055) et à l’encyclique Satis cognitum de Léon XIII. Car seul le pape possède de manière habituelle et constante le pouvoir suprême, qu’il communique seulement dans des circonstances extraordinaires aux conciles, selon qu’il le juge opportun.

2. L’expression du « sacerdoce commun » propre aux baptisés, distingué du « sacerdoce ministériel » (LG 10) ne précise pas que seul le second doit s’entendre au sens vrai et propre du terme, tandis que le premier s’entend seulement au sens mystique et spirituel.

Cette distinction était affirmée clairement par Pie XII dans son Discours du 2 novembre 1954. Elle est absente des textes du Concile et ouvre la porte à une orientation démocratique de l’Eglise, condamnée par Pie VI dans la Bulle Auctorem fidei (DS 2602). Cette tendance à faire participer le peuple à l’exercice du pouvoir se retrouve dans la multiplication des organismes de toutes sortes, en conformité avec le nouveau droit canon (canon 129 § 2). Elle perd de vue la distinction entre clercs et laïcs, pourtant de droit divin.

IV – Des faux droits naturels de l’homme.

La déclaration Dignitatis humanae affirme l’existence d’un faux droit naturel de l’homme en matière religieuse. Jusqu’ici, la Tradition de l’Eglise était unanime à reconnaître aux non-catholiques le droit naturel de ne pas être contraints par les pouvoirs civils dans leur adhésion (d’intention au for interne et d’exercice au for externe) à l’unique vraie religion et légitimait, tout au plus dans certaines circonstances, une certaine tolérance dans l’exercice des fausses religions, au for externe public. Vatican II reconnaît de plus à tout homme le droit naturel de ne pas être empêché par les pouvoirs civils d’exercer au for externe public une religion fausse et prétend reconnaître comme un droit civil ce droit naturel d’exemption de toute contrainte de la part des autorités sociales. Les seules limites juridiques à ce droit seraient celles de l’ordre purement civil et profane de la société. Le Concile fait ainsi aux gouvernements civils une obligation de ne plus faire de discrimination pour des motifs religieux et d’établir l’égalité juridique entre la vraie religion et les fausses.

Cette nouvelle doctrine sociale est en opposition avec les enseignements de Grégoire XVI dans Mirari voset de Pie IX dans Quanta cura. Elle se fonde sur une fausse conception de la dignité humaine, purement ontologique et non point morale. En conséquence, la constitution Gaudium et spes enseigne le principe de l’autonomie du temporel (GS 36), c’est-à-dire la négation de la royauté sociale du Christ pourtant enseignée par Pie XI dans Quas primas, et finalement ouvre la porte à l’indépendance de la société temporelle par rapport aux commandements de Dieu.

V – La protestantisation de la messe.

Le nouveau rite de la messe, « s’éloigne de manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail »[6] de la définition catholique de la Messe, telle qu’elle résulte des enseignements du concile de Trente. Par ses omissions et ses équivoques, le nouveau rite de Paul VI atténue l’identification de la messe au sacrifice de la croix, au point que la messe y apparaît beaucoup moins comme ce sacrifice que comme son simple mémorial. Ce rite réformé occulte aussi le rôle du prêtre au profit de l’action de la communauté des fidèles. Il diminue gravement l’expression du but propitiatoire du sacrifice de la messe, c’est-à-dire l’expiation et la réparation du péché.

Ces défaillances interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime. Dans l’interrogatoire des 11-12 janvier 1979, à la question posée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi : « Soutenez-vous qu’un fidèle catholique peut penser et affirmer qu’un rite sacramentel, en particulier celui de la messe approuvé et promulgué par le Souverain Pontife puisse être non conforme à la foi catholique ou favens haeresim ? », Mgr Lefebvre a répondu : « Ce rite en lui-même ne professe pas la foi catholique d’une manière aussi claire que l’ancien Ordo missae et par suite il peut favoriser l’hérésie. Mais je ne sais pas à qui l’attribuer ni si le pape en est responsable. Ce qui est stupéfiant c’est qu’un Ordo missae de saveur protestante et doncfavens haeresim ait pu être diffusé par la curie romaine »[7]. Ces défaillances graves nous interdisent de regarder ce nouveau rite comme légitime, d’en accomplir la célébration et de conseiller d’y assister ou d’y participer positivement.

VI – Le nouveau Code, expression des nouveautés conciliaires.

Selon les dires mêmes de Jean-Paul II, le nouveau Code de droit canon de 1983 représente « un grand effort pour traduire en langage canonique » [8] les enseignements du concile Vatican II, y compris – et surtout – sur les points gravement fautifs signalés jusqu’ici. « Parmi les éléments qui caractérisent l’image réelle et authentique de l’Eglise », explique encore Jean-Paul II, « il nous faut mettre en relief surtout les suivants : la doctrine selon laquelle l’Eglise se présente comme le Peuple de Dieu et l’autorité hiérarchique comme service ; la doctrine qui montre l’Eglise comme une communion et qui, par conséquent, indique quelles sortes de relations doivent exister entre les Eglises particulières et l’Eglise universelle et entre la collégialité et la primauté ; la doctrine selon laquelle tous les membres du Peuple de Dieu, chacun selon sa modalité, participent à la triple fonction du Christ : les fonctions sacerdotale, prophétique et royale. À cette doctrine se rattache celle concernant les devoirs et les droits des fidèles et en particulier des laïcs ; et enfin l’engagement de l’Eglise dans l’œcuménisme ».

Ce nouveau droit accentue la fausse dimension œcuméniste de l’Eglise, en permettant de recevoir les sacrements de pénitence, d’eucharistie et d’extrême-onction de ministres non catholiques (canon 844) et favorise l’hospitalité œcuménique en autorisant les ministres catholiques à donner le sacrement de l’eucharistie à des non catholiques. Le canon 336 reprend et accentue l’idée d’un double sujet permanent du primat. Les canons 204 § 1, 208, 212 § 3, 216 et 225 accentuent l’équivoque du sacerdoce commun et l’idée corrélative du Peuple de Dieu. Enfin, se profile aussi dans ce nouveau Code une définition fautive du mariage, où n’apparaît plus l’objet précis du contrat matrimonial ni la hiérarchie entre ses fins. Loin de favoriser la famille catholique, ces nouveautés ouvrent une brèche dans la morale matrimoniale.

VII – Une nouvelle conception du magistère

1. La constitution Dei Verbum affirme en manquant de précision que « l’Eglise, tandis que les siècles s’écoulent, tend constamment vers la plénitude de la divine vérité, jusqu’à ce que soient accomplies en elle les paroles de Dieu » (DV 8). Cette imprécision ouvre la porte à l’erreur de la Tradition vivante et évolutive, condamnée par saint Pie X dans l’Encyclique Pascendi et le Serment antimoderniste. Car l’Eglise ne saurait « tendre vers la plénitude de la vérité divine » que parce qu’elle en donne une expression plus précise, non au sens où les dogmes proposés par l’Eglise verraient se donner « un sens différent de celui que l’Eglise a compris et comprend encore » (Dei Filius, DS 3043).

2. Le Discours de Benoît XVI du 22 décembre 2005 essaye de justifier cette conception évolutive d’une Tradition vivante et de disculper par le fait même le Concile d’une quelconque rupture dans la Tradition de l’Eglise. Vatican II a voulu « redéfinir la relation de la foi de l’Eglise vis-à-vis de certains éléments essentiels de cette pensée » et pour ce faire ses enseignements ont « revisité ou également corrigé certaines décisions historiques. Mais, dans cette apparente discontinuité, le Concile a maintenu et approfondi sa nature [de l’Eglise] intime et sa véritable identité », celle « de l’unique sujet-Eglise, que le Seigneur nous a donné ; c’est un sujet qui grandit dans le temps et qui se développe, restant cependant toujours le même, l’unique sujet du Peuple de Dieu en marche ». Cette explication suppose que l’unité de la foi de l’Eglise repose non plus sur un objet (car il y a discontinuité, au moins sur les points signalés jusqu’ici, entre Vatican II et la Tradition) mais sur un sujet, au sens où l’acte de foi se définit beaucoup plus en fonction des personnes croyantes qu’en fonction des vérités crues. Cet acte devient principalement l’expression d’une conscience collective, et non plus l’adhésion ferme de l’intelligence au dépôt des vérités révélées par Dieu.

Pie XII enseigne pourtant dans Humani generis que le magistère est la « règle prochaine et universelle de vérité en matière de foi et de mœurs », vérité objective du dépôt de la foi, consigné comme dans ses sources dans les saintes Ecritures et la Tradition divine. Et la constitution Dei Filius du concile Vatican I enseigne aussi que ce dépôt n’est pas « une invention philosophique que l’on pourrait compléter par le génie de l’homme », mais qu’il a été « confié à l’Epouse du Christ pour qu’elle le garde saintement et le déclare infailliblement » (DS 3020).

3. Manifestement, le discours d’ouverture du pape Jean XXIII (11 octobre 1962) et son allocution adressée au Sacré-Collège le 23 décembre 1962, assignent au concile Vatican II une intention très particulière, de type soi disant « pastoral », en vertu de laquelle le magistère serait censé « exprimer la foi de l’Eglise suivant les modes de recherche et de formulation littéraire de la pensée moderne ». L’encyclique Ecclesiam suam du pape Paul VI (6 août 1964) précise encore cette idée en disant que le magistère de Vatican II vise « à insérer le message chrétien dans la circulation de pensée, d’expression, de culture, d’usages, de tendances de l’humanité telle qu’elle vit et s’agite aujourd’hui sur la face de la terre » (n° 70) ; en particulier, l’annonce de la vérité « ne se présentera pas armée de coercition extérieure, mais par les seules voies légitimes de l’éducation humaine, de la persuasion intérieure, de la conversation ordinaire, elle offrira son don de salut, toujours dans le respect de la liberté personnelle des hommes civilisés » (n° 77). La Constitution pastorale Gaudium et spes affirme que « le Concile se propose avant tout de juger à cette lumière les valeurs les plus prisées par nos contemporains et de les relier à leur source divine. Car ces valeurs, dans la mesure où elles procèdent du génie humain, qui est un don de Dieu, sont fort bonnes ; mais il n’est pas rare que la corruption du cœur humain les détourne de l’ordre requis : c’est pourquoi elles ont besoin d’être purifiées » (GS 11). De ces valeurs du monde procèdent les trois grandes nouveautés introduites par Vatican II : la liberté religieuse, la collégialité et l’œcuménisme.

4. Nous nous appuyons alors sur cette règle prochaine et universelle de la vérité révélée qu’est le magistère de toujours pour contester des doctrines nouvelles qui lui sont contraires. C’est bien là en effet le critère donné par saint Vincent de Lérins : « Le critère de la vérité, et d’ailleurs de l’infaillibilité du pape et de l’Eglise, c’est sa conformité à la Tradition et au dépôt de la foi. Quod ubique, quod semper. Ce qui est enseigné partout et toujours, dans l’espace et dans le temps » [9]. Or, la doctrine de Vatican II sur l’œcuménisme, la collégialité et la liberté religieuse est une doctrine nouvelle, contraire à la Tradition et au droit public de l’Eglise, lui-même basé sur des principes divinement révélés et comme tels immuables. Nous en concluons que ce Concile, ayant voulu proposer ces nouveautés, est privé de valeur magistérielle contraignante, dans la mesure même où il les propose. Son autorité est déjà douteuse en raison de l’intention nouvelle, soi-disant « pastorale », signalée au paragraphe précédent. Elle apparaît de plus certainement nulle, quant aux quelques points où il se met en contradiction avec la Tradition (cf. ci-dessus, I à VII,1).

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Fidèles à l’enseignement constant de l’Eglise, avec notre vénéré fondateur, Mgr Marcel Lefebvre, et à sa suite, nous n’avons cessé jusqu’ici de dénoncer le Concile et ses textes majeurs comme l’une des causes principales de la crise qui ébranle l’Eglise de fond en comble, la pénétrant jusqu’à ses « entrailles mêmes » et à ses « veines » selon la vigoureuse formule de saint Pie X. D’ailleurs, plus nous y travaillons et plus nous voyons se confirmer les analyses déjà exposées avec une extraordinaire clarté par Mgr Lefebvre le 9 septembre 1965 dans l’aula conciliaire. Qu’il nous soit permis de reprendre ses propres paroles à propos de la Constitution conciliaire sur « l’Eglise dans le monde d’aujourd’hui » (Gaudium et Spes) : « Cette constitution n’est ni pastorale, ni émanée de l’Eglise catholique : elle ne paît pas les hommes et les chrétiens de la vérité évangélique et apostolique et, d’autre part, jamais l’Eglise n’a parlé ainsi. Cette voix, nous ne pouvons l’écouter, parce qu’elle n’est pas la voix de l’Epouse du Christ. La voix du Christ, notre berger, nous la connaissons. Celle-ci, nous l’ignorons. Le vêtement est celui des brebis ; la voix n’est pas celle du Berger, mais peut-être du loup. J’ai dit » [10]. Les cinquante ans écoulés depuis cette intervention n’ont fait que confirmer cette analyse.

Dès le 7 décembre 1968, trois ans seulement après la clôture du Concile, Paul VI dut admettre : « L’Eglise se trouve en une heure d’inquiétude, d’autocritique, on dirait même d’autodestruction. » Et le 29 juin 1972, il reconnut : « Par quelque fissure est entrée la fumée de Satan dans le temple de Dieu : c’est le doute, l’incertitude, la problématique, l’inquiétude, la confrontation. » Il constata, mais ne fit rien. Il poursuivit la réforme conciliaire que ses promoteurs n’avaient pas hésité à comparer à la Révolution de 1789, en France, ou à celle de 1917, en Russie.

Nous ne pouvons rester passifs, nous ne pouvons nous rendre complices de cette autodestruction. C’est pourquoi nous vous invitons, chers amis et bienfaiteurs, à demeurer fermes dans la foi, et à ne pas vous laisser troubler par ces nouveautés de l’une des plus formidables crises que doit traverser la sainte Eglise.

Puissent la Passion de Notre Seigneur et sa Résurrection nous conforter dans notre fidélité, dans notre amour indéfectible envers Dieu, envers Notre Seigneur, vrai Dieu et vrai homme, envers sa sainte Eglise, divine et humaine, dans une espérance sans faille… in Te speravi non confundar in aeternum. Daigne le Cœur douloureux et immaculé de Marie nous protéger tous et que son triomphe arrive bientôt !

Winona, dimanche des Rameaux 13 avril 2014

+Bernard Fellay


[1] Mgr Lefebvre, « Lettre du 20 décembre 1966 adressée au cardinal Ottaviani » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 107-111.

[2] Pie XII, Encyclique Mystici corporis, 29 juin 1943, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1014.

[3] Pie XII, Encyclique Humani generis, 12 août 1950, Enseignements pontificaux, L’Eglise, Solesmes-Desclée, 1960, t. 2, n° 1282.

[4] Sur l’indifférentisme et le latitudinarisme, voir les propositions condamnées du Syllabus, chapitre 3, n°15 à 18 : « Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu aussi bien que dans l’Église catholique. »

[5] Pie XI, Encyclique Mortalium animos, 6 janvier 1928, Enseignements pontificaux, L’Eglise, t. 1, n° 855.

[6] Cardinaux Ottaviani et Bacci, « Préface au pape Paul VI » dans Bref examen critique du Novus ordo missae, Ecône, p. 6.

[7] « Mgr Lefebvre et le Saint-Office », Itinéraires n° 233 de mai 1979, p. 146-147.

[8] Jean-Paul II, Constitution apostolique Sacrae disciplinae leges, 25 janvier 1983, La Documentation Catholique, n° 1847, p. 245-246.

[9] Mgr Lefebvre, « Conclusion » in J’accuse le Concile, Ed. Saint-Gabriel, Martigny, 1976, p. 112.

[10] Mgr Marcel Lefebvre, J’accuse le Concile, Ed. Saint Gabriel, 1976, p. 93.


Canonisation de Jean-Paul II ou comment l’abbé Fabrice Loiseau voit la FSSPX : aberration, bêtise et insultes…

L’abbé Fabrice Loiseau est en colère, très en colère. Il ne supporte pas le livret édité par le séminaire d’Ecône de la Fraternité Saint-Pie X visant à montrer la nullité de la canonisation de Jean-Paul II et à dévoiler l’intention qui la sous-tend, celle de canoniser en réalité le concile Vatican II et sa théologie déviante. Il supporte encore moins que le MJCF soit venu distribuer ce livret à la sortie de son église de Toulon.

Car le parcours de ce prêtre est atypique. Fondateur et actuel supérieur des Missionnaires de la miséricorde divine, du diocèse de Fréjus-Toulon, curé de la paroisse Saint-François-de-Paule à Toulon, l’abbé Loiseau, né le 9 août 1966, commença son séminaire à … Flavigny, dans la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X !

Tout comme l’abbé Vincent Ribeton, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre, l’abbé Loiseau devrait se souvenir que lorsqu’il est rentré à Flavigny, Mgr Lefebvre n’avait certes pas procédé aux sacres mais avait déjà été déclaré suspens a divinis. Et tous se doutaient bien que l’excommunication serait l’épilogue de l’opposition de Mgr Marcel Lefebvre au à la Rome conciliaire. C’est donc dans un séminaire réputé « sauvage » et sous l’autorité d’un évêque « suspens » et bientôt « excommunié » que l’abbé Loiseau commença sa formation religieuse. Erreur de jeunesse ?

Refusant les sacres, il rejoint la Fraternité Saint-Pierre dès sa création. Il fut de ceux qui acceptèrent de concélébrer dans le nouveau rite avec les évêques, concélébration interdite alors par son Institut. Et le 29 juin 1999, il fait parti des seize signataires qui font appel à Rome pour mettre la FSSP sous tutelle, trop lefebvriste à leur goût.

On a souvent accusé ces prêtres d’être des traîtres à leur institut : pourtant, une telle attitude n’est que la résultante d’une pensée cohérente. A partir du moment où l’on accepte le concile et où l’on reconnaît la légitimité de la nouvelle messe, refuser ces réformes pour des raisons de sensibilité ou de préférence est le signe d’un esprit schismatique.

Aujourd’hui d’ailleurs, le principe de la concélébration avec l’évêque dans le rite nouveau ainsi que l’orthodoxie du Concile comme du nouveau rite sont tout à fait acceptés, et ce très officiellement, par la FSSP.

On comprend mieux pourquoi, ayant accepté ces réformes, et donc par le fait même la théologie qui la soutient, cela ne pose aucun problème à l’abbé Loiseau – tout comme à l’ensemble des instituts Ecclesia Dei – de voir le pape Jean-Paul II canonisé. Surtout quand cet acte est réputé, en temps normal, être revêtu de l’infaillibilité pontificale.

Le jugement de l’abbé Loiseau sur le livret de la FSSPX est très sévère : « Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine », ou encore « Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise ».

L’aberration en question se compose de 34 pages documentées et étayées qui font écho au livre Doutes sur une béatification de monsieur l’abbé Patrick de la Rocque, livre de 200 pages tout de même, et livre qui n’est que le résumé du dossier présenté à Rome sans qu’il ait fait l’objet d’une réponse et encore moins d’une contre argumentation !

Aberration, bêtise…mais comme disait un humoriste français, on juge l’intelligence des autres avec celle dont on dispose, ce qui limite forcément ! Quand à la haine et l’insulte, elles sont inexistantes ; de telles affirmations sont de pures calomnies.

« JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET » : ne vous en déplaise monsieur l’abbé, faites, je publierai votre réponse si réponse il y a. La FSSPX a donné ses arguments sans méchanceté ni agressivité, répondez de même !

Austremoine

Texte de l’abbé Fabrice Loiseau : Coup de gueule à propos de la Fraternité Saint Pie X

 » En ce dimanche des Rameaux à la paroisse Saint François de Paule de Toulon des jeunes de la fraternité s. Pie X, (Mouvement des jeunes catholiques de France) sont venus distribuer des brochures non signées contre la canonisation de Jean-Paul II. Ce livret de 36 pages est une aberration où la bêtise n’a d’égal que la haine. JE SUIS PRÊT A EN DÉBATTRE AVEC EUX ET À RÉPONDRE À TOUS LES POINTS DE CE LIVRET (mais il est plus facile de distribuer ces ordures à des personnes non pratiquantes). S’il existe encore des gens qui peuvent un peu réfléchir dans cette fraternité, peuvent-ils saisir que les gens loin de l’Eglise qui ne viennent à la messe qu’en cette fête populaire des Rameaux risquent de rejeter définitivement la foi chrétienne après avoir lu ce torchon ? Le MJCF était autrefois missionnaire, il n’avait pas pour but d’insulter le pape et l’Eglise.

Pour ceux qui seraient encore tentés par la fraternité st Pie X, qu’ils comprennent que cette opposition violente à la canonisation de Jean-Paul II fait apparaître un véritable esprit schismatique ; honte aux supérieurs de cette fraternité d’avoir engendré chez des gamins des comportements monstrueux!

La seule issue devant cette canonisation, le 27 avril, sera le sédévacantisme ou la schizophrénie. Que Saint Jean-Paul II aie pitié d’eux. »

Abbé Fabrice Loiseau


abbé Franz Schmidberger : la nouvelle pastorale du mariage selon le cardinal Kasper

Source : La Porte Latine

Un Synode extraordinaire des évêques devra traiter à l’automne prochain de la famille chrétienne. Il aura à aborder plus particulièrement les problèmes qu’elle rencontre dans un monde marqué par la sécularisation : vie commune hors mariage, divorce, contraception, etc. En octobre dernier, un questionnaire ad hoc a été envoyé aux évêques par le Vatican, auquel les pasteurs avaient à répondre. Dans certains pays, et particulièrement dans les pays germanophones, les évêques ont transmis ce questionnaire à des fidèles choisis, qui ont répondu comme on l’attendait d’eux.

Leurs réponses montrent quels abîmes le processus de décomposition de la morale conjugale a déjà atteint parmi ces peuples autrefois si chrétiens. À la question « Dans le contexte de la régulation des naissances, avez-vous ressenti comme péché l’utilisation des méthodes réputées défendues ? » 86 % ont répondu non, 14 % oui. Autre question : « Vous êtes-vous déjà abstenu de l’eucharistie pour cette raison ? » Ici 90 % ont répondu non, 10 % oui. Dans le diocèse d’Aix-la-Chapelle, il ressort des réponses que « la morale ecclésiale du mariage et de la sexualité » constitue « pour beaucoup un obstacle à la foi ». Dans le diocèse de Bamberg, les réponses manifestent « une attitude critique envers la doctrine de la morale ». Dans le diocèse d’Essen, les interrogés sont disposés à « rendre possible une célébration liturgique pour des partenaires du même sexe ». Dans le diocèse de Freiburg in Breisgau, « vivre ensemble avant le mariage religieux n’est pas l’exception mais le cas normal. » Dans le diocèse de Cologne, « la doctrine de l’Église est considérée comme en rupture avec le monde d’aujourd’hui et les relations normales ». Dans le diocèse de Magdeburg, « l’Église a perdu son statut de valeur référentielle dans les domaines du mariage et de la famille ». Dans le diocèse de Mayence (Mainz), « presque tous rejettent la condamnation des méthodes artificielles pour réguler la fertilité ou la considèrent comme dénuée d’importance ». Dans le diocèse d’Osnabrück, « de plus en plus de personnes tournent le dos à l’Église ». Dans le diocèse de Rottenburg, « l’interdiction des préservatifs est considérée comme un délit ». Dans le diocèse de Trêve (Trier), les fidèles consultés attendent « une miséricorde vécue dans les questions du mariage, de l’échec, d’un nouveau départ et de la sexualité ».[1]

Le rôle funeste du cardinal Kasper

Durant la semaine du 17 au 22 février, le Saint Père avait réuni un consistoire consacré particulièrement à la préparation du prochain synode des évêques. Le Pape avait désigné comme seul et unique conférencier le cardinal Walter Kasper, qui fit un long exposé devant ses confrères dans le cardinalat, le jeudi matin 20 février. Avant d’examiner plus à fond son intervention, nous aimerions faire état des positions théologiques de son auteur.

Né en 1933, Walter Kasper fut ordonné prêtre en 1957 et s’orienta vers la carrière universitaire. Après avoir été assistant de Hans Küng, il devint professeur de théologie et fut nommé en 1989 évêque du diocèse de Rottenburg-Stuttgart. À ce poste, il lança en 1993 avec Mgr Lehmann, aujourd’hui cardinal, et avec l’archevêque de Fribourg Mgr Saier, aujourd’hui décédé, une première offensive pour introduire la communion sacramentelle des divorcés « remariés », offensive qui fut aussitôt énergiquement rejetée par le cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi. En 1999, Mgr Kasper était appelé à Rome comme secrétaire du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens. Bientôt après il en devenait président. La même année, il contribua largement à l’élaboration et à la signature de la Déclaration commune d’Augsbourg entre catholiques et protestants. En 2010, il donnait sa démission pour raison d’âge ; néanmoins, lors de la vacance du Siège apostolique en 2013, le cardinal Jorge Bergoglio trouva en lui un fervent militant de son élévation à la chaire de Pierre.

Jetons encore un bref regard sur l’œuvre universitaire du cardinal Kasper. En 1967, il proclame dans un article : « Ce Dieu qui trône comme un être immuable au-dessus du monde et de l’histoire, est une provocation pour l’homme. Pour l’amour de l’homme il faut le nier, car il revendique pour lui-même la dignité et l’honneur qui sont dus à l’homme. […] Il faut se défendre contre un tel Dieu, non seulement pour l’amour de l’homme, mais aussi pour l’amour de Dieu. Celui-là n’est pas le vrai Dieu, mais une idole misérable. Un Dieu, en effet, qui n’est qu’à côté et au-dessus de l’histoire, qui n’est pas lui-même histoire(souligné par nous) est un Dieu limité. Si l’on désigne un tel être comme Dieu, alors on doit, par amour pour l’Absolu, devenir athée. Un tel Dieu correspond à une vision fixiste du monde ; il est le garant des choses établies et l’ennemi des nouveautés. »>[2] Dans son livre Einführung in den Glauben, il énonce que les dogmes peuvent être « univoques, superficiels, ergoteurs, stupides et précipités ».>[3]/p>

Dans son ouvrage Jesus der Christus il écrit sur les récits de miracles dans le Nouveau Testament : « Par la méthode critique, on peut constater une tendance à accroître les miracles, à les amplifier et à les multiplier. […] Ceci réduit considérablement la teneur des Évangiles en récits miraculeux. »[4] Ces récits de miracles s’expliquent pour lui par un « transfert de motifs non-chrétiens sur la personne de Jésus pour souligner sa grandeur et sa puissance. […] Certains récits de miracles s’avèrent selon la méthode historico-critique comme des projections rétrospectives d’expériences pascales intégrées dans la vie terrestre de Jésus, respectivement comme des représentations anticipées du Christ glorifié. »[5] Cela vaut par exemple pour les résurrections de la fille de Jaïre, du fils de la veuve de Naïm et de Lazare. « Ainsi, les miracles touchant aux natures physiques s’avèrent justement comme des ajouts ultérieurs à la tradition originelle. »[6]

Quant au plus ancien récit de la Résurrection du Christ (Mc 16, 1-8), il explique « qu’il s’agit non pas d’un trait historique mais d’une figure de style destinée à éveiller l’attention et à créer un suspense »[7]. Mais ce n’est pas seulement la foi en la Résurrection de Notre-Seigneur, c’est tout le dogme christologique que Kasper dissout. Il écrit en effet : « D’après les évangiles synoptiques le Christ ne se désigne jamais lui-même comme fils de Dieu. Ceci montre indubitablement que l’affirmation de sa filiation divine est née de la foi de l’Église. »[8] Ailleurs il professe : « Il ne s’est probablement jamais désigné comme messie, ni comme serviteur de Dieu, ni comme fils de Dieu et pas davantage comme fils de l’homme. »[9] Le dogme selon lequel Jésus « est vrai homme et vrai Dieu » est selon lui « dépassable »[10]. N’est-ce pas là du modernisme au sens propre, du modernisme chimiquement pur ? Et c’est cet homme, qui est chargé par le Pape de présenter au Consistoire une vision de la famille et des graves problèmes qu’elle rencontre aujourd’hui ! Une telle foi moderniste, peut-elle servir de base à une morale chrétienne ? Que reste-t-il ici de la crainte du Seigneur, fondement de toute sagesse (cf. Ps 109) ?

La conférence du cardinal Kasper le 20 février 2014 au Consistoire

Revenons maintenant à sa dernière conférence, qui par ailleurs sortait de presse chez Herder le 10 mars, juste avant la réunion de la Conférence épiscopale allemande… N’y voir qu’une pure coïncidence serait par trop naïf.

Dans la première partie, le cardinal traite de la famille dans l’ordre de la création et dans celui de la rédemption, il parle des suites du péché dans la vie de la famille et de la famille comme église domestique. On y trouve même l’une ou l’autre belle pensée ; ainsi on lit (p. 42) : « Le cœur renouvelé demande toujours à être sans cesse nouvellement formé et présuppose une culture du cœur. La vie familiale doit être cultivée selon les trois mots clés du Saint Père : s’il te plaît, merci, pardon. Il faut avoir du temps l’un pour l’autre et célébrer le sabbat, sanctifier le dimanche ensemble ; sans cesse il faut pratiquer l’indulgence, le pardon et la patience ; sans cesse sont nécessaires des signes de bienveillance, d’estime, de délicatesse, de reconnaissance et d’amour. La prière en famille, le sacrement de la pénitence et la célébration commune de l’eucharistie sont une aide pour fortifier sans cesse les liens du mariage, par lesquels Dieu a unis les époux. Il est toujours très beau de rencontrer des époux âgés, qui sont encore, malgré leur âge avancé, amoureux, mais d’un amour mûri. Cela aussi est signe d’une existence humaine rachetée. » Mais la famille, est-elle vraiment « le chemin de l’Église », comme le cardinal le prétend à la fin du 4e chapitre ? N’est-ce pas plutôt l’Église, qui est le chemin de la famille ?

Cependant, l’accent principal est mis sans aucun doute sur le problème des divorcés « remariés », au chapitre 5 de la conférence. Le cardinal a certes raison, lorsqu’il constate que le nombre croissant des familles brisées constitue une véritable tragédie pour l’avenir de l’Église, mais on se scandalise de son silence pudique sur les raisons profondes de ce développement : une catéchèse du mariage diluée, raccourcie et même falsifiée, voire un mutisme total dans la prédication – non seulement pendant quelques années, mais pendant des lustres – quant à la sainteté du lien matrimonial, image du lien entre le Christ et son Épouse mystique, la sainte Église, et partant, quant à l’indissolubilité du mariage. À cet égard, il faut accuser fermement les évêques d’avoir négligé, et de façon coupable, leur ministère de docteurs de la foi et des mœurs dans leurs diocèses. Pour ne donner qu’un exemple, on n’a jamais entendu dire, que le cardinal Kasper, comme évêque de Rottenburg, ait à temps et à contretemps défendu l’indissolubilité du mariage dans ses sermons, catéchèses et conférences.

Notre conférencier a tout à fait raison lorsqu’il dit qu’on peut « admirer et soutenir l’héroïsme des époux délaissés qui restent seuls et qui s’en sortent ainsi dans la vie » (p. 55). Et effectivement, le christianisme réclame de temps en temps un tel héroïsme, héroïsme qui, s’il n’est pas possible aux forces humaines, est cependant possible avec le secours de la grâce divine comme le prouve aujourd’hui encore la conduite de nombreux époux délaissés mais cependant fidèles. Saint Paul disait en ce sens : « Je peux tout, en Celui qui me fortifie » (Ph. 4,13).

Mais certaines phrases du cardinal Kasper sont tout simplement ahurissantes : « Cependant beaucoup de partenaires délaissésdoivent pour le bien des enfants entrer dans une nouvelle relation, ils doivent conclure un mariage civil qu’ils ne peuvent ensuite abandonner sans faute. Souvent ils expérimentent dans une telle liaison, après les expériences amères de la précédente, un bonheur humain et plus encore un cadeau du ciel. » (p. 55) (souligné par nous.) Disons-le clairement : une telle « nouvelle relation » est et restera en contradiction avec l’indissolubilité du mariage et constitue un péché grave. S’il est vrai que les enfants nés de telles liaisons ne peuvent être abandonnés sans autre, l’Eglise, dans sa sagesse, sait répondre à ces situations concrètes par des solutions qui respectent la loi morale universelle. Rappeler ensuite, après l’ouverture de telles brèches, que « l’indissolubilité du mariage sacramentel et l’impossibilité de conclure un deuxième mariage sacramentel pendant la vie du premier conjoint sont parties définitives de la tradition de la foi de l’Église » (p. 55), ne sert à rien.

Un peu plus loin, le cardinal livre le fond de sa pensée et montre par là, quelle est sa famille de pensée : « Nous nous trouvons aujourd’hui dans une situation semblable à celle du dernier concile, lorsqu’il s’agissait de l’œcuménisme et de la liberté religieuse. À l’époque, il semblait que les encycliques et les décisions du Saint-Office barraient le chemin à suivre. Mais le concile a ouvert des portes, sans toucher toutefois à la tradition dogmatique définitive. » (p. 57) C’est justement cela que la Fraternité Saint-Pie X déplore depuis des années : le concile a ouvert des portes vers l’erreur et a provoqué par là une grande partie de la ruine postconciliaire. Mais Kasper justifie ce « développement » par une « herméneutique à la fois juridique et pastorale » (p. 60).

Notre orateur rappelle que le Pape Benoît XVI avait concédé aux divorcés « remariés » la communion non certes sacramentelle mais spirituelle, et il se demande pourquoi ils ne pourraient pas également la recevoir sacramentellement. La réponse est pourtant simple : la communion spirituelle suppose le repentir de ses fautes qui implore de Dieu l’aide nécessaire pour sortir de cette situation, tandis que l’admission à la communion sacramentelle sanctionnerait l’état peccamineux, bénirait divorce et concubinat, et conforterait les pas du pécheur vers sa ruine temporelle et éternelle. Par ailleurs, cette remarque s’applique également au « temps de pénitence » proposé par le cardinal, avant que les divorcés « remariés » puissent recevoir la sainte communion : la pénitence, tout comme le repentir, doit être accompagnée de la ferme volonté de corriger sa vie, sans quoi elle reste sans valeur. Le Saint-Esprit n’a-t-il pas révélé, par la bouche de l’apôtre saint Paul, que celui qui mange et boit indignement, c’est-à-dire celui qui reçoit la communion sacramentelle en état de péché grave, mange et boit sa propre condamnation (1 Cor 11,29) ? Peut-on alors concevoir une cruauté pire envers les âmes et un tort plus grand pour la doctrine de l’Église ? Le Compendium du Catéchisme de l’Église catholique lui même énumère (Appendice, B) parmi les œuvres de miséricorde spirituelle – et en ceci il est tout à fait dans la ligne de la Tradition catholique – le fait de réprimander les pécheurs. À ceci on voit, qu’après le concile, les hommes d’Église ont presque complètement perdu de vue le salut des âmes. Il semble que le cardinal ne sache pas distinguer entre le rejet du péché et la miséricorde envers le pécheur. Dans sa réponse aux objections de ses confrères dans le cardinalat, il prétend que la miséricorde est « un principe herméneutique pour l’interprétation de la vérité » (p. 79) – avec de tels arguments, on peut faire sauter tous les dogmes – et il invoque l’épikie (p. 82). Mais voici que l’épikie ne peut être invoquée ici. En effet l’épikie consiste à suspendre l’application d’une loi humaine afin d’en respecter l’esprit dans un cas concret et exceptionnel, non expressément prévu par le législateur, qui dans ce cas précis dispenserait de l’obligation en raison de la difficulté trop grande ou des dommages qui s’en suivraient. Or la loi en jeu ici est la loi naturelle et son auteur est le Dieu créateur, à qui rien n’est exceptionnel et qui a de toute éternité connaissance de tous et de chacun des divorces de l’histoire humaine. L’épikie ne peut donc aucunement s’appliquer contre cette interdiction, car elle relève non d’une loi humaine, mais d’une loi divine.

L’attitude du Pape

Dans l’après-midi du 20 février, le Consistoire fut le théâtre d’une vive opposition à la conférence du cardinal Kasper. Mais le lendemain matin le Pape François s’épanchait en éloges pour le cardinal allemand. À l’ouverture de la seconde journée du Consistoire, il avouait au sujet de ce discours : « J’ai trouvé l’amour pour l’Église » et poursuivait : « Hier, avant de m’endormir, mais non pas pour m’endormir, j’ai relu le travail du cardinal Kasper et je voudrais le remercier, car j’y ai trouvé une théologie profonde, une pensée sereine de la théologie. C’est agréable de lire une théologie sereine. J’ai aussi trouvé ce que saint Ignace nous disait, le sensus Ecclesiae, l’amour de notre mère l’Église. Cela m’a fait du bien et il m’est venu une idée, pardonnez-moi, Eminence, si je vous mets dans l’embarras. L’idée est la suivante : Voilà ce qui s’appelle faire de la théologie à genoux. Merci. Merci. » [11]

Les autres conséquences

Face à cette opposition que le cardinal a rencontrée au Consistoire, se sont aussi manifestés bien évidemment des soutiens pour son initiative. Le cardinal Marx, archevêque de Munich, se montra enthousiaste après la conférence de Kasper. D’après lui cette conférence fut une « ouverture » vers une discussion qui ne se terminera pas de si tôt. Le cardinal Marx avait critiqué publiquement et amèrement le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, Mgr Müller, lorsque celui-ci rappelait la doctrine catholique, à savoir l’indissolubilité du mariage et donc l’impossibilité d’accorder aux divorcés « remariés » l’accès à la communion. Le cardinal Schönborn, archevêque de Vienne (Autriche), se montra lui aussi impressionné. Dans son journal diocésain, il déclare que la conférence de Kasper s’affaire à « chercher où la famille a mal à la patte », et la trouve « brillamment formulée» et « excellente ».[12]

La plaie ouverte par le discours du cardinal Kasper va s’envenimer et causer longtemps encore de très graves dommages au Corps mystique du Christ, et cela d’autant plus que Kasper est couvert par le Pape. Pour preuve de ces effets néfastes, la division s’est immédiatement fait sentir lors de l’Assemblée générale des évêques allemands à Münster, en particulier à l’occasion de l’élection du nouveau président de la Conférence épiscopale.

La discussion ainsi lancée est en fait un véritable assaut, semblable à celui mené contre l’encyclique Humanae vitae de Paul VI par laKönigsteiner Erklärung des évêques allemands, dans laquelle ils prétendaient que les époux pouvaient suivre leur conscience personnelle en matière de contraception. Les conséquences qu’aura cet assaut contre la morale conjugale, peuvent d’ores et déjà être lues dans un document élaboré en septembre 2013 par le Bureau pastoral de l’archevêché de Freibourg in Breisgau. On y trouve entre autre les affirmations suivantes :

« La deuxième communauté conjugale doit, pendant un laps de temps prolongé, avoir fait preuve de sa volonté bien décidée et publiquement manifestée de vivre ensemble d’une façon durable selon l’ordre du mariage, comme réalité morale. […] »

De tels partenaires, « en raison des valeurs humaines qu’ils réalisent ensemble, et plus encore en raison de leur disponibilité à prendre responsabilité l’un pour l’autre sous une forme publique et juridique, méritent une reconnaissance morale. […] Le couple désire cette approbation, d’être accompagné et protégé par Dieu dans sa vie. Ils espèrent un accompagnement qui leurs donne courage et confiance pour oser leur nouveau projet de vie. […] La bénédiction et la transmission d’un cierge en sont le signe. […] »

En conséquence, il y aura une célébration liturgique avec bénédiction pour les « couples » de ce genre : « Un cierge est allumé au cierge pascal, le couple tient le cierge ensemble. » La prière suivante est proposée : « Prions. Dieu éternel, auprès de toi nous trouvons pardon, amour et vie nouvelle. Tu illumines la vie. Nous t’en prions, bénis ce cierge. Comme sa lueur illumine la nuit, ainsi tu illumines le chemin de chaque homme. Sois lumière pour N. et N., afin qu’ils te louent dans leurs jours de joie, qu’ils se fortifient en toi dans la peine et qu’ils expérimentent en tout ce qu’ils font le soutien de ta présence. Aide-les, afin qu’ils se sauvent et se fortifient en ta lumière. Nous t’en prions, par le Christ, notre Seigneur. Amen.

En fonction de la situation et du lieu, éventuellement : prière pour toute la (nouvelle) famille (Benediktionale, p. 239) – bénédiction de la maison commune (Benediktionale, p. 270). »

N’est-ce pas là une bénédiction du concubinage et donc, la bénédiction du péché ?

Le cardinal et son initiative ne prévoient la communion sacramentelle que pour une petite partie des concubinaires seulement. Mais qui va les désigner ? Et ceux qui ne seront pas admis, ne se sentiront-ils pas injustement mis de côté ? Il en ira comme de la Königsteiner Erklärung : une fois la brèche ouverte dans la digue, la pratique des communions sacrilèges par les concubinaires se répandra comme un raz-de-marée.

Quoiqu’ils aient, au concile et après le concile, infligé à la Foi et à la Tradition de l’Église des dommages énormes, les néo-modernistes ont toutefois continué, au moins sur certains points, à défendre la morale ; le cardinal Kasper, lui, monte aux barricades et donne l’assaut.

La doctrine de l’Église sur le mariage

Le mariage chrétien a pour modèle l’alliance de Dieu avec son peuple, plus encore, la lien de l’Époux mystique Jésus-Christ et de son épouse l’Église. Une fois consommé, il est absolument indissoluble, et il est élevé par le Seigneur lui-même à la dignité d’un sacrement véritable.

Son premier but consiste dans la transmission de la vie et dans l’éducation chrétienne des enfants confiés par Dieu aux époux, jusqu’à l’état de parfaits chrétiens. Son deuxième but consiste en l’aide mutuelle que se donnent les époux et en leur sanctification à tous deux. De plus, il est un remède contre la concupiscence de la chair.

Pour la défense de la dignité, de la sainteté et de l’indissolubilité du mariage compris comme l’union entre un homme et une femme, ajoutons encore ces paroles du Christ : « Que l’homme ne sépare pas, ce que Dieu a uni » (Mt 19,6) et « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère ; et quiconque épouse celle qui a été répudiée par son mari, commet un adultère » (Luc 16,18). Si donc, du vivant de son conjoint, le chrétien marié entre dans une nouvelle liaison, il commet un adultère et ce péché grave l’exclut de la réception des sacrements. « Ne vous y trompez pas : (…) les adultères ne posséderont pas le royaume de Dieu » (1 Cor 6,9). Ceci est une doctrine révélée par Dieu, tenue constamment par l’Église et que le concile de Trente dans sa 24e session, le 11 novembre 1563, a bien mise en évidence. Le canon n° 7 enseigne au sujet du sacrement de mariage : « Si quelqu’un dit que l’Église se trompe quand elle a enseigné et enseigne, conformément à l’enseignement de l’Évangile et de l’Apôtre [voir Mt 5,32 ; 19,9 ; Mc 10,11-12 ; Lc 16,18 ; 1 Co 7,11], que le lien du mariage ne peut pas être rompu par l’adultère de l’un des époux, et que ni l’un ni l’autre, même l’innocent qui n’a pas donné motif à l’adultère, ne peut, du vivant de l’autre conjoint, contracter un autre mariage ; qu’est adultère celui qui épouse une autre femme après avoir renvoyé l’adultère et celle qui épouse un autre homme après avoir renvoyé l’adultère : qu’il soit anathème. » [13]

Il n’y a pas si longtemps – c’était le 14 septembre 1994 – la Congrégation pour la doctrine de la Foi, par une lettre consacrée justement à la question de la communion pour les divorcés « remariés », avait rejeté cette pratique. Suite aux réactions très vives que la lettre avait suscitées, le cardinal Ratzinger avait une fois de plus insisté sur la doctrine de l’Église au sujet de l’indissolubilité du mariage et avait répondu aux objections et reproches avancés. Cette deuxième lettre réfutait par avance d’une façon exhaustive les sophismes du cardinal Kasper.

Quand, au XVIème siècle, Henry VIII d’Angleterre voulut conclure des noces adultères avec Anne Boleyn, le Saint-Siège défendit la sainteté du mariage, souffrant pour cela qu’un pays entier soit arraché à l’unité de l’Église. Aux temps évangéliques nous voyons saint Jean-Baptiste rappeler à l’ordre Hérode l’adultère : « Il ne t’est pas permis d’avoir la femme de ton frère » (Mc 6,18). Nous le voyons donner sa vie et verser son sang pour ce témoignage. Seul un tel amour de la vérité et une telle fermeté chez les hommes d’Église, avant tout chez les évêques et les représentants du Saint-Siège, seront capables de rebâtir la chrétienté.

Zaitzkofen, le 25 mars 2014, en la fête de l’Annonciation

Abbé Franz Schmidberger, Directeur du séminaire du Sacré-Cœur, Ancien Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X

Source : DICI du 12 avril 2014

Notes

[1] Citations tirées du magazine Der Spiegel 5/2014. [traduction par nos soins]
[2] Gott in der Geschichte, article de Walter Kasper, paru dans Gott heute, 15 Beiträge zur Gottesfrage de Norbert Kutschki, Éditions Matthias-Grünewald, Mainz, 1967. [traduction par nos soins]
[3] Einführung in den Glauben, Walter Kasper, 1974, Éditions Matthias-Grünewald, 7ème édition 1983, Chapitre 9.4, page 148. [traduction par nos soins]
[4] Jesus der Christus, Walter Kasper, Éditions Matthias-Grünewald, 7ème édition 1978, IIème Partie: Geschichte und Geschick Jesu Christi, IIIème chapitre, pages 105-106. [traduction par nos soins]
[5] ibid., p. 106.
[6] ibid., p. 106.
[7] ibid., p. 149-150.
[8] ibid., p. 129.
[9] Kasper, Jesus und der Glaube, in: Walter Kasper, Jürgen Moltmann, Jesus ja – Kirche nein? (theologische Meditationen 32), Zürich, Einsiedeln, Köln 1973, S. 20. [traduction par nos soins]
[10] Kasper, Einführung in den Glauben, S. 55. [traduction par nos soins]
[11] http://www.vatican.va/holy_father/francesco/speeches/2014/february/documents/papa-francesco_20140221_concistoro-ora-terza_it.html
[12] Guiseppe Nardi, Katholisches.info du 27 février 2014
[13] Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, Cerf, 38ème édition, 1997, page 477.


Trois visiteurs apostoliques à la Fraternité Saint-Pierre

Le pape François envoie trois visiteurs apostolique à la FSSP, en la personne de :

–          Mgr Vitus Huonder , évêque de Coire (Suisse), Visiteur principal

–          Dom Hervé Courau, osb, Père abbé de Notre-Dame de Triors

–          Mgr Fabian Bruskewitz , évêque émérite de Lincoln (États-Unis).

Ces trois envoyés sont plutôt réputés « conservateurs », avec toutes les nuances que cela comporte. Il est vrai que leur profil ne pouvait être plus favorable à la FSSP. Il est à noter cependant que ces trois visiteurs sont tous attachés au concile Vatican II. Mgr Fabian Bruskewitz s’est même montré un ennemi farouche de la FSSPX n’hésitant pas à fulminer en 1996 un décret d’excommunication pour les fidèles de son diocèse qui fréquenteraient les chapelles de celle-ci. Ce décret a d’ailleurs été confirmé par le Vatican le 24 novembre 2011 – sous le pontificat de Benoit XVI – par une lettre du cardinal Giovanni Battista Re, le même qui signa le décret de la levée de l’excommunication des 4 évêques de la FSSPX le 21 janvier 2009 !!!

Cependant cette visite qui s’annonce sous des auspices plutôt favorables n’est pas sans en rappeler une autre : celle du cardinal Gagnon en 1974 à la FSSPX et ses communautés amies.

A l’époque le visiteur apostolique n’avait pas tari d’éloge sur l’œuvre de Mgr Lefebvre et disait à qui voulait l’entendre son admiration pour cette œuvre d’Eglise. Et il n’y a aucune raison de douter de la sincérité des propos tenus par le cardinal.

Mais de retour à Rome, sans que jamais d’explication ne fut donnée, le rapport fut conservé secret. Rien n’en fut publié. Il filtra cependant que la cardinal y affirmait que les fidèles suivant Mgr Lefebvre étaient de bons catholiques, très attachés au pape et à l’Eglise. Mais un tel constat devait se retourner contre Mgr Lefebvre, ses ennemis étant persuadés qu’une condamnation pontificale éloignerait les fidèles de Mgr Lefebvre. C’est le contraire qui fut observé en 1988, d’où la nécessité pour Rome de créer la FSSP afin que les fidèles attachés à la Tradition se détournent de la FSSPX.

Ce court rappel historique permet deux observations :

–          Tant que les autorités romaines restent attachées au concile Vatican II elles ne peuvent que vouloir, et c’est bien normal, amener l’ensemble de l’Eglise à adhérer à ce concile et appliquer ses réformes directes ou indirectes. Tout ce qui pourra sembler plus ou moins favorable à la Tradition ne peut être concédé ponctuellement que dans ce but. C’est ce qui c’est passé avec la cardinal Gagnon en 1976.

–          On ne peut que souhaiter à la FSSP que la visite dont elle est l’objet se passe au mieux. Et il y a fort à parier que ce sera le cas, pour deux raisons : il existe à Rome effectivement des prélats qui tentent de favoriser tout ce qui peut aller dans le sens traditionnel, et d’autre part ceux qui veulent aspirer la FSSPX pour la « conciliariser » ont besoin de montrer un visage qui ne soit pas défavorable. Cette dernière raison est d’autant plus valable après la destruction des franciscains de l’Immaculée pour cause de « lefebvrisme ».

La Fontaine ne racontait pas autre chose dans sa fable du corbeau et du renard. Le corbeau méfiant finit par lâcher son fromage sous les flatteries du renard. « Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute ? ».

Combien faudra-t-il de fromage dans la gueule du renard pour cesser de croire que le renard ne veut pas autre chose que de manger le fromage ?

Austremoine


Il y a 23 ans décédait Mgr Marcel Lefebvre

Il y a 23 ans, le 25 mars 1991 s’éteignait Mgr Marcel Lefebvre, fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X.

Le film Mgr Lefebvre un évêque dans la tempête est en vente sur le site du film au prix de 12 €. Il retrace la vie exceptionnelle de celui fut l’instrument docile de la providence pour sauver le sacerdoce et la doctrine catholique.

Ce film est un excellent moyen de faire connaitre et comprendre les circonsances et la nécessité du combat de Mgr Lefebvre, loin des caricatures et des calomnies.


Qui conseillera à cette femme de se suicider ?

Beaucoup de catholiques souffrent de la situation de l’Eglise et du rejet de la Tradition par les autorités romaines. Cet état de fait qui dure depuis 50 ans maintenant semble ne pas vouloir changer, alors certains cherchent un modus vivendi – ou le souhaitent – avec ces autorités devenues modernistes.

C’est ainsi que des sophismes sonnent comme autant de slogans : la situation de la FSSPX n’est pas normale, il est juste de vouloir se faire reconnaître, nous avons le droit à notre titre de catholique, ne pas accepter un désir légitime du pape c’est être sédévacantiste, etc., etc., …

Si comparaison n’est pas raison, il est cependant possible d’illustrer la situation actuelle. Que peut faire une épouse dont le mari violent menace jusqu’à sa vie ? Si elle reste sous le toit conjugal elle encourt un péril de mort, si elle veut préserver sa santé, elle se doit se séparer de corps.

Il est évident que dans un tel cas, il est juste et nécessaire à cette femme de quitter la maison commune, non avec le désir de quitter son mari et de rompre le lien qui l’unit à lui, mais dans le but unique de préserver son intégrité physique. Une telle décision sera bonne et méritoire si cette femme continue d’aimer son mari en lui pardonnant, de prier pour lui, de tout faire pour l’aider à se corriger, et si elle conserve dans son cœur le désir de revenir dès qu’il ne sera plus périlleux de le faire.

Que penserait-on si quelqu’un venait dire à une telle épouse : « madame, votre situation n’est pas normale, votre mari a autorité sur vous, son désir que vous rentriez à la maison est légitime, vous n’avez pas le droit de refuser sans divorcer de fait et être infidèle. » Il serait juste de répondre à un tel individu : « monsieur, si cette femme revient chez son mari, elle risque de perdre sa vie, ce n’est pas le situation de cette femme qui est anormale, c’est l’attitude de son mari, attitude qui la contraint à se protéger légitimement. Et non seulement son attitude est juste, mais elle est héroïque car elle continue d’aimer son mari malgré la maltraitance de celui-ci. »

Le parallèle est évident : la violence des autorités romaines envers la Tradition n’échappe à personne, et tant que celles-ci adhèrent à la théologie du concile Vatican II elles ne peuvent que vouloir la mort de la Tradition.

Ce n’est pas la situation de la FSSPX qui est anormale, c’est la situation de l’Eglise.

Le pape est incontestablement le chef de l’Eglise, mais pour une question de survie de la Foi on ne peut se plier à tous ses ordres, et ce n’est pas parce que ses désirs peuvent paraître légitimes, qu’il y a une obligation d’obtempérer vue la situation de danger de mort pour la Foi que nous vivons.

Nous avons le droit à notre titre de catholiques, et le meilleur moyen de le conserver et de le revendiquer, c’est de tenir cette attitude héroïque d’amour du pape et de l’Eglise tout en subissant les persécutions qu’ils infligent et en refusant de mettre en danger notre Foi.

Celui qui dit à cette femme de rentrer chez elle dans de pareilles circonstances la pousse au suicide. C’est pour cela que Mgr Lefebvre refusa « l’opération suicide » pour entreprendre avec héroïsme « l’opération survie ».

Austremoine


François donnera-t-il un statut canonique à la FSSPX ?

La question continue d’être posée, et pas seulement par ceux qui, dans la FSSPX, militent bruyamment pour un accord pratique. L’une des dernières interventions en la matière est celle de Patrick Archbold qui a publié sur le site National Catholic Register un texte intitulé Le pape François et la FSSPX : une opportunité.

Il y défend la thèse que la régularisation de la FSSPX serait plus facile pour le pape François dont le progressisme évident adulé par les médias le protège de toute accusation de vouloir mettre à la poubelle le concile Vatican II, ce qui n’était pas le cas de Benoît XVI, facilement soupçonnable par ses aspirations conservatrices.

Il est toujours possible de faire des plans sur la comète sur ce qui parait tout de même autrement improbable, le pape François n’ayant pas fait mystère de son mépris pour la messe tridentine qui n’est pour lui qu’une mode, comme pour l’ensemble du monde traditionnel qu’il juge recroquevillé sur des habitudes d’un christianisme enfantin.

Ce qui est improbable n’est cependant pas impossible.

Mais quel avenir aujourd’hui pour une telle hypothèse ? Quel avenir en cas d’acceptation d’une telle solution ?

Il convient de voir l’application concrète. Que dira-t-on des nouveaux « saints » ? Même si le Vatican ne demande aucune contrepartie, acceptera-t-il longtemps que Jean-Paul II soit refusé comme saint ? Acceptera-t-il longtemps de subir les critiques de chaque déclaration hétérodoxe du pape ? Et tant de questions de ce type peuvent se poser !

Les réponses sont évidentes : si Rome accepte un tel marché, c’est uniquement dans la perspective de ramener les œuvres de la Tradition dans le giron et la pensée conciliaire. Et le passé donne raison à une telle stratégie. Il n’y a pas un seul institut Ecclesia Dei qui dénonce le Concile, et tous acceptent déjà par avance de reconnaître le pape d’Assise comme « saint » !

Le pape peut donner plus de liberté à la Tradition. Qu’il le fasse. Mais nous, nous n’avons rien à accepter d’une autorité qui détruit l’Eglise, car accepter un avantage quelconque, c’est se rendre redevable d’une autorité qui n’œuvre pas au bien commun. Se rendre redevable, c’est se lier au moins moralement à ceux qui veulent la mort de la Tradition, et c’est déjà perdre la liberté pleine et entière de défendre la Foi catholique, Foi catholique qui est antinomique au Concile Vatican II, constitution de la nouvelle Eglise.

Pour les ralliéristes les plus zélés et les plus dociles, il convient également d’observer qu’une reconnaissance unilatérale ne pourrait trouver une acceptation de la part de la FSSPX de par le fait qu’elle ne répond pas aux conditions posées par le chapitre général de 2012 et notamment la première:

« Liberté de garder, transmettre et enseigner la saine doctrine du Magistère constant de l’Eglise et de la Vérité immuable de la Tradition divine ; liberté de défendre, corriger, reprendre, même publiquement, les fauteurs d’erreurs ou nouveautés du modernisme, du libéralisme, du concile Vatican II et de leurs conséquences »

A moins que le sort fait aux franciscains de l’Immaculée ne soit à envier…

Austremoine


Mgr Tissier de Mallerais : aucune apparence même de conciliation, et c’est cette apparence que nous donnerait notre soi-disant « régularisation »

Source : Rivarol

Il s’agit, comme Mgr Lefebvre le disait, de la tentative du concile Vatican II de réconcilier l’Eglise avec la révolution, de concilier la doctrine de la foi avec les erreurs libérales.

C’est Benoît XVI lui-même qui l’a dit dans son entretien avec Vittorio Messori en novembre 1984 en disant : « le problème des années 1960 (donc celui du concile) était l’acquisition des valeurs les mieux mûries des deux siècles de culture libérale.

Ce sont des valeurs qui, bien que nées hors de l’Eglise, peuvent trouver leur place, une fois purifiées et corrigées, dans sa vision du monde. Et c’est ce qui a été fait. » Voilà l’œuvre du concile : une conciliation impossible. « Quelle conciliation peut-il y avoir entre la lumière et les ténèbres ? », dit l’Apôtre, « quel accord entre le Christ et Bélial ? » (2 Cor 6, 15).

La manifestation emblématique de cette conciliation est la Déclaration sur la liberté religieuse. A la place de la vérité du Christ et de son règne social sur les nations, le concile place la personne humaine, sa conscience et sa liberté.

C’est le fameux « changement de paradigme » que confessait le cardinal Colombo dans les années 1980. Le culte de l’homme qui se fait Dieu à la place du culte de Dieu qui s’est fait homme (cf. Paul VI, discours à la clôture du concile, 7 décembre 1965).

Il s’agit d’une nouvelle religion qui n’est pas la religion catholique. Avec cette religion nous ne voulons aucun compromis, aucun risque de corruption, aucune apparence même de conciliation, et c’est cette apparence que nous donnerait notre soi-disant « régularisation ”.

Extrait de l’entretien de Mgr Tissier de Mallerais à Rivarol