Réponse à l’abbé Fabrice Loiseau sur sa défense de Jean-Paul II (1)

En réponse à la vidéo de M. l’abbé Fabrice Loiseau.

Jean-Paul II pape de la famille ?

Qui de mieux placé que quelqu’un qui lutte quotidiennement et de façon concrète contre l’avortement en sauvant des bébés pour estimer l’efficacité de Jean-Paul II dans sa défense de la famille :

« On dit que le pape aurait été ‘courageux’ en promulguant haut et fort la doctrine de la Vie humaine intouchable, car donné par Dieu, face à l’avortement et les autres déviations touchant à la vie. Ce courage, il l’avait au Vatican, en Pologne et en Irlande, pays déjà gagnés à la cause. Mais en France, en 8 visites pontificales, effrayé par les lobbies avorteurs et les conseils ‘prudents’ de ses évêques, il n’a pas osé prononcer le mot ‘avortement’ une seule fois. Il rasait les murs. Quand il s’écria « N’ayez pas peur! », n’était-ce pas surtout une auto-critique ? Avec cette peur que l’on ne pardonnerait à aucun militant pro-vie de terrain, l’effroyable bilan de la mort – par l’assassinat des plus faibles et plus démunis des humains, les bébés – est monté à des chiffres dépassant le milliard dans le monde. Avec une Eglise qui se mettrait, comme un seul homme, debout contre ce crime, allant jusqu’à l’excommunication nominative des chefs d’Etat et députés pro-avortement, afin que les choses soient claires dans la conscience des fidèles, nous n’en serions pas là. Non, on leur donne publiquement la sainte communion… Avec un pape qui serait allé dans les avortoirs pour sauver la vie, au lieu de pleurer sur les tombeaux, nous n’en serions pas là. Il a retardé le combat pourtant incontournable, le test de vie et de mort qui est sur l’agenda des chrétiens. Bilan vie: malheureusement également négatif. » Source : UNEC RU 14/2005

Que dire des nominations catastrophiques qui ont confirmé un épiscopat mondial dans son silence complice ? L’abbé Loiseau balaye sans y répondre la problématique doctrinale posée par l’inversion des fins du mariage, fins exposées dans une doctrine pourtant énoncée on ne peut plus clairement par Pie XII. Il est évident que si la fin primaire du mariage n’est pas la procréation, alors l’acte conjugal peut en exclure la finalité, ce qui est la porte ouverte à la mentalité contraceptive, mentalité largement rependue chez les catholiques et qui s’est amplifiée sous Jean-Paul II. Et tous ceux qui luttent pour la vie le disent : la mentalité contraceptive mène mécaniquement à l’avortement et à l’éclatement de la famille.

Que penser de l’efficacité d’un discours qui se veut pour la défense de la famille si par ailleurs la théologie qui est rependue a pour conséquences sa destruction ? On ne peut pas dire que la famille chez les catholiques se soit consolidée à l’heure où le pape François ose envisager d’ouvrir la porte à la communion des divorcés remariés ! Sans doute là aussi l’abbé Loiseau aura-t-il une lumineuse explication quand François sera un jour « canonisé » ?!

Jean-Paul II tombeur du communisme

Certes, il a eu un rôle, plus ou moins important, mais il n’est pas juste et fondé de dire que c’est Jean-Paul II qui est à l’origine de la chute du communisme. Sans doute a-t-il accéléré le processus.

Quelles ont été les armes de Jean-Paul II contre le communisme ? Comme le dit l’abbé Loiseau : « car le communisme méprise l’Homme et méprise les masses, et il (Jean-Paul II) va soutenir l’Homme et les masses ». Tout est dit. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer la démocratie et les droits de l’Homme. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer le libéralisme social, intellectuel et théologique. Face au communisme, Jean-Paul II va opposer les idées maçonniques.

Faut-il aussi rappeler que c’est le concile Vatican II, « boussole de l’Eglise » selon Jean-Paul II, qui refusa de condamner le communisme parce que le Vatican du futur « bienheureux » Paul VI négociait avec Moscou ?

Des tombeurs du communisme il y en a eu, cela n’en fait pas des saints pour autant, surtout lorsque le « saint » en question utilise des arguments et des armes contraires à la doctrine de l’Eglise et même condamnées par elle. L’abbé Loiseau devrait le savoir.

Jean-Paul II martyr du communisme ? L’attentat de 1981 ? L’abbé Loiseau est-il donc certains que Mehmet Ali Ağca a agit parce que Jean-Paul II était un adversaire du communisme ? Que l’abbé Loiseau livre vite ses preuves au Vatican qui ne possède pas la certitude d’une telle hypothèse ! Et puis l’abbé devrait savoir, malgré son emballement, qu’il ne suffit pas d’être menacé en haine du capitalisme pour devenir martyr, mais que le martyr est celui qui est tué en haine de la Foi. Bref, quelques bases élémentaires de doctrine à reprendre monsieur l’abbé !

Jean-Paul II agent du KGB ?

Il parait, selon l’abbé Loiseau, que la CRC aurait affirmé que Jean-Paul II était un agent du KGB ! Curieuse affirmation en effet ! Il est étonnant de constater que l’abbé Loiseau vient nous sortir la CRC – aujourd’hui inexistante hormis un site internet – pour habilement la mêler à la FSSPX !

Pas très honnête comme procédé monsieur l’abbé ! La FSSPX a suffisamment de griefs contre Jean-Paul II et publiquement exposés pour en inventer de nouveaux et aussi ridicules !

Austremoine


Qui les appellera « saints » ?

Jean XXIII et Jean Paul II ont été « canonisés ». Nul ne peut remettre en question le fait que ces canonisations ne marquent aucune rupture d’orientation fondamentale entre les papes Benoît XVI et François, le second achevant le processus initié par le premier, le pape en titre et celui émérite se retrouvant pour concélébrer lors de la proclamation de ces nouveaux « saints ».

Cet évènement rend la destruction de l’Eglise par le concile encore plus irréversible. Comment dorénavant toucher un concile voulu par un « saint » et appliqué et vanté comme étant la boussole de l’Eglise par un autre « saint » ? Comment même « laisser de côté » ce Concile afin d’éviter les points d’achoppement qu’il renferme ?

Plus que jamais, l’Eglise conciliaire ne s’est autant distinguée de l’Eglise catholique. Si auparavant elle avait érigée sa nouvelle constitution à travers le concile Vatican II, ses nouvelles lois à travers le nouveau code de droit canon et ses nouveaux rites par la fabrication néo-protestante de Mgr Bugnini, elle a dorénavant ses nouveaux « saints », et quels « saints » !

Mais, fait nouveau, ces canonisations peuvent aujourd’hui se draper du sceau extérieur de l’infaillibilité. Car s’il est une chose qui répugne au modernisme, c’est l’infaillibilité, car ce qui est infaillible est défini ; le moderniste de par sa pensée subjectiviste n’admet pas l’objectivité de ce qui est défini, de ce qui est. Or si ces canonisations ne sont bien évidemment pas infaillibles, elles en revêtent les aspects.

Que feront les instituts Ecclesia Dei ? Refuseront-ils le culte de ces nouveaux « saints » ? Le choix posé par ces « canonisations » s’apparente à celui de 1988 : refuser les saints de l’Eglise c’est se rendre schismatique, les accepter, c’est accepter le modèle pour lequel l’Eglise nous les donne en exemple. L’oecuménisme, la liberté religieuse, le culte de l’homme, la participation aux faux cultes, le relativisme, le baiser du Coran, Assise etc…, ces décennies de scandales voulue par Jean-Paul II sont-elles un exemple pour l’Eglise ? Pour l’Eglise catholique certes pas, mais pour cette Eglise conciliaire pan-maçonnique, certainement ! Hélas, ces instituts semblent avoir déjà fait leur choix, car il n’y a pas de raison qu’ils ne considèrent pas comme saint celui qu’ils appellent bienheureux.

Comme en 1988, le même choix radical se pose, et les deux positions ne peuvent que s’exclurent : si l’Eglise conciliaire peut trouver sa place au sein du concert maçonnique et polythéiste, l’Eglise catholique, porteuse de vérité, ne peut qu’en être exclue. Reste à choisir entre l’Eglise catholique et la secte conciliaire. C’est pourquoi les supérieurs majeurs de la FSSPX avaient eux aussi demandé à Rome leur excommunication de l’Eglise conciliaire, comme gage publique de catholicité. On ne quémande pas notre brevet de catholiques auprès de ceux qui détruisent dans les principes et dans les actes l’Eglise de Dieu. Le seul brevet qui tienne est celui de notre Foi gardée précieusement, en attendant, comme l’écrivit Mgr Lefebvre évoquant l’épiscopat de ceux qu’il s’apprêtait à sacrer, qu’un pape pleinement catholique vienne le confirmer.

Deux anti-christ ont été placé sur les autels.

L’abomination a pénétré dans la maison de Dieu. Un peu plus.

Austremoine


Si Jean-Paul II est canonisé

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Si Jean-Paul II est canonisé, les fidèles catholiques doivent reconnaître que l’Église catholique et les communautés orthodoxes sont des Églises soeurs, responsables ensemble de la sauvegarde de l’unique Église de Dieu. Ils doivent donc réprouver l’exemple de Josaphat Kuncewicz, archevêque de Polotsk ( 1580-1623 ). Converti de l’orthodoxie, celui-ci publia en 1617 une Défense de l’unité de l’Église, dans laquelle il reprochait aux orthodoxes de déchirer l’unité de l’Église de Dieu, et c’est pourquoi il excita la haine de ces schismatiques qui le martyrisèrent.

Si Jean-Paul II est déclaré saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître les anglicans comme des frères et des soeurs dans le Christ, et exprimer cette reconnaissance par la prière commune. Ils doivent donc aussi réprouver l’exemple d’Edmund Campion ( 1540- 1581 ), qui refusa de prier avec le ministre anglican, au moment de son martyre.

Si Jean-Paul II est saint, les fidèles catholiques doivent considérer que ce qui divise les catholiques et les protestants – c’est-à-dire la réalité du Saint Sacrifice propitiatoire de la messe, la réalité de la médiation universelle de la Très Sainte Vierge Marie, la réalité du sacerdoce catholique, la réalité du primat de juridiction de l’Évêque de Rome – est minime par rapport à ce qui peut les unir. Ils doivent donc réprouver l’exemple du capucin Fidèle de Sigmaringen ( 1578- 1622 ) qui fut martyrisé par les réformés protestants, auprès desquels il avait été envoyé en mission et qui composa une Disputatio contre les ministres protestants, au sujet du Saint Sacrifice de la messe.

Si Jean-Paul II est reconnu comme saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître la valeur du témoignage religieux du peuple juif. Ils doivent donc réprouver l’exemple de Pierre d’Arbués ( 1440-1485 ), Grand Inquisiteur d’Aragon, qui fut martyrisé en haine de la foi par les juifs.

Si Jean-Paul II est élevé sur les autels, les fidèles catholiques doivent reconnaître qu’après la résurrection finale, Dieu sera satisfait des musulmans, et que les musulmans seront satisfaits de Lui. Ils doivent donc réprouver l’exemple du capucin Joseph de Léonessa ( 1556- 1612 ), qui se dépensa sans compter à Constantinople auprès des chrétiens réduits en esclavage par les adeptes de l’Islam : ce zèle lui valut d’être inculpé auprès du sultan pour avoir outragé la religion musulmane, et on lui appliqua le supplice du gibet : il y resta trois jours suspendu à une chaîne, une main et un pied percés d’un crochet. Les fidèles catholiques devraient aussi réprouver l’exemple de Pierre Mavimène, mort en 715 et après avoir été supplicié pendant trois jours pour avoir insulté Mahomet et l’Islam.

Si Jean-Paul II est saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître que les chefs d’État ne peuvent s’arroger le droit d’empêcher la profession publique d’une religion fausse. Ils doivent donc réprouver l’exemple du roi de France Louis IX, qui limita autant qu’il le put l’exercice public des religions non chrétiennes.

Pourtant, Josaphat Kuncewicz a été canonisé en 1867 par Pie IX, et Pie XI lui a consacré une encyclique ; il est fêté dans l’Église le 14 novembre. Edmund Campion a été canonisé, par Paul VI en 1970 et est fêté le 1er décembre. Fidèle de Sigmaringen a été canonisé en 1746, et Clément XIV l’a désigné comme le « protomartyr de la Propagande » ; il est fêté au calendrier de l’Église le 24 avril. Pierre d’Arbués a été canonisé par Pie IX en 1867. Joseph de Léonessa l’a été lui aussi, en 1737 par Benoît XIV et sa fête est célébrée dans l’Église le 4 février ; Pie XI l’a proclamé patron des missions de Turquie. Saint Pierre Mavimène enfin, est célébré dans l’Église le 21 février. Quant au roi saint Louis, son exemple suffisamment connu illustre on ne peut mieux les enseignements du pape saint Pie X, lui aussi canonisé.

Si Jean-Paul II est réellement saint, tous les papes qui ont canonisé tous ces saints se sont gravement trompés, et ont donné à toute l’Église non pas l’exemple d’une sainteté authentique mais le scandale de l’intolérance et du fanatisme. Il est impossible d’échapper à cette alternative. Le seul moyen d’en sortir est de tirer la double conclusion qui s’impose : Karol Wojtyla ne peut pas être canonisé, et l’acte qui prétendrait déclarer sa sainteté à la face de toute l’Église ne saurait être qu’une fausse canonisation. Car nul pape ne peut décider de canoniser celui qui n’est pas saint. Quand bien même il le ferait, cet acte, pour revêtir les apparences trompeuses d’une canonisation, ne trompera aucun de ceux dont la raison déjà droite est éclairée par l’enseignement constant que représentent toutes les canonisations accomplies en conformité avec l’esprit de l’Église.

Si elle a lieu comme prévu, la canonisation de Jean-Paul II donnera donc à tous les catholiques l’exemple trompeur d’une fausse charité. Fausse charité absolument opposée aux exigences de la Royauté du Christ, fausse charité oecuménique, dont le pape polonais s’est fait l’apôtre incessant. On nous dira que l’on ne peut pas sans cesse désobéir, contester et refuser l’adhésion au magistère et au pape. Nous répondons alors précisément, qu’en effet on ne le peut pas et que c’est justement pour continuer à obéir à la Tradition bimillénaire de l’Église, pour ne pas la contester et pour lui donner toute l’adhésion qu’elle réclame, que nous sommes bien obligés de nous opposer à toutes les initiatives qui s’en éloignent, quand bien même elles émanent des plus hautes autorités dans l’Église. Car la rupture n’est pas le fait de ceux qui contestent le bien-fondé d’une éventuelle canonisation de Jean- Paul II. Elle est plutôt le fait de ce pape, qui a voulu rendre l’Église conforme aux nouveautés introduites par le concile Vatican II. En ce sens, la canonisation de Jean-Paul II sera, elle aussi, une nouveauté. Mais une nouveauté contestable, pour qui veut rester attaché à la Tradition de l’Église.

Document élaboré par Ecône et imprimé par le District d’Asie

Source : La Porte Latine


Mgr Williamson : humanisation fatale

Quelques catholiques qui soutiennent que le Siège Apostolique est vacant, protestent fermement contre les récents numéros de ce « Commentaire », car ils paraissent mettre au même niveau l’hérésie universelle du libéralisme et l’opinion particulière du sédévacantisme. Mais alors que ce « Commentaire » ne cesse d’attaquer la plaie du libéralisme, a-t-il fait récemment plus que d’apporter des arguments selon lesquels personne n’est obligé d’être sédévacantiste ? Et si l’on considère quel piège stérilisant s’avère être le sédévacantisme dans certains cas, n’est-ce pas là une prise de position bien modérée ?

Ce que maintient ce « Commentaire», c’est que le sédévacantisme, bien qu’admirable en tant qu’effort pour combattre le libéralisme dans l’Église, est au mieux un moyen inadéquat de ce faire, car il partage avec les libéraux d’aujourd’hui l’une de leurs erreurs fondamentales, à savoir l’exagération de l’infaillibilité papale. Dans toute sa profondeur cette erreur nous ramène au cœur de l’actuelle crise sans précédent de l’Eglise, et voilà pourquoi ce « Commentaire » va insister, tout en demandant pardon aux lecteurs indûment ennuyés ou offensés. Car c’est toute l’Eglise qui est en jeu et pas seulement les sensibilités de tels ou tels de ses membres.

Cette erreur en toute sa profondeur s’étale sur les 700 dernières années. C’est l’humanité tournant le dos lentement mais sûrement à Dieu, à Son Fils et à Son Eglise. Au sommet du Moyen Âge, les Catholiques avaient une Foi claire et forte, saisissant l’unicité et l’exclusivité du Dieu objectif et de sa Vérité sans contradiction. Par exemple Dante n’eut aucune difficulté à mettre plusieurs Papes dans son Inferno. Mais au fur et à mesure que l’homme se plaça lui-même toujours plus au centre de toutes choses, Dieu perdit sa transcendance absolue au dessus des créatures, et la Vérité devint de plus en plus relative, non plus à l’autorité de Dieu, mais à celle de l’homme.

Dans le cas de l’Eglise, prenez par exemple la 13ème des 17 « Règles pour sentir avec l’Eglise » du célèbre livre des Exercices Spirituels de Saint Ignace, loué par d’innombrables Papes depuis lors et sans aucun doute responsable d’avoir contribué puissamment au salut de millions d’âmes. Saint Ignace écrit : « Pour ne nous écarter en rien de la vérité, nous devons maintenir le principe de croire que le blanc que je vois est noir, si l’Eglise hiérarchique le décide ainsi ». Une telle position pourrait renforcer l’autorité des hommes d’Eglise à court terme, mais ne court-elle pas le risque grave de séparer l’autorité de la vérité à long terme ? « Nous n’avons aucune autorité contre la vérité, m ais pour la vérité » (II Cor, XIII, 8).

De fait, vers la fin du 19ème siècle le libéralisme était devenu si puissant que l’Eglise se vit obligée à renforcer sa propre autorité par la Définition en 1870 de son Magistère opérant au maximum de son pouvoir, à savoir chaque fois que 1) un Pape 2) définit 3) un point de Foi ou de morale 4) de manière à obliger en conscience toute l’Eglise. Mais mus depuis lors par une pensée trop humaine, trop de Catholiques, au lieu de rapporter ce Magistère Extraordinaire à Dieu et à l’immuable Vérité du Magistère Ordinaire de l’Eglise, ont eu tendance à prêter à la personne humaine du Pape une infaillibilité qui provient de Dieu et qui n’appartient qu’à Dieu seul. Ce processus d’humanisation a engendré une infaillibilité envahissante qui devait d’une façon presque inévitable aboutir dans la prétention grotesque de Paul VI de refondre la Tradition de l’Eglise au nom d’un « Solennel Magistère Ordinaire ». La grande majorité des Catholiques l’ont suivi docilement, et jusqu’à ce jour la plupart d’entre eux deviennent jour après jour libéraux en suivant les Papes Conciliaires, tandis qu’une petite minorité de catholiques se voit acculée à nier que les responsables de la folie conciliaire puissent être Papes tout simplement.

Personnellement je respecte bon nombre de sédévacantistes, dans la mesure où ils croient en l’Eglise et où ils désespèrent de trouver une autre solution à un problème infiniment grave de l’Eglise. Mais à mon avis ils feraient bien de regarder plutôt vers l’infinie hauteur et profondeur de Dieu Lui-même.

Kyrie Eleison.

Mgr Richard Williamson

Le problème du sédévacantisme est celui du monde et de l’Église modernes : prendre trop en considération l’homme, et trop peu Dieu.


Mgr Williamson : Anxiété sédévacantiste II

Excellente synthèse et réfutation de l’erreur sédévacantiste.
 

1 Ou bien on accepte les Papes Conciliaires en bloc (comme le font les libéraux – Dieu nous en préserve !) ou bien on les rejette en bloc (comme le font les sédévacantistes). Les accepter partiellement oui et partiellement non, c’est sélectionner et choisir ce que l’on acceptera, comme le fit Luther, et comme le font tous les hérétiques (du Grec : celui qui choisit). Cela est vrai si l’on sélectionne et choisit selon son propre choix personnel, mais cela n’est pas vrai si, comme Monseigneur Lefebvre, on juge selon la conformité ou non à la Tradition catholique, laquelle se trouve dans le trésor de 2000 ans de documents magistériels de l’Église. Dans ce cas on juge en accord avec 260 Papes contre seulement six, mais cela ne prouve pas l’invalidité de ces six derniers Papes.

2 Mais ces six Papes Conciliaires ont empoisonné la Foi et ont mis en danger le salut éternel de millions de Catholiques : cela est contraire à l’indéfectibilité de l’Église.Lors de la crise Arienne du 4ème siècle, le Pape Libère mit la Foi en danger en condamnant Saint Athanase et en accordant son appui aux évêques Ariens de l’Est. Alors pour un certain temps l’indéfectibilité de l’Église n’était plus assurée par l’intermédiaire du Pape mais par son adversaire apparent. Cependant cela ne signifie pas que Libère ait cessé d’être le Pape, ni qu’Athanase ait été le Pape. De même aujourd’hui, l’indéfectibilité de l’Église passe par ceux qui suivent fidèlement la ligne de conduite établie par Monseign eur Lefebvre, mais cela ne signifie pas nécessairement que Paul VI n’ait pas été le Pape.

3 Ce que les évêques du monde enseignent, unis au Pape, c’est le Magistère Ordinaire Universel de l’Église, lequel est infaillible. Or voici que, au cours des 50 dernières années, les évêques du monde unis aux Papes Conciliaires ont enseigné le délire Conciliaire. Par conséquent ces Papes ne peuvent avoir été de vrais Papes.Si le Magistère Ordinaire de l’Église devait s’éloigner de la Tradition en opposition avec elle, il ne serait plus « Ordinaire »,mais plutôt tout ce qu’il y a de plus extraordinaire, parce que la doctrine de l’Église n’admet pas de nouveautés, devant être « Universel » autant dans le temps que dans l’espace. Or la doctrine Conciliaire s’écarte de beaucoup de la Tradition (par exemple la liberté relig ieuse et l’œcuménisme). Par conséquent la doctrine qui est propre au Concile ne tombe pas sous le Magistère Ordinaire Universel, et elle ne peut servir de preuve que les Papes Conciliaires ne furent point Papes.

4 Le Modernisme est « la synthèse de toutes les hérésies » (Saint Pie X). Or, les Papes Conciliaires furent tous des modernistes « publiques et manifestes », c’est-à-dire des hérétiques d’une nature telle que Saint Robert Bellarmin déclarait qu’ils ne pouvaient être membres de l’Église, et à plus forte raison en être la tête. Voyez le « Commentaire » de la semaine dernière. Aux jours de Saint Bellarmin les choses étaient beaucoup plus claires, à savoir « publiques et manifestes », qu’elles ne le sont de nos jours où c’est la confusion qui règne dans les esprits et les cœurs. L’hérésie objective des Papes Conciliaires (c’est-à-dire ce qu’ils disent) est publique et manifeste, mais ce n’est pas le cas de leur hérésie subjective ou formelle (c’est-à-dire leur intention consciente et résolue de nier ce qu’eux savent être l’immuable dogme catholique). La preuve de leur hérésie formelle ne peut être obtenue que par une confrontation avec l’autorité doctrinale de l’Église, par exemple l’Inquisition ou Saint Office (quelque soit son nom). Mais le Pape est lui-même l’autorité doctrinale la plus haute de l’Église, au dessus et au-delà de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Comment donc pourrait-il être lui-même prouvé coupable d’appartenir à cette classe d’hérétique dont on suppose qu’elle seule peut le rendre incapable d’être le chef de l’Église?

5 Mais dans ce cas-là l’Église a fait naufrage sans possibilité de s’en sortir. Encore une fois, voyez le « Commentaire » de la semaine dernière. Les esprits sont aujourd’hui si universellement embrouillés que Dieu seul peut débrouiller un tel chaos. Plutôt que de prouver que ces Papes embrouillés ne sont pas Papes, cette objection suggérerait que Lui seul doit intervenir (et vite, dirait-on !). Mais patience. Dieu nous soumet tous à l’épreuve, et Il a parfaitement le droit de le faire.

Kyrie eleison.
Mgr Williamson