Xavier Celtillos : le retour aux principes non négociables des évêques suisses

Source : Médias-Presse-Info

Serait-ce un miracle qui se déroule sous nos yeux ? Ces derniers temps les évêques suisses, et en tout premier lieu le réputé « conservateur » Mgr Charles Morerod – l’un des quatre théologiens choisis par Rome pour discuter avec la FSSPX, et soi-disant thomiste – se montrent d’une intransigeance de principe qu’on ne leur connaissait plus !

En effet, une initiative suisse « Financer l’avortement est une affaire privée », vise à faire interdire le financement de l’avortement par les organismes publics afin de ne pas contraindre l’ensemble des citoyens à payer ce meurtre. Seuls les systèmes privés supporteraient le prix du crime.

La vision de cette initiative est uniquement financière, et l’argument qu’elle porte est bien inconséquente face à ce qu’est la réalité criminelle de l’avortement. Cependant, d’un point de vue pratique, cela éviterait à l’ensemble des citoyens et donc aux catholiques de financer contraints et forcés l’avortement comme c’est le cas actuellement (comme en France). Un autre effet de l’application d’une telle initiative serait mécaniquement un découragement financier pour les femmes souhaitant avorter.

Certes, cette initiative n’est pas satisfaisante, elle n’est pas ce qui serait souhaitable dans l’absolu, elle constituerait cependant une pierre dans le jardin de la culture de mort et le premier recul de fait de l’avortement en Suisse.

Mais non, les éminences « catholiques » font la fine bouche ; cette initiative n’étant pas assez claire sur les principes sur lesquels elle s’appuie selon Mgr Morerod, elle ne prendrait pas suffisamment en compte la détresse de la mère selon Mgr Gmür. Bref ces messieurs ne trouvent pas assez de reproches à faire pour bloquer cette initiative et encourager les catholiques à y faire barrage ! Tout en se disant contre l’avortement !!!

Il y avait une occasion sérieuse de faire reculer l’avortement en Suisse, la hiérarchie qui se dit catholique ne le souhaite visiblement pas ; les catholiques se voient contraints aujourd’hui de le financer, ils continueront… grâce à ces hypocrites qui leur servent d’évêques « catholiques » ! Nous n’avons pas fini de déguster les lendemains qui chantent d’un concile Vatican II qui n’a rien laissé de cohérent sur son passage, si ce n’est la cohérence du chaos.

Xavier Celtillos